Comment « Pleinledo » est devenu « Lépido »

Comment « Pleinledo » est devenu « Lépido » ou  Le mystère de vie des petites morts ! Derrière ces titres bizarres, voici une narration de Frédéric Gangloff pour faire vivre l’expérience de Pâques aux enfants. Les papillons et leur cycle de vie deviennent un symbole pour expliquer la résurrection.

Adaptation de ce texte pour une célébration à la maison télécharger ici pleinledo-lepido def

 Personnages : Lépido adulte  et Préhisto-lépido

Lépido adulte : Je me souviens de ce moment comme si c’était hier… D’ailleurs, cela ne fait que quelques mois ; la vie de papillon est courte et passe à tire d’ailes ! Mais c’est de ma vie d’avant que je voulais vous parler…. Un matin, alors que nous faisions une pause assis entre deux fleurs, j’ai demandé à Papido : « Dis Pap’s ! Comment on fait des enfants papillons ? Quelle tête j’avais quand je suis né ? » Il avait l’air drôlement embêté : « J’ai pas le temps-là, je passe l’aspirateur à nectar, va voir ta mère ! » Mamido n’était pas non plus pressée de me répondre : « Désolée, Lépido ! Je dois aller me faire redresser les antennes, j’ai du mal à capter mes nouvelles fréquences de vol ! Mais vas voir l’ancien, Préhistolépido, je crois bien qu’il vole dans nos prairies depuis bien des lunes… Il saura te répondre : « Bon vol, mon fils ! » J’ai pris mon envol et assez d’élan pour planer jusqu’au rocher de l’ancien, que j’ai réveillé de sa sieste au soleil, dans un grand bruissement d’ailes…

Préhistolépido : Hein ! Quoi ! Qui ose m’enrhumer avec tout ce courant d’air devant ma porte ? Y a pas moyen de pouvoir lézarder au soleil ! Encore ces jeunes qui font crisser leurs ailes et qui redécollent à tombeau ouvert !

Lépido : Pardon l’ancien, mais mam’s m’a dit que vous sauriez m’expliquer comment j’suis né et surtout à qui je ressemblais… Pourquoi les papillons adultes y répondent jamais à ce genre de questions ? Sur la vie ? Sur la mort ? Sur qui on est ? Où on va ?

Préhistolépido : Holà ! Une chose à la fois ! J’suis qu’un papillon mâle un peu vieux ! Je pense que tu es assez grand maintenant pour que je te révèle les grands mystères de ton exceptionnelle vie Lépido, car tu es un papillon hors du commun !

Lépido : Ah bon ! Moi qui pensais que j’étais noyé sur la toile, presque transparent !

Préhistolépido : Non ! Tu es unique par ta forme, ta couleur et les motifs sur tes ailes… Tes lointains ancêtres vivaient déjà ici, dans cette verdure, il y a 200 millions d’années à côté d’énorme lézards ! Quant à toi, ta vie a commencé, à quelques kilomètres d’ici dans le village de Bethlehem !

Lépido : C’est connu comme endroit ?

Préhistolépido : Oh ! Que oui ! Grâce à un personnage, comme toi, un peu spécial, qui a changé le cours de l’existence des êtres humains !

Lépido : Mais, vénérable… Don Papillon… En quoi est-ce que je suis si unique ?

Préhistolépido : Tu fais partie de ces êtres vivants qui passent par des stades de développement ; à chaque fois, tu changes de peau et tu ne ressembles plus à ce que tu étais avant. Laisse-moi te compter le passage rituel par ces quatre stades du grand mystère de la vie :

  1. L’œuf

Les enfants forment un œuf que l’on pourrait recouvrir d’une toile… On verrait juste bouger à l’intérieur…

Préhistolépido : Au commencement… tu n’avais pas du tout la même tête ! Tu t’es formé dans un œuf !

Lépido : C’est quoi un œuf ? Jamais vu !

Préhistolépido : C’est un truc rond ou ovale ! Entièrement fermé ! Nul ne sait où est le début et où est la fin. C’est comme une couche de protection qui t’isole de l’extérieur et où des tas de choses se passent à l’intérieur. Mais personne ne peut vraiment voir ni comprendre ce qui se passe avec toi, dans ton œuf ! Tout cela t’appartient ! Tout ce que je sais c’est que tu grandis et grossis jusqu’au jour où tu as besoin de casser cet œuf trop petit pour te contenir et en sortir le plus vite possible !

Lépido : Trop cool ! Et m’envoler vers le soleil levant, en chantant : « Butterfly, oh Butterfly… dans un mois, je reviendrai… »

Préhistolépido : Minute papillon ! C’est pas aussi simple que cela… Avant de pouvoir s’envoler dans les airs de ses propres ailes, il faut apprendre à ramper par terre à plusieurs pattes ! Toujours est-il que les humains s’imaginent, depuis très longtemps, que le monde est né d’un œuf et qu’il en a les contours… C’est aussi ce que les plus anciens papillons m’ont raconté concernant la naissance d’un enfant un peu particulier comme toi. Sa mère était un peu ronde, comme un œuf, et beaucoup de choses se sont passées pendant les mois où elle le portait ! C’est comme si cet enfant symbolisait le début d’une nouvelle création, d’un recommencement pour l’humanité et pour nous aussi !

Lépido : Hum ! L’ancien, ce n’est pas que je voudrai être malpolis, mais tu papillonnes, tu papillonnes ! Revenons à moi… Tu disais qu’il me faudrait… ramper…

  1. La chenille

Les enfants forment une chenille !

Préhistolépido : Oui ! Les humains nomment cela une chenille ! C’est le stade le plus long de ton développement, mais qui te rendra mobile et curieux de tout ! Tu vas apprendre à te déplacer, à te nourrir et à changer encore plusieurs fois de peau ! Parce que tu vas grandir, grossir, changer de couleur et d’aspect ! Les humains ne nous aiment pas sous cette forme. Certains pensent même que nous sommes nuisibles, méchants ! C’est vrai qu’on est moche, mais eux, ne sont pas tous beaux non plus ! Le plus dur c’est de déplacer son corps un peu mou le plus rapidement possible ! Sans compter que tu as des fausses pattes et des vraies ! Quand tu passes la ligne d’arrivée, il faut attendre que le derrière suive !

Lépido : Trop drôle ! Mais cela signifie que la plus grosse partie de ma vie, je l’ai passée à ramper, à traîner mon corps et mes pattes, à me nourrir et à éviter de me faire manger par les autres ?

Préhistolépido : Cela n’a rien de dramatique ! Regarde les humains ! Au début ça braille et fait caca dans les couches ! Ils mangent, font leurs dents et essayent de marcher ! Ensuite, ils sont dépendants de leurs parents pour tout le reste ! Il paraît même qu’ils arrivent, pour beaucoup, à l’âge bête ! C’est un peu comme nous ! Ils n’aiment pas leur corps, qui comme le nôtre, change de peau et d’aspect ! Ils sont un peu maladroits…  Il paraît que, même l’enfant de Bethlehem, en grandissant, a plusieurs fois mué ; il a fait une fugue en laissant ses parents en plan ! Une chenille ça n’a pas l’air sexy, mais il faut en passer par là, pour arriver à digérer toutes les transformations de notre corps !

Lépido : Et comment de la chenille… Quand on en a plein le dos, on redémarre pour devenir papillon ?

  1. La chrysalide

Les enfants s’enferment dans un sac de couchage et ne bougent plus !

Préhistolépido : Justement ! On ne démarre pas vraiment ! Mais on s’arrête plutôt ! On appelle cela le troisième stade : La chrysalide ! Une fois, qu’en étant chenille, tu as assez mangé et gambadé, tu te tisses une sorte de cocon, ou bien tu t’enterres à l’abri, pour te donner du temps de devenir papillon. En fait, tu ne te déplaces plus, tu ne manges plus et ton corps se restructure complètement jusqu’à se transformer en quelque chose de totalement différent d’avant ! Et cette transformation se fait à l’abri du regard des autres, dans une coque protectrice !

Lépido : C’est comme si j’étais enfermé dans un tombeau, prisonnier de cette chrysalide ! Mais c’est horrible !

Préhistolépido : Ne t’en fais pas, tu as l’air mort de l’extérieur, mais à l’intérieur tu vis et tu te développes en sécurité en prenant le temps qu’il te faudra. Ce qui est remarquable, c’est que toi, Lépido, tu avais accroché ta chrysalide juste à côté d’une grande pierre plate. Je crois que les humains appellent cela une tombe. C’est là, qu’ils avaient mis le jeune homme, devenu célèbre sous le nom de Jésus de Nazareth, dont je te parlais avant. Il était, comme toi, enroulé dans des draps et ils l’ont déposé dans le ventre de la roche.

Lépido : Cela veut dire que pour vraiment vivre, il faut passer par plusieurs petites morts afin de changer de peau ?

Préhistolépido : En tous cas, avant de devenir un papillon adulte, il faut un certain temps à l’abri dans sa chrysalide pour accepter et assumer tous ces changements ! Là où nous, les papillons, fabriquons un cocon pour nous protéger, les humains, quelquefois, se réfugient derrière plusieurs carapaces, seules capables de maintenir en vie leur zones sensibles !

Lépido : Et comment on devient finalement papillon ?

Préhistolépido : Ça c’est à toi de le décider !

  1. Le Papillon

Les enfants mettent leur  costume de papillon !

Préhistolépido : Je ne sais pas combien de temps a duré ton processus de transformation, mais à l’aube du troisième jour, tu as commencé à te débarrasser de ta peau morte et à sortir de cet abri en superbe papillon. Tu t’es suspendu au rocher, la tête en bas, pour laisser tes ailes mouillées se sécher au soleil ! Il se raconte, qu’au même moment, la grande pierre plate de la tombe avait été déplacée et que les rayons du soleil ont pénétré à l’intérieur !

Lépido : Et où était Jésus emmitouflé dans son linceul ?

Préhistolépido : Certains disent qu’il n’était déjà plus là. Trois femmes étaient venues d’un pas lourd et triste et se sont enfuies, apeurées, en courant. Et puis, deux hommes sont entrés tout à tour et ressortis avec le linge dans les mains. Ils étaient étonnés et, en même temps, ils se réjouissaient aussi… Au même moment, tu avais séché tes ailes et pris ton premier envol pour ta toute nouvelle vie ! Voilà, et maintenant, stp, laisse-moi me reposer ; ce genre d’histoire ça me donne le bourdon ! J’espère que tu as tout de même compris tout le chemin que tu as fait et qu’à force de mourir et de changer de peau, tu ne peux jamais être le même hier, aujourd’hui et demain ?

Lépido : Dites l’ancien et si ce Jésus-là, s’était finalement transformé en papillon ! C’est pour cela qu’ils ne l’ont pas retrouvé !

Préhistolépido : Peut-être ! Mais je ne suis pas sûr que cela soit humainement possible ! Les anciens disaient de cet homme, qu’il n’était plus le même ! Plus personne n’était capable de la reconnaître tellement il avait changé de peau, même pas la femme dans le jardin ! Il était vraiment vivant, mais autrement ! Et son message de vie a fait le tour de la terre de manière à la changer radicalement pour tous les êtres humains. Et tu ne devineras jamais, mais je me dis que l’on pourrait appeler cela : « l’effet papillon » !

Crédit : Frédéric Gangloff (UEPAL)

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Si le grain de blé ne meurt…

SI le grain de blé ne meurt ou « Si le grain de blé ne s'(en)terre ... » est une méditation écrite par Frédéric Gangloff. Illustrations de Laurence Gangloff. Nous vous proposons de découvrir cette méditation en familles.

Possibilité de télécharger le texte ici Avoir un grain

Possibilité de télécharger les dessins ici Si le grain ne s’enterre

 

Narrateur : Il était une fois, dans un champ pas si lointain, plusieurs épis bien mûrs et qui avaient bon teint ! Ils n’étaient pas vraiment transgéniques, mais ouverts aux quatre vents, à la pollution et à l’engrais chimique. Mais voici qu’un virus étrange et sournois, invisible à l’œil nu, circule et en prend, certains, à la gorge !

Le fermier se dit : « Il suffit de désinfecter en grande quantité, j’en sauverai au moins les plus résistants ». Aussitôt dit, aussitôt fait ! Mais survint un grand coup de grain qui envoya valser deux grains pleins de dépit !

Grainola : Ho, ça va Graincheux ? Quel vent mauvais ! A mon avis, ça grain !

Graincheux : (En colère) Me touches pas ! Beurk ! Avec tous ces microbes qui courent ! Reste à distance réglementaire dans ton coin ! T’a vraiment le cerveau de la taille d’un grain ! J’me suis fracassé l’arrière-grain, oui !

Grainola et Graincheux se mettent le plus loin possible l’un de l’autre !

Grainola : Tu nous fais quoi là ! Un coup de chaleur ! T’as le grain qui enfle ! Je veux juste aider !

Graincheux : J’applique les consignes de sécurité, moi, Monsieur Grainola ! Plus de contact ! J’embrasse plus ! Je me confine ! Bref, je reste à distance et je veille au grain !

Grainola : Ce n’est pas en restant planté là et à broyer du grain, que tu vas pouvoir évoluer non plus ! Il vaudrait mieux que tu viennes te terrer dans un trou avec moi ! On se tiendra chaud tous les deux ! C’est vachement important pour le moral et le processus de renaissance par germination !

Graincheux : (scandalisé) Qu’est-ce que tu dis ? Tu ne trouves pas qu’il y a déjà assez de germes qui traînent ? Et toi tu tiens à les attraper ? Tu dois déjà avoir de la fièvre pour délirer tellement ! Tu devrais te faire tester ! Je suis sûr que tu es positif !

Grainola : Allons, ne sois pas aussi négatif ! Tel est notre destin… De grains ! C’est bien pour cela qu’on flétrit d’abord et qu’on tombe à terre ensuite, non ?

Graincheux : Par les temps qui courent, il vaudrait mieux se la jouer solo qu’en grappes de grains ! On pourrait peut-être échapper à la menace des germes. Chacun pour soi, dans un endroit bien au sec ! Pas de pluie, de vent, de gel… Surtout protégé des autres grains et de leurs maladies… On se confine bien profond !

Grainola : Tu nages en pleine psychose, ou quoi ? Se confiner ce n’est pas non plus se conserver sous vide ! Pourquoi tu ne veux pas t’ouvrir, pour te former et germer ?

Graincheux : Tu n’as pas qu’un petit grain toi ! Heureusement que j’ai encore un grain de bon sens, moi ! Tu n’es pas au courant que pour nous, actuellement, s’ouvrir, se rencontrer, accueillir, c’est mourir

Grainola : Peut-être, mais est-ce que ce n’est pas quelque chose que nous sommes amenés à faire à chaque instant ? Imagine tous ses petits grains qui pourraient naître de nos conversions, de nos futures leçons, de notre nouveau mode de consommation…

Graincheux : Je vis au jour le jour ! Je n’ai pas l’intention de m’enterrer avec toi ou d’autres ! Je veux sentir vivre chaque grain de ma peau ! Chacun pour soi ! Me jaunir l’enveloppe au soleil ! Et devenir un max de blé ! Et puis amassez des grains pour tout dépenser ! C’est ça la vie d’un gros grain ! D’ailleurs, j’ai l’intention de mourir le plus tard possible ! Quelle mouche t’a piqué l’épiderme ?

Grainola : Tu le sais bien, c’est lui, LE Grain de blé ! Si tu n’acceptes pas de mourir à chaque instant à tes peurs, à tes clichés, à tes blocages, tu ne pourras pas revivre ! A force de nous confiner, on va finir en grains nuls !

Graincheux : Ce n’est pas mon souci ! Je me mets en quarantaine et j’attends que ça passe ! Ensuite, à moi la vraie vie et toi, tu resteras sur la paille !

Grainola : Ne reste pas seul avant de te planter par terre ! Viens avec moi et tu en ressortiras transformé !

Graincheux : N’insiste pas ! Je n’ai pas l’intention de rejoindre ton groupe de grains de folie comme les graines ouvertes ou les graminées de l’esprit. Toujours à voir grand et à viser un résultat de production record lors de la moisson. Sois raisonnable ! Sauve ta petite vie de grain de beauté, parce que tu le vaux bien ! Cette histoire de grain qui se meurt pour porter du fruit c’est que du foin ! Je n’y crois pas un seul instant. Il faut bien que je joue au grain de sable qui va enrayer ce beau mécanisme.

Grainola : Si tu tiens à venir mettre ton grain de sel, libre à toi ! Quant à moi, je vais m’égrainer !

Graincheux : Où tu vas ? Arrête ! N’y va pas ! C’est dangereux et très risqué ! Tu vas être contaminé et jeté sur le chemin !

Grainola : Pas du tout ! Je vais m’enterrer pour être bien au frais et tout recommencer !

Graincheux : Tu veux aller là-bas ? N’y vas pas ! Tu vas te retrouver le nez dans la farine !

Grainola disparaît

Graincheux : Quel gâchis ! Finir enterré tout nu comme un grain ! C’est vraiment jeter le grain aux oiseaux ! Tout ça parce LE Grain de blé l’a dit… Enfin, moi j’ai conservé mon grain de malice ! J’aime trop ma vie d’avant pour la perdre maintenant… j’vais faire la fête !

Il sort ! Quelques temps plus tard… Il réapparaît vieux, courbé et agressif. Au même moment apparaît en forme, en courant, Grainola avec ses cheveux en épis…

Graincheux : J’en ai plein le dos ! J’suis rouillé, sclérosé, et cassé de partout !

Grainola : Oh ! Graincheux ! T’as pris les années en pleine poire ? T’es tout fripé et ramolli !  Vu ton état, on pourra bientôt t’appeler Cassegrain !

Grincheux : Ça va là ! T’as pas fini de me charrier ! En revanche, toi, on dirait que t’as carrément rajeuni et c’est quoi tous ces trucs bizarres sur ta tête ? Une nouvelle coiffure à la mode ? Tu ne devais pas mourir toi ?

Grainola : Ben si ! C’est ma nouvelle coupe en épis. Tu aimes ? Tiens, je vais te les présenter : Epice, Epicentre, Epicerie, Epicure, Epinard, Epi-thète, Epître ! Ah ! J’oubliais, la petite dernière, Epi-démie !

Grincheux : Je ne trouve pas ça marrant du tout ! Tu ne peux pas être sérieux ! Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas ! Complètement germé ce grain-là, complètement grain grain !

Grainola : Il vaut mieux une petite mort, pleine de promesse de vie, qu’une vie de mort vivant ! Crois-moi, quelques jours enterrés et tu deviendras un grain nouveau-né !

Crédits : Frédéric Gangloff (texte) et Laurence Gangloff (illustrations)




Spectacle de Noël et Église Verte

Spectacle de Noël et Église Verte

proposé par Virginie MOYAT, Eglise Protestante Unie d’Ermont

Objectif : associer la naissance de Jésus et le soin de la Création (apprentissage d’arbres)

Qui ? tous les enfants (3-15 ans)

Avant : apprendre les chants, apprendre les réponses (sauf les arbres, à deviner le jour J !)

Voici le diaporama utilisé lors de la célébration : Spectacle de Noël powerpoint

La célébration :

Air de Noël

Conteur 1 : enfants assis

Diapo 1 : Couronne de l’Avent

L’histoire de Noël, c’est l’histoire d’un rameau qui va devenir grand et transformer le monde

Enfant :   se lève et va vers le conteur 1 pour parler

Un rameau ? qu’est-ce que c’est ?

C 1 : une petite branche qui pousse sur un arbre, elle commence par un petit point dans l’écorce, puis un bourgeon, puis elle devient une petite branche, et devient ensuite une belle branche solide. Ecoute ce que dit le prophète Esaïe au peuple juif d’Israël qui s’inquiète sur son avenir, car il est envahi par tant d’étrangers, avec d’autre coutumes, d’autres manières de se nourrir, de prier…

Ado : Nous aussi, nous sommes entourés de personnes bien différentes de nous ; ce serait plus facile si on était pareil, il y aurait moins de jalousie et de disputes

C1 : Oui, alors écoute toi aussi ces paroles si anciennes et pourtant d’actualité de ce prophète Esaïe

Enfant et Ado s’assoient

Lecteur Ado

Diapo 2 et lecture Es 11, 1-5 puis petites notes puis 6-10

C 1 : Un homme viendra et il apportera la Vie, il sera juste et sage, il sera de bon conseil et apportera la connaissance

Dans les Evangiles, nous retrouvons cet homme ; nous chrétiens le voyons en Jésus. Ecoutez ce récit de Luc

Lecteur Ado

Diapo 3 et lecture Luc 2, 1-7a

Petites notes

Lecteur Ado

Diapo 4 et lecture « Or, le jour de sa présentation au temple,

Luc 2, 25-32

C 1 :

Syméon, ce vieil homme, s’efface pour laisser la place à Jésus, une nouvelle naissance, cet enfant qui va apporter la Vie et la lumière

Syméon, celui qui a bien vécu, s’efface pour laisser place à la Vie

Diapo 5 : Chanson par les enfants : Chant de Syméon

Conteur 2 

Alors maintenant qu’on sait que Noël, c’est la fête de la Vie, on va essayer d’imaginer quel arbre pourrait bien symboliser cette fête !

Dieu nous a confié tellement de beaux arbres, que nous n’avons que le choix ! mais quel serait l’arbre le plus approprié pour symboliser tout ce que la naissance de Jésus a apporté ? Regardez bien

Dans la Bible, il y a plein d’arbres. Savez-vous les reconnaître ? (enfants puis assemblée si besoin)

Diapo 6 : un peuplier (Gn 30,37)

Diapo 7 : un chêne (Gn 13, 18)

Diapo 8 : un pommier (Ct 2, 3)

Diapo 9 : un amandier (Jr 1, 11)

Diapo 10 : un noyer (Ct 6, 11)

Diapo 11 : un acacia (Ex 25, 13)

Diapo 12 : des oliviers (Gn 8, 11)

Diapo 13 : des figuiers (ou sycomore) (Luc 19, 4)

Mais il y a un problème ! Quel est le point commun à tous ces arbres ?

Enfant : certains donnent des fruits et pas d’autres, ce n’est pas ça

Enfant : certains sont grands, d’autres maigres, ce n’est pas ça

Enfant : J’ai trouvé ! tous perdent leurs feuilles l’hiver quand il fait froid !!

Ado : Alors ça ne va pas, car Jésus est la Vie, et non la mort

C 2 : regardons encore dans la Bible. Ah j’ai trouvé un conifère !

Diapo 14 : le cèdre (1 Rois 6, 18)

Ado : Sauf que Jésus n’était pas si puissant tout le temps, par exemples il a été sur les routes à pied

Ado : Il a guéri des malades mais il a été jeté dehors par des villageois qui avaient peur de lui

Ado : il a même ressuscité Lazare mais il a dit que c’était Dieu son Père qui avait agi mais pas lui

Ado :! Alors, ça ne va pas, il ne faut pas un arbre si majestueux

C 2 : et un palmier ? c’est grand mais pas aussi imposant !

Diapo 15 : le palmier (Joël 1, 12)

Ado : pas mal

Ado : mais ça fait penser à sa mort ; quand il est monté à Jérusalem, le peuple a mis sous ses pas des feuilles de palmiers pour l’accueillir comme un roi

Chant par les enfants et KT : 54/09, st 1-2 Quand Jésus entre à Jérusalem

Conteur 3 : alors on va chercher hors de la Bible

Diapo 16 : un houx

Enfant : non, ça pique ! Jésus ne fait jamais de mal

Diapo 17 : un baobab

Ado : trop grand ! ça meurt même si ça vit très vieux

Diapo 18 : un sapin

Enfants : oh, c’est beau

Ado : oh, il reste vert l’hiver

Ado : oh ça sent bon, cela fait du bien

C3 : alors on garde le sapin ? c’est lui qui fait penser le plus à Jésus ?

Tous : OUI !

Conteur 1 : Mais au fait, Jésus c’est la Vie, mais aussi la Lumière, qu’est-ce qu’on peut faire ? qui a une idée ?

Enfants en chœur : rajouter une étoile tout en haut, rajouter des lumières sur le côté

Et les enfants le font

Les plus petits chantent : Mon  beau sapin (54/08)

Tous les enfants, ado et nous adultes arrivent autour du sapin pendant que les petits chantent




Spectacle de Noël et l’évangile de Marc

Spectacle de Noël et l’évangile de Marc

par Virginie Moyat, Église Protestante Unie d’Ermont

 

 

Objectifs

*Participation des différents groupes d’enfants et de jeunes (de 3 à 17 ans)

*Questionnement autour du vide que laisse l’Ev de Marc concernant la naissance de Jésus

 

Scène 1 : Un présentateur de télévision

Présentateur TV au pupitre : 

« Bonjour, aujourd’hui, je vais vous parler d’un phénomène étrange qui se répand dans toutes les villes, les villages, même les maisons, depuis quelques semaines. Je ne sais pas ce qui se passe !

Regardez (début photos d’illuminations) : dans les rues, il y a des illuminations, partout ! et certains jardins sont illuminés aussi ! Mais que se passe-t-il ?

Nos journalistes ont mené l’enquête. Je vous propose de les écouter.»

Diaporama par les jeunes Début d’un journal TV, avec le son Photos d’illuminations de Noël prises par les KT

Scène 2 : dans la rue

Journaliste 1 micro fil, 2 enfants,  une mère et son enfant: 

« Bonjour, j’aimerais savoir si vous savez pourquoi il y a ces illuminations ? » 

Réponses données :

*Car la nuit est très longue, pour voir mieux

*Car on montre le chemin au Père Noël

*Car c’est la fête pour nous les chrétiens, on rappelle la naissance de Jésus (enfant et mère)

« Je décide d’aller dans un temple protestant pour continuer mon enquête »

Le journaliste 1 sort dans le couloir par devant puis rentre à nouveau par devant

Photo d’une rue passante, si possible connue par tous et locale

Scène 3 : dans un temple

Journaliste 1 , Le pasteur en robe au pupitre : 

« Ah, cela a déjà commencé. Je vais me faire discret. »

Le journaliste 1 s’asseoit dans l’assemblée

Lecture de Mc 1, 1-9

Photo d’un temple (le vôtre !) Le texte de Mc 1, 1-9

Scène 4

Journaliste 1 , KT : 

Le journaliste 1 se lève et dit :

« Je remarque un trouble dans l’assemblée qui est si nombreuse en ce jour.

Je vais aller les questionner. »

« Bonjour, que se passe-t-il ? »

Réponses données par des Kt :

* « Je ne comprends pas »

* « Je suis vraiment étonné »

*les 2 ensemble : « c’est pas normal ! »

Photo d’une assemblée nombreuse de chez vous

Scène 5 par CB seulement

Journaliste 1, 1 enfant de l’école biblique : 

Une dernière réponse :

*Je ne comprends pas pourquoi il n’y a pas le récit de la naissance. Pourtant, c’est important de connaître sa naissance, sa famille !

« Le trouble continue, il faut continuer l’enquête, je vous laisse et mon collègue qui est parti en Israël trouvera sûrement une explication »

Le journaliste 1 s’installe sur une chaise, installé discrètement derrière le pupitre

Photos des dessins des enfants  : Dessins de leurs familles ? Dessins de généalogies ? Et mimes des enfants de l’école biblique pour montrer ce qu’est une famille (embrassades ? se serrer la main ?)

Scène 6

Journaliste 2 (jeune) micro fil, Jeunes et KT: 

« Bonjour, je suis en Israël, près du Jourdain. Nous sommes dans le lieu même où ce Jésus dont a parlé la pasteure a été baptisé, selon certains historiens !

Je vais essayer de comprendre pourquoi l’auteur du récit que vous avez entendu n’a rien écrit sur sa naissance.

Vous voyez (photo du baptême apparaît) :

De nombreuses personnes sont là, elles se font baptiser dans l’eau du Jourdain. Je vais les interroger. »

« Bonjour, est-ce que vous pouvez me dire qui est Jésus pour vous ? est-ce que la manière dont il est né influence votre foi ? »

Réponses données : les jeunes ont préparé leurs réponses

*

*

« Bonjour, quel lien y a-t-il entre la naissance de Jésus et son baptême? »

*demander aux KT de préparer des réponses

*

Journaliste : « Je crois avoir compris ce qui se passe : les chrétiens croient en Jésus, en ce qu’il a fait, en ce qu’il leur a offert sa vie ; pour les chrétiens, c’est sa vie adulte qui est un exemple à suivre, c’est pour cette raison que Marc n’a rien écrit dans son livre sur sa naissance. »

Le journaliste 2 sort

Photo du site du baptême, Photo de baptêmes sur le Jourdain

Scène 7

Journaliste 1 assis sur une chaise (micro fil), KT: 

Le journaliste 1 avance sa chaise et dit :

« Pendant ce temps, j’en ai profité pour lire dans le livre qu’a lu le pasteur, il y en avait dans le temple.

J’ai regardé dans les pages d’après, c’est extraordinaire, la naissance de cet homme !

A vrai dire, c’est comme cet homme, il était extraordinaire : il écoutait (début du mime) les gens sans les interrompre, il prenait le temps de les écouter, d’expliquer, de rassurer, de prendre soin.

(fin du mime)

(petit silence)

Jésus était quelqu’un d’extraordinaire, qqun d’une autre époque!

(très calmement et en laissant du temps entre chaque phrase 🙂

Mais en fait cela doit faire tellement de bien !

Il ne les interroge pas, les personnes viennent à lui et lui parlent de leur vie, de leurs soucis, tranquillement

Ce serait bien s’il était là

Je serais bien s’il m’écoutait

A vrai dire, ce serait bien aussi si j’écoutais aussi les gens que j’interroge comme ça, en leur laissant le temps, le temps de me connaître, le temps qu’on s’apprivoise.

Le temps de prendre soin les uns des autres »

Photo d’une Bible ouverte, Mime de la vie de Jésus, fait par les KT : enseigne, puis écoute, puis rassure, puis soigne Musique douce de violon en fond

Scène 8

Journaliste 1, jeunes, KT, EB, petits , Puis les petits, Et les plus petits qui le souhaitent aussi (les jeunes vont les chercher): 

« Au fait, j’oubliais, et si je vous lisais le récit de la naissance extraordinaire de Jésus dans le récit de Luc ? »

Lecture de Luc 1, 27-32 : annonce, lu par Journaliste 1

Puis arrivée des KT, pour s’asseoir par terre en demi-cercle devant lui et 2 lisent (s’asseoient pour la lecture sur la chaise)

Lecture de Luc 2, 1-7 : naissance, lu par 3 KT

Pendant ce temps, les EB arrivent et l’entourent, s’assoient par terre en demi-cercle devant lui (les KT reculent) et l’écoutent, certains le remplacent à la lecture

Lecture de Luc 2, 8-20 : les bergers, lu par EB

Pendant ce temps, les GE et les plus petits que les jeunes ont été chercher dans l’assemblée vont s’asseoir en demi-cercle (les EB et les KT reculent et laissent de la place)

Chant final de tous avec l’assemblée, entonné par la chorale et l’orgue

Tous restent là

Photos des textes bibliques qui s’affichent et se déroulent Chant 54/02 st 1-2 Dieu vient d’allumer un feu

Scène 9

Présentateur TV (pupitre)  et Tous: 

« Mais alors, ces illuminations sont là pour fêter un grand événement; annonçons-le ! l’annonce d’une vie différente où chacun prend du temps pour l’autre »

Et il entonne la strophe 5 (avec l’orgue)

L’assemblée et tous les enfants chantent avec lui

Chant 54/02 st 5 Dieu vient d’allumer un feu




histoire de famille : Joseph et ses frères

HISTOIRE DE FAMILLE : celle de Joseph et de ses frères et de son père, racontée et jouée au moyen de marionnettes. Culte avec les louveteaux,  inspiré d’autres documents

  • pointkt ( Evelyne Schaller et Corinne Schelle),
  • « la galette et la cruche » Antoine Nouis
  • « vivre la fraternité 2017 »

 

Activités préparatoires

GROUPE 1 : peindre des personnages : sur des assiettes en carton (ou sur des chutes de carton en forme de triangle, de rond ou d’ovale). Une fois secs, fixer sur un manche : bambou ou latte

GROUPE 2 : peindre les décors sur des grandes feuilles type paperboard, qu’on collera sur du papier  kraft

GROUPE 3 : travail du texte et des acteurs

MATERIEL : peintures gouache, pinceaux, assiettes carton, lattes ou morceaux de bambou et de quoi fixer l’assiette,  feuilles blanches paperboard, papier kraft

Les marionnettes sont tenues par ceux qui les ont fabriqués et le décor déroulé aussi par ses peintres, donc rôle actif pendant le culte..

 

CULTE  ET SAYNÈTES

  •  Accueil et présentation des jeunes
  • Chant 1 : je louerai l’Eternel
  • Prière d’entrée et psaume
  • Chant 2 : qui es-tu toi mon frère?

SCENE  1  décor: désert – marionnettes Jacob et Joseph – Lecteurs : 4

L1 : Voici le vieux Jacob, frère jumeau d’Esaü. Celui-là même qui échangea le droit d’être l’ainé grâce à un bon fumet aux lentilles. Il vient de perdre sa seconde épouse, Rachel, alors qu’elle donnait naissance à Benjamin.

L2 : Benjamin est le dernier de douze frères, tous fils de Jacob, et de Léa ou de Rachel. Une histoire de frères jaloux se terminent, mais déjà une autre commence. Jacob aime plus les fils de sa vieillesse, les enfants de Rachel: Joseph et le petit Benjamin.

L3 : Il y a d’abord cette histoire de rêves dans lesquels Joseph est toujours le premier, le plus fort, le plus brillant.

Joseph : mes frangins, ils aiment pas trop quand je leur raconte mes rêves, mais je vois pas pourquoi ça les gonflent comme ça ! « Prétentieux », qu’ils disent, « Tu crois quand même pas qu’on va se prosterner devant toi ?! »… Pfff… C’est que des jaloux!

L2 : Et puis cette fameuse tunique, cadeau de Papa, qui décide d’une histoire tragique.

Joseph : Yeah!! Matez-moi ça !! Vous avez vu le manteau que mon père vient de m’offrir ? Trop swag !! Je suis trop beau !! Sérieux, regardez comme il tombe bien : coupe parfaite, manches finement ciselées, coutures top mode…et quelles couleurs: ça flasch super !!!

SCENE 2  Décor: thème puits et désert –  marionnettes : Joseph + les 10 frères (en fait 5 silhouettes) + marchand de la caravane

L4 : Joseph est envoyé auprès de ses frères qui gardent les troupeaux, pour leur apporter le piquenique. Ils le voient arriver de loin, avec sa belle tunique qui brille au soleil. Alors ils complotent ;

Frère1 :  voilà l’homme aux songes de tout et n’importe quoi qui arrive !

Frère 2 : ha le doux rêveur, pour qui se prend-il ?

Frère 3 : en plus avec ses plus beaux vêtements, et ça, pour aller travailler !

Frère 4 : nous narguer, plutôt !

Frère 1: ce crâneur, tuons-le  et jetons-le dans n’importe quelle citerne !

Frère 2 : nous dirons qu’une bête sauvage l’a dévorée !

Ruben, l’ainé : d’accord les frangins, jetons-le dans une citerne pour l’effrayer, ça c’est d’accord, mais je vous préviens ! nous ne toucherons pas à un cheveu de sa tête !

L4: Et c’est ce qu’ils font. Ils se saisissent de lui, le déshabille de sa belle tunique, le jettent dans un puits profond. Puis ils déchirent la tunique. C’est là qu’une caravane passe.

Frère 2 : ohé marchand, où va tu avec ta caravane ?

Marchand : je vais faire des affaires en Égypte

Frère 3 : et tu vends quoi ? Un jeune esclave, cela pourrait-il t’intéresser ?

Marchand : pourquoi pas, s’il a bonne apparence !

Frère 4 : voilà une affaire qui se conclue bien ; nous te confions ce vaurien contre quelque petit bétail !

Marchand : tout est ok pour moi, voilà quelques moutons et j’emporte votre serviteur !

Frère 1 : salut l’ami, bonnes affaires et en route !

Marchand : c’est un bel esclave que je viens d’acheter là, mais quand même, je suis mal à l’aise : ce jeune homme ressemble drôlement à ceux qui l’ont vendu!!On dirait presque que c’est un frère!  Curieuse histoire !!

L4: Et c’est ainsi que Joseph fut emmené en Égypte pour être revendu à un haut fonctionnaire égyptien nommé Putiphar.

  • Confession des péchés
  • Chant 3: Dieu tu es ma force et ma consolation

SCENE 3 Décor Égypte,  – marionnettes : Joseph et soldat – texte : 3 lecteurs

L1 : Dans sa nouvelle vie, comme esclave de Potiphar, Joseph devient rapidement un homme de confiance. Il est intelligent, perspicace et beau de surcroit. Mais c’est bien de là que viennent ses nouveaux ennuis. La femme de Potiphar s’éprend de lui.

L2 : Joseph est droit, fidèle à la confiance que lui donne son patron. Alors il résiste aux avances de la belle.

L3 : Mais la justice est réservée aux puissants de ce monde, et c’est l’injustice qui l’entraine au fond du cachot.  (soldat)+ décor prison

L2 : La belle éconduite s’est vengée bassement, mais c’est Joseph qui se retrouve en bas ! Pas dans une citerne cette fois mais au fond d’un trou : la prison du Pharaon !

SCENE  4 Décor : Égypte, pyramides, palmiers, sable, delta du Nil, verdure – marionnettes : Pharaon+ échanson+ Joseph – Texte : 2 lecteurs

L1 : Joseph en prison rendait des services, car lui le rêveur, il savait comprendre et expliquer les rêves des autres.

Echanson : oui, j’ai été en prison avec ce jeune homme, parce que j’étais soupçonné d’avoir voulu empoisonner le pharaon. Tourmenté par un rêve, Joseph a su me l’expliquer. J’ai maintenant retrouvé une place importante près de Pharaon.

L1 : Joseph était toujours en prison; et ce fut au tour de Pharaon d’être tourmenté par des rêves. Le rêve de vaches maigres qui surgissaient du Nil pour dévorer sept vaches grasses.

L2 : Ou encore ce rêve d’épis de blé maigrichons qui bousillaient des épis magnifiques. Sept également.

L1 : L’échanson se souvint de Joseph qui expliquait des rêves dans sa prison.

Pharaon : encore une nuit pénible rempli de ces 7 vaches maigres

Echanson : je vous conseille d’appeler Joseph dans sa prison, c’est un liseur de rêves.  (On fait venir Joseph  )

Joseph : o Pharaon, le rêve des épis de blé comme celui des vaches annonce 7 années pleines de bonnes récoltes mais qui seront suivies de 7 années de terrible famine !

Pharaon : pour cette situation de crise, il me faut un nouveau conseiller économique. Alors je vais te nommer ministre ! Cher Joseph. Et puisses- tu, par tes conseils, sauver notre pays de la famine.

  • Chant 4: laisserons nous à notre table

SCENE 5  Décor Égypte – marionnettes: Joseph égyptien +frères silhouettes+ soldat – Texte : 4 lecteurs

L1 : Quand vinrent les 7 années de famine, tous les pays voisins vinrent acheter le blé que l’Égypte avait mis en réserve. Et voilà que les frères de Joseph vinrent aussi de Canaan pour acheter du Blé.

L2 : Joseph reconnut ses frères, mais il fit semblant de les prendre pour des espions et pour des voleurs.

L1 : Il avait fait glisser une coupe en argent dans leurs sacs. Il exigea qu’ils ramènent aussi leur plus jeune frère en Égypte en échange du blé.

L3 : Mais Joseph reconnut l’amour que les ainés portaient à Benjamin, et combien ils avaient eu honte de ce qu’ils lui avaient fait autrefois. Alors il se fit reconnaître.  (silhouettes frères se mettent à genou)

L4 : Ses frères se jetèrent à ses pieds pour lui demander pardon. Il les releva et les emmena pour fêter leurs retrouvailles. Jacob aussi monta du pays de Canaan au pays d’Égypte pour la durée de ses vieux jours, auprès de ses fils réunis.

Joseph : Oui, ils avaient bien changé mes frères… Et moi aussi… Nous avons tous pleuré de joie et d’émotion, lorsque je leur ai révélé ma véritable identité… Ils sont allés chercher mon vieux père, et aujourd’hui, tout le monde vit ici ; et mes frères, comme je le disais, sont devenus mes amis, tous…

FRERE 1 : Et depuis, tous les cananéens sont les bienvenus dans ce pays…

JOSEPH : Oui, vous voyez, Dieu a toujours été à mes côtés, et il m’a fait grandir en sagesse et en bonté…

FRERE 2 : Nous avons grandi également et combien nous avons pleuré notre crime! Mais Dieu est resté notre guide , grâce à un malheur, la famine, ils nous a sauvé!

JOSEPH : moi Joseph, le petit prétentieux d’habit et de rêves, de vêtements en vêtements, je me suis dévêtu de ceux de l’égoïsme et du nombrilisme, pour revêtir ceux de la fraternité et du partage, et je n’ai aucun regret ni amertume quand je regarde le passé, bien au contraire, je suis rempli de louange et de gratitude

  • Prière , Notre Père
  • Annonces Offrande
  • Envoi bénédiction
  • Sortie

Crédit : Evelyne Schaller (EPUDF)




Pierre ou cailloux?

D’après 1 Pierre 2, 2-10…

  • Que fais-tu devant ce tas de cailloux ?
  • –  De pierres !
  • Des pierres, des cailloux… c’est pareil !
  • – Ah non ! Un caillou, c’est froid, impersonnel, anonyme.
  • Et une pierre ?
  • – Déjà c’est un prénom et puis tu peux toujours mettre des cailloux ensemble, tu n’obtiendras qu’un tas de cailloux comme tu dis. Mais en joignant des pierres, tu peux construire une maison en pierre, une église en pierre, un pont en pierre, … Ce n’est donc pas un tas de cailloux que je regarde mais un ensemble de pierres.
  • Un ensemble ? Pourquoi pas une chorale pendant que tu y es ? Ou un orchestre philharmonique ? Ou une paroisse ?
  • – La comparaison est bonne. Regarde comme chaque pierre a sa place, comme chacune d’elle a ses particularités et comme ensemble elles peuvent faire un édifice solide.
  • Tu m’inquiètes. Es-tu sûr que tu vas bien ?
  • – Reste tranquille quelques instants devant elles…
  • Comme une statue de pierre ?
  • – Si tu veux, mais sans rester de marbre, et tu comprendras…

(pause – A regarde les pierres et son visage s’éclaire)

  • Regarde celle-ci comme elle est particulière. On dirait qu’elle a reçu des coups de marteau.
  • – C’est possible, c’est peut-être une pierre que l’on a malmenée. Du coup, certains voudraient la mettre au rebut, mais tu vois, là, elle a sa place.
  • Oui, comme une pièce d’un rébus qui n’aurait plus de sens sans elle.
  • – Tu es en forme aujourd’hui !
  • Oui, je me sens bien, de mieux en mieux même. Je ne m’attendais pas à ce qu’un tas de ca… à ce qu’un ensemble de pierres me fasse cet effet.
  • – Et ces pierres sont comme toi : elles forment un tout. Si tu en enlèves une, cela aura des répercussions sur les autres. Comme toi, si tu as mal quelque part, c’est tout ton être qui souffre.
  • Mais là, c’est plutôt un souffle, un souffle harmonieux qui me traverse. Merci à ton orchestre de pierres.
  • – Et as-tu vu celle-ci avec ces couleurs irisées ?
  • C’est une pierre précieuse ?
  • – Elles le sont toutes, même si elles n’ont pas de valeur commerciale. Mais regarde comme en fait ce sont ses voisines qu’elle met en valeur.
  • Justement, je ne l’avais pas repérée.
  • – Moi, non plus, c’est à force d’attention que l’on se rend compte de la beauté de chacune.
  • Est-ce qu’elles ont toutes un point commun tu crois ?
  • – Le fait d’être ensemble, déjà. Et est-ce qu’elles ne te paraissent pas, pour la plupart, comme lissées, polies ?
  • Polies ? Oh, excusez-moi : bonjour les pierres !
  • – Je veux dire polies par l’eau, comme des galets.
  • Si, c’est vrai. Est-ce qu’elles ont séjourné dans l’eau ?
  • – Elles sont passées par l’eau. On les y a plongées.
  • Pourquoi ?
  • – C’est ce qu’on appelle le baptême. Ça te dit quelque chose ?
  • Laisse-moi deviner… ce n’est pas quand on dit à un enfant : « n’ai pas peur, je t’aime, je t’appelle par ton nom, tu es à moi » ?
  • – D’où connais-tu ça ?
  • C’est ce que j’ai appris d’un certain Axel… il y a longtemps (clin d’œil vers l’enfant en question baptisé quelques instants plus tôt)
  • – C’est exactement cela, c’est un amour qui nous est donné.
  • Et il sert à quoi ?
  • – Eh bien, tu vois : il transforme un tas de cailloux en un ouvrage architectural fait de pierres !
  • Et pas seulement…
  • – A quoi penses-tu ?
  • Il m’a fait passer, moi, de mes railleries du départ à l’émerveillement et à la reconnaissance.
  • – Comme si ton cœur de pierre était devenu un cœur de chair, alors ?
  • Tu vois, au départ, je voulais donner un coup de pied dans ton tas de cailloux. J’avais même déjà choisi le caillou qui prendrait le coup.
  •  – Lequel ?
  • Celui-là. Celui que je t’ai montré avant et qui semble avoir déjà pris des coups.
  • – Je vois. Un coup dans celui-là et tout s’effondre, as-tu pensé…
  • Exactement
  • – Et maintenant ?
  • Maintenant, j’ai envie de mettre un écriteau sur ton ensemble de pierres.
  • – Et qu’écrirais-tu ?
  • Prière de respecter ces pierres !… Mais il y a autre chose que les hommes que je crains…
  • – Quoi donc ?
  • J’ai peur qu’avec le temps la mousse ne se développe et envahisse les pierres.
  • – Je vais te lire un texte tout à l’heure qui dit que Dieu nous a appelés des ténèbres à la lumière.
  • Et alors ?
  • – Sais-tu comment les évangiles parlent de ce passage des ténèbres à la lumière ?
  • En enlevant la mousse présente sur des pierres ?
  • – En faisant rouler la pierre du tombeau au matin de Pâques.
  • Je ne vois toujours pas le rapport avec la mousse…
  • – En faisant rouler la pierre, Dieu nous préserve du désespoir, de la peur, de la haine – ce que représente la mousse. Or tu sais bien que « pierre qui roule n’amasse pas mousse » !
  • Tu veux dire qu’un cœur reconnaissant préserve des idées noires.
  • – On peut le dire ainsi.
  • Et que la pierre qu’on voudrait rejeter, et dans laquelle je voulais donner un coup de pied, est justement celle qui fait tenir le tout ?
  •  – Exactement, c’est elle qui maintient l’église.
  • Et si maintenant tu me lisais le passage dont tu parlais…
  • D’accord, écoute, ça se trouve dans la première épître de Pierre.
  • – C’est une blague ?
  • Non, c’est le texte prévu pour aujourd’hui, 1 Pierre 2, versets 2 à 10.

Lecture de 1 Pierre 2, 2-10

2  Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait spirituel et pur, afin qu’en le buvant vous grandissiez et parveniez au salut.

3  En effet, « vous avez constaté combien le Seigneur est bon. »

4  Approchez-vous du Seigneur, la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et jugée précieuse par Dieu. 5  Prenez place vous aussi, comme des pierres vivantes, dans la construction du temple spirituel. Vous y formerez un groupe de prêtres consacrés à Dieu, vous lui offrirez des sacrifices spirituels, qui lui seront agréables par Jésus-Christ.

6  Car voici ce qui est dit dans l’Écriture : « J’ai choisi une pierre précieuse que je vais placer comme pierre d’angle en Sion ; et celui qui lui fait confiance ne sera jamais déçu. »

7  Cette pierre est d’une grande valeur pour vous les croyants ; mais pour les incroyants « La pierre que les bâtisseurs avaient rejetée est devenue la pierre principale. »

8  Et ailleurs, il est dit encore : « C’est une pierre qui fait trébucher, un rocher qui fait tomber. »

9  Mais vous, vous êtes la race choisie, les prêtres du Roi, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu. Il vous a appelés à passer de l’obscurité à sa merveilleuse lumière, afin que vous proclamiez ses œuvres magnifiques.

10  Autrefois, vous n’étiez pas le peuple de Dieu, mais maintenant vous êtes son peuple ; autrefois, vous étiez privés de la compassion de Dieu, mais maintenant elle vous a été accordée.

  • Même l’épître est faite de Pierre !

Crédits : Pasteur Jean-Daniel FAIVRE ( 1967-2015) – photo de Pexels – PIXABAY