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acteur JosephNarration-Célébration en trois actes, entrecoupés de chants et prières. Ce culte a eu lieu après un camp biblique enfants-ados de 5 jours.

3 acteurs : Joseph enfant, Joseph jeune adulte, Joseph dans la force de l’âge

Matériels : un manteau coloré pour Joseph enfant, un habit de prisonnier et un boulet pour Joseph jeune adulte, et un habit de dignitaire égyptien pour Joseph dans la force de l’âge.

Petit Joseph :
Yeah!! Matez-moi ça !! Vous avez vu le manteau que mon père vient de m’offrir ? Trop swag !! Je suis trop beau !!

            Sérieux, regardez comme il tombe bien : coupe parfaite, manches finement ciselées, coutures top mode… Alors là, c’est sûr, je vais être le king du campement ! Mes frangins, ils vont être verts ! Y’a que moi qui vais être aussi bien sapé !!

            Mais eh, c’est que je le vaux bien ! Eh ouais…

            Mais pardon, je manque à mes devoirs, je ne me suis même pas présenté, pas bien, ça, pas bien… Voilà, je m’appelle Joseph, « ben » de Jacob, « ben », ça veut dire « fils », hein, pour les ignares… Joseph, fils de Jacob…

            J’ai plein de frangins. Bon, les filles, on ne les compte pas, parce que les filles, ça ne compte pas, c’est pas moi qui le dit, c’est mon époque, pas d’ma faute… Mais des frères, j’en ai une ribambelle, sûr qu’aucun de vous n’en a autant que moi ! Voyons, y’a Siméon, Asher, Dan, Issakar, Lévi, Zabulon, hi hi, pas facile à porter, hein, Zabulon… Pi y’a encore…, oh pi flûte, y’en a plein, quoi, de quoi faire une équipe de foot, avec même des remplaçants ! Leurs noms, c’est pas important !

            Ce qui est important, c’est que là-dedans, je suis le préféré de mon papa ! Autant que je m’en souvienne, j’ai toujours été traité comme un king, comme « le » king : les meilleurs morceaux de viande, les plus beaux jouets, les plus jolies tuniques… Je pouvais faire les pires bêtises, ce n’est jamais moi qui me faisais enguirlander, mais ceux qui étaient chargés de garder un œil sur moi, c’est à dire mes grands frères…

            En fait, mes demi-frères, en vérité… Eux et moi, on n’a pas la même mère… Je crois que la mienne, Rebecca, a été le grand amour de jeunesse de mon père, je crois bien qu’il a eu du mal à la conquérir, j’ai entendu une histoire de trahison chez l’oncle Laban, après que mon père eût lui-même arnaqué son frère Esaü pour un truc d’héritage, enfin j’ai pas tout compris, et puis bon, ça ne m’intéresse pas plus que ça non plus… Voilà, quoi, on est une famille recomposée, vous savez ce que c’est… C’est aussi banal à mon époque qu’à la vôtre, c’est comme ça, hein, les familles, c’est pas toujours simple, et c’est pas nouveau…

            Mais revenons au cœur du sujet, c’est à dire moi… Voyez-vous, ce qui est bien, quand on est le chouchou de son papa, c’est qu’on a le temps pour faire ce qu’on veut… Moi, ce que j’aime, c’est rêvasser… Je fais des rêves incroyables, sérieux, vous pouvez même pas imaginer … Tenez, l’autre jour, je rêvais que j’étais avec mes frangins, dans un champ, en train de lier des gerbes de foin, parce que ça m’arrive quand même des fois de mettre la main à la pâte, hein, je suis quand même serviable et altruiste, hein, faut pas croire… Et pi voilà que, dans mon rêve, tout à coup, ma gerbe s’est dressée, et celles de mes frères se sont inclinées devant la mienne, tellement elle était grande et royale… C’est swag, non?! Ah pi aussi, dans un autre rêve, le soleil, la lune, et onze étoiles se prosternaient devant moi ! La top classe !!

            Bon, mes frangins, ils aiment pas trop quand je leur raconte mes rêves, mais bon, je vois pas pourquoi ça les gonflent comme ça… « Prétentieux », qu’ils disent, « Tu crois quand même pas qu’on va se prosterner devant toi ?! »… Pfff… C’est que des jaloux et des loosers, tant pis pour eux si y comprennent rien, et ne voient pas la beauté et la poésie de mon onirisme… Tiens, sûr qu’ils ne connaissent même pas le mot, « onirisme »…

            Enfin bon, tout ça pour dire que je crois bien que je les agace un chouia sur les bords… Mais eh, c’est quand même pas de ma faute si mon père me préfère à eux, n’est-ce pas ?

            En tout cas, j’suis grave content de mon manteau, là… Je crois que je vais aller le montrer encore une fois à mes frangins, justement, hein, quand on parle des loups… Là, ils sont en train de garder les troupeaux de mon père à la campagne… Mon père veut que j’aille prendre de leurs nouvelles, on va aller voir ça… Eh puis eh, je vais juste regarder, hein, parce qu’il ne faudrait pas que je salisse mon manteau… Parce que vous voyez, quand on a un beau manteau aux manches longues, comme ça, ça signifie que l’on ne peut pas faire de travaux laborieux, qu’on est quelqu’un ! Suis pas un pouilleux comme eux, moi ! Eh ouais, je suis pas n’importe qui, moi, je suis Joseph, ben de Jacob, non mais !!

            Alors, voyons voir… Voilà, c’est bon, il tombe tout bien, comme ça… Voilà… Parfait… Mes ongles sont tout propre, parfait… Coupe de cheveux au poil, parfait… oh, oh, je vais pas tarder à avoir du poil au menton… Oh, m’est avis que je vais tourner en BG, moi… BG, c’est « Beau gosse », je précise pour les ignares…

            Bon allez, j’arrête de soliloquer, quand faut y aller, faut y goer ! Non, ce verbe n’existe pas, mais tant pis, suis un rêveur king, moi, alors je peux goer comme je veux, quand je veux, et avec qui je veux, en l’occurrence c’est donc moi et moi-même !

            Vous n’avez qu’à bien ouvrir les yeux, les frangins, j’arrive !! Mdr, je sens que la journée va être magnifique… Sûr, today, ça va être ma fête !!

Moyen Joseph :

            Ah la la… (il essaie de se regarder dans son boulet) Comment ai-je pu en arriver là… Pfff… (Grand soupir)

            (Avisant le public): oh, de la visite ! Bonjour ! Comment allez-vous? Oh, ça me fait bien plaisir de vous voir… Pardonnez mon état, je ne suis pas très bien mis, mais dans ma position, vous comprenez, c’est compliqué d’être propre sur soi… Et puis quel intérêt, hein? Ce n’est pas à ça que l’on juge quelqu’un, hein, à sa mise en plis et à son manteau, n’est-ce pas?

            Croyez-moi… Cela, je l’ai appris à mes dépens…

            Oh pardon, je ne me suis pas présenté… Je m’appelle Joseph, je viens de la terre de Canaan, je suis fils de Jacob, son 11ème né sur 12… Belle famille, hein?

            Pardon? Comment je suis arrivé là, dans cette sombre et triste prison égyptienne? Oh, c’est une longue histoire…

            Disons que… Voilà, il se trouve que lorsque j’étais gamin, je n’étais pas très malin… Pourtant je le croyais bien, que j’étais malin, mais en vérité, j’étais plutôt un crétin, il faut être honnête… J’étais le préféré de mon père, parce qu’il avait été éperdument amoureux de ma mère, et puis ça m’est monté à la tête, vous comprenez… Je fanfaronnais devant mes frères à chaque fois que mon père m’offrait un présent, je les traitais comme des serviteurs alors qu’ils étaient de mon rang et de mon sang, je ne faisais pas attention à eux, à leurs sentiments, à ce qu’ils vivaient, et tout ça… Je conversais plus avec mon miroir qu’avec eux, c’est triste, mais véridique…

            Alors un jour, alors que j’étais venu leur rendre visite à la campagne, crânant fièrement dans le nouveau manteau que mon père venait de m’offrir, bien mal m’en a pris de vouloir encore une fois faire le crétin… C’est la goutte d’eau qui manquait dans l’amphore de leur colère à mon égard, eh oui…

            Arrivé depuis 3 minutes et 28 secondes chrono, voilà que je me fais jeter à terre, et mettre à l’ombre dans une citerne, pour y mourir!! Heureusement, mon frère Ruben, moins dur que les autres, a eu pitié de moi, et a proposé plutôt de me vendre comme esclave à une caravane qui passait par là… Sitôt dit, sitôt fait, ils m’ont enlevé mon beau manteau dont j’étais si fier, et me voilà en Égypte…

            Sacrée leçon, hein? Oh, vous les comprenez ?… Ma, foi, moi aussi, vous savez… Vraiment, je me suis comporté comme un petit, euh, vous voyez ce que je veux dire… Pas sûr qu’il y ait des façons polies de dire cela… Mais vous voyez le genre, vous devez bien en connaître aussi, hein, des comme ça, y’en a peut-être même parmi vous… Mais bon, soit dit en passant, mettez-leur une taloche plutôt que de les vendre, hein, ça rapporte moins, mais bon, si chacun se met à vendre tous ceux qu’il trouve gonflants, ça va vite devenir un désert!!

            Nonobstant… Oui, je soigne toujours mon vocabulaire, mais maintenant à bon escient, je vous l’assure… Bon escient, ça signifie, pour les ign… Oups, pardonnez-moi ce relent de vantardise adolescente, mais c’est que ça dure longtemps, l’adolescence, si si, au moins 2, 3, Voire 4, décennies chez certains, sérieux…

            Mais laissons les Tanguy, revenons à notre sujet… Oui donc, me voilà sur l’estrade d’un marchand d’esclaves, au terme du voyage… Comme j’étais pas mal robuste, et jeune, j’ai vite été acheté par un homme important, qui s’appelait Potiphar. Un homme droit, et juste. Vraiment, il me traitait bien, alors j’ai fait du mieux que j’ai pu, j’ai été très sérieux… Petit à petit, il a eu de plus en plus confiance en moi, et m’a donné de grandes responsabilités dans la gouvernance de sa maison et de ses affaires… Ma famille ne m’aurait pas reconnu, moi, Joseph, si sérieux et travailleur…

            Loin de mon beau manteau, j’avais revêtu une simple tunique de serviteur, mais au moins, celle-ci, j’en étais digne, j’en suis même devenu fier !

            Malheureusement, la femme de Potiphar, elle, si elle était adroite, n’était pas droite! Voyez vous, depuis que j’ai quitté Canaan, j’avais eu le temps de grandir, mon poil avait poussé, et il faut bien reconnaître que j’étais devenu beau gosse, n’est-ce pas? Ni une ni deux, je lui ai tapé dans l’œil, et elle n’a cessé de me poursuivre de ses ardeurs, une vraie furie !

            Mais hors de question pour moi de trahir Potiphar, qui me traitait si bien ! Si bien que pour se venger, lasse de mon refus, elle a arraché ma tunique en hurlant au loup, et, bien sûr, son époux l’a crue, ou au moins fait semblant…

            Et paf, direct la prison, où je croupis maintenant depuis un bon moment… Mais je garde espoir d’en sortir un jour. Je ne vais pas me résigner, ça non, surtout après avoir été condamné à tort! Et puis heureusement, les gardiens ont vu que j’étais quelqu’un de fiable, et m’ont confié, là aussi, des responsabilités… Et puis j’ai appris l’entraide, je donne des coups de mains à mes compagnons d’infortune, et je continue à rêver… Même, aujourd’hui, je sais interpréter les rêves des autres, car les rêves font sens, c’est certain! Tenez, pas plus tard que l’année dernière, l’échanson et le boulanger du pharaon, copains de cachot, sont venus pour que je leur dise la signification de leurs drôles de rêves, et vous savez quoi? Eh bien, tout ce que je leur ai dit s’est réalisé pile-poil!! L’échanson a été repris au service du pharaon, et le boulanger a été pendu, et son corps a été dévoré par les oiseaux, c’est pas génial?!

            Enfin, euh, je me comprends, hein, quand je dis que c’est génial, je ne voulais pas dire que… Enfin bon… Toujours est-il que l’échanson a promis qu’il se souviendrait de moi, et qu’il me renverrait l’ascenseur… Un ascenseur, c’est un… Bah, qu’importe…

            Mais j’en suis sûr, je vais sortir de là… Je vais m’en sortir, foi de Joseph, fils de Jacob ! Hein, mon boulet? (il essuie son boulet avec ses habits)

Grand Joseph :

            Mesdames, messieurs, mesdemoiselles… Ah non, pas mesdemoiselles, on n’a plus le droit de dire Mesdemoiselles… Donc Mesdames et Messieurs, je vous souhaite le jour vraiment bon, et la bienvenue dans mon palais… Venez, venez, vous êtes mes invités, prenez place, servez-vous, il y en a pour tous et chacun !

            Vous venez du pays de Canaan, dites-vous ? Oh, quel plaisir de vous rencontrer ! Figurez-vous que moi aussi, j’en viens ! Si si, je vous assure !

            Bien sûr, vous me connaissez sous le nom de Tsaphnath-Paenéach, le bras droit du grand pharaon d’Égypte ! Oui, Tsaphnath-Paenéach… Oui, je sais, ce n’est pas facile à dire, j’ai moi-même encore du mal à prononcer ce nom que le pharaon m’a donné…

            Allez, dites-le avec moi : Tsaphnath-Paenéach… Allez… Oh puis laissez tomber, c’est trop compliqué, appelez-moi tout simplement Joseph…

            Ben oui, je suis Joseph, fils de Jacob, vous savez, le petit chiard que ses frères vendirent comme esclave, et qui finit dans les geôles du pharaon ! Et regardez-moi maintenant, le même qu’avant !!

            Bon, je vous l’accorde, j’ai un peu changé, certes, mes poils ont un peu grisonné, et j’ai un chouia forci des entrailles, mais que voulez-vous, j’ai profité des 7 années d’abondance, et puis d’après mon épouse Asnath, fille de Poti-Phéra, je suis toujours un sacré beau gosse, ne trouvez-vous pas ? Il faut dire aussi que la coiffe égyptienne de haut rang me sied à merveille… Mais laissons là ces considérations somme toutes bien puériles, toujours un reste d’adolescence qui traîne, il paraît que ça arrive même dans les meilleures familles…

            Ah, la famille… Savez-vous que nous nous sommes retrouvés, tous ? Aujourd’hui, mes frères sont mes amis, rien de moins ! Si on m’avait dit ça alors que je croupissais en prison, il y a maintenant des années de ça !!

            Mais je ne vais pas vous soûler avec les péripéties de mes jeunes années, je vais faire court sur le pourquoi du comment de mes années carcérales… En tout cas, bien m’en a pris de ne jamais perdre espoir, et de compter sur les dons de Dieu ! Car voyez-vous, un jour, un ascenseur est redescendu jusqu’à moi… Ah, vous ne savez pas ce qu’est un ascenseur? Bah, qu’importe, c’est juste une image poétique, laissez tomber… Toujours est-il que le propre échanson du pharaon, qui était un ami, a pensé à moi, lorsqu’il est arrivé que le pharaon était décontenancé par de drôles de rêves… Personne, pas même ses magiciens, ne parvenaient à les décrypter… Là, lumière dans la tête de l’échanson, il a dit que je serais l’homme de la situation !

            On m’a fait sortir de prison, et lorsque le grand homme m’a présenté ses rêves, où il voyait tour à tour des vaches grasses et des vaches maigres qui venaient les dévorer, un véritable cauchemar, j’ai tout de suite compris le présage ! 7 années d’abondance allaient advenir, suivies de 7 années de famine… « Aussi, lui ai-je dit, il faut que vous trouviez quelqu’un de sage pour préparer les 7 années de disette qui viendront! »… Ni une ni deux, il a pensé que j’étais l’homme de la situation, moi, l’ancien petit Joseph, vendu, esclave, prisonnier !

            Je suis donc devenu le bras droit du Pharaon ! Si ce n’est pas de l’ascenseur social, ça ! Laissez tomber, décidément, personne ne comprend mon histoire d’ascenseur… Tant pis… Dans quelques milliers d’années, peut-être…

            Mais bref, revenons à notre sujet… J’ai donc entrepris, durant les 7 années d’abondance, de remplir les greniers du pays, afin que nous puissions survivre à la famine à venir ! Ainsi, lorsque le blé a manqué, nous n’avons pas rempli la panse du loup ! Tout le monde a pu manger à sa faim, et même, nos greniers débordaient tellement, que nous avons pu vendre à tous ceux qui en avaient besoin, hors de nos frontières ! Des gens affluaient de partout, des familles entières, c’était incroyable !

            Et devinez qui j’ai vu débarquer, un jour ? Hein, devinez, pour voir?!

            Meuh non, pas un ascenseur, qu’est-ce que vous racontez?! Essayez de suivre, un peu !

            J’ai vu débarquer mes frères, rien de moins!! Vous savez, ceux qui m’avaient vendu !! Il me semble pourtant n’avoir pas tant changé que cela, mais ils ne m’ont pas reconnu ! Moi, j’étais estomaqué, la bouche muette, de les revoir enfin après tant d’années… Pendant que j’essayais de retrouver un filet de voix, les voilà qui se prosternent devant moi, je vous jure, comme dans les rêves que j’avais fait quand j’étais gamin !!

            Et que croyez-vous que j’ai fait, hein ? Que je les ai fait arrêter, torturer, pendre, dévorer par les oiseaux, bref que je me suis vengé? Meuh non, voyons, pas du tout… J’aurais pu, c’est sûr… Mais me venger de quoi, hein ? Certes, ils avaient voulu me faire du mal, mais Dieu avait réussi à changer le mal en bien… Au fond, grâce à eux, j’avais pu sauver et nourrir des populations entières, alors quoi?!

            Alors j’étais ému et heureux de les voir, et je voulais avoir des nouvelles de mon vieux père qui, sans doute, me croyait mort, et de mon petit frère, Benjamin… Je voulais que tous aient à manger, je voulais les sauver !!

            Nonobstant, hein, oui, je fais toujours attention à mon vocabulaire, donc: Nonobstant, je les ai testé, quand même, pour voir s’ils avaient changé, j’ai usé de stratagème, je leur ai fait croire que j’allais garder le petit Benjamin en prison, je les ai traités d’espions, de menteurs… Cette fois, ils ont voulu protéger le sang de leur sang : devant mon chantage et mes accusations, ils étaient prêts à se donner eux-mêmes en prisonniers, pourvu que je rende Benjamin à la liberté, pour le bonheur de leur père…

            Oui, ils avaient changé… Et moi aussi… Nous avons tous pleuré de joie et d’émotion, lorsque je leur ai révélé ma véritable identité… Ils sont allés chercher mon vieux père, et aujourd’hui, tout le monde vit ici ; et mes frères, comme je le disais, sont devenus mes amis, tous…

            Et depuis, tous les cananéens, comme vous, sont les bienvenus dans ce pays…

            Oui, vous voyez, Dieu a toujours été à mes côtés, et il m’a fait grandir en sagesse et en bonté… De vêtements en vêtements, je me suis dévêtu de ceux de l’égoïsme et du nombrilisme, pour revêtir ceux de la fraternité et du partage, et je n’ai aucun regret ni amertume quand je regarde le passé, bien au contraire, je suis rempli de louange et de gratitude…

            Surtout que malgré les années, je reste un sacré beau gosse, vous ne trouvez pas ?!

Crédits: Corinne SCHEELE

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