Le baptême de l’Éthiopien « Lisons dans les pensées »

« Lisons dans les pensées » est une animation dont la démarche est inspirée par le bibliologue (mais ce n’est pas un bibliologue), pour les adolescents.

Dans le récit, les pensées des personnages sont invisibles, mais ce sont bien elles qui font avancer l’intrigue et lui donnent toute sa profondeur.

Nous avons travaillé Actes des Apôtres 8, 26-40 dans le cadre du chapitre sur le baptême (au catéchisme).

Trois informations doivent d’abord être bien comprises :

1) la situation de Philippe en tant qu’évangéliste écouté par des foules (cf. v 6)

2) ce qu’est un eunuque

3) ce qu’était un craignant-Dieu

 

Dans le groupe, on lit le texte passage par passage, et à chaque fois, on sollicite l’empathie des jeunes pour le personnage et sa situation, on imagine ce qu’il peut bien penser et comment il imagine la suite. Nous leur disons bien que ces pensées ne sont pas une vérité ! Mais qu’elles nous aident à nous approcher de ce qui est important dans le texte.

En annexe, le guide préparé pour les animateurs. A titre d’exemple seulement ! On remarquera d’ailleurs que les propositions des jeunes ne correspondent pas forcément au guide, elles ne sont pas téléguidées. Télécharger ici Annexe animateurs

Le texte donné ci-dessous est le résultat de la discussion dans deux groupes parallèles, dont nous avons ensuite fait la synthèse. Télécharger ici  le Texte des jeunes

A chaque groupe d’adapter son propre guide, de développer sa propre discussion !

Lors du culte animé par les jeunes, ce texte a été présenté de la façon suivante :

  • Chaque pensée était écrite en grand sur une  grande feuille cartonnée « nuage-pensée » (comme dans une BD), recto et verso. Les pensées sont numérotés pour faciliter l’ordre de lecture.
  • Les jeunes se divisent en deux groupes : le groupe « Philippe », à gauche, et le groupe « Éthiopien » à droite, et les « nuages-pensées » sont répartis dans chaque groupe.
  • Un lecteur, placé au milieu, lit le texte biblique une fois en continu.
  • Puis vient la deuxième lecture, entrecoupée par la lecture des « pensées » :
  • A chaque moment indiqué, un jeune s’avance, lève haut le carton et lit (au dos) la pensée inscrite dessus.

Crédit : Bettina Cottin (UEPAL) photos Pixabay




Profiter de son temps

Profiter de son temps…

Un mois déjà, que nous sommes confinés, toi, moi et une grande partie du monde !

Pour certains enfermés, apeurés, à la limite de perdre patience, et comptant chaque seconde !

Le grand rassembleur l’avait dit depuis fort longtemps : « Il y a un temps pour tout… »

Mais chaque chose a son temps et vient à son heure, sous les cieux, pour nous !

 

Nous sommes des êtres vivants, sans cesse tiraillés, sous le signe de la contradiction,

Cela fait tellement souffrir, mais aussi pleinement vivre par à-coup, en réaction,

Le tout est aussi de savoir installer son camp, de temps en temps…

Et ne pas vivre, en toute hâte, continuellement à contretemps !

 

C’est finalement la tragi-comédie de nos vies vides ou remplies à moitié,

Nous qui voulions tellement contrôler le temps ; c’est lui qui nous a bernés !

Ô humains-sans-temps, levons-nous pour récupérer ce temps pour lequel nous nous sommes démenés,

A condition de saisir le temps donné comme un présent, et de ne pas le transformer en temps perdu, en étant obsédé par un à-venir dé-confiné !

 

Et si être confiné, c’était enfin de prendre du temps pour avoir le temps ?

 

L’heure de créer, de jouer et d’accepter de vieillir…

Et l’heure de mourir à ma vie d’avant, derrière laquelle je n’arrête pas de courir !

L’heure de planter, de jardiner et de contempler la nature,

Et l’heure de déraciner les mauvaises habitudes qui ont la dent dure !

 

L’heure de souffrir et de trembler pour nos proches menacés de mort,

Et l’heure de se réjouir pour celles et ceux qui guérissent en leurs corps.

L’heure de démolir ma boulimie de vivre pressé et de surconsommer,

Et l’heure de construire une nouvelle manière de laisser une empreinte raisonnée ?

 

L’heure de pleurer nos morts et la détresse de leurs familles,

Et l’heure de rire et de blaguer sur les petits miracles de la vie.

L’heure de gémir avec toute la création à cause de ce virus provenant de nos pollutions,

Et l’heure de danser pour un réveil des peuples et de la conscience des nations ?

 

L’heure de jeter des pierres à nos modes de vie destructrices,

Et l’heure d’amasser des pierres et d’ajouter la nôtre au nouvel édifice.

L’heure d’embrasser nos proches, de faire des câlins et de les serrer dans nos bras,

Et l’heure de protéger, en pratiquant les gestes barrières, partout où l’on va !

 

L’heure de chercher une issue positive à une crise/chance, un vaccin ou des explications,

Et l’heure de perdre nos sempiternelles rengaines ; Je le savais ! J’ai les bonnes solutions !

L’heure de déchirer nos anciens habits où nous étions à l’étroit,

Et l’heure de coudre, des masques certes, mais aussi un tissu relationnel solide, ma foi !

 

L’heure de se taire, de méditer et de prier bien fort pour plus de solidarité,

Et l’heure de parler, de célébrer cette entraide retrouvée, mais sans trop montrer nos têtes, pour ne pas en rajouter !

L’heure d’aimer et de profiter du confinement pour vraiment l’expérimenter,

Et l’heure de haïr notre excuse bidon du manque de temps, volé à ceux qui en manquaient !

 

Ce n’est pas l’heure de la guerre, car nous ne sommes pas en guerre contre un ennemi ; il faut juste, provisoirement, nous pousser de côté…

Et le laisser passer, lui au vert et nous au rouge, pour qu’il nous laisse en paix !

 

Dieu a fait toute chose belle… A son heure !

Et il a mis dans le cœur des humains le secret du temps, qui se meure !

Sans lequel ils n’auraient jamais pu découvrir avec étonnement

L’œuvre faite par Dieu de son début à la fin de leur confinement.

Crédit: Frédéric et Laurence Gangloff (UEPAL)




Jardin de Pâques – jour 9

Préparons

  • une banderole avec l’inscription alléluia avec des lettres de toutes les couleurs
  • l’oeuf où la semence devrait avoir germée
  • des fleurs en papier voir la vidéo 

Regardons deux pâques, deux libérations vidéo

 

Prions

Seigneur Jésus-Christ,

si tu n’étais pas passé par la plus terrible des solitudes,

par la peur et les larmes,

par la détresse du cœur,

par le déchirement de ton corps et l’enfermement au tombeau,

le Père n’aurait pas pu te ressusciter pour une vie autre.

Quand nous sommes enfermés au plus profond de nos tombeaux

de peur, d’échecs, de honte et d’accablement,

dans la plus terrible des solitudes,

dans la peur et les larmes,

dans la détresse du cœur et le déchirement de notre être,

nous pouvons recevoir la force de ta résurrection…

Que l’Esprit de ton Père qui t’a ressuscité

nous donne maintenant et toujours

d’obéir à ta voix qui nous appelle, comme Lazare,

à sortir de nos tombeaux

même si nous sommes encore enveloppés de bandelettes

même si nous devons rester enfermés dans nos maisons.

Que l’Esprit de celui qui nous ressuscite déjà avec toi,

nous donne maintenant et toujours

de faire retentir ta voix

face à toutes les morts qui ravagent encore la Création.

Donne-nous, Seigneur et Sauveur

d’être avec toi et comme toi, des ressuscités contagieux.

Enlevons la pierre du tombeau, car la mort n’a pas gardé Jésus enfermé.

( Prière d’Alain Arnoux tirée du volume d’Antoine Nouis  « Les cahiers du catéchisme », tome 2, page 69 aux Editions Olivétan ) 

Faisons fleurir la vie dans notre jardin !

 … en ajoutant les fleurs préparées et l’œuf.

Chantons

  1. Au matin dans la clarté, Jésus est ressuscité. Au matin dans la clarté, De la tombe il s’est levé. Chantons alléluia ! Christ est vainqueur de la mort. Christ, notre espoir est en toi !
  2. Il nous a montré ses mains, On l’a vu dans le jardin. nous a montré ses mains, Il a partagé le pain. Chantons alléluia ! Christ est vainqueur de la mort. Christ, fais-nous vivre de toi !
  3. Il nous trace le chemin, Il nous donne l’Esprit Saint. Il nous trace le chemin, Et nous ne serons plus qu’un. Chantons alléluia ! Christ est vainqueur de la mort. Christ, emplis-nous de ta joie !

Ajoutons la banderole « alléluia » dans notre jardin de pâques

Crédit : Isabelle Horber (UEPAL)  photos – Pixabay et Elise Frohn




Jardin de Pâques – jour 8

Pierre renie Jésus

Préparons

  • un coq (jouet)
  • ou un dessin ou un coloriage

Lisons Matthieu 26,69-75

Mimons l’épisode biblique voici une proposition technique de mime 

Écoutons

un chant du coq

Entendons ce chant…

comme un cri d’avertissement : tu es sur une mauvaise voie.

… et faisons silence

pour ouvrir nos cœurs et voir où nous avons renié notre Seigneur et notre foi.

Déposons

Ce coq colorié de 1000 couleurs pour nous souvenir qu’aux jours difficiles, comme Pierre, nous pouvons êtres tentés de renier Jésus de 1000 manières différentes. Qu’il nous pardonne et nous fasse entendre un coq, un avertissement pour nous faire prendre conscience de notre abandon.

Méditons

Ma foi, je peux ne peux pas la transmettre

à d’autres comme un médecin injecte un sérum, en piquant son patient.

Ma foi je ne peux pas la transmettre,

comme un pompiste remplit un réservoir au moyen d’un tuyau.

Je ne peux pas fabriquer une pilule

qu’il suffirait d’avaler pour avoir la foi.

Je ne peux pas expliquer la foi,

comme un professeur explique à ses élèves un théorème de mathématiques.

Comme un sage avocat qui démontre à un juge sceptique l’innocence de son client.

Je peux seulement témoigner de ma foi,

en agissant avec amour à l’égard des malades et des affamés.

Je peux seulement témoigner de ma foi,

en pardonnant, et en oubliant le mal que l’on m’a fait,

comme le Christ en croix a pardonné à ses ennemis.

Je peux seulement témoigner de ma foi,

par la puissance de l’Esprit Saint que le Christ nous donne. Amen

(« Ma foi, je peux seulement en témoigner  » extraits de la danse du semeur de J. Gnanabranam)

Crédit : Isabelle Horber (UEPAL) – photos Pixabay et Elise Frohn




Jardin de Pâques – jour 7

Préparons

  • un tombeau fermé par une pierre selon la photo (matériel : 2 assiettes en carton, 1 attache parisienne et des craies grasses)
  • autre proposition  cliquer ici 

Lisons Marc 15,21-47 : La mort de Jésus

 

Comprenons

« On déposa le corps dans un tombeau qui avait été creusé dans le rocher. Puis on roula une grosse pierre pour fermer l’entrée du tombeau. »

Voilà Jésus enfermé derrière un rocher, une lourde pierre.
L’horizon de sa vie est bouché à jamais semble-t-il.

Noir – silence – solitude.

Dans nos vies, nous pouvons aussi nous sentir enfermés.

Notre horizon aussi peut nous sembler sombre.

Nous pouvons nous sentir bloqués à jamais dans une situation difficile.

Pour Jésus le cadre est limité, oppressant.

L’air se fait rare.

Ses pieds sont cloués au sol.

Ainsi en ce Vendredi Saint ce verset résonne comme jamais dans nos vies parce que nous sommes confinés.

Vendredi Saint, c’est Jésus qui souffre, qui meurt et qui est mis au tombeau.

Il vient nous rejoindre dans nos vies.

Il nous rejoint dans la souffrance, il nous rejoint dans tout ce qui nous enferme.

C’est pourquoi nous pouvons prier…

Prions

Seigneur, tu me connais, tu sais ce que je vis.

Aujourd’hui je te remets tout ce qui est dur pour moi dans la situation actuelle. (silence)

Je te remets les personnes qui me manquent. (silence)

Je te remets les choses et les activités que j’ai hâte de retrouver après…. (silence)

Je te remets ce qui se passe entre les 4 murs de nos foyers… et plus particulièrement ce qui est lourd et étouffant, sombre. (silence).

Aujourd’hui alors que nous nous faisons mémoire de ta mort, nous voulons prier pour ceux qui sont en fin de vie et pour tous ceux qui sont en deuil.

Nous voulons aussi prier pour ceux qui n’ont pas pu organiser des funérailles pour leur disparu à cause de la situation sanitaire. Au moment de la mort de Jésus aussi, les femmes aussi n’ont pas pu embaumer le corps de Jésus à cause des fêtes de la pâque juive.

Seigneur, merci de venir nous rejoindre à tous les endroits où nous nous sentons enfermés.
C’est ainsi que nous déposons cette tombe fermée dans notre jardin de Pâques. Amen

Déposons

Le tombeau dans le jardin

Écoutons et chantons

« Vous qui ployez sous le fardeau » (Avec la dernière strophe composée pour notre situation)

  1. Vous qui ployez sous le fardeau, Vous qui cherchez le vrai repos,

Refrain : Ne craignez pas pour votre corps, Ne craignez pas devant la mort, Levez les yeux vers le Seigneur, Criez vers lui sans perdre cœur !

  1. Vous qui tombez sur le chemin, Le cœur blessé par les chagrins, Refrain.
  2. Vous les confinés dans vos foyers, Vous les soignants qui nous sauvez, Refrain.

Crédits : Isabelle Horber et Elise Frohn (UEPAL) – photo : Jonas Horber et Elise Frohn