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walnuts-2312506_640« Luther et la noix » est une narration librement traduite par Catherine Ulrich, d’un événement de la vie de Martin Luther…

Matériel : une noix par enfant, une bougie, une Bible

 

En Allemagne, dans la petite ville d’Eisleben, à la fin du XVème siècle…

Martin jouait avec ses amis. Les billes rebondissaient sur les pavés. Il en avait déjà gagné plusieurs aujourd’hui. C’est alors qu’il entendit sa maman l’appeler.

-Je reviens tout de suite !

-Martin, il faut que tu m’aides. Nous avons de la visite ce soir. Va me chercher un bol de farine et 20 noix.

Martin fila vers la cave, remplit le bol de farine d’avoine et se précipita vers le sac rempli de noix. Des noix !

Les enfants recevaient rarement des cadeaux à cette époque. Les sucreries n’existaient pas. Parfois, ils recevaient quelques grains de raisins secs. Et à Noël, des dattes ! Les enfants recevaient une noix quand ils avaient été particulièrement sages. Martin compta les noix à haute voix, il en avait l’eau à la bouche.

Et s’il en prenait 21 et en gardait une pour lui, qu’il dégusterait tranquillement dans la forêt ? Il en resterait plein, personne ne le remarquerait. Mais c’était seulement le printemps et les noix devaient suffire jusqu’en automne, Martin le savait. Allez, une, c’est rien, personne ne le saura. Vite, il cacha une noix dans les plis de sa chemise.

Avec ses deux mains, il porta le bol de farine et le sac de noix dans la cuisine.

– Merci, dit sa maman, cherche-moi encore du bois, puis tu pourras retourner jouer.

Mais Martin trébucha contre le coin du poêle. Il entendit la noix rebondir par terre. En entendant ce bruit, sa mère se tourna, vit la noix et le regarda dans les yeux.

– Tu as pris une noix !

Elle n’eut pas besoin d’en dire davantage. Martin savait qu’elle était très en colère. Chiper quelque chose, il n’en était pas question dans la famille de Luther ! Pour cela, on était sévèrement puni ! Martin se fit tout petit. Tout devint sombre autour de lui.

Le lendemain, Martin sentait encore les coups de bâton. Mais le pire, c’était la honte. Ses parents avaient certainement oublié ce qui s’était passé la veille, ils n’en parlaient plus. Mais Martin y pensait toujours. Ses parents lui avaient-ils pardonné ? Peut-être étaient-ils encore en colère contre lui ? Que pouvait-il faire pour être vraiment pardonné ?

Des années plus tard, Martin pensait encore à cette noix !

Entre temps, comme il était bon élève, il avait étudié la théologie. Mais une chose le tourmentait : comment faire pour que Dieu me pardonne, pour être son enfant bien-aimé ?

Ouvrir la Bible

 Martin cherchait dans la Bible, jour et nuit, une réponse à cette question. En fait, il avait la même peur devant Dieu qu’il avait enfant de ses parents.

Et soudain, Martin comprit ce qu’il lisait dans la Bible : nous ne pouvons rien faire pour que Dieu nous pardonne et nous aime. Dieu aime tous les êtres humains, quoiqu’ils aient fait. Cela s’appelle la Grâce. Jésus est venu dans le monde, il a souffert à la croix pour montrer aux hommes qu’ils n’ont pas besoin d’avoir peur de Dieu. Rien ne peut nous séparer de Dieu. Même si Dieu n’aime pas ce qu’on fait de mal, il continue de nous aimer, nous ! Tout devenait clair pour Martin. 

Allumer une bougie

Martin Luther avait découvert que la Bible entière montre l’amour de Dieu pour les êtres humains. Il suffit de le croire. Et quand on se sent aimé de Dieu, on a envie d’être bon avec les autres.

Martin a eu lui-même plusieurs enfants. De temps en temps, juste comme ça, pour rien, il aimait leur donner une noix

Distribuer une noix à chaque enfant.

Remarque : préciser, lors des échanges avec les enfants, que les châtiments corporels sont maintenant proscrits.

 Libre traduction de l’allemand par Catherine ULRICH, service de l’enseignement religieux et de la catéchèse, UEPAL, catherine.ulrich@uepal.fr