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Jonathan a eu six ans au printemps. Il est très fier d’être rentré au CP en septembre : apprendre à lire et à écrire le passionne et chaque matin, il se précipite dans la voiture pour que son père le conduise à l’école. L’apprentissage va bon train et pour la première fois, Jonathan peut écrire lui-même une lettre au père-noël. Il a vue dans les vitrines plein de choses qui le tentent : Robot solaire, trampoline, vélo, console, briques Star Wars, voiture télécommandée. Après avoir bien réfléchi, il prends une feuille de papier et écrit : « Cher Père-Noël, en regardant les vitrines, j’ai envie de plein de choses pour Noël. Mais, les « cadeaux-surprises » que tu déposes dans mes chaussures sont toujours les plus beaux cadeaux. Il faut que je te dise que mon coffre à jouet est déjà bien plein et tous mes jouets doivent tenir dedans, c’est la règle à la maison. Si tu m’offres un cadeau trop gros, il faudra que j’abandonne un ancien jouet. Alors, apportes-moi un cadeau pas trop gros. Je t’embrasse bien fort. Jonathan »

Ce soir, comme au début de chaque période de vacances, toute la famille regarde la télé. Pour ces vacances de Noël, c’est un documentaire sur le chemin de l’école pris chaque jour par des enfants de part le monde. Et Jonathan est particulièrement marqué par l’histoire d’Ismaël qui a lui aussi 6 ans. Tous les matins en compagnie de son grand frère, Ismaël doit marche une heure dans la savane et les collines du Kenya pour aller à l’école, et encore une heure le soir pour rentrer à la maison. A son âge Ismaël apprend aussi à lire et écrire. Mais, il a un problème aux pieds et marcher pieds-nus, ou avec une simple semelle faite dans un vieux pneu, et cela devient vite insupportable. S’il n’a pas une vraie paire de chaussure, il ne pourra plus continuer à aller à l’école.

En voyant toutes ces histoires, Jonathan pense alors « Et moi, si j’allais à pied à l’école, cela prendrait combien de temps ??? »  Il n’a jamais essayé mais se promet de demander à le faire au printemps.

Les quelques journées qu’il reste avant Noël passent très vite. Il y a la fête de Noël au temple et il entend encore la mélodie du cantique que les enfants ont chantés en chœur : « À pleine voix, chantons pour Dieu »

Avec sa mère, ils vont acheter un sapin et le décorent : c’est tout un rituel qu’il faut bien respecter, sous peine de devoir tout recommencer. D’abord, l’étoile en haut, puis la guirlande électrique, ensuite les boules et les décorations près du tronc et enfin les guirlandes. Jonathan trouve le résultat superbe. Nous voilà arrivés au 24 décembre et c’est le moment de déposer ses chaussures sous le sapin. Jonathan hésite : va-t-il mettre sa paire de pantoufles, ses baskets, ses chaussures de foot, ses chaussures ordinaires  … ? Les baskets feront l’affaire. Puis il s’endort en faisant pleins de beaux rêves. Le matin de Noël, il se précipite près du sapin, et là surprise : ses chaussures ne sont pas là où il les avait déposées. Il cherche, il tourne autour du sapin : il y a les chaussures de sa mère, de son frère, de son père, de sa sœur, il tourne encore, mais les siennes ne sont plus là.

Tout d’un coup, il voit une enveloppe avec son nom dessus ( ah, cela sert de savoir lire!) Il ouvre la lettre et commence à lire « Cher Jonathan, en passant dans ta maison, j’ai vu tes chaussures : c’est juste ce qu’il faut pour Ismaël et cela va lui permettre de continuer à aller à l’école. Comme je n’en avait plus dans mes réserves, j’ai pensé que tu serais heureux de les lui donner. Il les découvre en ce moment même. Voici son adresse. J’espère que tu ne seras pas trop déçu de ne rien avoir. Une idée : regarde au fond de ton coffre à jouet : tu retrouveras avec plaisir des vieux jouets que tu avais oublié. Je te souhaite un joyeux Noël.   Signé le Père Noël »

Jonathan hésite entre les larmes et la joie. Il ne sait pas trop s’il va pleurer ou rire. Certes, il est triste de ne rien avoir, mails l’idée qu’il va permettre à Ismaël de pouvoir continue à aller à l’école le remplis d’une joie immense. N’est-ce pas un magnifique cadeau de Noël ?  Alors il se met à chanter à pleine voix …

  1. À pleine voix, chantons pour Dieu Nos chants de joie, nos chants de fête ! Dieu est présent dans un enfant. Sa gloire habite notre terre ! Ne marchons plus à perdre cœur Par des chemins sans espérance ! Dieu va sauver le monde entier En se chargeant de nos souffrances.
  2. Rien ne pourra nous séparer De l’amitié que Dieu nous porte. Par Jésus-Christ, et dans l’Esprit, Cette assurance est la plus forte. Pour annoncer les temps nouveaux, Prenons le pain de sa tendresse. Vienne le jour de son retour : Que tous les hommes le connaissent !

( Arc en ciel n° 374 ; Alléluia 32/08 )

Crédit : Robert Courvoisier (EPUdF) – Point KT – photo Pixabay