Je m’appelle Séraya

« Je m’appelle Séraya » est une narration de Marthe Balla (UEPAL) pour illustrer  le récit d’Actes 8, le baptême de l’éthiopien par Philippe.

Je m’appelle Séraya, je vis en Ethiopie, le pays de la Reine Candace et je suis un serviteur du Gouverneur du Trésor. Beaucoup d’étrangers viennent en Ethiopie, parmi eux il y a aussi des juifs qui viennent de Jérusalem, quelques uns ont même décidé de rester ici. Mon maître aime bien les écouter quand ils se réunissent dans une de leurs maisons pour parler de leur Dieu. Un jour il a dit à la Reine Candace qu’il aimerait bien aller à Jérusalem pour voir leur Temple. La reine lui a donné son accord en disant : « regarde bien et écoute bien et tu me feras part de tes découvertes à ton retour. »

Mon maître a préparé ses bagages et m’a demandé de préparer son char pour un long voyage pour lequel je devais l’accompagner.

A Jérusalem nous avons été accueillis par Nathan qui était venu en Ethiopie l’an dernier. Nathan nous a emmenés visiter le Temple. Quelle merveille ! Construit en matériaux précieux, il dressait tout en haut de la ville ses hauts murs et ses grandes portes. Il y avait là des gens du monde entier. Nathan nous a fait entrer dans la première cour et nous a demandé de l’attendre là pendant qu’il parlait à son frère : les étrangers n’ont pas le droit de passer dans la deuxième cour. Il est revenu rapidement avec un homme qui transportait une tablette, un encrier et des rouleaux de papyrus. C’était son frère qui nous a expliqué que son travail consistait à recopier soigneusement, sans fautes, les vieux rouleaux avant que ceux-ci ne s’abiment.  Il était même prêt à en céder un à mon maître.

Les jours passèrent très vite et bientôt il fallut prendre le chemin du retour. Je conduisais le char. Mon maître sortait souvent le rouleau qu’il avait acheté et le lisait à haute voix. En tant que Gouverneur du Trésor il avait appris à lire beaucoup de langues.

Tout à coup un homme nous rattrapa et marcha à côté du char. Il nous dit qu’il s’appelait Philippe et demanda à mon maître :  -Comprends-tu ce que tu lis ?

-« Comment pourrais-je comprendre ? Je n’ai personne pour me l’expliquer. Si toi tu le peux, viens t’assoir à côté de moi et fais-le !

Mon maître avait lu ce passage du prophète Esaïe : « On le mena comme on mène un mouton à l’abattoir Il est resté muet comme l’agneau se tait devant celui qui le tond. Humilié, justice ne lui a pas été rendue… »

Mon maître demanda à Philippe : « S’il te plait, dis-moi de qui le prophète parle, de lui-même ou d’un autre ? » Philippe lui a parlé de Jésus, de ce qu’il avait fait, de ce qu’il avait dit, comment il était mort et était ressuscité. Un peu plus loin nous sommes arrivés à un point d’eau. Mon maître a dit à Philippe :

-« Voici de l’eau, qu’est ce qui pourrait m’empêcher d’être baptisé ?

-Si tu crois de tout ton cœur tu peux être baptisé !

-Je crois que Jésus Christ est le Fils de Dieu ! »

Mon maître m’a ordonné d’arrêter le char, lui et Philippe sont descendus dans l’eau et Philippe a baptisé mon maître. Quand ils sont sortis de l’eau, Philippe a disparu. Mon maître est remonté dans le char et nous avons poursuivi notre route. Je n’avais encore jamais vu mon maître aussi heureux !

Crédit : Marthe Balla