De Babel à Pentecôte…ou la déclaration d’amour de Dieu

« De Babel à Pentecôte… ou la déclaration d’amour de Dieu » est une  belle narration de la plume de la pasteure Sophie Letsch (UEPAL). 

De Babel à Pentecôte. En ce temps-là, peu de temps après le commencement, les êtres humains parlaient tous la même langue. C’est Dieu qui l’a voulu ainsi : que les humains se comprennent. Dans sa grande bonté, il a voulu l’unité. En ce temps-là, toute l’humanité pouvait se parler. Ils utilisaient tous le même mot pour désigner le ciel ou la terre, un seul mot pour dire merci, pardon et s’il te plait. En ce temps-là, c’était facile de se comprendre !

La tour. Un jour, les êtres humains partent vers l’est. Ils trouvent une plaine au sud de la Mésopotamie. Et ils s’installent là, entre les deux fleuves. Il fait bon vivre ! Il y a de l’eau et du soleil. Les végétaux poussent. Le bétail broute. Les enfants jouent. Ils sont bien là. La vie est douce… Tranquille… entre nous… on se connait tous… on se ressemble tous… Que vont-ils faire pour passer le temps ? Entre eux ?

Qu’est-ce que la terre est souple dans ce pays ! Quand on y ajoute de l’eau, on peut facilement la façonner, on peut faire ce qu’on veut avec. Et quand on la cuit dans le feu, elle devient dure comme de la pierre.

  • Eh si on faisait des briques ?!
  • Mais quelle bonne idée !

Et les voilà qui se mettent au travail. Ils ont tous les mains dans la terre, ils façonnent de belles briques, toutes identiques. Elles ont toutes la même longueur, la même largeur. S’il y en a une qui sort du moule, elle est refaçonnée.

  • Mais qu’est-ce qu’on va faire avec toutes ces briques ?
  • Et si on construisait une ville ? Avec une grande tour aussi haute que le ciel !
  • Oui ce serait génial ! Comme ça on pourrait voir ce qui se passe là-haut. On pourrait voir tout autour aussi ! On serait au-dessus de tout ! On dominerait tout ! On serait les plus grands et les plus forts !
  • On deviendrait célèbres ! Tout le monde parlerait de nous et de notre tour !
  • On n’aurait plus besoin de personne ! On pourrait tous se mettre à l’intérieur et rester entre nous ! Pour toujours ! Bien au chaud ! Les autres ne viendraient pas nous déranger. On n’aurait pas besoin de se mélanger ! Chacun chez soi ! Et tout le monde est content !

Et les voilà qui se mettent au travail ! Tous ensembles pour ce grand projet ! Tous les jours sans relâche, ils suent mais ils chantent ! On est les champions, on est les champions, on est, on est, on est les champions ! Les briques leur servent de pierres, et le bitume de ciment. La ville commence à se dessiner, la tour commence à s’élever…

De l’uniformité. Alors Dieu descend du ciel pour voir les êtres humains et ce qu’ils sont en train de fabriquer. Et… il est très inquiet ! Les humains parlent tous la même langue, ils utilisent tous les mêmes mots. Ils ont tous le même rêve, les mêmes projets, la même façon de s’habiller, de manger, de s’amuser. Jusqu’où iront-ils ? Ils sont en train de se replier sur eux même ! Il faut les en empêcher ! Çà ce n’est pas l’unité, c’est l’uniformité ! Alors Dieu met le désordre dans leur langage, il mélange leurs mots. Et les humains n’arrivent plus à se comprendre. Ils se parlent encore, mais ils ne se comprennent plus. Les jeunes, les vieux, les riches, les pauvres, les malades, les bien portants, les jaunes, les rouges, les noirs, les blancs. Ils essayent de se parler mais ne se comprennent pas. Alors ils se séparent. Et les voilà dispersés sur toute la terre que Dieu a créée.

Le souffle. Les siècles ont passé. Ce jour-là, les rues de Jérusalem sont pleines de monde ! Il y a des gens de toutes les couleurs. Et dans le brouhaha de la foule, même en tendant l’oreille, on ne comprend pas le quart de ce qui est dit ! Les gens parlent toutes les langues du monde connu ! Certains sont venus de loin. Des juifs du monde entier sont venus en pèlerinage. Alors dans les rues de Jérusalem, c’est la fête. Les musiques, les couleurs et les saveurs du monde entier sont mélangées ! Ça fait un joyeux bazar et partout de la joie ! Partout ? Ah non… pas dans cette maison. A l’intérieur, le silence est pesant. Ce sont les disciples de Jésus qui sont réunis. Cela fait maintenant 10 jours qu’Il est parti ! Pour suivre Jésus sur les routes de Galilée, ils avaient tout lâché. Ils ont changé leur vie toute entière parce qu’ils ont cru en ce que Jésus disait, en ce qu’il faisait. Et puis il était mort sur une croix. Déjà là, ils croyaient que tout était terminé. Mais Dieu l’avait ressuscité ! Puis il est allé le rejoindre. Avant de monter vers son Père, Jésus leur avait fait une promesse : ils ne seraient pas seuls, ils ne seraient pas orphelins, car le Père enverra pour eux l’Esprit Saint. C’est pour cela qu’ils se sont enfermés dans cette maison. Tous au même endroit. Bien au chaud. Entre eux. Ils attendent.

De la diversité. Ce qu’il s’est passé ensuite vous le savez. Tout à coup, un bruit est venu du ciel. Est-ce que c’était le tonnerre ? Comme si un vent violent s’était mis à souffler. Et ce vent a rempli toute la maison où ils étaient assis. Ils ont vu des langues pareilles à des flammes de feu ; elles se sont séparées et elles se sont posées une à une sur chacun d’eux. C’était le Saint Esprit, celui que Jésus avait promis, ils en étaient tous remplis. Et ils sont sortis ! L’Esprit de Dieu les a poussés hors de cette maison où ils s’étaient repliés sur eux mêmes. Dehors il y avait cette foule venue du monde entier.  Et ils ont parlé. Les disciples ont raconté les merveilles de ce Dieu si bon. Ce Dieu qui a donné son Fils. Ce Dieu qui connait notre cœur, notre histoire, notre vie et qui nous aime ainsi ! Et tous ces gens qui étaient rassemblés, ces gens si différents, les jeunes, les vieux, les riches, les pauvres, les malades, les biens portants, les jaunes, les rouges, les noirs, les blancs, tout le monde a compris.  Non pas que les disciples parlent désormais les langues du monde entier. C’est juste qu’ils s’adressent au cœur de chacun pour dire : il n’y a plus besoin de s’élever vers le ciel pour atteindre Dieu. C’est lui qui est descendu nous rejoindre. Et son Esprit atteste qu’il est là, parmi nous. Par cet Esprit, tu peux parler ta propre langue, tu peux utiliser tes propres mots, tu n’as pas besoin de rentrer dans un moule. Par cet Esprit, tu peux être toi-même. C’est ainsi que Dieu t’aime.

Crédits : Sophie Letsch (UEPAL) – photo Pixabay