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Les deux font la paire : Stony et Tomby (Marc 16, 1-8)

Deux personnages s’avancent… Ils symbolisent, l’un Stony, la pierre tombale, l’autre Tomby, la tombe… Ils ont l’air affables et bien lunés ! La présentation du début est inspirée du générique de « Laurel et Hardy ». Ils peuvent arriver en chantant…

Stony : C’est moi Stony !
Tomby : C’est moi Tomby !
Tomby : C’est moi le trou !
Stony : Et moi le caillou !
Stony : C’est toi Tomby !
Tomby : Et toi Stony !
Les deux : « Nous sommes unis pour la vie ! Hi ! Hi ! Hi !
Tomby : Quand l’un est mort !
Stony : L’autre le scelle !
Tomby : Toujours à faire corps !
Stony : C’est trop mortel !
Tomby : On se charrie…
Stony : Mais qu’est-ce qu’on rit !
Les deux : « Nous sommes Stony et Tomby ! » Hi ! Hi ! Hi !

Ils se mettent en place dans une vraie légèreté et gaité ! Ils sont très familiers l’un envers l’autre…

Stony : Alors Tomby, comment vas-tu vieille peau ? Tu as l’air happy ce matin ? Plein d’espoir et d’entrain !
Tomby : Et toi Stony, ma poule ? J’ai l’impression que ça roule ? Et si on leur racontait notre histoire ? Tu crois que cela pourrait améliorer le moral d’outre-tombe de tous ces gens ? On la leur balance ? Notre bombe ?
Stony : Dans ce monde stone où tout semble figé et dur comme de la pierre, ce qui nous est arrivé a de quoi surprendre, c’est clair !
Tomby : Ok ! Allons-y ! Il était une fois…
Stony : Stop ! Je ne voudrai pas te jeter la première pierre, mais ce n’est pas un conte pour enfants ! Ils sont assez adultes pour comprendre ! Laisse « Tomby le masque » et vas-y carrément !
Tomby : D’accord ! Cela s’est passé pour vous les humains il y a des milliers d’années ! Mais pour nos corps, taillés dans la pierre, c’est comme si ce « premier jour de la semaine », « ce grand matin », c’était juste hier !
Stony : A l’époque, nous faisions notre boulot habituel ! Nous étions une tombe d’un certain standing, scellée par une pierre, dans un jardin ; nous étions flambants neufs et n’avions pas encore servis…
Tomby : Qu’à être un simple mémorial ! Un monument aux morts inoccupé ! Avant que, si je puis me permettre, il nous tombe dessus ! Et pour une première, s’en était une sacrée ! Un vulgaire crucifié ! Du genre criminel ou terroriste ! Même pas un Very Important Macchabé !
Stony : Et cependant gardé et surveillé comme la banque de France… Comme si quelqu’un s’était déjà échappé du ventre noir de la roche et de la lourde pierre en défiant la mort ! Faudrait tout de même pas pousser le bouchon… C’est ce que j’ai cru, et la suite va vous montrer à quel point j’avais tort. Car ce « premier jour de la semaine » est devenu le début d’une nouvelle création !
Tomby : Pourtant, tout avait commencé comme d’hab ! Avec le mémorial du sabbat, vous savez les fameux sept jours, étaient passés ! Les trois femmes avaient acheté de l’huile parfumé pour embaumer le corps !
Stony : En cela, elles étaient respectueuses de la tradition, en mémoire de la Loi ! Même le pire des assassins y a droit, à sa toilette mortuaire. Mais celui-ci avait un traitement de faveur… Vous comprenez, l’habitude veut que l’on conserve les morts, bien emballés, au rayon frais, si vous me le permettez…
Tomby : C’est malin ! Tu viens de jeter un froid ! Bravo ! Pour réchauffer l’ambiance, il faut dire que tout avait vraiment l’air normal ce matin-là ! Le lever du soleil était au rendez-vous, le temps semblait au beau fixe, la caravane passait et les chiens aboyaient…Stony : Minute ! Tomby ! Tu oublies de préciser qu’elles se demandaient, entre elles, si elles allaient trouver, de si bon matin, un pigeon pour rouler ma bosse, c’est-à-dire la pierre ! Si seulement, elles avaient levé les yeux, elles…
Tomby : Parce que tu penses sérieusement que les gens entrent dans les cimetières en sifflant ou en admirant la beauté du paysage et en profitant du silence parce que les voisins ne sont pas vraiment bruyants ! Comme si on pouvait y formuler des projets de vie et d’avenir ?
Stony :  Et pourquoi pas ? Je vois de grandes affiches publicitaires : « Dans cette parcelle, on vous fout une paix éternelle ! » ou encore « Réservez l’endroit charmant où vous allez passer le plus long de votre temps ! »
Tomby : Ne l’écoutez pas ! Il fait de l’humour noir ! Toujours est-il, que ces femmes qui regardaient avec tristesse à ras du sol, ont fini par les lever, leurs yeux… Et c’est là que tout a basculé !
Stony : Mais c’est ce que je me tue à dire depuis le début ! J’en suis moi-même tout chamboulé, comme roulé-boulé sur le côté ! Subitement, la vie a fait sauter le bouchon de la mort ! Et ces trois femmes ont tout vu !
Tomby : Et le cours de la tradition en a été changé ! Tu t’imagines ! Les hommes n’occupent plus les premières places, mais ce sont ces femmes les premières au tombeau ! De plus, si maintenant les tombes verrouillées, deviennent des portes ouvertes, je me demande à quoi nous allons servir dorénavant ?
Stony : Pas seulement une tombe ouverte aux quatre vents, mais aussi un lieu de rencontre et de passage ! En entrant dans le tombeau, les femmes enterrent leurs traditions précédentes et elles y trouvent une parole de vie : « Il n’est pas ici ! » Mais il est bien passé par la mort ! « Il était bien là où on l’avait déposé » ! Quelle horreur ! C’est comme si tu allais à ton coffre-fort, chercher toutes tes économies que tu y avais déposées ! Et elles ont disparu !
Tomby : Plus rien n’est comme avant ! Si maintenant les tombes ne gardent plus les morts ! Cela veut dire que Jésus est passé devant le premier ! Il a ouvert une porte que nul ne peut refermer ! De muette, je suis la tombe qui a fait le plus parler d’elle depuis 2000 ans !
Stony : Comme c’est flippant ! Depuis ce Jésus, c’est par le même chemin que l’on entre dans la mort et que l’on en sort ? La mort n’est plus une impasse ou tout fini par une tombe en pierre ? Mais un passage…
Tomby : Avant tu faisais tout pour ne pas « partir les pieds devant » et maintenant le trou, la fin, devient commencement !
Stony : Je suis un peu confus là et au bord du trou, tellement j’ai le vertige ! Cela voudrait dire que depuis Pâques, l’entrée devient sortie et la sortie se transforme en entrée ?
Tomby : Exactement ! Moi Tomby le trou noir, la dernière demeure ; je ne retiens plus les morts pour les cacher aux vivants ! D’une maison de mort, je deviens une maison de vie !
Stony : Et moi Stony, la pierre tombale écrasante, je redécouvre que ma vocation est de devenir une pierre qui roule ! Et chacun le sait : « Pierre qui roule change de frimousse » !
Tomby : Tout ça depuis ce fameux « grand matin », le premier jour d’un nouveau monde, dans l’anonymat le plus total, parce que les femmes ayant peurs, et ont oublié d’en parler. C’est bien la première fois que les femmes deviennent muettes comme une tombe. Alors je vais l’annoncer à leur place ! Ne m’appelez plus Tomby, mais depuis que Jésus est revenu de la mort à la vie et qu’il n’est plus ici, je suis devenu Open tomb !
Stony : Quant à moi, je n’irai pas jusqu’à dire qu’avec Jésus, vous pouvez rouler à tombeau ouvert, mais tout de même, ce lever d’un nouveau soleil, ce Dimanche-là, a fait de moi un Rolling Stone !
Tomby : Et franchement, si le mémorial devient passage, alors il y a de quoi avoir peur. L’on ne peut que trembler et être profondément troublé. Ces femmes sont des nouvelles-nées, arrachées de la mort et venues à la vie !
Stony : Et si même des cœurs de pierre, peuvent changer tout comme nous ! Il faut néanmoins souvent mourir et risquer sa vie, de peur de devenir sclérosés comme de vrais rochers !
Tomby & Stony : Et pour vous, en ce nouveau matin de Pâques, nous reprenons en chœur :
Stony : C’est Rolling Stone !
Tomby : C’est Open Tomb!
Tomby : C’est moi le passage !
Stony : Et je suis au chômage !
Stony : C’était toi Tomby !
Tomby : Et toi Stony !
Les deux : « Nous sommes ouverts pour la vie ! Hi ! Hi ! Hi !
Tomby : Quand l’un est sombre !
Stony : L’autre met la lumière !
Tomby : Sans faire de l’ombre !
Stony : A sa sœur ou son frère !
Tomby : On se charrie…
Stony : Mais qu’est-ce qu’on rit !
Les deux : « Nous sommes tous menacés de vie ! » Hi ! Hi ! Hi !

Crédit : Frédéric Gangloff (UEPAL) Point KT