L’incroyable voyage des nouveaux mages

 » L’incroyable voyage des nouveaux mages » a été écrit par la pasteure Isabelle Horber (UEPAL) pour la fête de noël des enfants. Conte moderne avec une machine à remonter le temps… 

 

 

Jeu d’orgue et Accueil                                           

Je vous souhaite la bienvenue pour cette fête de Noël des enfants.

Nous sommes venus pour être éclairés de la lumière de celui qui vient. Car le Christ venant dans nos vies… c’est une lumière qui perce l’obscurité.

Nous sommes venus parce que la fête de Noël des enfants… c’est comme une lumière dans la grisaille de nos vies.

 

Les lumières

Grâce à elles, tout est plus clair,

Plus gai, plus vivant,

Grâce à elles, tout est pétillant.

 

Cette première bougie de la couronne de l’avent allumée…

C’est signe que nous nous sommes mis en chemin

Comme Marie et Joseph allant vers Bethléem.

 

Voici la bougie de mon sourire

Pour te dire Seigneur

Que je t’attends résolument

 

Cette deuxième bougie de la couronne de l’avent allumée…

C’est signe qu’il est temps de nous préparer :

Nos cœurs et nos vies sont à dépoussiérer.

 

Voici la bougie de ma prière,

Qu’elle éclaire Seigneur,

Tous les amis qui sont ici

 

Cette troisième bougie de la couronne de l’avent allumée…

C’est signe qu’il faut encore un peu de temps

Pour que vienne l’enfant.

 

Voici la bougie de mon silence,

Pour que vienne la Paix

Au fond des cœurs comme un secret.

 

Cette quatrième bougie de la couronne de l’avent allumée…

C’est signe que bientôt tu viendras aux creux de nos vies.

Donne-nous de t’accueillir.

 

Voici la bougie de ma tendresse,

Pour que naisse au grand jour,

Le don si grand de ton amour.

 

L’étincelle de ton amour Seigneur jaillit dans nos cœurs.

Il incendie l’âme du désir de connaître et d’aimer
ce Dieu toujours plus…

de l’aimer sans partage,
comme il veut qu’on l’aime.
Dieu s’abaissant jusqu’à la créature
pour lui permettre d’aller jusqu’à lui…

Merci Seigneur !

Merci de venir à nous…

Merci de nous permettre d’entendre ta Parole d’une autre façon. Merci parce que tu es venu à notre rencontre :

 

chant : nous avons vu               

 

jeu des enfants

Décor avec inscription  » joyeux Noël » . Prévoir un écran  (ou un drap tendu) et un vidéoprojecteur pour faire apparaître les images indiquées plus tard.  Une « machine à remonter le temps »

Adélie Bonsoir, ce soir mon cœur est dans la joie. Il est rempli d’allégresse et de remerciements. Vous savez j’ai été gâtée, mais tout ce que j’ai reçu n’aurait pas eu la même saveur si je n’avais pas pu remercier pour tout cet amour manifesté. Et cela m’a fait réfléchir à tout ce que j’ai eu par ailleurs et qui ne se met pas au pied du sapin. Mais je me suis aussi demandé pourquoi Noël rime-t-il avec cadeaux, fête, lumière, repas et sapin ?

Perline Notre papy dit que Noël c’est l’anniversaire de Jésus… et que c’est une grande joie pour tous.

Adélie Mouais; je demande à voir. Et d’ailleurs nous allons voir.  Montrer la machine. J’ai retrouvé cette machine à voyager dans le temps dans son atelier. Il ne s’en sert pas souvent parce qu’elle doit être portée par le chant : elle fonctionne seulement si beaucoup de personnes chantent de tout leur cœur… Et alors elle fait seulement de petits sauts de quelques siècles…

Perline Bon, soyons prévoyants, emmenons quand même mon écharpe, je la mets tout de suite autour de mon cou, de quoi manger (mettre la mandarine dans le petit sac à dos), et si le trajet est trop long, notre jouet préféré : cette toupie en bois qu’a faite notre grand-père…

Adélie C’est parti!

Perline Regarde : il faut d’abord programmer le lieu et la date définitive : 25 décembre de l’an 0 j’imagine… A Bethléem. (bruit d’ordinateur qui buggue)…Tiens l’ordinateur a transformé la date en « début de notre ère ». Me demande ce que cela veut dire ? En tout cas j’espère qu’il n’y aura pas trop d’étapes jusqu’à Bethléem…

Tous chant enfants : un sauveur nous est né à Bethléem

Images : maison du village –  une forêt de sapin

Perline  Déjà? Mittelhausen – 1947. Ben, on est pas allés loin… C’est juste après la guerre… Tiens quelqu’un sort de ma maison… mais, mais c’est papy… C’est un gamin!

Le papy jeune  Aujourd’hui c’est Noël… je suis triste et content. Content parce que toute la famille était réunie : la première fois depuis la guerre. C’est chic parce qu’on s’aime bien tout le monde… cela rappelle que Jésus nous a aimés, qu’il est venu pour cela il y a longtemps. Je suis content aussi parce que maman a oublié les rationnements ce soir et qu’on a bien mangé : autour d’un bon repas on se rencontre mieux. Jésus lui-même a fait des choses importantes lors de repas : il a fait son premier miracle lors des noces de Cana, il a multiplié du pain et du poisson pour nourrir la foule, et n’oublions pas la sainte cène….Que c’était bon. Mais je suis aussi triste parce que l’orange que j’ai eu pour mon dessert, mon cadeau de Noël… Je l’ai laissé rouler dans le ravin.

Adélie Comment te consoler : prends cette toupie en cadeau. J’y tiens beaucoup et je pense qu’elle t’apportera autant de joie qu’elle m’a apportée. Tu es d’accord Perline ?

Perline Bien sûr.

Adélie et Perline s’en vont vers la machine

Le jeune papy O merci, merci. Je suis si content que je pourrais danser de joie. Vous des étrangers vous avez partagés avec moi. Ce cadeau me rappela toujours ce noël, il me montrera toujours que l’important à Noël c’est d’allumer la lumière de la joie comme Jésus en sa naissance ? Entrez pour partager notre dessert… Elles sont parties ?

Tous Chant enfants : vous bondirez de joie

Images : une forêt de sapin – un sapin décoré de pommes et d’hosties

Adélie Ca devient long… on va chanter un peu Adélie et Perline chantonnent : mon beau sapin, roi des forêts…

Perline Tiens, je me demande ce que le sapin a à voir avec Noël quand même… La machine ralentit une nouvelle fois j’ai l’impression : Sélestat – 1521.

Comédienne jouant Eve  Dépêche-toi, le mystère du Paradis qui raconte l’histoire de la création et de la chute avec toi jouant le personnage d’Adam et moi celui d’Ève va bientôt commencer. Je suis fière d’avoir été choisie pour jouer ce mystère sur le parvis de notre église en cette veille de Noël.

Comédien jouant Adam  Oui, oui on est presque au parvis de l’église où l’on va rappeler les mystères divins. Au fait, pour l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu sais ce qu’ils ont choisi finalement ? Un épicéa ou un sapin ?

Comédienne Ils ont cherché un beau sapin dans la forêt, il sera bien vert, symbole d’éternité, et sera orné de belles pommes rouges pour rappeler les fruits défendus que Adam et Eve (en rigolant) NOUS avons mangé. Je l’ai vu, c’est du plus bel effet !

Comédien  j’ai aussi entendu parler d’hosties.

Comédienne  mmm, c’est pour montrer que l’histoire de la chute est finie, que Jésus est né pour enlever et porter tout le poids qui a été mis sur nos épaules.

Comédien en allant vers le décor : les hosties en symbole de vie nouvelle que nous avons avec Jésus : riche idée ! J’y cours ! Que c’est beau !

Comédienne  c’est bien beau de jouer Ève, mais au mois de décembre… il fait froid (en grelottant).

Perline tend son écharpe à Adélie qui l’offre à « Eve » : Nous n’avons que cette écharpe, nous te la donnons pour te réchauffer. Adélie et Perline remontent dans la machine.

Chant assemblée : mon beau sapin                                  

Perline J’espère que la prochaine étape sera la bonne. Le 25 décembre… Heureusement que quelqu’un a pensé à noter la date.

Images : Colisée – bureau avec parchemins

Adélie  On est arrivé : non ? Rome – 354

Pape Libère  Evangile selon Jean au chapitre 4 verset 12 : Jésus leur parla et dit : « je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. »

Oui, c’est ça. Jésus est la vraie lumière, il nous l’a dit… et c’est lui qui est venu éclairer nos ténèbres. Nous guérir de nos cécités. C’est lui le soleil invaincu qui éclaire notre vie et qui renaît toujours. C’est donc lui qui doit être célébré comme celui qui apporte la victoire de la lumière sur les ténèbres. Les Mèdes et les Perses fêtaient le solstice d’hiver comme étant la victoire de la lumière sur les ténèbres, l’image de la victoire du bien sur le mal. Soit, mais il est inadmissible que ce culte païen, cette intuition que la lumière de la vie triomphe toujours des ténèbres de la mort, ne se rapporte pas à Jésus qui est venu nous éclairer au cœur de nos doutes et de notre manque de foi.

C’est pourquoi, moi le pape Libère, j’institue la fête de la nativité le 25 décembre car c’est Lui le soleil invaincu et en sa naissance il est venu nous éclairer. C’est son étoile qui a guidé les mages jusqu’à la crèche.

Adélie et Perline remontent dans la machine…

Adélie Je comprends maintenant pourquoi la machine a marqué : début de notre ère.

Tous Chant des enfants : toi qui es lumière

Images : un ciel étoilé avec une grande étoile – collines autour de Bethléem

Dan, un berger Je n’arrive pas à m’endormir ce soir. J’ai couru toute l’après-midi après cette brebis égarée (un enfant déguisé en mouton)… et ça m’a donné faim, mais quand je suis revenu, il n’y avait plus rien à manger.

Adélie et Perline se regardent et celle-ci acquiesce de la tête : tiens prends ma mandarine et peut-être seras-tu rassasié. Adélie et Perline s’installent avec les autres pour dormir

Le chœur des anges Gloire à Dieu, gloire à Dieu ! Les bergers sursautent et regardent autour d’eux

L’ange Gabriel  N’ayez pas peur, bergers ! Je vous annonce une bonne nouvelle qui donnera une grande joie à tout le peuple. Aujourd’hui dans la ville de David à Bethléem, est né le Fils de Dieu le Christ. C’est vous que Dieu a choisi pour aller sans attendre saluer cet enfant. Vous le reconnaîtrez à ce signe : vous trouverez un bébé enveloppé de langes et couché dans une mangeoire.  Les anges partent en volant

Rebecca, une bergère Je n’en reviens pas ! Vous avez entendu cette nouvelle. Cette nouvelle que notre peuple attendait depuis toujours ?

Abraham, un berger Avons-nous rêvé ? Le Christ est né cette nuit !

Elisabeth, une bergère Il est né cette nuit, et l’ange est venu nous l’annoncer auréolé de lumière. Je n’aurais jamais imaginé qu’une telle gloire puisse exister…

Rebecca, une bergère Et c’est à nous que l’ange l’a annoncé ! Nous les méprisés, nous qui n’avons nulle place dans la société ? Il nous a suscité un puissant sauveur, dans la maison de David son serviteur, comme il l’avait annoncé par la bouche de nos prophètes.

Elisabeth, une bergère Je le crois, mes amis, l’ange l’a annoncé, alors c’est vrai. Enfin nous savons que nous avons une place : près de ce nouveau-né qui nous accueille !

Nathanaël, un berger Nous avons notre place auprès de lui. Allons-y tout de suite. Allons lui rendre grâce… et chantons notre joie

Tous chant enfants : un enfant est né qui n’a pas même un toit

Images : un ciel étoilé avec une grande étoile – la crèche

 Ils se rendent à la crèche où il y a Marie, Joseph et l’enfant – Adélie et Perline les suivent discrètement

Abraham, un berger C’est un enfant, un enfant comme les autres. Mais qu’est-ce qu’il est beau. Et cette paix qu’il dégage.

Rebecca, une bergère Jamais je n’aurais imaginé que le Messie naîtrait sur la paille, dans une étable, c’est curieux quand même.

Elisabeth, une bergère Pas tellement. Avec le recensement, il y a tant de monde ici à Bethléem. Sûrement il ne restait que cette place-là.

Hannah, une bergère s’agenouille Toi l’enfant couché dans la crèche,

depuis le commencement c’est toi la lumière de Dieu

qui illumine tous ceux qui demeurent dans la nuit du malheur.

Elisabeth, une bergère s’agenouille Toi, l’enfant chanté par les anges,

depuis le commencement c’est toi la Parole de Dieu

qui apporte la Bonne Nouvelle à tous ceux qui ont faim de respect et de justice !

Hannah, une bergère Toi, l’enfant trouvé au fond de l’étable,

depuis le commencement c’est toi l’espérance de Dieu

qui relève dans la dignité tous les pauvres et tous les rejetés.

Tous les bergers : alléluia, un sauveur est né, c’est le Christ, le Seigneur, l’ange nous l’a annoncé.

Elisabeth, une bergère Notre attente n’a pas été vaine et même s’il n’est pas né dans un palais son amour réchauffe mon cœur. Alléluia !

Myriam, une bergère C’est toi, le Fils de Dieu venu en ce monde

pour être le frère de tous les habitants de la terre

et pour tracer le chemin de la vie !

Depuis le commencement,

c’est toi le signe d’amour offert par le Père

à tous les enfants de la terre !

C’est toi la lumière du monde.

Les bergers s’en vont et mettent sur la gauche et les mages arrivent

Gaspard Nous avons suivi l’étoile et nous voici, nous cherchons le roi qui vient de naître, le sauveur du monde selon les astres.

Melchior Nous voulions voir et adorer le Messie des juifs.

Balthazar Cependant nous nous sommes arrêtés au palais du roi Hérode où nous l’avons cherché en premier lieu.

Melchior et quand nous avons demandé au roi, aux grands prêtres, au scribe et même aux serviteurs « où est le roi des juifs qui vient de naître »?, ils ont tous été troublés.

Gaspard Ils étaient troublés mais nous ont annoncé que selon la prophétie le Messie devait naître à Bethléem : « et toi Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le plus petit des chefs lieux de Juda, car »

Balthazar c’est pas très grand quand même!

Melchior c’est là que le roi David est né.

Gaspard laissez-moi terminer. Je disais… « car c’est de toi que sortira le chef qui fera paître Israël mon peuple »

Melchior Voici l’étoile s’est arrêtée, c’est sûrement l’enfant annoncé.

Balthazar Je dépose à tes pieds ce cadeau : de l’or. C’est un cadeau pour un roi, et le Messie sera le plus grand roi qu’il n’y ait jamais eu.

Joseph L’enfant a cligné des yeux et détourné le regard. Cela ne l’a pas intéressé.

Melchior Je t’offre de l’encens. L’encens est un cadeau pour un prêtre et le Messie sera un prêtre, un médiateur entre le peuple d’Israël et son Dieu.

Joseph Jésus s’est frotté le nez. Peut-être le parfum l’incommode-t-il ? En tout cas cela ne lui plaît pas.

Gaspard Moi je t’ai emmené de la myrrhe.

Joseph Donnez-moi ça. De la myrrhe, mais c’est pour embaumer le corps des morts ! Comment peut-il lui apporter de la myrrhe ? Ce cadeau non plus n’a pas éveillé son intérêt.

Les mages partent (ils se mettent à droite)

 Tous chants enfants : comme les mages

Adélie Dire que c’est toujours moi qui ai attendu des cadeaux à Noël. Et aujourd’hui je comprends que l’important ce n’est pas ce que l’on reçoit mais ce que l’on te donne à toi Dieu venu au milieu de nous. Je comprends aujourd’hui que c’est à moi de te faire un cadeau. Mais je n’ai plus rien. La toupie nous l’avons donnée pendant notre voyage pour réjouir le cœur d’un enfant triste.

Tous Chant enfants (refrain) ding dong la joie dans le ciel. discret

Perline Mon écharpe Adélie l’a donnée à une femme qui avait froid alors que toi aussi tu dois avoir froid uniquement emmailloté comme tu es.

Tous Chant enfants (refrain) ding dong la joie dans le ciel. plus fort.

Adélie Et même notre mandarine nous venons de la donner au petit berger affamé de sa longue quête.

Tous Chant enfants (strophe 1) ding dong la joie dans le ciel. encore plus fort.

Adélie et Perline : Nous n’avons plus rien à t’offrir.

Marie Vous croyez que vous n’avez rien offert ? Vous avez offert tout ce qu’il désire : la compassion, l’accueil et la solidarité. Vous vous êtes donnés vous-mêmes pendant votre voyage et par là même vous avez fait de votre cœur le berceau où il grandira pendant toute votre vie.

Joseph Regardez comme il sourit, il n’a pas souri aux cadeaux des mages parce que eux sont venus et sont repartis mais ils ne l’ont pas emmenés dans leur cœur.

Marie Alors que vous, vous pouvez débuter une longue route avec lui, parce que vous avez compris le sens de la nativité – de Noël. Car Noël n’est pas tant recevoir que donner ce qui compte vraiment. C’est peut-être aussi voir Dieu, Jésus dans tous ceux que nous croisons car :

Lecteur A :

c’est Noël chaque fois

qu’on console un enfant;

qu’on donne au malheureux

sans regret, simplement.

C’est Noël, je le crois,

quand on sait rendre heureux.

Lecteur B :

C’est Noël quand, soudain,

on pardonne l’offense

pour stopper une guerre ou même une géguerre,

et que l’on tend la main pour forcer la misère

à perdre du terrain.

Lecteur A :

C’est Noël chaque fois

qu’on essuie une larme;

qu’on montre le chemin.

C’est Noël quand la foi

nous touche, nous désarme,

nous rend plus humains.

Lecteur B :

C’est Noël quand nos cœurs,

apprenant la patience,

se font plus fraternels.

C’est Noël à toute heure

quand lève l’espérance

du royaume éternel.

Lecteur A :

C’est Noël chaque jour

quand le Seigneur lui-même

habite nos cœurs;

quand sachant qu’il nous aime,

aimant à notre tour,

nous semons le bonheur.

Lecteur B :

Oui, c’est Noël, surtout,

quand nous aimons vraiment;

quand les mots pour le dire

viennent aisément;

quand nous savons sourire

à tous, autour de nous.

Lecteurs A + B :

Noël c’est chaque jour

car Noël, c’est l’amour.

Pasteur : Noël, c’est le moment où nos cœurs s’éveillent à l’amour c’est ainsi que nous voulons prier afin que nos cœurs s’éveillent et deviennent la crèche de notre Seigneur.

Chant de l’assemblée : devant ta crèche       

 Annonces et Prière d’intercession

Seigneur, si tu veux m’attendre encore

je serais un nouveau mage

parti de nulle part,

parti sans étoile aux cieux

pour un voyage au bout du temps

pour un voyage au bout de nous

pour un voyage vers toi.

 

Quand les ténèbres alentour brouillent toutes pistes,

quand ma boussole intérieure bat la chamade,

quand ma route s’enroule sur elle-même,

tu me montres quelque part dans la nuit

l’étoile inconnue que tu fais lever pour moi!

 

Tu me dis que je n’ai pas perdu ma vie,

ce temps que j’avais rêvé tout autre!

Tu me dis que tu m’attends encore,

car la fête ne commencera pas sans moi…

et je serai le quatrième mage,

venu d’un voyage au bout du temps,

de mon voyage au bout de moi!

 

Et je t’offrirai mon enfance

tapie sous les décombres de mon passé…
J’adorerai l’enfant de Noël

comme on s’agenouille émerveillé

devant le miracle fragile

d’une Parole enfin devenue vraie.

 

Maintenant je te vois en l’enfant de Noël

t’agenouiller devant moi

pour que je devienne enfin ton enfant

toi qui a voulu être nommé Père dans notre prière

c’est ainsi que nous te disons
NOTRE PERE…

 

Prière « Notre père… »

 Chant de l’assemblée : o du fröliche, o du selige   et Bénédiction

Crédits : Isabelle Horber (UEPAL) – Point KT




Abraham sous le chêne de Mamré

Narration en images pour découvrir avec les figurines bibliques le récit de l’annonce de la naissance d’Isaac. L’auteure est formatrice de l’association AFiBi, (Association des Figurines Bibliques). Selon les circonstances, les passages entre  en italique peuvent être supprimés

Abraham a fait dresser sa tente sous le chêne de Mamré et s’est assis à l’ombre, près de l’entrée de la tente. Il fait chaud. Abraham est vieux, il a 99 ans, il se souvient de ce qu’il a vécu…

Il se rappelle son enfance à Our, puis à Haran, quand il s’appelait Abram… Il se souvient de l’ordre de Dieu : «  Va, quitte ton pays, ta famille, et va dans le pays que je te montrerai. » Il se souvient du long, long voyage avec Saraï, sa femme, et Lot son neveu, avec ses serviteurs et ses troupeaux…Il se rappelle la promesse que Dieu lui a faite : Regarde le ciel et compte les étoiles, tes descendants seront aussi nombreux… Il se rappelle que Saraï qui ne pouvait pas avoir d’enfant a demandé à sa servante Agar d’avoir un enfant pour elle, ce fils qu’il a appelé Ismaël ( Dieu a entendu)… Il se rappelle du pacte que Dieu a conclu avec lui : «  Sois le père d’une multitude, ton nom ne sera plus Abram mais Abraham. Et ta femme ne s’appellera plus Saraï (ma princesse) mais Sara (princesse), elle te donnera un fils , tu l’appelleras Isaac (il rira)…

 

Abraham lève les yeux et voit trois hommes qui s’approchent. Aussitôt il se lève, court à leur rencontre et se prosterne devant eux. Il leur dit : «  S’il vous plaît, ne passez pas à l’écart, asseyez vous sous l’arbre, il y aura un peu d’eau pour vous laver les pieds. Reposez-vous et mangez un peu de pain pour reprendre des forces. Puis vous continuerez votre route. Un des voyageurs lui répond : «  Fais comme tu as dit ». Abraham court vers Sara qui est sous la tente et lui dit de prendre de la farine et de faire trois galettes. Puis il court au troupeau, choisit un veau bien tendre et le fait préparer. Abraham offre du beurre, du lait et le veau aux voyageurs qui lui demandent :

  • « Où est ta femme, Sara ?
  • La voici, sous la tente.
  • Je reviendrai vers toi dans un an et ta femme Sara aura un fils. »

Sara a entendu. Elle est déjà vielle, elle n’a jamais pu avoir d’enfant, et Abraham lui aussi est vieux !  Elle ne peut pas croire cela et elle rit en elle-même…Le voyageur demande à Abraham : «  Pourquoi Sara a-t-elle-ri ? Quelque chose est-il impossible à Dieu ? ». Sara a peur elle dit « Non, je n’ai pas ri ! ». « Si, tu as ri ! » répond le voyageur. Les voyageurs se lèvent et Abraham les accompagne un bout de chemin…

(Genèse 21, 1-6) : Dieu fait à Sara comme il a dit, elle est enceinte et donne naissance à un fils qu’Abraham appelle Isaac-il rira. Abraham a 100 ans à la naissance d’Isaac. Sara dit : « Dieu m’a fait rire (de joie) et tous ceux qui entendront parler d’Isaac riront avec moi !

 

 

 

Crédits texte et photos : Marthe Balla (Association des Figurines Bibliques)- Point KT

 




Le mystère du meurtre dans « les toilettes »

Voici une narration pour adultes d’après Juges 3, 12-30.

Animation possible : après avoir découvert le texte biblique et la narration, créer deux groupes l’un étudiant le récit biblique et l’autre celui de la narration. Les deux groupes peuvent répondre aux questions  proposées ici questions d’enquête. Prévoir une synthèse en grand groupe.

 

« A sa majesté, soleil resplendissant, auprès de qui j’ai trouvé faveur, longue vie et santé ! Message codé de Malki-kemosh, gouverneur du pays de Medeba, ton serviteur, qui se prosterne de loin sept fois aux pieds de mon souverain. Que les dieux et les déesses de Moab te protègent et te fortifient !

Ici, je viens d’entrer en fonction comme nouveau gouverneur après l’incident tragique survenu à mon prédécesseur Eglon. A ce sujet, ta majesté m’avait demandé d’enquêter sur les circonstances précises de sa mort suspecte, et sur les escarmouches qui s’en sont suivies le long de la frontière avec les gens de Gad et de Benjamin. Je t’envoie, par la présente, une lettre confidentielle que j’ai remise entre les mains de mon messager le plus fidèle. Elle contient le rapport d’enquête, mené en toute discrétion, par le chef de mes services de renseignements : Ebed-Kemosh. Voici la chronologie des événements qui ont conduits à la situation que ta majesté connaît plus que quiconque et déplore. Que là-bas, ta majesté obtienne satisfaction et que sa face continue à briller sur nous » !

Message de Ebed-Kemosh, chef du réseau d’espionnage établi par le feu gouverneur Eglon, au nouveau gouverneur Malki-Kemosh, nommé par la grâce de sa majesté ; à lui paix, santé, vie et gloire !

« Ton excellence m’a mandaté afin de lui fournir des éclaircissements sur les incidents qui se sont produits, il y a peu, dans la région et qui nous ont fait perdre le contrôle de la ville des palmiers et du gué principal du Yardun. Au temps des pères de notre souverain, à lui santé, puissance et longue vie, Kemosh a humilié Gad et Israël et nous a permis de triompher sur eux. Nous avions conquis Yériku jusqu’aux pieds des collines d’Ephraïm et jusqu’aux limites des steppes de Séira. Les gens de Benjamin nous livraient tribut en vin, huile et ovins. Le pays était prospère, en paix, gras et bien-portant. D’aucuns murmuraient qu’Eglon ne portait jamais aussi bien son surnom de « Taurillon grassouillet » qu’à cette époque. C’est alors que tout bascula…

Le premier jour, du troisième mois, de la 18ème année du gouverneur Eglon, eu lieu la traditionnelle cérémonie de remise du tribut des vassaux de votre altesse. Depuis des années, celui qui a la charge de cela se nomme Ehoud, fils de Guéra, un benjaminite qui avait toute la confiance d’Eglon. En fait, ce que nul ne soupçonnait à l’époque, c’est qu’Ehud faisait partie de nos services secrets. Il avait pour mission d’infiltrer l’ennemi, de déjouer ses plans et de nous les communiquer. Il faisait office d’agent double. Nous l’avions recruté comme mercenaire à cause de ses capacités physiques hors normes et de sa ruse, mais surtout à cause de sa particularité. Ehud, le benjaminite, savait aussi se servir adroitement de sa main gauche. C’était un adversaire redoutable en combat rapproché à cause de ses bottes secrètes. Après un entraînement intensif, il intégra les troupes d’élite de la garde personnelle d’Eglon avant sa mission d’infiltration.

Tu dois savoir, ô gouverneur, que nous avons été dupés par celui-là même que nous avons nourris en notre propre sein. Je ne sais ce qui poussa Ehud à nous trahir, toujours est-il qu’il a fait croire au service de sécurité que tout s’était parfaitement déroulé. Le tribut fut livré et le reste du cortège diplomatique a quitté notre territoire en passant devant les idoles de pierres dressées délimitant notre juridiction, et au-delà desquelles règne Yhwh.

Pour une raison inconnue, Ehud quitta ses compagnons et rebroussa chemin. Lorsqu’il retourna à la résidence d’été d’Eglon, la relève de la garde s’était déjà effectuée et les novices fouillèrent uniquement le côté gauche de son vêtement. Muni du mot de passe, Ehud atteignit la salle d’audience d’Eglon et prononça le code convenu entre eux. Eglon congédia ses serviteurs et sa garde afin qu’Ehud puisse faire son rapport en privé. C’est alors que les événements se sont précipités et les conclusions qui vont suivre, ne sont, Excellence, que pure hypothèse !

Néanmoins, tous les indices relevés sur le lieu du « drame » indiquent qu’Eglon, qui était assis sur sa chaise percée, pour une circonstance indéterminée s’est relevé. A ce moment précis, Ehud a glissé sa main gauche sous sa cuisse droite où il avait caché une dague effilée pour la plonger dans les entrailles d’Eglon. Rapide comme l’éclair lancé par Kemosh-baal, Ehud sortit de la chambre haute par le canal d’évacuation des eaux usées, pénétra dans le vestibule et barra le verrou intérieur. Puis il s’enfuit par l’escalier vers le toit. Au bout d’un temps assez long, les serviteurs qui ne s’étaient pas alertés jusque là parce qu’ils avaient l’habitude des assisses prolongées de leur maître, perdirent patience et pénétrèrent dans la chambre grâce à la clé de service. Pris de dégoût, ils trouvèrent Eglon gisant dans une mare de sang, de tripes et d’excréments ! La dague était enfoncée profondément dans les replis de sa graisse, cherchant à atteindre ses organes vitaux ; Ehud aurait perdu trop de temps à la retirer !

Ce fut une panique indescriptible ! Le pays était désorganisé et assailli de toutes parts. Les Ephraïmites se sont alliés subitement aux Benjaminites et aux Gadites. Nous étions cernés, en sous-effectif et privés d’un commandement centralisé. C’est ainsi que nous nous sommes repliés au-delà du Yardun dans nos frontières actuelles. Depuis ce jour, de sinistre mémoire, la cité des palmiers et son gué stratégique sont tombés aux mains de nos ennemis. Ehud, quant à lui, ce traître, que ses entrailles pourrissent et qu’il ne trouve jamais sépulture, s’est, depuis, improvisé champion de Yhwh et roitelet sur Benjamin.

Voici en substance, ô gouverneur, les grandes lignes de mes investigations. Je suis conscient du caractère hypothétique de mes conclusions, mais elles ont été établies à la suite d’un faisceau d’indices et de déductions provenant de mon enquête méticuleuse. J’espère que ce rapport recevra l’agrément de notre souverain, aux pieds duquel je tombe ! A lui santé, honneur et gloire ! Le protégé et l’élu d’Ashtart-Kemosh. Que là-bas tout aille bien et que le soleil, notre roi, continue de briller sur nous !

Frédéric Gangloff (UEPAL) – Point KT




Disciple Pierre témoigne l’Eglise Universelle

Narration de Marthe Balla pour conter les débuts de l’Eglise Universelle, adaptée du livre des actes des Apôtres (chapitres 10 et 11). Les chiffres entre parenthèses renvoient à des références bibliques en bas de page. La narration peut se faire avec ou sans figurine biblique.

Pierre, je m’appelle Pierre… Avant je m’appelais Simon (1) comme le deuxième fils de Jacob, ce Jacob que Dieu a appelé Israël (2)…Moi, c’est le Seigneur Jésus qui m’a dit un jour : «  Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église » (3)… Après les autres disciples m’ont toujours appelé Pierre…

Ce n’est qu’aujourd’hui que je comprends vraiment ce que Jésus a voulu dire. Voilà ce qui s’est passé :

J’étais allé à Joppé, une ville au bord de la mer Méditerranée pour parler aux juifs de là-bas du Seigneur Jésus. Un jour, vers midi, pour prier je suis monté sur le toit en terrasse de la maison où on m’avait logé. J’ai eu faim et j’ai demandé qu’on me prépare à manger. Pendant que j’attendais j’ai eu une vision : j’ai vu le ciel ouvert et une grande nappe attachée aux 4 coins est descendue vers la terre. Dans la nappe il y avait tous les animaux, ceux à 4 pattes et ceux qui rampent et ceux qui volent. J’ai entendu une voix qui disait : « Lève-toi, tue et mange ! ». J’ai répondu : « Non, Seigneur, je n’ai jamais mangé les animaux que la Loi de Moïse appelle impurs et interdit de manger (4) ».La voix m’a répondu : « Ce que Dieu a purifié, ne le déclare pas impur ! ».

C’est arrivé trois fois de suite, puis la nappe a été remontée au ciel. Alors que je me demandais encore ce que cela voulait dire trois hommes ont frappé à la porte et ont demandé à voir « Simon appelé Pierre ». Et voilà que l’Esprit de Dieu me dit de descendre et de les suivre !…

Je suis descendu, je me suis présenté et j’ai demandé pourquoi ils étaient venus. Ils m’ont répondu : « Cornélius, le centurion, est un homme juste qui respecte Dieu et fait beaucoup de bien, il a été averti par un ange de t’inviter chez lui pour écouter ce tu as à lui dire. » J’ai demandé qu’on les accueille et le lendemain je suis parti avec eux et quelques frères qui ont voulu m’accompagner.

Quand nous sommes arrivés à la ville de Césarée, Cornélius nous a accueillis avec joie. Il avait invité sa famille et ses amis. Cornélius s’est prosterné devant moi mais je l’ai relevé en lui disant : « Lève-toi ! Moi aussi je ne suis qu’un homme ! »

J’ai dit à tous ceux qui étaient là : « Vous savez qu’il est interdit à un juif d’entrer chez un étranger, mais Dieu m’a fait comprendre qu’il ne faut dire d’aucun homme qu’il est impur et que partout tout homme qui respecte Dieu et fait ce qui lui plaît est agréable à Dieu ! » Puis je leur ai parlé du Seigneur Jésus, de sa vie, sa mort et sa résurrection.

Je parlais encore quand l’Esprit Saint est descendu – comme au jour de la Pentecôte – sur toutes les personnes qui étaient là. Les frères qui m’avaient accompagné étaient très étonnés. Je leur ai dit : « Peut-on les empêcher de recevoir le baptême alors qu’ils ont reçu l’Esprit Saint comme nous ? » Et nous les avons baptisés et sommes restés quelques jours avec eux…

Quand nous sommes revenus à Jérusalem les frères d’origine juive nous ont reproché d’être allés chez des païens et de les avoir baptisés au nom de Jésus. Je leur ai raconté tout ce qui s’était passé et leur ai demandé : « Si Dieu leur a accordé le même don qu’à nous, qui suis-je pour m’opposer à Dieu ? »

Les frères d’origine juive ont gardé le silence puis ont loué Dieu qui a donné à tous les hommes la possibilité de changer de comportement et de recevoir la vraie vie.

  • (1) Matthieu 4 v 18
  • (2) Genèse 32 v 29
  • (3) Matthieu 16 v 17-18

Crédits : Marthe Balla (UEPAL) – Point KT




Ecoute les contes de Pâques

Marjorie Moreau partage sa passion : lire les contes. Voici sa sélection de Pâques offerte aux utilisateurs de Point KT pour une expérience auditive !

  • Il se trame quelque chose, Bettina Schaller, Cahiers de la Bible Contée n°14, 2005 cliquer ici

Les hébreux ploient sous le joug des égyptiens. Ils ont l’impression que les choses ne pourront jamais changer. Et ils ont perdu tout espoir. Pourtant… Oui, pourtant, comme le dit si bien le titre, il se trame quelque chose…

 

  • La grande leçon Partie 1, Pierre Prigent, Cahiers de la Bible Contée n°14, 2005 cliquer ici 

Petit Loup est encore très jeune. Presque encore un louveteau. Mais il va recevoir une importante leçon de vie. Et il va devoir grandir…

 

  • La grande leçon Partie 2, Pierre Prigent, Cahiers de la Bible Contée n°14, 2005 cliquer ici

A travers l’exemple de son chef, Petit Loup a reçu une leçon difficile mais aussi très importante. À présent, le chef n’est plus et c’est à Petit Loup de mettre en pratique ce qu’il lui a appris…

 

  • Le troisième jours, Claude Mourlam, Cahiers de la Bible Contée n°12, 2004 cliquer ici 

Voici Premier, Deuxième et Troisième. Drôles de noms me direz-vous ! Il faut dire aussi que Premier, Deuxième et Troisième ne sont pas n’importe qui. Ce sont des anges. Et plus précisément, les anges assignés au grand Calendrier de Dieu. Ce sont eux qui ont fait le décompte des jours au moment de la Création. Eux encore qui ont accompagné la remise des Tables de la Loi. Et aujourd’hui, ils sont de nouveau convoqués. Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Apparemment, c’est en rapport avec le Fils…

 

  • La Pâque de Cléopas, Edmond Stussi, Cahiers de la Bible Contée n°16, 2006 cliquer ici 

Cléopas est inquiet, désespéré. Ieschoua a été arrêté. Il est condamné à mort ! Pourtant, Cléopas y avait cru. Il avait cru que le Royaume de paix allait venir. Mais voilà, Ieschoua est mort… Tout est fini. A moins que… Qui est cet inconnu rencontré sur le chemin du retour ?

 

  • Le peintre qui refusa de peindre, Pierre Prigent, Cahiers de la Bible Contée n°10, 2003 cliquer ici 

Voici un peintre chargé de représenter le Jugement dernier. On lui a commandé un tableau qui doit susciter la peur. Cependant, le peintre a relu les Évangiles et ne se décide pas à commencer ce tableau, au grand dam de son assistant…

Crédit : Marjorie Moreau (UEPAL – Médiathèque) Point KT




Marie servante

« Marie servante » est une narration  proposée par le pasteur Cristian Kempf, pour présenter la vie de Marie, d’après la perspective protestante. Le texte est long, complet. On aura intérêt à couper le texte et de ménager un suspens… pour le reprendre lors de la prochaine rencontre.

Dans la cour ensoleillée de la maison d’Antonius, Anaé est la seule fille. Elle est aussi la plus grande de ces enfants dont les parents, réfugiés de Palestine, sont logés par l’intendant Antonius et par sa femme Jeanne, la maman d’Anaé.

Jeanne est la veuve de Kouza, intendant du roi Hérode (Judée). Elle a eu plusieurs fois l’occasion d’écouter Jésus de Nazareth, elle a été profondément touchée par ses paroles et elle a rejoint le groupe des disciples aussi souvent qu’elle pouvait. Elle est devenue l’amie des autres femmes de l’entourage de Jésus, comme Marie de Magdala et Marie la mère de Jacques et de Joseph, et surtout de Marie de Nazareth, la mère du prophète. Un an après la mort et la résurrection de Jésus, Jeanne a fui Jérusalem, où les disciples de Jésus de Nazareth sont pourchassés. A Ephèse, elle a été recueillie par Antonius, ami de son mari décédé et intendant du gouverneur romain de la ville. L’année d’après, elle l’a épousé. Anaé, leur fille et seul enfant, a maintenant 12 ans.

Anaé parle le grec qui est la langue de tous les jours à Ephèse. Elle parle aussi le latin, qui est la langue de son père Antonius, et l’araméen, la langue de Jeanne, sa mère.

Elle aime bien jouer aux jeux de tous ces garçons, même aux batailles avec bâtons, mais ce qu’elle préfère, c’est rester avec la vieille dame qui vit derrière la maison dans une grande pièce avec une terrasse ombragée. La vieille dame, c’est Marie. Ici, elle est la protégée de Jeanne. Et d’ailleurs tous la respectent hautement, dans la maison. Elle est la mère de Jésus, quand-même !

Comme Jeanne, et comme les autres parents logés dans la maison d’Antonius, Marie a dû fuir loin de Jérusalem, quand les chefs du Temple ont lancé la chasse à ceux qui croient et qui disent que Jésus de Nazareth est redevenu vivant après être mort sur la croix. On ne les appelait pas encore des chrétiens, on disait « ceux de la Voie » puisqu’ils avaient marché à la suite de Jésus, ou « ceux de Jésus ».

Et Anaé adore les histoires de Marie. Bon, ce ne sont pas des histoires, puisque Marie n’invente rien, elle raconte ses souvenirs. Mais elle les raconte si bien !

– « Je ne voudrais pas retourner à Jérusalem ! » soupire Marie quand Anaé vient s’asseoir à côté d’elle sur le banc à l’ombre de la vigne grimpante, sur la terrasse. Elle dit ça comme si elle sortait d’une longue méditation solitaire.

– « On est bien ici, non ? » glisse Anaé.

– « Oui. Pourtant… Jérusalem, tu sais… »

– « Ben… non, je ne sais pas, Tante Marie. Je n’y suis jamais allée. Maman en parle quelquefois, mais elle dit qu’elle est chez elle ici, maintenant. »

– « Oh ! je la comprends », fait Marie en soulevant les mains. « Elle a refait sa vie ici, grâce à ton père. Mais pour moi, tout s’est arrêté à Jérusalem. »

– « Parce que le Seigneur Jésus est mort là-bas ? » Un silence. Marie ne répond pas tout de suite.

– « Non, puisque trois jours après il était de nouveau vivant. Ce qui s’est arrêté, c’est… » Elle se tait encore. Anaé respecte ce silence.

– « Ce qui s’est arrêté, » reprend Marie, « c’est d’être la maman de ce grand jeune homme devenu un prophète. »

La conversation est interrompue par Jeanne, qui arrive d’un pas pressé :

– « Anaé ! J’ai à te parler. Et c’est très bien que je te trouve chez Marie, elle pourra nous aider. »

Elle s’assied, prend une grande respiration, puis elle dit :

– « Ma fille, nous avons une décision à prendre. Voilà. Ton père va faire un long voyage, il doit aller à Jérusalem avec le gouverneur Sertius, il va y rester pendant deux ou trois mois, peut-être même six. C’est long, il va habiter dans une grande maison où il va recevoir des gens pour des réunions et pour des banquets et le gouverneur a demandé que j’y sois comme maîtresse de maison.

La question est : est-ce que tu viens avec moi, ou est-ce que tu tiens compagnie à Tante Marie, ici ? De toute façon, nous aurons à Jérusalem des serviteurs recrutés sur place, ceux d’ici ne quitteront pas la maison, ils obéiront à Tante Marie, nos frères et sœurs de la communauté veilleront sur elle. Alors, qu’est-ce que tu en penses ? »

Anaé a d’abord écouté avec de grands yeux. Puis son visage s’est fermé, et à la fin il s’est même assombri. Elle se lève, tourne le dos et croise les bras sur sa poitrine. Elle ne dit rien.

Jeanne pousse un soupir :

– « Je sais, Anaé, je sais, c’est dur de rester toute seule sans papa et maman, mais tu seras avec Tante Marie ! C’est bien, non ? »

– « Je VEUX aller avec toi, » dit Anaé en se retournant, l’air renfrogné, « mais Tante Marie doit aussi venir. »

– « Anaé ! non ! Ce serait bien trop pénible pour elle, regarde-la ! elle est âgée, elle ne supporterait pas le voyage ! »

Anaé se tourne vers Marie.

– « Ta maman a raison, Anaé », dit Marie en penchant la tête. « Je suis trop vieille pour un tel voyage. Et puis je te l’ai dit tout à l’heure : Jérusalem, je ne voudrais pas avoir à y retourner… j’y ai beaucoup souffert, ça me fait encore mal aujourd’hui quand j’y pense, même si je célèbre la présence vivante de Jésus chaque fois que la communauté d’Ephèse se réunit. Va avec ta maman, ma chérie, je ne suis pas seule ici. »

– « Ah ! tu vois, Anaé, je te l’avais dit ! C’est bon, on fait comme ça. » Jeanne prend sa fille par la main et s’en va avec elle. Avant que les deux ne sortent de la cour, Marie entend encore Anaé dire :

– « Mais maman ! Je voulais juste que Tante Marie me montre elle-même sa ville et son pays ! »

Le lendemain, la maison est toute remuée par les préparatifs du voyage. Le départ n’est prévu que le mois prochain, mais pour tout le monde la vie de tous les jours n’est déjà plus la même.

On explique aux hôtes et aux serviteurs qu’Antonius va jouer un rôle important à Jérusalem : avec le gouverneur Sertius, il va mener des négociations de paix avec les mouvements de révolte qui ont pris de l’importance en Palestine ces dernières années et qui agitent la vie en société avec des attaques et des attentats. L’empereur de Rome, qui a besoin de ses armées dans d’autres régions de l’empire, ne veut pas faire intervenir la force militaire romaine, il veut qu’une solution pacifique soit trouvée.

Pour ces négociations, le gouverneur de la Judée et les révoltés ne seront pas seuls face-à-face, il y aura une troisième partie, qui sera neutre, en la personne de Sertius assisté d’Antonius. Et comme les révoltés ne sont pas tous regroupés sous le même commandement, il faudra négocier aussi en ordre dispersé.

Quelques jours plus tard, Anaé reçoit dans sa chambre une visite inattendue : Tante Marie a fait l’effort de monter par l’escalier. Anaé et elle ne se sont vues depuis l’annonce du voyage à Jérusalem. Pour mieux accueillir les embrassades de la fillette, Marie s’assied.

– « Ta maman est dans les parages ? »

– « Je vais lui dire que tu es là ! »

Marie annonce à Jeanne et à sa fille qu’elle a changé d’avis et que si l’intendant Antonius est d’accord elle sera volontiers du voyage. Sous les cris de joie d’Anaé, Marie explique : elle se sent tellement en sécurité ici, à Ephèse, mais elle pense aux sœurs et aux frères qui vivent dans des conditions difficiles à Jérusalem et en Palestine, elle se dit que, puisque l’occasion s’en présente, son devoir est d’aller les soutenir en tant que servante du Seigneur.

– « Mais tu n’es pas une servante, Tante Marie ! » l’interrompt Anaé. « Tu es juste la maman de Jésus ! »

– « Oui, tu as raison, Anaé. Mais quand j’ai su, moi la jeune fille même pas mariée, que je devais porter et mettre au monde l’enfant voulu par le Seigneur Dieu, j’ai d’abord été très effrayée. Puis j’ai compris que ce qui m’arrivait était beaucoup, beaucoup plus grand que moi, que j’avais bien de la chance d’avoir été choisie pour porter ce bébé. Dire « je suis la servante du Seigneur », c’était une manière de dire « oui » au Seigneur Dieu et à son projet. »

– « Oh… », Anaé hésite… « tu veux dire… tu aurais aussi pu dire ‘non’ ? »

– « Ah ! Peut-être bien ! Je ne me suis jamais posé la question ! »

– « Marie, je suis très heureuse de ta décision », intervient Jeanne, « je vais en parler à Antonius. Je crois que tu peux commencer à préparer tes affaires. »

Jeanne ne met pas longtemps à convaincre son mari. Bien sûr, la présence de Marie pendant le voyage et ensuite à Jérusalem va nécessiter des moyens supplémentaires, mais le gouverneur Sertius lui a donné toute liberté et des larges moyens financiers pour organiser cette mission très importante. Pas de problème pour inclure Marie.

Le voyage a lieu. Le personnel non officiel n’embarque pas sur les galères, mais dans des bateaux équipés de voiles et manœuvrés par des marins ordinaires. Anaé est aux anges, elle veut tout savoir sur l’art de serrer ou détendre les voiles et d’actionner le gouvernail. Elle grimpe au mât pour rejoindre la vigie, elle descend par l’échelle pour visiter la soute, elle court de la proue à la poupe pour regarder les dauphins qui sautent sur les vagues.

Pour Jeanne et Marie c’est un peu plus pénible, tangage et roulis les soumettent au mal de mer, leur cabine est rudimentaire, la nourriture est maigre et salée, le soleil est brûlant toute la journée. Heureusement, les vents sont favorables et aucun mauvais temps ne vient perturber la navigation.

L’arrivée à Jérusalem a lieu tard le soir, après un convoi terrestre de plusieurs jours depuis Césarée, le port préféré des Romains. Antonius et sa suite s’installent dans une villa au bord du quartier romain, à l’extérieur des murailles au nord de la ville. Ils sont sous la protection de l’armée romaine, mais avec un accès sur la campagne de Judée, ce qui va être extrêmement utile à certains moments délicats des négociations qui s’engagent.

Jeanne n’attend pas longtemps pour renouer contact avec la communauté des croyants. Habillée comme une femme de Jérusalem, suivie par deux serviteurs d’Antonius chargés de veiller sur elle, elle se faufile un matin dans les rues de la ville jusqu’à la maison de Asher, où elle retrouvait les sœurs et les frères onze ans auparavant.

Elle tombe sur une ruine, barrée de planches. Plus personne n’habite là. Sans hésiter, elle prend la direction de chez Esther, une sœur mariée à un gardien du Temple et qui, à l’époque, recevait à l’arrière de sa maison des petits groupes de croyants, en cachette de son mari, aux heures où celui-ci était de garde. Esther accueille Jeanne avec des embrassades et des larmes.

Elle lui explique que la communauté des croyants à Jérusalem a dû apprendre à se cacher, la persécution n’est plus aussi intense mais toujours réelle. Elle lui indique les endroits où ceux qui n’ont pas fui de l’autre côté du Jourdain ou vers Antioche ou Ephèse se réunissent pour prier, se rappeler les paroles du Seigneur et écouter les anciens, comme Jacques le frère du Seigneur.

Jacques est le plus jeune fils de Marie et de Joseph. Dans les années qui avaient suivi la résurrection de Jésus et la fondation de la communauté à la Pentecôte, il avait milité pour que la mère de Jésus soit honorée pour son rôle dans la venue du Christ. Pour lui, elle devait faire partie du cercle des apôtres et des principaux disciples, témoins du message et de l’action de Jésus.

Mais elle avait résisté à cela, estimant qu’elle n’avait pas été plus qu’une mère portant son enfant jusqu’à la naissance et le nourrissant ensuite jusqu’à ce qu’il devienne autonome. Que son fils soit mort avant elle la faisait terriblement souffrir, mais ça n’avait rien d’exceptionnel, avait-elle dit et répété, bien des mères vivent cela.

Pour elle, l’important, dans le temps nouveau inauguré par le matin de Pâques, était la transmission du message du Fils de Dieu à propos de l’immense bonté de Dieu le Père. L’accomplissement des promesses des prophètes sur la venue du Messie. L’annonce de la vie plus forte que la mort. L’ouverture à l’Esprit donné par Dieu le Père. Ces nouveautés changeaient réellement la vie des croyants, beaucoup plus que l’admiration devant quelqu’un comme elle, qui n’avait fait que son devoir, disait-elle à qui voulait bien l’entendre.

Esther fait courir la nouvelle du retour de Marie dans la ville du Temple. Des réunions discrètes s’organisent un peu partout, à Jérusalem et aux environs. Avec de grandes précautions, Marie y assiste autant que possible, en compagnie de Jeanne et d’Anaé. Jacques lui aussi manifeste sa joie de revoir sa mère. Il n’a pas renoncé à son idée de réserver à Marie une place spéciale dans la communauté.

Les négociations de paix voulues par l’empereur commencent très vite. Pas dans la citadelle Antonia, dont les rebelles se méfient beaucoup, puisque beaucoup d’entre eux y ont déjà été retenus prisonniers à différents moments de leur existence. Mais dans des maisons particulières, ou sur des places publiques. Et bien sûr dans la maison d’Antonius.

Les choses se présentent bien, les Romains ne sont pas les seuls à désirer pour la Judée et toute la Palestine des conditions de vie plus calmes, moins risquées. Les extrémistes, qui exigent que la terre des Ancêtres doit être rendue à sa pureté originelle, se font plus rares.

En revenant d’une réunion de croyants où Jeanne et sa fille sont allées sans Marie, trop fatiguée, Anaé est tout excitée :

– « Tante Marie, tante Marie ! Tu sais quoi ? Chez Esther, des messieurs ont récité un poème où il est question de toi. Attends ! je crois que je le sais par cœur :

Mon âme exalte le Seigneur

et mon esprit s’est rempli d’allégresse à cause de Dieu, mon Sauveur,

parce qu’il a porté son regard sur son humble servante. »

– « Anaé, ma chérie, est-ce qu’on t’a dit aussi d’où vient ce poème ? »

– « Ouuii ! Il est de toi, quand tu as visité ta cousine Elisabeth, la maman de Jean le Baptiste ! »

– « Exact. Je suis allée lui rendre visite parce que j’avais appris qu’elle aussi était enceinte. Elle, elle était normalement trop âgée pour avoir un bébé, et moi vraiment trop jeune. Elle était au sixième mois, je n’en étais qu’au troisième, on s’est merveilleusement bien entendues.

Et quand on s’est rencontrées, c’est elle qui m’a dit la première : Tu es bénie plus que toutes les femmes, béni aussi est le fruit à l’intérieur de ton corps. Bienheureuse celle qui a cru : ce qui lui a été dit de la part du Seigneur s’accomplira !

J’étais tellement heureuse, Anaé ! Comme soulevée de terre par la joie ! Et je me suis mise à chanter : mon âme exalte le Seigneur ! Je ne savais pas que ces paroles étaient encore connues de nos jours. C’est peut-être Zacharie, le mari d’Elisabeth, qui a tout noté ? »

Lors d’une des séances de négociation dans la maison d’Antonius, un des représentants d’un groupe d’activistes pose une condition surprenante : il s’appelle Shmuel et il sait que Marie habite ici, il veut l’entendre dire elle-même si oui ou non il peut faire confiance à Antonius.

Marie vient à la réunion, elle assure à tous que l’intendant Antonius est un homme auquel on peut parfaitement faire confiance. Mais Shmuel n’est pas satisfait. Il veut qu’elle fasse la même déclaration devant ses compagnons, dans leur lieu secret quelque part en Judée, loin du regard et du contrôle de son hôte romain. Antonius proteste : Marie n’est pas en état de faire une telle expédition ! Mais elle se dit prête à tenter l’aventure.

En fait, elle connaît Shmuel. A l’époque, il avait fait partie de ceux qui marchaient sur les chemins de Palestine à la suite de Jésus. Il était même un de ses plus ardents disciples. Comme Judas Ischariote, un des autres disciples, il était d’avis que Jésus devait prendre la tête d’une révolte armée contre l’occupant et contre les autorités juives complices des Romains. Quand Jésus avait annoncé qu’il ne prendrait pas les armes et qu’il acceptait de mourir plutôt que de se battre, Shmuel s’était mis en colère et l’avait quitté pour rejoindre ses amis zélotes.

Pour donner une chance aux négociations, Marie accepte donc de partir avec Shmuel. Mais en grand secret. Seuls Antonius, Jeanne et Anaé sont au courant. Alors, dans la communauté des croyants, le bruit se répand que Marie a disparu. Dans un groupe de prière où ce sujet est abordé, Anaé dit, pour blaguer :

– « Peut-être qu’elle est allée au ciel ?! » Elle se retient de rire, puisqu’elle connaît la vraie raison de l’absence de Tante Marie. Mais certains la prennent au sérieux. Et bien que Marie soit de retour chez Antonius quelques jours plus tard, l’idée de sa « disparition au ciel » reste ancrée dans la mémoire de quelques-uns.

Avec Jeanne et sa fille et quelques croyants, et en prenant toutes les précautions nécessaires, Marie fait le tour des lieux de Jérusalem où, d’après ses souvenirs, Jésus a passé durant son ultime séjour dans la Ville Sainte.

Par exemple la porte par laquelle il était entré en traversant une foule enthousiaste, alors même qu’il était assis sur le dos d’un simple âne. La cour du Temple où il a renversé les tables des changeurs de monnaie et ouvert les cages des colombes vendues pour les sacrifices. La piscine de Bethesda où il a guéri des malades. L’endroit, maintenant en ruine, où s’était trouvée la maison dans laquelle il a partagé son dernier repas avec ses disciples. Le jardin de Gethsémani où le disciple Judas l’a livré à la troupe armée envoyée par les grands-prêtres. Et bien sûr le mont Golgotha où il a été mis en croix.

Le lieu de la tombe par contre, elle ne peut pas le visiter : d’une part la colline a été totalement rasée pour effacer l’endroit où Jésus a été enterré et faire oublier qu’il est ressuscité, et d’autre part l’accès est interdit par des palissades et des gardes armés.

Après plus de six mois, les négociations se terminent par un accord de paix signé par les représentants de l’empereur et ceux des groupes de rebelles. Fiers de ce succès, Antonius et les siens s’apprêtent à repartir pour Ephèse.

Marie hésite d’abord. Beaucoup de choses la retiennent maintenant à Jérusalem. Toutes ces relations nouées avec les jeunes membres de la communauté et renouées avec les anciens. Ces souvenirs maintenant apaisés. Ces espérances pour un possible épanouissement de la foi en Jésus en Palestine-même.

D’autant que Shmuel et d’autres activistes ont, sur l’insistance de Marie, finalement choisi de renoncer à la violence et de s’intégrer à la communauté. Mais en exagérant tout de suite dans l’autre sens : ils soutiennent Jacques, le chef de la communauté de Jérusalem, qui persiste avec entêtement à vouloir faire de Marie une figure clé parmi les croyants.

Et ça, Marie ne peut et ne veut pas l’accepter. Elle embarque donc avec Jeanne et Anaé. Devinez qui est la plus heureuse de toutes ? Anaé, bien sûr !

A peine sont-ils tous réinstallés dans la maison d’Antonius à Ephèse qu’une triste nouvelle leur parvient : les troubles ont recommencé en Palestine. Un des groupes de zélotes a trahi ses promesses et a repris ses actions violentes. Nous laisserons aux historiens le soin de dire si oui ou non il s’agit de l’ancien groupe de Shmuel et si la menace d’une intervention des armées romaines va vraiment se réaliser, avec destruction de Jérusalem et de son Temple.

Crédit : Christian Kempf, 2021, (UEPAL) – Point KT – photo et illustrations : Pixabay