Noël, c’est ici !

Fanny Blanchet, illustratrice, a eu la gentillesse de dessiner pour nous, en live, un conte de Noël écrit par John Maire. Ce spectacle a été filmé et il est maintenant disponible pour animer vos rencontres avec les enfants.

Noël, c’est ici ! (film)

 

 

 

C’est le jour de Noël. Jade et Kilian habitent la même maison. Leurs parents ont décidé de faire un délicieux repas de fête, auquel ils ont convié la dame seule qui habite tout en haut de l’immeuble, ainsi que le vieux monsieur qui habite tout en bas. Soudain, Jade et Kilian ont une idée : et si on jouait à Noël ? Sans plus attendre, ils vont chercher parmi leurs personnages Playmobil de quoi mettre en scène l’histoire de Noël. Lorsque leurs parents veulent interrompre leur jeu pour les inviter à manger, ils insistent : « Non, Noël, c’est ici ! ». Et ils leur font découvrir leur merveilleuse crêche.

Vous pouvez utiliser le film dans son intégralité avec le son, ou impliquer des enfants de votre paroisse pour faire vivre le scénario une nouvelle fois. En voici le texte :

Noël, c’est ici ! (Scénario)

Fanny Blanchet a aussi dessiné les personnages de la crèche pour en faire une guirlande de Noël; ainsi chaque enfant peut colorier sa guirlande et apporter ce joli souvenir à la maison.

Télécharger ici les illustrations de Fanny Blanchet
.

Joyeuses fêtes !

Crédit : Nicole Rochat (EREN) – illustrations de Fanny Blanchet – PointKT

 




Les sages femmes de Noël

 Un conte et une saynète en lien avec le programme sur l’eau. Arrosons notre foi

« De tout temps, lorsqu’un enfant naît, la maman a besoin de monde pour l’aider. Souvent, ce sont des femmes qui l’aident. On les appelle les sages-femmes. Ces sages-femmes s’occupent de la maman et du bébé lorsqu’il est né. Aujourd’hui, nous allons vous raconter l’histoire de deux sages-femmes. L’une s’appelle Sarah, à cause d’une certaine Sarah qui était l’épouse d’Abraham, une femme courageuse. L’autre s’appelle Myriam, à cause d’une certaine Myriam qui était la sœur de Moïse, une femme intelligente. Cette histoire se passe il y a à peu près 2000 ans. »

Voici cette saynète à télécharger :

Crédits : LBP (EERV) – Point KT

Crédit : Barbara Guyonnet  et Betty Schaeffer (UEPAL) – Point KT




La casa de Yea sus

Prologue : « Ça c’était avant ! »

Cette saynète démarre par une véritable crèche vivante statique. Comme décor, on peut disposer en plein centre de la scène, une structure qui ressemble au toit d’une crèche ; un sapin de Noël ; des guirlandes ; des boules ; une mangeoire avec juste de la paille. Autour de la mangeoire, Marie + Joseph (habillés de manière moderne). A côté d’eux un âne et un bœuf (les acteurs portent les masques adéquats) et un berger avec un masque. Une starlette en strasse et paillettes avec un masque d’une vedette ou d’un people. Et un ange avec un masque adapté. Ils se présentent, comme si c’était le tableau final et se préparent à chanter… Arrive le Confesseur (habillé à la manière d’un prof) qui interrompt tout !

Confesseur : S’adressant à l’auditoire Stop ! Stop ! Arrêtez-moi tout ! Est-ce que vous savez, au moins, pourquoi on vous a ajouté tous ces personnages et cette ménagerie, à la naissance de Jésus ? Laissez-moi vous conter la petite histoire derrière la grande ! Il était une foi, de très jeunes parents ! Pratiquement des ados comme les vôtres. A l’époque, on commençait tôt à enfanter. Une très jeune fille, Marie, tomba enceinte. Jusque-là rien de neuf ! Mais le père n’est pas Joseph ! Jusque-là rien de bien choquant pour nous ! Mais à l’époque c’était un scandale, la honte ! C’est pourquoi, il fallait bien un messager du ciel pour annoncer que cette naissance était divine. D’où l’ange qui fait lien entre Dieu et les humains. Pour souligner que cette nuit était exceptionnelle, quoi de mieux que de faire appel à la star des étoiles ; la plus brillante d’entre toutes. Le berger est là pour témoigner que Jésus est l’unique bon berger ! Le seul qui connait ses brebis par leur nom et qui se soucie d’elles. Enfin, l’âne est une monture royale ; c’est assis sur son dos que Jésus entrera triomphalement à Jérusalem. Avec le bœuf, ces animaux ont reconnu les premiers, bien avant les humains, en Jésus ses potentialités de roi sauveur. Ils illustrent Esaïe 1, 3 : « Un bœuf connaît son propriétaire et un âne la mangeoire chez son maître ! » Voilà pour le symbole ! Eh bien, tout ça c’était avant ! Car derrière les masques se cachent, en réalité, celles et ceux qui ont permis à la Casa de Yeah-sus d’arriver jusqu’à nous ! Découvrez l’autre belle histoire ! Celle qui dure depuis plus de 2000 ans !

A ce moment, tous les acteurs repartent et quittent le tableau. -proposition d’un chant d’entrée- Il ne reste que la crèche en place. Pour le début de l’épisode 1, Marie et Joseph reviennent, mais habillés en costume d’époque !

Épisode 1 : « On est de retour ! »

Confesseur : Bienvenus 2000 ans en arrière ! A cette époque, la vie n’était pas si belle que cela. Le pays de Jésus était occupé par un empire militaire et économique. La région, dans laquelle il est venu au monde, était gouvernée par un roi ambitieux et cruel. La plupart des habitants étaient de modestes paysans, écrasés par les impôts et qui ne demandaient que de gagner leur vie dignement. Mais les prix des matières premières augmentaient chaque jour et les plus démunis arrivaient à peine à survivre. Les enfants étaient considérés comme inutiles et chers à nourrir, s’ils ne travaillaient pas le plus rapidement possible. Partout dans le pays, les gens étaient mécontents et ceux qui résistaient ou se révoltaient, étaient réduits au silence ! Voilà pourquoi, certains adolescents se sont enfuis parce qu’ils étaient maltraités et ne savaient plus comment grandir dans cette société inégalitaire. Sans compter les épidémies et les famines… Chacun avait peur de l’autre ! Et puis, un jour, certains ados rebelles ont entendu qu’un sacré événement se préparait à Bethlehem. Ils se sont constitués en « Bande des 5 » : Jérusalem-Béthanie-Galilée-Capharnaüm-Magdala. Des noms de code pour passer incognito. Et comme ils ont appris que la production cherchait des figurants pour représenter l’histoire de Yeah-sus au marché de Noël du coin, ils se sont présentés, déguisés et munis de leur pass salutaire ! Mais chut ! Les voici qui entrent dans la place !

Les cinq acteurs reviennent et passent par un agent de sécurité qui bipe leur pass. Ils reprennent les mêmes places que lors du prologue, portant leurs masques d’animaux et autres. Une fois tous en place, ils enlèvent leur premier masque, sous lequel se trouve un masque d’Anonymous ou autre… Ils sortent de leur vêtement une arme « pacifique » quelconque. Certains menacent le public, d’autres Marie et Joseph.

Jérusalem : Personne ne bouge, ni ne sort d’ici ! Ceci est une prise d’otage !

Magdala : Pas de panique, nous avons décidé de garder en otage Yeah-sus et ses parents, enfin, du moins sa mère : Marie. Pour le père, on est moins sûr !

Galilée : Si vous faites ce qu’on vous dit, vous pourrez tous rentrer chez vous, à temps, pour le réveillon !

Béthanie : Dans le cas contraire, il vous faudra patienter un peu… Et soyez contents qu’on ne vous demande pas de vous déshabiller et de collecter vos portables ! Alors, je ne veux entendre aucune sonnerie ni notification ! Silence dans l’étable !

Capharnaüm : Car si vous voulez qu’on libère la Sainte famille pour que vous puissiez vraiment fêter Noël, il va falloir entendre nos revendications. Elles vont être retransmises en directe sur les réseaux sociaux et les chaînes d’Etat. Les voici : (Chacun s’avance avec une feuille qu’il lit comme si c’était une déclaration importante. Pendant ce temps, le confesseur filme avec son portable !)

Jérusalem -berger- : « Je suis le porte-parole de tous les moutons que l’on engraisse pour les mener à l’abattoir. Vous pensez que nous sommes stupides parce que nous aimons nous retrouver en troupeau pour faire les mêmes choses ? Nous, les rejetés de la bonne société, les marginaux, les laissés pour comptes ! Nous ne sommes pas de simples numéros, des statistiques que l’on agite pour faire peur ! Nous sommes des êtres humains ! Et nous voulons être pris en compte comme tels et non taxés de moutons noirs ou de boucs émissaires !

Vous les soi-disant bergers, occupez-vous vraiment du troupeau ! »

Magdala -étoile- : « Ce n’est pas parce que j’aime les feux de la rampe, les strass et les paillettes que je ne suis pas une lumière. Je représente toutes celles et ceux qui rêvent d’avoir, ne serait-ce qu’un court instant, leur quart d’heure de popularité ! Mais à quoi cela sert-il de briller intensément jusqu’à se brûler entièrement ? Nous sommes chacun et chacune une star du quotidien ! Nous accomplissons des choses extraordinaires sans nous en rendre compte ! Nous ne sommes pas des people, mais nous faisons tout pour faire briller les autres !

Vous qui occupez le devant de la scène, venez nous rejoindre et faites de même ! »

Galilée -Âne- : « Ce n’est pas parce que je porte de longues oreilles que je suis stupide, mais seulement têtu ! J’ai du caractère ! On ne me la joue pas à moi ! Peut-être que vous en avez marre, comme moi, d’être chargés de plus en plus comme un mulet et vous en avez plein le dos avec tout ce qu’on vous rajoute ! Eh bien ! Vous n’êtes pas obligés, vous pouvez d’une ruade tout envoyer promener ! Arrêtez de vous laisser écraser par plus que vous ne pouvez supporter !

« Vous qui imposez de plus en plus de fardeaux aux gens et les faites porter de plus en plus lourd, prenez garde ! Voici le moment où les ânes vont ruer dans les brancards parce qu’ils n’en peuvent plus ! »

Béthanie -Ange – : « Ce n’est pas parce que je suis un ange que je vais me taire ! Au contraire, un ange est un messager, un médiateur au service de son message. Ils sont souvent discrets et vous ne les remarquez que lorsqu’ils sont déjà passés ! Ils vous prennent en charge lorsque vous êtes malades ; ils s’occupent de vos enfants ; ils vous assistent en toutes circonstances et vous écoutent souvent ! Ils sacrifient leur vie de famille pour que nous, ayons une meilleure vie !

Vous qui méprisez ces anges et surtout les plus petits, sans leur accorder aucun regard ou reconnaissance, ils risquent de nous quitter pour rejoindre le paradis ! »

Capharnaüm – Bœuf – : « Il parait que je devrai réfléchir avant de foncer tête baissée. Mais je suis un instinctif, qui a souvent une tête d’avance sur les autres. Mais même dans ce cas, je n’hésite pas à tirer les autres, à les tracter vers l’avant. Je donne les impulsions de la vie ! Et de plus en plus d’humains ont besoin d’être poussés vers l’avant ou remorqués parce qu’ils sont à la traîne. Et je tire de toutes mes forces toutes ces personnes que l’on laisse souvent, au bord du chemin, épuisées et seules !

Vous qui foncez sans regarder derrière vous les dégâts que vous occasionnez, et si vous vous arrêtiez, juste un instant, pour regarder en arrière ? »

Ceci est un communiqué de la Bande des cinq : « A vous les responsables ! Voici nos revendications ! Aucune rançon ni chantage, juste une simple demande d’humanité ! Si néanmoins, vous ne répondez pas à nos conditions dans les prochaines minutes, nous kidnapperons la sainte famille et elle disparaitra complètement de vos radars ! Vous avez 5 minutes pour réagir, auquel cas, nous agirons ! Et fini Noël dans les prochaines années ! »

Épisode 2 : Bienvenue au spectacle des « puissants »

Confesseur : Inutile de vous dire que cela a fait grand bruit sur les réseaux ! A l’époque, c’était du bouche à oreille, mais ça fonctionnait plutôt bien. Du coup, les concernés, n’ont pas tardés à réagir, par l’intermédiaire de plusieurs déclarations officielles. Mais écoutez plutôt ! les acteurs qui suivent sont habillés comme des politiques et parlent à la manière des politiques. On pourrait même placer sur les pupitres les titres des intervenants.

Porte-parole du roi Hérocon : « Citoyens, citoyennes, sa majesté suit d’heure en heure la prise d’otages par ce groupe de terroriste qui veut nous priver de la présence de la sainte famille. Nous déplorons cette situation que nous dénonçons vivement ! Et nous voudrions assurer tous les proches de ces familles de notre sympathie. Néanmoins, le gouvernement n’a pas l’habitude de négocier avec les terroristes et nous ne céderons pas ! S’il devait y avoir des dommages collatéraux nous les assumerons. De toute façon, la religion est de l’ordre de la sphère privée et il ne peut y avoir qu’un roi qui règne ; sa majesté Hérocon ! En l’occurrence, la sainte famille et surtout Yeah-sus peuvent bien disparaître, nous trouverons bien une autre fête à sauver pour les remplacer ou un hommage quelconque de la nation. Nous vous souhaitons de belles et de bonnes fêtes de fin d’année »

Le -la- ministre Grossebouffe : « Chers consommatrices et consommateurs, l’heure est grave ! Au moment où les marchés de Noël ont réouvert, où le tourisme est relancé dans notre beau pays où coulent le lait et le miel, un tel événement risque d’impacter le moral et surtout l’indice de consommation qui avait récemment bondi. Comme le gouvernement a choisi de ne pas céder aux injonctions des terroristes, nous sommes, mon cabinet et moi-même, en train de prendre les mesures qui s’imposent. Nous travaillons à un nouveau concept révolutionnaire qui nous permettra de fêter Noël sans Jésus ! Il suffit de le remplacer par un gars avec une barbe blanche et un bonnet, d’inventer un super folklore, d’introduire de la magie et le tour est joué ! D’ailleurs, les pénuries des produits alimentaires, des jouets et des cadeaux nous inquiètent bien plus ! Finalement Jésus peut bien disparaître, tant que l’appétit de consommer va ! Tout va ! Tout sera prêt pour que les fêtes de fin d’année soient inoubliables ! Rassurez-vous ! »

Le -la- ministre de l’être-bien : « La situation sanitaire n’est pas la meilleure. Toutes les mesures sont prises pour nous protéger : gestes barrières, gel, masque ; évitez les attroupements ! Notre objectif est de casser la chaîne de transmission pour veiller sur votre santé physique. Je considère que c’est cela le principal. Pour le reste, le spirituel, si vous avez des problèmes psy ou que vous êtes mal dans votre peau, débrouillez-vous ! Je ne vois pas en quoi la disparition ou non de Jésus va aider chacun à guérir ou à avoir moins peur ! Que votre humeur, votre moral ou votre intérieur aillent mal, peu m’importe ; pour moi, seuls comptent les chiffres des guérisons ! Alors si jamais vous déprimez, pensez déjà à votre rappel et puis, mangez du chocolat… Il paraît que ça aide ! »

Confesseur : « Qu’en pensez-vous ? De ce grand spectacle des puissants ? Avons-nous encore besoin de Jésus pour fêter Noël ? Où est-ce que Noël s’est déjà vidée de Jésus pour devenir une fête de fin d’année ? Comment vont réagir les preneurs d’otage ? La suite dans quelques instants…

Épisode 3 : « Game over »

Capharnaüm : Et maintenant qu’est-ce qu’on fait ?

Jérusalem : On n’a pas le choix, on l’enlève et il dégage de la scène !

Béthanie : Et qu’est-ce qu’on fait des parents ?

Magdala : On ne va tout de même pas en faire un orphelin, comme nous ?

Galilée : On les emmène avec ! Tu as bien entendu les puissants. Un couple de plus à la rue, ce n’est pas leur souci ! Allons-y !

Mais ils se regardent tous et personne n’ose faire le premier pas ! Capharnaüm y va en premier !

Capharnaüm : Ça va ! J’ai compris ! Je fonce en premier comme d’hab ! il s’approche de la mangeoire pour prendre l’enfant, mais quelque chose l’en empêche…

Jérusalem : Ben alors ! Quoi ! Pourquoi t’hésites ?

Capharnaüm : Je ne peux pas ! C’est comme s’il me disait dans mon for intérieur : « Quand tu es jeune, tu vas où tu veux ; mais quand tu seras plus vieux, un autre te mènera où tu ne voudras pas aller ! » Je ne peux pas le laisser tomber ! Je reste ici avec lui, à ses côtés ! Il se replace comme au prologue.

Jérusalem : Non mais quelle mouche a piqué ce bœuf ! Il va falloir que je m’en occupe personnellement ! Il se dirige également vers la mangeoire et s’arrête net.

Béthanie : Eh bien ! Jérusalem brisé dans son élan, je n’en crois pas mes petits yeux !

Jérusalem : Cet enfant m’a souri ! C’est comme s’il comptait sur moi, plus tard, pour aider les plus pauvres. Je reste aussi ! Il m’indique une voie ! Jérusalem se replace comme au prologue.

Béthanie : Ah les mecs ! Complètement gagas devant ce baveur ! Laissez faire une nana ! Elle également est stoppée dans son élan ! Waouh ! Ce n’est pas possible ! Il me connait bien mieux que moi et il me croit capable de faire de sacrées choses. J’entends sa petite voix qui me dit : « Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, même s’il meurt ; et celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » Elle se replace comme au prologue

Galilée : Mais qu’est-ce qu’ils ont tous devant ce gosse ? Avec moi, ça ne marchera pas ! Il ne m’aura pas au charme ! Il y va d’un pas décidé et s’arrête comme si Jésus lui parlait Quoi ? Tu as besoin de moi pour t’entourer et t’accompagner ? Moi un colérique, un fils du tonnerre, un impulsif, je peux te protéger ? Eh bien ok ! Je suis ton homme ! Galilée se replace comme au prologue, mais derrière la crèche à la manière d’un garde du corps.

Magdala : Il ne reste plus que moi ! J’aimerai bien le toucher et l’emporter rien que pour moi. Je sens qu’un jour il me guérira. J’en suis sûr : j’ai vu le Seigneur ! Magdala se replace comme au prologue

Confesseur : Vous voyez ! Les puissants l’avaient déjà condamné à disparaître parce qu’il les gênait où qu’il ne rapportait pas assez ! Mais à ceux qui gardent un cœur d’enfant et à ces adolescents écorchés vifs, ce simple bébé a ouvert un autre avenir ! Voici l’autre belle histoire ! Et ces jeunes ont continué à grandir, à expérimenter, à se perdre, à se retrouver jusqu’à ce qu’un jour Yeah-sus, grandissant en force et en sagesse leur a permis de faire tomber les masques quelques années plus tard !

Epilogue : « Vis les vies qui te sont données ! »

La Bande des cinq quitte la crèche et chacun à son tour se dévoile.

Capharnaüm : enlève son masque de déguisement Peut-être l’avez-vous deviné, mais je suis Simon Pierre ; le porte-parole du groupe des douze disciples qui rejoindra Jésus. J’en deviendrai le chef, lorsque Jésus nous laissera devenir des adultes !

Judas : enlève son masque de déguisement  Hello, c’est moi Judas ! Pour vous, je ne suis peut-être qu’un gros méchant ou un traître, mais j’étais avant tout le trésorier du groupe des disciples. Scrupuleusement honnête, J’aiderai financièrement bien des pauvres. Je me suis donné à fond dans sa mission jusqu’à en mourir !

Béthanie : enlève son masque de déguisement  Bonsoir, Marthe, également disciple de Jésus. Avec ma sœur Marie, nous accueillerons souvent Jésus lorsqu’il sera de passage. Je suis le symbole de toutes celles qui consacrent leur vie à servir !

Galilée : enlève son masque de déguisement Mon nom est Jacques.

Tous les autres : Bonjour Jacques !

Jacques : Avec Pierre, nous faisons partie de la garde rapprochée de Jésus et de ses intimes. Comme quoi même un casseur, comme moi, peut faire partie de la grande famille de Jésus.

Magdala : enlève son masque de déguisement Mon petit nom c’est Marie. Mais vous me connaissez sous mon surnom : Marie Madeleine. Jésus va me guérir de mes maladies et je l’accompagnerai partout jusqu’au bout ! Car lorsque les disciples hommes détaleront au pied de la croix, avec d’autres femmes, nous resterons ! Et c’est à moi que Jésus est apparu, en premier, ressuscité !

Confesseur : Pour ma part, je suis le « confesseur » ! Je pourrai dire aussi, le cerveau ! Mais, je préfère la voix du cœur ! Celle qui parle à chacune et chacun d’entre vous ce soir ! Pour Noël devrons-nous remettre les masques pour nous protéger ou laisser tomber nos faux masques pour retrouver, en cet enfant de Noël, Jésus, le Christ, un avenir souriant, malgré tout ? Et si un jour nos cœurs devaient être mordus par le cafard et dévorés par le désespoir, puisse le bébé Jésus avoir pitié de nos âmes de vieux ! Un Noël béni et rempli de paix à toutes et à tous !

Crédits : Frédéric Gangloff (UEPAL) Point KT Photo Pixabay




Continuer de partager Noël

Continuer de partager Noël – Pièce de Noël écrite en 2019 par la pasteure Sophie Letsch. C’est l’histoire de quatre paroissiens fidèles qui jouent la traditionnelle saynète de Noël car il n’y a pas d’enfants dans la paroisse pour le faire. Cette situation les décourage. Mais ils décident finalement que l’essentiel de Noël vaut la peine d’être partagé.

Pièce pour 5 personnages adultes : Marie, Joseph, Ange, Berger, pasteur/narrateur

Tous les personnages sont cachés. L’ange est sur la chair, assis pour ne pas qu’on le voit. Marie et Joseph sont en coulisses d’un côté, le berger aussi mais de l’autre côté. Le pasteur/narrateur est derrière l’autel. Dans la première partie de la scène, les acteurs ne regardent pas l’assemblée.

Pasteur :

En ce temps-là, l’empereur Auguste donna l’ordre de recenser tous les habitants de l’empire romain. Ce recensement, le premier, eut lieu alors que Quirinius était gouverneur de la province de Syrie. Tout le monde allait se faire enregistrer, chacun dans sa ville d’origine. Joseph lui aussi partit de Nazareth, une ville de Galilée, pour se rendre en Judée, à Bethléem, là où était né le roi David ; en effet, il était lui-même un descendant de David. Il alla s’y faire enregistrer avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte.  (Joseph et Marie arrivent doucement sur scène. Il la soutient.)

Marie : Joseph, je suis tellement fatiguée. Le voyage a été si long.

Joseph : Je sais Marie. Prends courage, nous sommes presque arrivés. (Marie s’arrête)

Marie : Je n’en peux plus. Il faut trouver un endroit pour passer la nuit. L’enfant va naitre bientôt Joseph, ce n’est plus qu’une question d’heures.  (Joseph cherche une chaise pour Marie)

Joseph : Tiens repose-toi un peu. (Elle s’installe.)

Marie : Merci. (Joseph a l’air de réfléchir, un peu découragé et un peu énervé il trépigne. Puis il va chercher une autre chaise et s’installe à son tour)

Marie : (elle chuchote mais suffisamment fort pour que le public l’entende) Mais non. Qu’est-ce que tu fais ? Tu dois rester debout. Appuyé sur ton bâton.

Joseph : Oui je sais… Mais moi aussi je suis fatigué.

Marie : Tu es fatigué ?

Joseph : Oui je suis fatigué. J’en ai marre quoi !

Marie : Mais enfin qu’est-ce que tu racontes ? Ce n’est pas ce qui est écrit dans le texte ! Tu dois rester debout, appuyé sur ton bâton et dire : « La route a été longue. Mais je suis heureux que l’enfant naisse à Bethléem dans la ville de mes ancêtres, dans la ville du grand roi David ».

Joseph : Oui, oui, je sais ce qui est écrit dans le texte. Mais je n’ai pas envie de le dire. Je n’ai pas envie de continuer à jouer la pièce.

Marie : Quoi ? Mais pourquoi ?

(L’ange se lève en haut de la chair) Ange : N’ayez pas peur ! Car je vous annonce une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple… (Le berger débarque sur la scène et lui coupe la parole)
Berger : Attend, attend, je ne suis pas encore en place !

Ange : Qu’est-ce que tu dis ?

Berger : Je n’ai pas eu le temps de me mettre en place !

Marie : Non, non, mais attendez toutes les deux. On n’y est pas encore ! Vous devez encore rester en coulisse. Il faut d’abord que le narrateur raconte la naissance de l’enfant.

Joseph : Mais moi, je ne veux pas continuer la pièce.

Berger et Ange : Quoi ?

Joseph : Vous avez bien compris. Je n’ai pas envie de continuer à jouer la pièce. D’ailleurs je vais enlever ce truc (il enlève une partie de son costume).

Marie : Mais non enfin !

Berger : Qu’est ce qui lui prend ?

Ange : Allé, allé ce n’est pas grave. Oublions tout ça. Remet ton costume et on reprend depuis le début !

Joseph : Non, non et non ! (il croise les bras)

Pasteur : Qu’est ce qui se passe ?

Marie : Joseph ne veut pas continuer la pièce !

Pasteur : Ah bon ? Mais pourquoi ? Et on fait quoi ?

Marie : Et bien je ne sais pas moi ! D’habitude il est toujours partant pour jouer une pièce de théâtre. On le fait tous les ans !

Ange : Mais oui cela fait plusieurs années qu’on prépare ensemble une pièce pour Noël. Je trouve qu’on forme une bonne équipe.

Joseph : Cela fait plusieurs années, c’est vrai. Mais ça n’a pas toujours été comme ça !

Marie : Mais bien sur que si ! Ecoute, je me souviens très bien, quand tu étais petit, tout juste haut comme ça ; Tu étais déguisé en berger sous le sapin de l’église, le soir de Noël.

Joseph : Oui c’est vrai, je m’en souviens aussi ! J’étais très impressionné. Ce sont de beaux souvenirs. Mais justement, ce sont toujours les enfants qui ont joué les pièces de Noël. Alors que là… écoutez… franchement… Vous ne trouvez pas qu’on commence à se faire un peu vieux pour ça ?

Berger : Parle pour toi ! Moi je ne me sens pas encore vieux !

Ange : Moi non plus !

Marie : Moi je suis toujours jeune, dans ma tête !

Joseph : Oui d’accord, tu as raison. Mais vous comprenez ce que je veux dire n’est-ce pas ?

Marie : Bon c’est vrai… Marie est une toute jeune fille qui attend son premier enfant. Ce n’est plus tout à fait mon cas. Je n’ai plus vraiment l’âge pour jouer ce rôle-là… (elle enlève une partie de son costume)

Berger : Et moi je suis tout seul à jouer le berger ! Ils devraient être très nombreux ! Un seul berger : c’est un peu ridicule ! (elle enlève une partie de son costume)

Ange : Oui c’est vrai vous avez raison ! Moi aussi je suis tout seul à faire l’ange alors que la Bible parle de toute une troupe qui remplit le ciel.

Joseph : Par contre la couleur de tes cheveux est adaptée : magnifiquement blancs ! Comme ceux d’un ange

Ange (rit) : Merci pour ce compliment ! Moi je suis fièr de mes cheveux blancs. Et, tant que je peux encore le faire, ça me fait plaisir de jouer la pièce de Noël avec vous!

Marie : Moi aussi ça me fait plaisir, ce n’est pas la question. Je comprends ce qu’il veut dire. C’est décourageant quand il n’y a plus d’enfants !

Berger : C’est vrai qu’il y a de moins en moins de baptêmes. Et c’est encore pire pour les confirmations !

Joseph : Le dimanche matin, nous ne sommes pas toujours très nombreux.

Marie : Et les bénévoles, ils sont si difficiles à trouver !

Ange : Ah oui ça c’est vrai. Tout le monde aime le charme de nos petites églises avec leurs poêles à bois. Mais quand il s’agit de se lever avant l’aube pour faire du feu, il n’y a plus personne !

Joseph : Voilà. Je vois que vous avez compris ce que je veux dire. Je me demande où on va. Quel est le sens de tout cela ? Est-ce que ce n’est pas dépassé de se retrouver à l’église ? Pour Noël ? Qui connait encore l’histoire du premier Noël ? Ce que les enfants attendent, c’est le Père Noël ! Pas la naissance de Jésus…

Pasteur : Euh… Ecoutez. J’entends bien tout ce que vous dites. Et je suis même d’accord avec vous. Seulement… Il n’y a que vous ! Et puis, surtout, retournez-vous. Nous ne sommes pas seuls ce soir… (Les acteurs se tournent vers l’assemblée, l’air étonné) On est même plutôt nombreux ! (Les acteurs dévisagent les membres de l’assemblée, peuvent faire semblant de compter)

Joseph : Ca alors, mais c’est vrai !

Berger : In-cro-yable !

Marie : Et, regardez, il y a même des enfants !

Berger : In-cro-yable !

Pasteur : Et oui, ce n’est pas la répétition-là. ça y est. On y est vraiment ! Et les gens sont là.

Berger : In-cro-yable !

Joseph : Alors ça !

Ange : Bon, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

Pasteur : Et bien. Là je ne sais pas trop du coup… Bon, pour le moment, peut-être que la chorale pourrait chanter. Ca laissera le temps de réfléchir…

Marie : Bonne idée !

Ange : Attendez-moi, je descends ! Dommage que je ne puisse pas voler vraiment…

Berger : (fait des photos avec son téléphone) In-cro-yable !

 

Chant de la chorale : Quand Dieu nait dans la nuit profonde

 

Les acteurs se rassemblent devant l’autel Ange : C’est si beau !

Berger : Oui, moi aussi j’aime ce chant.

Ange : La musique est belle. Mais ce sont surtout les paroles qui me touchent : « Quand Dieu nait dans la nuit profonde, l’espoir renait dans notre nuit ».

Marie : Dans notre nuit. C’est vrai que parfois il fait très sombre dans nos vies. Quand la maladie nous frappe. Ou quand surgit la mort de l’un de nos proches.

Berger : Quand nous avons peur. Peur de la violence, peur du terrorisme ou du réchauffement climatique.

Marie : Peur de la mort !

Ange : Quand nous sommes seuls. Abandonnés, délaissés, rejetés ou incompris.

Marie : Tout ça, c’est la nuit. La nuit de nos vies. Et c’est là, dans la nuit de nos vies, que vient Dieu. C’est là, dans la nuit de nos vies, que nait Dieu.

Joseph : Voilà ! C’est ça le sens de Noël. Dieu est venu éclairer la nuit de nos vies ! Nous ne sommes plus jamais seuls ! Voilà le message à faire passer. Voilà ce qui vaut la peine d’être partagé.

Tout le reste, les illuminations et les sapins décorés, les cadeaux aux petits, les grand festins et les familles réunies ; tout cela, c’est agréable, ça fait chaud au cœur. Mais ce n’est pas le plus l’important.

L’important, ce qu’il y a à fêter aujourd’hui, c’est que Dieu vient nous rejoindre, sans faire de bruit, dans la nuit de nos vies. Il vient nous éclairer. Il vient pour tout changer.

Marie : Dis donc, tu t’envoles là !

Ange : C’est beau ce que tu dis.

Berger : Tu pourrais faire la prédication !

Pasteur : Et bien oui pourquoi pas ! Je laisse ma place volontiers ! L’histoire de Noël, chacun peut la raconter. Elle n’est pas réservée à certains privilégiés. Les tous premiers qui l’ont partagée, c’étaient les bergers. Des gens pauvres, des marginaux qui vivent dans la nuit et dont on se méfie. Ils sont venus voir Jésus. Et quand ils sont repartis, ils ont raconté ce qu’ils avaient vu et entendu. C’est grâce à eux que nous connaissons l’histoire de Noël. C’est grâce à eux que nous sommes là ce soir et que nous pouvons le fêter.

Berger : Ils ont quand même la classe ces bergers ! ( remet son costume).

Ange : Les gens sont venus ce soir. Ils sont là ! Ils n’étaient pas obligés de venir mais ils sont là ! Et moi aussi je suis encore là. Ce qui se passera après moi, ça ne me concerne pas. Mais pour l’instant je suis là et j’ai envie de partager ma foi, ce en quoi je crois. Allez, vous êtes avec moi ?

Marie : Oui. Moi aussi j’ai envie de partager ce qui me tient debout tous les jours. C’est pour ça que je suis là, encore aujourd’hui, à jouer le rôle de Marie. (Elle remet son costume). C’est trop important pour moi !

Ange (à Joseph) : Bon et toi ? Tu fais quoi ?

Joseph : Et bien moi, moi je vous suis pardi ! Je ne peux pas faire autre chose que de partager ce que j’ai compris : Dieu est là, au cœur de nos nuits. Il veut éclairer nos vies.

Pasteur : Bon ben alors ? On y va ? On recommence depuis le début ?

Marie : Ah oui mais pas tout de suite ! On n’est pas encore prêts !

Berger : Il faut d’abord qu’on se mette en place.

Joseph : Je dois d’abord encore remettre ce truc (une partie de son costume).

Ange : Et moi il faut que je remonte sur mon perchoir.

Pasteur : Ah oui je comprends mais il commence à se faire tard là. Ecoutez, je vais demander à l’assemblée de chanter pendant que vous vous mettez en place.

Marie : Bonne idée !

Pasteur (à l’assemblée): Vous voulez bien ?

Chant de l’assemblée

Pendant le chant, on installe la crèche. Les acteurs ajustent leurs costumes, mettent de l’ordre sur la scène et retournent en coulisse comme au début.

Pasteur : En ce temps-là, l’empereur Auguste donna l’ordre de recenser tous les habitants de l’empire romain.

Ce recensement, le premier, eut lieu alors que Quirinius était gouverneur de la province de Syrie.

Tout le monde allait se faire enregistrer, chacun dans sa ville d’origine. Joseph lui aussi partit de Nazareth, une ville de Galilée, pour se rendre en Judée, à Bethléem, là où était né le roi David ; en effet, il était lui-même un descendant de David.

(Joseph et Marie traversent la scène doucement. Il la soutient. )

Il alla s’y faire enregistrer avec Marie, sa fiancée, qui était enceinte. Pendant qu’ils étaient à Bethléem, le jour de la naissance arriva.

(Ils reviennent sur scène, elle tient l’enfant dans ses bras)

Elle mit au monde un fils, son premier-né. Elle l’enveloppa de langes et le coucha dans une mangeoire, parce qu’il n’y avait pas de place pour eux dans la salle destinée aux voyageurs.

(Marie installe le bébé dans la crèche et s’assied à côté. Joseph se tient debout. Sur le côté de la scène, le berger apparait)

Dans cette même région, il y avait des bergers qui passaient la nuit dans les champs pour garder leur troupeau.

(L’ange se lève en haut de la chair et étend les bras)

Un ange du Seigneur leur apparut et la gloire du Seigneur les entoura de lumière. Ils eurent alors très peur. Mais l’ange leur dit : « N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple : cette nuit, dans la ville de David, est né, pour vous, un sauveur ; c’est le Christ, le Seigneur ! Et voici le signe qui vous le fera reconnaître : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. »

Tout à coup, il y eut avec l’ange une troupe très nombreuse d’anges du ciel, qui louaient Dieu en disant : « Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre pour ceux qu’il aime ! »  (L’ange disparait)

Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres : « Allons donc jusqu’à Bethléem : il faut que nous voyions ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. »  (Le berger s’avance jusqu’à la crèche)

Ils se dépêchèrent d’y aller et ils trouvèrent Marie et Joseph et le nouveau-né couché dans la mangeoire.  (Le berger s’agenouille devant la mangeoire)

Quand ils le virent, ils racontèrent ce que l’ange leur avait dit au sujet de ce petit enfant. Toutes les personnes qui entendirent les bergers furent étonnées de ce qu’ils leur disaient.  Quant à Marie, elle gardait tout cela dans sa mémoire et elle y réfléchissait profondément.   (Le berger se lève et repart en sautillant)

Puis les bergers prirent le chemin du retour. Ils chantaient la gloire de Dieu et le louaient pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, car tout s’était passé comme l’ange le leur avait annoncé. (Les acteurs vont rejoindre la chorale et chantent en costume.)

Chant de la chorale : Réjouis toi, voici ton roi

Crédits : Sophie Letsch (UEPAL) – Point KT

 

 

 

 




Le plus beau cadeau

Le plus beau cadeau est une pièce de Noël  écrite en 2019 – par la pasteure Sophie Letsch. C’est l’histoire d’un groupe d’enfants qui cherche le plus beau des cadeaux de Noël pour leur arrière-grand-mère. Ils font plusieurs rencontres de personnes qui veulent les aider. Mais ils arrivent finalement les mains vides chez leur Mémère. Cette dernière les console en leur expliquant que le plus beau des cadeaux, elle l’a déjà reçu : c’est Jésus.

15 Personnages :

  • 4 arrières-petits-enfants de la Mémère
  • 2 enfants voisins
  • Carla
  • Mimi, Nono et Titi
  • Ines et Mimma
  • L’infirmière
  • La Mémère
  • Narrateur

On peut facilement ajouter des tous-petits qui participent sans dire de texte (chez les voisins et dans la famille Karchaoui et même dans le groupe des arrières petits-enfants).

Décor : 4 portes matérialisées dans différents coins de l’église (nous avions peint sur de grands cartons). Un lit devant l’autel avec une lampe de chevet.

Jingle : une version instrumentale de « We Wish you merry Christmas »

Ritournelle : Sur l’air de « We Wish you a merry Christmas« , les enfants chantent : Est-c’que vous pouvez nous aider ? Car nous aimerions trouver / le plus beau cadeau de la terre. C’est pour notre Mémère.

Introduction

Narrateur : C’est l’après-midi. Pas n’importe quel après-midi. C’est l’après-midi de la veille de Noël. Ce soir, c’est la fête ! Dans beaucoup de familles, on va se retrouver, on va s’embrasser, on va rire et on va bien manger.

Mais quand c’est comme ça, il y a tant de choses à préparer ! Dans cette famille-là, tous les cadeaux ne sont pas emballés, tous les toasts ne sont encore pas tartinés. Et puis, il y a la nappe à repasser et… oh, la nièce vient d’envoyer un message. Elle a enfin décidé de nous présenter son copain. Il sera là demain. Mince, alors il manque un cadeau ! On trouvera certainement quelque chose au supermarché. De toute façon, il y a le citron qu’on a oublié d’acheter. Ohlala quelle course ces fêtes de Noël !

Et les enfants qui sont survoltés ! Vous ne voulez pas sortir un peu ? Non ? Et bien si, sortez ! Parce que. Allez zou ! Ca va vous faire du bien de jouer un peu dehors. Mettez vos bonnets, et comme d’habitude, vous restez dans le quartier ! Et quand je vous appelle, vous rentrez ! Oui ? Non ? Allez !

Les enfants arrivent sur scène, bonnets, anoraks et gants

Enfant 1 : Bon, et maintenant, on fait quoi ?

Enfant 2 : Je veux faire du toboggan !

Enfant 1 : Oh non ! moi je n’ai pas envie !

Enfant 2 : Alors on peut jouer à cache-cache ?

Enfant 1 : Oh non… pas non plus.

Enfant 3 : On pourrait aller chez la Mémère !

Tous les enfants : ah oui !

Enfant 4 : Elle est tellement gentille !

Enfant 1 : ça c’est bien vrai.

Enfant 3 Et puis, ça lui fait tellement plaisir quand on lui rend une visite. Allez, on y va ! (Les enfants font quelques pas)

Enfant 1 : Attendez, attendez, et si on lui apportait un cadeau !

Tous les enfants : Ah oui ! Youpi !

Narrateur : Un cadeau pour la Mémère ! En voilà une bonne idée ! Mais où vont-ils le trouver ? Les enfants ont réfléchi et ils se sont rappelés de ce que les enfants des voisins avaient raconté. C’est dans le bus de l’école, qu’ils en ont parlé. Leur maman avait décidé qu’ils avaient bien trop de jouets. Et elle leur a demandé de les trier. C’était pour en donner. Peut être qu’ils pourront les aider…

Jingle pendant que les enfants s’avancent vers la première porte.

Les voisins et les jouets (Porte 1)

Bruit de sonnette. Les voisins apparaissent derrière la porte. Les enfants chantent leur ritournelle.

Voisin 1 : Un cadeau pour votre mémère ! Super !

Enfant 3 : Vous pouvez nous aider ?

Voisin 2 : Oh oui, surement. Regardez, on a tous ces jouets ! (il sort  un sac rempli de jouets)

Tous les enfants : Wouah !

Enfant 1 : Il y en a vraiment beaucoup !

Voisin 2 : Oui. Maman dit qu’on en a trop et qu’on doit partager.

Voisin 1 : Elle a raison. (Il prend un jeu) Celui-là par exemple, on l’a reçu deux fois l’an dernier.

Voisin 2 : (Elle prend un jeu de bébé) Et celui-là, on n’y joue plus jamais. C’est un jeu pour les bébés !

Voisin 1 : On en a tellement qu’on ne sait plus où les ranger !

Voisin 2 : Et bien servez-vous ! Prenez ce que vous voulez !

Enfant 1 : Moi je veux celui-là !

Enfant 2 : Et moi celui-là ! (Tous les enfants prennent un jouet.)

Voisin 1 : Bon, il faut qu’on ferme la porte. Le froid va rentrer.

Voisin 2 : Et puis on était en train de regarder la télé !

Enfant 1 : Oh la chance….

Enfant 4 : Merci beaucoup les amis !

Voisin 2 : Vous nous raconterez comment ça s’est passé ?

Tous les enfants : Oui, promis !

Tous les voisins : Salut les amis !

Jingle. Les voisins disparaissent. Les enfants reviennent au centre de la scène et se mettent à jouer avec les jouets.

 Narrateur : Les enfants sont repartis ravis ! Et dans le froid, ils ont joué longtemps. Evidemment, les jouets des autres sont toujours plus intéressants. C’est un mystère que connaissant tous les parents.

Enfant 1 : Eh, mais, on a oublié la mémère !

Enfant 3 : Ah oui… C’est vrai que, pour une arrière-grand-mère, des jouets ce n’est pas vraiment adapté !

Enfant 1 : Alors qu’est ce qu’on fait ?

Enfant 4 : Regardez, il y a de la lumière chez Carla !

Carla et le spa (Porte 2)

Narrateur : Alors ça c’est étonnant ! La maison de Carla, c’est la plus grande maison du village. La plus grande, la plus belle et certainement la plus chère. Mais Carla n’est presque jamais là pour en profiter. Elle parcourt le monde entier. C’est pour ses affaires…

Les enfants rangent les jouets et montent sur les marches de la chair. Jingle / Bruit de sonnette Carla apparait (en haut de la chaire)

Carla : Oui…

Les enfants chantent : Est c’que vous pourriez nous aider ? etc.

Carla : Oh que c’est joli ! Que c’est mignon cette chanson ! Et quelle douce attention… Mais, mais qui êtes-vous ? J’ai l’impression que je vous connais…

Enfant 3 : Ben oui, on est les enfants de la maison d’à côté.

Carla : Mon Dieu mais c’est vrai ! Qu’est ce que vous avez changé ! Ohlala… Je ne suis vraiment pas au village assez souvent ! Mais alors, ce cadeau que vous cherchez, c’est pour la Louise ! Votre arrière grand-mère !

Tous les enfants : Oui !

Carla : Ca fait très longtemps que je ne l’ai pas vue. C’était la marraine de ma mère. Elle vit toujours dans sa maison ?

Enfant 1 : Oui, mais elle ira à la maison de retraite, dés qu’il y aura une place pour elle.

Carla : Ah d’accord… Bon voyons voir… Un cadeau pour la Louise… Qu’est ce que je… euh… Ah mais oui ! Regardez, j’ai ça : un bon pour un massage dans un spa ! ça lui fera certainement le plus grand bien. (Elle donne une enveloppe à un des enfants)

Enfant 3 ou 4: Mais… euh… Elle ne peut plus sortir de sa maison…

Carla : Ah mais ça ce n’est pas grave. C’est un bon de chez Julien. Ils vont quand même pouvoir envoyer quelqu’un jusqu’à sa maison ! Je les appelle, Ok ? (sans attendre leur réponse, elle pianote sur son téléphone) Oui ? Bon, c’est décidé. Je suis désolée mais là, je dois vous laisser. (au téléphone) : Oui c’est Carla… oui… (aux enfants) : Embrassez la Louise de ma part. Ah et joyeux Noël les enfants ! (au téléphone) : Alors comment allez-vous ? Je vous appelle à propos de… (Elle disparait. Les enfants restent plantés là.)

Narrateur : Les enfants ne savent pas trop quoi penser. C’est gentil de la part de Carla, mais un massage ? Pour la mémère ? Vraiment ? Ils sont presque sûrs que ça ne l’intéressera pas… Pff… le plus beau des cadeaux… que c’est difficile à trouver !

(L’enfant qui a réceptionné l’enveloppe la range dans sa poche. Les enfants font quelques pas et s’arrêtent. Ils font mine de réfléchir. Après quelques instants, au fond de l’église on allume des guirlandes qui clignotent). Jingle

Bazar de Mimi (Porte 3)

Enfant 3 : Mais qu’est-ce que c’est là derrière ?

Enfant 1 : C’est le bazar de Mimi !

Enfant 4 : On y va ?

Tous les enfants : Oui !!

(Ils se déplacent jusqu’au fond de l’église. Mimi, Nono et Titi sont en habits de travail. Mimi est en train de repeindre un meuble. Nono répare un vélo et Titi est assis en train de boire une bière. Quand les enfants arrivent ils chantent leur ritournelle. Titi se lève et leur barre la route avec un regard menaçant)

Mimi : Qu’est ce que c’est ? (Elle se lève et regarde les enfants en éclairant leurs visages avec une lampe de poche).

Enfant 1 (à enfant 3) : On ferait peut-être mieux de s’en aller…

Mimi : C’est bon Titi, laisse les passer. C’est les enfants du quartier. (Titi retourne s’assoir). Qu’est ce que vous voulez ?

Enfant 3 : Euh… ben… comme on vient de le chanter, on cherche un cadeau pour notre mémère.

Mimi : Un cadeau de Noël ? Eh les gars, ils cherchent un cadeau de Noël. Pour leur mémère ! (Nono et Titi se mettent à rire) Arrêtez de rire ! (ils s’arrêtent, gênés) On va les aider !

Tous les enfants (intimidés) : Merci Madame…

Nono et Titi : hahaha !!! Madame !! (ils rigolent)

Mimi : Eh ! (ils s’arrêtent de rire) Alors… Voyons voir…

(Nono apporte un père Noël et le propose à Mimi. Mimi secoue la tête en disant non. Titi apporte une bouteille d’alcool à Mimi. Mimi secoue la tête en disant non. Nono apporte encore une carte routière. Puis Titi apporte un étendoir à linge. Nono apporte un truc pour faire des bulles de savon, Titi apporte un truc qui fait du bruit, c’est non à chaque fois (ça peut être d’autres objets))

Mimi : Ah, je sais ! (Elle sort un vieux fauteuil de jardin et le donne à Enfant 1)  Voilà… Et vous donnerez le bonjour à Louise de ma part.

(On entend des aboiements de chien qui se rapprochent)

Nono et Titi : Chut ! Couché les chiens, couché !

Enfant 1 (place le fauteuil devant lui et les autres enfants derrière comme pour les protéger) : Bon… euh… Merci Madame. On doit y aller maintenant… Merci hein ! (aux autres enfants) : Allez, on file !

Enfant 3 : Et Joyeux Noël !

Mimi, Nono et Titi : Ouais ouais joyeux Noël…

Narrateur : Ouf… Les enfants ont été impressionnés… La plupart des gens font un détour quand ils passent devant la maison de Mimi. Si les parents apprennent qu’ils sont allés dedans, ils ne seront vraiment pas  contents…

Un fauteuil, c’est plutôt une bonne idée. Mais pour la Mémère, ce n’est plus le moment de s’encombrer. Au soir de sa vie, il y a déjà tant d’objets dont elle doit se débarrasser. Les enfants le savent bien. Ils ont vu leurs parents ranger et vider la maison petit à petit, avec le Tonton et le Tati.

(Enfant 1 pose le fauteuil. Les enfants s’asseyent par terre, dépités)

La famille Karchaoui et les gâteaux (Porte 4)

Narrateur : La nuit va bientôt tomber. Et les enfants commencent à désespérer. Ils se sont arrêtés devant la maison de la famille Karchaoui. Ils connaissent bien cette famille. La petite Inès est leur amie. Dans la famille Karchaoui, on ne fête pas Noël. Ils ont d’autres fêtes. Celles de leur religion. Par exemple, à la fin du Ramadan. C’est la grande fête où ils offrent de bonnes choses à manger à tous les voisins. Alors tout le quartier se réjouit avec eux.  (Inès apparait)

Inès : Et ben, vous en faites une drôle de tête !

Enfant 2 : On est fatigués

Enfant 3 : On a passé l’après midi à chercher un cadeau pour notre arrière-grand-mère.

Inès : Et ?

Enfant 4 : Et on n’a pas trouvé.

Inès : Ah bon ? Ben peut-être qu’on peut vous aider ! Venez, ma grand-mère a surement une idée. (elle les emmène vers la 4e porte. Mimma se tient derrière)

Mimma : Bonjour les enfants ! Eh bien entrez, ne restez pas dehors !

Inès : Ils cherchent un cadeau pour leur arrière-grand-mère

Mimma : Pour Louise ! Comme c’est gentil !

Enfant 1 : On a cherché tout l’après midi…

Enfant 3 : On avait même trouvé une petite chanson…

Inès : Oh ! Vous pouvez nous la chanter ? s’il vous plait !

(Les enfants chantent encore la ritournelle. Les autres applaudissent)

Mimma : C’était magnifique ! Louise peut être fière de vous ! J’ai préparé des petits gâteaux aux amandes et au miel. Si vous voulez lui offrir, je vous en donne !

Tous les enfants : Oh oui ! Super !

Inès : et on pourrait aussi leur donner des fruits ! On a des clémentines. Et aussi du chocolat !

Tous les enfants : Super ! Merci !

(Elles préparent un petit paquet avec les gâteaux, les clémentines et le chocolat et leur donnent.)

Enfant 1 : Merci !

Enfant 3 : Merci beaucoup !

Mimma : Mais non c’est rien du tout. Allez, filez car il fait presque nuit !

Tous les enfants : Au revoir…

Mimma et Inès : Au revoir !

 

Le plus beau des cadeaux

Jingle

Narrateur : Des douceurs à manger ! Mais bien sur c’est ce qu’il fallait ! Tout simplement ! Les enfants sont ravis ! Ils se précipitent devant la maison de Louise. Tiens mais… Qui est-ce ? Ah. C’est l’infirmière. Elle vient tous les soirs.

Infirmière : Bonsoir les enfants !

Tous les enfants : Bonsoir !

Infirmière : Vous venez souhaiter un Joyeux Noël à votre Mémère ?

Tous les enfants : Oui !

Infirmière : Que c’est gentil ! Mais… Malheureusement, elle est déjà au lit.

Enfant 1 : Quoi ? Déjà ?

Enfant 3 : Mais il est beaucoup trop tôt !

Infirmière : C’est vrai. Mais les personnes âgées sont très fatiguées. Et Madame Louise est au début de ma tournée. Parfois, j’essaye de passer plus tard. Mais là, c’est Noël. Et mes enfants m’attendent. Je ne veux pas être en retard.

Enfant 1 : Alors on a fait tout ça pour rien ?

Infirmière : Tout quoi ?

Enfant 3 : On a passé l’après midi à chercher un cadeau pour elle. C’était difficile mais on a enfin trouvé. On a des gâteaux, des clémentines.

Enfant 2 : Et du chocolat !

Infirmière : Oh mes pauvres petits… Malheureusement, votre arrière-grand-mère n’a plus le droit de manger des choses aussi sucrées…

Tous les enfants : Oh non…

Infirmière : Ohlala que c’est triste ! Non mais attendez. Je ne peux pas vous laisser comme ça. Je vais vous accompagner. Tant pis si je prends du retard. On va voir si elle est encore réveillée. Elle sera si contente de vous embrasser. (Ils entrent tous. La lampe de chevet est allumée. Louise dans son lit est en train de lire.)

Infirmière : Madame Louise… C’est encore moi… Vous dormez ?

Mémère : Non pas encore. Je lis comme tous les soirs. Vous avez oublié quelque chose ? Mais, qu’est-ce que ? Oh mais qui est avec vous ?

Tous les enfants : Mémère ! (Ils vont lui faire un bisou, l’infirmière l’aide à se redresser et met plus de lumière)

Mémère : Oh mes petits chéris ! Ca me fait tellement plaisir de vous voir ! Mais qu’est ce que vous faites là ? Vous ne devriez pas être à la maison ?

Enfant 1 : On voulait te souhaiter un joyeux Noël.

Mémère : Mais asseyez vous, ne restez pas debout !

Infirmière : Ils voulaient vous faire un cadeau. Malheureusement c’était des gâteaux… Alors je leur ai expliqué…

Mémère : Que je ne pouvais plus en manger ! C’est vrai. Et c’est bien dommage car j’aime ce qui est sucré ! Mais ce n’est pas grave. Vous n’avez qu’à les manger !

Enfant 3 (triste) : On a passé tout l’après midi à te chercher un cadeau. Le plus beau des cadeaux ! On voulait vraiment te faire plaisir. Tous les habitants du quartier nous ont aidés. Ils te donnent tous le bonjour d’ailleurs. Mais on n’a pas trouvé ce qu’il nous fallait. Oh Mémère, on est tellement désolés…

Mémère : Oh mais ce n’est pas grave mes petits chéris. Mais non ! Il ne faut pas vous en faire. A mon âge, je n’ai plus besoin de rien…. Et je suis tellement heureuse de vous voir ce soir. Allez venez près de moi !

(Les enfants s’installent sur le lit, enlèvent leur manteaux et commencent à manger les gâteaux)

Mémère : Le plus beau des cadeaux… Ca c’est amusant. Parce que, le plus beau des cadeaux, je crois que je l’ai déjà reçu.

Tous les enfants : Ah bon ?

Enfant 1 : C’est quoi ? Raconte-nous Mémère !

Mémère : Vous voulez vraiment savoir ?

Tous les enfants : Oui !

Mémère : Et bien, pour moi, le plus beau de tous les cadeaux, c’est celui que nous fêtons cette nuit.

Enfant 1 : Qu’est ce que ça veut dire ?

Mémère : Et bien voilà. Il y a plus de 2000 ans, est né un enfant. Pas n’importe quel enfant. C’était celui que tout le monde attendait. Celui qui devait nous libérer. Celui qui devait consoler et encourager. Il s’appelle Jésus. C’est sa naissance que nous fêtons à Noël.

Enfant 3 : C’est son anniversaire ?

Mémère : Oui. En quelques sortes. Son histoire est dans ce livre que je lis tous les soirs. Vous voulez l’entendre ?

Tous les enfants : Oh oui !

(Mémère lit Luc 2, 1-7)

Enfant 1 : Un bébé dans une mangeoire ? C’est n’importe quoi cette histoire !

Mémère : Oui c’est vrai que c’est bizarre. Aujourd’hui, pour fêter Noël, on dépense beaucoup d’argent. Mais Jésus est venu tout simplement. Il était dans une mangeoire parce qu’il n’y avait pas de place pour lui. Mais attendez, ce n’est pas fini…

(Elle lit encore les versets 8 à 14)

Enfant 3 : Qu’est ce que ça veut dire ?

Mémère : Ca veut dire que depuis cette nuit-là, le ciel et la terre se sont rencontrés. Dieu nous aime tellement qu’il est venu vivre avec nous. Il est venu partager toute notre vie. C’est pour cela que nous ne sommes jamais seuls.

Enfant 3 : Jamais seuls ?

Mémère : Non. Jamais seuls. Jésus est toujours avec moi et il est aussi toujours avec toi. Même quand ça ne va pas. Même quand on ne le croit pas. Il est toujours avec nous, tous les jours de notre vie. Et ça, ça c’est vraiment, le plus beau de tous les cadeaux.

(Mémère pose la Bible. On baisse un peu la lumière. Silence)

Mémère : Je suis fatiguée mes enfants. Je vais me reposer maintenant. Merci de penser à moi. Je vous aime très très fort.

Enfant 3 : Nous aussi on t’aime ! (elle l’embrasse. Les enfants se lèvent et remettent doucement leurs manteaux)

Tous les enfants : Merci Mémère…

(Ils sortent et l’infirmière éteint la lumière)

Crédits : Sophie Letsch (UEPAL) – Point KT- photo Nadine Beller




Dieu aime aussi les riches

L’arène de la vie, vue du ciel : Dieu aime – aussi – les riches ! Sketch pour 4 acteurs.  L’action se déroule, quelque part, dans le ciel… Pendant que les êtres humains se font et se défont, des anges suivent en direct le match dans les gradins d’un grand stade en pariant sur l’issue de la « rencontre ». Nous assistons, avec eux, à la partie de la vie qui se déroule sous nos yeux, plus qu’en simples spectateurs…  NB : Il est bien entendu que Skay productions ne prétend nullement refléter la réalité de ce qui se passera dans le royaume des cieux. Cette retransmission est purement fictive !

Après la lecture de Marc 10, 17-27 

  • Le commentateur : J. Mie Largué
  • Richard, assis dans les loges célestes
  • Laurichesse, assise dans le quart de virage vers la vie éternelle
  • Richecoeur, debout sur un nuage, dans le Kop, des supporters ultras !
  • Les gens dans l’arène sont suggérés : Jésus ; l’homme riche, les disciples …

J. Mie Largué : Bonjour chers spectateurs de l’arène de la vie ! Cette rencontre nous promet du grand spectacle et vous pouvez déjà parier, d’un clic, sur l’issue de la partie. Mais pendant que les équipes s’échauffent, je vous rappelle leurs parcours : après des paroles très radicales sur le mariage, un célibataire nommé Jésus, parcourant les routes de la Palestine, avec comme disciples des hommes et des femmes mariés, se permet de tirer les oreilles des théologiens. Ces derniers considéraient les femmes mariées juste bonnes à être renvoyées si elles laissaient brûler un plat. Ensuite, Jésus s’est offert un petit bain de foules. Il serre quelques mains, se laisse toucher tel une « idole » et, surtout, prend dans ses bras des enfants en les bénissant. Au grand désespoir de ses disciples, gardes du corps, qui ne comprennent pas qu’il perde son temps avec des mômes bruyants et indisciplinés… Enfin il se prépare à repartir… Mais, que se passe-t-il ? Un homme vient de traverser tout le terrain pour s’agenouiller devant lui ! Chers auditeurs, je rends l’antenne au direct ! La partie commence ! (Il est important qu’à ce stade, les trois anges ne se regardent jamais ! Mais chacun regarde vers une direction comme s’ils suivaient un match !)

Richard : Je vous pari 10 contre 1 que c’est encore un de ces supporters des classes populaires, qui touche le RSA et qui possède le dernier écran plat ! Il va nous faire son cinéma pour avoir son maillot dédicacé !

Richecoeur : Et alors ! Qu’est-ce que ça peut te faire ! Sur terre, chacun est en droit de se divertir comme il le peux. C’est quoi, tous ces préjugés ! Même ici, tout le monde n’a pas les moyens de se payer les loges célestes avec tartes flambées et crémant en prime. On ne prête qu’aux Richards… Même si vous devez vous ennuyer grave là-haut ! Au moins chez nous dans le kop, y a de l’ambiance et de la vie !

Laurichesse : Silence là ! Les garçons ! J’aimerai bien entendre ce qu’il lui demande de si important ! Il a tellement couru, cet homme, qu’il m’a l’air au bout de sa vie… Les trois tendent l’oreille un instant

Richard : J’adore ce gars finalement ! Vu d’ici, je dirai qu’il sait comment parler aux peoples. Et puis il reste à sa place, peut-être en bas de l’échelle sociale. Il a besoin d’un coach pour le chapeauter et lui fournir le mode d’emploi pour y arriver ! Cet homme est prêt à toutes les performances, à respecter, à la lettre, les supers commandements pour hériter de la vie éternelle ! Il va partir de rien pour se faire riche… C’est un futur winner ! Il fait certainement partie de ceux qui se lèvent tôt !

Richecoeur : Non mais, je crois rêver ! Entendre ces balivernes alors que tu as hérité de toute ta fortune ! Tu es né avec une cuillère d’argent dans la bouche. Tu en as profité un max comme pas mal de milliardaires qui nous sortent chaque jour le grand mensonge : « Je ne suis pas né riche, mais je le suis devenu et toi aussi tu pourrais… Si tu voulais ! » Tu crois que Jésus va avaler ça ?

Laurichesse : Ce n’est pas l’impression qu’il donne, puisqu’il l’a remballé aussi sec. Avec Jésus, les flatteries du style : « Bon maître » tombent à plat ! C’est comme pour moi Bon Dieu, ça sonne genre : Bon coin, bon prix, bon dimanche, bon jour, bonbon, bon comme le pain ; Bon ça veut tout dire et rien, sinon Le Dieu ronron… Alors que déclarer : « Seul Dieu est bon ! » Ça remet les idées en place !

Richard : C’est bon là ! Laurichesse ! Ce n’est parce que tu es située dans le quart de virage de ta vie, qu’il faut ramener ta science à chaque fois  ! La suite va plutôt dans mon sens…

Richecoeur : Que veux-tu dire par là ? Ce n’est pas parce que tu fais partie des Very Important Protestants que tu vas faire régner ta loi !

Richard : Pas moi ! Mais Jésus ! Regarde ! Il le renvoie à son Katé fondamental ! Les dix règles essentielles pour devenir riche, mais pas forcément dans le sens matériel. Certains s’imaginent que chaque commandement respecté entraîne une récompense automatique : ils appellent cela aussi la théologie de la prospérité : Par exemple : 1. Ne pas tuer !

Laurichesse : C’est sûr que 80 % de la richesse mondiale détenue par 1% des plus riches… Y a pas mort d’homme-là !

Richard : 2. Ne pas tromper !

Richecoeur : C’est clair ! Les riches restent fidèles toute leur vie à leur banque et à leurs portefeuilles… C’est l’indice de confiance…

Richard : 3. Ne pas voler !

Laurichesse : Ne me dis pas que tu y crois encore, à ce slogan de riche qui prétend gagner honnêtement sa fortune !

Richard : 4. Ne pas colporter de faux témoignages !

Richecoeur : Il est vrai que les opérations financières afin de réaliser un gros gain, en spéculant, ne reposent finalement que sur les rumeurs du marché…

Richard : 5. Honorer son père et sa mère !

Laurichesse : Dans ton cas, Richard, ça a bien fonctionné ! Tu as la clef du coffre-fort des héritages ! C’est étonnant ! Vous avez remarqué que Jésus avait sa propre playlist ? Dans sa sélection, il ne retient que les relations humaines !

Richecoeur : Normal ! Avec son Dieu-argent que l’on peut confondre avec le veau d’or, on peut toujours trouver des petits arrangements entre amis, moyennant finances… N’est-ce pas Richard ?

Richard : Mais vous êtes qui, pour me juger ?! Vous n’êtes que des envieux et des jaloux ! Je n’ai fait de tort à personne ! Vous êtes persuadés que la richesse est toujours suspecte ! Si je suis riche c’est que Dieu m’a béni parce que j’ai observé tous ses commandements comme il le fallait ! C’est écrit dans la Bible ! Et il faut être sacrément balaise pour y arriver !

Laurichesse : Et je vois que Jésus est lui-même scotché par la réponse qu’il ne met d’ailleurs pas en doute. Cet homme qui accourt vers lui, semble sincère ! Alors là, chapeau ! Et en plus, il ne s’en vante pas ! Au contraire, il est inquiet, insatisfait…

Richecoeur : Mais alors, ce n’est pas un ancien pauvre, mais un de ces nouveaux riches ! S’en prend à Jésus Mais enfin, Jésus ! Regarde-le bien ! Tu ne vas pas te mettre à aimer les riches ? Non ! Pas toi ?

Richard : Eh oui ! Il lui a tapé dans l’œil ! En tous cas, il le regarde autrement. Qu’est-ce que je disais au départ ? Grosse cote ce gars ! Il va rafler la mise ! Désolé, les supporters de la seconde classe, mais les affaires sont les affaires ! Game over ! A partir de là, les anges se regardent et se parlent.

Laurichesse : Pas si vite Richard ! Nous n’en sommes qu’à la mi-temps ! J’ai l’impression que la partie peut basculer d’une minute à l’autre sur un exploit de Messie ! Regardez, Jésus n’en n’a pas fini ! Tous les trois dressent l’oreille

Richecoeur : Et ben ! Vous voyez ! J’avais tout de même raison ! Au vestiaire le jeune homme riche qui accourut vers Jésus ! Jésus vient de lui annoncer que le billet d’entrée dans les loges célestes est hors de prix !  Nous allons au-devant d’une pénurie de riches dans le ciel !

Richard : Ainsi, je ne peux pas tout acheter ? Je pensais que je devais être toujours dans le faire pour avoir la vie, elle-même éternelle. Je ne voulais surtout pas prendre le risque de la remettre en question !

Laurichesse : Justement ! Cette Vie n’est jamais garantie ni par la naissance ni par l’héritage ni même par tes actions…

Richecoeur : Et la confiance n’est pas quelque chose qui m’est dû. Ce n’est pas comme des actions qui rapportent des intérêts sans me mouiller ! Dans la confiance, il faut se lancer et risquer !

Richard : Et en plus, il ne suffit pas que je claque tout pour le fun ou pour me sentir plus léger ! Je dois vendre et ensuite donner à des pauvres pour avoir un trésor au ciel ?

Richecoeur : Exact ! De ton vivant, ouvre un compte aux cieux avant de devenir un mort préten-cieux ! T’as compris maintenant ?

Laurichesse : Ne t’énerves pas Richecoeur ! On est tous des riches ici ! Cet homme repart, deux fois plus triste. Il est trop possédé par ce qu’il possède et il voudrait bien suivre en gardant un peu l’assurance de ses richesses. Il est prêt à tout faire, sauf à se risquer de ne plus pouvoir s’acheter son salut ! On le comprend ! C’est vraiment trop demander ! C’est deux fois trop difficile ! Mais alors, si c’est tellement dur, comment ça se fait qu’on se retrouve nous tous au paradis ? Où est l’arnaque ? Ils se regroupent tous trois

Richard : Peut-être que la dépossession n’est pas une fin, mais juste un moyen pour devenir plus léger !

Richecoeur : Suivre Jésus c’est aller de l’avant ! Ne pas regarder en arrière, sans cesse, avec nostalgie et la peur de laisser sa fortune et sa sécurité derrière soi !

Laurichesse : Entrer dans le royaume, c’est une aventure risquée ! Tu t’y engages sans filets ni compte épargne ! C’est trop difficile !

Richard : Ce n’est pas qu’une question d’avoir moins ou de moins avoir, il faut renoncer à tout cela pour enfin être et devenir…

Richecoeur : C’est tellement ouf qu’une fois que tu as saisis cela, tu pourras faire passer un chameau par le trou d’une aiguille, mais il va falloir que t’y bosses ! Ou apprendre à un poisson rouge à quitter son bocal pour grimper à un arbre, en mode poisson-chat ! Sommes-nous capables de telles folies ?

Laurichesse : Ainsi, se déposséder c’est se mettre en route ! Il faut partir -comme Jésus voulait le faire au début de la partie- comme il faut d’abord vivre sa vie avant de vouloir la réussir !

Richard : Et quand t’es trop riche, trop lourd et encombré, tu te crois arrivé, sans être vraiment parti !

Richecoeur : Et si tout est grâce et que rien ne dépend de notre mérite, il y a tout de même des choix qui coûtent et qui parfois déchirent. Est-ce que c’est à ce prix que l’on découvre un nouveau sens du bonheur, une sorte d’avant-goût du royaume de Dieu ?

Laurichesse : Mais alors qui peut être sauvé ?

Richard : Pour les humains c’est mission impossible !

Richecoeur : Mais pour Dieu, tout est en effet possible !

Crédits : Frédéric Gangloff (UEPAL) – Point KT photo Pixabay