Zacharie 9 – un chœur parlé

Zacharie 9, 9-10 : «Trésaille d’allégresse, fille de SIon ! Pousse des acclamations, fille de Jérusalem ! Voici que ton roi s’avance vers toi ; il est juste et victorieux, humble, monté sur un âne – sur un ânon tout jeune-. Il supprimera d’Ephraïm le char de guerre et de Jérusalem le char de combat. Il brisera l’arc de guerre et il proclamera la paix pour les nations. Sa domination s’étendra d’une mer à l’autre, et du Fleuve jusqu’aux extrémités du pays !»

Un chœur parlé pour trois « bêtes » Trois personnages assez contrastés sont nécessaires : Âne -plutôt un homme adulte dans la force de l’âge- ; Strâne -une femme ou jeune fille- ; Grâne – Un ado, ou le plus jeune- Ils pourraient avoir des bonnets d’âne…

  • Âne  : Sur le ton de la présentation Je suis Âne !
  • Strâne  : Moi c’est Strâne
  • Grâne : Ici Grâne !
  • Âne : Comme la comptine Âne !
  • Strâne : Strâne !
  • Grâne : Grâne !
  • Âne : Cataclop, cataclop et macadam…Je suis le chéri de mes fans ! (Se prépare à faire une déclaration solennelle)  Oyez ! Oyez ! Eclate de joie (nom du lieu) !
  • Strâne : Tu n’as pas fini de faire l’âne, pour avoir du son ! Tu connais le droit d’ânesse ? C’est à moi, d’annoncer la grande nouvelle : « Habitants, Habitantes, acclamez-le ! »
  • Grâne : SVP… Je ne voudrai pas sauter du coq (montre âne)- ou de la poule -(montre Strâne) – à l’ânon. Mais il me semble que nous ayons là un conflit de générations…
  • Âne : Comment cela ? C’est bien de moi que la Bible parle en Genèse 49, 14 : « Il est un âne robuste et de bonne consistance, établi fermement au milieu de ses enclos… » Non, mais ! Regardez-moi, j’ai la carrure pour Le porter…
  • Strâne : Ouai… Le coffre peut-être, mais pas grand-chose sous le bonnet ! En revanche, vous oubliez, les gars, les mésaventures du grand mage Balaam : « L’homme qui voyait les Dieux ! » en Nombres 22. En attendant, il ne voyait même pas plus loin que le bout de son nez, aveugle qu’il était. Et sans moi, l’ânesse prévoyante, il aurait été tué par le messager de Dieu et moi transformée en salami…
  • Grâne : Comme c’est joliment emballé ton histoire ! Avoue plutôt que tu avais la trouille ! C’est bien connu : « La peur fait courir l’ânesse plus vite que le cheval » Ha ! Ha ! Ha ! Vous êtes tous les deux des boomer ! Enfin, réveillez-vous ! C’est moi que Genèse 49, 11 décrit ! Le fameux roi de Juda auquel tous les peuples seront soumis et qui attachera son fidèle âne à sa vigne ! Le droit de le transporter me revient en priorité ! C’est moi l’ânon, le chaînon manquant !
  • Âne : Lorsque tu auras fini d’ânonner des âneries, nous pourrons peut-être commencer ! (Montre l’assemblée)  Ils nous regardent ! Ayons l’air moins bêtes ! (Ies 3 se concertent ) Je propose que chacun prenne une réplique à tour de rôle… Comme je suis le plus fort ! Je commence… (Pointe  sont doigt vers la porte) « Voici (nom du lieu) ! Ton roi vient pour toi ! »
  • Strâne : Attends, arrête ton char là ! Tu es sûr que c’est bien : « Ton roi vient pour toi ? »
  • Grâne : Et nous alors ?
  • Âne : Ne faites pas les ânes ! Vous ne comprenez donc pas que c’est une sacrée révolution ? Ce roi qui vient n’est plus un roi communautaire, mais bien le roi qui vient pour chacun, comme s’il entrait dans leur salon, ce Dimanche, car chacun et chacune est unique !
  • Strâne : Admettons ! Je ne suis pas aussi bornée que des bourrins tels que vous ! C’est mon tour pour la suite (se remet dans l’annonce) : « Il est juste et… victorieux ? ». Ça ne va pas ensemble tout cela ?
  • Grâne : Ben si ! Juste, dans le sens qu’il va rétablir l’équilibre et combattre les injustices… Et Dieu sait, qu’elles sont nombreuses de nos jours… Rien à voir avec un juge qui condamne ou acquitte !
  • Âne : En plus, les humains ne savent plus lire l’hébreu, c’est devenu du chinois pour eux ! J’ai bien dressé mes oreilles sur ce coup. Il ne s’agit pas d’un roi victorieux, mais d’un sauvé-sauveur ! Et ça change tout ! Il n’est pas tout-puissant, puisqu’il a déjà été sauvé par plus puissant et, du coup, il peut revendiquer le titre de sauveur !
  • Strâne : Ainsi, le salut qu’il nous apporte est notre victoire ?
  • Grâne : Bon ! Ça va là tous les deux ! Vous allez finir par me faire tourner en bourrique ! J’enchaîne sans transition : « humble et chevauchant un… »
  • Âne : Oui ? Un ?
  • Strâne : Comment cela un ?
  • Grâne : Oh ! Doucement là ! « La patience est vertu d’âne ! » Il y a quelque chose qui ne colle pas dans le texte ! Victorieux et humble ? Ce n’est pas contradictoire ?
  • Âne : Oui ! Car humble ici ne signifie pas s’aplatir comme une carpette sur laquelle tout le monde vient s’essuyer les pieds ! Il s’agit de celui qui se sait humble intérieurement et doux de cœur et qui se reconnait comme tel devant Dieu !
  • Strâne : Ce roi serait une sorte de moins que rien devant Dieu, juste, sauvé et sauveur et chevauchant sur le dos… Poursuis Junior !
  • Âne : Ça lui reste en travers de la gorge… Je prends le relais : « Humble et chevauchant – je n’arrête pas de le dire – un âne…
  • Grâne : Rectification : Un ânon…
  • Strâne : Le petit d’une ânesse !
  • Âne : C’est reparti, le tournez-manèges ! Si le texte insiste tellement sur le fait qu’un âne peut…
  • Strâne : En cacher deux autres, c’est…
  • Grâne : Que l’âne est l’animal de prédilection du roi et du messie. Il est un signe extérieur de richesse et de prestige. Le cheval à côté, c’est largement exagéré !
  • Strâne : Tout comme lorsque Saül rechercha les ânesses perdues de son Père et qu’il trouva la royauté…
  • Âne : Jésus nous a choisi tous les trois comme un acte symbolique fort et qu’il veut montrer à la face de tout Jérusalem ; Il est le roi-messie que nous pouvons tous acclamer…
  • Grâne : Dans le cas présent, cela ne sert à rien d’avoir des chars avec beaucoup de chevaux sous le capot !
  • Strâne : Pour entrer dans le cœur des gens, cela ne sert à rien de mettre un tigre dans son moteur ; il vaut mieux un âne qui conduit…
  • Âne : Sur lequel ce roi qui vient pour toi, brisera l’alliance des Seigneurs de guerre ; des tyrans du Twitte et des jusque boutistes ! Il supprimera leurs machines de guerres et de chantage ! Ils seront démissionnés !
  • Strâne : Et enfin, il parlera de paix, à toutes les nations ! Elles pourront pointer leurs oreilles vers son appel !
  • Grâne : Ce roi qui vient avec lenteur, mais sûrement, sans fanfare ni trompette, est l’un de ceux qui préfère un âne qui le supporte plutôt qu’un cheval fou qui le désarçonne !
  • Âne : Il est celui qu’Israël fêtait comme un prophète et certains, comme un roi
  • Strâne : Mais le roi qui est devenu serviteur !
  • Grâne : Et surtout un roi qui n’est pas difficile ; il sait déjà que les humains le fêteront mal parce que souvent, ils ne savent pas ce qu’ils font. Passant de la ferveur populaire d’un jour aux insultes sur la croix !
  • Âne : N’en déplaise à nos prestigieux cousins, la conquête du monde par ce roi ne se fera pas sur la selle d’un cheval…
  • Strâne : Mais à dos d’âne ! Il vient pour toi ! Ne retiens pas ta joie ! Soit happy !
  • Grâne : Comme il est trop cool, il le sait bien : « Il ne forcera pas à boire un âne qui n’a pas soif » ! Personne n’est sûr de bien fêter Jésus, mais il espère au moins, qu’aujourd’hui, tu sauras redresser la tête !
  • Âne : Elever ton regard !
  • Strâne : Reprendre confiance et espérance en celui qui vient, pour toi, monté sur les dos de nous tous…
  • Âne : Âne !
  • Strâne : Strâne !
  • Grâne : Grâne !
  • Âne : Sur le ton de la présentation Je suis Âne, le robuste et le rassurant !
  • Strâne : Moi c’est Strâne, la maternante, la protectrice et l’intrépide !
  • Grâne : Ici Grâne, l’impertinent, le contestataire et l’âme d’enfant !
  • Tous les trois : Joue les trois bons numéros et décroches le tiercé gagnant !

Crédit : Frédéric Gangloff (UEPAL) – Point KT

 




Le périple des trois mages

INTRODUCTION

Le spectacle de Noël a été préparé pendant plusieurs séances avec les jeunes du KT des paroisses EPUdF de Beaucaire-Tarascon et du Pays d’Arles, de septembre à décembre 2019. Les jeunes ont choisi d’abord le thème : les rois mages et la manière dont Dieu guide leur vie et notre vie. Puis ils ont étudié plusieurs textes bibliques qui parlent d’interventions de Dieu (Moïse et le buisson ardent, Samuel au temple, les mages d’Orient, le départ de Jésus en Égypte et son retour, etc.) pour nourrir le contenu. Ils ont remarqué que Dieu s’annonce souvent par la présence de la lumière ou qu’on le reconnaît à travers une présence lumineuse (étoile, buisson ardent…). Ils ont choisi leur propre personnage. Avec toutes ces indications j’ai pu écrire et leur proposer le spectacle repris ici, prévu pour 6 jeunes : un narrateur/une narratrice, 3 mages, un intrus « pompier » et un fennec / ange.

PROLOGUE – le narrateur / la narratrice

Seule sur scène. Une table est posée sur la scène avec la crèche (voir photo) dessus. Une nappe jusqu’au sol doit cacher les jeunes cachés derrière.

Il fait nuit, bien loin d’ici, à l’Orient. Le village dort. La nuit est paisible, sauf pour une personne. Il s’est réveillé et ne trouve plus le sommeil.

SCÈNE 1 : Dialogue Balthazar et Gaspard – Balthazar et Gaspard

D’un côté de la scène, dans l’espace « maison », Gaspard habillé comme un touriste/voyageur, Balthazar en peignoir.

G : Hé, Balthazar, qu’est-ce qui t’arrive si tôt le matin ? T’es tombé du lit ?

B : Je pars !

G : N’oublie pas de passer voir le médecin. Je ne sais pas ce que tu as, mais ça ne semble pas tourner rond dans ta tête.

B : Rond ? Non, c’était plutôt en forme d’étoile.

G : Étoile ? Qu’est-ce que tu racontes ?

B : Je veux dire que cette nuit j’ai vu la lumière qui brillait comme une étoile.

G : Et ?

B : Et ça m’a étonné. Ça venait de mon téléphone. Tu sais, la petite lumière qui clignote. Ça voulait dire que j’avais un message. C’est rare la nuit. J’ai regardé tout de suite.

G : C’était quoi ce message ? Dis, tu as une copine ?

B : C’est pas ça. Le message, c’est qu’un nouveau roi juif vient de naître. Moi je veux aller le voir.

SCÈNE 2 : Dialogue des trois mages – Balthazar, Gaspard et Milka (version féminine inventée pour Melchior)

Idem

M :  Ça y est, j’ai fait du café. Qui en veut ?

B : Non merci. J’ai pris le thermos pour la route. Bon app à vous !

: Tu vas où ?

B : Chez le roi.

M : Genre, Rue du Palais, numéro 1, 10 000 CAPITALE ?

B : Ben non, vous manquez de toute spiritualité ! Le roi des Juifs est annoncé par les prophètes depuis longtemps. Aujourd’hui c’est le jour tant attendu. C’est Dieu lui-même qui s’est mis à notre hauteur humaine.

J’ai reçu un premier message pour annoncer sa naissance. Il y en aura bien d’autres. Et tant qu’il n’y en a pas, je sais que le chemin c’est tout droit. Adieu !

SCÈNE 3 : Mémoires du voyage – le narrateur/la narratrice

Le narrateur/la narratrice sur scène, pendant que Balthazar fait des allers-retours.

Balthazar est parti, laissant ces deux colocataires dans la plus grande consternation.

Il fait une journée de marche, puis une deuxième, puis une troisième et ainsi de suite.

Ces journées se ressemblent beaucoup : marche-repas, marche-repos, marche-repas, marche-repos…Sans oublier ses regards plein d’espérance sur son portable. Quand viendra le nouveau message ?

Quelques jours plus tard, Balthazar marche encore, toujours avec le même élan, sauf que ses provisions commencent à manquer et que la batterie de son portable est à plat…et qu’il n’a toujours pas reçu de message. Il ne lui reste plus que ses oreilles pour guetter Dieu qui lui parlera pour indiquer le chemin.

SCÈNE 4 : Balthazar rencontre l’intrus près du buisson ardent – Intrus

L’intrus (en costume de pompier, extincteur sous le bras) vient en courant du fond du temple, où un « buisson ardent » était placé avant le début du spectacle.

I : Monsieur, monsieur ! <Elle/il arrive en courant, extincteur sous le bras. Balthazar s’arrête>

I : Monsieur, aidez-moi, s’il vous plaît. Il y a un feu. C’est extra-ordinaire, même avec l’eau et l’extincteur je n’arrive pas à l’éteindre (cf. Ex 3).

B : Désolée Madame/Monsieur, il faut que j’aille tout droit. J’ai un rendez-vous divin. Il n’y a que Dieu qui peut me faire changer de chemin !

SCÈNE 5 : Dieu appelle Balthazar – voix off (fennec/ange), l’intrus et Balthazar

Balthazar continue à faire des allers-retours sur la scène. Le fennec/ange est positionné derrière la table.

Voix off : Balthazar ! Balthazar ! (cf. 1 S 3).

B <En se tournant vers l’intrus> : Je suis là. Vous m’avez appelé ?

I : Non, non, pas du tout.

Voix off : Balthazar ! Balthazar !

B <En se tournant vers l’intrus> : Je suis là. Vous m’avez appelé ?

I : Non, monsieur, vous entendez des voix !

Voix off : Balthazar ! Balthazar !

B : Madame/Monsieur, arrêtez de m’appeler !

I : Monsieur, je ne vous appelle pas. La prochaine fois qu’on vous appelle vous direz « Parle, mon Dieu, ton serviteur écoute » (cf. 1 S 3).

SCÈNE 6 : suite du voyage – le narrateur/la narratrice

Le narrateur/la narratrice sur scène, Balthazar continue son chemin. L’intrus se place derrière la table.

Balthazar continue son chemin. Un jour un grand nuage est venu se poser au-dessus de sa tête, cachant le soleil brûlant. Un bonheur. Le lendemain la colonne de nuée a changé de direction (cf. Ex 13), mais lui, Balthazar, il a continué tout droit.

Un jour encore, il a entendu un souffle léger et dans le souffle une voix qui lui disait : « Pourquoi es-tu ici, Balthazar ? ». Il a dit : « C’est toi, Seigneur, Dieu de l’univers ? J’ai tant de zèle pour toi que ça fait des jours et des jours que je marche. Parle-moi. Est-ce encore loin ? Et le Seigneur lui dit : « Va, retourne par le même chemin à travers le désert, et rends-toi à Bethléhem » (cf. 1 R 19). Balthazar s’est dit que retourner en arrière, cela ne peut pas être la voix de Dieu. Il continue donc son chemin tout droit.

SCÈNE 7 : Balthazar et le fennec – Balthazar, le fennec/ange

Le fennec coupe la route à Balthazar.

B : Au secours, un fennec !

F : Vous vous trompez de route !

B : Au secours, un fennec qui parle !

F : Balthazar, arrêtez-vous. Bethléhem n’est pas par ici.

B : Au secours, un fennec qui parle et qui connaît mon nom !!!

F : C’est Dieu qui m’envoie, pour vous indiquer la route.

B : Laissez-moi passer ! <Balthazar pousse le fennec pour passer, toujours tout droit et s’arrête du côté de la scène le temps de la réponse du fennec>.

F < le fennec se place au milieu de la scène> : Que faire pour que cet humain comprenne où Dieu veut le mener ? Tant de signes sur son chemin et aucun effet ! <Le fennec réfléchit, puis :> Ah ! J’ai une idée. Ça doit marcher. Je vais me mettre des ailes d’ange. Il comprendra que je lui parle de la part de Dieu et pour son bien…

SCÈNE 8 : Balthazar et l’ange

Le fennec met les ailes d’ange, puis Balthazar se retourne et continue « son chemin ».

B : Ah ! Enfin. Dieu m’a envoyé un messager.

F : N’ayez pas peur, c’est le fenn…uhm…c’est moi, l’envoyé de Dieu.

B : Je cherche le roi des Juifs, nouveaux-né, à Bethléhem. Pourriez-vous m’indiquer le chemin ?

F : Attendez, j’ai un message spécial pour vous ! <Sort un papier de sa poche et lit>. Voici le message.

Balthazar, j’ai vu ton zèle d’aller à Bethléhem voir le roi des Juifs, Fils de Dieu, Jésus qui deviendra le Christ. Sur ton chemin dans le désert je t’ai donné plusieurs signes, pour que tu trouves ton chemin.

J’étais là, dans le feu qui ne voulait pas s’éteindre. C’était un signe de ma lumière éternelle. Tu n’as pas vu l’extra-ordinaire de ce feu, par lequel je voulais attirer ton attention. Tu as ignoré la voix de mon serviteur qui t’a parlé.

Je t’ai appelé par ton nom, à trois reprises, en disant « Balthazar, Balthazar ». Tu n’as pas reconnue ma voix, ni écouté mon serviteur qui t’a donné un indice. Elle connaît et reconnaît bien ma voix, c’est pourquoi elle peut être prophète.

Tu ne m’as pas reconnu dans la colonne de nuée que je t’ai envoyé. Je voulais te protéger du soleil brûlant et te guider. Ma colonne de nuée a pris le chemin pour Bethléhem…et tu n’a pas suivi.

Quand je me suis rendue présente dans le souffle léger, tu m’as parlé, tu m’as posé tes questions. Tu ne m’as guère laissé la place pour que je te parle…

Mais moi, Dieu, je ne laisse pas tomber les gens qui font leur mauvaise tête. Je marche devant eux, comme je marche devant toi, quelque soit le chemin que tu choisis. Je t’ai alors envoyé un fennec, le plus petit de sa famille, pour te faire changer de direction. J’ai choisi le petit et le faible, pour te conduire, toi, le grand maître de l’Orient ! Tu sais, c’est souvent ainsi que je travaille…penses-y quand tu seras arrivé chez le roi. Ça t’aidera à le reconnaître, car « Voici le signe qui te le fera reconnaître : tu trouveras un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire » (Lc 2,12).

B <pensif> : Il ne me reste donc plus qu’à faire demi-tour.

F : Si vous voulez, oui. Faire demi-tour, c’est le terme exact que la Bible utilise pour parler de « conversion », métanoia.

B : Et je peux vous suivre ? Vous semblez en savoir beaucoup plus.

F : Attendez, que j’enlève mes ailes. C’est plus facile pour marcher…

B : Ah, non, c’est vous !?!

F : Oui, enchantez de faire route avec vous.

SCÈNE 9 : La finale à Bethléhem – tous

Gaspard, Milka et l’intrus sont cachés derrière la table (depuis leur dernière intervention), Balthazar et le fennec/ange se retournent pour se diriger vers la crèche sur la table. A ce moment :

Gaspard, Milka et l’intrus : Surprise !

B : Vous ici ?

G : Nous étions encore au café, quand nous avons entendu une troupe très nombreuse d’anges du ciel, qui louaient Dieu en disant : « Gloire à Dieu dans les cieux très hauts, et paix sur la terre pour ceux qu’il aime ! » (Lc 2,13s). Vu la grande lumière, nous avons su que ça venait de Dieu. Nos parents et grands-parents ont souvent parlé de lui dans ce sens…

M : Et un des anges nous a dit « N’ayez pas peur, car je vous annonce une bonne nouvelle qui réjouira beaucoup tout le peuple : cette nuit, dans la ville de David, est né, pour vous, un sauveur ; c’est le Christ, le Seigneur ! Et voici le signe qui vous le fera reconnaître : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une mangeoire. » (Lc 2,11s).

G : Nous avons laissé notre programme se déranger par cette nouvelle. Nous sommes partis à la recherche du nouveau-né et nous voilà. Contents de te revoir !

M : Nous sommes venus et nous croyons non pas à cause de ce que tu nous as dit, sur ton texto et la lumière de ton téléphone, mais parce que nous l’avons entendu nous-mêmes, et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde (cf. Jn 4,42).

 

Crédit texte : Marlies Voorwinden avec les catéchumènes de l’EPUdF de Beaucaire-Tarascon et du Pays d’Arles de l’année 2019-2020 ; crédit photo : Marlies Voorwinden – Point KT




Comment « Pleinledo » est devenu « Lépido »

Comment « Pleinledo » est devenu « Lépido » ou  Le mystère de vie des petites morts ! Derrière ces titres bizarres, voici une narration de Frédéric Gangloff pour faire vivre l’expérience de Pâques aux enfants. Les papillons et leur cycle de vie deviennent un symbole pour expliquer la résurrection.

Adaptation de ce texte pour une célébration à la maison télécharger ici pleinledo-lepido def

 Personnages : Lépido adulte  et Préhisto-lépido

Lépido adulte : Je me souviens de ce moment comme si c’était hier… D’ailleurs, cela ne fait que quelques mois ; la vie de papillon est courte et passe à tire d’ailes ! Mais c’est de ma vie d’avant que je voulais vous parler…. Un matin, alors que nous faisions une pause assis entre deux fleurs, j’ai demandé à Papido : « Dis Pap’s ! Comment on fait des enfants papillons ? Quelle tête j’avais quand je suis né ? » Il avait l’air drôlement embêté : « J’ai pas le temps-là, je passe l’aspirateur à nectar, va voir ta mère ! » Mamido n’était pas non plus pressée de me répondre : « Désolée, Lépido ! Je dois aller me faire redresser les antennes, j’ai du mal à capter mes nouvelles fréquences de vol ! Mais vas voir l’ancien, Préhistolépido, je crois bien qu’il vole dans nos prairies depuis bien des lunes… Il saura te répondre : « Bon vol, mon fils ! » J’ai pris mon envol et assez d’élan pour planer jusqu’au rocher de l’ancien, que j’ai réveillé de sa sieste au soleil, dans un grand bruissement d’ailes…

Préhistolépido : Hein ! Quoi ! Qui ose m’enrhumer avec tout ce courant d’air devant ma porte ? Y a pas moyen de pouvoir lézarder au soleil ! Encore ces jeunes qui font crisser leurs ailes et qui redécollent à tombeau ouvert !

Lépido : Pardon l’ancien, mais mam’s m’a dit que vous sauriez m’expliquer comment j’suis né et surtout à qui je ressemblais… Pourquoi les papillons adultes y répondent jamais à ce genre de questions ? Sur la vie ? Sur la mort ? Sur qui on est ? Où on va ?

Préhistolépido : Holà ! Une chose à la fois ! J’suis qu’un papillon mâle un peu vieux ! Je pense que tu es assez grand maintenant pour que je te révèle les grands mystères de ton exceptionnelle vie Lépido, car tu es un papillon hors du commun !

Lépido : Ah bon ! Moi qui pensais que j’étais noyé sur la toile, presque transparent !

Préhistolépido : Non ! Tu es unique par ta forme, ta couleur et les motifs sur tes ailes… Tes lointains ancêtres vivaient déjà ici, dans cette verdure, il y a 200 millions d’années à côté d’énorme lézards ! Quant à toi, ta vie a commencé, à quelques kilomètres d’ici dans le village de Bethlehem !

Lépido : C’est connu comme endroit ?

Préhistolépido : Oh ! Que oui ! Grâce à un personnage, comme toi, un peu spécial, qui a changé le cours de l’existence des êtres humains !

Lépido : Mais, vénérable… Don Papillon… En quoi est-ce que je suis si unique ?

Préhistolépido : Tu fais partie de ces êtres vivants qui passent par des stades de développement ; à chaque fois, tu changes de peau et tu ne ressembles plus à ce que tu étais avant. Laisse-moi te compter le passage rituel par ces quatre stades du grand mystère de la vie :

  1. L’œuf

Les enfants forment un œuf que l’on pourrait recouvrir d’une toile… On verrait juste bouger à l’intérieur…

Préhistolépido : Au commencement… tu n’avais pas du tout la même tête ! Tu t’es formé dans un œuf !

Lépido : C’est quoi un œuf ? Jamais vu !

Préhistolépido : C’est un truc rond ou ovale ! Entièrement fermé ! Nul ne sait où est le début et où est la fin. C’est comme une couche de protection qui t’isole de l’extérieur et où des tas de choses se passent à l’intérieur. Mais personne ne peut vraiment voir ni comprendre ce qui se passe avec toi, dans ton œuf ! Tout cela t’appartient ! Tout ce que je sais c’est que tu grandis et grossis jusqu’au jour où tu as besoin de casser cet œuf trop petit pour te contenir et en sortir le plus vite possible !

Lépido : Trop cool ! Et m’envoler vers le soleil levant, en chantant : « Butterfly, oh Butterfly… dans un mois, je reviendrai… »

Préhistolépido : Minute papillon ! C’est pas aussi simple que cela… Avant de pouvoir s’envoler dans les airs de ses propres ailes, il faut apprendre à ramper par terre à plusieurs pattes ! Toujours est-il que les humains s’imaginent, depuis très longtemps, que le monde est né d’un œuf et qu’il en a les contours… C’est aussi ce que les plus anciens papillons m’ont raconté concernant la naissance d’un enfant un peu particulier comme toi. Sa mère était un peu ronde, comme un œuf, et beaucoup de choses se sont passées pendant les mois où elle le portait ! C’est comme si cet enfant symbolisait le début d’une nouvelle création, d’un recommencement pour l’humanité et pour nous aussi !

Lépido : Hum ! L’ancien, ce n’est pas que je voudrai être malpolis, mais tu papillonnes, tu papillonnes ! Revenons à moi… Tu disais qu’il me faudrait… ramper…

  1. La chenille

Les enfants forment une chenille !

Préhistolépido : Oui ! Les humains nomment cela une chenille ! C’est le stade le plus long de ton développement, mais qui te rendra mobile et curieux de tout ! Tu vas apprendre à te déplacer, à te nourrir et à changer encore plusieurs fois de peau ! Parce que tu vas grandir, grossir, changer de couleur et d’aspect ! Les humains ne nous aiment pas sous cette forme. Certains pensent même que nous sommes nuisibles, méchants ! C’est vrai qu’on est moche, mais eux, ne sont pas tous beaux non plus ! Le plus dur c’est de déplacer son corps un peu mou le plus rapidement possible ! Sans compter que tu as des fausses pattes et des vraies ! Quand tu passes la ligne d’arrivée, il faut attendre que le derrière suive !

Lépido : Trop drôle ! Mais cela signifie que la plus grosse partie de ma vie, je l’ai passée à ramper, à traîner mon corps et mes pattes, à me nourrir et à éviter de me faire manger par les autres ?

Préhistolépido : Cela n’a rien de dramatique ! Regarde les humains ! Au début ça braille et fait caca dans les couches ! Ils mangent, font leurs dents et essayent de marcher ! Ensuite, ils sont dépendants de leurs parents pour tout le reste ! Il paraît même qu’ils arrivent, pour beaucoup, à l’âge bête ! C’est un peu comme nous ! Ils n’aiment pas leur corps, qui comme le nôtre, change de peau et d’aspect ! Ils sont un peu maladroits…  Il paraît que, même l’enfant de Bethlehem, en grandissant, a plusieurs fois mué ; il a fait une fugue en laissant ses parents en plan ! Une chenille ça n’a pas l’air sexy, mais il faut en passer par là, pour arriver à digérer toutes les transformations de notre corps !

Lépido : Et comment de la chenille… Quand on en a plein le dos, on redémarre pour devenir papillon ?

  1. La chrysalide

Les enfants s’enferment dans un sac de couchage et ne bougent plus !

Préhistolépido : Justement ! On ne démarre pas vraiment ! Mais on s’arrête plutôt ! On appelle cela le troisième stade : La chrysalide ! Une fois, qu’en étant chenille, tu as assez mangé et gambadé, tu te tisses une sorte de cocon, ou bien tu t’enterres à l’abri, pour te donner du temps de devenir papillon. En fait, tu ne te déplaces plus, tu ne manges plus et ton corps se restructure complètement jusqu’à se transformer en quelque chose de totalement différent d’avant ! Et cette transformation se fait à l’abri du regard des autres, dans une coque protectrice !

Lépido : C’est comme si j’étais enfermé dans un tombeau, prisonnier de cette chrysalide ! Mais c’est horrible !

Préhistolépido : Ne t’en fais pas, tu as l’air mort de l’extérieur, mais à l’intérieur tu vis et tu te développes en sécurité en prenant le temps qu’il te faudra. Ce qui est remarquable, c’est que toi, Lépido, tu avais accroché ta chrysalide juste à côté d’une grande pierre plate. Je crois que les humains appellent cela une tombe. C’est là, qu’ils avaient mis le jeune homme, devenu célèbre sous le nom de Jésus de Nazareth, dont je te parlais avant. Il était, comme toi, enroulé dans des draps et ils l’ont déposé dans le ventre de la roche.

Lépido : Cela veut dire que pour vraiment vivre, il faut passer par plusieurs petites morts afin de changer de peau ?

Préhistolépido : En tous cas, avant de devenir un papillon adulte, il faut un certain temps à l’abri dans sa chrysalide pour accepter et assumer tous ces changements ! Là où nous, les papillons, fabriquons un cocon pour nous protéger, les humains, quelquefois, se réfugient derrière plusieurs carapaces, seules capables de maintenir en vie leur zones sensibles !

Lépido : Et comment on devient finalement papillon ?

Préhistolépido : Ça c’est à toi de le décider !

  1. Le Papillon

Les enfants mettent leur  costume de papillon !

Préhistolépido : Je ne sais pas combien de temps a duré ton processus de transformation, mais à l’aube du troisième jour, tu as commencé à te débarrasser de ta peau morte et à sortir de cet abri en superbe papillon. Tu t’es suspendu au rocher, la tête en bas, pour laisser tes ailes mouillées se sécher au soleil ! Il se raconte, qu’au même moment, la grande pierre plate de la tombe avait été déplacée et que les rayons du soleil ont pénétré à l’intérieur !

Lépido : Et où était Jésus emmitouflé dans son linceul ?

Préhistolépido : Certains disent qu’il n’était déjà plus là. Trois femmes étaient venues d’un pas lourd et triste et se sont enfuies, apeurées, en courant. Et puis, deux hommes sont entrés tout à tour et ressortis avec le linge dans les mains. Ils étaient étonnés et, en même temps, ils se réjouissaient aussi… Au même moment, tu avais séché tes ailes et pris ton premier envol pour ta toute nouvelle vie ! Voilà, et maintenant, stp, laisse-moi me reposer ; ce genre d’histoire ça me donne le bourdon ! J’espère que tu as tout de même compris tout le chemin que tu as fait et qu’à force de mourir et de changer de peau, tu ne peux jamais être le même hier, aujourd’hui et demain ?

Lépido : Dites l’ancien et si ce Jésus-là, s’était finalement transformé en papillon ! C’est pour cela qu’ils ne l’ont pas retrouvé !

Préhistolépido : Peut-être ! Mais je ne suis pas sûr que cela soit humainement possible ! Les anciens disaient de cet homme, qu’il n’était plus le même ! Plus personne n’était capable de la reconnaître tellement il avait changé de peau, même pas la femme dans le jardin ! Il était vraiment vivant, mais autrement ! Et son message de vie a fait le tour de la terre de manière à la changer radicalement pour tous les êtres humains. Et tu ne devineras jamais, mais je me dis que l’on pourrait appeler cela : « l’effet papillon » !

Crédit : Frédéric Gangloff (UEPAL)

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Si le grain de blé ne meurt…

SI le grain de blé ne meurt ou « Si le grain de blé ne s'(en)terre ... » est une méditation écrite par Frédéric Gangloff. Illustrations de Laurence Gangloff. Nous vous proposons de découvrir cette méditation en familles.

Possibilité de télécharger le texte ici Avoir un grain

Possibilité de télécharger les dessins ici Si le grain ne s’enterre

 

Narrateur : Il était une fois, dans un champ pas si lointain, plusieurs épis bien mûrs et qui avaient bon teint ! Ils n’étaient pas vraiment transgéniques, mais ouverts aux quatre vents, à la pollution et à l’engrais chimique. Mais voici qu’un virus étrange et sournois, invisible à l’œil nu, circule et en prend, certains, à la gorge !

Le fermier se dit : « Il suffit de désinfecter en grande quantité, j’en sauverai au moins les plus résistants ». Aussitôt dit, aussitôt fait ! Mais survint un grand coup de grain qui envoya valser deux grains pleins de dépit !

Grainola : Ho, ça va Graincheux ? Quel vent mauvais ! A mon avis, ça grain !

Graincheux : (En colère) Me touches pas ! Beurk ! Avec tous ces microbes qui courent ! Reste à distance réglementaire dans ton coin ! T’a vraiment le cerveau de la taille d’un grain ! J’me suis fracassé l’arrière-grain, oui !

Grainola et Graincheux se mettent le plus loin possible l’un de l’autre !

Grainola : Tu nous fais quoi là ! Un coup de chaleur ! T’as le grain qui enfle ! Je veux juste aider !

Graincheux : J’applique les consignes de sécurité, moi, Monsieur Grainola ! Plus de contact ! J’embrasse plus ! Je me confine ! Bref, je reste à distance et je veille au grain !

Grainola : Ce n’est pas en restant planté là et à broyer du grain, que tu vas pouvoir évoluer non plus ! Il vaudrait mieux que tu viennes te terrer dans un trou avec moi ! On se tiendra chaud tous les deux ! C’est vachement important pour le moral et le processus de renaissance par germination !

Graincheux : (scandalisé) Qu’est-ce que tu dis ? Tu ne trouves pas qu’il y a déjà assez de germes qui traînent ? Et toi tu tiens à les attraper ? Tu dois déjà avoir de la fièvre pour délirer tellement ! Tu devrais te faire tester ! Je suis sûr que tu es positif !

Grainola : Allons, ne sois pas aussi négatif ! Tel est notre destin… De grains ! C’est bien pour cela qu’on flétrit d’abord et qu’on tombe à terre ensuite, non ?

Graincheux : Par les temps qui courent, il vaudrait mieux se la jouer solo qu’en grappes de grains ! On pourrait peut-être échapper à la menace des germes. Chacun pour soi, dans un endroit bien au sec ! Pas de pluie, de vent, de gel… Surtout protégé des autres grains et de leurs maladies… On se confine bien profond !

Grainola : Tu nages en pleine psychose, ou quoi ? Se confiner ce n’est pas non plus se conserver sous vide ! Pourquoi tu ne veux pas t’ouvrir, pour te former et germer ?

Graincheux : Tu n’as pas qu’un petit grain toi ! Heureusement que j’ai encore un grain de bon sens, moi ! Tu n’es pas au courant que pour nous, actuellement, s’ouvrir, se rencontrer, accueillir, c’est mourir

Grainola : Peut-être, mais est-ce que ce n’est pas quelque chose que nous sommes amenés à faire à chaque instant ? Imagine tous ses petits grains qui pourraient naître de nos conversions, de nos futures leçons, de notre nouveau mode de consommation…

Graincheux : Je vis au jour le jour ! Je n’ai pas l’intention de m’enterrer avec toi ou d’autres ! Je veux sentir vivre chaque grain de ma peau ! Chacun pour soi ! Me jaunir l’enveloppe au soleil ! Et devenir un max de blé ! Et puis amassez des grains pour tout dépenser ! C’est ça la vie d’un gros grain ! D’ailleurs, j’ai l’intention de mourir le plus tard possible ! Quelle mouche t’a piqué l’épiderme ?

Grainola : Tu le sais bien, c’est lui, LE Grain de blé ! Si tu n’acceptes pas de mourir à chaque instant à tes peurs, à tes clichés, à tes blocages, tu ne pourras pas revivre ! A force de nous confiner, on va finir en grains nuls !

Graincheux : Ce n’est pas mon souci ! Je me mets en quarantaine et j’attends que ça passe ! Ensuite, à moi la vraie vie et toi, tu resteras sur la paille !

Grainola : Ne reste pas seul avant de te planter par terre ! Viens avec moi et tu en ressortiras transformé !

Graincheux : N’insiste pas ! Je n’ai pas l’intention de rejoindre ton groupe de grains de folie comme les graines ouvertes ou les graminées de l’esprit. Toujours à voir grand et à viser un résultat de production record lors de la moisson. Sois raisonnable ! Sauve ta petite vie de grain de beauté, parce que tu le vaux bien ! Cette histoire de grain qui se meurt pour porter du fruit c’est que du foin ! Je n’y crois pas un seul instant. Il faut bien que je joue au grain de sable qui va enrayer ce beau mécanisme.

Grainola : Si tu tiens à venir mettre ton grain de sel, libre à toi ! Quant à moi, je vais m’égrainer !

Graincheux : Où tu vas ? Arrête ! N’y va pas ! C’est dangereux et très risqué ! Tu vas être contaminé et jeté sur le chemin !

Grainola : Pas du tout ! Je vais m’enterrer pour être bien au frais et tout recommencer !

Graincheux : Tu veux aller là-bas ? N’y vas pas ! Tu vas te retrouver le nez dans la farine !

Grainola disparaît

Graincheux : Quel gâchis ! Finir enterré tout nu comme un grain ! C’est vraiment jeter le grain aux oiseaux ! Tout ça parce LE Grain de blé l’a dit… Enfin, moi j’ai conservé mon grain de malice ! J’aime trop ma vie d’avant pour la perdre maintenant… j’vais faire la fête !

Il sort ! Quelques temps plus tard… Il réapparaît vieux, courbé et agressif. Au même moment apparaît en forme, en courant, Grainola avec ses cheveux en épis…

Graincheux : J’en ai plein le dos ! J’suis rouillé, sclérosé, et cassé de partout !

Grainola : Oh ! Graincheux ! T’as pris les années en pleine poire ? T’es tout fripé et ramolli !  Vu ton état, on pourra bientôt t’appeler Cassegrain !

Grincheux : Ça va là ! T’as pas fini de me charrier ! En revanche, toi, on dirait que t’as carrément rajeuni et c’est quoi tous ces trucs bizarres sur ta tête ? Une nouvelle coiffure à la mode ? Tu ne devais pas mourir toi ?

Grainola : Ben si ! C’est ma nouvelle coupe en épis. Tu aimes ? Tiens, je vais te les présenter : Epice, Epicentre, Epicerie, Epicure, Epinard, Epi-thète, Epître ! Ah ! J’oubliais, la petite dernière, Epi-démie !

Grincheux : Je ne trouve pas ça marrant du tout ! Tu ne peux pas être sérieux ! Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas ! Complètement germé ce grain-là, complètement grain grain !

Grainola : Il vaut mieux une petite mort, pleine de promesse de vie, qu’une vie de mort vivant ! Crois-moi, quelques jours enterrés et tu deviendras un grain nouveau-né !

Crédits : Frédéric Gangloff (texte) et Laurence Gangloff (illustrations)




Spectacle de Noël et Église Verte

Spectacle de Noël et Église Verte proposé par Virginie MOYAT, Eglise Protestante Unie d’Ermont 

Objectif : associer la naissance de Jésus et le soin de la Création (apprentissage d’arbres)

Avant le spectacle : apprendre les chants et  les réponses (sauf les arbres, à deviner le jour J !)

Voici le diaporama utilisé lors de la célébration : Spectacle de Noël powerpoint

 La célébration

Air de Noël

Conteur 1 : enfants assis

  • Diapo 1 : Couronne de l’Avent

L’histoire de Noël, c’est l’histoire d’un rameau qui va devenir grand et transformer le monde

Enfant :   se lève et va vers le conteur 1 (C1)  pour demander  « Un rameau ? qu’est-ce que c’est ? »)

C 1 : une petite branche qui pousse sur un arbre, elle commence par un petit point dans l’écorce, puis un bourgeon, puis elle devient une petite branche, et devient ensuite une belle branche solide. Ecoute ce que dit le prophète Esaïe au peuple juif d’Israël qui s’inquiète sur son avenir, car il est envahi par tant d’étrangers, avec d’autre coutumes, d’autres manières de se nourrir, de prier…

Ado : Nous aussi, nous sommes entourés de personnes bien différentes de nous ; ce serait plus facile si on était pareil, il y aurait moins de jalousie et de disputes

C1 : Oui, alors écoute toi aussi ces paroles si anciennes et pourtant d’actualité de ce prophète Esaïe

Enfant et Ado s’assoient

Lecteur Ado

  • Diapo 2 et lecture Es 11, versets 1-5 puis petites notes puis versets 6-10

C 1 : Un homme viendra et il apportera la Vie, il sera juste et sage, il sera de bon conseil et apportera la connaissance. Dans les Evangiles, nous retrouvons cet homme ; nous chrétiens le voyons en Jésus. Ecoutez ce récit de Luc

Lecteur Ado

  • Diapo 3 et lecture Luc 2, 1-7a + Petites notes

Lecteur Ado

  • Diapo 4 et lecture « Or, le jour de sa présentation au temple, Luc 2, 25-32

C 1 : Syméon, ce vieil homme, s’efface pour laisser la place à Jésus, une nouvelle naissance, cet enfant qui va apporter la Vie et la lumière Syméon, celui qui a bien vécu, s’efface pour laisser place à la Vie

  • Diapo 5 : Chanson par les enfants : Chant de Syméon

Conteur 2  Alors maintenant qu’on sait que Noël, c’est la fête de la Vie, on va essayer d’imaginer quel arbre pourrait bien symboliser cette fête ! Dieu nous a confié tellement de beaux arbres, que nous n’avons que le choix ! mais quel serait l’arbre le plus approprié pour symboliser tout ce que la naissance de Jésus a apporté ? Regardez bien ! Dans la Bible, il y a plein d’arbres. Saurez-vous les reconnaître ? (enfants puis assemblée si besoin)

  • Diapo 6 : un peuplier (Gn 30,37)
  • Diapo 7 : un chêne (Gn 13, 18)
  • Diapo 8 : un pommier (Ct 2, 3)
  • Diapo 9 : un amandier (Jr 1, 11)
  • Diapo 10 : un noyer (Ct 6, 11)
  • Diapo 11 : un acacia (Ex 25, 13)
  • Diapo 12 : des oliviers (Gn 8, 11)
  • Diapo 13 : des figuiers (ou sycomore) (Luc 19, 4)

Mais il y a un problème ! Quel est le point commun à tous ces arbres ?

Enfant : certains donnent des fruits et pas d’autres, ce n’est pas ça ?

Enfant : certains sont grands, d’autres maigres, ce n’est pas ça ?

Enfant : J’ai trouvé ! tous perdent leurs feuilles l’hiver quand il fait froid !!

Ado : Alors ça ne va pas, car Jésus est la Vie, et non la mort !

C 2 : regardons encore dans la Bible. Ah j’ai trouvé un conifère !

  • Diapo 14 : le cèdre (1 Rois 6, 18)

Ado : Sauf que Jésus n’était pas si puissant tout le temps, par exemples il a été sur les routes à pied

Ado : Il a guéri des malades mais il a été jeté dehors par des villageois qui avaient peur de lui

Ado : il a même ressuscité Lazare mais il a dit que c’était Dieu son Père qui avait agi mais pas lui

Ado : Alors, ça ne va pas, il ne faut pas un arbre si majestueux

C 2 : et un palmier ? c’est grand mais pas aussi imposant !

  • Diapo 15 : le palmier (Joël 1, 12)

Ado : pas mal

Ado : mais ça fait penser à sa mort ; quand il est monté à Jérusalem, le peuple a mis sous ses pas des feuilles de palmiers pour l’accueillir comme un roi

Chant par les enfants et KT : 54/09, st 1-2 Quand Jésus entre à Jérusalem

Conteur 3 : alors on va chercher hors de la Bible

  • Diapo 16 : un houx

Enfant : non, ça pique ! Jésus ne fait jamais de mal

  • Diapo 17 : un baobab

Ado : trop grand ! ça meurt même si ça vit très vieux

  • Diapo 18 : un sapin

Enfants : oh, c’est beau

Ado : oh, il reste vert l’hiver

Ado : oh ça sent bon, cela fait du bien

C3 : alors on garde le sapin ? c’est lui qui fait penser le plus à Jésus ?

Tous : OUI !

Conteur 1 : Mais au fait, Jésus c’est la Vie, mais aussi la Lumière, qu’est-ce qu’on peut faire ? qui a une idée ?

Enfants en chœur : rajouter une étoile tout en haut, rajouter des lumières sur le côté ! Et les enfants le font… Les plus petits chantent : Mon  beau sapin (54/08) Tous les enfants, ado et nous adultes arrivent autour du sapin pendant que les petits chantent.

Crédit : Virginie MOYAT, Eglise Protestante Unie d’Ermont pour Point KT




Spectacle de Noël et l’évangile de Marc

Spectacle de Noël et l’évangile de Marc  par Virginie Moyat, Église Protestante Unie d’Ermont

Objectifs : Participation des différents groupes d’enfants et de jeunes (de 3 à 17 ans) et questionnement autour du vide que laisse l’Evangile de Marc concernant la naissance de Jésus

 

 

Scène 1 : Un présentateur de télévision

Présentateur TV au pupitre :  « Bonjour, aujourd’hui, je vais vous parler d’un phénomène étrange qui se répand dans toutes les villes, les villages, même les maisons, depuis quelques semaines. Je ne sais pas ce qui se passe ! Regardez (début photos d’illuminations) : dans les rues, il y a des illuminations, partout ! et certains jardins sont illuminés aussi ! Mais que se passe-t-il ? Nos journalistes ont mené l’enquête. Je vous propose de les écouter.»

Diaporama par les jeunes Début d’un journal TV, avec le son Photos d’illuminations de Noël prises par les KT

Scène 2 : dans la rue

Journaliste 1 micro fil, 2 enfants,  une mère et son enfant:  « Bonjour, j’aimerais savoir si vous savez pourquoi il y a ces illuminations ? » 

Réponses données : *Car la nuit est très longue, pour voir mieux *Car on montre le chemin au Père Noël *Car c’est la fête pour nous les chrétiens, on rappelle la naissance de Jésus (enfant et mère)

« Je décide d’aller dans un temple protestant pour continuer mon enquête » Le journaliste 1 sort dans le couloir par devant puis rentre à nouveau par devant

Diaporama = Photo d’une rue passante, si possible connue par tous et locale

Scène 3 : dans un temple

Journaliste 1 « Ah, cela a déjà commencé. Je vais me faire discret. »  Le journaliste 1 s’assoit dans l’assemblée

Lecture de Mc 1, 1-9

diaporama = Photo de vitre  temple + Le texte de Mc 1, 1-9

Scène 4

Journaliste 1 , KT :  Le journaliste 1 se lève et dit : « Je remarque un trouble dans l’assemblée qui est si nombreuse en ce jour. Je vais aller les questionner. » « Bonjour, que se passe-t-il ? »

Réponses données par des Kt : * « Je ne comprends pas »  * « Je suis vraiment étonné » *les 2 ensemble : « c’est pas normal ! »

Diaporama = Photo d’une assemblée nombreuse de chez vous

Scène 5 

Journaliste 1, Une dernière réponse : 

1 enfant de l’école biblique :  *Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas le récit de la naissance. Pourtant, c’est important de connaître sa naissance, sa famille !

« Le trouble continue, il faut continuer l’enquête, je vous laisse et mon collègue qui est parti en Israël trouvera sûrement une explication » Le journaliste 1 s’installe sur une chaise, installé discrètement derrière le pupitre

 diaporama = Photos des dessins des enfants  : Dessins de leurs familles ? Dessins de généalogies ? Et mimes des enfants de l’école biblique pour montrer ce qu’est une famille (embrassades ? se serrer la main ?)

Scène 6

Journaliste 2 (jeune) micro fil, Jeunes et KT:  « Bonjour, je suis en Israël, près du Jourdain. Nous sommes dans le lieu même où ce Jésus dont a parlé la pasteure a été baptisé, selon certains historiens !  Je vais essayer de comprendre pourquoi l’auteur du récit que vous avez entendu n’a rien écrit sur sa naissance.

Vous voyez (photo du baptême apparaît) : De nombreuses personnes sont là, elles se font baptiser dans l’eau du Jourdain. Je vais les interroger. » « Bonjour, est-ce que vous pouvez me dire qui est Jésus pour vous ? est-ce que la manière dont il est né influence votre foi ? »

Réponses données : les jeunes ont préparé leurs réponses …

« Bonjour, quel lien y a-t-il entre la naissance de Jésus et son baptême? » … les  KT ont préparé des réponses

Journaliste : « Je crois avoir compris ce qui se passe : les chrétiens croient en Jésus, en ce qu’il a fait, en ce qu’il leur a offert sa vie ; pour les chrétiens, c’est sa vie adulte qui est un exemple à suivre, c’est pour cette raison que Marc n’a rien écrit dans son livre sur sa naissance. »

Le journaliste 2 sort

Diaporama = Photo du site du baptême, Photo de baptêmes sur le Jourdain

Scène 7

Journaliste 1 assis sur une chaise (micro fil), KT  

Le journaliste 1 avance sa chaise et dit : « Pendant ce temps, j’en ai profité pour lire dans le livre qu’a lu le pasteur, il y en avait dans le temple.  J’ai regardé dans les pages d’après, c’est extraordinaire, la naissance de cet homme !  A vrai dire, c’est comme cet homme, il était extraordinaire : il écoutait (début du mime) les gens sans les interrompre, il prenait le temps de les écouter, d’expliquer, de rassurer, de prendre soin. (fin du mime)

(petit silence)

Jésus était quelqu’un d’extraordinaire, quelqu’un d’une autre époque! (très calmement et en laissant du temps entre chaque phrase 🙂 Mais en fait cela doit faire tellement de bien ! Il ne les interroge pas, les personnes viennent à lui et lui parlent de leur vie, de leurs soucis, tranquillement ! Ce serait bien s’il était là!  Je serais bien s’il m’écoutait ! A vrai dire, ce serait bien aussi si j’écoutais aussi les gens que j’interroge comme ça, en leur laissant le temps, le temps de me connaître, le temps qu’on s’apprivoise. Le temps de prendre soin les uns des autres »

Diaporama = Photo d’une Bible ouverte, Mime de la vie de Jésus, fait par les KT : enseigne, puis écoute, puis rassure, puis soigne Musique douce de violon en fond

Scène 8

Journaliste 1, jeunes, KT, EB, petits , Puis les petits, Et les plus petits qui le souhaitent aussi (les jeunes vont les chercher): 

« Au fait, j’oubliais, et si je vous lisais le récit de la naissance extraordinaire de Jésus dans le récit de Luc ? » Lecture de Luc 1, 27-32 : annonce, lu par Journaliste 1 Puis arrivée des KT, pour s’asseoir par terre en demi-cercle devant lui et 2 lisent (s’assoient pour la lecture sur la chaise) Lecture de Luc 2, 1-7 : naissance, lu par 3 KT – Pendant ce temps, les EB arrivent et l’entourent, s’assoient par terre en demi-cercle devant lui (les KT reculent) et l’écoutent, certains le remplacent à la lecture. Lecture de Luc 2, 8-20 : les bergers, lu par EB – Pendant ce temps, les GE et les plus petits que les jeunes ont été chercher dans l’assemblée vont s’asseoir en demi-cercle (les EB et les KT reculent et laissent de la place)

Chant final de tous avec l’assemblée, entonné par la chorale et l’orgue – Tous restent là

diaporama = Photos des textes bibliques qui s’affichent et se déroulent Chant 54/02 st 1-2 Dieu vient d’allumer un feu

Scène 9

Présentateur TV (pupitre)  et Tous:  « Mais alors, ces illuminations sont là pour fêter un grand événement; annonçons-le ! l’annonce d’une vie différente où chacun prend du temps pour l’autre » Et il entonne la strophe 5 (avec l’orgue) L’assemblée et tous les enfants chantent avec lui (Chant 54/02 st 5) Dieu vient d’allumer un feu.

Crédit : Virginie Moyat, Église Protestante Unie d’Ermont – Point KT