Oser vivre les émotions

La qualité de notre vie et de la vie avec les autres repose en grande partie sur notre capacité à être en contact avec nos émotions. Sans les émotions, nos échanges/nos vies sont fades. Nos émotions nous montrent que ce que nous vivons nous touche, que nous pouvons être atteints par des évènement et/ou nos relations. Nous sommes ainsi profondément HUMAINS. Les émotions nous aident à découvrir ce dont nous avons besoin (sécurité, justice, reconnaissance, sérénité, être écouté…) et à mieux nous respecter.

Objectifs : pour un camp de 7 jours avec des adolescents

  • Apprendre à se connaître
  • Apprendre à ACCUEILLIR et à reconnaître ses émotions
  • Apprendre à ECOUTER (véritablement) ses émotions et à les EXPRIMER sans se juger
  • Découvrir que les émotions nous aident à identifier nos besoins, apprendre à nous respecter
  • Apprendre à découvrir notre vie intérieure

 

Animer un atelier sur les émotions avec les adolescents, c’est un challenge ! – Comment te sens-tu?  -J’sais pas, moi… normal, madame ! Souvent, nos jeunes sont des “analphabètes” émotionnels : ils connaissent mal leur vie émotionnelle, ils s’en méfient, ils la subissent. Ce qui peut les conduire à des actes violents pour manifester un mal-être qui n’a pas pu se dire par les mots. Comment leur permettre de nommer, de reconnaître les émotions de base (joie, tristesse, peur, colère, dégoût, surprise) ? L’objectif est ambitieux car, dans leurs représentations, un atelier sur les émotions peut sembler ridicule, superficiel, ou même réservé aux filles. Il s’agira de trouver comment animer un atelier sur les émotions, expliquer la fonction des émotions aux adolescents et permettre leur alphabétisation émotionnelle, avec sérieux, profondeur, humilité et sincérité.  (source site comitys)  (Nous ne chercherons pas à faire une apologie ou une quête du bonheur, mais bien à découvrir notre capacité à traverser (le plus sereinement possible) les émotions que nous vivons)

 FORME : Nous avons prévu 7 temps de partage,

  1. Temps de partage 1 télécharger ici les émotions – partage 1
  2. Temps de partage 2 télécharger ici Les émotions – partage 2
  3. Temps de partage 3 télécharger ici Les émotions – partage 3
  4. Temps de partage 4 télécharger ici Les émotions – partage 4
  5. Temps de partage 5 télécharger ici Les émotions – partage 5
  6. Temps pour le Film « Demain tout commence » (2016- 2h) Drame/comédie avec Omar Sy
  7. Temps de culte (à préparer en groupe) 30-  télécharger ici  Les émotions – culte

Crédits : Agathe DOUAY- UEPAL




Prédication pour la confirmation : pasteur.es in black

« Pasteur.es in black » est une prédication à deux voix donnée lors d’un culte de confirmation, sur la base du livres des Actes, chapitre 16, 23-34. 

Narrateur (Ton normal) : « Aux environs de minuit, Paul et Silas, en prière, chantaient les louanges de Dieu, et les autres prisonniers les écoutaient. Tout d’un coup, il y eut un tremblement de terre si violent que les fondations du bâtiment en furent ébranlées. Toutes les portes s’ouvrirent à l’instant même, et les chaînes de tous les prisonniers sautèrent… Ils annoncèrent alors la parole du Seigneur, à tous ceux qui vivaient dans la maison ! (…) Le gardien de la prison fit ensuite monter Paul et Silas chez lui, leur offrit un repas et se réjouit en famille d’avoir cru en Dieu. »

Le narrateur change de ton… « Ce que je viens de lire est la version officielle car, aujourd’hui, au 21ème siècle, Paul et Silas sont anonymement connus sous le nom d’agent 1 et agent 2  – les deux entrent en robe pastorale noire avec des lunettes de soleil sombres-. En effet, les pasteur-es- in black font partie d’une organisation ultra-connue créée afin de susciter la présence sur terre d’une race d’extraterrestre : les confirmands. Grâce à leur technologies avancées et armes de pointe : (L’un tient à la manière d’un pistolet, le livret « grains 2 KT » et l’autre la Bible « Ze Bible »), ils font ce qu’ils peuvent pour que le KT ne devienne pas virtuellement inexistant, boostant la mémoire des confirmands. Ainsi, la population ignore, pour le moment, la présence des confirmands sur la planète, mais cela va bientôt changer ! Le qualificatif de « Pasteur-es- in black » vient des robes noires et des lunettes sombres que les membres de … doivent porter le plus souvent ! Les deux agents prennent la pose hiératique quelques instants et…

Agent 1 : (il enlève ses lunettes sombres et veut ôter sa robe) Dis  ! J’en peux plus sous ce déguisement ! J’étouffe ! Tu crois vraiment que c’est nécessaire toute cette mise en scène ?

Agent 2 : Keep cool  ! Tu sais bien qu’il faut être visible de nos jours, et capter l’attention des catéchumènes ; rien de plus compliqué !

Agent  1 : Surtout qu’annoncer l’évangile, la Bonne Nouvelle, ça fait pas trop le buzz ! J’ai l’impression qu’elle va devoir faire la queue, derrière tous les autres funs, avant d’être consommée dans nos multiples fast food religieux !

Agent 2 : Sans compter qu’on est tous tombés en pleine addiction ! Tu connais la nomophobie ?

Agent 1 : Tu veux dire Nono, le petit robot, l’ami d’Ulysse ?

Agent 2: Arrête un peu les mangas ! Là il s’agit de la peur du confirmand de se retrouver sans son mobile parce qu’il a dû le laisser en consigne avant d’entrer dans la salle de KT…

Agent 1 : Ah oui ! Ils psychotent grave ! Et toi, t’as entendu parler du phubbing ?

Agent 2 : Non ! Mais j’connais le shopping ! Le bowling ! Le sleeping…

Agent  1 : C’est relié au bouging ! C’est l’incapacité d’écouter ce qu’on lui raconte sans consulter son portable ! Que veux-tu, en plus ça vibre grave ces phones-là !

Agent 2  : Mais le top du top, c’est l’athazagoraphobie !

Agent 1 : A tes souhaits ! Ça a l’air vachement contagieux ton truc…

Agent 2 : C’est quand t’as trop les boules d’être oublié par tes potes sur les réseaux sociaux, comme s’ils t’avaient déconnecté de leurs listes d’amis ou d’abonnés !

Agent 1 : En gros -j’dis pas ça pour toi, c’est une expression- si on suit pas la mode du moment, on va devenir des pasteur-es- in black has been et même pas vintage. Et la voie du salut va se diluer jusqu’à devenir une voix dans le bla bla de la communication moderne ?

Agent 2 : Si nous prenons la voie des ondes alors nous sommes perdus. Mais si nous leur annonçons, tout simplement, que la Bonne Nouvelle, c’est de la dynamite qui va faire exploser toutes les chaînes qui nous rendent accrocs… Alors nous avons une ouverture !

Agent 1 : C’est sûr que tant que l’Evangile n’est une menace pour personne ! Tant que c’est bon pour le business, que ça rapporte et dope la croissance et le pouvoir d’achat ! Tout le monde like !

Agent  2 : Mais dès que l’Evangile met en lumière les abus, libère les plus fragiles, dénonce l’abrutissement des masses ; alors il devient terriblement dangereux pour notre société du zapping, car il ne disparaîtra pas d’un seul clic…

Agent 1  : Mais ce sera plutôt une grosse claque qui annonce un Dieu solidaire et pas réduit à un coaching personnel gagnant…

Agent 2: Un Christ pas seulement présent sur les réseaux mais surtout dans le cœur des gens !

Agent  1 : Une humanité qui rêve de gloire, de force et de prospérité, dérangée par un Dieu faible qui puise toute sa force dans sa fragilité !

Agent  2 : Un Dieu qui invite toutes les familles, même déchirées, à la fête de la réconciliation entre les prisonniers des souffrances de la vie !

Agent 1 : Un Dieu qui n’est surtout pas nationaliste, encore moins communautariste ni lobbyiste mais qui essaye de tisser des liens avec et entre tous !

Agent  2 : C’est souvent quand t’es au plus profond du trou, enchaîné, lié, et parfois même blessé…

Agent 1 : Que t’es le plus libéré parce que tu n’as plus rien à perdre ! Ok ! Mais tu sais bien  que « Être un confirmand libéré c’est pas si facile… »

Agent 2 : On ne va pas le laisser tomber  ! Personne ne pourra priver aucun prisonnier de ce cri qui vient de l’intérieur. Ce qui fait qu’il vient comme il est ! Sans être jugé, catalogué et formaté !

Agent  1 : C’est donc à nous de les aider à forger leurs convictions librement pour qu’après le KT, ils puissent se barrer avant que cela ne devienne une prison ? Dis , tu crois qu’ils ont été obligés de venir ? J’suis pas sûr qu’on peut encore les obliger s’ils n’ont pas, même un peu, envie…

Agent  2 : A mon avis, ils vont pas dire le contraire… Peu importe d’ailleurs ! Même si les liens qui nous unissent à eux se sont opérés par la contrainte et l’autorité, c’est à nous de les en libérer, un peu comme le Père laisse le fils aller vivre sa vie, après avoir perçu sa part d’héritage !

Agent  1 : Mais tu voudrais pas connaître le montant de l’héritage qu’on leur laisse ? Et d’ailleurs, jamais nous ne pourrons leur laisser la recette pour être sauvés ! Nous ne sommes plus dans le faire…

Agent  2 : Mais dans l’ouverture au croire, et croire, c’est aussi accepter de recevoir des autres pour devenir ! C’est à leur contact que nous pourrons aussi évoluer…

Agent  1 : C’est un peu kitch ton truc là, on connait (Ils chantent tous deux) : « Nous sommes unis dans la famille. Car Dieu nous lie à toujours Par une chaîne d’amour. Concitoyens, nous sommes les siens Car Dieu nous lie à toujours. Par une chaîne d’amour. » (Faire participer les confirmands)

Agent 2 : Justement, il ne s’agit plus de les enchaîner par un KT infantilisant, mais de les déchaîner des obligations, convenances et dépendances de toutes sortes pour qu’ils puissent grandir dans la foi, se responsabiliser et nous quitter pour mieux revenir ou pour aller leur propre chemin…

Agent  1 : Ok , mais avant j’aimerai essayer nos armes hypersophistiquées. Normalement, en un flash, ils devraient imprimer dans leur mémoire l’ensemble du bouquin (Il ouvre ZeBible et la referme devant les yeux d’un-e- confirmand-e-. Ensuite, il teste…)

Agent 2 : Attend, c’est mon tour… Un flash de  » grains 2 KT  » pour un sens à ta vie (il ouvre et le referme et puis teste )…

Agent  1 : Non, mais laisse tomber, tous les parents nous regardent ! On a l’air de quoi là, C’est la honte assurée… Plus jamais, ils vont nous envoyer leur gamins… Voyons de la tenue !

Agent  2 : (Se reprenant) Et sans transition, chantons à la gloire de Celui qui ouvre les portes des cœurs et qui déchaîne les liens de l’esclavage :  » Ensemble, ensemble, nous pouvons faire ensemble… »

Crédits : Frédéric Gangloff, UEPAL




Jésus entre dans Jérusalem

« Jésus entre dans Jérusalem » Cette saynète courte est plutôt adaptée à un culte de rentrée pour les enfants des clubs bibliques ou autre manifestation du même style. Il faudra, évidemment, changer les noms des lieux et autres…

Gérard : (Sur le mode reportage en direct) : Ça y est ! Je les vois ! Chers téléspectateurs et auditeurs ! Jésus et ses disciples approchent de Jérusalem, n’est-ce pas Simone ! La scène se joue, mais on ne voit que les enfants qui crient et agitent des vêtements et des branches !

Simone : Tout à fait Gérard ! Ils arrivent près du rondpoint des oliviers.

Gérard : Oh ! On dirait que Jésus monte dans une Mercédès gris métallisé !

Simone : Euh ! Cher Gérard, il va falloir changer de lunettes. De là où je suis, je distingue plutôt une ânesse avec un ânon qui y est attaché !

Gérard : Ah oui ! En tout cas, la foule est en délire ! Il y en a qui laissent tomber la chemise, se déshabillent et jettent leurs fringues sur le chemin !  Les enfants jettent des habits sur le chemin…

Simone : Et d’autres qui coupent les branches des arbres pour les agiter ! Ce n’est pas très écolo tout ça ! Les enfants agitent des branches

Gérard : Je les entends crier ! Ce sont des slogans ou des revendications ? De loin, j’entends Rozana ! Rozana ! On dirait qu’ils font de la pub pour une marque d’eau minérale ? Les enfants crient : « Hosanna au fils de David ! » ; « Hosanna au plus haut des cieux » ; « Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! »

Simone : Gérard, une fois que vous aurez changé de lunettes, il faudra vous déboucher les feuilles ! Ils crient tous : « Hosanna au fils de David » ; « Hosanna au plus haut des cieux ! »

Gérard : Ainsi, chers auditeurs, nous connaissons le nom complet de la star locale : « Jésus Hosanna au plus près des yeux ! » qui met tout le monde dans un sacré état ! Plus bas Dites Simone, il est connu ce Jésus Hosanna ?

Simone : D’après mes informations c’est le prophète Jésus de Nazareth en Galilée !

Gérard : De Galilée ? N’importe quoi ! Et pourquoi pas de Niederschaeffolsheim ou de Pfaffenhoffen…fff…fff

Simone : Mais il se passe quelque chose d’inattendu ! On dirait bien qu’il est en train de faire un sacré ménage au Temple. Jésus casse la baraque ! Il a du courage de s’attaquer au business !  Les enfants applaudissent : Yeah !

Gérard : Mais ma parole, voilà qu’il invite tous les crevards et parasites à entrer dans le Temple pour se servir… C’est un gilet jaune quoi !

Simone : Non, bien plus ! On dirait bien qu’ils en ressortent… changés…guéris… différents… Il y a quelques enfants qui sont en train de crier et je vais essayer de savoir pourquoi ? Elle se déplace vers eux

Simone : Dis, petit, pourquoi tu cries autant ?

Enfant 1 : Jésus est notre ami ! Il nous prend au sérieux !

Enfant 2 : Il est trop bien !

Enfant 3 : Il nous a donné une place et il nous fait confiance !

Enfant 4 : Y en marre de ces vieilles pierres ! Ça manque de vie et ça sent le renfermé ! Nous voulons aussi nous exprimer !

Vieille Pierre : Oh ! C’est pas parce que je suis une pierre un peu vioque, que je n’ai pas envie de crier. Pierre âgée qui crie veut aussi ouvrir la bouche !

Prêtre 1 : Silence ! Arrêtez de brailler ! On est dans un endroit sacré !

Prêtre 2 : Et l’autre Jésus, qui ne dit rien et laisse faire !

Gérard : Simone, enfin, faites les taire, on ne s’entend plus ici !

Simone : Je n’y arrive pas Gérard, ils sont trop heureux ! Ne dit-on pas que la vérité sort de la bouche des enfants ?

Gérard : Simone, quand vous en aurez marre de jouer la Baby Sitter, vous pourrez essayer de décrocher une interview de Jésus. Déjà, qu’il n’aime pas trop les médias, pour une fois, qu’il s’affiche comme un people, il faut en profiter !

Simone : Trop tard, il nous a tous planté là ! Il paraît qu’il est parti à Béthanie city pour y passer la nuit !

Gérard : Avec son ânesse en première, on va bien pouvoir le rattraper avec notre grosse cylindré ! Et sinon, on va faire le siège de son hôtel !

Simone : Plus bas Oui bon, cela ne sert pas à grand-chose de mettre un tigre dans son moteur quand c’est un âne qui conduit…

Gérard : Alors, Simone, allons-y, le moteur est chaud…

 

Crédits : Frédéric Gangloff, UEPAL




Le bon samaritain compatissant

Introduction : Qu’est-ce qui est essentiel ? Dans l’Evangile, Jésus interroge le légiste : Comment lis-tu toi-même et comment agis-tu ? C’est si difficile de se décentrer et de ne plus voir le monde graviter autour de soi ! La question n’est plus qui, mais comment aimer l’autre ! Et la Loi n’est jamais simple. Elle est toujours un conflit. Il faut se décider… Dans l’urgence ! Il y a en nous cette tension, cette scission, comme deux êtres qui se font face, mais qui représentent la façade et l’intérieur de l’humain. Mais la façade n’est jamais tout à fait artificielle ni en trompe-l’œil et l’intérieur n’est jamais tout à fait authentique ni profond ! Nous avons choisi de vous raconter la parabole de l’évangile sous les formes d’une pièce… de monnaie, tombant tantôt sur le côté pile tantôt sur le côté face… Quelque fois il est impossible de trancher ! Je vous présente Mister Pile et Mister Face ! Nous nous sommes demandé ce que le Samaritain de notre histoire aurait fait, si au lieu d’arriver après, il était tombé au cœur de l’attaque ! Dans L’événement et le direct, la foi peut aussi être une décision d’urgence… Les événements relatés sont, bien sûr, adaptables à l’actualité du moment…

Mister Pile et Mister Face : Un chœur parlé sur la tranche ?

Mister Pile : Ce matin, j’ai pas trop envie de parler Homard, champagne, peinture dorée et palais ministériel – d’autant qu’on nous écoute – mais d’un fait « divers » qui me pose question. Tu te rappelles cette Carola Rackete, la capitaine allemande du navire humanitaire Sea-Watch 3 ?

Mister Face : Ah oui ! C’est une sacrée bombe qui porte bien son nom  – Rackete – Quel sacré bout de femme ! Elle en des…

Mister Pile : Oui bon… On se calme… Quel macho ! Rends-toi compte qu’elle a déclaré que si c’était à refaire, elle le referait !

Mister Face : Tu veux dire qu’elle accosterait encore une fois de force sur l’île de Lampedusa malgré le refus des autorités et qu’elle débarquerait les migrants qu’elle avait secourus ? J’espère bien !

Mister Pile : Mais bon ! Elle a tout de  même enfreint la Loi et menacé la sécurité nationale. Imagine tous ces terroristes en puissance qui déferlent sur nos côtes ! Si chacun se met à désobéir où allons-nous ?

Mister Face : Tu ne crois pas qu’il y avait urgence ? Malte, la France, l’Allemagne n’en n’ont pas voulu ! Elle était au cœur d’une décision de vie ou de mort ! Elle voulait amener à terre des personnes épuisées et désespérées !

Mister Pile : Mais nous ne sommes pas responsables de leur vie ! Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde ! C’est à eux de trouver les solutions ! Comprends-moi bien, j’suis pas raciste moi ! J’ai rien contre eux !

Mister Face : Mais tu penses vraiment qu’ils ont le choix ? Si tu avais une once d’espoir encore chez toi, tu quitterais tout, toi ? Pourquoi criminaliser dans l’opinion publique ces gens et faire de cette solidarité citoyenne un acte puni par la Loi ?

Mister Pile : Enfin, tout de même ! Mettre en danger la vie de quatre policiers lors de l’accostage, ignorer les ordres de la marine… C’est surtout se rendre complice de passeurs et en encourager d’autres à faire de même ! Il y a un moment où il faut obéir et non plus désobéir !

Mister face : C’est sûr que c’est plus confortable de détourner les yeux, de passer à côté, de laisser faire les gardes côtes Libyens. Et d’ailleurs, lorsque les navires de sauvetage ne sont pas là, il n’y a pas moins de traversées, mais plus de morts ! Tu arrives encore à manger du poisson de Méditerranée ?

Mister Pile : Là t’es vache tout de même ! Me culpabiliser à ce point ! T’exagères ! Je suis chrétien ! Je ne suis l’ennemi de personne ! Je ne vote pas pour les… Enfin, tu vois… Je donne régulièrement de mon temps et un gros chèque à l’Eglise en fin d’année. Je signe toutes les pétitions humanitaires parce que j’aime tout le monde !

Mister Face : On connaît ! C’est comme ceux qui se disent « open » et qui sont les plus refermés ! Tu ne peux pas aimer tout le monde. Aimer c’est du cas par cas ! C’est une personne précise et non une idée ! C’est n’importe qui, mais une fois ton proche, il te deviendra unique ! Le reste ça soulage ta mauvaise conscience ! C’est de la guimauve, mais ce n’est pas l’amour du prochain !

Mister Pile : Mais qui est mon prochain ? La Bible n’en donne aucune définition !

Mister face : A mon avis, Jésus profite de ce « cas » pour montrer que le prêtre et le pasteur ne sont pas les mieux placés pour te faire découvrir le prochain !

Mister Pile : Ils sont peut-être un peu dans leur tour d’ivoire ? Pas vraiment sur le terrain ? Pas trop intéressés par ce que leurs paroissiens vivent ? C’est pas, non plus, leur dureté de cœur qui les fait prendre un détour pour laisser mourir le blessé de la vie, c’est aussi la radicalité de la Bible elle-même !

Nous changeons tous deux de perspective et de place…

Mister face : Tiens, je n’y avais jamais songé ! Cela expliquerait bien des choses. Si tu places l’obéissance des lois de Dieu au-dessus de l’amour de ton prochain ; il vaut mieux laisser crever quelqu’un à demi mort si la Bible te l’ordonne que de le sauver !

Mister Pile : Souvent, sous prétexte de jouer au « bon » Samaritain », on refuse de se salir les mains. On attend que ça se passe pour ramasser les morts et les blessés. Quand il n’y a plus de risques, on se permet de faire la leçon aux autres. Mais imagine-toi dans le feu de l’action ! Tu n’as que quelques secondes pour décider d’intervenir ou non ?

Mister face : Tous ceux qui sont sur le terrain, aux prises avec des décisions lourdes, tiraillés entre les lois et leur désir de secourir jusqu’au péril de leur vie, doivent se décider. Je ne voudrai pas être à leur place ! Je m’en veux de les juger un peu trop rapidement ! Pour accomplir son devoir, il faut aussi savoir ne pas s’arrêter ! Mais c’est dur ce que tu dis là !

Mister Pile : C’est pas le pire ! Parce que le choix du Samaritain par Jésus, c’est pire qu’une injure ! C’est comme si… Tiens pense à la personne que tu détestes le plus, t’as juste envie de cracher par terre rien qu’à son souvenir et…

Mister face : Et cette personne passe par là ! Elle sent ses entrailles se nouer ! Je me demande si mes entrailles se nouent encore en moi où si je ne suis pas devenu complètement insensible, voire indifférent… Cette personne s’est approchée ! Elle transgresse ses propres lois et tabous ; elle s’en tape !

Mister Pile : Exactement ! Sa loi du moment, c’est l’humain qui est là, à demi mort et qui a besoin d’elle. Elle lui consacre le temps qu’il faut, prend les précautions utiles à son rétablissement et…

Mister Face : Se barre sans attendre de remerciements ! Et un jour, une autre repassera par là lorsque le besoin s’en fera ressentir ! Même notre pire cauchemar, comme ce samaritain pour un juif, peut-être ou peut devenir cet énigmatique prochain…

Mister Pile : Celui qui a encore la capacité d’avoir les entrailles retournées et de pratiquer la pitié… Quand je pensais à mon prochain, je voulais connaître ceux pour qui je devrai faire quelque chose de bon. Si je songeais plutôt à ceux qui font quelque chose pour moi ?

Mister Face : Le problème te serait-il plus simple ? De te dire le prochain, c’est d’abord celui qui vient à moi ?

Mister Pile : C’est comme pour ces migrants dans ce bateau. Cette capitaine était la seule, à ce moment précis, à venir à eux pour les secourir. Elle a choisi la loi de la vie dans l’urgence contre une autre !

Mister Face : Tu vois qu’on peut se rejoindre sur ce point ! J’avoue aussi que la pub qui en a été faite, la cagnotte énorme collectée pour ses frais de justice et l’afflux de dons pour cette ONG me rendent aussi un peu mal à l’aise… Le samaritain lui n’a jamais eu de médaille et il n’a pas été remboursé pour son geste !

Mister Pile : Peu importe ! Voilà bien un gros encouragement pour chacun et chacune d’entre nous ! « Va et fais de même »

Vers le public

Mister Face : Faisons bien attention à aimer tous les Samaritains qui, en ce Dimanche, se sont ou vont s’approcher de nous !

Mister Pile : Et ne croyez pas que nous allons vous fournir des réponses à votre question de ce matin : « Mais qui est mon prochain ? »

Mister Face : Il vous revient de trouver vous-mêmes la réponse !

Mister Pile : Mais si tu regardes le visage de n’importe quel humain…

Mister face : Et que tu reconnais une sœur ou un frère…

Mister Pile & face : Fais cela et tu vivras !

Crédit, Frédéric Gangloff, UEPAL

 

 

 

 




Titâne présente les ânes de la Bible

Titâne, un âne imaginaire, gambade de chapitre en chapitre pour présenter l’un de ses parents aux enfants. L’objectif étant de découvrir des héros bibliques et leur animal de compagnie, fort discret.

L’introduction aux chapitres est une occasion de présenter Titâne,  tandis que le dossier « méthodologie et convictions  » présentent en deux pages le cadre, le rythme, nos convictions théologiques …

 

Ce dossier est composé de 9 chapitres, pour les enfants de 6 à 12 ans. Chaque chapitre présente un épisode biblique en lien avec un âne. Lorsque cela sera possible, nous proposerons aussi des bricolages pour des enfants plus jeunes.

Le dossier présente également 2 narrations de Christian Kempf, pour les temps liturgiques festifs de Noël et Pâques (fête des Rameaux) (chapitres 6 et 9)

Crédits : Laurence Gangloff, UEPAL.