Kamishibaï maison en photographies

Kamishibaï (dire ka-mi-shi-baï) est un mot japonais pour « théâtre de papier ». Les images sont imprimées de façon à ce que les spectateurs voient l’image présentée  (au recto) tandis que le conteur peut lire le texte imprimé (au verso).  Le glissement des images est facilité lorsqu’elles sont présentées dans un castelet (ou « butaï « ). Cliquer ici pour découvrir la fiche de fabrication du castelet  et tous les récits disponibles au téléchargement.

Le présent kamishibaï est une série photographique de la pasteure Annette Ruby, les figurines sont mises en scène par Valérie Jautzy. Merci à elles pour le partage de ce matériel. Laurence Gangloff a présenté le Kamishibaï.

Voici une vidéo pour donner un aperçu de ce kamishibaï – cliquer ici

Fabrication

  • Première étape : imprimer (en recto-verso dans ce cas – choisir la fonction « reliure sur le bord le plus petit »)  toutes les  planches du Powerpoint disponibles ici kamishibai en photo Luc 2 – si les feuilles n’ont pas été imprimées en recto-verso, les assembler et les coller sur le papier cartonné, si possible. Le recto de chaque planche est notifié en bas à droite (et en petite police de caractère) tandis que le verso de chaque texte est indiqué en haut et en grand.
  • Dernière étape :  ranger les planches dans le bon ordre, les glisser  dans le butaï … s’entraîner en face d’un miroir (pour voir les images) et une fois que l’on se sent prêt : inviter au « spectacle » !

Crédits : Valérie Jautzy  et Annette Ruby – Point KT




Vidéo pour comprendre Pâques

Voici une belle vidéo pour méditer les événements de la semaine de Pâques.

L’histoire de la vie de Jésus a été montée par Karin Butterlin, formatrice AFIBI (association des Figurines bibliques). La plupart des prises de vues ont été réalisées en Israël et en Palestine.

Durée 15 minutes. A méditer et apprécier !

 

 

Crédits : Karin Butterlin – Point KT




« Man Hû »

Vous cherchez comment raconter des histoires bibliques à l’aide d’objets symboliques ? Le site « Man Hû » recèle tout plein de trésors pour vous !

« Man Hû » est un outil de narration biblique et d’animation approprié pour l’enfance, l’adolescence, l’âge adulte, ainsi que pour des rencontres intergénérationnelles et œcuméniques, outil développé par le Centre Œcuménique de Catéchèse de Genève (COEC). Il s’inspire directement de l’approche catéchétique Godly Play®, notamment dans la façon de présenter les histoires bibliques, de les raconter et les questions posées en fin de narration.

L’intitulé « Man Hû » fait référence au récit de l’Exode 16 :

“Du haut du ciel, je vais faire pleuvoir du pain” (v.4)

Le peuple de Dieu se voit offrir cette nourriture lors de sa traversée du désert, suscitant un questionnement :

“Qu’est-ce que c’est ?” (v.15)

Susciter un questionnement, chercher des pistes, des ébauches de réponses… voilà le type de spiritualité que nous souhaitons favoriser.
Ainsi, des récits bibliques ou liturgiques sont racontés aux participants en s’appuyant sur des objets symboliques.
Parfois, il s’agit d’une animation ou d’un atelier s’attachant à la symbolique.

Pour en savoir plus :
Qu’est-ce que c’est ?

Comment ça marche ?

Qui sommes-nous ?

Crédit : Nicole Rochat – Point kt




La femme de l’aubergiste

« La femme de l’aubergiste » est une narration traduite en français par Christiane Klett d’après un texte allemand écrit par Maria Herrmann. La narration peut s’illustrer à l’aide de figurines bibliques : voir Fiche d’utilisation La narration peut être utilisée dans le temps d’après Noël ou le temps de Carême… ou dans le cadre d’une fête paroissiale, modèle de feuille de culte : Fête paroissiale Sexagésime ordre culte

A la porte d’entrée de l’auberge on avait frappé. J’étais à mes casseroles ; les clients étaient affamés… Je ne savais plus où donner de la tête …La maison était pleine à craquer ; jamais ça n’a été le cas avant et jamais plus après… J’entends à nouveau frapper à la porte. « N’y va pas, Myriam ! » me lança mon mari. « Nous n’avons vraiment plus de place pour personne ! »

Il avait raison…

Nous avions étalé des matelas dans tous les coins pour la nuit, partout… car je ne savais pas dire non. Je trouvais toujours une solution. Je n’abandonnais jamais…Et maintenant, je ne pouvais pas faire autrement que de dire non… J’en étais malade.

Il me fallait pourtant, à tout prix, voir qui se trouvait devant la porte. Je courus vers l’entrée et déjà la voix pleine de colère de mon mari m’atteignait : « Myriam, c’est bien clair ! Personne ne passera plus par cette porte ! »  Je le connais. Cette fois-ci je ne pouvais pas faire autrement que de lui obéir…

Si seulement je n’étais pas allée voir ! Ma vie aurait été plus sereine par la suite.

Il y avait un jeune couple, dehors. Ceux-là pouvaient bien dormir à la belle étoile. Mais derrière eux, dans leur ombre, se tenait un voyageur qui soutenait sa femme, épuisée et à bout de forces. L’enfant qu’elle attendait, allait naître encore cette nuit-là. C’était évident … J’étais désespérée; sur le pas de la porte, je hochais les épaules et secouais la tête pour dire non. Les larmes me coulaient et je ne pouvais les essuyer… Hésitante, je refermais la porte derrière moi.

« Qu’as-tu ? » me demanda mon mari, plus tard . « Tu es si silencieuse. Je ne te connais pas du tout comme ça ! Les clients  veulent qu’on s’occupe d’eux, Myriam ! » Je me détournais. Il n’aurait de toute façon rien compris. Nous sommes tellement différents …

L’enfant est né malgré tout.

Evidemment les enfants viennent quand c’est le moment. La voisine leur avait mis son étable à disposition. Ce fut une drôle de nuit, la fois-là. Impossible de dormir ! Il y avait un remue-ménage pas possible. J’entendais marcher en pleine nuit. Le lendemain on se racontait que les bergers étaient venus pour voir l’enfant et le saluer comme le messie, comme le prince de paix pour le monde.

Et moi, je l’avais renvoyé ! La paix, j’en aurais eu bien besoin. Pour sûr, certains m’envient. Ils pensent qu’une femme d’affaires a la vie facile. Elle gagne beaucoup d’argent. Ah oui, l’argent ! Je donnerais tout mon argent pour cette paix que cet enfant doit apporter…

Depuis cette fameuse nuit, je me suis  souvent prise du temps pour les clients dans l’espoir de rencontrer une fois encore cet enfant. Mais il ne viendra plus chez moi. Je l’ai renvoyé jadis, avant même sa naissance. Il ne viendra pas chez moi, s’il devait encore une fois revenir à Bethléem.

S’il était né dans ma maison, là oui… Ces gens sont d’ailleurs repartis très vite, la fois-là. C’est curieux, comme ils étaient pressés… Le petit venait pourtant juste de naître !… Vit-il encore ?Il me faut penser à beaucoup de choses et j’en oublie plus d’une. Mais cette nuit-là, je ne l’oublierai jamais Elle ne me sort pas de la tête !…

Les années ont passé depuis et je vieillis de plus en plus. J’apprends à reconnaître mes limites, les limites de l’âge.A présent, ce n’est plus mon mari qui me freine. Toujours à nouveau, il arrive des moments où je dois me dire à moi ou à d’autres : « J’aimerais bien, mais je ne peux pas ».

30 années et plus se sont passées depuis cette fameuse nuit…

A Jérusalem, on se prépare pour la fête de la Pâque. Cela fait marcher nos affaires. J’aimerais bien me joindre à la foule et aller avec tous ces gens à Jérusalem. Mais je ne peux me le permettre. Qui ferait le travail à ma place ? Dans peu de jours et ce sera la fête là-bas…

Est-ce qu’on n’a pas frappé à la porte ? Celle-ci s’ouvre. Un jeune homme entre, il a la trentaine ou un peu plus. Il me regarde. Je le regarde à mon tour avec de grands yeux étonnés. Ma bouche, avant même que je réalise ce que je fais, dit : « Es-tu le roi des Juifs, le prince de paix ? » « Oui, je le suis » me dit-il. « C’est ici que je suis né ». « Oui, maître ! » lui répondis-je hésitante et triste et toujours pleine d’étonnement. « Oui, mais pas chez moi ! Pas dans ma maison. L’auberge était pleine à craquer. Je n’avais plus de place pour toi, vraiment plus, il faut me le croire ! » Et de nouveau mes larmes se mettent à couler…

« Je sais » me dit-il, « je sais ». C’est bien la raison pour laquelle je suis venu. Je sais que cela t’a fait souffrir jusqu’à aujourd’hui. Tu aimerais tant et tu ne peux pas. Toujours à nouveau. Crois-tu que je ne sais pas ce que c’est ? » Il s’approche et parle avec une voix douce : » J’aimerais tant encore vivre avec les humains et pour eux – avec toi et pour toi et pour tous ceux qui m’attendent. Ce ne sera pas possible. La mort m’attend. Mon temps est révolu. Le compte à rebours a commencé. La croix m’attend déjà à Jérusalem.

Ici, je suis né ; pas dans ta maison, certes, pas chez toi. Mais je suis né pour toi et pour tous les humains qui sont accablés et qui souffrent. Une vie durant tu as désiré me rencontrer. J’étais toujours là. Tu as vécu dans le stress et la mésentente et cela t’attristait. Et pourtant j’ai toujours été ta paix. Je ne suis pas né chez toi, mais pour toi et en toi, et je vais aller donner ma vie pour toi. Tu as la paix en moi ! »

Puis il s’en alla dans la nuit aussi discrètement qu’il était venu. Je suis là et je pleure ; ça m’a fait du bien. Une grande sérénité descend sur moi…

Modèles de signets à imprimer signets Afibi

Traduction en français par Christiane Klett  (Formatrice Afibidu texte allemand écrit par Maria Herrmann.




Le tombeau vide

« Le tombeau vide » est une narration de Machtfeld DEDIEU parue dans « Tu diras à tes enfants... »  sous la direction de Richard Gossin et son équipe. La narration a été adaptée par Christiane Klett, pour une utilisation avec les figurines bibliques. Les mots en gras* sont expliqués ici quelques mots de vocabulaire

 Mise en scène : tous les enfants sont assis au sol (sur des coussins) et sur le premier rang des bancs. Antje, Liana et Audrey se tiennent près de Myriam et ont leur étiquette avec le texte dans la main (télécharger ici Les étiquettes à découper )

  • Myriam C’est la veille des vacances de Pâques dans l’école d’un village d’Alsace et l’excitation règne. Antje discute avec ses copines Liana et Audrey de leurs projets, pendant cette dernière récré.
  • Liana:  « Vous savez ce qu’on va faire en cours de morale? Cela va être super ! On va peindre des œufs de Pâques ! « 
  • Audrey et Antje, qui vont en cours de religion, sont un peu jalouses. Elles ont une question :
  • Audrey : c’est quoi au juste, Pâques ?
  • Antje :  tu sais, toi ?

Avec les figurines bibliques nous allons raconter l’incroyable histoire de Pâques : texte lu, puis les 3 jeunes filles se rassoient à leur place.

Une triste journée est en train de se terminer. On est à Jérusalem et c’est la fin du sabbat*, le jour de repos pour les Juifs. Le soleil est couché et les gens sortent encore faire quelques courses

Trois amies, Marie de Magdala, Marie et Salomé sortent également faire un achat très particulier…(3 autres jeunes filles s’emparent chacune d’une figurine et présentent les trois femmes avec de grands foulards blancs, en signe de deuil, et lisent le texte ci-dessous. Lorsqu’il est question des fils, ceux-ci se manifestent l’un après l’autre, après avoir entendu leur nom de la bouche de la mère, en se levant et en tenant la figurine à bout de bras. Anticiper ce moment en donnant aux 3 garçons une figurine en main et l’étiquette de texte avant la présentation des 3 femmes)

  • 1ère femme : « Je suis Marie.  Je viens de Magdala (le même pays que Jésus), c’est pourquoi on m’appelle Marie de Magdala. Jésus m’a guérie d’une grave maladie. »
  • 2ème femme :  » Je suis une autre Marie, souvent appelée « L’autre Marie ». J’ai un fils appelé Jacques. »
  • Jacques : « C’est moi! Je suis Jacques, le petit, le mineur ! »
  • 3ème femme : « Je suis Salomé et mes fils s’appellent, l’un Jacques
  • Jacques, fils de Salomé « C’est moi ! Je suis Jacques le grand, le majeur ! »
  • 3ème femme …et l’autre fils s’appelle Jean
  • Jean : « C’est moi ! Je suis Jean, celui que Jésus aimait tant ! » (Les garçons vont poser leur figurine au milieu des disciples sur le baptistère.)

Les trois femmes vont acheter des aromates pour préparer une pommade très parfumée avec laquelle on embaume le corps*  d’un être cher qui est mort. C’est une coutume du pays.

 

Aller avec les 3 femmes (jeunes filles portant chacune une femme) vers l’échoppe, en expliquant les aromates. Puis expliquer l’expression « embaumer un corps*« . Les enfants, assis au sol et sur le premier banc, se lèvent et suivent du regard le cortège. Au retour des femmes des tiges d’encens sont tendues vers les paroissiens et une corbeille d’herbes aromatiques peut circuler.

 C’est Jésus qui est mort, celui qu’elles ont suivi partout. Les femmes sont bouleversées. Elles veulent aller demain à la tombe, pour être avec lui et embaumer son corps*.

Les 3 figurines femmes sont déposées à gauche sur l’autel.

C’est dimanche. Au petit matin, Marie de Magdala, Marie et Salomé se mettent en route avec leurs aromates soigneusement préparés. Le tombeau de Jésus se trouve en dehors de la ville, creusé dans le rocher. Des hommes forts ont roulé une grosse pierre* devant. En marchant, la tête baissée, elles discutent entre elles de ces affreux moments. Elles auraient tant voulu que Jésus soit resté en vie. Elles sont à la fois tristes et en colère* -« Pourquoi quelqu’un comme Jésus a dû mourir ? Il était bon pour ceux qui souffraient. Il les remettait sur le chemin de la vie. »

Mais d’un coup elles s’arrêtent de parler en pensant à la tombe. La pierre* ! Comment peuvent-elles rouler cette énorme pierre ? Elles sont découragées ; il ne leur reste plus qu’à rentrer. Mais, il y a cette envie grandissante qui les pousse: V O I R…

Les figurines avancent jusqu’à proximité de la pierre

Mais quoi ? Se sont-elles trompées d’endroit ? L’énorme pierre n’est plus devant. Qui l’a enlevée ? Maintenant n’importe qui peut entrer ! Le cœur battant elles s’approchent. Elles approchent. Soudain, elles s’arrêtent comme foudroyées : un homme en habit blanc* éblouissant est assis à l’entrée de la grotte.

Elles pensent bien qu’il ne se trouve pas là par hasard, c’est un messager.

Que va-t-il leur annoncer ? Que va-t-il leur annoncer?  C’est quoi « être ressuscité » ?

 

Les figurines sont à présent devant l’ange et l’une d’elle se penche pour regarder dans l’intérieur de la tombe

Pas question de partir, l’homme a bien vu leur angoisse. – N’ayez pas peur ! Je sais que vous cherchez Jésus, celui qu’on a mis sur la croix. Il s’est relevé. Regardez, il n’est plus ici. Ne restez pas là. Allez, prévenez Pierre et ses amis, dites-leur que Jésus est vivant ! Il vous attend! Il vous l’a même dit…

Remettre les 3 femmes sur la gauche de l’autel, serrées l’une contre l’autre

Elles sont terrifiées. Elles s’enfuient et courent pour s’enfermer à la maison. Elles sont terrifiées, elles s’enfuient. Petit à petit, la tristesse fait place à la joie. Déplacer les 3 femmes (les bras levé au ciel et leurs foulards blancs glissés au sol…) avec les trois jeunes filles vers le baptistère où se trouvent les disciples

Alors cette joie les pousse à aller voir Pierre et elles lui crient : « Il est vivant ! Christ est vraiment vivant, nous le croyons ! »

 

 

Myriam  À la sortie de l’école Audrey et Antje tout excitées retrouvent Liana. Elles ne laissent aucune chance à Liana de montrer quoique ce soit. Elles lui crient :

  • Audrey :  « Laisse tomber tes œufs ! Il est vivant !
  • Antje : Christ est vraiment vivant, nous le croyons !« 

Tous les enfants redisent en chœur, deux fois, ce texte (projeté aussi au mur). L’orgue  entonne la mélodie de la ronde qui suit :  (le texte est projeté au mur). Le tout peut être joué et chanté aussi par l’assemblée 5 à 6 fois de suite. Pour la ronde finale, tous les enfants se tiennent par la main et durant l’Alléluia font un tourniquet par deux. Texte chanté par tous et dansé par les enfants, projeté au mur et joué à l’orgue avec élan à compléter en cercle 2 ou 3 fois, puis en ribambelle dans le couloir central avec retour, un cercle puis fin.

 

« Christ est vivant – oui – Jésus est bien vivant, nous le croyons, nous le croyons (bis)

 Christ est vivant – oui – Jésus est bien vivant, c’est ce que nous croyons vraiment ! »

Alléluia !(répété 5 à 6 fois)

 

Crédit   : Christiane Klett – Point KT




L’agneau de Simon

« L’agneau de Simon » est une narration de Marthe Balla, formatrice AFiBi (Association des Figurines Bibliques).

Simon est heureux. Son rêve le plus cher s’est réalisé aujourd’hui : son père lui a confié un agneau ! Simon est un petit garçon comme beaucoup, mais on l’appelle « Simon bar Ruben » pour le distinguer des autres Simon de Bethléem, et cela, il en est fier : son père, Ruben  est le chef des bergers du maître et il a même accompagné celui-ci pour un voyage à Jérusalem ! Ruben n’est revenu qu’hier soir et, ce matin, il a appelé Simon et lui a dit :  « Simon, tu es grand maintenant,  que veux-tu faire de ta vie ?veux-tu apprendre le métier de berger ? oui ? Alors viens avec moi ! » Et, ensemble ils sont allés jusqu’au troupeau gardé par les autres bergers. Ensemble ils ont regardé toutes les bêtes – et Ruben les connaissait toutes ! – jusqu’à l’agneau tout blanc qui venait de naître. Celui-là Ruben l’a mis dans les bras de Simon en lui disant : « Il est à toi, tu en es responsable maintenant ! »

La journée a passé très vite, il y avait tant de choses à faire, tant de choses à apprendre ! Maintenant Simon est assis près du feu, son agneau à côté de lui et il écoute son père, Ruben, qui raconte aux autres bergers son voyage à Jérusalem.  « C’est une ville immense ! Et, tout en haut, le Temple, il est merveilleux, si grand … Et tous ces gens ! Ils venaient de partout, de Judée, de Galilée, d’Egypte, de Rome, et même de plus loin encore !  Mais tout le monde ne parlait que de la même histoire …s’il-te-plait, raconte –la ! dit Simon et tous les autres disent : oui, oui, raconte !

Ruben continue : on parlait du prêtre Zacharie et de sa femme Elisabeth qui venaient d’avoir un enfant alors qu’ils étaient vieux tous les deux … »comme Abraham et Sara ? » Son père sourit et caresse les cheveux de Simon en disant : c’est bien, tu apprends bien les leçons du Rabbin Amos !  On racontait que, alors qu’il était de service au Temple, il y a à peu près un an maintenant, Zacharie en était sorti muet ! Certains disaient qu’il avait vu un ange qui lui avait annoncé la naissance d’un fils et Zacharie ne l’a pas cru ! Il était rentré chez lui et … »

Simon n’entend plus la fin de l’histoire, ses yeux se sont fermés et il s’est endormi à côté de son agneau .Tout à coup il se réveille en sursaut, ébloui. Est-ce qu’il a dormi jusqu’à midi ? Non, derrière lui il fait sombre mais près du feu il y a une grande lumière comme il n’en a encore jamais vue. Un homme se tient dans cette lumière et leur parle : « N’ayez pas peur ! Réjouissez-vous ! Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur . Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez l’enfant emmailloté, couché dans une crèche. » Et voilà qu’une foule nombreuse est là et chante : « gloire à Dieu  au plus haut des cieux et paix sur la terre… »

Puis tout est fini. Simon se frotte les yeux et demande d’une toute petite voix : « c’étaient des anges ? » Son père hoche la tête : «  Je crois bien ; nous devrions aller à Bethléem »Tous se lèvent et se mettent en route. Simon fait deux pas et s’arrête, « et mon agneau ? s’il lui arrivait quelque chose pendant que je ne suis pas là ? Ce n’est pas le moment d’hésiter ! j’en suis responsable ! » Simon prend l’agneau sur ses épaules comme il a vu les bergers le faire et suit les autres.

C’est très dur. Un agneau, même petit, c’est lourd quand on est encore un enfant, mais il n’y avait pas d’autre solution ! Quand il arrive enfin, bien fatigué, à l’étable il voit le bébé sur la paille et tout est oublié ! Simon sent son cœur battre très fort, …Pauvre bébé, comme il doit avoir froid dans cette mangeoire …Si seulement je pouvais…Mais oui ! à côté de mon agneau j’avais bien chaud !… Je l’aime, cet agneau, mais l’enfant… Mon père se fâchera peut-être…non, il m’a dit « cet agneau est à toi » alors…Tout doucement Simon se rapproche du bébé et pose l’agneau à côté de lui, sur la paille de la mangeoire,  en murmurant :  « il te tiendra chaud » …

Quand Simon se réveille de nouveau il est près du troupeau sans savoir comment il est revenu. Sa main cherche son agneau et il se souvient de ce qui s’est passé pendant la nuit. Que va  dire son père ? A ce moment là son père s’approche de lui, un agneau dans les bras, et le lui tend, sans un mot. Son agneau ? Oui, …mais non, celui là  a quelque chose de différent : une toute petite tache, comme une étoile, juste à l’endroit où l’enfant de la crèche l’a caressé …Simon  prend son agneau dans les bras, il est heureux…

Et si aujourd’hui, dans beaucoup de crèches, il y a un petit agneau à côté de l’enfant Jésus, souvenez-vous : c’est l’agneau de Simon…. Et le temps a passé, Simon a grandi, son troupeau aussi. Le petit agneau est devenu un magnifique bélier, le chef du troupeau. Et, souvent il naît des agneaux  qui, comme lui, portent une petite tache, une étoile. Et Simon, à leur naissance, se souvient chaque fois de cette nuit…

Un soir, un voyageur s’approche du troupeau de Simon. Simon l’invite à s’asseoir près du feu, lui offre de l’eau et du pain…

-Merci Simon

– Tu me connais ?

– Oui, souviens-toi : il y a bien longtemps, quand je suis né, tu m’as offert ton agneau pour me réchauffer ! Je ne l’ai pas oublié, et je ne t’oublierai jamais ! Depuis, Simon est heureux !Simon est toujours heureux !

Crédit : Marthe Balla