L’agneau de Simon

« L’agneau de Simon » est une narration de Marthe Balla, formatrice AFiBi (Association des Figurines Bibliques).

Simon est heureux. Son rêve le plus cher s’est réalisé aujourd’hui : son père lui a confié un agneau ! Simon est un petit garçon comme beaucoup, mais on l’appelle « Simon bar Ruben » pour le distinguer des autres Simon de Bethléem, et cela, il en est fier : son père, Ruben  est le chef des bergers du maître et il a même accompagné celui-ci pour un voyage à Jérusalem ! Ruben n’est revenu qu’hier soir et, ce matin, il a appelé Simon et lui a dit :  « Simon, tu es grand maintenant,  que veux-tu faire de ta vie ?veux-tu apprendre le métier de berger ? oui ? Alors viens avec moi ! » Et, ensemble ils sont allés jusqu’au troupeau gardé par les autres bergers. Ensemble ils ont regardé toutes les bêtes – et Ruben les connaissait toutes ! – jusqu’à l’agneau tout blanc qui venait de naître. Celui-là Ruben l’a mis dans les bras de Simon en lui disant : « Il est à toi, tu en es responsable maintenant ! »

La journée a passé très vite, il y avait tant de choses à faire, tant de choses à apprendre ! Maintenant Simon est assis près du feu, son agneau à côté de lui et il écoute son père, Ruben, qui raconte aux autres bergers son voyage à Jérusalem.  « C’est une ville immense ! Et, tout en haut, le Temple, il est merveilleux, si grand … Et tous ces gens ! Ils venaient de partout, de Judée, de Galilée, d’Egypte, de Rome, et même de plus loin encore !  Mais tout le monde ne parlait que de la même histoire …s’il-te-plait, raconte –la ! dit Simon et tous les autres disent : oui, oui, raconte !

Ruben continue : on parlait du prêtre Zacharie et de sa femme Elisabeth qui venaient d’avoir un enfant alors qu’ils étaient vieux tous les deux … »comme Abraham et Sara ? » Son père sourit et caresse les cheveux de Simon en disant : c’est bien, tu apprends bien les leçons du Rabbin Amos !  On racontait que, alors qu’il était de service au Temple, il y a à peu près un an maintenant, Zacharie en était sorti muet ! Certains disaient qu’il avait vu un ange qui lui avait annoncé la naissance d’un fils et Zacharie ne l’a pas cru ! Il était rentré chez lui et … »

Simon n’entend plus la fin de l’histoire, ses yeux se sont fermés et il s’est endormi à côté de son agneau .Tout à coup il se réveille en sursaut, ébloui. Est-ce qu’il a dormi jusqu’à midi ? Non, derrière lui il fait sombre mais près du feu il y a une grande lumière comme il n’en a encore jamais vue. Un homme se tient dans cette lumière et leur parle : « N’ayez pas peur ! Réjouissez-vous ! Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur . Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez l’enfant emmailloté, couché dans une crèche. » Et voilà qu’une foule nombreuse est là et chante : « gloire à Dieu  au plus haut des cieux et paix sur la terre… »

Puis tout est fini. Simon se frotte les yeux et demande d’une toute petite voix : « c’étaient des anges ? » Son père hoche la tête : «  Je crois bien ; nous devrions aller à Bethléem »Tous se lèvent et se mettent en route. Simon fait deux pas et s’arrête, « et mon agneau ? s’il lui arrivait quelque chose pendant que je ne suis pas là ? Ce n’est pas le moment d’hésiter ! j’en suis responsable ! » Simon prend l’agneau sur ses épaules comme il a vu les bergers le faire et suit les autres.

C’est très dur. Un agneau, même petit, c’est lourd quand on est encore un enfant, mais il n’y avait pas d’autre solution ! Quand il arrive enfin, bien fatigué, à l’étable il voit le bébé sur la paille et tout est oublié ! Simon sent son cœur battre très fort, …Pauvre bébé, comme il doit avoir froid dans cette mangeoire …Si seulement je pouvais…Mais oui ! à côté de mon agneau j’avais bien chaud !… Je l’aime, cet agneau, mais l’enfant… Mon père se fâchera peut-être…non, il m’a dit « cet agneau est à toi » alors…Tout doucement Simon se rapproche du bébé et pose l’agneau à côté de lui, sur la paille de la mangeoire,  en murmurant :  « il te tiendra chaud » …

Quand Simon se réveille de nouveau il est près du troupeau sans savoir comment il est revenu. Sa main cherche son agneau et il se souvient de ce qui s’est passé pendant la nuit. Que va  dire son père ? A ce moment là son père s’approche de lui, un agneau dans les bras, et le lui tend, sans un mot. Son agneau ? Oui, …mais non, celui là  a quelque chose de différent : une toute petite tache, comme une étoile, juste à l’endroit où l’enfant de la crèche l’a caressé …Simon  prend son agneau dans les bras, il est heureux…

Et si aujourd’hui, dans beaucoup de crèches, il y a un petit agneau à côté de l’enfant Jésus, souvenez-vous : c’est l’agneau de Simon…. Et le temps a passé, Simon a grandi, son troupeau aussi. Le petit agneau est devenu un magnifique bélier, le chef du troupeau. Et, souvent il naît des agneaux  qui, comme lui, portent une petite tache, une étoile. Et Simon, à leur naissance, se souvient chaque fois de cette nuit…

Un soir, un voyageur s’approche du troupeau de Simon. Simon l’invite à s’asseoir près du feu, lui offre de l’eau et du pain…

-Merci Simon

– Tu me connais ?

– Oui, souviens-toi : il y a bien longtemps, quand je suis né, tu m’as offert ton agneau pour me réchauffer ! Je ne l’ai pas oublié, et je ne t’oublierai jamais ! Depuis, Simon est heureux !Simon est toujours heureux !

Crédit : Marthe Balla