Veillée du jeudi saint « Réjouissez-vous, sœurs de Myriam »

Veillée du jeudi saint (ou pour une thématique de la Sainte Cène ) « Réjouissez-vous, sœurs de Myriam » Ce moment a été proposé par la Paroisse Protestante de Haguenau dans le cadre de la veillée du jeudi Saint. Il peut être adapté à un culte spécial « Sainte Cène ». Il est fondé essentiellement sur une démarche extraite du recueil « Sinfonia Oecumenia » (Gütersloh, 1999), pages 735-749 et intitulé « Réjouissez-vous, sœurs de Myriam ». Ont participé activement à son élaboration la Pasteure Agathe Douay, aumônier de l’aumônerie des Lycéens (« Casa ») entourée de nombreux lycéens et le Pasteur Frédéric Gangloff qui a rédigé la saynète introductive.

Matériel à prévoir et lieu à installer :

– une église chaude et accueillante, ambiance douce et chaleureuse

– tables, bancs et peut-être quelques chaises pour les personnes âgées : toute la veillée se fait à table !

– pour chaque table, une coupe, 2 bougies ,des allumettes, une carafe d’eau, une bassine, des serviettes, une carafe de jus de raisin, des verres, des assiettes creuses avec de l’eau salée, des  herbes vertes ou de la salade, des  mazots,

– feuilles de chants,  micro sans fil 

– table devant l’autel décorée pour le sketch

Prélude – Accueil  A vous, grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. Soyez toutes et tous les bienvenus à cette veillée du jeudi saint. Cette nuit n’est pas une nuit comme les autres. A la « Casa des lycéens », comme dans la paroisse, la « table » est un lieu important de rencontre et d’échange, un lieu symbolique de fraternité.  C’est pourquoi, nous vous proposons ce soir de nous retrouver autour de la table, pour suivre ensemble et pas à pas la liturgie juive du seder. Le seder, ce repas de la pâque juive, nous rappelle la libération du peuple hébreu de l’esclavage. Ce repas nous invite à espérer, à poser des actes de libération, aujourd’hui, et  autour de nous.

Prière d’ancrage Seigneur, au cœur de nos vies peut être agitées, tu nous ouvres ce temps de culte pour reprendre souffle, pour prendre du recul, pour nous donner d’espérer. Donne-nous d’être disponible à nous-même et à ta présence, donne-nous d’être ouvert les uns aux autres. Nous t’en prions, crée en nous cet espace intérieur afin que ta Parole y pénètre et nous mette en route. Amen.

Chant 1 : Il est une foi ancienne AL 52/09, 1+4+6+7

 On baisse la lumière et on garde juste celle du chœur – SAYNÈTE INTRODUCTIVE : « Attendez-vous les uns les autres ! »

 Lecture de 1 Co 11, 17-22 & 33-34

 En guise de décor : une table avec de la nourriture en vrac, des cadavres de bouteilles partout, des emballages, etc… Au bout de la table, une personne dort pendant qu’une autre est en train de grignoter un casse-croûte ! Débarquent deux personnes avec des sacs de courses… Je me suis inspiré des noms des 7 nains de Blanche Neige qui expriment plus des sentiments personnifiés. Chacun est libre d’en changer !

Prof : Ah ben bravo ! A ce que je vois, vous ne nous avez pas vraiment attendu pour commencer ! Nous sommes en retard, parce que nous nous sommes occupés des courses pour la communauté !

Grincheux : Parfaitement ! A nous le boulot et à vous le fun ! En mode : « Chacun pour sa pomme » !

Dormeur (il se réveille difficilement) Ouille ! Ça va là ! Baisse le volume ! J’ai un de ces mal de crâne… Comme vous avez traîné, j’suis allé voir mes potes, en attendant, et on a tué le temps autour d’un verre !

Prof : Un verre ? Tu me prends pour une quiche ! C’est plutôt une caisse oui ! T’as pas honte de te retrouver dans cet état pareil ! Ici dans une Eglise ?

Timide (qui mange dans son coin) : Euh… Si je puis me permettre ? J’ai déjà commencé à grignoter un peu ; j’avais trop faim et comme je ne savais pas quand vous alliez revenir…

Grincheux : Non mais c’est l’anarchie totale ici ! Il y a tout de même des règles élémentaires du savoir-vivre ! Ce repas devait être un repas d’unité…

Prof : Et vous en avez fait une teuf arrosée ou l’autre-là (indique timide), attaque son casse-croûte en solitaire et lui (montre dormeur) est affalé dans les miettes ! Et à nous c’est tout ce qui reste ! Des miettes !

Dormeur : Oh ! C’est bon là ! T’as fini de faire ton pasteur ! J’ai déjà fait un effort pour venir manger avec vous. J’suis même prêt à sourire s’il le faut, à dire quelques mots gentils par ci et par là, même si vous êtes sacrément en retard, mais après je retourne boire un coup avec mes amis !

Timide : Oui ! Il a raison ! Déjà qu’on se force à parler avec les gens qu’on ne connaît pas, avec le sentiment d’avoir fait une bonne action, ne nous demandez pas, en plus, de mourir de soif et de faim en patientant jusqu’à votre arrivée !

Grincheux : Si vous en avez les moyens et aucune patience, faites ça chez vous ! Mais ici, jouez le jeu ! Comportez-vous en membres solidaires d’une communauté !

Prof : Je ne sais pas si vous réalisez vraiment, mais ce repas, ce n’est pas le lieu où vous allez vous servir, mais l’endroit où vous allez recevoir ce qu’un Autre distribue de tout son corps et de toute son âme !

Dormeur : En vous attendant, j’en pouvais plus et comme y a pas de réseau ici, j’avais trop besoin de la présence de mes amis pour me sentir bien !

Timide : Pour moi c’est pareil, j’ai du mal à aller vers les autres, alors je préfère manger dans mon coin comme ça je me console avec la bouffe !

Grincheux : Et cela ne vous serait jamais venu à l’idée que pour préparer et vivre ce repas un peu spécial, il faudrait faire un peu attention aux autres ? Essayer de prendre conscience de leur faim et leur soif avant de vous remplir l’estomac ?

Prof : Ou peut-être croyez-vous déjà pouvoir vous passer des autres, de ceux qui ont moins de moyens ! Surbookés par des journées à rallonge et des soirées de travail !

Dormeur : Ouai ! J’avoue ! J’suis pressé de consommer toujours plus et après moi, le déluge !

Timide : Et si les mieux installés comme moi, se souciaient un peu plus des plus faibles ou des derniers arrivés ?

Grincheux : La patience de Dieu à notre égard est énorme alors que nous sommes du genre « impatient chronique » !

Prof : Dans un monde où plus personne n’attend personne, il vaut la peine de s’attendre les uns les autres !

Timide : Hmmm ! Psst ! SVP ! (Indique les gens dans l’assistance) Je pense qu’ils nous attendent !

Prof : Eh bien, allons les rejoindre ! (Chacun se précipite pour être le premier)

Grincheux : Oh là ! Stop ! Qu’est-ce qu’on vient de dire !

Tous : Attendez-vous les uns les autres !

Ils s’attendent et prennent place à la table autour de laquelle ils invitent l’assemblée.  

rallumer les lumières

DEBUT du REPAS DU SEDER

Les lumières de la fête Dans la tradition juive, on commence toutes les fêtes en allumant les bougies ; de même, au début de nombreuses fêtes chrétiennes, on allume des cierges. Ce soir, en allumant ces bougies, nous souhaitons faire de leur flamme non pas un feu dévorant, mais la lumière dans laquelle nous nous voyons les uns les autres, tous différents, toutes différentes, mais partageant une humanité commune. Nous allumons ce feu pour nous aider à voir que l’humanité n’est pas destinée à périr par le feu. Nous allumons ce feu pour mieux distinguer l’arc-en-ciel qui luit sur nos visages. On allume les bougies sur les tables   Bénie soit la lumière qui nous conduit sur le chemin de la libération.

Première coupe  En cette nuit, nous buvons 4 coupes de jus de raisin + 1. On interprète cette coutume de diverses manières. Elles symbolisent, disent certains, les 4 coins du monde, car la liberté doit naître en tous lieux ; Elles symbolisent les 4 saisons, car le cycle de la liberté doit se perpétuer ; Elles symbolisent les 4 mères : Sara, Rebecca, Léa et Rachel, car la liberté sera le chant des femmes. Mais surtout, elles sont le symbole de la quadruple promesse de libération que Dieu a donnée à son peuple d’Israël : « Je vous ferai sortir, je vous délivrerai, je vous adopterai, je ferai de vous mon peuple ». La cinquième coupe est celle du Messie, mort et ressuscité pour nous !

Cette première coupe est dédiée à Myriam qui a pris dans sa main une cymbale et a conduit les femmes vers la Terre Promise. Le cantique de Myriam, omis par l’histoire, est perdu. La Bible ne l’a pas conservé. En cette nuit, nous voulons recréer son chant, élever nos coupes et nous réjouir, car nous sommes les sœurs et les frères de Myriam. A sa suite, nous promettons d’aller en dansant vers la Terre Promise avec nos sœurs et frères et avec leurs enfants. On remplit les petits verres avec le jus de raison pour la première  fois et on boit la première coupe.

Chant : Ils ont marché ARC 542, 1+ Refrain 

Lavement des mains Nous allons nous laver les mains pour nous préparer à ce repas. En le faisant, nous nous débarrassons de tout ce qui nous empêche d’être véritablement nous-mêmes. Nous voulons nous préparer à être renouvelés, restaurés. Nous voulons retrouver la force de guérison qui est en nous et nous souvenir que nos corps sont saints. Femmes, hommes, jeunes, enfants, lavons-nous les mains. Faites passer la bassine et la serviette, lavez-vous les mains et essuyez-les. Se laver les mains dans les bassines sur les tables, sécher avec les serviettes. Bénie sois-tu, toi l’eau qui laves nos mains et nos cœurs et qui nous donne clarté et sagesse.

Chant : Ils ont marché ARC 542, 2 + Refrain 

Les feuilles vertes et l’eau salée Nous trempons la verdure du printemps dans l’eau salée ; elle est symbole des larmes de nos souffrances, de la sueur qui trempe notre front et des eaux de la grossesse. Elle est symbole des larmes que nous avons versées sur l’oppression que nous avons subie en tant que femme. Prenez la verdure (salade, persil, ciboulette), trempez-les dans l’eau salée et mangez.

Les quatre questions posées par les plus jeunes

  • Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres ? Chaque nuit de la pâque, la question est posée. Nous aussi, nous la posons. Nous aussi, nous cherchons la réponse.
  • Pourquoi, en cette nuit, avons-nous ce goût d’amertume qui demeure dans notre bouche ? Il y a des temps où la vie est amère, où le mal est présent dans le monde. Pensez à celles et ceux qui sont malades, à celles et ceux qui nous ont quitté cette année. Ce sont d’amères réalités.
  • Mère, pourquoi alors le goût de nos larmes est-il à la fois doux et amer ? Ces larmes, à la fois douces et amères, nous rappellent l’amie qui nous entend quand nous pleurons. Nous pouvons porter des fardeaux, supporter des choses difficiles, nous pouvons nous soutenir les uns les autres. C’est pourquoi nous acceptons à la fois l’amertume et la douceur, sachant que nous avons la force d’aller de l’avant.
  • Mère, pourquoi est-il si difficile de nous détendre, de nous reposer ? Il est bon de chanter, de manger, et de célébrer la fête ensemble. Mais nous savons que des femmes souffrent, que l’on détruit la terre que nous aimons. Nous devons rester vigilants, prêts à chaque instant à lutter pour la justice.

Chant : Ils ont marché ARC 542, 3 + Refrain 

Bénédiction du pain – Voici la fête des pains sans levain, c’est pourquoi nous partageons ces Mazots. Bénis-sois-tu, Esprit qui nous nourris et qui fais croître le pain de la terre. Bénis sois-tu Esprit de vie, qui nous sanctifies par les commandements et qui nous as appris à manger les pains sans levain. Mangez ce pain sans levain !  Manger

Deuxième coupe Élevons la deuxième coupe et buvons à la communion qui unit les femmes. Bénis sois-tu Esprit de vie, car tu as mis des femmes autour de nous : mères, sœurs, compagnes, enfants, amies qui nous appellent à la liberté. Bénies soient toutes les femmes. Buvons la deuxième coupe. Boire

Récit de la libération Il nous faut maintenant faire le récit de notre Exode. Chaque année, la tradition raconte comment Moïse a libéré le peuple. Mais dans l’histoire juive, comme dans toutes les traditions patriarcales, l’histoire du peuple était celle des hommes. Les écrits et les traditions bibliques nous laissent entendre que les femmes et les hommes du peuple hébreu quittèrent l’Egypte séparément, en deux groupes, dont l’un était sous la conduite de Myriam et l’autre sous celle de Moïse, son frère cadet. En cette nuit, nous faisons mémoire de Myriam, qui a conduit le peuple juif hors d’Egypte. Le nom de Myriam vient de deux mots hébreux : « mar » et « mari ». Le mot MAR signifie « AMER » : le temps passé en Egypte était plein d’amertume pour notre peuple. MARI signifie « rébellion » : Myriam s’est révoltée contre l’oppression qu’elle subissait en tant que juive. ECHANGE : prenons quelques minutes pour échanger sur des exemples de récits actuels de libération

Troisième coupe  Le récit de l’Exode nous interpelle et nous pousse à nous libérer de toute injustice. L’histoire de nos vies nous lie les unes aux autres, car aucun être humain ne sera véritablement libre tant qu’un seul est encore captif. La troisième coupe célèbre notre vision d’un monde entièrement libéré et notre solidarité avec celles et ceux qui œuvrent pour la libération des opprimés. Verser et boire la troisième coupe. On dit qu’Elie vient participer à chaque Seder. Nous attendons son arrivée avec impatience, comme on attend toute personne courageuse qui vient assumer les responsabilités lorsqu’il le faut. Nous ouvrons la porte en signe d’hospitalité et d’amitié. Qu’Elie et toutes les prophétesses, avec Myriam, entrent ici et nous inspirent, afin que nous poursuivions notre tâche : construire un monde dans lequel toutes et tous auront la justice et la liberté en partage.

Chant : Dieu qui nous appelle à vivre ARC 515, 1 à 4

Quatrième coupe Versez du jus pour la quatrième fois dans les petites coupes. Nous élevons la quatrième coupe et buvons à nos enfants et aux jeunes. Ils sont le fruit de nos entrailles. Ils raconteront après nous et transmettront les récits les récits de libération. Bénis sois-tu, Esprit qui nous donne force et courage. Car tu nous as donné la génération suivante pour que demeure la liberté. Buvez la quatrième coupe. On boit la quatrième coupe.

Cinquième coupe (1 coupe / table) Et selon la plus ancienne tradition qui nous est venue par l’apôtre Paul, voici l’enseignement qu’il a reçu du Seigneur Jésus et qu’il nous a transmis : Le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain (Matza), et après avoir remercié Dieu, il le rompit (On rompt la Matza) et dit « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites ceci en mémoire de moi »  Chacun, par table, rompt un bout de Matza et le donne à son voisin !  De même, il prit la coupe (prendre une coupe par table) après le repas et dit : « Cette coupe est la nouvelle alliance de Dieu, garantie par mon sang. Toutes les fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi ». En effet, jusqu’à ce que le Seigneur vienne, vous annoncez sa mort toutes les fois que vous mangez de ce pain et que vous buvez de cette coupe… Ainsi, mes sœurs et mes frères, lorsque vous vous réunissez pour prendre le repas du Seigneur, attendez-vous les uns les autres ! Faire passer la coupe par table !

Nous allons mettre fin à ce Seder de notre Pâque, gardant au cœur le rêve de célébrer celui de l’an prochain dans un monde un peu plus en paix, renouvelé par l’égalité, un monde béni au travers de la liberté de toutes les femmes. Cette année, nous sommes encore sur les routes. Peut-être parviendrons-nous l’an prochain, au pays de la liberté. Dans cette espérance, unissons nos voix et nos prières pour dire ensemble : NOTRE PERE…

Chant : Viens et nous bénis Arc 890, 1 et 3

ENVOI Nous allons souffler nos bougies, ( le faire ), Il ne nous reste qu’à partir, attendre et espérer, car l’histoire doit aller à son terme : Jésus doit mourir pour que la mort meure,Jésus doit ressusciter pour la vie soit la plus forte. Que le Dieu d’amour vous bénisse et vous garde ! Amen.

Postlude




La tête ou les jambes? Jean 20

 « La tête ou les jambes ? » est une saynète inspirée de Jean 20, 11-18 et inventée par Frédéric GANGLOFF (Dynamique Jeunesse UEPAL) . Comment annoncer la résurrection ? Certains parmi nous sont plus prompts à agir, alors que d’autres préfèrent la contemplation. Mais lorsque les deux se disputent, dans un tombeau vide, voici ce que cela peut donner…

  • L’ange-entête
  • L’ange-enjambes

Un ange accourt. Il est nerveux et ne tient pas en place. C’est l’ange-enjambe ! Il se place à un endroit qui symbolise les pieds du Christ dans la tombe. Puis, arrive doucement avec une démarche assurée, l’ange-entête ! Il est calme, rationnel et se place à la tête du Christ… Ils se font face et se regardent un petit moment ; chacun dans sa posture !

Ange-entête : Du calme mon pote ! Cela ne sert à rien de débouler ici à toutes jambes ! Le patron a dit que nous en aurions certainement pour une bonne partie de la nuit… Alors… Autant rester zen et lever le pied !

Ange-enjambes : (toujours à sautiller d’un pied sur l’autre) T’en as de bonnes toi ! Je sais bien que tu as la tête de l’emploi, mais faire le pied de grue, ne me plaît guère… Tu sais attendre et patienter, ce n’est pas trop mon truc… En plus être obligé de te faire la conversation, et que tu me tiennes la jambe… Très peu pour moi ! J’préfère m’esquiver à tire-d’aile…

Ange-entête : (ironique) Allons ! Quand on n’a pas de tête… On a… (avec le public)

Ange-enjambes : Des jambes… Oui, oui, ils ont compris là ! N’empêche ! Me retrouver enfermé avec toi, dans cette tombe un Dimanche matin ; c’est presque une punition. Cela ressemble à une mise à pied… Pourquoi m’a-t-on affecté à cette corvée ? Me voici au pied du mur… Et qu’est-ce qu’on va dire au premier individu qui passe la tête par l’ouverture ? « Shalom ! C’est à quel sujet ? Il n’est plus à cette adresse ! Il est ressuscité ! Alléluia ! »  Ou mieux : « Il a été enlevé ! Allez voir au bureau des cadavres retrouvés ! » Il ou elle va s’enfuir à toutes jambes…

Ange-entête : (Bienveillant) Allons, tu en fais une drôle de tête ! Essaye de la garder sur les épaules ! Ce n’est pas plus compliqué que quand le collègue Gabriel a annoncé à une vierge qu’elle allait devenir enceinte du Saint Esprit. Ne te prends pas la tête pour si peu ! Nous respectons les consignes divines, point barre… (petit moment d’embarras)

Ange-enjambes : J’voudrais pas mettre les pieds dans le plat, surtout qu’ici on a déjà un pied dans la tombe, mais… Imaginons que le premier à mettre ses pieds ici soit… Au mieux… Une femme ! Et surtout l’autre là…  La disciple préférée du maître… Elle est vachement émotive et si jamais elle craque ? Je suis un ange d’action et pas à réaction ! Je risque de perdre pied… D’ailleurs, tu trouves ça normal qu’un mort s’enfuit sur ses jambes ? D’habitude, ils partent les pieds devant !

Ange-entête : Je dois t’avouer qu’à moins d’être tombé sur la tête, c’est assez inhabituel… Justement, l’habitude veut que les morts restent au tombeau. La tombe garde les morts comme un coffre-fort l’argent, comme les anciennes photos renferment l’image, comme la mémoire garde les souvenirs, ou la conserve le cassoulet… Alors un tombeau vide c’est difficile de se mettre cette idée en tête…

Ange-enjambes : Elle va surtout faire des pieds et des mains pour comprendre, et nous, on va répondre quoi ? Par exemple : « Il n’est plus ici, il a pris l’air ça sentait trop le renfermé ! » ; « Il s’est barré parce que la concession est hors de prix ! » ! » Elle va venir pour le soigner, le toucher une dernière fois… Elle pensera qu’il l’attendra ici, sans bouger, de pied ferme ! Elle va s’empresser de le rechercher dans le jardin, faire son enquête, accuser le jardinier… Plus de corps, mais un grand vide ! Cela va lui faire une belle jambe d’apprendre que la tombe est vide !

Ange-entête : Ce n’est pas la peine de te mettre martel en tête pour si peu… Elle va avoir un peu de mal à réaliser… Elle voudra savoir où repose celui qu’elle ne veut pas lâcher ! Elle voudra aller le reprendre ! Et pour cela, elle sera prête à le reconduire à son tombeau ! Elle préfère un Jésus-cadavre, pourvu qu’il soit là où on l’a mis, à disposition, plutôt qu’un Jésus vivant, toujours ailleurs et différent ! C’est qu’elle une idée fixe de son Jésus personnel en tête, la Marie ! Et c’est une forte tête, elle n’en démordra pas !

Ange-enjambes : Si je te suis bien, et ce n’est pas vraiment mon point fort de faire marcher ma tête, le seul qui pourrait la convaincre de se mettre en route, c’est Jésus ? Mais à moins que je n’aie plus toute ma tête, Jésus n’a plus, non plus, la même tête ; il est tout autre, non ? Tu ne ressuscites jamais avec la même tête qu’avant ? Je me suis toujours demandé si c’est comme un lifting ? Pratique ! T’es moche et tu ressors plus canon qu’avant !

Ange-entête : Pour une fois, fais marcher ta tête de linotte ! As-tu déjà vu qu’un jardin garde la semence ? Au contraire, il la transforme ! Comme une graine morte qui devient une belle plante ! Quant à Marie, elle ne pourra plus toucher le maître ; il est déjà passé de l’autre côté, à-Dieu, où rien ni personne ne pourra désormais le retenir ! Mais elle va retrouver une nouvelle famille de disciples et un nouveau Père…

Ange-enjambes : Je commence à en avoir par-dessus la tête de tes démonstrations théologiques ! Tu crois vraiment que ce genre de prédication le Dimanche matin, ça va l’aider la Marie ? Tu crois vraiment, que dans ce genre de situation, elle va garder la tête froide ? Mais enfin, un tombeau vide c’est la fin du monde ; ça bouleverse tout, ça te met les tripes en l’air ; tu ne peux pas considérer cela par-dessus la jambe ! Pâques c’est bien plus que de froides explications autour de l’absence d’un cadavre… Rends-toi compte ! Marie est dans tous ses états ; elle passe d’un voir désespéré à une mise en route dans la joie, après le désespoir du vide ! Faut arriver à le digérer ça ! Tiens ! Rien qu’à le dire ça me donne mal au ventre !

Ange-entête : (En mimant) Parles à ma tête ! C’est ce que je me tue à te faire entrer dans ta petite tête depuis qu’on se morfond dans cette tombe. La résurrection et l’absence de Jésus au tombeau n’effacent pas la croix, mais lui donnent un sens nouveau. La défaite apparente se change en victoire invraisemblable de la foi ! Et une fois que Marie aura de nouveau toute sa tête, elle annoncera cela aux disciples hommes en prenant ses jambes à son cou !

Ange-enjambes : Et tu penses vraiment qu’ils vont y croire… Les hommes ? Sans avoir vu de leurs propres yeux… Machistes comme sont les 12 ! Premièrement, le cerveau n’est que leur second organe favori et pour le peu qu’ils pensent, ils sont persuadés que les femmes sont… comment dire… têtes en l’air ! Enfin, pour ce que j’en sais moi… Je ne suis finalement qu’un ange… A la recherche d’un sexe attitré… Bon en attendant, on dit quoi à la première qui passe les jambes et la tête, alouette !

Ange-entête : Eh ben… Je ne sais pas moi… J’en ai des maux de tête ! On improvise !

Ange-enjambes : Ok ! En attendant l’aube d’un jour nouveau et en tant qu’ange grosse-tête, tu ne t’es jamais posé la question de savoir pourquoi et pour qui on vit ? Et pourquoi et pour qui on court ? Tu ne réponds jamais à ce genre de questions !

Ange-entête : Tu me casses la tête avec tes crises existentielles ! Cela ne nous concerne pas ! Nous sommes des anges Messenger et une foi que Marie aura réalisé et passé ce cap de bonne espérance, ce sera elle la nouvelle messagère… C’est ça notre mission et après on disparaît… Pouf !

Ange-enjambes : Nous peut-être, mais eux là (montre les gens dans l’assistance) et paf ! Pourquoi ils viennent encore à l’Eglise ? Pourquoi on a tellement de mal à les accompagner ? Et pourquoi on ne leur parle pas d’amour, de confiance, d’espoir ? Pourquoi au lieu de liker, on a perdu le goût d’aimer ?

Ange-entête : (de plus en plus irrité) Quelqu’un dans l’assistance aurait-il un marteau pour l’assommer ou quelque chose pour le bâillonner ?

Ange-enjambe : « Si j’avais un marteau. Je bâtirais un bateau. Et j’y mettrais mon père, ma mère, mes frères et la grosse tête. Oh ! Oh ! Ce serait le bonheur ! »

Ange-entête : Mais qu’est-ce que j’ai fais au Bon Dieu pour me retrouver ce matin avec un ange aussi bête que ses pieds ?

Ange-enjambes : Il vaut mieux faire partie d’anges-heureux plutôt que des anges-amer comme une bière tombale !

Ange-tête : Pschitt… Quelqu’un arrive ! Vite… Remettons-nous en place !

Ange-jambes : (ironiquement) Oh ! Un ange passe ! Ne traversez pas sans regarder dans les deux directions ! Un ange peut en cacher un autre (Bref moment de silence où ils regardent tous les deux dans la même direction)

Les deux : « Femme, pourquoi pleures-tu ? »

Crédit : Frédéric Gangloff




Le pain de vie d’après Jean 6, 47-51

« Le Paind’vie d’après » Jean 6, 47-51 est un chœur parlé proposé par Frédéric Gangloff (Dynamique Jeunesse UEPAL). 

Mannepain représente plutôt le passé glorieux dans le désert et la lune de miel entre Dieu et son peuple. Schnellburger évoque le présent et la popularité du fastfood. Paind’vie symbolise le trait-union et l’aujourd’hui où il faut croire et se mettre à vivre. Chaque personnage peut porter son nom ou un objet qui pourrait le symboliser ! Chacun peut dire son nom avant de débuter ; cela permet aux personnes de comprendre qui parle !

Mannepain :  Pour être un bon pain Faut être de la tribu de Mannepain Souviens-toi d’nos pères, qui étaient dans le désert ! Des cailles et de la manne, et pas un dessert ! C’était le bon vieux temps, seul entre Dieu et nous, ses enfants ! Mon Dieu, que c’était bien mieux avant !

Schnellburger :  Pour être un bon pain On s’en fout de la qualité du grain C’est le look, le taste, les sauces et les frites…Le principal, c’est qu’on bouffe ça tout vite Faut qu’ça gicle partout quand tu croques dedans T’avales en deux, trois bouchées, pas besoin de tes dents !

Paindvie :  Pour être un bon pain Il faut pas jouer, mais y mettre du sien J’prétend pas donner à manger pour pas cher ! Pour que les foules me dévorent et me vénèrent J’suis pas du genre, moelleux, sans croûte, pain de mie ! Si tu me manges, tu trouveras la source de vie !

Les trois ensembles : Pour avoir du bon pain Faut déjà avoir un grain C’est pas une question d’blé ! Ou de très bien travailler !Faut juste être rassasié ! Avoir plus que l’santé ! Trouver la vraie vie à jamais !

Mannepain : C’est pas un peu fini, ce cinéma ! Vous avez tous la levure qui enfle ou quoi ! J’vous dis : On va bientôt tous devoir manger notre pain noir ! Raison de plus pour revenir aux origines ! Je propose le régime spécial carême « 40 années de galères dans le désert » : Manne le matin et cailles le soir !

Schnellburger : Oh ça va là ! Tu nous gonfles avec ton « spécial » régime azyme qui arrive à plat ! Féculents le matin et protéines le soir ! Et les cinq fruits et légumes, t’en fais quoi ? Comme… Le cornichon, L’oignon, le ketchup, la laitue, la mayo…

Mannepain : C’est clair ! Pour toi, vaut mieux rester esclave de la société de consommation avec le ventre bien rempli, le compte en banque bien garni, que libre et sur sa faim !

Schnellburger : Et surtout indépendant d’un Dieu qui te donne ton pain quotidien ! Un truc invendable, pas vraiment tasty, que tu dois toi-même ramasser pour te demander ensuite : « Ma ! C’est quoi ça ? »

Mannepain : Possible ! Mais, au moins, chacun ramasse juste ce dont il a besoin pour se nourrir ! Pas de gaspillage ! C’est une manière d’entrer dans la décroissance avec confiance !

Schnellburger : T’es vraiment un fossile du passé ! Mon pauvre Manna ! Le peuple veut sa ration de viande hachée, de burger, de bulles, de Cheddar… Il veut découvrir la recette du bonheur ! Chez nous, le client est roi !

Mannepain : Et pourtant Dieu les a libérés de tout esclavage. Il les avait habitué au miraculeux, au fantastique, aux promesses de grandeur, aux prévisions de croissance… Il leur a promis un pays où coulent la farine et le sel, et ils ont cru que ce serait tellement facile, du genre, des petits-pains au chocolat chaque matin ; un avant-goût du paradis !

Schnellburger : Pour finalement les larguer en plein désert, au milieu de nulle part ! Publicité mensongère ! Tu m’étonnes qu’ils râlent et sont de bons protestants ! Chez nous, ils peuvent rester des clients chiants ! Ils peuvent enlever ou ajouter n’importe quel ingrédient dans leur burger ! Pourvu qu’ils consomment vite !

Mannepain : Et ne regardent pas à la dépense ! Mais où est la confiance? Si chacun se met à faire sa propre cuisine parce qu’il se sert lui-même ! Ce n’est plus un régime par la foi !

Scnellburger : Avec ton régime dosé pour des assistés, tu leur as enlevés le goût du risque ! Chez nous, ils se laissent tenter par le menu XXL size ! C’est peut-être pas très bon pour le foie, mais cela les aide à oublier qu’ils sont en… crise… de…

Paindvie (Sur le ton d’un prédicateur) : Euh ! Messieurs ! Si je puis me permettre : « En vérité, en vérité, je vous le dis… »

Schnellburger : Oh ! Toi le pain d’vie, t’es même panet ! MDR : Même pas né !

Mannepain : Tout juste ! Te mêle pas de la conversation des grands pains ! Cela se passe entre Schnellburger et moi ; pain tradition versus burger à-venir ! On va s’en coller des pains !

Paindvie (continue imperturbablement) : « Celui qui croit à la vie éternelle… »

Schnellburger (Sur le ton publicitaire) : « Tu veux savoir ce que tu aimes manger en secret ? Tape-toi un burger et schnell !

Mannepain (Sur le ton publicitaire) : « Reviens au désert, Dieu sait ce qui est bon pour toi et il te le fournira ! »

Paindvie : Vous deux avez mis les gens dans un sacré pétrin en prétendant leur donner à manger !

Schnellburger : Nous ne sommes pas venus les chercher ! Au contraire, chez nous, ils viennent comme ils sont ! »

Mannepain : Paind’vie, tu sais bien comment sont les gens ! Jamais contents ! Ils râlent, ronchonnent, murmurent… Alors, la manne et les cailles, c’était juste assez pour leur caler l’estomac…

Paindvie : Et cette manne, c’était du provisoire, une ration de survie quotidienne pour pique-niquer dans le désert parce que vous étiez des gosses dans la foi. Il fallait bien vous cadrer et vous apprendre le manque, alors que vous ne pensiez qu’à vous gaver !

Schnellburger : Tu parles de qualité ! Un semblant de baguette et des oiseaux rachitiques ! C’était trop light ! Chez nous, la gamme de produits est équilibrée, diversifiée et même bio ! De quoi dévorer ton burger en toute bonne conscience !

Paindvie : Vous ne parlez tous deux que de manger ! Dévorer ! Tuer ! Consommer ! Moi je vous parle de vie ! Au désert, nos parents ont mangé de la manne et ils sont morts ! Nos enfants mangent des burgers et deux heures après, sont morts de faim ! Où est le progrès ?

Mannepain : Voilà pourquoi, il faut revenir à un régime minceur ! Faire retourner nos enfants dans le désert, leur réapprendre la vraie faim, pour mieux les surveiller et leur donner ensuite que des doses homéopathiques de nourriture chaque jour !

Schnellburger : N’importe quoi ! Chez nous, tous nos ingrédients sont choisis avec soin, de première fraîcheur, servis 24 sur 24, sans réservation aucune ! Alors pourquoi crever de soif et de faim dans le désert en attendant la potentielle becté divine, alors que tu peux t’empiffrer comme un roi pour trois fois rien !

Paindvie : Vous avez tous les deux l’intelligence d’un parpaing ! Vous ne chercher qu’à donner à manger, donner l’aumône, distribuer des vivres, nourrir des sous-développés en espérant qu’ils le restent pour les contrôler et s’enrichir à leurs dépens. Les infantiliser ! Les maintenir en dépendance par des points fidélité et des cadeaux pour jouer. Le tout joliment emballé !

Mannepain : Tu sais bien que ce sont de grands enfants et qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ! Nous savons ce qui est le meilleur pour eux !

Schnellburger : C’est comme ça ! Il faut traiter le monde en consommateur et surtout pas l’appeler à devenir humain, mais à lui garantir simplement la bouffe de demain !

Paindvie : Eh bien, ce temps de l’esclavage est fini. Je ne m’impose plus comme celui qui donne à manger, mais comme celui qui se donne à manger !

Mannepain : C’est bien trop dangereux, paind’vie, tu ne peux pas les lâcher comme cela dans la nature sans les tenir un peu en laisse !

Schnellburger : Mais oui ! Tu vas ruiner notre fonds de commerce une fois qu’ils auront pris goût à la vérité ! Il faut juste leur donner leur burger quotidien, pour qu’ils aient envie d’y revenir souvent !

Paindvie : Le pain qui descend du ciel est devenu humain. La parole s’est faite chair ! Et elle vous propose aujourd’hui à tous de devenir des adultes dans la foi, autonomes, capables de croire et de vivre !

Mannepain : Et notre passé, nos glorieux pères ; Moïse et la Loi, il est encore possible de retourner en arrière ! Faire retraite au désert !

Schnellburger : Et l’avenir, tu ne peux pas résister à la spirale, droit dans l’mur ! Sinon consommer et accroitre ton pouvoir d’achat !

Paindvie : A présent, il nous reste le régime de la vie éternelle qui se donne ! En moi, la chair et le sang font un pour la vie. Ils ne sont plus à prendre, mais sont donnés. Pour la vie et non la mort ! Pour partager et non s’engraisser ! Pour communier et non s’entredéchirer !

Mannepain : Qui est-tu pour parler ainsi ? On a vraiment du pain sur la planche ! C’est moi que Dieu a fait descendre du ciel pour nourrir tous nos pères pendant toutes ces années à errer. Et c’est Moïse qui les a conduits !

Schnellburger : Ouai ! Nous connaissons bien tes parents et ton histoire. On nous l’a souvent rabâché au KT. Mais t’es qu’un paind’vie, bientôt cuit, et même pas un pain people ! Alors que nos clients peuvent manger avec un clown ou dîner avec un roi !

Paindvie : Précisément, tu l’as dit Schnellburgi, un homme qui appelle le monde à être plus humain. Un médiateur de la vraie vie qui nous vient du père ! Et ce pain de vie n’est pas dans un dépôt fermé, que l’on ouvrirait lors des grandes occasions, pour se souvenir de la mort, parce que plus personne n’a le temps de vivre ! C’est un pain qui se lève et se met en mouvement ! Qu’en dites-vous ? Vous avez tous deux de bonnes raisons de gagner votre pain ! Ne pourrions-nous pas, simplement, devenir co-pains ?

Mannepain : Tu veux dire que nous sommes déjà sous le régime du paind’vie ? Mais croyons-nous vraiment en l’efficacité de ce régime pour vivre ? Est-ce qu’on le suit tant que cela ? Moi j’me méfie du régime de la grâce et de tout ce qui gratuit ! Je préfère que ça m’en coûte ! « Je vais mettre mon vieux pain sur le balcon et continuer à attraper mes pigeons… » (Mannepain s’en va)

Schnellburger (s’approche de Paind’vie et le prend à part) Pain’dvie, tu m’as convaincu. Et si on s’associait ? Disons 80 pour moi et 20 pour toi ? Non, mais attends ! T’as le charisme, la tchatche, le look… Tu leur balances quelques-unes de tes phrases qui tuent et moi je les emballe vite fait, bien fait ! A nous deux, nous pourrions conquérir les marchés et devenir les rois du burger ! Je vois déjà les slogans publicitaires d’ici : « T’es fatigué et chargé, viens recharger tes batteries comme tu es ! » ; « La vie de pain, un burger pour ceux qui sont morts de faim ! » ; « Le big cheese paind’vie, transforme les pierres en mie ! » ; « De pain l’homme ne vivra pas seulement, mais de paind’vie uniquement ». Alors ! Qu’en dis-tu ?

Silence Bon ça va, j’ai compris ! J’remballe ! Il s’en va.

Paind’vie reste en place, un petit moment seul, et les deux autres reviennent !

Les trois ensembles : Pour avoir du bon pain Faut déjà avoir un grain C’est pas une question d’blé ! Ou de très bien travailler ! Faut juste être rassasié ! Avoir plus que l’santé ! Trouver la vraie vie à jamais !

crédits : Frédéric Gangloff




La pâque juive

« La Pâque juive » est une saynète proposée par la pasteur Ulrike Richard-Molard (Uepal). Compter un narrateur,  un acteur pour Jésus et  12 acteurs-2disciples

Narrateur:Vous le savez, au moment de célébrer pour la première fois la Sainte Cène, Jésus était à table pour fêter Pessach (ou Pesah), la Pâque Juive. Cette cérémonie rappelle les événements de la sortie des hébreux de l’esclavage en Egypte.

D1 : Normalement cette fête se passe dans une famille. Jésus, lui, était avec nous, ceux qui sont sa vraie famille : nous, ses disciples, nous qui croyons en lui et qui le suivent.Imaginons-donc comment se sont passées les choses lors de ce dernier repas de Jésus avec les siens

Jésus :     Allez, ramassez toutes les miettes sur cette table : il faut les brûler !

D2 :        Ah, oui, je me souviens : dans la maison et dans nos cœurs nous faisons place nette pour quelque chose de nouveau !

D3 :        (mettant le feu) Oui, brûlons tout ce vieux levain !

D4 :        Viens on va mettre la table !

D5 :        Oui, va chercher 14 assiettes alors.

D4 :        Mais pourquoi 14, on n’est que 13, Jésus et nous 12 disciples?!

D5 :        Oui, mais si jamais quelqu’un est seul ce soir, on l’invitera !

D4 :        Ah oui, d’accord !  (Mettent la table joliment)

Ils s’installent, mangent et boivent

Jésus :     Et voici le plat du Seder, le repas de la Pâque.

D6:        Un os d’agneau grillé en souvenir de l’agneau que mangèrent nos ancêtres à la sortie d’Egypte.

D7:         Et des herbes amères parce que les conditions de l’esclavage n’étaient pas drôle du tout.

D8 :        Il y a aussi des pains sans levain, car nos ancêtres lorsqu’ils quittèrent l’Egypte sont partis très vite, la pâte du pain n’avait pas eu le temps de lever.

Jésus :     (le distribue)

D9 :        Et l’eau salée, ce sont les larmes qui ont été versées.

Jésus :     (tient la coupe) Ce soir nous disons merci à Dieu qui nous a délivrés.  En buvant cette coupe, nous voulons dire que nous transformons nos tristesses en joie.

D10 :      Et cette pâte marron ?

D11 :      Facile : Elle rappelle le mortier que nos pères ont du fabriquer pour construire le maisons des égyptiens.

D12 :      Et pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres ?

Jésus :     C’est que nous étions esclaves du Pharaon en Egypte, mais Dieu nous a aimés et il a voulu que tous les hommes soient libres pour le servir.

D12 :      Mais Jésus, nous n’avons jamais été esclaves, et encore jamais en Egypte…

Jésus :     En toute génération, c’est un devoir pour chacun de se considérer comme étant lui-même sorti d’Egypte. Ce n’est pas seulement nos Pères, mais nous-mêmes qu’il a sauvés avec eux.

Narrateur : Mais ce soir de séder-là, n’était pas comme les autres. Jésus a fait des choses bizarres, nouvelles, il nous a lavé les pieds et il a donné un sens nouveau au vin et au pain. Ça nous a impressionné, et nous a fait peur aussi.

Crédit : Ulrike Richard-Molard (UEPAL)  – photo Par Jonathunder — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6493099




Le parfum du « scandale » Jean 12,1-10

Chœur parlé sur Jean 12, 1-10 : Le parfum du « scandale » proposé par Frédéric Gangloff (UEPAL).

Narrateur : Nous sommes six jours avant la Pâque juive et Jésus monte vers Jérusalem. Il fait étape dans le village de Béthanie, pas loin du mont des oliviers…Il vient visiter Lazare, celui qu’il avait ressuscité des morts et ses deux sœurs Marthe et Marie. Un dîner de gala est organisé en son honneur avec ses disciples…Marthe supervise…En ces temps-là, on ne s’asseyait pas sur des chaises pour manger. La table avait la forme d’un U et les invités étaient étendus sur des lits, la tête près de la table et les pieds à l’opposé !

Marthe : Repose-toi Maître, tu es chez des amis ! Tu dois être bien fatigué par ce long chemin et à cause de tous les pièges montés contre toi. Tu leur fais peur ! Pas plus tard que hier, j’ai entendu, de la bouche d’une servante du Temple, qui est la cousine germaine de ma voisine, que les grands prêtres cherchaient une occasion pour t’arrêter et …

Invité : Silence ! n’importune pas le maître avec des ragots de femmes…Personne n’osera lever la main sur lui après ce qu’il a fait ! Il est trop célèbre à présent ! Ils ne voudront pas mécontenter la foule ! Ils ont trop besoin d’elle pour rester en place. Ecoute-les là dehors, maître, ils t’acclament, ils te vénèrent !

Judas : Oui Rabbi, il a raison ! C’est demain qu’il faut que tu agisses et que tu te révèles comme le messie de l’Unique, béni soit son saint nom ! Prends le commandement du peuple et nous nous soulèverons contre l’envahisseur romain. Nous sommes prêts à te suivre et à établir ton royaume de Dieu sur terre !

Pierre : Modère ton impatience Yehoudah et laisse le maître reprendre quelques forces. Nous aviserons après le repas. J’ai moi-même emporté quelques armes et des provisions pour la lutte finale. Elles risquent de nous servir. Nous ne sommes plus très loin du but. Avec la résurrection de Lazare, le rabbi a frappé les esprits et convaincu les derniers sceptiques. C’est bientôt Pâque et les Romains vont être occupés à assurer la surveillance du parvis du Temple. Le moment idéal pour agir ! Qu’en penses-tu Lazare ?

Lazare : Je ne sais plus très bien…Depuis que je suis revenu de la mort à la vie c’est comme si j’avais vécu une nouvelle naissance non-violente…

Invité : Allez Lazare, ne sois pas un tel rabat-joie ! Je trouve que tu as un moral d’outre-tombe ! Ha !Ha !Ha ! MDR… Ce soir c’est le grand soir ! demain le maître va faire son entrée triomphale dans Jérusalem. Je me suis occupé des derniers détails. Il y aura foule ! En attendant, buvons à notre succès ! A la vie !

Narrateur : Soudain, Marie, entra dans la salle en portant un vase contenant une livre de nard pur c’est un parfum de grand prix. Elle l’ouvrit et le répandit sur les pieds de Jésus. Puis, elle défit ses cheveux et les utilisa pour essuyer ses pieds. Bientôt toute la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum enivrant…

Maître de maison : Que fais-tu là, femme insensée ! Non seulement tu oses nous importuner pendant le repas en nous imposant ta présence, mais en plus tu m’insultes ! Crois-tu que le maître a besoin que tu lui parfumes les pieds une seconde fois ? Avant de prendre place, mes serviteurs les lui ont déjà lavés dans de l’eau parfumée, pour les débarrasser de la poussière du voyage. Va-t-en ! Avant que je ne donne l’ordre à mes serviteurs de te jeter dehors !

Pierre : Voyons Marie ! Comment peux-tu t’exhiber ainsi devant les regards de tous ces hommes en des moments pareils ! Allons ! Reprends-toi et remets tes cheveux sous ton voile ! Tu nous fais honte ! Penses-tu que le Rabbi a l’esprit à batifoler alors qu’il est devant la mission la plus importante de sa vie ! Va plutôt aider ta sœur à la cuisine ! Et ne commence pas à pleurer comme une madeleine !

Judas : C’est bien les femmes ! Toujours à dépenser l’argent n’importe comment pour des choses accessoires plutôt que d’économiser pour les bonnes œuvres de la « paroisse ». Quel gaspillage ! J’aurai pu le revendre le double et cet argent aurait soulagé bien des malheureux !  Le rabbi ne nous a-t-il pas enseigné, par ses paroles et ses actes, d’aider notre prochain et surtout les plus pauvres ?

Marthe : Arrête de te donner en spectacle devant tous ces hommes ! Tu ne vas pas me refaire le coup de la dernière fois. Cela m’étonnerai que le maître accepte. Tu vas te faire blâmer et nous avec…

Jésus : « Laissez-là et vous, arrêtez de vous scandaliser pour rien ! Depuis le temps que vous voyagez avec moi, que vous m’écoutez, que vous me voyez agir, que vous partagez mes repas et mes projets, n’avez-vous toujours pas compris ? Aura-t-elle toujours une longueur d’avance sur vous ? L’heure n’est pas à la charité raisonnable mais à ce geste fou. Cette odeur de parfum est une odeur de mort. Elle a fait cela en vue de mon embaumement… »

Judas : Je ne comprends pas Rabbi…N’as-tu pas toi-même dit qu’il fallait s’occuper des pauvres, des rejetés et des brebis égarées d’Israël ? Comment peux-tu tolérer un tel gaspillage ? Et puis, qui parle de mort ici ? Tu n’as jamais été aussi populaire ! Le peuple te suivra et nous aussi jusqu’à la mort !

Jésus : « Judas, Judas, mon fidèle ami ! La colère te fait passer à côté de l’essentiel. Des pauvres, vous en aurez toujours. Mais Marie a fait un acte prophétique symbolique ; une œuvre belle et immédiate. C’est une œuvre d’amour et non de l’aumône. C’est ma présence qu’elle recherche avant tout et comme je ne suis plus là pour longtemps, elle fait bien ! Tout le monde s’occupe de ma mort qui est le prix de votre vie ! Je suis sûr que tu comprendras cela Judas ! Ils croient tous pouvoir me manipuler, mais c’est encore moi qui choisi l’heure de ma mort !

Pierre : Maître, comment peux-tu parler de partir et de nous laisser ! C’est maintenant que nous avons besoin de toi, nous avons tout quitté pour toi !

Marthe : Maintenant je comprends pourquoi il m’avait dit ces paroles bizarres quelques jours auparavant : « Je suis la résurrection et la vie ; celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ! »

Crédit : Frédéric Gangloff – photo Image de Miguel Á. Padriñán pixabay.com




Le tombeau vide

« Le tombeau vide » est une narration de Machtfeld DEDIEU parue dans « Tu diras à tes enfants… »  sous la direction de Richard Gossin et son équipe. La narration a été adaptée par Christiane Klett, pour une utilisation avec les figurines bibliques. Les mots en gras* sont expliqués ici quelques mots de vocabulaire

 Mise en scène : tous les enfants sont assis au sol (sur des coussins) et sur le premier rang des bancs. Antje, Liana et Audrey se tiennent près de Myriam et ont leur étiquette avec le texte dans la main (télécharger ici Les étiquettes à découper )

Myriam C’est la veille des vacances de Pâques dans l’école d’un village d’Alsace et l’excitation règne. Antje discute avec ses copines Liana et Audrey de leurs projets, pendant cette dernière récré.

Liana:  « Vous savez ce qu’on va faire en cours de morale? Cela va être super ! On va peindre des œufs de Pâques !  »

Audrey et Antje, qui vont en cours de religion, sont un peu jalouses. Elles ont une question :

Audrey : c’est quoi au juste, Pâques ?

Antje :  tu sais, toi ?

Avec les figurines bibliques nous allons raconter l’incroyable histoire de Pâques : texte lu, puis les 3 jeunes filles se rassoient à leur place.

Une triste journée est en train de se terminer. On est à Jérusalem et c’est la fin du sabbat*, le jour de repos pour les Juifs. Le soleil est couché et les gens sortent encore faire quelques courses

Trois amies, Marie de Magdala, Marie et Salomé sortent également faire un achat très particulier…

(3 autres jeunes filles s’emparent chacune d’une figurine et présentent les trois femmes avec de grands foulards blancs, en signe de deuil, et lisent le texte ci-dessous. Lorsqu’il est question des fils, ceux-ci se manifestent l’un après l’autre, après avoir entendu leur nom de la bouche de la mère, en se levant et en tenant la figurine à bout de bras. Anticiper ce moment en donnant aux 3 garçons une figurine en main et l’étiquette de texte avant la présentation des 3 femmes)

1ère femme : « Je suis Marie.  Je viens de Magdala (le même pays que Jésus), c’est pourquoi on m’appelle Marie de Magdala. Jésus m’a guérie d’une grave maladie. »

2ème femme :  » Je suis une autre Marie, souvent appelée « L’autre Marie ». J’ai un fils appelé Jacques. »

Jacques : « C’est moi! Je suis Jacques, le petit, le mineur ! »

 3ème femme : « Je suis Salomé et mes fils s’appellent, l’un Jacques

Jacques, fils de Salomé « C’est moi ! Je suis Jacques le grand, le majeur ! »

3ème femme …et l’autre fils s’appelle Jean

 Jean : « C’est moi ! Je suis Jean, celui que Jésus aimait tant ! »

(Les garçons vont poser leur figurine au milieu des disciples sur le baptistère.)

Les trois femmes vont acheter des aromates pour préparer une pommade très parfumée avec laquelle on embaume le corps*  d’un être cher qui est mort. C’est une coutume du pays.

 

Aller avec les 3 femmes (jeunes filles portant chacune une femme) vers l’échoppe, en expliquant les aromates. Puis expliquer l’expression « embaumer un corps*« . Les enfants, assis au sol et sur le premier banc, se lèvent et suivent du regard le cortège. Au retour des femmes des tiges d’encens sont tendues vers les paroissiens et une corbeille d’herbes aromatiques peut circuler.

 C’est Jésus qui est mort, celui qu’elles ont suivi partout. Les femmes sont bouleversées. Elles veulent aller demain à la tombe, pour être avec lui et embaumer son corps*.

Les 3 figurines femmes sont déposées à gauche sur l’autel.

C’est dimanche. Au petit matin, Marie de Magdala, Marie et Salomé se mettent en route avec leurs aromates soigneusement préparés. Le tombeau de Jésus se trouve en dehors de la ville, creusé dans le rocher. Des hommes forts ont roulé une grosse pierre* devant. En marchant, la tête baissée, elles discutent entre elles de ces affreux moments. Elles auraient tant voulu que Jésus soit resté en vie. Elles sont à la fois tristes et en colère* -« Pourquoi quelqu’un comme Jésus a dû mourir ? Il était bon pour ceux qui souffraient. Il les remettait sur le chemin de la vie. »

Mais d’un coup elles s’arrêtent de parler en pensant à la tombe. La pierre* ! Comment peuvent-elles rouler cette énorme pierre ? Elles sont découragées ; il ne leur reste plus qu’à rentrer. Mais, il y a cette envie grandissante qui les pousse: V O I R…

Les figurines avancent jusqu’à proximité de la pierre

Mais quoi ? Se sont-elles trompées d’endroit ? L’énorme pierre n’est plus devant. Qui l’a enlevée ? Maintenant n’importe qui peut entrer ! Le cœur battant elles s’approchent. Elles approchent. Soudain, elles s’arrêtent comme foudroyées : un homme en habit blanc* éblouissant est assis à l’entrée de la grotte.

Elles pensent bien qu’il ne se trouve pas là par hasard, c’est un messager.

Que va-t-il leur annoncer ? Que va-t-il leur annoncer?  C’est quoi « être ressuscité » ?

 

Les figurines sont à présent devant l’ange et l’une d’elle se penche pour regarder dans l’intérieur de la tombe

Pas question de partir, l’homme a bien vu leur angoisse. – N’ayez pas peur ! Je sais que vous cherchez Jésus, celui qu’on a mis sur la croix. Il s’est relevé. Regardez, il n’est plus ici. Ne restez pas là. Allez, prévenez Pierre et ses amis, dites-leur que Jésus est vivant ! Il vous attend! Il vous l’a même dit…

Remettre les 3 femmes sur la gauche de l’autel, serrées l’une contre l’autre

Elles sont terrifiées. Elles s’enfuient et courent pour s’enfermer à la maison. Elles sont terrifiées, elles s’enfuient. Petit à petit, la tristesse fait place à la joie.

Déplacer les 3 femmes (les bras levé au ciel et leurs foulards blancs glissés au sol…) avec les trois jeunes filles vers le baptistère où se trouvent les disciples

Alors cette joie les pousse à aller voir Pierre et elles lui crient : « Il est vivant ! Christ est vraiment vivant, nous le croyons ! »

 

 

Myriam 

À la sortie de l’école Audrey et Antje tout excitées retrouvent Liana. Elles ne laissent aucune chance à Liana de montrer quoique ce soit. Elles lui crient :

Audrey :  « Laisse tomber tes œufs ! Il est vivant !

Antje : Christ est vraiment vivant, nous le croyons ! »

Tous les enfants redisent en chœur, deux fois, ce texte (projeté aussi au mur). L’orgue  entonne la mélodie de la ronde qui suit :  (le texte est projeté au mur). Le tout peut être joué et chanté aussi par l’assemblée 5 à 6 fois de suite. Pour la ronde finale, tous les enfants se tiennent par la main et durant l’Alléluia font un tourniquet par deux. Texte chanté par tous et dansé par les enfants, projeté au mur et joué à l’orgue avec élan à compléter en cercle 2 ou 3 fois, puis en ribambelle dans le couloir central avec retour, un cercle puis fin.

 

« Christ est vivant – oui – Jésus est bien vivant, nous le croyons, nous le croyons (bis)

 Christ est vivant – oui – Jésus est bien vivant, c’est ce que nous croyons vraiment ! »

Alléluia !(répété 5 à 6 fois)

 

Crédit photos  : Christiane Klett