Yakirati le caribou

« Yakirati le caribou » est un conte de noël tout en images… avec autant de poésie que de sens évangélique, même s’il y a des pères noël !

Textes et dessins de Danièle Bantz-Boillot

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Antoine et le petit cep rabougri

« Antoine et le petit cep rabougri » est une narration de la collègue Claire de Lattre-Duchet (UEPAL) pour illustrer les thèmes de la reconnaissance et du partage

Cette année-là, Antoine passait ses grandes vacances chez Mamy Marguerite et Papy Robert. Il aimait bien ces vacances à la ferme ! Il aimait aller à la chasse aux limaces dans les salades du potager, manger les fraises à peine cueillies et tièdes de soleil et entendre Mamy rouspéter gentiment :« Mais enfin Antoine, avec quoi je vais faire la confiture, moi ?! »

Il aimait jouer à cache-cache dans le maïs déjà haut, mais ça, faut pas le dire, car Papy le lui a défendu. Il aimait s’asseoir sur les genoux de Papy pour conduire le tracteur : mais, faut pas le dire à maman, parce qu’elle le trouve bien trop jeune pour conduire. Mais ce qu’il aimait par-dessus tout, c’est quand Papy l’emmenait dans les vignes : Antoine aime regarder chaque cep, à la fois si semblable et si différent du suivant avec son tronc tortueux, ses branches qui ressemblent à d’immenses bras qui s’élancent vers le ciel, ses feuilles douces et vertes et ses fruits qui grandissent et se colorent peu à peu. Et puis, Papy Robert sait si bien raconter ses vignes : il raconte les maladies et les misères de chacune et les remèdes qu’il faut leur apporter, il raconte quand et comment tailler et puis il parle des raisins et du goût si particulier de chaque cépage et du vin qu’il en fera et que bien sûr Antoine n’a pas encore le droit de goûter.

Mais cet été-là, au bout d’une parcelle nouvellement plantée, Antoine découvrit un jeune cep qui ne ressemblait à aucun autre. Il était tout petit, tout rabougri et ses branches au lieu de s’accrocher au tuteur pour s’élancer vers le ciel avaient poussé curieusement autour du tronc.

« Papy, papy, s’écria Antoine, regarde ce cep, on dirait Adrien quand il fait « Non, j’veux pas ! » » Adrien, c’est le petit frère d’Antoine, un petit frère avec un sacré caractère.

« C’est vrai, dit Papy. En tout cas, il ne dit pas « Non, j’veux pas ! », mais c’est tout comme, car il a décidé de ne pas pousser et de ne pas porter de raisin celui-là. Faudra sûrement l’arracher et en planter un autre

  • Mais Papy, pourquoi il ne pousse pas ce petit cep ?
  • Ça, je ne sais pas Antoine, car il a pourtant tout ce qu’il faut : de la bonne terre où planter ses racines, il y a du soleil et il y a eu assez de pluie et je me suis occupé de lui comme des autres. Va comprendre. »

Pendant que Papy travaillait plus loin, Antoine s’est assis à côté du petit plan de vigne tout rabougri. « Dis, tu ne veux pas grandir ? » Antoine eut presque l’impression de l’entendre répondre : « Non, j’veux pas » Alors il continua de lui parler : « Pourquoi ne veux-tu pas grandir ? Ça ne fait pas mal, tu sais. Tu as tout ce qu’il te faut pourtant : une terre fertile, suffisamment de soleil et d’eau, mon Papy qui prend soin de toi. Regarde les autres ceps comme ils sont beaux : les oiseaux viennent s’abriter dans leur feuillage et bientôt leurs fruits réjouiront beaucoup de gens. Tu pourrais être comme eux… » Mais le petit cep rabougri ne bougea pas une feuille et ses sarments bien serrés semblaient dire : « Non, j’veux pas »

Le lendemain, Antoine revint s’asseoir près du petit cep rabougri et pour lui poser les mêmes questions et lui chuchoter les mêmes encouragements, sans plus de résultat… Alors il revint le lendemain encore et le surlendemain et le jour encore d’après…

Le petit cep rabougri ne s’en rendit pas compte tout de suite, mais il commença à attendre et à espérer les visites d’Antoine. Au début, ce que disait Antoine l’avait un peu agacé, car il n’avait pas envie qu’on lui dise quoi faire. Il savait ce qui était bon pour lui, un point, c’est tout et s’il n’avait pas envie de grandir, pas envie de porter de raisin ça le regardait, na ! Mais peu à peu, il avait trouvé attendrissante la ténacité du petit garçon et, derrière les mots, il avait entendu que le petit garçon s’intéressait à lui, qu’il lui voulait du bien. Alors il l’avait écouté plus attentivement et sans trop se l’avouer, avait commencé à s’intéresser à ce dont lui parlait le garçon : la terre qui lui parut peu à peu appétissante pour ses racines, le soleil dont la caresse chaude lui parut agréable sur son écorce, la rosée du matin si fraîche et douce sur ses feuilles… si bien qu’un matin, il entendit Antoine s’écrier : « Oh mais ça alors ! Tu as grandi ! Ce petit sarment-là, il n’était pas là ! Il pousse bien, il n’est pas tout entortillé autour de toi ! »

Et Antoine repartit aussi sec en courant : « Papy, Papy ! Viens voir ! » Bon, Papy ne parut pas très convaincu, mais la joie d’Antoine fit plaisir au petit cep rabougri, enfin un tout petit moins rabougri. C’est pourquoi le lendemain, il fut très déçu de ne pas voir arriver Antoine en milieu de matinée, comme d’habitude. Le petit cep un peu moins rabougri ne le savait pas, mais Antoine avait accompagné Mamy Marguerite à l’église. Et au moment même où le petit cep un peu moins rabougri se demandait pourquoi Antoine tardait autant, le petit garçon écoutait attentivement le pasteur lire l’Évangile.

Pendant que la chorale chantait, Antoine chuchota à Mamy Marguerite : « Je dois y aller, c’est important ! Je t’expliquerais plus tard !» Mamy n’eut pas le temps de lui demander quelle mouche l’avait piqué que, déjà, Antoine se faufilait discrètement hors de l’église et courrait ventre à terre vers la parcelle de vigne. Il arriva tout essoufflé près du petit cep de vigne un peu moins rabougri qu’avant : « Faut que je t’dise, j’ai compris un truc, j’t’ai pas expliqué comme il faut… Attends, faut que je reprenne mon souffle. » Après quelques minutes, Antoine reprit : « J’étais à l’église tout à l’heure et en écoutant le pasteur lire l’évangile, j’ai compris un truc super important : Dieu a voulu le monde pour le bonheur et la vie, alors il est généreux. A toi, petit cep, il a donné la terre, le soleil, la pluie, mon papy qui prend soin de toi. Aux humains, il a donné la nature, sa création, à admirer et à cultiver pour en tirer notre nourriture. Et en nous donnant tout ça, il nous a aussi confié une mission : donner du bonheur autour de nous et ce que je viens de comprendre, c’est que donner du bonheur, partager ce qu’on a, ça rend heureux, ça rend la vie plus belle.

Tout à l’heure, à l’église, le pasteur a lu une histoire dans l’évangile où Jésus racontait l’histoire d’un homme riche et la vie de cet homme était triste, car il ne pensait qu’à lui, il n’y avait que lui dans sa vie, il voulait garder pour lui tout ce qui lui était donné et au bout du compte quand il est mort, il ne lui est rien resté. Lui non plus, il n’avait pas compris ! Ce qu’on garde vraiment et pour toujours, c’est ce qu’on a donné, le bonheur qu’on a donné… Et toi, avec tes fruits, tu pourrais réjouir tant de gens, parce que je t’assure que quand Papy invite la famille et les copains pour déguster le vin nouveau, y a de la joie ! Ça parle et ça rigole tard ! »

Le petit cep un peu moins rabougri n’avait pas tout compris dans ce flot de paroles : l’église, le pasteur, il ne savait pas ce que c’était, Dieu, Jésus, jamais entendu parler. Mais il y avait dans l’enthousiasme du petit-garçon quelque chose de communicatif et qui le fit réfléchir : il se souvint de la chaleur qui l’avait parcouru lorsqu’il avait vu la joie d’Antoine quand celui-ci avait découvert la nouvelle petite branche quelques jours plus tôt. Alors, il se dit que ce ne serait peut-être pas si mal de donner du bonheur à d’autres en partageant, dans la douceur de ses fruits, la terre, le soleil, l’eau et les soins qui lui avaient été données.

Et le petit cep un peu moins rabougri déploya ses sarments et de toutes ses forces et de toute son énergie, se mit à grandir, grandir. A la surprise de Papy Robert, ses branches furent bientôt lourdes de grappes d’un raisin sucré et subtil et Papy Robert sut tout de suite qu’il en ferait un vin exceptionnel.

Cette année-là au messti (fête du village en Alsace), en partageant la flammkuech (tarte flambée – spécialité alsacienne) avec les copains, Papy leur raconta l’histoire du petit cep rabougri et de son petit-fils tenace, mais aucun ne voulut le croire. Papy Robert fut un peu vexé d’entendre les copains rigoler. Mais ils rigolèrent moins quand quelques mois plus tard, Papy Robert présenta son vin à la foire aux vins de Colmar et gagna la médaille d’or. Son vin fit une telle réputation au coteau « Rebgarten » et aux vignes qui y poussent qu’on raconta l’histoire du petit cep rabougri l’année d’après, et l’année d’après et encore après et etc…

Et le petit cep ? Il n’est plus ni rabougri, ni petit, et il n’a jamais regretté d’avoir grandi et porté du fruit, car c’est vrai, il le sait : ce qu’on garde vraiment et pour toujours, c’est ce qu’on a donné…

Crédit : Claire de Lattre-Duchet




L’histoire du professeur et du bocal

Le cours commence et les élèves s’installent, prêts à écouter leur prof. Sans un mot, celui-ci ramasse un très grand récipient vide de dessous le bureau et commence à le remplir avec des balles de golf. Une fois le bocal rempli de balles, il demande aux étudiants si le pot est plein. Unanimement, les étudiants conviennent qu’il l’est.Le professeur se saisit alors d’une boîte de petits cailloux et les verse dans le bocal. Il secoue légèrement le pot pour laisser les cailloux rouler vers les zones libres entre les balles de golf.Il repose ensuite sa question: « est-ce que ce pot est plein ? » Une fois encore, les étudiants répondent en chœur que le récipient est rempli.

Avec un léger sourire sur le visage, le professeur ramasse une boîte contenant du sable et commence à le verser dans le pot. Bien entendu, le sable remplit tout l’espace entre les balles de golf et les cailloux.Une nouvelle fois la même question, qui obtient la même réponse: pour les étudiants, on ne peut plus rien verser dans ce pot.

Le professeur, cette fois-ci franchement amusé, attrape deux canettes de bière sous la table et verse tout leur contenu dans le pot. La bière comble alors immédiatement tout l’espace vide entre le sable. Réalisant qu’il se sont encore fait avoir, les étudiants ne peuvent s’empêcher de rire de bon cœur.

« Maintenant », dit le professeur une fois le calme revenu, « je veux que vous imaginiez que ce pot représente votre vie.

Les balles de golf représentent les choses importantes: votre famille, vos enfants, votre santé, vos amis, vos passions favorites – les choses qui comblerait toujours votre vie même si tout le reste était perdu.

Les cailloux représentent les autres choses qui comptent comme votre travail, votre maison, votre voiture

Le sable, c’est tout le reste – les petites choses. Si vous mettez le sable dans le pot en premier », poursuit-il, « il n’y a plus de place pour les cailloux ou les balles de golf. Il en va de même pour la vie. Si vous passez tout votre temps et dépensez votre énergie sur les petites choses, vous n’aurez jamais de place pour les choses qui sont importantes pour vous.

Faites particulièrement attention aux choses qui sont essentielles à votre bonheur. Jouez avec vos enfants. Prenez le temps de veiller à votre santé. Emmenez votre partenaire dîner quelque part. Il y aura toujours du temps pour nettoyer la maison ou changer la poubelle. Prenez soin des balles de golf en premier, ce sont les choses qui comptent vraiment. Définissez vos priorités. Le reste n’est que du sable ».

Un bref silence suit cette leçon de sagesse, puis un étudiant lève la main et demande ce que la bière représente. Le professeur sourit: « je suis content que vous posiez la question. Elle est simplement là pour vous montrer que, peu importe à quel point votre vie puisse paraître remplie, il y a toujours de la place pour boire une ou deux bières avec vos amis » ! Quand on y pense, on passe beaucoup de temps à se plaindre ou se faire du souci concernant les « petites choses » qui constituent notre quotidien. L’histoire de ce professeur et de son bocal nous rappelle qu’il est bon de savoir prendre du recul et de relativiser.Gardons à l’esprit ce qui est vraiment important de ce qui est secondaire à l’échelle de notre vie. Réfléchissons à toutes ces choses qu’on perd de vue à force de les retarder. Et commençons à vivre pour le meilleur !

Auteur inconnu

 




Une invitation à espérer

« Une invitation à espérer » est une belle narration mettant en scène l’histoire de la petite étoile qui avait guidé les mages.  Découvrons ce qu’elle est devenue après sa belle aventure… (auteur inconnu)

voir ou télécharger le texte ici une invitation à espérer




L’agneau de Simon

« L’agneau de Simon » est une narration de Marthe Balla, formatrice AFiBi (Association des Figurines Bibliques).

Simon est heureux. Son rêve le plus cher s’est réalisé aujourd’hui : son père lui a confié un agneau ! Simon est un petit garçon comme beaucoup, mais on l’appelle « Simon bar Ruben » pour le distinguer des autres Simon de Bethléem, et cela, il en est fier : son père, Ruben  est le chef des bergers du maître et il a même accompagné celui-ci pour un voyage à Jérusalem ! Ruben n’est revenu qu’hier soir et, ce matin, il a appelé Simon et lui a dit :  « Simon, tu es grand maintenant,  que veux-tu faire de ta vie ?veux-tu apprendre le métier de berger ? oui ? Alors viens avec moi ! » Et, ensemble ils sont allés jusqu’au troupeau gardé par les autres bergers. Ensemble ils ont regardé toutes les bêtes – et Ruben les connaissait toutes ! – jusqu’à l’agneau tout blanc qui venait de naître. Celui-là Ruben l’a mis dans les bras de Simon en lui disant : « Il est à toi, tu en es responsable maintenant ! »

La journée a passé très vite, il y avait tant de choses à faire, tant de choses à apprendre ! Maintenant Simon est assis près du feu, son agneau à côté de lui et il écoute son père, Ruben, qui raconte aux autres bergers son voyage à Jérusalem.  « C’est une ville immense ! Et, tout en haut, le Temple, il est merveilleux, si grand … Et tous ces gens ! Ils venaient de partout, de Judée, de Galilée, d’Egypte, de Rome, et même de plus loin encore !  Mais tout le monde ne parlait que de la même histoire …s’il-te-plait, raconte –la ! dit Simon et tous les autres disent : oui, oui, raconte !

Ruben continue : on parlait du prêtre Zacharie et de sa femme Elisabeth qui venaient d’avoir un enfant alors qu’ils étaient vieux tous les deux … »comme Abraham et Sara ? » Son père sourit et caresse les cheveux de Simon en disant : c’est bien, tu apprends bien les leçons du Rabbin Amos !  On racontait que, alors qu’il était de service au Temple, il y a à peu près un an maintenant, Zacharie en était sorti muet ! Certains disaient qu’il avait vu un ange qui lui avait annoncé la naissance d’un fils et Zacharie ne l’a pas cru ! Il était rentré chez lui et … »

Simon n’entend plus la fin de l’histoire, ses yeux se sont fermés et il s’est endormi à côté de son agneau .Tout à coup il se réveille en sursaut, ébloui. Est-ce qu’il a dormi jusqu’à midi ? Non, derrière lui il fait sombre mais près du feu il y a une grande lumière comme il n’en a encore jamais vue. Un homme se tient dans cette lumière et leur parle : « N’ayez pas peur ! Réjouissez-vous ! Aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur . Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez : vous trouverez l’enfant emmailloté, couché dans une crèche. » Et voilà qu’une foule nombreuse est là et chante : « gloire à Dieu  au plus haut des cieux et paix sur la terre… »

Puis tout est fini. Simon se frotte les yeux et demande d’une toute petite voix : « c’étaient des anges ? » Son père hoche la tête : «  Je crois bien ; nous devrions aller à Bethléem »Tous se lèvent et se mettent en route. Simon fait deux pas et s’arrête, « et mon agneau ? s’il lui arrivait quelque chose pendant que je ne suis pas là ? Ce n’est pas le moment d’hésiter ! j’en suis responsable ! » Simon prend l’agneau sur ses épaules comme il a vu les bergers le faire et suit les autres.

C’est très dur. Un agneau, même petit, c’est lourd quand on est encore un enfant, mais il n’y avait pas d’autre solution ! Quand il arrive enfin, bien fatigué, à l’étable il voit le bébé sur la paille et tout est oublié ! Simon sent son cœur battre très fort, …Pauvre bébé, comme il doit avoir froid dans cette mangeoire …Si seulement je pouvais…Mais oui ! à côté de mon agneau j’avais bien chaud !… Je l’aime, cet agneau, mais l’enfant… Mon père se fâchera peut-être…non, il m’a dit « cet agneau est à toi » alors…Tout doucement Simon se rapproche du bébé et pose l’agneau à côté de lui, sur la paille de la mangeoire,  en murmurant :  « il te tiendra chaud » …

Quand Simon se réveille de nouveau il est près du troupeau sans savoir comment il est revenu. Sa main cherche son agneau et il se souvient de ce qui s’est passé pendant la nuit. Que va  dire son père ? A ce moment là son père s’approche de lui, un agneau dans les bras, et le lui tend, sans un mot. Son agneau ? Oui, …mais non, celui là  a quelque chose de différent : une toute petite tache, comme une étoile, juste à l’endroit où l’enfant de la crèche l’a caressé …Simon  prend son agneau dans les bras, il est heureux…

Et si aujourd’hui, dans beaucoup de crèches, il y a un petit agneau à côté de l’enfant Jésus, souvenez-vous : c’est l’agneau de Simon…. Et le temps a passé, Simon a grandi, son troupeau aussi. Le petit agneau est devenu un magnifique bélier, le chef du troupeau. Et, souvent il naît des agneaux  qui, comme lui, portent une petite tache, une étoile. Et Simon, à leur naissance, se souvient chaque fois de cette nuit…

Un soir, un voyageur s’approche du troupeau de Simon. Simon l’invite à s’asseoir près du feu, lui offre de l’eau et du pain…

-Merci Simon

– Tu me connais ?

– Oui, souviens-toi : il y a bien longtemps, quand je suis né, tu m’as offert ton agneau pour me réchauffer ! Je ne l’ai pas oublié, et je ne t’oublierai jamais ! Depuis, Simon est heureux !Simon est toujours heureux !

Crédit : Marthe Balla




La boule de vent

La Pentecôte, don de l’Esprit saint, est une notion très vague pour petits… et grands. Peut-être parce que c’est plus qu’une notion ! La Bonne Nouvelle « voyage » dans le monde. Dans le « climat » créé par l’évocation de « La boule de vent », nous suscitons un moment de poésie, nous éloignant de l’explicatif et du descriptif pour approcher un mystère : Dieu est présent par son souffle en nous-mêmes, en tout être, dans notre monde. Comment le sait-on ? Par ce que ce souffle provoque : « Tu ne sais d’où vient le vent… » disait Jésus à Nicodème (Jean 3).

« La boule de vent », est une narration de Bettina Schaller, publiés dans le livre « Tu diras » page 46. Voir le texte ici la boule de vent

Illustration de Danièle Bantz-Boillot. Télécharger le dessin pour le colorier ici DBB la boule de vent NB

Durée de l’animation : moins d’une heure

Matériel : De quoi faire des bulles de savon (on trouve facilement ce petit matériel dans les commerces et l’enfant pourra prolonger chez lui ce moment poétique en emportant l’objet).

Démarche :

  • Accueil, chant… Il faut être à l’extérieur pour profiter des mouvements de l’air mais pas dans un espace trop venté.
  • On trouve de quoi « s’inspirer » dans le récit de « la boule de vent » (page 46). Ne pas lire le texte tel quel mais le reconstruire avec ses propres mots. Les enfants scanderont l’évocation par un « répons » (par exemple « La boule de vent ne s’est pas arrêtée en si bon chemin » ).
  • Puis on laisse les enfants créer des bulles de savon ; on les laisse les suivre des yeux, les admirer…
  • Courte comptine pour arrêter les bulles.
  • On reprend l’évocation et on entre dans le cycle : évocation, « répons », bulles, comptine…
  • Ne pas hésiter à renoncer à toute explication didactique sur la Pentecôte. Le récit et la poésie portent du sens mieux que des concepts.
  • Chant et séparation.

Note :

On trouve dans l’introduction d’un livre du philosophe Peter Sloterdijk (Bulles, Sphères I, Pauvert, 2002) une merveilleuse évocation du rapport entre l’enfant et la bulle de savon : « Pendant le laps de temps où la bulle a vécu, le souffleur a été hors de lui, comme si l’existence de la bulle avait dépendu du fait qu’elle demeurât enveloppée dans une attention qui accompagnait son vol. Tout manque d’accompagnement, toute négligence dans l’espoir et le tremblement qui escortent cette bulle dans son vol aurait condamné cette chose scintillante à un échec prématuré. L’enfant en personne s’élève dans l’espace avec sa bulle miraculeuse… Pendant le laps de temps où la bulle a vécu, le souffleur a été hors de lui… Si l’enfant insuffle sa respiration aux bulles de savon et leur reste fidèle en les suivant de ses regards extatiques, qui, auparavant, a déposé son souffle en l’enfant qui joue ? » (pages 18 à 22).