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Réponse de Pierre aux pêcheurs de Capernaüm. Après des propos très sévères, adressés par ses anciens compagnons de pêche, Pierre leur répond.

 

A Jérusalem, le 18ème jour du mois d’Eloul

Chers amis, pêcheur de Capernaüm,

Vous m’avez  fait des reproches dans votre lettre et vous avez été très sévère avec moi. Je ne vous en veux pas, au contraire, je vous remercie, car vous m’avez rendu un grand service, vous m’avez fait réfléchir. C’est pour ça que je vous appelle mes amis, pas seulement parce que nous avons travaillé ensemble comme pêcheurs.

On vous a dit que j’avais été lâche au moment du procès de mon maître. C’est vrai, je le reconnais, je me suis complètement effondré.

Je vais essayer de vous raconter comment les choses se sont passées.

Avec Jésus nous avions fêté la pâque et partagé le repas. Nous y étions tous les douze. Et à la fin du repas, Jésus m’a dit : « Simon, des temps difficiles vont arriver. Vous aurez à traverser des épreuves très dures. Mais j’ai prié pour toi, pour que ta foi reste solide et que tu continues à croire en moi. Et à ton tour, plus tard, tu seras à côté de tes frères et tu leur donneras force et courage ».

Moi, j’ai promis à mon maître de rester toujours avec lui, quoiqu’il arrive, même en prison, même s’il fallait mourir.

Jésus m’a simplement dit : « Avant le chant du coq, demain matin, tu auras dit trois fois que tu ne me connais pas ».

Plus tard, au jardin des oliviers, Jésus a été arrêté et les gardes l’ont  emmené dans la maison du grand-prêtre. Moi, j’ai suivi le cortège de loin.

Dans la cour on avait allumé un grand feu.Tout le monde s’est mis autour, moi aussi, je me suis assis.

Et c’est là qu’une servante, et puis d’autres personnes, m’ont reconnu. Et moi, trois fois de suite, j’ai renié mon maître. J’ai déclaré que je ne connaissais pas Jésus, avec qui je venais pourtant de passer trois années.

Quand j’avais fini de parler, un coq a chanté. Et Jésus s’est retourné et il m’a regardé. Ce regard, je ne l’oublierai jamais.

Je ne supportais plus de rester avec les autres autour du feu ; je suis parti et j’ai pleuré, je crois que je n’ai jamais pleuré comme ça. Quand j’y repense, je me dis que c’était certainement les moments les plus sombres de ma vie. J’étais au fond d’un trou noir, c’était fini, j’étais tout seul.

A Césarée, j’avais dit à Jésus qu’il était le Fils de Dieu et ici, devant une servante, j’ai prétendu que je ne le connaissais pas !

Pire, le matin de ce jour, j’avais déclaré à mon maître que je le suivrais partout. Et le soir !…

Et puis, tout à coup, j’ai entrevu la lumière : Jésus avait prié pour moi, il voulait que je sois fort. Il savait que je le laisserai tomber, et, malgré ça, il m’annonçait que j’aurais à m’occuper des autres. Jésus connaissait ma faiblesse et il m’aide pour que je retrouve des forces.

Sans arrêt, les mots de mon maître me sont revenus en mémoire, je les ai tournés et retournés dans ma tête ; c’était comme un nouveau départ pour moi : moi, j’avais lâché Jésus, mais lui ne m’avait jamais abandonné. Je crois que c’est au cours de cette nuit que je suis vraiment devenu disciple de Jésus-Christ.

Chaque fois que j’y repense, c’est comme une tempête dans mon cœur, j’ose à peine y croire : Jésus nous accepte avec nos faiblesses et nos fautes, tels que nous sommes. Nous serons encore lâches, nous nous mettrons en colère, bien d’autres choses vont avoir lieu ; mais Jésus sera toujours là et il nous tient par la main.

Comprendre cela, c’est un tournant dans notre vie, et je souhaite que tous les hommes, vous aussi, chers amis de Capernaüm, puissent découvrir cela.

Votre ami Simon-Pierre

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