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En ces temps où brillait une étoile au dessus de Bethléem, un bruit courait à travers le pays: on racontait que l’enfant qui était né dans l’étable était le nouveau roi…
Un roi dans une crèche garnie de paille ? Incroyable, disaient les gens en hochant la tête.
Mais tous ceux qui croyaient en lui se mettaient en route pour Bethléem. Une petite colombe voulut aussi partir.
Sa mère lui dit : « Balivernes que cela, un roi vient au monde dans un palais, pas dans une étable. » Et elle lui interdit de partir pour Bethléem.

Il ne restait donc à la petite colombe qu’à partir en secret.
Elle se mit en route au milieu de la nuit. Les colombes ne volent jamais la nuit. Elle avait peur dans le noir. Elle avait une grande envie de regagner son colombier. Mais ne voulait-elle pas se rendre auprès de l’Enfant Jésus ? « Sûrement qu’il me regardera et me sourira »,pensa la petite colombe.
Et cette idée suffit à la réconforter et à lui faire oublier sa peur.

La petite colombe poursuivit vaillamment son chemin dans la nuit. Grâce à la lumière de la lune, elle ne se perdit pas et le matin, elle se posa  pour se reposer un peu dans un endroit qu’elle ne connaissait pas. C’était le désert, elle n’avait jamais vu le désert.
« Où vas-tu donc ? »,lui demanda un chameau.
« A Bethléem. On dit qu’un nouveau roi y est né. Je vais le saluer. Il en sera heureux et il me sourira. »
« Te sourire ? Qu’est ce que tu t’imagines ! Pauvre niaise. Il ne te regardera même pas. Et d’ailleurs, tu n’arriveras pas jusque là. Moi je suis équipé pour traverser le désert, mais toi ! regarde-toi, tu vas te perdre et mourir de soif ! » Et le chameau continua lourdement son chemin.

La petite colombe suivit le chameau du regard, tristement. Qu’allait-elle faire ? Poursuivre sa route ou retourner sur ses pas ? Des anges vêtus d’or étaient apparus aux bergers dans les champs. C’est ce qu’on racontait. Ils avaient annoncé l’arrivée du roi et la paix sur la terre.
« Un roi qui envoie des anges pour annoncer sa venue et promettre la paix…il ne me chassera pas. » ,se dit la petite colombe. Et elle reprit son voyage au-dessus du désert. Quand elle eut soif, elle se posa dans  une oasis.

Un lion se tenait sur une butte. Il regarda  la colombe avec mépris quand celle-ci lui eut révélé le but de son voyage.
« C’est moi et moi seul que le roi  regardera. Je suis puissant mais toi tu n’es qu’un vulgaire pigeon ! ».
Le lion secoua fièrement sa crinière et s’éloigna.
La petite colombe en fut tout hébétée.
Un zèbre croisa alors son chemin :« Stupide créature, ricana le zèbre, tu n’es bonne qu’à garnir des volières, pas à te prosterner devant un roi. Retourne d’où tu viens » lui dit-il.
La colombe fut toute désemparée.
Faire demi-tour ? Seulement parce qu’elle n’était qu’une colombe ? Non, il n’en était pas question.
Tous les animaux qu’elle rencontrait se moquaient d’elle.
Une poule se percha  au-dessus d’elle en la toisant.
Un renard la considéra avec dédain.
Une chèvre  lui tourna résolument le dos.
La colombe commençait à avoir honte de n’être qu’une colombe. Elle n’osait même plus lever les yeux. Et c’est ainsi qu’à la nuit tombée, elle se perdit car elle n’avait pas regardé les étoiles pour se guider dans le ciel.
Comme il faisait noir ! Aucune clarté pour trouver son chemin et redonner de l’espoir.

Si pourtant, une lueur dorée fit soudain place aux ténèbres. La petite colombe ne distinguait pas les anges venus à sa rencontre, mais elle sentait leur présence. Confiante, elle vola derrière eux jusqu’à Bethléem. Elle voyait une lumière qui devenait de plus en plus brillante. Et elle aperçut tout à coup l’étoile au-dessus de Bethléem.
Arrivée devant une étable, elle vit un petit enfant couché dans la paille qui la regardait en souriant. Au-dessus du toit de l’étable, deux anges s’affairaient à dérouler une banderole.
« Viens nous aider, toi qui sais voler »,dit l’un des anges. « Nous avons besoin de toi pour tenir la banderole suspendue, beaucoup de monde va venir voir l’enfant ! » dit l’autre ange.
La petite colombe prit dans son bec un bout de la banderole et prit place entre les deux anges. En se tordant le cou, elle arriva à lire ce qui était écrit :

PAIX SUR LA TERRE AUX HOMMES DE BONNE VOLONTE. Elle ne s’était jamais sentie aussi utile et aussi heureuse.

Alix Gilles,adapté à partir de« Un âne part pour Bethléem » de Gerda Marie-Scheidl .

Si vous désirez transformer ce conte en saynète:
Personnages :
Narrateur : grand de l’école biblique, ou adulte ou K.T.
Crèche : 2 enfants parmi les plus jeunes.
(au moins  Marie, Joseph. Extension possible : âne, bœuf, bergers…)
Colombe –mère
Petite colombe
Chameau
Lion
Hyène /ou autres animaux
Aigle / selon
Coq /   masques
Bélier/ disponibles.
2 anges
Matériel :
Poupée-Jésus,
Masques d’animaux : lion, chameau, renard, poule, chèvre, zèbre.
2 paires d’ailes pour les  2 anges.
déguisement de colombe (ailes) ; banderole à suspendre.