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Lire le texte de 2 Rois 5:1-14 dans la version Nouvelle français courant de Parole de vie, c’est plus fluide à l’oreille des enfants.

Éléments de compréhension du texte

A l’époque où le pays d’Israël était un royaume, il y avait souvent des conflits et même des guerres avec la Syrie. L’armée syrienne conduite par le célèbre général Naaman était très forte, elle avait remporté la guerre contre Israël et avait pris une partie de la population comme esclaves : des jeunes gens robustes et bien portants capables de travailler à leur service. Parmi ces esclaves, il se trouve une petite fille qui devient servante dans la maison de Naaman. Elle est en terre étrangère, chez l’ennemi qui a tué et saccagé son pays. Peut-être même que sa famille a été assassinée par les Syriens puisque cette pauvre enfant se retrouve toute seule exilée en Syrie. C’est une épreuve très difficile et traumatisante. Le texte ne dit pas comment elle est accueillie par la femme de Naaman (cette dernière devient-elle une mère de substitution pour la petite fille ?), mais l’histoire nous laisse entendre que le général et sa femme sont à l’écoute de la petite fille, malgré son statut d’esclave. Ce qui nous intéresse ici, c’est que la petite servante dont on ne saura jamais le nom va donner une leçon d’humanité et de compassion sans précédent à ses oppresseurs. C’est un enseignement majeur qui rejoint le passage de l’évangile où Jésus dit : « Aimez vos ennemis… » (Matthieu 5:44)

Aimer ses ennemis

La petite servante qui travaille chez le général Naaman apprend que son maître a une grave maladie de la peau (nos versions bibliques disent qu’il s’agit de la lèpre, mais c’était peut-être une autre maladie). Naaman est handicapé par cette maladie qui ternit l’éclat de ses victoires militaires : comment un général à qui Dieu a donné la victoire peut-il être frappé de maladie ? À cette époque, toute maladie était considérée comme conséquence du péché et châtiment de Dieu. Peut-être que Naaman ne peut plus porter son armure car sa peau est abîmée ? S’il ne peut plus aller au combat et servir son pays  – car les maladies de peau étaient considérées comme contagieuses –  le grand général risque de finir sa vie en reclus, enfermé dans une maison loin de tous… Quelle triste fin !

La petite servante a compassion du général Naaman, elle prend son courage à deux mains pour lui conseiller d’aller voir le prophète Elisée afin qu’il soit guéri. Il faut de l’audace à une esclave pour oser parler de la situation de santé de son maître, c’est le genre de choses qui pouvait lui valoir un châtiment exemplaire, voire la mort ! Mais la petite fille n’y pense même pas, et elle ne raisonne pas en esclave qui veut se venger de ses ennemis. Elle ne pense pas à elle-même, elle voit d’abord un homme qui souffre et elle fait ce qu’elle estime bon pour l’aider à aller mieux. 

Lorsqu’une personne nous a traités en ennemi et nous a fait souffrir, on se dit que si elle souffre aussi, ce n’est que justice, on n’a pas envie de l’aider, on rechigne à faire du bien à nos ennemis…Mais la Parole de Dieu nous encourage à aimer nos ennemis. Car Dieu notre Père aime tout le monde, même ceux qui font du mal aux autres. Nous-mêmes, n’avons-nous jamais fait de mal à personne ? Jésus dit : « Aimez vos ennemis. » Et on ne sait jamais, peut-être qu’un geste de compassion va toucher le cœur de l’ennemi et le transformer pour en faire un frère ? En effet, Naaman part en Israël où il est guéri de sa lèpre, et il revient en croyant qui adore le Dieu d’Israël, il partage désormais la même foi que la petite fille ! Le général et la petite servante sont devenus frère et sœur dans la foi…

Bien sûr, le « happy end » n’est pas garanti à chaque fois ! Parfois l’ennemi reste un ennemi qui ne veut pas changer et devenir plus charitable envers les autres, mais Dieu nous demande de toujours nous montrer gentils, respectueux, bienveillants. C’est le témoignage chrétien le plus fort…

L’estime envers les plus petits 

Naaman est un homme de haut rang, mais il écoute le conseil d’une petite esclave. Il fait preuve d’une humilité peu commune ! Cela montre que dans la vie, comme dit la fable de La Fontaine à propos du lion et du rat, on a souvent besoin d’un plus petit que soi. Il ne faut jamais mépriser les plus petits/jeunes en pensant qu’ils sont trop bêtes pour comprendre la situation ou pas assez compétents pour contribuer à trouver la solution. 

L’évangile de Jean nous raconte l’histoire d’un enfant qui devient la solution pour nourrir une foule immense. C’est un petit garçon qui apporte cinq pains et deux poissons que les disciples trouvent insignifiants : « Qu’est-ce que c’est pour un si grand nombre de personnes ? » Mais le Seigneur Jésus reçoit avec reconnaissance le modeste casse-croûte de l’enfant qui donnera la multiplication grâce à laquelle cinq mille hommes vont manger à leur faim (Jean 6, 9).

La Parole de Dieu nous invite au respect et à l’écoute de ceux qui sont plus petits par l’âge, le statut social, la fonction, l’expérience ou les capacités cognitives.  

Sans la petite servante, le général Naaman serait resté malade toute sa vie. Vous avez peut-être connu des situations où l’aide d’un plus petit a été précieuse. Faites-en le témoignage, ça encouragera certainement beaucoup de gens ! ☺

Cantiques : Seigneur, tu cherches tes enfants – YouTube / Cantiques EPUdF :

Crédit Ruth-Annie Mampembé-Coyault (EPUdF) – Point KT