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Une petite souris assiste à l’arrivée de Marie et Joseph dans l’étable. Une narration pleine de délicatesse, à agrémenter avec des marionnettes, des figurines bibliques ou des images, selon vos ressources.

Eh oui ! Je suis une toute petite souris ! D’habitude je ne me montre pas. Mais là, après cette nuit, il faut que j’en parle à quelqu’un, j’en suis encore toute remuée ….

Voilà bien longtemps que j’habite dans cette étable avec quelques moutons et un vieux bœuf qui rumine dans un coin. Ce sont mes amis. Je ne les dérange pas et eux n’ont pas peur de moi et ne s’effrayent pas quand je me faufile entre leurs pattes pour aller d’un trou à un autre.

De temps en temps un âne, fatigué, qui ne pense qu’à manger et dormir, vient passer une nuit avec nous. Je sais qu’il existe des chevaux : j’en ai vu un, énorme ! Et quand il m’a vue il a fait un bruit effrayant ! Et il est parti, comme s’il avait eu peur de moi ! Mais quand un cheval arrive à l’auberge – c’est très rare m’a dit le bœuf – on ne le met pas avec nous à l’étable, il y a une écurie pour les animaux des voyageurs. Le bœuf m’a dit qu’un jour, il y a bien longtemps, il a vu un chameau, un peu comme un cheval avec des bosses sur le dos ! Quel animal bizarre !….

Parfois aussi les bergers emmènent  les moutons plus loin et ils restent dehors une nuit ou deux. C’était le cas hier….

Je pensais être bien tranquille et avoir le temps de vérifier toutes mes cachettes et mes provisions. Il y avait bien du bruit dehors, des gens dans l’auberge et la cour, des animaux dans l’écurie, mais ici tout était calme.

Jusqu’au moment – la nuit allait bientôt tomber – où la femme de l’aubergiste a ouvert notre porte. Elle apportait une lampe. Elle a regardé autour d’elle, a renversé la corbeille de grains (elle était vide) et a posé la lampe dessus. Puis elle a pris son gros balai et a commencé à enlever les toiles d’araignées.

Quelle débandade chez les araignées ! Elles étaient nombreuses les araignées ; elles aimaient la chaleur de l’étable et toutes ces mouches autour des moutons, et personne ne les dérangeait d’habitude. Mais hier, la femme de l’aubergiste a enlevé toutes leurs toiles et elle s’est mise à balayer la vieille paille.

La porte a un peu grincé et un homme est entré, tirant un âne qu’il a attaché près du bœuf…

La femme de l’aubergiste lui a dit : « Je n’ai plus aucune natte disponible, mais fais-lui un lit avec la paille – et elle lui a montré la réserve – et tu m’appelleras quand le moment sera venu ! ».

A ce moment – je n’en croyais pas mes yeux ! – une toute jeune femme est entrée. Elle attendait un bébé, et pour bientôt, cela se voyait bien ; elle s’est allongée sur la paille, – comme elle l’air fatiguée !- et, avec un grand sourire elle a dit merci….

Plus tard , dans la nuit, le bébé est né. Sa mère l’a enveloppé dans des langes. Son père a attrapé la mangeoire du bœuf et l’a remplie de paille fraîche – et le bœuf le regardait de ses gros yeux et n’a rien dit ! – et ils y ont couché le bébé….

Plus tard encore, les bergers sont revenus. Mais sans les moutons, seul le bélier les avait suivis ! Ils ont raconté qu’ils avaient vu un ange et que celui-ci les avait envoyés à Bethléem  pour trouver l’enfant….

 

Quand ils sont repartis tout le monde s’est endormi, même le bœuf et l’âne venu avec les parents. Moi, j’étais bien réveillée et j’ai décidé d’aller voir ce bébé de plus près. J’ai grimpé dans la mangeoire et le bébé ne dormait pas. Il m’a regardée, sans avoir peur, et j’ai senti qu’il m’aimait aussi, moi, la toute petite souris…

Voilà,….maintenant que je vous ai tout raconté je peux aller dormir dans mon trou ….

Crédit : Marthe Balla, Point KT