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illustrations_Nicole_bateau reperePierre répond à ses parents. Il comprend leur inquiétude, et tente de les rassurer en leur expliquant les raisons de son comportement.Réponse de Pierre à ses parents

C’est après coup, avec du recul, en y réfléchissant, en se laissant interpeller, qu’il comprend, qu’il saisit la valeur et la signification des événements qu’il a vécus

illustrations_Nicole_510618_air_mailA Jérusalem,

5ème jour du mois d’Av

Chers parents,

 Partie 2 A

Je suis très content de recevoir vos lettres et je remercie le rabbin de vous aider, chers parents : il me connaît depuis que je suis tout petit et il me fait confiance, même si ce qui se passe en ce moment est difficile à comprendre. Pour mes compagnons et pour moi-même, vos questions sont très utiles : elles nous obligent à ré fléchir pour mieux saisir tout ce que Jésus nous a enseigné.

Vous voudriez que je revienne au village et je dois dire que j’en aurais bien envie. J’aimerais beaucoup vous revoir, chers parents, et toute la famille, et le rabbin et tous les amis. J’espère qu’un jour, ce sera possible.

Mais pour l’instant il faut que je reste ici, à Jérusalem et que j’essaye de faire ce que Jésus m’a ordonné. Il m’a confié une mission.

Vous vous souvenez certainement comment s’était déroulée notre première rencontre à Capernaüm : c’était au bord du lac ; tous les pêcheurs étaient occupés à laver et à réparer leurs filets. Tout à coup Jésus est arrivé. Je ne l’avais jamais vu, mais je l’ai reconnu, car il était entouré d’une grande foule qui l’écoutait. Dans tous les villages des alentours, ça s’était passé de la même façon : dès que Jésus arrivait, les gens se pressaient autour de lui pour l’entendre parler de Dieu.

Jésus est alors monté dans ma barque et m’a dit de quitter le rivage. Et de là, il a continué à enseigner. Un peu plus tard, il m’a dit : « Avance vers le milieu du lac, là où l’eau est profonde et avec tes compagnons, jette les filets pour attraper du poisson. « 

J’étais très surpris : jeter les filets en plein jour, ça ne se faisait pas ! D’ailleurs je l’ai dit à Jésus : « Toute la nuit,     maître, nous avons pêché et nous n’avons rien pris. » Et puis j’ai ajouté : « Si tu le dis, je veux bien encore y aller et jeter les filets ! « 

Pourquoi ai-je fait cela, pourquoi ai-je obéi à ce Jésus qui disait plein de choses intéressantes, mais qui ne comprenait rien à la pêche ? Je ne sais pas. Mais ce qui est sûr, c’est que nous avons pris tant de poisson, que les filets se sont déchirés et que les autres pêcheurs ont dû venir à notre secours.

Moi, je n’y comprenais rien. D’ailleurs, je n’ai pas essayé de comprendre, je suis tombé à genoux devant Jésus et je lui ai dit : « Seigneur, éloigne-toi de moi, je ne suis qu’un homme plein de péchés ». J’ai regardé les autres pêcheurs, Jean et Jacques : ils étaient comme moi, ils tremblaient de peur en voyant tous ces poissons attrapés en pleine journée ; c’était un miracle !

***

 Partie 2 B

Mais Jésus m’a dit  : « Rassure-toi, Simon, n’aie pas peur. A partir de maintenant, c’est des êtres humains que tu vas attraper. »

J’aurais dû interroger Jésus, lui demander des explications. Mais je n’ai rien dit.

Nous sommes revenus sur la rive et là nous avons tout abandonné le lac, les barques, le village et ses habitants et nous sommes partis avec Jésus. Tout ce que nous connaissions, notre métier, notre famille, nous l’avons laissé derrière nous. La seule chose qui comptait, c’était Jésus qui marchait devant nous.

J’y ai souvent pensé, à ce départ de Capernaüm, et je me suis demandé, comment j’avais pu tout quitter, surtout vous, mes parents. Mais, vous savez, en suivant Jésus, on rencontre tellement de gens : tous ceux qui l’écoutent et qui essayent de faire ce qu’il nous enseigne, c’est comme une grande famille. Avec Jésus on n’est plus jamais seul.

***

 Partie 3 A

Après cela, nous avons beaucoup voyagé : partout les gens ont écouté Jésus, qui parlait de Dieu et de son amour pour les hommes. Il a aidé tous ceux qui en avaient besoin : des malades, des gens tristes, des personnes qu’on mettait de côté. Il s’est passé tellement de choses extraordinaires tous les jours qu’on avait de la peine à tout retenir.

Et puis un jour, Jésus nous a réunis tous -nous étions douze- et nous a interrogés ; je m’en souviens très bien, c’était à Césarée. Il voulait savoir pour qui les gens le prenaient et ce qu’ils pensaient de lui. Nous avons répondu :

« Pour certains, tu es Jean-Baptiste, pour d’autres Élie, Jérémie ou un autre prophète. »

« Et vous, qui dites-vous que je suis ? »

Alors, moi je lui ai dit : « Tu es le Fils du Dieu vivant, celui qu’il a choisi pour sauver les hommes. »

Je n’aurais sans doute pas pu dire d’où je savais ça.

Mais Jésus m’a expliqué : « Aucun homme n’a pu t’apprendre cela : C’est Dieu, mon Père du ciel, qui te l’a révélé. »

Je n’ai pas eu le temps de répondre, car tout de suite Jésus a continué à parler : « Tu es Pierre, et sur cette pierre, je veux bâtir mon Église. Toi, Pierre, tu dirigeras cette Église : tu pourras pardonner, interdire, accueillir, expliquer. Et ceux qui feront partie de cette communauté, la mort ne leur fera plus peur. »

Rassembler des hommes, comme les poissons sont rassemblés dans un filet, diriger le groupe de tous ceux qui veulent obéir à Jésus : j’étais loin de Capernaüm et de mon travail de pêcheur.

***

Partie 3 B

Après cet événement à Césarée, Jésus nous a souvent pris à part, nous ses douze disciples, pour nous parler, sans qu’il y ait d’autres personnes avec nous. D’habitude, j’aimais beaucoup écouter Jésus : il y avait dans ses paroles tellement d’amour pour les hommes. Mais ce qu’il a dit à partir de ce moment-là, ça ne me plaisait qu’à moitié. A plusieurs reprises, il nous a expliqué qu’il devait aller à Jérusalem.

Monter à Jérusalem ! Pour un Juif, c’est une joie d’aller au temple, et de prier dans la maison de Dieu. Mais à chaque fois, Jésus a ajouté : « A Jérusalem, je vais connaître beaucoup de souffrances. Les scribes et les grands-prêtres vont se dresser contre moi. Ils veulent me supprimer, ils me feront condamner à mort. Mais le troisième jour, je reviendrai à la vie. »

J’avais de plus en plus de mal à supporter ces mots. Comment quelqu’un pouvait-il vouloir du mal à Jésus, au point de souhaiter sa mort, lui qui avait aidé tant de gens à vivre ?

Et finalement, à bout de patience, j’ai répliqué violemment à Jésus : « Cela n’arrivera pas. Je suis sûr que Dieu ne le permettra pas ! « 

La réponse de Jésus m’a surpris : « Va-t-en ! Mets-toi derrière moi, c’est là ta place. Ne te mets pas en travers de ma route. Tu parles comme un homme, tu ne connais pas les plans de Dieu. »

Au moment où Jésus, mon maître, m’a parlé ainsi en me confiant mon nouveau travail, je n’ai pas compris ce que j’aurais à faire. Avec Jésus tout semblait facile. Mais maintenant qu’il nous a quittés, j’ai compris une chose : ce qu’il m’a dit de faire, je ne peux pas y arriver tout seul ! Il faudra s’y mettre tous et alors, avec l’aide de son Esprit, nous pourrons annoncer la bonne nouvelle que Dieu nous aime.

Vous comprenez bien, chers parents, qu’il faut que je me consacre entièrement à cette tâche. Je ne pourrai donc pas venir à Capernaüm pour l’instant ; ma place est ici à Jérusalem. Mais je ne vous oublie pas,

Votre fils Simon-Pierre