La capuche

Ce texte peut soit se rapper, soit  être slamé ou cantillé… Il peut très bien être utilisé dans le cadre de la fête de l’ascension ou pour la thématique de la mission. Une fois Jésus parti, je fais quoi ? Je regarde hébété vers le ciel, priant pour son retour ou je retourne changer le monde. A moins de fuir… Je tiens à remercier Norman et Squeezie pour l’idée de la capuche. 

Quand j’suis dans la foule, j’suis sous ma capuche.

Quand il pleut ou neige, j’reste sous ma capuche !

Et quand j’enlève ma capuche, j’suis toujours sous ma capuche !

Et v’la que Dieu y m’appelle pour porter secours à des gens

qui se perdent, genre spirituellement parlant…

Faut dire que les gens en question y sont super méchants

et j’dois leur balancer les quatre vérités dans les dents !

J’suis qui sous la capuche pour leur faire la morale ?

Apporter la vérité et comment ils doivent se comporter au final ?

 

Mais j’détale jusqu’au premier obstacle devant ma capuche !

Que d’eau, que d’eau ! J’suis le missionnaire sous la capuche,

même pas peur ; c’est pas l’amer à boire !

J’achète un bateau avec c’qui me reste au comptoir,

J’aime pas l’avion et les trous l’air et pis t’es jetlagué !

Au fait, c’est dans l’autre direction qu’je devais aller !

J’suis parti tout schuss soleil couchant genre cow boy solitaire

J’suis l’anti-héros de service en mode guerre nucléaire

J’me terre sous ma capuche et j’veux rien savoir de leurs histoires !

Si Dieu a des comptes à régler avec les indigènes locaux,

Il a qu’à se débrouiller, j’risque pas ma peau !

Tu sais jamais sur qui tu vas tomber !

J’suis personne sous ma capuche et j’vais me coucher

dans le ventre du bateau. j’vais ronfler ! Ça va passer !

 

Mais Dieu il est pas du genre à lâcher le morceau,

Il déclenche une tempête, tsunami méga costaud

Le bateau menace de couler et le sort tombe sur ma capuche !

C’est moi le responsable de tout ça ! Non mais quelle cruche !

Ils peuvent pas jeter par-dessus bord celui qui paie pour échapper à sa mission ?

Comme quoi, on s’achète pas sa bonne conscience avec du pognon,

Et c’est pas le plus riche qui décide où et à qui va l’argent,

J’crois peut-être que j’suis seul sous ma capuche, et ben non !

Suis fourré dans la même galère

avec un tas d’autres qui se demandent quoi faire ?

Et si chacun sur ce bateau, jetait quelque chose de lui à l’eau

pour éviter que le Titanic ne coule et qu’il reste à flots !

Et dans ces situations extrêmes, souvent, suis obligé de savoir

et de dire qui je suis et en quoi je peux croire !

Cette fois c’est pour ma capuche et j’insiste qu’on me jette à l’eau !

J’me dis pour échapper à Dieu, « j’me cache à l’eau ».

Et voilà qu’il arrive le gros cabillaud,

puisqu’ y a que cette capuche à avaler, qu’un

et re-qu’un !

 

Et sous ma capuche comme la mission un-possible j’ai cru,

suis maintenant avalé tout cru !

Et dans le bide du grand poisson, j’me suis dit, c’est assez !

J’arrête de fuir ! J’suis crevé ! comme ceux partis en ayant tout laissés !

Dites ! Vous avez remarqué ! La facture est trop salée !

Il reconnait le poisson péché – pardon- le poids d’son péché !

Temps en temps faut que ça sorte ! Tu peux toujours recommencer !

Et comme il lui reste sur l’estomac, le poisson, qui avait des nausées,

vomit la capuche à la vie qui part direction  soleil levé !

Dans cette histoire, il y a Elohim et Yahvé ; deux Dieux qui s’entendent au mieux !

On n’appellerait pas cela de l’interreligieux ?

Le Dieu personnel de la capuche et un Dieu pour les Ninivites.

C’est plus forcément le Dieu de la capuche adoré comme le fric !

Mais chacun le retrouve dans sa propre tradition et culture.

Bref, ça a l’air de fonctionner, si on ne s’abrite pas derrière ses murs !

La capuche prêche à Ninive et les ninivites, eux, sans attendre le déluge,

se repentent et Dieu aussi parce qu’il voulait leur faire du mal ! Le dieu-juge !

 

Et moi sous ma capuche j’étais pas content du tout alors que les ninivites,

des bestioles, jusqu’au président de la république,

ont écouté et agi ! J’suis le seul pasteur à la capuche

qu’on prend pas pour une… quiche.

Ma prédication a eu un effet domino, ils se sont tous convertis,

ils ont changé du tout au tout, tous… Sauf bibi !

quand j’suis sous ma capuche, j’reste sous ma capuche sans moufeter !

J’me suis assis, le plus loin possible, pour vraiment bouder !

Celui qui dit, il est ! Et c’est valable aussi pour Dieu, non mais…

J’vois pas pourquoi il changerait d’avis ! J’savais, moi, qu’il se dégonflerai.

Il est bien trop bienveillant et miséricordieux, un peu lent à la colère,

le genre qui revient sur sa décision par amour ! Un Dieu pépère !

J’aurai adoré voir les Ninivites, ces gros méchants, morfler grave !

J’étais persuadé d’avoir raison et eux tort ! De vrais caves !

J’suis fâché jusqu’à la mort. En fait, je le suis bien, si je suis incapable de m’ouvrir

et que j’ reste sous ma capuche, mariner dans mon jus jusqu’à pourrir !

C’est pas sur un coup de tête que tu pars en mission ventre à terre,

ni pour te faire ton trip sur un chantier humanitaire !

Une telle décision n’est à prendre ninivite, ni par intérêt,

mais par amour du prochain et de l’Eglise universelle. T’es prêt ?

 

J’vous rappelle que je suis toujours fâché contre Dieu qui change d’avis comme de chemise.

J’me suis posé sur la colline d’en face pour voir si la partie serait pas remise ?

En attendant, J’commence à avoir un coup de soleil. La vérité si j’mens

Vous sentez la chaleur du soleil d’orient ?

Heureusement Dieu m’a abrité à l’ombre d’un ovni,

objet végétal non identifié, si, si…

Pour me guérir de ma mauvaise humeur. Eh oui !

Même fâché contre lui, Dieu prend soin de moi et ça me rend happy !

Bon jusqu’à ce que Dieu fit assécher mon pare soleil !

En m’faillant crever d’une insolation, Dieu m’a permis de distinguer l’accessoire de l’essentiel.

Et dire que j’m’en faisais un max pour une plante dont j’me suis jamais occupé !

qui est apparu et a disparu en une nuit, mirage de la société,

alors que j’voyais pas sous ma capuche tous ces grands enfants désorientés

qui ne savent même pas distinguer leur droite de leur gauche, vraiment paumés !

Alors, j’retourne sous ma capuche et j’men tape si le monde déconne ?

ou j’relève ma capuche pour voir mes sœurs, mes frères, les hommes !

Quant à la capuche, il est peut-être encore en train de bouder,

sur la colline, en face de la ville, qui elle, est sauvée !

En tous cas, son histoire se termine en queue de poisson !

A propos, mais vous l’avez reconnu depuis longtemps, non !

Dans la Bible, la capuche s’appelle la colombe : Yonah ;

c’est pas devenu un symbole de paix… ça ?

Je dédie ce texte tout particulièrement à mon regretté collègue et ami, le pasteur Jean Daniel Faivre qui y a mis beaucoup du sien ! Frédéric Gangloff (UEPAL)




Jonaze et le grand poisson d’avril

« Jonaze et le grand poisson d’Avril » est un sketch proposé par Frédéric Gangloff (UEPAL) d’après Matthieu 12, 38-42. 

Deux narrateurs se placent, si possible, de chaque côté. Il faut laisser un espace vide au milieu pour l’entrée de Jonaze. Les narrateurs auront, au préalable, un poisson d’avril accroché dans leur dos, mais que le public ne verra pas en face. L’un des narrateurs est plus sérieux et posé, tandis que le second est plus facétieux, voir caustique…

NARRATEUR 1 : (Très pastoral) Alors quelques scribes et pharisiens prirent la parole…

NARRATEUR 2 : (l’interrompant, ironique…) Une fois de plus, il a fallu que les scribouillards et les parisiens ramènent leur fraise !

NARRATEUR 1 : (il poursuit sans se laisser démonter) « Maître, nous voudrions que tu nous fasses voir un signe » !

NARRATEUR 2 : (sarcastique) Farpaitement ! Un signe de reprise économique ; de croissance retrouvée ; de sécurité assurée ; de privilèges sauvegardés… Un signe qui déchire grave !

NARRATEUR 1 : (Assez mystique) Un signe céleste de la venue du royaume ! Tiens… Décroche-nous la lune et met-nous des étoiles plein les yeux !

NARRATEUR 2 : (ironique) Comme ça, plus besoin d’engager notre foi, nous aurions enfin confirmation !

NARRATEUR 1 : Bon, nous savons à peu près lire les signes du temps à la couleur du ciel…

NARRATEUR 2 : Tu parles ! Sacrés experts ! Même la météo fait des siennes ! Trois flocons de neige et les parisiens sont en alerte rouge !

NARRATEUR 1 : Admettons ! Mais pourquoi Jésus ne fait-il jamais ce qu’on lui demande ? C’est pourtant pas sorcier ! Un méga-signe de la fin des temps qui ferait sensation !

NARRATEUR 2 : (Dans le tragique-comique) Johnny revient parmi les siens !

NARRATEUR 1 : Pire ! Plus de famine ; de guerre ; plus de maladies ; plus d’inégalités sociales…

NARRATEUR 2 : (très ironique) ça veut dire aussi plus de spéculations boursières sur les produits alimentaires, plus de marchands d’armes et du chômage, plus de profit pour les grands groupes pharmaceutiques, plus de lobbies d’influences…

NARRATEUR 1 : Plus de nucléaire ; plus de fanatismes ; plus d’émissions de gaz à effet de serre…

NARRATEUR 2 : (Toujours ironique) Retour dans les grottes et dîners aux chandelles, plus de religion, une autre manière de consommer ! Tu es prêt à changer le monde et à opter pour la décroissance ?

NARRATEUR 1 : Moi ? Euh… Ben… J’attends le déclic… Le signe sensationnel retransmis en direct sur toutes les caméras des chaînes d’info, en prime time…

Les narrateurs chantonnent, sur la musique de Jean Jacques Goldman, « Il suffira d’un signe… » … Il suffira d’un signe, un matin ! Un matin tout tranquille et serein. Quelque chose d’infime, c’est certain. C’est écrit dans nos évangiles, en nos mains… Pendant ce temps, entre Jonaze avec un énorme poisson d’avril accroché au dos ; il n’a pas l’air très frais et peut traîner avec lui un morceau d’épave…

NARRATEUR 2 : (mort de rire) Il sort d’où lui ? De Koh-Lanta ? Snif ! Snif ! Il sent le poisson pas très frais ! (Il le regarde avec son morceau d’épave) Trop cool, on dirait un rat d’eau !

NARRATEUR 1 : Monsieur… Vous faites tache, on croirait une épave humaine ! Circulez svp ! Quand tout sera terminé, on vous fera signe !

JONAZE : Justement ! Je le suis… Le signe… Le seul qui vous soit vraiment donné !

NARRATEUR 2 : Vu sa dégaine, ce serait plutôt la mort du signe !

NARRATEUR 1 : Et qu’est-ce que vous avez accompli de si extraordinaire pour nous aider à croire que vous êtes bien le seul et unique signe ?

JONAZE : Mon nom est Jonaze !

NARRATEUR 2 : Pauv’naze ?

JONAZE : (en mode télévangéliste exalté) Le Seigneur m’a dit : « Pars pour rejoindre cette génération mauvaise, adultère, dévergondée, bourrée de tune, matérialiste ! Et dit lui : Si dans quarante jours, vous ne changez pas de vie, c’est le terminus pour vous ! Je nettoie au karcher la cité ! »

NARRATEUR 1 : Ah bon ! Et… C’est tout ?

JONAZE : Vu que c’est plutôt mission impossible, je me suis barré dans la direction opposée en vitesse de croisière sur le yacht de Bolloré…Euh… Pardon… un yacht que j’ai loué !

NARRATEUR 2 : Et vous avez cru mener Dieu en bateau ?

JONAZE : J’ai bien capté que c’était plutôt cuit lorsque la mer s’est déchaînée et que l’équipage chantait : « Plus près de toi Seigneur, plus près de toi… »

NARRATEUR 1 : C’était bien la peine de vous enfuir au loin ! Et ensuite, qu’est-ce que vous avez fait ?

JONAZE : J’ai vomi à cause du décalage horaire !

NARRATEUR 2 : Vous voulez dire : A cause du mal de mer !

JONAZE : Oui, j’en avais plein le naze…Enfin de tout ça ! Et j’ai crié…

NARRATEUR 1 : Maman !

NARRATEUR 2 : Aline ! Pour qu’elle revienne !

JONAZE : Mais non ! (Les regarde comme s’ils étaient devenus fous) Mea Culpa – c’est du latin, c’est toujours classe de le placer- ça veut dire : « qu’est-ce que je suis con, tout est de ma faute ! » Et avant qu’ils me jettent à l’eau, je me suis dit : Ma foi, c’est assez ! J’me cache à l’eau ! Et il est arrivé le gros cabillaud ! Faut dire qu’il y en avait qu’un à avaler !

NARRATEUR 2 : (amusé) Qu’un et re-quin !

JONAZE : Et me voilà dans le ventre de la baleine, dont l’haleine ne sent pas vraiment pas la rose. Il faisait noir et j’avais de l’eau jusqu’au cou. J’aurai bien eu besoin de baleines pour soutenir ma gorge ! J’étais quasi mort et j’ai rencontré un tas de monde ! Des pneus de voiture, des sachets plastiques, le capitaine Achab, Gepetto et Pinochet…

NARRATEUR 1 : Hmmm, plutôt Pinocchio ! Encore un qui a désobéi à son papa !

NARRATEUR 2 : Trop fort ! Jonaze rencontre gros naze !

JONAZE : Après trois jours et trois nuits dans le bide du grand poisson, je trouvais la friture un peu salée…

NARRATEUR 1 : Vous voulez dire : la facture trop salée ! Tu vois (en s’adressant à l’autre) il reconnaît enfin le poids d’son péché !

NARRATEUR 2 : (fait semblant de mal entendre) Comment ? le poisson péché ?

JONAZE : Et j’ai crié (regarde pour voir si les autres n’ajoutent rien) « Mon Dieu, donne-moi une deuxième chance, une renaissance sur le mode : Jonaze le retour ! Et je pêcherai…Euh prêcherai ton message comme un SOS jeté dans une bouteille à la mer ! » Et le grand poisson m’a vomi là où j’avais pied !

NARRATEUR 1 : Ah oui ! La Baleine au boss pleine de bleus…

NARRATEUR 2 : Il a dû lui rester sur l’estomac ! Elle a nettoyé ses tuyaux !

JONAZE : (En mode télévangéliste exalté) Fini de rire, banc de pêcheurs, si dans quarante jours, vous ne changez pas de vie…

NARRATEUR 1 : C’est bon là ! Ils ont compris ! (S’adresse au public) Hein que vous avez compris !

NARRATEUR 2 : Et tu t’imagines que ça va marcher, sans signe puissant, juste parce qu’ils vont te croire sur parole ?

JONAZE : En tout cas, les Ninivites ont changé de vie. Du plus grand au plus petit ! Du roi au Ouistiti ! Si même Dieu change d’avis et qu’on ne peut même plus compter sur un bon vieux déluge venu du ciel, je laisse tomber ! Je suis très contrarié. Vous voulez quelque chose ! Faites-le vous-mêmes ! Vous allez voir que bientôt Dieu, tellement bon et lent à la colère, va encore nous préparer une de ses surprises ! En attendant que vous décidiez, je m’en vais bouder jusqu’à ce que les méchants morflent pour ce qu’ils méritent !

NARRATEUR 2 : C’est ça, dégage avec ta planche de salut ! Encore une histoire qui va finir en queue de poisson ! Jonaze sort en trainant son épave derrière lui !

NARRATEUR 1 : Non, mais honnêtement, ce Jonaze ne fait pas très sérieux. C’est une caricature de prophète. Le genre de gars qui se prend pour Moïse ou Elie et qui est de mauvaise humeur parce qu’il avait prévu le happy end de l’histoire alors que lui avait condamné les Ninivites dès le début !

NARRATEUR 2 : Je me demande si annoncer la Parole que Dieu nous confie, même si nous sommes convaincus du contraire, ne peut pas opérer de grands changements qui, heureusement, ne dépendent pas de nous !

NARRATEUR 1 : Attends ! Tu nous l’as fait sur quel mode là ? T’as bu la tasse ? C’est le monde à l’envers ! Cela voudrait dire qu’il faut qu’on réagisse pour le remettre à l’endroit ! Mais je suis contre la précipitation ! Réfléchissons : Ni trop lentement ni-nivite !

NARRATEUR 2 : Trop tard ! Il nous a pris de vitesse ! Dieu ne se laisse plus enfermer dans les convictions, les dogmes, les Eglises, les shows d’exorcisme ou de guérison… Fini la manipulation ! Si Dieu se remet en question jusqu’à se repentir. Cela veut dire qu’il pourrait aller jusqu’à…

NARRATEUR 1 : Aimer à en mourir… Alors c’est pour cela que Jésus concède le seul signe improbable ! Un signe de ouf ! Je me demande si les scribouillards et les parisiens vont gober la référence à Jonaze !

NARRATEUR 2 : Eux qui ont du mal à ouvrir leurs yeux et à reconnaître la puissance de Dieu dans les miracles et les guérisons de Jésus risquent bien de passer à côté de la faiblesse de la croix et sa mort…

NARRATEUR 1 : A ceux qui pensent savoir de quoi Dieu doit avoir l’air et ce qu’il doit faire, Jésus répond par son silence durant les trois jours au cœur du tombeau…

NARRATEUR 2 : Comme Jonaze englouti par le monstre des eaux mortelles…

NARRATEUR 1 : A ceux qui réclament à corps et à cris des signes extraordinaires comme nous, il laisse sa parole et sa Bonne Nouvelle !

NARRATEUR 2 : Si Jésus ne fait pas dans les signes grandioses c’est peut-être pour que d’autres ne mettent pas la main sur lui pour en faire un atout commercial ou pire… Un produit dérivé !

NARRATEUR 1 : Mais alors le seul signe que nous ayons, pour le moment, c’est de proclamer sa mort sur la croix ? Mais cela ne peut tout de même pas finir ainsi ! C’est un aveu de faiblesse qui ressemble à un échec…

NARRATEUR 2 : Attends ! Tu n’as pas lu les Dernières Nouvelles De Jérusalem ce matin dans la rubrique « faits divers » (lit un article de journal) : « Tôt, ce Dimanche matin, un groupe de femmes s’est rendu au tombeau de Jésus, dit le Christ, pour l’embaumer. Quelle ne fut pas leur surprise, lorsque la grosse pierre d’entrée avait été roulée et que le cadavre de Jésus s’était envolé ! Ces femmes, en état de choc, tétanisées et certainement peu fiables, parlent d’un jeune homme avec une robe blanche qui leur a déclaré que Jésus de Nazareth, le crucifié, est ressuscité ! A l’heure actuel, un bilan de santé est en cours pour évaluer leur état mental ! »

NARRATEUR 1 : (Au fur et à mesure, il s’enthousiasme de plus en plus) Et si la vie était encore plus redoutable que la mort ? Si c’était le premier matin d’une nouvelle création ? La pierre est roulée ! Le chemin est libre ! l’impasse devient recommencement ! Si c’était vrai, cela remettrait tout en cause. Ce serait le ménage de printemps de notre foi ! La pierre roulée devient la peur ôtée ! Jésus serait vivant, jamais là où l’on voudrait qu’il soit, mais toujours ailleurs. Il est en avant ! Il compte sur nous ! Il est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

NARRATEUR 2 : (d’un ton moqueur) Ha ! Ha ! Ha ! « Poisson d’Avril » !

A ce moment les deux narrateurs repartent chacun dans la direction opposée et on voit un poisson d’avril accroché dans leur dos !




Jésus entre à Jérusalem ; l’entrée d’un people

Saynète pour le dimanche des Rameaux … ou le temps de l’Avent, écrite par Frédéric Gangloff. Une foule se presse derrière une barrière de sécurité. Elle attend visiblement le passage d’une célébrité qui se révélera être Jésus. Deux personnages commentent la scène. La foule est jouée par le public. Il faudra prévoir des panneaux comme dans les émissions de variété à montrer au public ! Le mieux est de s’entraîner avec eux !

SCHLOMO : (regardant avec des jumelles vers une direction) Ah ! (Il vient d’apercevoir quelque chose) Ah ! Aaah !?

LA FOULE : (on montre les panneaux au public) : AAAAH !?

SCHLOMO : (déçu) Non, ce n’est pas lui ! C’est que la caravane publicitaire !

LA FOULE : (dépitée) Oohhh ! Nooon !

SCHLOMO : lit « Dindonnou : le saucisson 100 % cacher » ; « une petite soif dans le désert, bois ton sirop deisseire », trop facile celle-là ! Non mais regarde-moi ça !

AARON : (demandant les jumelles) Tu permets ? « Les meilleures madeleines, c’est celles de chez Marie ! » ; Très spirituel ! « Comme les anges, lisez le journal de Miki » ; « Les frites Mc Thorah ! Craquez pour la Tradition ! ». Je commence à avoir la dalle : « Comme avec Jésus, mangez est un plaisir, alors demandez votre burger mystère ! »

SCHLOMO : Je ne supporte plus cette attente ! Ça fait déjà trois siècles qu’on poirote devant ces barrières pour avoir la meilleure place… C’est un vrai chemin de croix pour y arriver ! Qu’est-ce qu’il attend pour faire son apparition ?

AARON : Tu sais bien que les people se font attendre…

SCHLOMO : (pointant du doigt) Là, on dirait que ça bouge, au fond !

AARON : Oohhh !

LA FOULE : Oohhh !

AARON : T’as raison, on dirait que ça y est… (regarde avec les jumelles) pas lui !

LA FOULE : Nooon !

SCHLOMO : (reprend les jumelles) Affirmatif ! Ce sont ses gardes du corps. Tu sais bien… Les gaillards costauds qui déménagent… Dans les médias, ils les appellent disciples 12 ! Il paraît qu’ils ouvrent le chemin au Seigneur !

AARON : Si c’est ses ouvreurs, alors lui ne devrait plus tarder à les talonner pour se montrer à son public. Tiens ! Je vois quelque chose au loin ! On dirait que les gens commencent à s’agiter ? Regarde ! Tous les paparazzis courent vers cet endroit ! Ça va flasher !

LA FOULE : LE SEIGNEUR ! LE SEIGNEUR ! (X2)

SCHLOMO : Attendez, il n’est pas encore sur nos radars ! Calmez-vous, ce n’est que l’avent (ou les rameaux) … Gardez encore un peu de voix pour quand il arrivera vraiment après, pour sortir vos drapeaux…Enfin, rameaux, je veux dire !

LA FOULE : JESUS ! JESUS ! (X2)

AARON : (hurlant de toutes ses forces) OH ! Ce n’est pas bientôt fini ce vacarme ! L’échauffement c’était avant… Puisqu’on vous dit qu’il n’est pas encore arrivé ! (Les deux se tordent le cou afin de voir le mieux possible)

SCHLOMO : Cette fois, ça y est ! Il arrive ! Mais… On dirait qu’il n’est pas seul ! C’est fou le nombre de femmes qui se traînent à ses pieds et qui collent à ses sandales !

AARON : Tu m’étonnes ! Il doit être trop sexy ! Bronzé, musclé avec des yeux bleus et un regard azur. De quoi faire chavirer les cœurs de son femme club !

SCHLOMO : C’est fabuleux ! C’est ça la gloire, la célébrité ! Ah ! Quand je vais raconter ça à mes enfants ! Même ses fans se déshabillent devant lui et jettent leurs fringues à ses pieds ! C’est la folie !!!!

LA FOULE : JESUS ! HIIIII ! On t’adore !

AARON : Enfin ! Je le vois ! Il s’approche… Il vient vers moi ! Jésus ! Jésus ben David, un auto… graphe… (il reste figé)

SCHLOMO : Ben quoi ! Maintenant qu’il est passé juste devant toi, qu’est-ce que tu attends pour lui demander ? Fait pas ton timide ! Si tu veux sa signature et attirer son attention, fait comme les autres ! Crie plus fort ! : « Jésus, fils de David, par pitié un autographe pour ma belle-mère ! »

AARON : Non c’est pas ça ! Quelque chose a coupé mon élan ! T’as vu ce que j’ai vu ? J’y crois pas !

SCHLOMO : Mais qu’est-ce que t’as vraiment vu que j’aurais dû voir et que j’ai peut-être pas bien vu ?

AARON : Mais… Ouvre tes yeux ! Il ne ressemble à rien ! Mal sapé ! Une barbe de trois jours ! Sa tunique, on dirait un sac… j’comprends pas, il est tellement… Comment dire… Ordinaire… Pas d’imprésario ni attaché de presse ! Et le pire… Il monte un âne !

LA FOULE : UN ANE ?

SCHLOMO : Tu aurais préféré une Jaguar ? Une Harley Davidson, escortée par une foule excitée de bikers et remontant les champs du mont des oliviers ? Un char de chez BEN HUR ? Ou mieux la dernière papamobile ? Eh ! Encore plus géant ! Un éléphant ! En plus ça trump énormément !

AARON : Et pourquoi pas ? Quand on est un king, le roi des rois, le minimum c’est de soigner sa comm’… Passer entre les mains du coiffeur, des maquilleuses et du couturier ! Bref, une véritable séance de relooking ! Quelle faute de goût ! Et surtout ce baudet ridicule !

SCHLOMO : Et pourquoi tu dis ça ! A ma connaissance, déjà notre grand roi Salomon s’est rendu à son couronnement à dos d’âne ! Tu te trompes, l’âne c’est un animal royal bien de chez nous ! Paix, simplicité et sincérité ! Le symbole d’un roi humble et doux de cœur !

AARON : Ouai, admettons ! Peut-être ! Mais tout de même ! On nous annonce un sauveur, rien de moins que le messie en personne, et qui est-ce que la production nous envoie ? Un SDF solitaire à califourchon sur un mulet ! Non mais de qui se moque-t-on ! Si déjà on a payé, on en veut pour notre argent ! C’est quoi ce plan minable ! Et puis, les gens veulent qu’on leur mente. Il ne faut surtout pas leur dire la vérité. Ils veulent du glamour, des promesses… Il faut leur dire ce qu’ils aiment entendre…

SCHLOMO : Eh bien, plus j’y pense et plus je me dis que c’est le plan de Dieu ! Vu comme ça, il paye pas de mine ! Mais quand il ouvre la bouche, c’est pas du blabla ! Quelle autorité naturelle, cela vient des tripes !

AARON : Tu rigoles ! Qu’est-ce qui t’arrives ! Réveille-toi ! Regarde-moi un peu son école des fans ! Rien que des marginaux, des lépreux, des étrangers, des prostituées, des gueux, des boiteux, des aveugles…Le pire ; et je trouve cela vraiment scandaleux ! C’est toutes ces femmes qui l’acclament !

SCHLOMO : Ce n’est pas lui qu’elles acclament ! Elles rendent gloire à Dieu ! Cela fait une sacrée différence !

AARON : Certes ! Il n’empêche ! S’il était vraiment un messie qui se respecte, il fréquenterait un public trié sur le volet comme nous (il indique la foule) et pas cette bande de loques humaines ! Il a tout pour être populaire ! Bien conseillé, il passerait bientôt pour un dieu !

SCHLOMO : Ce n’est pas parce que tu penses que c’est un paysan de la Galilée, qu’il est en campagne ! Tu le vois s’arrêter, serrer des mains, prendre des enfants dans les bras, poser avec ses fans ? Il fonce, on dirait, vers le Temple ! Il a une mission à accomplir et n’a pas à se faire élire !

AARON : Ça c’est toi qui le dis ! Regarde-moi ces naïfs pèlerins qui continuent à agiter leurs branchages et à crier « Sauve donc » ! Comme si ça allait changer quelque chose à leur situation ! Nous voulons un homme à poigne, qui nous débarrasse des romains, assure la sécurité, la prospérité et la croissance pour tous ! Y en a qui vont se réveiller demain avec une gueule de bois ! j’ te dis pas !

SCHLOMO : Tous ces vêtements multicolores par terre et ces branches de palmiers ! On se croirait à la fête des tentes ! Je sens comme une forte espérance de la venue du messie ! Et si c’était vraiment lui ! J’ai plus que jamais envie d’y croire !

AARON : Tu sais quoi ? je ne le sens pas ce type ! C’est du pipeau ce spectacle ! Il a pas la carrure ! Pour un peu, j’ai cru qu’il pourrait entrer au sanhédrin et pourquoi pas finir Caïphe à la place de Caïphe. Mais s’il continue sur sa lancée, il ne fera jamais partie du gotha ! Mais il va terminer sa carrière au Gol-gotha ! OOUUUH !

UNE PARTIE DE LA FOULE : OOUUH !

SCHLOMO : « Sauve donc fils de David ! Que Dieu bénisse celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux !

L’AUTRE PARTIE DE LA FOULE : HOSANNA AU PLUS HAUT DES CIEUX !

AARON : Attendez ! Ce type, sur son âne, ça n’impressionne que les provinciaux qui sont montés à Jérusalem pour les fêtes. Pour les citadins comme nous, il faut du lourd, du neuf, quelque chose qui flashe et marque les esprits… Ce n’est qu’un petit prophète de Galilée… Allez viens, on en a assez vu pour aujourd’hui, j’ai des choses plus sérieuses à faire !

SCHLOMO : Non ! Vas-y seul ! J’ai envie de le suivre ! Je veux en entendre plus ! Je suis sûr qu’il va aller au bout, lui ! Tu vas voir que ce Jésus va encore nous mettre le bazar au Temple avec sa dégaine et son parler vrai ! Depuis le temps que nous attendions celui qui oserait faire le ménage !

AARON : Ah non ! Pas le Temple ! Pas touche ! J’préfère pas voir ça ! Remboursez !

UNE PARTIE DE LA FOULE : REMBOURSEZ ! REMBOURSEZ !

SCHLOMO : Hosanna ! Tous au Temple avec Jésus !

UNE AUTRE PARTIE DE LA FOULE : TOUS AU TEMPLE AVEC JESUS !

AARON : Ne faites pas ça ! Ce gars-là n’a aucun avenir dans le milieu ! Il percera jamais ! Il vaut pas un clou ! Il restera pas en haut de l’affiche pendant 2000 ans ! Dans trois jours on en parlera déjà plus !

Schlomo sort enthousiasme et heureux d’un côté. Aaron sort de l’autre côté énervé et dépité. Il est possible, ensuite, d’ouvrir le débat avec le public, surtout à l’Eglise, en leur posant quelques questions du style :

  • Je me demande pourquoi Jésus est entré à Jérusalem sur un âne ?
  • Je me demande pourquoi Jésus accepte de se faire acclamer comme une vedette ?
  • Je me demande que se serait-il passé si tout le monde était venu l’acclamer ?
  • Je me demande ce que les pèlerins cherchaient en venant l’acclamer ?
  • Je me demande comment j’aurai réagi ?
  • Je me demande ce que ça fait de faire partie d’une foule ?
  • Je me demande si je me suis senti à l’aise en criant à l’Eglise ? Etc…



Le tentateur aux Rameaux

« Le tentateur aux Rameaux » est une narration,  à partir de Jean 12, 12-19 dans laquelle le pasteur Christian Kempf intègre le tentateur, pour faire ressortir la force et la mission de Jésus.

La nouvelle s’était propagée à la vitesse des voyageurs de la Palestine de l’époque : à pieds, mais à pas rapides ! Comme quoi Jésus de Nazareth, le Seigneur dont tout le monde parlait depuis des mois, pourrait passer par Bethphagé ! L’information était au conditionnel, parce qu’il était quand même peu probable qu’il fasse le crochet par le village s’il allait effectivement de Jéricho à Jérusalem, en tous cas il viendrait par-là, et si on voulait être sûr de le voir de près, on n’avait qu’à se poster dans la dernière montée vers la Ville. Ni une ni deux, dans le village, les activités cessèrent. Hommes, femmes et enfants prirent bâtons, gourdes et couvre-tête et s’en allèrent ensemble en empruntant le sentier par la montagne pour couper court en direction de Jérusalem. Quelques personnes âgées et un jeune paralysé des deux jambes, couché sur un grabat, étaient restés pour garder le village. Et aussi un ânon, attaché à un anneau à l’extérieur d’une porte.

Un grand silence règne maintenant sur le village, puisque même le forgeron, pourtant sourd des deux oreilles, a suivi le mouvement vers la Ville. Au bout d’un moment un homme vêtu d’une cape sombre et un long bâton à la main apparaît au coin de la rue et s’arrête près de l’ânon, lui tapote la croupe et ricane : « Hé ! Hé ! » L’ânon n’aime pas ça du tout, il secoue la tête et se met à ruer de ses pattes arrière. « Ho ! Du calme ! » fait l’homme en reculant d’un pas. Et voilà qu’arrivent deux autres individus, essoufflés d’avoir marché si vite dans la montée. L’un d’eux fait : « Regarde ! Un ânon ! Exactement comme il l’a dit ! ». Les deux viennent vers l’animal et commencent à le détacher.

L’homme à la cape intervient : « Dites donc ! Qui vous a autorisés à détacher cet âne ? » Le licol à la main, l’un des nouveaux arrivés répond : « Le Seigneur nous a dit de venir chercher cet ânon, il le fera ramener dès qu’il n’en a plus besoin. » L’homme lui enlève le licol de la main : « Ah ! Si c’est pour le Seigneur, alors vous vous trompez d’âne. Celui que vous devez ramener se trouve de l’autre côté du village. Vous prenez la première ruelle à droite, puis la deuxième à gauche et ensuite c’est tout droit, vous ne pouvez pas vous tromper. » Étonnés, mais obéissants, les deux hommes s’en vont par la ruelle. « Hé ! Hé ! » fait l’homme à la cape et, tirant sur le licol, il part dans la direction d’où sont venus les deux hommes. L’ânon tente bien de résister, mais l’homme est fort et ne se gêne pas pour frapper l’animal avec son long bâton.

Le chemin descend jusqu’à la route qui mène de Jéricho à Jérusalem. Là, à l’embranchement, un groupe d’hommes et de femmes est à l’arrêt. Plusieurs dizaines de personnes, visiblement des voyageurs, qui attendent. L’homme à la cape se dirige vers eux en tirant l’ânon par le licol. Sans hésiter il va vers un homme au milieu du groupe : « Je te salue, Seigneur Jésus. Voici l’ânon que tu as demandé. » Jésus – car c’est bien lui – regarde l’homme avec un air de doute : « L’ânon ? Mais alors, où sont les deux amis auxquels j’ai demandé d’aller le chercher ? » L’homme à la cape tend le bras vers le chemin par lequel il est venu : « Oh ! ils arrivent, ils arrivent ! Un homme du village les a invités à entrer un instant chez lui, alors ils m’ont demandé de te ramener ton ânon pour que tu n’aies pas à attendre plus longtemps. Essaye-le ! » Quelqu’un étale une tunique sur le dos de l’animal et Jésus s’y assied. On aurait pu craindre que la petite bête ne s’affaissât sous le poids, mais non, elle tient bon. Comme si la capacité de Jésus à porter les fardeaux des autres faisait que lui, par contre, n’était pas du tout lourd à porter, mais on n’en sait rien, ce n’est peut-être qu’une idée de narrateur, après tout.

Assis sur l’ânon, Jésus regarde autour de lui. « Allons-y ! » dit-il d’un air décidé en montrant la direction de Jérusalem. L’homme à la cape, qui tient toujours le licol, lève le bras dans l’autre direction : « Seigneur ! Ne vaudrait-il pas mieux faire demi-tour ? La route vers Jérusalem n’est pas sûre, les serviteurs du Temple ou les soldats du gouverneur Pilate nous attendent peut-être au creux du vallon pour nous attaquer ! » Jésus le regarde un instant, puis il lui dit : « Le Fils de l’homme doit être arrêté, puis livré aux Romains. Ceux-là me tueront et trois jours après je ressusciterai. Mais tout ça n’est pas encore pour aujourd’hui. Avançons. » Et tout le groupe se met en route.

Au bout d’un moment, l’homme à la cape se tourne à nouveau vers Jésus : « Seigneur, toi en tant que Fils de Dieu, tu pourrais t’économiser tout ça. Tu pourrais commander à des légions d’anges de venir nous transporter tous ensemble, et d’un seul coup, dans la cour du Temple, ils chasseraient les prêtres et leurs serviteurs et toi tu pourrais prendre place dans le Saint des Saints devant tout le peuple, sans avoir à passer par toutes ces épreuves ! » Jésus le regarde sévèrement : « Le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. Toi, contente-toi de tenir ferme ce licol. »

Plus tard, alors que le soleil tend à pencher sur l’horizon, le groupe débouche du vallon qu’il suivait jusque-là. La route commence à monter et ses boucles d’étirent sur une pente en haut de laquelle se profilent les murs de Jérusalem. Tout le long, des deux côtés, se sont amassés des centaines, peut-être des milliers de gens qui, en voyant le groupe avec Jésus assis sur l’ânon, se mettent de proche en proche à crier pour le saluer : « Le Seigneur Jésus ! Le Seigneur Jésus ! » Et c’est dans cette liesse populaire, cet accueil dans la joie de tout un peuple, que le cortège progresse maintenant.

Voilà qu’arrivent par l’arrière les deux hommes qui avaient été chargés de trouver l’ânon. Ils courent, ils n’en peuvent plus, ils supplient qu’on les laisse passer, ils parviennent jusqu’à Jésus et s’arrêtent près de lui en cherchant leur respiration : « Maître ! Houf ! Houf ! Maître ! Nous n’avons trouvé aucun âne dans le village ! Pardonne-nous ! » L’homme à la cape sombre les interrompt alors : « Seigneur ! Écoute plutôt comme tous ces gens t’acclament ! ‘Hosanna, béni soit celui qui vient !’ disent-ils. Et d’autres reprennent en chœur : ‘Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient. Béni soit le règne qui vient, le règne de David notre père !’ Et de l’autre côté de la route ils chantent : ‘Hosanna au plus haut des cieux !’ Je t’assure, si maintenant tu t’arrêtes, tu grimpes sur ce rocher et tu leur fais un beau discours plein d’autorité et de promesses, ils te porteront sur leurs épaules et ils feront de toi leur roi et rien ni personne ne pourra te résister, tu seras leur Dieu pour toujours ! »

Jésus se redresse sur sa monture : « Va-t’en d’ici, Satan ! Dans le désert déjà, puis sur le mur du Temple et enfin sur la haute montagne je t’ai dit de ne plus m’importuner. Seule la parole de Dieu fait vivre, de ta bouche à toi ne sortent que mensonges et mort. En trois jours je vais réduire à néant toute ta puissance et j’instaurerai un royaume de paix et de vie éternelle où tu n’auras plus de place. Va-t’en ! » Et pfft ! l’homme à la cape disparait. Autour de Jésus, tous se frottent les yeux. Ont-ils vraiment vu et entendu quelque chose, ou bien ont-ils rêvé ? Les acclamations de la foule, par contre, n’ont pas cessé et se sont même amplifiées. Des gens ont coupé des branches des palmiers des alentours et les balancent au-dessus de leurs têtes en l’honneur de leur héros. D’autres prennent leurs tuniques et les étalent sur la route pour que l’ânon avec son cavalier puisse marcher en douceur, un peu comme un roi entrant triomphalement dans sa Ville.

Et le cortège se remet en marche. De part et d’autre de Jésus se tiennent les deux hommes qu’il avait chargés de trouver l’ânon. Il dit à l’un : « J’ai soif. Donne-moi à boire de ta gourde, je te prie. » Et à l’autre : « Va donc, je te prie, tenir le licol de l’ânon et conduis-nous vers la Ville. » Tout joyeux de voir que Jésus ne leur en veut pas du tout, ils s’interpellent l’un l’autre : « Tu vois ? Je te le disais, c’est comme il est écrit chez Zacharie : ‘Ne crains pas, fille de Sion, voici ton roi qui vient !’ Et l’autre continue :  Oui, il est monté sur le petit d’une ânesse ! » Le premier reprend : « Ceci dit, il ne faut pas se bercer d’illusions. La plupart de deux qui sont là ont vu comment Jésus a appelé Lazare hors du tombeau et c’est à ça qu’ils rendent hommage, c’est tout. »

En arrivant à la grande porte Jésus remarque plusieurs hommes aux bras croisés et à la mine sévère, ils sont à moitié cachés dans un recoin et ne participent en rien à la fête. Il a déjà rencontré ce genre de personnages quand il avait à peine douze ans et qu’il était venu à Jérusalem avec ses parents, et il reconnaît là des prêtres du Temple. Ces tristes sires seraient-ils en train de ruminer quelque plan machiavélique ? En tous cas, l’un d’eux est en train de murmurer : « Vous le voyez, vous n’arriverez à rien : voilà que le monde se met à sa suite ! »

Alors Jésus lève les yeux au ciel et dit, assez fort pour que les plus proches l’entendent : « Elle est venue, l’heure où le Fils de l’homme doit être glorifié ! »

Christian Kempf




La pleine mesure

« La pleine mesure » est une saynète basée sur Romains 12,17 à 21. Elle peut être interprétée par deux personnages assez contrastés. Prévoir de  se munir d’un double-mètre en bois, que « A » pourra manipuler afin de lui donner toutes les formes requises et qui voyagera de mains à mains…

« 17. Ne rendez à personne le mal pour le mal ; ayez à cœur de faire le bien devant tous les hommes. 18. S’il est possible, pour autant que cela dépend de vous, vivez en paix avec tous les hommes. 19. Ne vous vengez pas vous-mêmes, mes bien-aimés, mais laissez agir la colère de Dieu, car il est écrit : A moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. 20. Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s’il a soif, donne-lui à boire, car, ce faisant, tu amasseras des charbons ardents sur sa tête. 21. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais sois vainqueur du mal par le bien. »

 

A : Cette semaine, j’étais dans un grand magasin de bricolage et je me suis acheté un Double-mètre !

B : Toi et le bricolage… T’es pas un peu marteau ? Et qu’est-ce que tu veux mesurer avec ton double-mètre ?

A : Eh bien, cher maîîître, j’ai décidé de prendre de nouvelles mesures dans la paroisse…. Des mesures qui s’imposent ! Des mesures drastiques même ! Afin de donner toute la mesure du talent de l’équipe paroissiale !

B : Ah oui alti-maîîître ? Et quelles mesures comptes-tu prendre ? Ça m’intéresse, des fois que, je serais en mesure de faire pareil ailleurs.

A : Eh bien, je veux mesurer, par exemple, combien de mètres d’enfants on a à l’Ecole du Dimanche pour voir si on est dans les normes ! Tu sais combien de mètres d’enfants tu as, toi ?

B : Ben non ! Les enfants n’arrivent qu’au fur et à mesure… C’est compliqué, ils bougent tout le temps… Mais je crois qu’on ferait mieux de mesurer combien de mètres du troisième âge on a ! Ils sont un peu plus stables à l’âge d’or (le double-mètre devient une canne qui tremble…)

A : Ouais, tu as sûrement raison. Il faut savoir regarder la réalité en face et la recadrer ! (Miroir pour avoir le temps de se recoiffer)

B : Moi, ce matin en me rasant -mais pas de trop près- j’ai pensé que je pourrais sortir du cadre et ensuite donner la pleine mesure de mes innombrables talents… Je vais donc poser ma candidature pour devenir… Président (miroir pour se pâmer)

A : (inquiet) Tu veux dire Président… de notre Eglise ?

B : Non, il faut savoir dépasser la mesure ! Etre plus ambitieux ! Je serai Président de la République !

A : Ah ouais ! Carrément flippant ! Et tu as déjà réfléchi à ta cote de popularité ? (Double mètres en W avec tremblements)

B : Oh ça, je m’en fiche. Ça pue les sondages ! J’ai jamais pu les encadrer (double mètre en pince nez ^). Ce qui m’intéresse, c’est de battre la mesure et les autres n’ont qu’à suivre, en mesure (double-mètre en baguettes de chef d’orchestre). Il faut avoir un programme d’envergure !

A : Un programme ? Demandez le programme ! Qui n’a pas son programme ? (Bis)

B : Mais y a qu’à demander ! On écrirait Répubiblique française ! La Bible dans toutes les salles de classes et à méditer dans tous les conseils municipaux et lors des réunions de ministres !

A : Je vois bien le slogan suivant : « Ayez à cœur de faire le bien devant tous les hommes » !

B : Et si j’ai un collègue ou quelqu’un que je ne peux pas encadrer parce qu’on n’arrête pas de se chamailler, je suis responsable de cela ? Qu’est-ce que je peux faire dans une certaine mesure ?

A : Lors d’un conflit, il n’est dans notre pouvoir que de travailler sur notre propre cadre d’ombre (double-mètre en forme de cadre). D’y laisser filtrer la lumière divine. Et, peut-être qu’un peu de cette lumière se reflétera sur notre adversaire ?

B : Et alors, j’ai même plus le droit de me venger s’il m’a fait du mal. Je dois toujours faire bonne mesure ?

A : Laisser la vengeance à Dieu c’est te libérer du cadre étouffant de la haine. C’est échapper à la règle de la vengeance qui t’entraîne dans la violence des autres.

B : C’est très oriental de laisser Dieu se venger… C’est une manière de garder sa dignité, de ne pas perdre la face… Mais moi quand l’autre dépasse la mesure, je veux prendre les mesures qui s’imposent et le recadrer. Œil pour œil ! Dent pour dent ! Voilà qui paraît juste ! C’est pas de la violence démesurée ! C’est au contraire très mesuré. Qu’en penses-tu ?

A : En donnant à manger et à boire à ton ennemi, « ce sont des braises que tu amasseras sur sa tête ». Il sera consumé par la honte parce qu’il s’attend à tout, sauf à ça ! Les braises cautériseraient la plaie de ses souffrances qu’il venge en faisant le mal à autrui. Pour le dire poétiquement, comme le forgeron purifierait le minerai métallique de ses impuretés en l’enfouissant sous des braises, l’ennemi serait purifié de son inclination au mal. Rendre le mal pour le mal augmente le mal. Mais le bien est plus fort que le mal puisqu’il peut transformer le mal en bien…

B : Va dire ça à ceux qui se bombardent allégrement en faisant de la surenchère ! Mais mon pauvre ami, tu vis dans un monde de bisounours… Tu crois vraiment que ta combinaison chimique va fonctionner ?Tu planes à cent mètres d’altitude ! (double-mètre en forme d’avion)

A : Il s’agit juste de briser le cercle du mal, sa contagion !

B : Ah ! Il faut changer les règles du jeu ? Alors c’est pas des doubles-mètres qu’il te faut, mais des triples, voire des quadruples…

A : Les mesures du royaume de Dieu ne sont pas du tout irréalisables. C’est beaucoup plus simple et fondamental. Si l’autre t’oppose des exigences excessives, c’est qu’il est déjà dans la rivalité mimétique, il s’attend à ce que tu participes à la surenchère !

B : Pour y couper court, le seul moyen, c’est de faire le contraire de ce que la surenchère réclame : payer au double la demande provocatrice. S’il veut que je marche un kilomètre, je fais quelques mètres en plus (déployer le double-mètre)

A : Si on te frappe sur la joue gauche, tends la droite. Le royaume de Dieu n’est rien d’autre, mais cela ne veut pas dire qu’il soit d’accès facile.

B : Je veux bien, dans une certaine mesure, marcher un peu plus, quant à tendre la joue… Il y a un cadre que je ne dépasserai pas !

A : Imiter la parole et les actes du Christ. Vouloir non pas convoiter la compagne, la maison, ou la plastique avantageuse de l’autre dont nous ne connaissons rien, mais espérer en d’autres biens.

B : Mon désir d’imitation est ainsi déplacé du désir des biens et de la situation d’autrui au désir des biens du Christ, de la ressemblance jalousée de l’adversaire qui nous concurrence à l’imitation de Jésus Christ.

A : Exact ! Quand je te disais que l’évangile est pour les simples.

B : C’est tout de même ouf ton truc ! C’est l’amour démesuré ! Il faut aussi savoir garder la juste mesure !

A : Et pour cela, nul ne peut servir deux mètres, euh non, deux maîtres ! Alors moi j’ai choisi… (double-mètre en forme de croix)

B : Oui ben ! Tu peux faire une croix dessus… Et tu sais où tu peux te les… tes slogans débiles : « Ne te laisse pas vaincre par le mal mais sois vainqueur du mal par le bien. » Moi, je suis pour les mesures conservatoires. (Un ou deux mètres)

A : Mais n’oublie pas : Jésus est le chemin, la vérité et la vie. Et ce chemin, ça va faire encore des mètres et des mètres à parcourir. Mais c’est en cheminant que l’on progresse, aurait dit La Palice, en toute vérité, tu ne crois pas ? (double-mètre en forme de croix).

Frédéric Gangloff & Claude Mourlam




Esaïe 63 Si tu descendais…ça déchirerait grave!

mother-589730_640Esaïe 63, 15-64, 3 : « Si tu descendais, ça déchirerait grave ! » voici un chœur parlé mixte (un homme et une femme si possible !) proposé par Frédéric Gangloff

 

A (Du haut de la chaire, avec un peu de sarcasme comme s’il était blasé) : Il était une foi, dans un lieu fort lointain, un… C’était comment déjà son Nom ?

 

B : L’aurais-tu déjà oublié ? Ton nom c’est le sien, c’est lui qui te l’a donné…

A : Ben, euh ! Il y a déjà si longtemps… On disait qu’il vivait au-delà de l’horizon et des nuages… Dans sa villa sublime et divine ! Comme si là-haut, il pouvait voir ce qui nous arrive !

B : On disait surtout qu’il était très fort ; le Tout-Puissant de l’au-delà…

A : Ah oui, cela me revient ! Le genre sniper ou Seigneur de la guerre, qui bute tous ses ennemis ! J’adore ce jeu !

B : Du calme, ne nous emballons pas… C’est bien les mecs ça ! Essaye de réfléchir avec ton cerveau et tes tripes ! Moi je le vois plutôt comme maternel avec de la compassion et les entrailles remuées ; il a une tendresse toute féminine pour…

A : Chialer devant la télé ? Non mais allo quoi ! C’est bien d’un Père viril dont il s’agit avec une liste de fils qui font sa fierté : Abraham, Jacob, Luther, Calvin, sans oublier le pasteur machin de…

B : Tu n’as pas vraiment écouté le texte ou juste entre les lignes ; toute cette galerie machiste de nos ancêtres est la première à avoir oublié ses enfants ! Échec sur toute la lignée ! Je réclame une nouvelle filiation ! A moins qu’il s’agisse d’une fille-ation !

A : Comment cela ? Moi je suis pour l’ancienne, par le sang, de père en fils ; on ne change pas une équipe qui gagne !

B : C’est ça ! Continuer comme avant et surtout ne rien changer ! Les mecs détestent que les choses changent de place… Mais enfin ! L’habitude et la monotonie tuent l’amour qui en devient conventionnel ! Il faut renaître tous ensemble à une nouvelle relation !

A : Moi j’en reste à Notre Père qui est aux cieux, notre leader et liberator bien-aimé ! Déjà que depuis peu, il ne nous « soumet » plus à la tentation, mais qu’il ne doit pas nous y faire entrer non plus… Alors bon… Autant tout remettre en question à ce compte-là !

B : C’est clair ! Pas touche ! Dieu est tellement saint, qu’il vaut mieux le tenir à distance ! D’abord le plus loin au ciel et aussi derrière une triple muraille !

A : Saint, Saint, Saint, est le Seigneur Tout-Puissant !

B : Un mur de pierre, pour commencer à l’isoler…

A : Un mur de rites, pour s’en emparer…

B : Plus un mur de religieux bien comme il faut, pour contrôler, et exclure les enfants, les femmes, les handicapés, les…

A : C’est bien mieux quand Dieu est en garde à vue !

B : On le confine dans ses quartiers réservés !

A : Personne pour le déranger !

B : Là-haut, il est assigné à résidence !

A : Tellement sacralisé et éloigné, qu’il est devenu pour nous un parfait étranger ! La maison de Dieu c’est le ciel et notre Eglise, mais surtout qu’il y reste !

B : Et à vous le monde qui n’est jamais assez et qu’il n’aille surtout pas se mêler de vos affaires ! Chacun c’est soi ! Vous allez déjà régler son business sur terre !

A : Ben oui ! Nous sommes de grands garçons émancipés ! On n’a plus besoin que papa nous fasse la leçon ! Nous sommes bien capables de nous décarcasser tous seuls !

B : Ils sont mignons ces fils majeurs qui sont tellement pressés de se révolter et transformer leur libération en une obéissance figée, quasi rituelle…

A : Oh ça va la fille-fille à son papa… qui a toujours de bonnes idées… Qu’est-ce que tu proposes pour débloquer la situation ?

B : Déjà, assumons tous ensemble les conséquences de nos révoltes ! Et papa ne restera pas sourd à nos appels sincères et désespérés ! Il ne peut que nous envoyer un libérateur, un vrai de vrai celui-là !

A : Tu crois vraiment que celui qui a tendu la voûte des cieux, le Tout-puissant de l’Au-delà nous écoute encore et nous voit dans notre désespoir ?

B : Je crois même que pour nous sauver, il n’hésitera pas à se faire violence et à crever la toile de sa propre création ! Mais pour cela, il faudrait que tu descendes de ton piédestal… (A descend de deux marches)

A : Ainsi ce qu’on attend du Tout-Puissant de l’Au-delà c’est…

B : qu’il déchire la toile du ciel pour descendre tout simplement à la vie humaine comme une femme donne naissance à un enfant…

A : Mais ce serait le scandale assuré, les montagnes seraient ébranlées, la panique totale, s’il osait descendre… Il faut mieux croire aux idoles ; elles nous offrent du rêve même au-delà de leur mort !

B : Ah que oui ! Mais celui auquel il faut s’accrocher, est venu tout bouleverser ! (A redescend de deux marches)

A : Et qui est-il celui qui a accompli cet acte étonnant et extra-ordinaire ? Il est où ? Il est déjà venu ? Il va revenir ?

B : C’est Jésus, qui de son temps avait déjà fait le ménage en inaugurant le royaume. Il a remis Dieu au centre de nouvelles relations entre les femmes et les hommes, tous disciples pour la même cause…

A : Mais alors Dieu ne tourne plus en rond là-haut dans les murs du palais de l’Au-delà ?

B : Non ! Dieu est sorti des murs ! Il est libre ! Et si tu descends vers moi, nous pourrons enfin le rencontrer ! (A et B se rencontrent au milieu du chœur) Seigneur si seulement tu déchirais le ciel…

A : Tu entendrais comment ils ont besoin de se raccrocher à n’importe quel idéal !

B : Tu verrais à quel point ils ont besoin de sens, de toucher, de pleurer, de témoigner, de vénérer…

A : Seigneur si tu descendais, nous pourrions retrouver cette proximité avec toi sans murs, voiles ni séparations et te rappeler face à face à ta fidélité et à ton amour… À nous de faire le premier pas pour nous rencontrer et descendre de nos grands chevaux ! (A et B descendent les marches du chœur)

B : Tant il est vrai qu’avec Jésus Christ les cieux se sont déchirés et les barrières se sont écroulées…

A : Mais depuis, nous avons construits tant de nouvelles barrières et de séparations pour surtout pas nous rencontrer. Nous t’en supplions, arrête de nous faire vivre sans toi ! (A et B se placent au milieu de l’allée centrale et des paroissiens)

A+B : Ensemble déchirons le ciel qui nous sépare les uns des autres et ainsi nous pourrons tous témoigner que…

B : jamais depuis aujourd’hui on n’a entendu dire…

A : jamais depuis aujourd’hui on n’avait remarqué…

B : jamais depuis aujourd’hui un œil n’a vu

A : qu’un autre dieu ni idole que toi aient agi de la sorte pour celles et ceux qui comptent sur lui…

B : Tu viens à notre rencontre…

A : Et ton Amour…

B : Déchire grave !

Frédéric Gangloff