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illustrations_Nicole_bateau repereLes notes bibliques ont une double fonction : d’une part, elles expliquent et justifient le choix et l’articulation des textes pris dans plusieurs livres bibliques. D’autre part, elles fournissent toutes les indications nécessaires à la compréhension de ces textes.
Il est évident que tout leur contenu ne devra pas être transmis aux enfants. Les parcours sont autant des instruments de formation que des outils d’animation, et il est bon que le moniteur puisse d’abord faire des découvertes qui lui dont destinées.
L’étude des notes bibliques dans leur ensemble, doit être préalable au travail avec les enfants : cela permet de sentir la progression d’un texte à l’autre et l’intérêt de leur utilisation par rapport au thème du parcours.

NOTES BIBLIQUES – ACTES 3/1-12

La guérison d’un infirme au Temple


illustrations_Nicole_403272_the_beggarPierre et Jean :
Nous prenons contact avec Pierre au moment où il entre dans sa mission de responsable de la première Église. Sa foi est pleine d’assurance, et investi de la puissance du Christ, il obtient la guérison d’un infirme. Ce qui lui offre une occasion d’annoncer l’évangile dans le temple de Jérusalem.

  • Jean est souvent cité avec son frère Jacques parmi les compagnons de Pierre (Mt.4/21 ; 10/2 ; 17/1 – Marc 1/19 ; 3/7 ; 5/37 ; 9/2 ; 13/3 – Luc 5/10 ; 6,14 ; 8,51 ; 9,28…) Mais parfois comme ici Luc a placé Jean (Lc 22/8 – Actes 4/13,19 ; 8/14). Dans ce cas, Jean est un personnage muet, à côté de Pierre, au point de rendre son texte maladroit, comme au verset 4.

    Peut-être pour que soit respectée la règle des deux messagers (Luc 10/1). Peut-être aussi pour ne pas mettre Pierre seul en valeur et réduire son rôle de ‘chef’ des apôtres.

  • Au temple :
    Le temple est un vaste ensemble de cours et de bâtiments au cœur duquel est construit le sanctuaire. On ne peut approcher de celui-ci que dans des limites très précises : il faut être Grand prêtre pour pénétrer, une fois l’an, dans le Saint des saints ; Les Prêtres accèdent au sanctuaire pour leur service. Les hommes d’Israël qui répondent aux exigences de pureté rituelle peuvent rejoindre le parvis des hommes, au plus près du sanctuaire. Les Israélites qui ne répondent pas à ces conditions restent limités au parvis des femmes, déjà plus en retrait. Les non-Juifs, eux ne peuvent pénétrer que dans la première enceinte, le parvis des gentils.

    Par ailleurs le temple comporte des lieux où se réunit le Sanhédrin, où sont entreposés les trésors et les archives du temple, des logements et des postes de garde, des endroits où enseignent les scribes.

  • La prière de 3 heures de l’après-midi :
    Les pharisiens prescrivaient trois prières, par jour, matin, après midi et soir et exigeaient le respect strict des horaires. Ceux qui habitaient Jérusalem se rendaient, autant que possible au temple pour ces prières. Selon la présentation qu’en fait Luc dans les Actes, la première église se serait, sur ce point au moins, conformée strictement aux règles pharisiennes (Actes 2/47).

  • On y portait un homme…
    L’aumône est un des exercices de piété recommandé instamment en Israël (Deutéronome 15/11 ; Matthieu 6/1). L’aumône pratiquée à Jérusalem avait en outre un peu plus de valeur. Le temple et ses abords étaient donc des lieux tout désignés pour y mendier. Ce qui avait amené à. Jérusalem toutes sortes d’infirmes réduits à la mendicité, et aussi i des faux infirmes, avides de profiter de la situation. Mais cet homme-là est infirme depuis sa naissance et il faut le porter pour qu’il puisse mendier. Luc souligne bien les traits qui feront de sa guérison un miracle incontestable.

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  • La belle porte :
    La désignation utilisée par Luc, est inconnue par ailleurs et ne permet pas d’identifier avec certitude l’emplacement de cette porte dans le temple. Plus imposante que les autres, la porte de Nicanor, qui séparait le parvis des femmes de celui des hommes peut être celle où est installé l’infirme, qui, lui, ne peut en aucun cas aller plus loin dans le temple.

  • Regarde-nous :
    Le regard est un des moyens de contact entre le guérisseur et le malade dans les récits de guérisons miraculeuses. Mais le mendiant peut aussi être invité à regarder celui qui va lui faire un don important, afin d’appeler sur son bienfaiteur la bénédiction de Dieu.
  • De l’or ou de l’argent, je n’en ai pas :
    Cette affirmation est en contradiction avec Actes 2/45 et 4/35 qui indiquent justement que les apôtres disposent des biens de la communauté afin d’en faire usage au profit des plus pauvres. Et il ne faut, pas chercher à rendre l’ensemble cohérent en imaginant ce que Luc n’a pas dit. Ici, il s’agit d’exprimer que Pierre ne va pas donner à ce mendiant ce que tout mendiant attend : quelques pièces de monnaie, si possible de forte valeur, mais qu’il va lui donner quelque chose de plus précieux que l’or ou l’argent, quelque chose qu’aucune richesse ne pouvait lui procurer.

  • Au nom de Jésus Christ :
    Le nom d’une personne ou d’un dieu était dans l’antiquité une notion beaucoup plus forte que la simple désignation de cette personne. Connaître le nom d’une divinité ou d’un démon était un des moyens d’avoir pouvoir sur lui, de se servir de son nom pour des pratiques magiques. Invoquer le nom de Jésus-Christ, c’est rendre présente sa puissance vivante. Comme Pierre le dit au v 12, ce n’est pas lui, mais Jésus qui guérit lui-même l’infirme.
    Par ailleurs, faire appel au nom de Jésus-Christ, c’est aussi affirmer que Jésus est vivant.
  • Le Nazaréen :
    Même si cela n’est pas évident, cet adjectif signifie « de Nazareth ».
    La précision est d’importance : En trois mots il est dit que Jésus de Nazareth est bien le Messie (Christ), et qu’il est vivant. Et réciproquement, que celui au nom duquel s’accomplit la guérison est bien l’homme de Nazareth !

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  • par la main droite :
    Toucher le malade est aussi un geste « classique » de guérisseur. La main droite est la main efficace, celle qui est la plus favorable, tandis que la gauche est le côté le plus nocif, toujours dans le cadre de la mentalité antique.
    il entra dans le temple :
    C’est un des effets essentiels de la guérison : celui qui était exclu de la communauté religieuse d’Israël y est réintégré.
    marchant, bondissant :
    Ces traits du récit soulignent eux aussi le caractère absolument miraculeux de la guérison. En regard d’une infirmité de naissance, cet homme bondissant sans avoir, comme tous les hommes après tout, à apprendre à marcher, voilà l’extraordinaire dont tout le monde va s’étonner.

  • Et louant Dieu :
    Car l’homme a bien compris qui l’a guéri !
    le peuple accourut stupéfait :
    Ce peuple qui accourt est le véritable but de ce récit de miracle. La, guérison n’est pas importante en elle-même. Son intérêt tient tout entier dans le fait qu’elle provoque une occasion de prêcher Jésus, le Christ ressuscité.

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  • Portique de Salomon :
    Ce portique était situé sur le côté Est de l’ensemble des bâtiments du temple, et selon Actes 5/12 aurait été le lieu de réunion, au temple, des chrétiens de Jérusalem.
    comme si c’était par notre puissance..:
    Tout est fait dans ce récit pour qu’il soit bien clair aux yeux du lecteur que ce n’est pas Pierre qui accomplit le miracle. Une dernière fois, Pierre lui-même va le confirmer, et enchaîner avec une longue prédication pour annoncer Jésus ressuscité.

En commençant notre parcours par ce récit nous découvrons Pierre comme si nous étions quelqu’un de cette foule du temple. Nous avons devant nous un personnage surprenant par lequel s’accomplit un miracle et qui annonce au temple de Jérusalem Jésus ressuscité. Et cela quelques semaines après que les autorités qui règnent sur ce temple aient « éliminé » Jésus.
Les disciples sont, dans les. Actes, investis d’un pouvoir de guérison. Ce pouvoir leur était, selon les évangiles (Luc 9/1 ; 10/17-20 ; Marc 6/13) déjà accordé lorsque Jésus était parmi eux.

Mais les récits de miracles dans lesquels des disciples sont impliqués n’apparaissent que dans les Actes, après la Pentecôte. Luc semble signifier ainsi deux choses :

1) Ce n’est que lorsqu’ils sont, à leur tour, conduits par l’Esprit, que les disciples participent au pouvoir de Salut de Jésus.

2) Ces miracles sont des témoignages du Christ ressuscité en faveur de la prédication de l’évangile. Notre récit insiste en effet sur ce point : ce n’est pas Pierre qui accomplit le miracle, mais Jésus. Et ce miracle n’a d’intérêt que dans la mesure où il devient l’occasion d’une prédication dont il atteste la vérité.

La valeur symbolique de cette guérison est aussi très apparente : Celui qui est lié par son infirmité se voit libéré physiquement, mais aussi dans sa relation avec le reste de la communauté d’Israël.
 En effet, tenu à l’écart parce que son infirmité était, dans les conceptions du temps, signe d’une faute, la guérison l’introduit dans le peuple de Dieu. Et c’est bien ce que fait l’évangile de Jésus-Christ pour ceux qui le reçoivent.
En opposant cette guérison à l’or et à l’argent, Luc retrouve un de ses thèmes favoris : Les richesses ne sauvent pas, bien au contraire. Mais Pierre, et avec lui toute l’Église, est porteur d’une force qui dépasse toute richesse, l’évangile de Jésus, qui sauve les hommes et les introduit dans la communauté du peuple de Dieu (voir la fiche « comment lire les récits de miracles »).
Il faut observer aussi que dans ce récit comme dans tout le début des Actes, l’Église de Jérusalem apparaît comme très liée au Temple, et aux usages pharisiens. Avec Pierre, Jean et les autres disciples, l’Église aurait pu rester une secte juive sans les difficultés qui vont surgir et qui sépareront l’Église du Judaïsme.