Choupette la chouette 5

P1020559Choupette la chouette présente ses amies à plumes aux enfants … et à travers l’histoire de ses amies, nous découvrons la présence du Seigneur.  Ces 7 séquences proposent un dossier qui peut être utilisé en École du Dimanche ou en club biblique. Dossier élaboré par Laurence Gangloff, Service de l’enseignement religieux et de la catéchèse de l’UÉPAL. Dans cette séquence, Choupette-la-chouette présente son amie, l’autruche du livre de JOB. Narration de Christian KEMPF.

Introduction biblique 

L’autruche est désignée en hébreu par divers vocables

  • « renanim » en Job 39,13,
  • « bat hayya’anah » (fille de l’endroit rocailleux),
    • en Lévitique 11,16 et en Deutéronome 14,15 dans une liste de noms d’oiseaux impurs.
    • en Ésaïe 13,21 ; 34,13 et 43,20 les autruches sont associées à une espèce de calamité, difficile à comprendre aujourd’hui. Les textes de Jérémie 50,39 et de Michée 1,8 sont dans le même registre, de même que Lamentations 4,3.
    • en Job 30,29 pour exprimer une comparaison poétique. Elle est présentée en Job 39,13 à 18. Cet extrait nous permet de construire cette séquence.

L’autruche est présentée dans les textes bibliques comme un animal négligent qui abandonne ses œufs à la chaleur du désert.

 Commentaire

Dans l’antiquité, l’autruche peuplait tous les déserts entourant la Palestine. Les dernières autruches furent aperçues en Palestine en 1928, dans le sud du Négeb. Grâce à ses fortes pattes, et malgré son poids (jusqu’à 100 kg), l’autruche atteint les 60 km/h. L’ornithologue explique le texte de Job ainsi : si l’oiseau du désert abandonne à terre ses œufs, c’est parce que l’oiseau ne peut couver que vingt-deux œufs maximum. Le tri est effectué par une femelle expérimentée et on est bien obligé de constater que tous les œufs gardés sont « bons » et que les œufs non fécondés sont écartés : est-ce le sixième sens de l’autruche ? Les œufs sont couvés le jour par la femelle et la nuit par le mâle, pour des raisons de couleur de plumes. L’autruchon est coureur dès qu’il sort de l’œuf.

Finalement, elle n’est pas si folle que cela, l’autruche. Ce qui nous permet d’affirmer en fil rouge, « Moi aussi, Dieu m’aime »

Déroulement de la séquence

  • Accueil des enfants
  • Narration biblique

Raconter l’histoire inventée par Christian Kempf (ci-dessous)

  • Bricolage : décorer un œuf d’autruche

Où trouver un œuf d’autruche ?

http://sundgau.autruche.free.fr/index.php?page=produits  (10€)

http://reichshoffen.pro.free.fr/autruches.htm (Gundershoffen)

http://www.autrucheland.com/ (74150 Hauteville sur Fier)

http://www.art-et-artisanat-du-monde.com

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Préparer des feutres indélébiles de différentes couleurs. Chaque enfant, puis chaque adulte écrit de sa main la phrase du fil rouge sur l’œuf d’autruche.

Autre possibilité : écrire au stylo le message sur une serviette en papier, séparer les couches de papier et coller  le message  sur l’œuf avec de la colle blanche ou de la colle-vernis. L’œuf sera exposé à la vue de tous les membres de la communauté.

 

 

 

  • Chant: « Si du nid tombe un oisillon » Carillons 242

 

  • Prière

Merci Seigneur pour ces animaux

Qui nous apprennent combien tu nous aimes.

Aide-nous à te rester fidèle.

Amen.

***

Narration bibliques :  Abby l’autruche

 Le vent de sable qui était venu du désert s’est calmé d’un coup. Un profond silence a suivi. Sous le soleil revenu, le paysage n’avait plus qu’une seule couleur, comme s’il avait été remplacé par un coin de désert : du sable, rien que du sable, avec des creux et des bosses.

Une des monticules s’agita, on vit apparaître comme une bosse de chameau, puis deux bras soulevèrent la fourrure et la tête de Job apparut, pâle, ridée, les yeux sombres, une maigre barbe au menton, pas le moindre cheveu sur la tête.

Job regarda lentement à gauche, puis à droite, puis il murmura : « C’est le bouquet. Tout à l’heure, la ruine et la désolation, et maintenant plus rien du tout. Que du sable. » Et à haute voix : « Seigneur, ça ne te suffisait pas ? »

Juste devant lui, un monticule plus petit se secoua, une tête d’autruche se dressa sur un long cou, et une voix nasillarde en sortit : « Tu parles à qui ? »

– « Toi l’autruche, je ne te cause pas. Et d’ailleurs, d’où tu sors ? »

L’autruche finit de se débarrasser du sable qui l’avait recouverte. Elle se dressa sur ses deux pattes, inspecta l’horizon et répondit :

– « Je n’en sais rien. Le vent de sable m’a surprise alors que je venais de pondre un œuf derrière la dune, j’ai été soulevée en l’air, moi qui n’ai jamais volé de ma vie. Je crois que j’ai roulé sur le sol pendant un moment et quand j’ai voulu me servir de mes pattes, j’ai été emportée à nouveau. Et me voilà. Tu t’appelles comment ? »

– « Job ». C’était plus un soupir qu’un nom.

– « Job ? Tiens, c’est curieux. Le propriétaire de l’oasis près de laquelle vivaient mes parents, et moi après eux, ben il s’appelle aussi Job. Un grossier personnage, soit dit en passant, mais tu ne le répèteras à personne, s’il te plaît. D’accord, le puits lui appartient et les palmiers autour, et les troupeaux de bœufs et d’ânes et les caravanes de chameaux qui s’arrêtent là tous les deux ou trois jours. Mais tu crois qu’il nous autoriserait à venir boire dans les baquets que ses bergers remplissent pour leurs bêtes ? Rien. Nix. Nada. Les bergers nous chassent dès qu’ils nous voient, sur ordre de Job, parce que nous ne lui obéissons pas. Quel mufle ! Tu le connais, ce Job-là ? »

Job est resté silencieux un moment, les yeux fermés. Puis il a regardé l’autruche et a dit !

– « Oui, je le connais. Ce Job, c’est moi. Ou plus exactement, c’était moi. » Et en quelques mots Job raconta à l’autruche ce qui venait de lui arriver : sa belle vie, ses troupeaux, ses caravanes, ses serviteurs, ses enfants ; puis, comme un coup de tonnerre sous un soleil radieux, les catastrophes qui surviennent les unes après les autres, sans raison, lui enlevant tous ses biens et ses enfants. Finalement, la lèpre qui se met à lui ronger la peau en commençant par les mains et les pieds. « J’ai cru que j’étais devenu un déchet à jeter dehors, alors je me suis assis sur ce tas de cendres et de vaisselle cassée. Même ma femme est venue me cracher dessus et elle m’a reproché de rester fidèle au Seigneur. »

– « Faut-il que le Seigneur Dieu te haïsse pour t’infliger tout ça », dit l’autruche après un temps de silence.

– « Pas du tout ! » protesta Job. « Tu parles comme ces trois imbéciles qui sont venus me voir à tour de rôle pour m’expliquer je ne sais quelle théorie sur mes péchés et sur la punition que j’aurais, paraît-il, méritée. J’ai demandé à Dieu de me dire quelle faute j’avais bien pu commettre, j’ai exigé de lui qu’il organise un procès équitable où j’aurais une chance de me défendre. J’ai prié, crié, supplié, appelé. Rien. Nix. Nada. Ce n’est pas qu’il me déteste, mais là, je dois bien admettre qu’il se tait. »

– « Je connais ça », dit l’autruche en baissant sa tête jusqu’au ras du sol. « Quand je sens qu’il va me parler, je me cache la tête dans le sable, tellement j’ai peur des reproches qu’il va me faire. »

– « Comme par exemple de pondre tes œufs dans le sable puis de les abandonner pour que n’importe qui les écrase en marchant dessus ? »

– « Ah ! non ! tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi ?! C’est complètement faux, cette histoire-là. Le problème est que je ponds des œufs tout le temps et que je ne peux pas les couver tous. Alors je sélectionne. Je ne rassemble que les œufs qui contiennent vraiment une future petite autruche, et ceux-là je les couve, avec l’aide de monsieur autruche. C’est les autres que j’abandonne, de toutes manières ils ne donneraient jamais rien même si je les couvais pendant cent ans. Voilà la vraie histoire. »

– « Excuse-moi, je ne savais pas tout ça. »

– « OK, ça marche. J’y suis habituée. Même Dieu me déteste, alors tu sais, rien ne m’étonne. »

– « Ah. Euh… Tu ne m’as pas dit comment tu t’appelles ? »

– « Moi ? Bof, quelle importance ? »

– « Allez, dis-moi ! Ne fais pas l’… euh… la trouillarde ! »

– « Abby. Je m’appelle Abby. Je suis la fille de Sinny, qui a couru d’Éthiopie jusqu’en Arabie sans s’arrêter, paraît-il. C’était il y a longtemps. »

– « D’accord, Abby l’autruche. Mais pourquoi dis-tu que Dieu te déteste ? »

-« Tu as vu ces petites ailes ?! Même un moineau ne pourrait pas s’envoler avec ça. Alors moi, avec mes cent kilos ! Pourquoi est-ce qu’il m’a donné des ailes aussi ridicules, s’il ne me déteste pas ? » Et l’autruche, courbant son long cou, essuya sur ses petites ailes ses yeux pleins de larmes.

– « Tu as des petites ailes, d’accord, mais tu as des longues pattes, par contre. »

– « Ouaip ! », dit Abby l’autruche en dressant son cou. « Je ne cours pas aussi vite que le vent, mais il n’y a pas un animal pour me rattraper ! Oh ! à propos de pattes et de courir : il faut que je rentre, c’est bientôt mon tour de m’asseoir sur notre dernière couvée. Salut, Job, et peut-être à une autre fois ! Ne perds pas courage ! »

Et avant que Job ait eu le temps d’ajouter quoi que ce soit, Abby l’autruche avait disparu derrière la première dune. C’est vrai qu’elle courait vite.

Un an plus tard, Job était en tournée de visite de ses nouveaux troupeaux. Monté sur son chameau, il parcourait le désert pour contrôler le travail des bergers qu’il venait d’embaucher.

Il faut dire que tout avait changé pour lui. Un jour, juste après la visite de l’autruche, les amis de Job l’avaient vu revenir en ville, totalement guéri de sa lèpre, les prêtres l’avaient examiné et l’avaient jugé pur de toute infection. Ses frères et ses sœurs et toutes ses connaissances d’autrefois vinrent alors lui rendre visite, et chacun lui offrit une pièce d’argent et un anneau en or. Avec ça et avec l’aide de sa femme, en peu de temps il avait remonté ses affaires, reconstitué des troupeaux et reconstruit sa maison. Tout comme on ne s’était pas expliqué l’avalanche de malheurs qui l’avaient frappé, on ne s’expliquait pas son retour du bon côté de la vie.

Arrivé dans une certaine oasis du fond du désert, Job s’installa dans sa tente et goûta au repos après son voyage. Voilà qu’il fut dérangé par des cris et des bruits de bâtons qu’on tapait les uns sur les autres. Il sortit de sa tente. Ses bergers étaient en train de s’énerver contre des autruches qui s’étaient approchées de l’abreuvoir à côté du puits. Job leur ordonna de laisser les autruches boire tranquillement. « À partir de maintenant », leur dit-il, « vous laisserez les autruches venir tant qu’elles veulent. Et si vous avez peur pour les bœufs et les ânes, vous n’avez qu’à construire un nouvel abreuvoir pour les autruches et vous y mettrez de l’eau chaque fois que vous vous servirez du puits. »

Job s’allongea dans un hamac qu’on avait installé entre deux palmiers et continua sa sieste.

Pas longtemps.

– « Hem… hem… Job ! »

Job ouvrit un œil : « Quoi encore ! J’avais demandé qu’on ne me dérange pas ! »

– « C’est moi, Abby ! »

– « Abby ? Abby l’autruche ? »

– « Oui. Je voulais te dire merci. Pour l’eau. »

-« De rien, de rien, Abby, c’est normal. Dis-donc, qu’est-ce que tu deviens ? »

– « C’est plutôt à moi de te poser la question ! On dirait que ça va mieux depuis qu’on s’est vu la dernière fois, après la tempête de sable, non ? »

– « Ne m’en parle pas ! C’est tout simplement extraordinaire. Viens sous la tente, Abby, on boira une tasse de thé et je te raconterai tout. »

Et Job raconta à Abby comment, le soir-même de leur rencontre, un nouvel ouragan s’était levé au-dessus du désert, mais sans frapper le sol. Et une voix était sortie de l’ouragan. Et Dieu avait parlé à Job. Pour lui faire une sacrée leçon. Job s’était senti tout petit, et en même temps super content parce que, enfin, Dieu lui parlait. Et Job avait promis de ne plus se fâcher contre Dieu. Alors l’ouragan s’était dissipé. Le lendemain matin, en se réveillant, Job avait constaté que la lèpre avait disparu, il est immédiatement parti se montrer aux prêtres en ville. Et depuis, tout allait de mieux en mieux.

– « Tu aurais dû voir ça, Abby ! Dieu qui me parle dans l’ouragan ! »

– « Mais Job, je l’ai vu, tout ça ! J’étais en train de revenir chez toi, parce que j’avais oublié de te dire quelque chose, quand j’ai vu l’ouragan et que j’ai entendu la voix de Dieu te parler. Je suis restée derrière la dune, et quand l’ouragan a commencé à se dissiper, j’ai appelé Dieu à mon tour, il s’est tourné vers moi et il m’a écoutée. Oh ! ce n’était plus qu’un bout d’ouragan, mais toute la grandeur de Dieu était dans ce petit nuage. Alors je lui ai dit que j’avais été très contente de l’entendre parler de tous les animaux qu’il t’a donnés en exemple. Mais que j’étais aussi très vexée de ce qu’il t’avait dit de moi. Comme quoi j’agite mes ailes pour rien. Que j’abandonne mes œufs par terre et que je les laisse chauffer par le soleil, au risque de les voir écrasés par une bête sauvage. Et que ça, c’est parce je n’ai ni sagesse ni intelligence, la seule chose que je sache faire c’est de courir plus vite que les chevaux. Et j’ai dit à Dieu que pour courir, c’est vrai que je sais courir. Mais le coup des ailes, je n’y suis pour rien, c’est lui-même qui m’a taillée ce vêtement-là. Et l’histoire de la cervelle de moineau, ce n’est vraiment pas sympa, et en plus c’est faux. Parce que pour savoir choisir parmi des dizaines et des dizaines d’œufs ceux qui contiennent une future petite autruche et ceux qui n’en contiennent pas, il faut avoir de la caboche, une intelligence au moins aussi développée que celle des bergers qui ne veulent pas nous laisser boire dans leurs abreuvoirs. Alors Dieu m’a dit : ‘Tu as raison, Abby, c’est injuste, ce qu’on colporte à ton sujet. J’ai autant d’amour pour toi que pour tout ce qui est vivant sur la terre, dans l’eau et dans les airs. Et pour te le prouver, je vais rétablir ton ami Job du bon côté de la vie.’ Voilà ce qu’il m’a dit, Dieu. Et je vois qu’il a tenu parole. »

– « Eh ! bien ! dis-donc ! Tu as amené Dieu à changer d’avis ! Je te dois une fière chandelle, Abby ! Mais au fait, qu’est-ce que tu avais oublié de me dire, quand tu es revenue et que tu as entendu Dieu me parler ? »

-« Bof, j’ai complètement oublié ce que je voulais te dire ce jour-là. Mais aujourd’hui j’ai quelque chose à t’avouer : moi aussi, Dieu m’aime ! » Avec un grand sourire.

Christian Kempf.