image_pdfimage_print

De souffle et de poussière – Dieu crée l’être humain d’après Genèse 1, 1-2 et 2, 4-9 – Merci à la pasteure Sophie Letsch pour cette belle narration, toute en poésie et en souffle !

 

 

Quand Dieu a fait le ciel et la terre,

quand il a créé ce monde dans lequel nous vivons,

au tout début, il n’y avait rien.

 

Ou plutôt, on n’y voyait rien.

Il faisait complètement noir.

La terre était déserte, la terre était vide,

elle n’avait même pas de forme !

La terre était toho bohu,

Impossible d’y habiter,

Impossible d’y respirer :

C’était le chaos.

 

Il faisait nuit et l’eau couvrait la terre.

Une eau profonde, noire,

un océan menaçant,

où rien ne peut vivre.

 

A la surface de l’eau, il y a le souffle de Dieu.

Un souffle puissant,

comme un vent violent,

comme une tornade au dessus de l’océan.

 

Mais Dieu apaise son souffle, il le contient,

Dieu maîtrise son souffle, il l’articule.

Et le souffle de Dieu devient parole :

Dieu parle avec son souffle.

 

Dieu dit : « que la lumière soit » !

Et la lumière se met à briller,

et il ne fait plus noir.

Dieu dit : « que le haut soit séparé du bas ».

Il sépare l’océan,

et voici le ciel et la terre.

 

Mais quand Dieu fait le ciel et la terre,

Il n’y a rien sur la terre !

Il n’y a pas un arbre pour s’abriter du soleil.

Il n’y a d’herbe pour s’allonger.

Il n’y a pas une fleur pour s’émerveiller.

Il n’y a pas un fruit à manger.

 

Il n’y a rien sur la terre

Tout est sec, tout est poussière,

Parce que Dieu n’a pas encore fait tomber

la pluie sur la terre.

Il n’y a rien sur la terre

Tout est sec, tout est poussière,

Parce qu’il n’y a personne pour cultiver la terre.

Il n’y a que Lui, Dieu.

 

Mais regardez ! Une source sort de la terre.

Regardez, elle mouille la surface du sol,

tout doucement.

Et la terre devient humide,

on sent la même odeur qu’après la pluie.

 

Dieu regarde la terre, il la sent, il la touche.

Il faut quelqu’un pour cultiver tout cela!

 

Alors Dieu ramasse un peu de cette terre

qui n’est que poussière.

Il la met dans le creux de sa main.

Et il commence à la pétrir.

Dieu façonne la poussière.

Il fait d’abord une boule.

La pâte ne colle pas,

la pâte ne s’effrite pas.

Elle se laisse faire.

La poussière se laisse transformer.

 

Et Dieu sculpte,

Dieu forme,

Dieu façonne cette petite boule de poussière.

Il l’étire pour faire une colonne.

Ce sera la charpente qui va supporter tout le reste.

 

Dieu sépare le bas en deux :

Il fait des jambes et des pieds.

Dieu prolonge les épaules par des bras

et puis par des mains

et puis par des doigts.

 

Il fait un cou

et il ajoute la tête.

Sur la tête, Dieu forme la bouche et le nez.

Sur les côtés, il dégage les oreilles

Et enfin, il ouvre les yeux !

 

Dieu contemple ce qu’il a fait

avec ce petit tas de poussière.

C’est une créature qui nous ressemble.

 

Mais il manque encore quelque chose :

L’être humain a bien des jambes pour marcher,

mais il ne peut pas danser.

Il a bien des mains pour attraper,

mais il ne peut pas donner.

Il a bien une bouche pour manger,

mais il ne peut pas parler.

Il a des oreilles pour entendre le bruit,

mais il n’écoute pas le silence.

Il a des yeux pour voir,

mais quand on regarde dans ses yeux,

impossible de lire ce qu’il ressent.

 

Alors Dieu regarde tendrement sa créature.

Il s’approche délicatement de son nez

Et avec toute sa douceur,

Dieu souffle dans les narines de l’être humain,

Un souffle…

Étonnamment léger.

 

Pourtant, c’est le même souffle qui tournoyait au dessus du chaos !

C’est le même souffle qui a tout créé :

C’est l’haleine de Dieu !

 

Son souffle de vie se diffuse

dans le petit monceau de poussière,

 

Et c’est là,

que l’être humain

devient vivant,

vraiment.

Crédit Sophie Letsch – photo Pixabay