Parler d’Amour et de la Sexualité

L’association des Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France a publié quatre numéros spéciaux des revues pour ses adhérents,  selon son âge, sur le thème «Amours et sexualités».

Voici ce qu’on peut lire sur le site  http://eeudf.org/blog/parlons-sexualite-dans-le-scoutisme/: « Ces hors-séries ont été rédigés par la Commission Mixité du mouvement, à la suite d’une demande de l’Assemblée Générale et des nombreuses questions des enfants et des encadrants sur ces sujets. Les jeunes y trouveront des informations adaptées à chaque âge sur l’amour, la sexualité, les moyens de contraception et de prévention, le consentement, les violences sexuelles… Ils ont été écrits par des personnes formées à l’éducation à la sexualité et relus par des professionnel·le·s de santé, des militant·e·s dans diverses associations et des cadres du mouvement.

Ces revues sont un outil éducatif fort. Dans leur projet éducatif, les Éclaireuses et Éclaireurs Unionistes de France s’engagent à « former des individus épanouis et libres de leurs choix », y compris dans le domaine de l’amour et de la sexualité. Elles sont donc un support pour que les responsables puissent ouvrir des espaces de discussion sans tabou avec les enfants et adolescents sur ces sujets.

Ces publications peuvent servir hors du mouvement du scoutisme et tout le monde peut les acheter via la Boutique en ligne : http://boutique.eeudf.org/

 

 




Une petite pièce… 32 833,41€

Le trimestriel « Nouvelles de la Cause » vient de publier quelques nouvelles à propos de l’offrande des Ecoles du Dimanche 2015-2016. Le projet a  financé des vacances aux enfants du centre d’accueil et de transit des jumeaux abandonnés, à Mananjary et aux enfants du centre Akany Soa, d’Antsirabé, mais aussi d’autres travaux, toujours pour le confort des enfants.

 

l’article Nouvelles de La Cause




Gérer et accompagner une équipe en catéchèse

Plusieurs éléments de cet article sont de l’ordre de la répétition. Une répétition bien utile, tant la routine et la pression de l’agenda nous font oublier des éléments essentiels pour le fonctionnement d’une équipe en catéchèse.
Avant la rentrée, avec l’aide du pasteur et du conseil presbytéral (‘consistoire’ en Belgique), pressentir des membres pour former une équipe. Pensez aux jeunes : parfois satellites dans l’église, ils pourraient trouver leur place comme animateurs ou aides-animateurs.
Veillez à rassembler les coordonnées de tous : téléphones, mobiles, courriels.
Créez un groupe sur un réseau social (Facebook, whatsapp…) : un groupe fermé qui vous permette de communiquer facilement et rapidement. Créez un compte « cloud » pour le partage des documentations.

Avec le trésorier, fixez d’emblée un budget pour l’année ! Une communauté sans budget « catéchèse » est une communauté en danger ! Et l’épuisement (raisonné) de ce budget sera signe du dynamisme de la communauté en matière de transmission et d’accueil des jeunes…Ce budget prévoit l’accueil (local, mobilier, boissons et collations…), le matériel didactique (des bibles en nombre suffisant et dans différentes éditions adaptées aux âges des participants : Ze Bible ; Bible de l’Explorateur ;  Bible en jeux ; etc.), du matériel catéchétique pour les animateurs (et les jeunes) des crayons, ciseaux, colles, papier etc.
L’achat d’un projecteur sera à coup sûr un bon investissement : on trouve des projecteurs adaptés pour des locaux de taille moyenne pour un budget tout à fait abordable (moins de 400 euros) et transportables pour les camps. Prévoyez un écran ou un mur blanc. Et il faudra au moins un ordinateur portable disponible (On en trouve facilement à donner, nul besoin de se ruiner !).

Établissez un objectif. L’objectif n’est pas le programme. L’objectif définit ce à quoi vous voulez arriver à une date précise : « Nous aimerions être plus nombreux en juin, disons au moins 12 participants ; nous aimerions que les participants soient plus réguliers – au moins une semaine sur deux, qu’ils aient vraiment du plaisir à venir et nous faisons un bilan en février ; nous aimerions entamer ou continuer une démarche œcuménique avec les jeunes de l’église d’à côté, participer à la préparation de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens et notre délai sera la veillée œcuménique de janvier… »
Ne cherchez pas à mener de front 5 objectifs différents. Choisissez-en un, et menez-le à bien !
Notez les grandes lignes de vos échanges, notez l’objectif choisi : restez concrets !!! Notez le délai que vous vous fixez et les moyens d’évaluation : notre objectif est-il atteint ? Oui, pourquoi/non, pourquoi ?
Vous pouvez faire un compte rendu, mais une simple photo des tableaux ou paper-board utilisés est parfois plus enthousiasmante. Si vous le pouvez, faites les deux : notes et photos. L’annonce de l’Évangile doit être au centre de nos objectifs, quels que soient les moyens développés. 

Établissez un programme, un fil rouge minimum en fonction de votre objectif. Nous n’avons plus, comme c’était le cas par le passé, des consignes qui viennent des services nationaux. Nous n’avons plus de nouveau programme tout fait, publié et distribué. Nous avons mieux : une grande liberté, et une source inépuisable de matériels et d’idées sur Internet !
Attention : une difficulté devant cette manne inépuisable, c’est de s’en tenir au fil rouge prévu, de ne pas dévier (sans raison, ni sans prévenir toute l’équipe). On consulte un site puis un autre. « Ah, ça c’est tellement bien ! Ce n’est pas du tout dans notre fil rouge, ça n’a rien avoir avec notre objectif, mais c’est super !… » Et hop, voilà notre animateur plein d’enthousiasme  qui se lance tout seul sur un chemin de traverse. La catéchèse est un ministère de discipline, aussi pour les animateurs !

Établissez un calendrier, avec quelques semaines d’avance. À la rentrée, prévoyez Noël; en janvier, prévoyez Pâques ! L’équipe doit être la locomotive du cheminement catéchétique, il faut que le pasteur et certains animateurs soient toujours en avance.

La bonne volonté ne suffit pas, suivez des formations: réunissez-vous chaque trimestre ; fréquentez – au moins – les formations offertes par les services nationaux ; le pasteur se doit d’être lui aussi formateur pour ses catéchètes et ses moniteurs…Les enfants et les jeunes d’aujourd’hui ont de nouveaux comportements, de nouveaux moyens de communication, une nouvelle relation à l’adulte et à l’autorité : il est indispensable de s’en rendre compte et d’accepter cela. Toute notre catéchèse, aujourd’hui, doit prendre en compte ces grands changements, et s’y adapter. Soyez donc inventifs, ne vous accrochez pas aux anciens modèles que vous avez peut-être connus. C’est toujours l’Évangile qui est au centre du ministère catéchétique : il faut lui trouver des vecteurs actuels de transmission.

Gardez une trace écrite de chaque séance : qui anime, qui participe, quel est le thème, quels sont les questions, joies ou problèmes rencontrés… ?

Gardez le contact avec les parents, avec le conseil presbytéral (consistoire), avec le pasteur : la catéchèse n’est pas en marge de l’église, elle se situe au centre de l’annonce de l’Évangile et de la vie de chaque communauté.
À mi parcours, en février, faites un bilan, puis un autre en juin, en vue de la rentrée suivante.

Crédits Marie-Pierre TONNON




Nul ne peut servir deux maîtres

« Nul ne peut servir deux maîtres » ou Dieu versus Mamon ou Jésus et l’argent. Le dollar américain porte l’inscription “In God we trust” (nous mettons notre confiance en Dieu) et sur la tranche de la pièce de cinq francs suisse, on peut lire “Dominus providebit” (Dieu pourvoira). La banque du Vatican n’est-elle pas nommée « Banco espirito sancto ». La famille Rockefeller adopta la devise “Gagner le plus d’argent possible afin d’en donner le plus possible”… Ils sont les plus connus, vous avez certainement en tête d’autres cas… Ces exemples font référence à une véritable puissance dans laquelle nous pouvons avoir foi. On voit bien que le sujet est brûlant, voire tabou et souvent on ne préfère pas trop s’étaler. Après cette première entrée en matière pour vous mettre en appétit, je vous propose un panorama de la question en rapport avec l’enseignement de Jésus. Je ne prétends nullement résoudre le dilemme mais je voudrais surtout souligner les ambiguïtés du thème, Frédéric Gangloff (UEPAL)
  1. Dieu et/ou Mamon: (Matthieu 6, 24//Luc 16,13) « Aucun domestique Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. »

Contrairement à Matthieu, Luc précise d’emblée l’identité du sujet : la figure du domestique. C’est logique dans la perspective du chapitre 16 qui débute par la parabole du gérant habile et se poursuit par des réflexions à propos de l’argent trompeur et du bien véritable. Chez Matthieu nous avons un proverbe avec une donnée de départ : 1. On ne peut servir deux maîtres ; 2. illustration par antithèse (haïr l’un//aimer l’autre ; s’attacher à l’un// mépriser l’autre. 3. Morale : On ne peut servir Dieu et Mamon. L’on sait qu’il s’agit là d’un mot araméen qui signifie en général l’argent (Talmud, midrash), et qui peut signifier aussi la richesse. On peut le rapprocher de la racine emen (fondement, solidité, confiance). Ici Jésus personnifie l’Argent, et le considère comme une sorte de divinité. Jésus n’a pas pris une désignation courante dans les milieux auxquels il s’adressait, car il ne semble pas que l’on ait connu dans les milieux juifs et galiléens, ni parmi les païens proches, une divinité de ce nom. Jésus ne vise pas une divinité païenne pour faire comprendre que l’on doit choisir entre le vrai Dieu et un faux dieu.

Dans l’état actuel des textes connus, nous pouvons dire que Jésus apporte à ce terme une précision qu’il n’avait pas dans son milieu. Cette personnification de l’argent, cette affirmation qu’il s’agit d’un prétendant à la divinité nous révèle sur l’argent quelque chose d’exceptionnel, Ce que Jésus nous révèle ici, c’est que l’argent est une Puissance. Ce terme doit être compris non pas au sens vague de force, mais dans le sens très précis, courant dans le Nouveau Testament. La puissance est ce qui agit par soi-même, qui a une autonomie (ou prétend l’avoir), qui suit sa propre loi et la dicte à d’autres…La puissance a aussi une valeur spirituelle. Elle n’est pas seulement du monde matériel (quoiqu’elle y agisse). Elle a un sens spirituel, elle n’est jamais neutre, elle est orientée, elle oriente aussi les hommes.

Enfin, la puissance est plus ou moins personnelle. Et de même que la Mort apparaît souvent dans la Bible comme une sorte de force personnelle, de même ici l’argent. Celui-ci n’est donc pas une puissance parce que l’homme s’en sert, parce qu’il est le moyen de la fortune, parce que l’accumulation de la monnaie permet beaucoup de choses, etc… Il est puissance et avant tout cela, et ces signes extérieurs ne sont que les apparences de cette puissance qui a une réalité par elle-même (ou prétend l’avoir).

Il ne faut absolument pas minimiser le parallèle que Jésus établit entre Dieu et Mamon. C’est une réalité qu’il désigne ici. Dieu comme personne, et Mamon comme personne, se trouvent opposés. Jésus qualifie le rapport entre l’homme et l’un ou l’autre de la même façon : c’est un rapport de maître à serviteur. Mamon peut être un maître de la même façon que Dieu en est un. C’est-à-dire justement un maître personnel. Ainsi lorsque l’homme prétend se servir de l’argent, il se trompe lourdement. Il peut à la rigueur se servir de la monnaie, mais c’est l’argent qui se sert de l’homme et le fait servir en le pliant à sa loi et le subordonnant à ses buts. L’homme n’est pas libre d’orienter de telle ou telle façon l’usage de son argent, car il est aux mains de cette puissance qui est directrice. Pour elle la monnaie n’est qu’une apparence, une manière d’être, une forme dont elle se sert dans sa relation avec l’homme.

Or, que ce Mamon soit une puissance spirituelle, c’est encore ce que manifeste le caractère sacré que l’homme attribue à son argent et auquel il voue un culte. Il ne s’agit pas ici du fait qu’il y eut des idoles dressées symbolisant l’argent, mais très simplement que pour l’homme moderne, l’argent fait partie de son « sacré ». Les relations d’argent sont, nous le savons bien, des « choses sérieuses » pour l’homme moderne ; tout le reste, l’amour et la justice, la sagesse et la vie, sont des mots. De même, l’homme évite de parler de l’argent.

On parle des affaires. Mais lorsque, dans un salon, on pose la question d’argent, c’est une gêne qui exprime, en réalité, le sentiment du sacré. Les questions soulevées par l’argent ne sont pas considérées comme de l’ordre moral. Elles sont en effet d’abord de l’ordre spirituel. Il s’agit d’une relation avec une puissance à laquelle on se consacre corps et âme, et non d’un comportement à l’égard d’un objet. Dans le droit romain, un serviteur ne peut servir deux maîtres en même temps…Le proverbe de Jésus est clair ici !

2. Jésus était-il pauvre ?  Jésus a probablement appris le métier d’artisan du bois. Il a du exercer son activité à Nazareth et peut-être dans d’autres villages des alentours. Si on n’est souvent tenté de ranger Jésus dans la catégorie des pauvres, il faut savoir que 90% de ses contemporains étaient dans le même cas. Finalement cela nous dit très peu de choses sur son standing. Il n’était en tout cas pas paysans. Si son métier lui permettait de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, il ne faisait pas partie des pauvres parmi les pauvres : journaliers, métayers, mendiants, esclaves…Dans les évangiles ni Jésus ni ses disciples (Pierre à la tête d’une entreprise de pécheurs ?) ne sont considérés comme pauvres (spirituel ou matériel ?), groupe dont il se distingue nettement. Selon nos critères actuels, Jésus n’était certes pas fortuné, mais pour l’époque, il devait jouir d’une situation professionnelle et sociale correcte. A un moment de sa vie, Jésus rejette sa situation honorable, en abandonnant son travail, son village, sa mère – veuve ?-, sa famille, pour s’embarquer dans une carrière de prophète itinérant. Aux yeux de certains cette lubie ne devait lui attirer que la honte et aux yeux de ceux qui l’acceptaient un certain prestige…

3. La prédication du royaume de Dieu et l’argent Jésus se présente comme un prophète de la fin des temps. Cette fin des temps n’évoque pas une quelconque destruction mais la mise en place d’un nouvel ordre des choses. Par des actions publiques « scandaleuses » Jésus entend anticiper et mettre en route ce que Dieu accomplirait totalement lors de sa venue (son royaume). Ces actes prophétiques sont symboliques. Pardon, remise de dettes générales, générosité totale, ce qui va à l’encontre de l’ordre économique… En tant que prophète des temps derniers, Jésus annonçait et symbolisait un bouleversement social et économique. Ce prédicateur itinérant qui a réclamé de ses disciples les mêmes sacrifices que lui a consentis – famille, professions, biens- ne s’inscrit plus dans une quelconque durée mais dans l’urgence du royaume. C’est dans cette perspective que l’on peut aussi comprendre les paroles : “Ne vous amassez pas de trésors sur la terre, où les mites et les vers font tout disparaître… Mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où ni les mites ni les vers ne font de ravages, où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car où est ton trésor, là aussi sera ton cœur” (Mt 6, 19-21). Jésus nous dit explicitement de ne pas nous faire trop de soucis pour les choses matérielles: “Ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement … Et qui d’entre vous d’ailleurs peut par son inquiétude prolonger tant soit peu son existence?” (Lc 12, 22-23, 25). Accepter ce message et surtout accepter de suivre Jésus, c’est souscrire à une autre forme de prévoyance. Veiller à son attitude mentale, faire confiance au plus profond de soi à la force et à l’amour de Dieu plutôt qu’à la sécurité financière ou à l’épargne. Rechercher les expériences spirituelles, plutôt que de toujours centrer son attention sur les choses matérielles ; c’est être rassuré devant l’inéluctabilité de la mort terrestre. C’est faire quelque chose pour son avenir ultime, celui du royaume de Dieu. En amassant des trésors spirituels, nous pouvons nous familiariser avec le royaume de Dieu. Notre qualité de vie ne peut que s’en trouver améliorée, nous serons plus heureux, nous saurons regarder les beautés de ce monde et être attentifs aux besoins des autres et non me regarder dans le nombril pour faire la fête tout seul au lieu d’en faire profiter les autres (parabole du riche insensé).

La question centrale qui se pose à nous est la suivante: à quoi est-ce que je fais confiance au plus profond de moi, à quoi est-ce que je crois vraiment? Est-ce que je consacre mes forces intellectuelles et spirituelles à amasser ou à des « valeurs » qui me font vraiment avancer?

En d’autres termes, quand accumuler des sous et consommer se muent en but effectif de ma présence ici-bas. Quand toutes mes pensées et mes sentiments ne tournent plus qu’autour de la question: où trouver au meilleur prix ce que je cherche et comment augmenter mon pactole? Quand j’ai atteint ce stade, j’ai fait de l’argent mon dieu et de l’accumulation du capital ma religion. Luther disait déjà: “Où tu accroches ton cœur, là est ton dieu”.

4. Celui qui veut me suivre doit renoncer à ses biens ! (Le jeune homme riche) Matthieu 19, 16-30,

L’urgence du royaume de Dieu implique aux yeux de Jésus des sacrifices et le renoncement aux biens de ce monde. C’est une des conditions pour être un disciple (en tout cas faire partie des douze). Ici nous avons la seule référence dans les évangile ou Jésus appelle explicitement un riche à se dépouiller de ses biens pour le suivre ; ce qui est tout à fait dans sa logique. Par l’image du chameau et du trou de l’aiguille, il montre bien la difficulté pour tout à chacun de le suivre, surtout les riches qui peinent à abandonner leurs biens matériels. Et pourtant immédiatement après le trou de l’aiguille s’élargit puisque ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu : comme faire passer un chameau par le trou d’une aiguille et faire passer un riche vers la vie éternelle. Puisqu’il faut se délester de cette vie matérielle pour pouvoir avoir une part conséquente à la vie à venir dans le royaume. Une consolation pour les autres disciples qui ont tout laissé…Bien qu’ils y soient revenus…

 

5. Les soutiens financiers de Jésus…

Il reste le groupe des sédentaires, ceux qui physiquement ne suivaient pas Jésus. Marthe, Marie, Lazare, Zachée…Ils le soutenaient en offrant argent, nourriture, gîte, une sorte de réseau d’assistance et de logistique indispensable durant tout le ministère de Jésus. Ceci montre que tous les adeptes de Jésus ne sont pas tous « pauvres ». Recevoir Jésus et ses gloutons qui débarquaient n’était pas une petite charge, facile à gérer, demandez son avis à Marthe…On peut aussi penser au propriétaire anonyme qui met à disposition une maison assez grande pour le dernier repas. Certains passages des évangiles laissent à penser que Judas était le trésorier de la bande et que certains disciples s’occupaient de faire les courses…Ici je serai presque tenté de dire que le but ultime justifie les moyens. Si le cercle intime des disciples de Jésus exigeait le renoncement aux biens matériel, une certaine forme de structure et de mécénat existait…C’est d’ailleurs à cette condition que ce mouvement s’est maintenue – parce qu’il avait des appuies et une structure- et qu’il a même évolué dans le Livre des Actes vers la mise en commun des biens ; une manière de préparer la parousie du Seigneur et de rétablir l’équilibre et la justice avant sa venue…Comme il a tardé à revenir, Luc nous présente des disciples débordés par tant de succès et qui sont obligés de nommer des gestionnaires en la personne des diacres. Par la suite, les inégalités économiques ne vont de loin pas s’effacer et l’on voit bien les scissions que cela a pu causer = Paul dans l’Epître aux Corinthiens !

 

6. Faire la fête pendant que l’époux est encore là !

Jésus participait à des repas de fête avec les marginaux et pestiférés sociaux et religieux de l’époque. Le repas de fête symbolisait le rassemblement de tout Israël dans un joyeux banquet. Jésus, le fêtard se distingue du caractère acétique d’autres mouvements. Il ne s’est pas comporté en ascète qui rejette tout plaisir avec indignation. L’histoire de l’onction à Béthanie le montre clairement (Mc 14, 3-9): Une femme inconnue s’approche de Jésus et lui verse un parfum précieux sur la tête et certains textes disent sur les pieds. Les disciples s’indignent, car on aurait pu vendre ce nard à bon prix pour donner ensuite l’argent aux pauvres. Mais lui accepte ce bienfait sans aucune mauvaise conscience. Ici Jésus incite même à une sorte de gaspillage ; il faut marquer le coup avant que l’époux ne soit plus ! C’est comme une consolation physique juste avant la Passion, car il sait que son corps sera bientôt cruellement maltraité. La réponse de Jésus est éloquente : les pauvres vous les aurez toujours…mais pas moi !

7. Jésus : un prophète dans la tradition des prophètes de l’AT

La première fois que Jésus prend la parole en public à Nazareth, il utilise des mots tout à fait semblables, tirés du livre d’Isaïe: “Il m’a envoyé proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté” (Lc 4,18, et Is 61, 1s). Jésus se situe tout à fait consciemment dans la tradition libératrice des prophètes qui ne tolèrent aucun abus de pouvoir. Surtout il tente par ses paroles et ses actes de rétablir l’équilibre social et de revenir à l’harmonie de la création, un avant goût du royaume à venir… Il accomplit des actes symboliques, parle en paraboles, une manière déguisée de scandaliser les gens et de les forcer à voir les choses autrement…Son souci de partager le trop-plein de richesses avec les plus démunis correspond aux messages de nombreux prophètes !

8. Jésus et l’impôt…

Une première singularité de Jésus c’est qu’il avait parmi ses disciples Lévi, le collecteur des taxes et qu’il n’a pas craint d’entrer et de festoyer avec la maison de Zachée… Par rapport au Temple de Jérusalem, un passage de l’évangile nous rapporte que Jésus aurait payé l’impôt que doit tout juif mâle au Temple, bien qu’il était galiléen et donc pas assujetti à cette obligation…Mais le passage le plus intéressant est l’impôt du à César… Le piège était tendu : pharisiens et hérodiens étaient persuadés cette fois qu’en Lui demandant s’il était permis ou non de payer le tribut à César, Il s’inculperait Lui-même et leur offrirait ainsi le prétexte tant recherché pour Le livrer aux autorités romaines (Matthieu 22 : 15-22). Ils s’approchèrent donc de Jésus et L’abordèrent selon leur habitude, en Lui tenant des propos flatteurs pour tenter de déjouer Sa garde. Mais Jésus, connaissant la méchanceté de leur cœur et sachant qu’ils venaient Le tenter, leur demanda de Lui montrer un denier puis de Lui dire de quelle effigie la pièce de monnaie était frappée. “De César !” Lui répondirent-ils. Il s’ensuivit alors l’une des déclarations bibliques les plus connues et les plus utilisées des locutions populaires : “Rendez donc à César ce qui est à César” (Matthieu 22 : 21). Quelle est la véritable portée de cette injonction ? Sous la domination romaine, il était obligatoire pour la population de l’Empire de payer le tribut à César. Tant les pharisiens que les partisans d’Hérode y étaient soumis et tous le savaient très bien. Les recensements ordonnés régulièrement par les Romains visaient justement à s’assurer que personne n’en fût dispensé. En leur apportant une réponse incontestable, Jésus déjouait ainsi leur piège.

L’effigie et l’inscription Les monnaies en circulation dans tout l’Empire Romain portaient une inscription. Sur l’un des côtés figurait soit l’effigie du gouverneur, soit un symbole, ou encore la représentation d’un dieu païen. Sur l’autre, il n’était pas rare d’y lire une inscription particulière, un slogan, ou le titre de l’autorité qui figurait à l’endos. A l’époque, la monnaie en vigueur en Judée portait donc l’effigie (en grec : “icône”) de César et l’inscription (qui n’est pas précisée dans le verset) était certainement en rapport avec lui. Outre le désir de laisser une trace permanente dans le temps, la gravure des Césars sur les pièces de monnaie était une manière très concrète de rappeler à ceux qui utilisaient ces pièces, pour acheter ou vendre, que leur utilisation n’était rendue possible que par la bienveillance de l’Empereur. De plus, l’effigie sur la pièce en vigueur indiquait son origine et son propriétaire. Même si les citoyens utilisaient librement les pièces qu’ils avaient en leur possession, elles n’appartenaient vraiment, en fin de compte, qu’à celui qui avait l’autorité de les frapper. Ceux qui en faisaient l’usage finalement n’étaient que des agents dépositaires qui contribuaient à la vie de l’Empire et à la renommée de l’Empereur. D’où la remarque fort pertinente de Jésus. L’effigie et l’inscription étant celles de César, il est juste qu’elles lui reviennent… L’autre partie de la déclaration de Jésus est : “Rendez à Dieu ce qui est à Dieu” (Matthieu 22 : 21). Rendons à Dieu ce qui Lui revient de droit. Par là, Jésus entend évidemment l’honneur, la louange, la gloire et l’adoration que nous devons légitimement et exclusivement rendre à Dieu. Cela veut-il aussi dire s’acquitter de l’impôt du Temple ou soutenir financièrement l’œuvre de Dieu ?

L’expression “Rendre à Dieu ce qui est à Dieu” nous renvoie aussi à la déclaration originelle : “Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance” (Genèse 1 : 26). Une manière déguisée de critiquer la divinité impériale et de rappeler que si nous sommes une image de Dieu, aucun humain ne peut se prétendre divin ! En passant, on notera que les personnes qui ont tenté de prendre Jésus au piège se sont dévoilées…Puisque tant que pratiquants juifs ils ne devraient pas être en possession de cette pièce…Ce qui montre à l’assistance que ce sont finalement des collaborateurs qui acceptent la soumission à l’empereur

9. Un acte symbolique lourd de conséquence ; la purification du parvis du Temple

Jésus n’avait aucune difficulté à fréquenter le Temple et à accepter l’ordre présent des choses. Vers la fin de son ministère, dans une action prophétique symbolique de purification, il en prédit néanmoins sa destruction. Il se prend violemment aux marchands et aux changeurs de monnaie qui normalement se situent en dehors du périmètre sacré du Temple. Mais il se trouve qu’une fois dans l’année, ces derniers ont le droit d’installer leurs échoppes dans le parvis du Temple ; ceci pour permettre une meilleur perception de l’impôt annuel. On trouvait ainsi côte à côte marchands d’animaux et changeurs. A noter, qu’il fallait payer cet impôt en monnaie tyrienne qui était la seule devise stable de l’époque. Celle-ci possédait pourtant du côté pile une représentation du Dieu Melquart (Sous l’aspect d’Hercule) et du côté face un aigle symbolisant Zeus. Les changeurs encaissés la monnaie tyrienne et donnaient des pièces aniconiques et de plus ils changeaient la monnaie de la diaspora. Ce que Jésus dénonce est toute cette hypocrisie et certainement les marges confortables qu’ils se faisaient lors de ces opérations financières. On retrouve derrière ce Jésus les accents du prophète Jérémie qui juste avant la prise du Temple, a prédit sa destruction, en partie à cause des abus financiers. En procédant à une sorte de purification du lieu saint, ce n’est pas clair si Jésus attendait un Temple nouveau ou meilleur ou s’il parlait d’un sens symbolique d’une communauté israélite renouvelée. Toujours est-il que les sadducéens, dont la survie économique était liée au temple, ne lui ont pas pardonné cet acte et qu’il a signé son arrêt de mort à partir du moment où il s’est attaqué à la tirelire

10. Et maintenant…

A travers ce court survol de l’enseignement du Jésus historique au sujet de l’argent, je dirai que sa position radicale maintes fois exprimée s’explique par sa prédication du royaume de Dieu, d’une nature tellement différente que le royaume de la finance. Ce qui explique la générosité absolue dans beaucoup des actes de Jésus, il applique l’année jubilaire, préambule à l’avénement du royaume à venir. Mais comme nous ne sommes pas encore dans le royaume, il est difficile pour nous de le concevoir et de l’appliquer si ce n’est son avertissement à propos de la conccurrence sur le marché du religieux entre Dieu et Mamon. Car que l’on ne s’y trompe pas, le discours libéral est religieux. Cette crise est une sorte de crise de foi du capitalisme qui nous demandaient d’adhérer à la croyance inébranlable de la croissance. Si je parie (décide de servir) la domination totale des affaires du monde par le marché, alors je dois moi-même commencer à y croire et à y faire croire ; croire et faire confiance c’est la même chose…Et dire que les investisseurs ne se font plus confiance !

Frédéric Gangloff (UEPAL)




Quel look pour notre Église ?

« Je relooke, tu relookes, il relooke, nous relookons ! »
L’heure est au relooking (doit-on dire relookage ?!?).
Pas une personnalité publique, les starlettes, les people, les hommes et les femmes politiques, rois, princes, et manants, pas une personnalité publique qui ne passe par les mains d’au moins une maquilleuse, une habilleuse, un coiffeur, un conseiller en maintien et gestuelle, un secrétaire pour affiner chaque virgule de toute communication écrite ou verbale, un designeur, un manadger… Il faut pouvoir jongler avec réseaux sociaux, les médias d’écrans et de papier, avec le son et l’image… Certains groupes religieux ne s’y trompent pas, qui engagent des professionnels du Relooking pour s’imposer face aux exigences de la société actuelle.

Nos Églises et notre catéchèse, doivent-elles se plier à la tyrannie du paraître ?
Le paraître sera-t-il aujourd’hui le seul critère pour être entendus ?
Si nous peinons sur le paraître, allons-nous dis-paraître ?

C’est une question pour nos églises, et c’est une bonne question pour notre catéchèse.
Souvenons-nous qu’au travers des siècles, la Parole de Dieu a été portée et apportée par des amateurs, dans le meilleur sens du mot, et par des bénévoles, au sens premier du mot.
Souvenons-nous que si un pasteur réformé (par exemple) porte une sévère robe pastorale, c’est, d’une part, parce qu’il est formé pour être « docte » (personne qui a des connaissances étendues), mais aussi et surtout, parce que cette tenue neutre lui permet de mettre en avant une Parole qui n’est pas la sienne, un peu comme les conteurs ou les utilisateurs de kamishibaï qui vont s’habiller de façon à rester effacés derrière l’histoire qu’ils racontent.
Dans le même esprit, le jeu d’orgue souvent proposé après la prédication a cette fonction de neutralité, afin que chacun s’approprie pour lui-même, dans sa propre situation, le message de l’Écriture…
Dans le même esprit encore, l’architecture et la décoration de nos églises doivent accueillir le riche, le pauvre, le triste, le gai, le vieillard et le bambin, le baptême et les funérailles…
La Parole de Dieu est pour tous, à travers tous les temps.
Pouvons-nous être attentifs à ne pas confondre «l’accueil » et « le paraître » ?
Dans nos églises, dans notre catéchèse, ne succombons pas à la facilité de la mode et de l’apparence.

Pour ce qui est du contenu, du fond, et ce qui est de la présentation, de la forme, c’est l’accueil qui est à l’inspiration de l’accueil du Christ, et c’est l’accueil qui doit témoigner auprès des foules (cfr Actes 2,6) de l’actualité de la foi et du message de l’Évangile.

Et pour rejoindre notre thème de la table dressée, ne vaut-il pas mieux un savoureux gâteau sans forme qu’une magnifique pièce montée insipide ?!?!

 




Les prophètes du retour de l’exil : Aggée, Zacharie et Malachie

Les derniers livres prophétiques dans nos bibles, Aggée, Zacharie et Malachie, se situent tous trois durant une période bien précise, celle du retour de l’exil à Babylone. Voici une Introduction générale, et des notes pour les moniteurs:
Ces livres sont à étudier en parallèle avec les livres historiques d’Esdras, de Néhémie et d’Esther (voir aussi la fin du deuxième livre des Chroniques).

Ils couvrent le dernier siècle de l’histoire juive telle qu’elle est contée dans la Bible hébraïque, c’est-à-dire, approximativement, de 538 à 433 avant Jésus-Christ. Les événements décrivent les décennies qui suivent le renversement de l’empire babylonien par Cyrus, roi de Perse, en 539 avant notre ère.

Si nous ne pouvons avec exactitude nommer les rédacteurs de ces textes, il est généralement admis que l’essentiel du contenu est réalisé à partir des souvenirs personnels d’Esdras et de Néhémie. Ensembles, les deux précités couvrent le règne de cinq rois perses et décrivent le retour de l’exil en trois vagues :

  • Un premier contingent, le plus nombreux, revient sous la conduite de Zorobabel vers 538
  • Un second groupe revient avec Esdras vers 458
  • Un troisième avec Néhémie en 445.

Le livre d’Esther, quant à lui, se situerait entre la restauration du temple à Jérusalem et le retour d’Esdras.

Comme les prophètes l’avaient annoncé, la Babylonie est tombée à son tour, tel un colosse aux pieds d’argile, aux mains de l’empire Perse. Dès sa victoire, un des premiers actes de Cyrus, roi des Mèdes et des Perses de 559 à 530, est d’ordonner le rapatriement des exilés vers leurs terres d’origine (en réalité il s’agit, bien entendu, essentiellement des descendants des exilés). Ce retour, qui correspond sans doute avec la fin de la vie de Daniel, est relaté au chapitre 1er du livre d’Esdras.

Darius 1er, qui succède en 522 avant Jésus-Christ à Cambyse (dont les Ecritures ne parlent guère), est contemporain des prophètes Aggée et Zacharie. Durant son règne a lieu la reconstruction du temple (confer Esdras 4, 5 et 6, 15 : « Le temple fut achevé le troisième jour du mois d’Adar, dans la 6e année du règne du roi Darius »).

Assuérus (Xerxès 1er) succède à Darius pour 21 années, en 486. C’est lui qui éleva la fille adoptive de Mardochée à la dignité de reine (confer Esther 2, 5 à 18) et le juif Mardochée comme premier après lui (confer Esther 10, 3).

Enfin, Artaxerxés 1er, régna de 464 à 423, son histoire  est notamment décrite en Esdras 4, 7 à 23 ; 7, 1 et Néhémie 2, 1.

Dès leur retour, les hébreux, essentiellement issus du Royaume du Sud, vont se mettre à reconstruire le temple, afin de rétablir le culte et le sacrifice. Ils veulent rétablir le culte de l’Eternel tel que la prescrit la loi mosaïque. Ce sera là le ferment d’une nouvelle unité nationale face à ceux que les Ecritures nomment les samaritains, la population établie dans la « Terre promise » par Asarhaddon, roi d’Assyrie, en « remplacement » des juifs déportés. La question de l’origine des Samaritains nous est relatée dans le 2e livre des Rois, au chapitre 17, les versets 24 à 41. On y lit la cause de leur rejet par les juifs revenus de l’exil : « Ils craignaient l’Eternel mais servaient en même temps leurs dieux d’après la coutume des nations d’où on les avait transportés » (2 Rois 17, 23).

Les cinq premiers versets du chapitre 4 du livre d’Esdras nous expliquent pourquoi les travaux de reconstruction du temple ont été interrompus pendant quinze années du règne de Cyrus et ne reprennent que sous Darius 1er.  Les versets 6 à 13 du même chapitre forment une séquence à part, hors chronologie, qui explicite les raisons durables de l’opposition jusqu’au temps d’Esdras et de Néhémie.

Grâce aux actions conjuguées des prophètes Aggée et Zacharie, et malgré une nouvelle opposition sous Darius 1er, le peuple reprend et poursuit la construction du temple jusqu’à son achèvement.

Plus d’un demi siècle s’est écoulé entre le dernier verset du chapitre 6 du livre d’Esdras et le premier verset du chapitre 7. C’est durant cette période que la reine Esther s’élèvera pour empêcher le massacre de tous les juifs de la cour assyrienne et donc, indirectement, de sauver la vie d’Esdras et de Néhémie, échanson et gouverneur sous le règne d’Artaxerxés.

Analyse succincte du livre d’Aggée
Selon les Ecritures, le prophète Aggée a proclamé la parole du Seigneur en 520 avant Jésus-Christ et Zacharie deux ans plus tard. Suite à l’Edit de Cyrus, un premier contingent d’exilés, fort de plus de 40.000 hommes, revient en Israël, en 538, sous la conduite de Zorobabel, petit fils du Roi Joachim,  prince de Juda et gouverneur de Jérusalem.
Remarque : Zorobabel est selon toute vraisemblance, né à Babylone pendant la période de captivité des Juifs. Petit-fils de Joachim (roi de Juda en 598-597 av. Jésus-Christ), il est de la lignée Davidique. Zorobabel dirigea le premier rapatriement et fut nommé gouverneur laïque de Jérusalem par Cyrus. Il y organisera la reconstruction du Temple qui avait été détruit en 586 avant notre ère par Nabuchodonosor II de Babylone. La suite de son existence est méconnue.
L’opposition, notamment  « samaritaine » et l’apathie générale mirent fin à la reconstruction du temple jusqu’au message inspiré et mobilisateur qu’Aggée et Zacharie proclament au nom de l’Eternel (confer Esdras 5, 1 et 2). Outre son caractère historique, le message d’Aggée est d’une brûlante actualité car il appelle chacun et chacune à établir, pour sa vie personnelle et communautaire, un ordre de priorité. Ce dernier n’est, à ses yeux, que la matérialisation de décisions libres que les hommes ont prises et auxquelles dès lors ils doivent être fidèles.
A quatre reprises, la Parole de l’Eternel est adressée à Aggée pour qu’il l’annonce au peuple et à Zorobabel :

  • Première séquence : Aggée chapitre 1er

Le peuple égoïste se préoccupe d’abord, et chaque membre pour lui-même, de son propre bien être. Dès lors, aucune bénédiction de Dieu n’est possible. Par son message, Aggée « réveille » la conscience du gouverneur Zorobabel et celle du peuple et ils se remettent à l’œuvre.

  • Deuxième séquence : Aggée 2, 1 à 9

Dans la mémoire collective du peuple subsiste le souvenir de la grandeur du temple de Salomon. Certes, la construction nouvelle n’a pas cette splendeur là, mais que Zorobabel et les constructeurs n’en soient pas découragés : L’Eternel des Armées est fidèle à son alliance et rendra la gloire de cette maison visible pour toutes les nations.

  • Troisième séquence : Aggée 2, 10 à 19

Aggée use de l’exemple des lois alimentaires pour montrer, aux sacrificateurs et au peuple, que la bénédiction de Dieu ne peut atteindre qu’une nation purifiée. Dès que le peuple sera purifié, les bénédictions divines l’atteindront.

  • Quatrième séquence : Aggée 2, 20 à 23

Il s’agit ici d’une parole que transmet Aggée au seul Zorobabel. Plusieurs commentateurs considèrent que cette prophétie s’applique, non à Zorobabel en tant que tel, mais à cet homme en tant que sceau attestant de l’importance de la descendance davidique. Le thème de l’élection est clairement exprimé au verset 23b : « Je te garderai comme un sceau, car je t’ai choisi… ».

Utilisation à l’Ecole du Dimanche

Pour les petits (6 à 9 ans)
Accrochage
a)    Donner à chaque enfant présent quelques blocs de construction (en bois ou plastique mais sans système d’accrochage) et demander qu’ils construisent avec ces blocs une maison.
b)    Constater avec eux que, même si ce qu’ils ont réalisé est bien, cela ne fait pas un édifice très complet. S’il est possible, on peut également montrer la faiblesse des petites constructions face aux éléments (pluie  / eau, vent  / souffle, tremblement de terre  / secousse, etc.). Dans ce cas, on réutilisera les mêmes éléments pour tester la construction du point c et constater, avec les enfants, les différences.
c)    Leur proposer de joindre leurs blocs et leurs capacités de bâtisseurs, en les aiguillant  pour bâtir un édifice beaucoup plus majestueux, avec des bases solides, des murs épais et une couverture de toit. Cette fois, si l’on entre dans cet édifice on est à l’abri contre les intempéries ! Il y a donc avantage à s’unir pour en recevoir, tous ensemble, les avantages.
Corps de la séance

Raconter l’histoire du retour de l’exil en insistant sur le fait qu’ils reviennent dans un monde inhospitalier et où nulle demeure ne les attend. Reprendre alors l’accrochage pour leur montrer que seule l’union permet de réaliser un édifice qui apporte à tous une satisfaction. Si le moniteur en a l’occasion, il peut ajouter qu’il est plus agréable de travailler ensemble que chacun dans son coin (utiliser l’exemple des jeux : il est plus gai de jouer ensemble que tout seul !). Cette union, autour d’un projet commun, est conforme à la volonté de Dieu. Il faut d’abord construire tous ensemble la maison de Dieu (le temple) avant de bâtir sa propre demeure. C’est alors que les hommes et les femmes seront bénis par Dieu.

Pour les grands (10 à 12 ans)
Accrochage
Il sera similaire à ce détail près que les 10 à 12 ans devront répondre, par leur construction, à certains critères établis en fonction des blocs que l’on met à leur disposition. Hauteur, superficie, toiture. Ainsi, ipso facto, leur construction sera fragilisée et l’on pourra aisément démonter la nécessité de s’unir pour que l’édifice construit soit plus résistant.
Corps de la séance
Pour les 10 à 12 ans, l’accrochage sera réalisé plus rapidement et l’on pourra développer avec eux plusieurs thématiques, après avoir lu (dans une version en français courant) ou raconter l’histoire du livre.
Si l’on a une « échelle des temps bibliques » dans la salle d’Ecole du Dimanche, ce qui est chaudement recommandé, on montrera clairement aux enfants quand se passent les événements décrits et quels sont les autres livres bibliques qui traitent des mêmes questions et de la même période.

Thèmes à développer (en choisir deux ou trois maximum)
1)    La priorité que nous avons à donner à Dieu dans nos vies.
2)    Les enfants de cet âge sont à même de comprendre que si l’on vit de façon nombriliste, uniquement axés sur nos propres besoins, nous ne serons jamais satisfaits. Seule une œuvre menée en commun peut vraiment apporter dans nos vies une réelle satisfaction.
3)    Il nous est demandé de nous mettre à l’œuvre et d’achever ce que nous pouvons. Ce ne sera peut être pas ce que nous avions imaginé mais, pour le reste, nous pouvons nous en remettre à Dieu qui, fidèle à son alliance, peut rendre le produit de notre action beaucoup plus visible que nous ne l’imaginons.
4)    On ne se moque pas de Dieu ! Dieu veut œuvrer avec un peuple purifié. Si nous ne sommes pas purifiés par lui, nos actions risquent bien d’être vaines.
5)    Les moniteurs peuvent également introduire, par les derniers versets, le thème de l’élection, mais il existe d’autres textes plus significatifs dans ce cadre.