La femme de l’aubergiste

« La femme de l’aubergiste » est une narration traduite en français par Christiane Klett d’après un texte allemand écrit par Maria Herrmann. La narration peut s’illustrer à l’aide de figurines bibliques : voir Fiche d’utilisation La narration peut être utilisée dans le temps d’après Noël ou le temps de Carême… ou dans le cadre d’une fête paroissiale, modèle de feuille de culte : Fête paroissiale Sexagésime ordre culte

A la porte d’entrée de l’auberge on avait frappé. J’étais à mes casseroles ; les clients étaient affamés… Je ne savais plus où donner de la tête …La maison était pleine à craquer ; jamais ça n’a été le cas avant et jamais plus après… J’entends à nouveau frapper à la porte. « N’y va pas, Myriam ! » me lança mon mari. « Nous n’avons vraiment plus de place pour personne ! »

Il avait raison…

Nous avions étalé des matelas dans tous les coins pour la nuit, partout… car je ne savais pas dire non. Je trouvais toujours une solution. Je n’abandonnais jamais…Et maintenant, je ne pouvais pas faire autrement que de dire non… J’en étais malade.

Il me fallait pourtant, à tout prix, voir qui se trouvait devant la porte. Je courus vers l’entrée et déjà la voix pleine de colère de mon mari m’atteignait : « Myriam, c’est bien clair ! Personne ne passera plus par cette porte ! »  Je le connais. Cette fois-ci je ne pouvais pas faire autrement que de lui obéir…

Si seulement je n’étais pas allée voir ! Ma vie aurait été plus sereine par la suite.

Il y avait un jeune couple, dehors. Ceux-là pouvaient bien dormir à la belle étoile. Mais derrière eux, dans leur ombre, se tenait un voyageur qui soutenait sa femme, épuisée et à bout de forces. L’enfant qu’elle attendait, allait naître encore cette nuit-là. C’était évident … J’étais désespérée; sur le pas de la porte, je hochais les épaules et secouais la tête pour dire non. Les larmes me coulaient et je ne pouvais les essuyer… Hésitante, je refermais la porte derrière moi.

« Qu’as-tu ? » me demanda mon mari, plus tard . « Tu es si silencieuse. Je ne te connais pas du tout comme ça ! Les clients  veulent qu’on s’occupe d’eux, Myriam ! » Je me détournais. Il n’aurait de toute façon rien compris. Nous sommes tellement différents …

L’enfant est né malgré tout.

Evidemment les enfants viennent quand c’est le moment. La voisine leur avait mis son étable à disposition. Ce fut une drôle de nuit, la fois-là. Impossible de dormir ! Il y avait un remue-ménage pas possible. J’entendais marcher en pleine nuit. Le lendemain on se racontait que les bergers étaient venus pour voir l’enfant et le saluer comme le messie, comme le prince de paix pour le monde.

Et moi, je l’avais renvoyé ! La paix, j’en aurais eu bien besoin. Pour sûr, certains m’envient. Ils pensent qu’une femme d’affaires a la vie facile. Elle gagne beaucoup d’argent. Ah oui, l’argent ! Je donnerais tout mon argent pour cette paix que cet enfant doit apporter…

Depuis cette fameuse nuit, je me suis  souvent prise du temps pour les clients dans l’espoir de rencontrer une fois encore cet enfant. Mais il ne viendra plus chez moi. Je l’ai renvoyé jadis, avant même sa naissance. Il ne viendra pas chez moi, s’il devait encore une fois revenir à Bethléem.

S’il était né dans ma maison, là oui… Ces gens sont d’ailleurs repartis très vite, la fois-là. C’est curieux, comme ils étaient pressés… Le petit venait pourtant juste de naître !… Vit-il encore ?Il me faut penser à beaucoup de choses et j’en oublie plus d’une. Mais cette nuit-là, je ne l’oublierai jamais Elle ne me sort pas de la tête !…

Les années ont passé depuis et je vieillis de plus en plus. J’apprends à reconnaître mes limites, les limites de l’âge.A présent, ce n’est plus mon mari qui me freine. Toujours à nouveau, il arrive des moments où je dois me dire à moi ou à d’autres : « J’aimerais bien, mais je ne peux pas ».

30 années et plus se sont passées depuis cette fameuse nuit…

A Jérusalem, on se prépare pour la fête de la Pâque. Cela fait marcher nos affaires. J’aimerais bien me joindre à la foule et aller avec tous ces gens à Jérusalem. Mais je ne peux me le permettre. Qui ferait le travail à ma place ? Dans peu de jours et ce sera la fête là-bas…

Est-ce qu’on n’a pas frappé à la porte ? Celle-ci s’ouvre. Un jeune homme entre, il a la trentaine ou un peu plus. Il me regarde. Je le regarde à mon tour avec de grands yeux étonnés. Ma bouche, avant même que je réalise ce que je fais, dit : « Es-tu le roi des Juifs, le prince de paix ? » « Oui, je le suis » me dit-il. « C’est ici que je suis né ». « Oui, maître ! » lui répondis-je hésitante et triste et toujours pleine d’étonnement. « Oui, mais pas chez moi ! Pas dans ma maison. L’auberge était pleine à craquer. Je n’avais plus de place pour toi, vraiment plus, il faut me le croire ! » Et de nouveau mes larmes se mettent à couler…

« Je sais » me dit-il, « je sais ». C’est bien la raison pour laquelle je suis venu. Je sais que cela t’a fait souffrir jusqu’à aujourd’hui. Tu aimerais tant et tu ne peux pas. Toujours à nouveau. Crois-tu que je ne sais pas ce que c’est ? » Il s’approche et parle avec une voix douce : » J’aimerais tant encore vivre avec les humains et pour eux – avec toi et pour toi et pour tous ceux qui m’attendent. Ce ne sera pas possible. La mort m’attend. Mon temps est révolu. Le compte à rebours a commencé. La croix m’attend déjà à Jérusalem.

Ici, je suis né ; pas dans ta maison, certes, pas chez toi. Mais je suis né pour toi et pour tous les humains qui sont accablés et qui souffrent. Une vie durant tu as désiré me rencontrer. J’étais toujours là. Tu as vécu dans le stress et la mésentente et cela t’attristait. Et pourtant j’ai toujours été ta paix. Je ne suis pas né chez toi, mais pour toi et en toi, et je vais aller donner ma vie pour toi. Tu as la paix en moi ! »

Puis il s’en alla dans la nuit aussi discrètement qu’il était venu. Je suis là et je pleure ; ça m’a fait du bien. Une grande sérénité descend sur moi…

Modèles de signets à imprimer signets Afibi

Traduction en français par Christiane Klett  (Formatrice Afibidu texte allemand écrit par Maria Herrmann.




Graine de patience

« Graines de patience » est une belle narration d’après Luc 13, 19-20 de la plume d’Edmond Stussi. Il a été professeur de pédagogie à l’Institut Universitaire de Formation des Maîtres d’Alsace et animateur de célébrations d’enfants à Strasbourg. C’est pour eux qu’il a écrit ce récit d’après Luc 13.19-20.

Ce sont les vacances et Léo vient rendre visite à son grand-père à la ferme. Grand-père a toujours un secret à partager avec son petit-fils. Aujourd’hui, il cache un trésor dans sa main : – Regarde, Léo, dit-il. Il ouvre la main, et au creux du pli, -on peut à peine la voir, tellement elle est petite- se cache une toute petite graine. Nous allons la planter, dit grand-père, elle grandira et deviendra un grand arbre. Les oiseaux du ciel viendront un jour y faire leur nid et y jouer à cache-cache !

Léo accompagne grand-père sur la petite colline, tout près de la maison. Là, entre deux rochers, la terre est prête. Grand-père s’agenouille, de sa main il creuse un sillon et y dépose la graine. Léo, délicatement, la recouvre de terre. – Tu l’as vue, dit grand-père. Elle est toute petite, c’est une graine de patience, mais elle va grandir et, un jour, deviendra un grand arbre !

Léo ne veut pas y croire : « Oh là là, grand-père, jamais je ne verrai ton arbre ! »

Les premiers jours de vacances, Léo et grand-père vont régulièrement rendre visite à la petite graine. Ils lui donnent de l’eau à boire. Pour la protéger des animaux des champs et des pieds des enfants, ils l’entourent d’un grillage.

Mais Léo ne peut s’empêcher de dire : « Oh là là, grand-père… Jamais je ne verrai ton grand arbre ! »

Chaque fois qu’il vient en vacances chez grand-père, Léo interroge grand-père : « La petite graine de patience pousse-t-elle ? »

Grand-père l’emmène alors sur la colline. La petite graine pousse, une petite brindille verte d’abord, pas plus haute qu’un doigt, puis d’autres brindilles, deux petites feuilles, puis quatre, puis huit. Avec un mètre, Léo mesure la petite plante, inscrit les chiffres dans un carnet… Petite graine de patience, lentement, lentement a grandi. Mais Léo soupire : « Oh là là, grand-père, jamais je ne verrai ton grand arbre ! »

Un jour grand-père dit à Léo :  » Il faut planter un piquet à côté de l’arbre et l’attacher ! »

Léo ne comprend pas. – Mais oui, sinon la tige va pousser de travers et l’arbre ne grandira pas. « Mais, grand-père, dit Léo, jamais je ne verrai ton grand arbre ! »

La nuit suivante, l’orage, le vent et la pluie tombent sur la ferme, les champs et les forêts. Ils arrachent les tuiles du toit de la maison, renversent les épis dans les champs de blé et arrachent de grosses branches aux arbres de la forêt. Dès le matin, grand-père et Léo s’en vont rendre visite au petit arbre. Ils ont peur qu’il lui soit arrivé malheur. Il est toujours là, il n’a pas cassé. « Tu vois », dit grand-père, » il a déjà de bonnes racines, il tiendra ! »

Léo, ce matin, ne dit pas : « Oh là là, grand-père, jamais je ne verrai ton grand arbre ! »

Un jour, grand-père meurt. Léo vient à la ferme.

Tout y est triste et vide. Il monte à la colline. Le piquet qu’il a planté avec grand-père est en train de pourrir. Mais le petit arbre continue de grandir. Il dépasse maintenant le grillage. « Bof », se dit Léo, »jamais il ne sera un grand arbre ! C’était une idée de grand-père ». Et il repart, un peu triste quand il se souvient de tous les jours heureux qu’il a vécus ici. Pendant des années il ne revient plus à la ferme. Il oublie la petite graine et le petit arbre.

Bien plus tard, Léo se marie. Il est grand et fort maintenant. Il rencontre et aime une belle jeune fille : « On va faire une belle fête dans la ferme de grand-père, lui dit-il, et j’inviterai tous nos amis ! »

Il fait beau et le soleil tape dur. Tout le monde se retrouve sous le petit arbre et s’amuse. Léo pense alors à son grand-père et à la petite graine de patience. Elle est devenue un arbre qui donne de l’ombre. Il raconte son histoire à ses amis : » Oh là là, rigolent-ils, jamais tu ne verras le grand arbre de ton grand-père ! »

Depuis ce jour, Léo revient presque chaque année à la ferme. Il y vient à la naissance de ses enfants. Il vient y fêter leurs anniversaires, il y vient pendant les vacances. Cela fait beaucoup de fêtes. Ses enfants grandissent et grandissent. A leur tour, ils se marient et ont des enfants. Pendant ce temps le petit arbre grandit tranquillement, sans être dérangé ni déranger personne et continue de grandir. Léo ne pense plus toujours à l’histoire de grand-père… Jusqu’au jour où…

… Jusqu’au jour où naît le « p’tit Léo ». On l’appelle ainsi parce qu’il ressemble comme deux gouttes d’eau à celui qu’on appelle maintenant le « vieux Léo ». Léo est fou de joie. « Pour le baptême de p’tit Léo, je vous invite tous à la ferme de grand-père ! » lance-t-il. »Toute la famille, tous les amis et les voisins sont là. On dresse la table, une immense table, là-haut sur la colline, sous l’arbre et on se met à partager le meilleur pain, les meilleurs vins et les meilleurs jus de raisins.

Soudain, Léo très vieux aujourd’hui devient songeur. Ses yeux fatigués, regardent autour de lui. Chacun se demande ce qui lui arrive. Son vieux corps, alors, se lève et ses deux bras s’en vont toucher l’arbre, essaient de l’embrasser. Ils n’y arrivent pas. L’arbre est trop grand ! Sa tête s’élève vers sa couronne et le vieux Léo compte les branches… Il n’y arrive pas. Des oiseaux chantent et jouent à cache-cache dans les feuilles. « Oh là là », dit-il enfin, » aujourd’hui, je le vois, le grand arbre de grand-père … ! Graine de patience, je l’ai plantée, elle est devenue un arbre et les oiseaux du ciel viennent faire leur nid dans ses branches ».

Cette histoire a été racontée à peu près comme ça par Jésus. Elle ne parle pas de Léo et de son grand-père, mais Jésus raconte bien l’histoire de la plus petite graine qui à force de patience est devenue un grand arbre. A ceux qui l’écoutaient, il ajoutait : « Le Royaume de Dieu est un peu comme la petite graine. Au début, on ne la voit pas, on n’y croit pas. Mais avec patience elle grandit, elle grandit toujours plus, même si on n’y fait pas attention.

Crédit : Edmond Stussi.. Narration tirée de la collection « Cahiers de la bible contée », n°1. Publiée avec l’aimable autorisation de l’auteur




Je m’appelle Séraya

« Je m’appelle Séraya » est une narration de Marthe Balla (UEPAL) pour illustrer  le récit d’Actes 8, le baptême de l’éthiopien par Philippe.

Je m’appelle Séraya, je vis en Ethiopie, le pays de la Reine Candace et je suis un serviteur du Gouverneur du Trésor. Beaucoup d’étrangers viennent en Ethiopie, parmi eux il y a aussi des juifs qui viennent de Jérusalem, quelques uns ont même décidé de rester ici. Mon maître aime bien les écouter quand ils se réunissent dans une de leurs maisons pour parler de leur Dieu. Un jour il a dit à la Reine Candace qu’il aimerait bien aller à Jérusalem pour voir leur Temple. La reine lui a donné son accord en disant : « regarde bien et écoute bien et tu me feras part de tes découvertes à ton retour. »

Mon maître a préparé ses bagages et m’a demandé de préparer son char pour un long voyage pour lequel je devais l’accompagner.

A Jérusalem nous avons été accueillis par Nathan qui était venu en Ethiopie l’an dernier. Nathan nous a emmenés visiter le Temple. Quelle merveille ! Construit en matériaux précieux, il dressait tout en haut de la ville ses hauts murs et ses grandes portes. Il y avait là des gens du monde entier. Nathan nous a fait entrer dans la première cour et nous a demandé de l’attendre là pendant qu’il parlait à son frère : les étrangers n’ont pas le droit de passer dans la deuxième cour. Il est revenu rapidement avec un homme qui transportait une tablette, un encrier et des rouleaux de papyrus. C’était son frère qui nous a expliqué que son travail consistait à recopier soigneusement, sans fautes, les vieux rouleaux avant que ceux-ci ne s’abiment.  Il était même prêt à en céder un à mon maître.

Les jours passèrent très vite et bientôt il fallut prendre le chemin du retour. Je conduisais le char. Mon maître sortait souvent le rouleau qu’il avait acheté et le lisait à haute voix. En tant que Gouverneur du Trésor il avait appris à lire beaucoup de langues.

Tout à coup un homme nous rattrapa et marcha à côté du char. Il nous dit qu’il s’appelait Philippe et demanda à mon maître :  -Comprends-tu ce que tu lis ?

-« Comment pourrais-je comprendre ? Je n’ai personne pour me l’expliquer. Si toi tu le peux, viens t’assoir à côté de moi et fais-le !

Mon maître avait lu ce passage du prophète Esaïe : « On le mena comme on mène un mouton à l’abattoir Il est resté muet comme l’agneau se tait devant celui qui le tond. Humilié, justice ne lui a pas été rendue… »

Mon maître demanda à Philippe : « S’il te plait, dis-moi de qui le prophète parle, de lui-même ou d’un autre ? » Philippe lui a parlé de Jésus, de ce qu’il avait fait, de ce qu’il avait dit, comment il était mort et était ressuscité. Un peu plus loin nous sommes arrivés à un point d’eau. Mon maître a dit à Philippe :

-« Voici de l’eau, qu’est ce qui pourrait m’empêcher d’être baptisé ?

-Si tu crois de tout ton cœur tu peux être baptisé !

-Je crois que Jésus Christ est le Fils de Dieu ! »

Mon maître m’a ordonné d’arrêter le char, lui et Philippe sont descendus dans l’eau et Philippe a baptisé mon maître. Quand ils sont sortis de l’eau, Philippe a disparu. Mon maître est remonté dans le char et nous avons poursuivi notre route. Je n’avais encore jamais vu mon maître aussi heureux !

Crédit : Marthe Balla




Les fruits de l’arbre

Voici un conte d’Alix Noble, conteuse. « Je vous offre ici un conte sur le désir. Le conte de l’arbre du jardin est à l’origine un conte de sagesse de la tradition perse. Comme tous les contes de ce type, il est extrêmement bref. Il m’a intriguée suffisamment pour que j’aie envie d’y marcher et d’y vagabonder. Le résultat de ma démarche en est la forme écrite qui s’offre à votre lecture. Qu’il vous ouvre au besoin du mystère. »

télécharger ici conte les fruits de l’Arbre




Qui m’aime le plus ?

Conte de Aubin Ghislain Louzolo, Ecole du Dimanche de Makélékélé. Conte sous forme de parabole.

Un homme avait trois fils : le premier s’appelait riche (Mvouama), le deuxième intelligent (Ndouka) et le enfin le troisième idiot (Bouzengui). Un jour, le père appelle ses enfants et leur pose la question de savoir de quelle manière chacun d’eux l’aimait, en prenant un exemple  sur les choses créées par Dieu.

Il appelle « riche » et lui demande « Comment m’aimes-tu? ». L’enfant lui répond « Mon père, je t’aime comme la lumière ». Le papa reprend la parole et lui dit « Très bien mon fils, je suis la lumière et je t’éclairerai toute ta vie ».

Il appelle le deuxième fils, « Intelligent » et lui posa la même question « Comment m’aimes-tu? ». L’enfant lui répond « Je t’aime comme les étoiles ». Le papa reprend la parole et dit « Très bien mon fils, je vais continuer à te guider toute la vie ». A chaque bonne réponse, le père remettait des biens à ses fils.

Il appelle le dernier « Idiot » et lui pose la même question « Comment m’aimes-tu? ». Idiot répond « Je t’aime comme le sel ». Le père fut irrité  de cette réponse car il ne trouvait d’importance sur le sel et dit à son fils  » Les autres m’aiment comme la lumière et les étoiles, toi tu m’aimes comme le sel. Dehors, je ne veux plus te voir chez moi! ». Et idiot se retrouve parmi les enfants de la rue.

Quelques jours plus tard, le père organise un festin chez lui et invita ses amis. Il fait ensuite une commande spéciale d’un repas, de la viande de brousse. Le cuisiner exécuta les ordres de son patron et lui fit son plat, mais il oublia de mettre le sel dans le plat commandé. Il présente le plat chez son patron qui se mit à manger. il constata que dans son plat, il manquait quelque chose, le sel. Aussitôt, il fut attristé et se souvint de la réponse que son fils « Idiot » lui avait donné (Je t’aime comme le sel).

Il envoya alors quelqu’un chercher son fils « Idiot » et lui ordonna de le ramener à la maison. Le gardien partit à la recherche du fils. Dès qu’il le vit, il le supplia de rentrer avec lui à la maison. L’enfant revint avec le gardien à la maison. Dès que son père le vit, il demanda qu’on l’habillât afin qu’il participe au festin.L’enfant fut habillé et le père lui demanda de venir goûter à son plat. L’enfant goûta et posa la question « ‘qu’est-ce qui manque dans ton plat? ». Le père répondit « Le sel, mon fils ».

« Eh bien, dit le fils, si tu lumière pour riche, le guide pour intelligent, tu es aussi le sel de la terre pour nous tous ». Et il dit à tous ceux qui étaient au festin « Soyez le sel de la terre et la lumière du monde » (Matthieu 5, 13-16).

télécharger ici : conte

Crédit ; Aubin Ghislain Louzolo




Le cadeau de Myriam

Le cadeau de Myriam est un beau conte adapté par Evelyne Schaller.  Il est possible de raconter l’histoire à l’aide de masques en plâtre,

FABRICATION DE MASQUE : acheter un masque en plastique blanc, visage humain, on peut peindre directement sur ce masque. On peut aussi se servir du moule dans lequel le masque blanc est emballé et faire une série de masques à partir de bandes plâtrées déposées au fond du moule préalablement huilé au pinceau, avec une huile végétale type huile de cuisine. Mouiller les bandes de plâtres prédécoupés en petites lamelles rectangulaires, et ne pas hésiter à faire plusieurs couches. Le plâtre offre une rigidité agréable et permet de tenir le masque légèrement à coté du visage de celui ou celle qui conte pour évoquer le personnage dont il est question .Les masques en plâtre ou en plastique sont peints avec de la gouache.

Les masques représentent le  gel, le vent, l’étoile, du sable et le loup.

Mise en scène : une couverture est posée devant la narratrice, évoquant la tente, on peut même imaginer de poser une tente à l’arrière. Les masques sont posés au sol devant la narratrice  dans l’ordre de leur apparition dans le conte. Prévoir aussi une poupée en chiffon ou en laine que Myriam, l’enfant, apportera à l’enfant Jésus.

Narration. Elie et sa famille sont épuisés mais heureux. Ils viennent enfin de trouver un lieu suffisamment confortable et bien à l’abri du vent pour monter leur campement. Ce sont des bergers nomades, qui traversent des terres arides, séchées, soufflées par le vent du désert et rongées par le sel de la mer. Ils viennent parfois de très loin, pour chercher quelques touffes d’herbe, ou une terre plus accueillante et verdoyante afin que leurs petits troupeaux, quelques chèvres, des moutons et leurs chameaux puissent trouver leur nourriture et à leur tour donner suffisamment de lait pour nourrir la famille et fabriquer des fromages. Le chef de la famille, le papa, c’est Elie. Grâce à Samuel et à David, ses fils aînés, il vient de trouver cette paroi rocheuse où ils vont pouvoir s’abriter quelques temps et se reposer. Il y a même par-là une petite source où ils vont pouvoir boire et se laver. Il est grand temps d’installer les tentes avant que la nuit ne tombe et que le froid ne vienne mordre la peau et faire mal aux muscles. Ils se dépêchent donc. La maman, Zaria, et la grand-mère Déborah, s’activent déjà pour mettre un feu en route et Myriam, la petite fille, cherche du bois tout près du campement !

Mais HOLA !! Qui va là ??

Ce sont d’autres bergers, ils ne sont que trois ! Myriam observe l’accueil qui leur est réservé…Eux aussi semblent fatigués de la route mais une joie illumine leurs yeux ! Et leurs voix sont presque des chants !Que peuvent-ils bien raconter à Eli ?« Il est né ! l’enfant promis ! Le messie ; il est à un jour et une nuit de marche d’ici. Allez ! Venez avec nous nous allions l’adorer et lui porter nos cadeaux : laine, flûte en saule, bottines en peau de mouton, des fromages et du miel pour ses parents ! » Eli, Samuel et David n’en croient pas leurs oreilles, et Myriam écarquille les yeux : avec ces étrangers les voilà qu’ils partagent  leur pain, ils chantent même ! Et malgré la fatigue, ils se lèvent pour  préparer leurs chameaux afin de se mettre en route !!

Alors la petite Myriam prend son courage à deux mains et va voir son papa : « Emmène-moi avec toi s’il te plait ! Je veux aussi adorer l’enfant Jésus ! Et lui offrir ma poupée ! »

« Non Myriam, tu ne peux venir avec nous il fait trop froid, le gel de cette nuit pourrait te faire du mal ! »

Toute triste Myriam entre dans la tente de sa grand-mère et se met à pleurer ! « Qu’y a-t-il ma petite fille, qui te rende si désespérée ? »

Et Myriam raconte tout à sa grand-mère. « Myriam, va vers la paroi rocheuse, il y a là une petite grotte ! Tu y entreras et tu iras parler au gel, pour qu’il se retire cette nuit ! »

Et c’est ce que fait Myriam. Dans la grotte il fait très froid : « Oh gel , s’il te plait retire-toi cette nuit, pour que je puisse aller voir l’enfant qui vient de naître ! »

« O Myriam, dit le gel, pour toi je vais me retirer tout au fond de la grotte ! » Et c’est ce qui arrive !

Vite Myriam va voir son père mais celui-ci est trop occupé, alors elle va voir Samuel. « Oh je t’en prie, laisse-moi monter avec toi vers Bethléem, tu vois il fait déjà moins froid ! ! »

« Non Myriam, une tempête de sable se prépare, ce serait trop dangereux pour toi, tu es trop petite ! » Myriam, en larme retourne dans la tente auprès de sa grand-mère.

« O grand’mère, le gel s’est retiré mais la tempête de sable est trop dangereuse cette nuit ! »

Alors sa grand-mère lui conseille : « Va Myriam, va et joue dans le sable et parle lui « Et Myriam s’en va, au bord du campement jouer dans le sable « O sable, je désire tant voir le petit enfant, si tu pouvais.. »

« Oui Myriam, tu es courageuse, je vais me calmer et tu pourras y aller ! » dit le sable.

Alors Myriam retourne auprès de son père :« Papa, le froid s’est calmé et le sable ne bouge pas cette nuit ; laisse moi partir avec vous ! «

« Non Myriam, je te l’ai déjà dit ! Il y a le vent qui menace et la nuit va être difficile ! Tu es trop petite et trop fragile, tu va rester avec ta grand-mère ! »

Myriam déconfite, retourne chez Déborah. «  Qu’est ce qui se passe, ma petite ? «  « C’est le vent qui menace ! Papa ne veut pas ! »

« Alors monte un peu sur ces rochers là bas et parle au vent ! » Et Myriam va s’agripper sur les roches pour monter tant qu’elle peut !

« O vent, je t’en supplie, calme-toi en cette nuit, car il me faut aller adorer l’enfant-roi qui vient de naître ! »

Et le vent dit  :« Oui Myriam, je vais me faire doux comme la brise, je vais réchauffer un peu la terre pour que tu puisses sans crainte te déplacer et je vais de mon doux souffle aussi réchauffer l’enfant qui vient de naître ! »

Myriam pleine de joie va voir son père et ses frères. Hélas, Samuel vient de monter en selle, il est le dernier de la troupe  qui s’éloigne déjà au loin ! Il lui fait un signe amical de la main : « On te racontera, Myriam, va chez grand-mère, reste au chaud ! » Elle sanglote très fort en entrant dans la tente. Sa grand-mère Déborah la prend tendrement dans ses bras.« Je ne peux y aller grand-mère, même si le gel s’est retiré dans la grotte, que le sable s’est calmé et que le vent n’est plus qu’une douce brise ! Il y a les animaux sauvages et d’ailleurs seule je ne trouverais jamais le chemin ! »

« Va Myriam, va ! Si tu désires de tout ton cœur adorer ce petit, le messie qui vient de naître, va sur la dune qui est à l’Est. Là bas brille la constellation de la Grande ourse,elle saura te conseiller ! »

Myriam reprend tout son courage et, de petite fille si petite et fragile qu’elle est, elle grimpe courageusement sur la grande dune de sable. Il fait déjà nuit. L’étoile de berger luit ! Elle regarde le ciel ; dans un bruissement les étoiles se mettent en place, la constellation de la grande ourse lui semble si proche qu’elle pourrait en toucher la dernière étoile.

Alors l’étoile parle à Myriam : « Va Myriam, prend avec toi ta poupée et dans la nuit ma clarté va te guider et mes étoiles vont t’indiquer le chemin ! » Alors Myriam file à la tente, embrasse sa grand-mère et prend sa poupée ! Mais en sortant la frayeur la saisit : il y a là un loup ! Le père, Elie, l’avait mis en garde contre les animaux sauvages.

Le loup s’approche et dit :  « Monte sur mon dos, petite, je filerai entre dunes et rochers jusque dans la vallée où scintille Bethléem ! »Alors Myriam monte sur son dos et s’agrippe à sa crinière grise. Tous les deux filent à travers  la nuit, guidés par les étoiles ; là-bas, dans la vallée, luit une petite lumière au fond d’une étable.Myriam et le loup s’approchent. Les bergers la regardent stupéfaits, son frère David l’embrasse, et Samuel l’invite à s’approcher ! Il est là, l’enfant qui vient de naître, couché dans la paille.

Myriam  est remplie de joie, elle dépose sa poupée à coté de l’enfant et Marie, sa mère lui sourit.

Crédit Evelyne Schaller, EPUDF