Le pain de vie d’après Jean 6, 47-51

« Le Paind’vie d’après » Jean 6, 47-51 est un chœur parlé proposé par Frédéric Gangloff (Dynamique Jeunesse UEPAL). 

Mannepain représente plutôt le passé glorieux dans le désert et la lune de miel entre Dieu et son peuple. Schnellburger évoque le présent et la popularité du fastfood. Paind’vie symbolise le trait-union et l’aujourd’hui où il faut croire et se mettre à vivre. Chaque personnage peut porter son nom ou un objet qui pourrait le symboliser ! Chacun peut dire son nom avant de débuter ; cela permet aux personnes de comprendre qui parle !

Mannepain :  Pour être un bon pain Faut être de la tribu de Mannepain Souviens-toi d’nos pères, qui étaient dans le désert ! Des cailles et de la manne, et pas un dessert ! C’était le bon vieux temps, seul entre Dieu et nous, ses enfants ! Mon Dieu, que c’était bien mieux avant !

Schnellburger :  Pour être un bon pain On s’en fout de la qualité du grain C’est le look, le taste, les sauces et les frites…Le principal, c’est qu’on bouffe ça tout vite Faut qu’ça gicle partout quand tu croques dedans T’avales en deux, trois bouchées, pas besoin de tes dents !

Paindvie :  Pour être un bon pain Il faut pas jouer, mais y mettre du sien J’prétend pas donner à manger pour pas cher ! Pour que les foules me dévorent et me vénèrent J’suis pas du genre, moelleux, sans croûte, pain de mie ! Si tu me manges, tu trouveras la source de vie !

Les trois ensembles : Pour avoir du bon pain Faut déjà avoir un grain C’est pas une question d’blé ! Ou de très bien travailler !Faut juste être rassasié ! Avoir plus que l’santé ! Trouver la vraie vie à jamais !

Mannepain : C’est pas un peu fini, ce cinéma ! Vous avez tous la levure qui enfle ou quoi ! J’vous dis : On va bientôt tous devoir manger notre pain noir ! Raison de plus pour revenir aux origines ! Je propose le régime spécial carême « 40 années de galères dans le désert » : Manne le matin et cailles le soir !

Schnellburger : Oh ça va là ! Tu nous gonfles avec ton « spécial » régime azyme qui arrive à plat ! Féculents le matin et protéines le soir ! Et les cinq fruits et légumes, t’en fais quoi ? Comme… Le cornichon, L’oignon, le ketchup, la laitue, la mayo…

Mannepain : C’est clair ! Pour toi, vaut mieux rester esclave de la société de consommation avec le ventre bien rempli, le compte en banque bien garni, que libre et sur sa faim !

Schnellburger : Et surtout indépendant d’un Dieu qui te donne ton pain quotidien ! Un truc invendable, pas vraiment tasty, que tu dois toi-même ramasser pour te demander ensuite : « Ma ! C’est quoi ça ? »

Mannepain : Possible ! Mais, au moins, chacun ramasse juste ce dont il a besoin pour se nourrir ! Pas de gaspillage ! C’est une manière d’entrer dans la décroissance avec confiance !

Schnellburger : T’es vraiment un fossile du passé ! Mon pauvre Manna ! Le peuple veut sa ration de viande hachée, de burger, de bulles, de Cheddar… Il veut découvrir la recette du bonheur ! Chez nous, le client est roi !

Mannepain : Et pourtant Dieu les a libérés de tout esclavage. Il les avait habitué au miraculeux, au fantastique, aux promesses de grandeur, aux prévisions de croissance… Il leur a promis un pays où coulent la farine et le sel, et ils ont cru que ce serait tellement facile, du genre, des petits-pains au chocolat chaque matin ; un avant-goût du paradis !

Schnellburger : Pour finalement les larguer en plein désert, au milieu de nulle part ! Publicité mensongère ! Tu m’étonnes qu’ils râlent et sont de bons protestants ! Chez nous, ils peuvent rester des clients chiants ! Ils peuvent enlever ou ajouter n’importe quel ingrédient dans leur burger ! Pourvu qu’ils consomment vite !

Mannepain : Et ne regardent pas à la dépense ! Mais où est la confiance? Si chacun se met à faire sa propre cuisine parce qu’il se sert lui-même ! Ce n’est plus un régime par la foi !

Scnellburger : Avec ton régime dosé pour des assistés, tu leur as enlevés le goût du risque ! Chez nous, ils se laissent tenter par le menu XXL size ! C’est peut-être pas très bon pour le foie, mais cela les aide à oublier qu’ils sont en… crise… de…

Paindvie (Sur le ton d’un prédicateur) : Euh ! Messieurs ! Si je puis me permettre : « En vérité, en vérité, je vous le dis… »

Schnellburger : Oh ! Toi le pain d’vie, t’es même panet ! MDR : Même pas né !

Mannepain : Tout juste ! Te mêle pas de la conversation des grands pains ! Cela se passe entre Schnellburger et moi ; pain tradition versus burger à-venir ! On va s’en coller des pains !

Paindvie (continue imperturbablement) : « Celui qui croit à la vie éternelle… »

Schnellburger (Sur le ton publicitaire) : « Tu veux savoir ce que tu aimes manger en secret ? Tape-toi un burger et schnell !

Mannepain (Sur le ton publicitaire) : « Reviens au désert, Dieu sait ce qui est bon pour toi et il te le fournira ! »

Paindvie : Vous deux avez mis les gens dans un sacré pétrin en prétendant leur donner à manger !

Schnellburger : Nous ne sommes pas venus les chercher ! Au contraire, chez nous, ils viennent comme ils sont ! »

Mannepain : Paind’vie, tu sais bien comment sont les gens ! Jamais contents ! Ils râlent, ronchonnent, murmurent… Alors, la manne et les cailles, c’était juste assez pour leur caler l’estomac…

Paindvie : Et cette manne, c’était du provisoire, une ration de survie quotidienne pour pique-niquer dans le désert parce que vous étiez des gosses dans la foi. Il fallait bien vous cadrer et vous apprendre le manque, alors que vous ne pensiez qu’à vous gaver !

Schnellburger : Tu parles de qualité ! Un semblant de baguette et des oiseaux rachitiques ! C’était trop light ! Chez nous, la gamme de produits est équilibrée, diversifiée et même bio ! De quoi dévorer ton burger en toute bonne conscience !

Paindvie : Vous ne parlez tous deux que de manger ! Dévorer ! Tuer ! Consommer ! Moi je vous parle de vie ! Au désert, nos parents ont mangé de la manne et ils sont morts ! Nos enfants mangent des burgers et deux heures après, sont morts de faim ! Où est le progrès ?

Mannepain : Voilà pourquoi, il faut revenir à un régime minceur ! Faire retourner nos enfants dans le désert, leur réapprendre la vraie faim, pour mieux les surveiller et leur donner ensuite que des doses homéopathiques de nourriture chaque jour !

Schnellburger : N’importe quoi ! Chez nous, tous nos ingrédients sont choisis avec soin, de première fraîcheur, servis 24 sur 24, sans réservation aucune ! Alors pourquoi crever de soif et de faim dans le désert en attendant la potentielle becté divine, alors que tu peux t’empiffrer comme un roi pour trois fois rien !

Paindvie : Vous avez tous les deux l’intelligence d’un parpaing ! Vous ne chercher qu’à donner à manger, donner l’aumône, distribuer des vivres, nourrir des sous-développés en espérant qu’ils le restent pour les contrôler et s’enrichir à leurs dépens. Les infantiliser ! Les maintenir en dépendance par des points fidélité et des cadeaux pour jouer. Le tout joliment emballé !

Mannepain : Tu sais bien que ce sont de grands enfants et qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ! Nous savons ce qui est le meilleur pour eux !

Schnellburger : C’est comme ça ! Il faut traiter le monde en consommateur et surtout pas l’appeler à devenir humain, mais à lui garantir simplement la bouffe de demain !

Paindvie : Eh bien, ce temps de l’esclavage est fini. Je ne m’impose plus comme celui qui donne à manger, mais comme celui qui se donne à manger !

Mannepain : C’est bien trop dangereux, paind’vie, tu ne peux pas les lâcher comme cela dans la nature sans les tenir un peu en laisse !

Schnellburger : Mais oui ! Tu vas ruiner notre fonds de commerce une fois qu’ils auront pris goût à la vérité ! Il faut juste leur donner leur burger quotidien, pour qu’ils aient envie d’y revenir souvent !

Paindvie : Le pain qui descend du ciel est devenu humain. La parole s’est faite chair ! Et elle vous propose aujourd’hui à tous de devenir des adultes dans la foi, autonomes, capables de croire et de vivre !

Mannepain : Et notre passé, nos glorieux pères ; Moïse et la Loi, il est encore possible de retourner en arrière ! Faire retraite au désert !

Schnellburger : Et l’avenir, tu ne peux pas résister à la spirale, droit dans l’mur ! Sinon consommer et accroitre ton pouvoir d’achat !

Paindvie : A présent, il nous reste le régime de la vie éternelle qui se donne ! En moi, la chair et le sang font un pour la vie. Ils ne sont plus à prendre, mais sont donnés. Pour la vie et non la mort ! Pour partager et non s’engraisser ! Pour communier et non s’entredéchirer !

Mannepain : Qui est-tu pour parler ainsi ? On a vraiment du pain sur la planche ! C’est moi que Dieu a fait descendre du ciel pour nourrir tous nos pères pendant toutes ces années à errer. Et c’est Moïse qui les a conduits !

Schnellburger : Ouai ! Nous connaissons bien tes parents et ton histoire. On nous l’a souvent rabâché au KT. Mais t’es qu’un paind’vie, bientôt cuit, et même pas un pain people ! Alors que nos clients peuvent manger avec un clown ou dîner avec un roi !

Paindvie : Précisément, tu l’as dit Schnellburgi, un homme qui appelle le monde à être plus humain. Un médiateur de la vraie vie qui nous vient du père ! Et ce pain de vie n’est pas dans un dépôt fermé, que l’on ouvrirait lors des grandes occasions, pour se souvenir de la mort, parce que plus personne n’a le temps de vivre ! C’est un pain qui se lève et se met en mouvement ! Qu’en dites-vous ? Vous avez tous deux de bonnes raisons de gagner votre pain ! Ne pourrions-nous pas, simplement, devenir co-pains ?

Mannepain : Tu veux dire que nous sommes déjà sous le régime du paind’vie ? Mais croyons-nous vraiment en l’efficacité de ce régime pour vivre ? Est-ce qu’on le suit tant que cela ? Moi j’me méfie du régime de la grâce et de tout ce qui gratuit ! Je préfère que ça m’en coûte ! « Je vais mettre mon vieux pain sur le balcon et continuer à attraper mes pigeons… » (Mannepain s’en va)

Schnellburger (s’approche de Paind’vie et le prend à part) Pain’dvie, tu m’as convaincu. Et si on s’associait ? Disons 80 pour moi et 20 pour toi ? Non, mais attends ! T’as le charisme, la tchatche, le look… Tu leur balances quelques-unes de tes phrases qui tuent et moi je les emballe vite fait, bien fait ! A nous deux, nous pourrions conquérir les marchés et devenir les rois du burger ! Je vois déjà les slogans publicitaires d’ici : « T’es fatigué et chargé, viens recharger tes batteries comme tu es ! » ; « La vie de pain, un burger pour ceux qui sont morts de faim ! » ; « Le big cheese paind’vie, transforme les pierres en mie ! » ; « De pain l’homme ne vivra pas seulement, mais de paind’vie uniquement ». Alors ! Qu’en dis-tu ?

Silence Bon ça va, j’ai compris ! J’remballe ! Il s’en va.

Paind’vie reste en place, un petit moment seul, et les deux autres reviennent !

Les trois ensembles : Pour avoir du bon pain Faut déjà avoir un grain C’est pas une question d’blé ! Ou de très bien travailler ! Faut juste être rassasié ! Avoir plus que l’santé ! Trouver la vraie vie à jamais !

crédits : Frédéric Gangloff