Fête de la réforme, notes historiques et théologiques Imprimer Envoyer
Articles
Écrit par Commission régionale de la catéchèse de Strasbourg   
Samedi, 11 Octobre 2008 00:00
Index de l'article
Fête de la réforme, notes historiques et théologiques
Martin Luther
Toutes les pages

Bible ouverte

Fêter la Réformation avec les enfants, leur parler de Luther, c’est essayer de répondre à une de leurs questions légitimes et élémentaires : pourquoi sommes-nous « protestants » et non « catholiques » comme d’autres chrétiens ? Où est la différence qui justifie que pour les cours de religion, les catéchismes, les cultes et tout ce qui concerne Dieu, Jésus et notre foi, nous soyons séparés de nos camarades de classe et de jeux ?

La réponse se fait à deux niveaux :

  • Il y a l’événement historique qui, entre 1517 et 1530, fait éclater l’Église catholique et donne naissance aux Églises « protestantes ». Cet événement est marqué et déterminé par un enchaînement de circonstances et les interventions de bien des hommes, dont les préoccupations ne sont pas toujours d’abord les vérités de la foi. Mais nous sommes les héritiers de cet événement là, dans ses effets pervers comme dans ce qu’il apporte de vie et de vérité . Car au cœur de l’événement historique, il y a …
  • La redécouverte de l’Évangile, de l’œuvre de Jésus-Christ, et de la vérité de l’amour de Dieu. Cette découverte est le moteur profond de la Réforme, quels qu’en aient été les soubresauts. Et si la rupture intervenue dans l’Église de Jésus-Christ, malgré tous les efforts de dialogue œcuménique, n’a pas été résorbée au travers des siècles, c’est que la fidélité des protestants aux découvertes de la Réforme et la fidélité des catholiques à leur compréhension de l’Évangile n’ont pu – et ne peuvent peut-être pas – se rejoindre.

C’est ce deuxième aspect qui est essentiel dans la démarche de l’école du dimanche, les éléments historiques ne seront développés que dans la mesure où ils permettent d’éclairer les raisons profondes de la Réforme.

La situation de l’Église au moment de la Réforme

On a beaucoup dit que la Réforme était le résultat d’une corruption de l’Église. Beaucoup de dignitaires (cardinaux, évêques, papes) sont en effet issus de familles nobles et se préoccupent plus de pouvoir et de politique que de vie spirituelle.
Il est vrai également que si ces hauts dignitaires sont des gens souvent cultivés et raffinés qui se font les mécènes de grands artistes de la Renaissance, les curés de paroisse et les simples moines n’ont reçu qu’une instruction sommaire. Peu d’entre eux ont accès à l’Écriture sainte, celle-ci étant hors de prix aussi longtemps qu’elle n’est pas diffusée par l’imprimerie.
Il en résulte que la vie de l’Église et la prédication sont depuis des siècles en situation de tradition orale, les récits de la vie des saints, prenant place assez aisément aux côtés de quelques épisodes célèbres de l’Écriture…
Malgré cela –et on l’ignore généralement, la fin du XV et le début du XVI sc sont marqués par un regain de piété et une véritable recherche spirituelle.
Ainsi, le nombre de moines augmente, tout particulièrement dans les ordres mendiants qui s’astreignent à une pauvreté certaine. Même si, inversement, les paysans se plaignent du poids que fait peser sur eux une mendicité à laquelle ils n’osent guère se refuser…
Cette piété est cependant marquée par l’angoisse : les épidémies de peste, les guerres, les troubles et les famines rendent la mort présente et oppressante. Et cette mort qui guette pose à chacun, cruellement, la question de l’au-delà et du jugement de Dieu qui pèse sur lui.
Et l’on retrouve là le problème de la prédication. Celle-ci présente le Christ dans sa gloire comme le juge, sans doute juste, mais tout de même redoutable. Et tout le problème des croyants est de s’assurer que leurs œuvres et leurs vies seront jugées suffisantes par ce juge là et qu’ils n’auront pas à souffrir éternellement en enfer.
C’est cette angoisse devant Dieu qui est alors le modèle de la piété. Et celle-ci peut, malgré toute la sincérité, être dévoyée facilement.
Trois facteurs historiques vont, dans cette situation générale, conduire à la Réforme ou la favoriser.

  • La redécouverte, par les humanistes, des langues (grec, hébreu) et des textes de l’Antiquité : cet intérêt va aussi se porter sur les textes bibliques dans leur langue originale.
  • La situation politique de l’Allemagne : beaucoup de seigneurs allemands aspirent, et leurs sujets avec eux, à se dégager du poids que fait peser sur eux une papauté italienne qui prétend dicter ses volontés à l’Empire allemand. Les débats de la Réforme seront pour eux une bonne occasion.
  • Le développement de l’imprimerie : celle-ci va faire sortir le débat théologique des milieux étroits des universités et des clercs, et diffuser très largement les idées des réformateurs, parfois même malgré eux !

 

 



Mise à jour le Samedi, 11 Octobre 2008 12:49
 

Ce site est référencé sur le
Top Chrétien Francophone
Ce site est référencé dans la section Spiritualité sur e-annuaire Annuaire des religions