Parabole du semeur mise en images

La parabole du Semeur (Evangile de Marc 4 dans notre exemple ) peut aisément être illustrée. Les exemples donnés ci-dessous sont donnés pour encourager les animateurs ou catéchètes à se lancer dans l’expérience avec les jeunes ou les moins jeunes !

Dans ce projet, une seule couleur a été utilisée : le brou de noix. L’encre de chine ou l’aquarelle peuvent également faire l’affaire. Le projet en monochrome est une bonne approche d’expérience avec les enfants ou les jeunes. Le prochain niveau d’expérimentation pourrait être le travail du choix des couleurs et de ses symboliques.

Le papier utilisé est au format A4 (21 x 29,7 cm), 120 gr est un minimum.

Le travail de mise en image d’une parabole est une bonne approche pour entrer dans le texte. En essayant de mettre un texte en image, on y découvre des richesses que nous n’avions pas découvertes en lisant simplement.

  • Dans le premier exemple, le montage  peut servir tel un Kamishibaï (ou théâtre de papier). Pour découvrir cette technique, cliquer ici, pour télécharger le document prêt à être imprimé et assemblé, cliquer ici Marc 4 A assembler et coller
  • Dans le second exemple, le montage peut être projeté. Pour cela, voir le document au format Powerpoint Marc 4  A projeter PPTX  ou  PDF  Marc 4  A projeter PDF
  • Une autre approche pourrait être celle de dessiner toutes les images offertes par la parabole sur une seule feuille pour illustrer que le champ de la parabole contient tous les éléments : chemin, pierres, ronces, et bonne terre !

  • Pour découvrir une approche biblique de ce texte c’est par ici
  • Pour découvrir une approche d’illustration de cette parabole par les objets, voir ici 

Laurence Gangloff (UEPAL) – Point KT




Rallye inter-culte

La pasteure Agathe Douay (UEPAL) propose un questionnaire à remplir par les élèves dans le cadre d’un rallye inter-culte. Télécharger ici le document RALLYE INTER CULTE

Découvrir ici dans une vidéo de 2 minutes le projet pédagogique

Crédits : Agathe Douay (UEPAL) , Pixabay, Point KT




Pâques à la maison

« Pâques à la maison »  est une proposition de méditation pour la semaine sainte et le dimanche de Pâques à vivre à la maison, confinement oblige.  C’est pourquoi nous vous proposons ce parcours pour vivre Pâques à la maison, seul ou en famille, du jeudi saint au dimanche de Pâques.

  • Le jeudi, nous nous souvenons et faisons nôtre la sortie d’Egypte racontée dans le livre de l’Exode et l’institution par Jésus-Christ de la cène lors du dernier repas avec ses disciples ;
  • Le vendredi, nous nous souvenons et faisons nôtre la Passion et la mort de Jésus-Christ sur la croix ;
  • Le samedi, nous nous souvenons et faisons nôtre le silence et le vide du tombeau mais aussi le mystère de la résurrection dont personne n’a été témoin ;
  • Le dimanche, nous nous souvenons et faisons nôtre la joie et le trouble des premiers témoins du Ressuscité.

Pour nous accompagner dans ces différents temps, nous vous proposons de méditer avec pour support une croix (voir le modèle ici Pâques a la maison 2020 – annexe 1 – modele croix) qui prendra différentes formes au fil des jours et en suivant le récit de l’Evangile selon Matthieu (voir les textes ici Pâques a la maison 2020 – annexe 2 – textes bibliques).

Pour vivre chacun de ces temps, nous vous invitons à vous installer de manière à être disponible à la méditation et à la prière : en allumant si vous le souhaitez une bougie, en prenant une Bible ou l’annexe contenant les textes bibliques, la proposition du jour, la croix que vous aurez préparée à l’avance (la même chaque jour) et de quoi écrire, dessiner, coller… Vous pourrez tout à fait vivre les temps proposés en une fois, tel un temps de prière quotidien, ou en plusieurs moments dans votre journée.

Ces temps peuvent se vivre seul mais aussi en famille ou pourquoi pas avec d’autres : ils peuvent alors devenir l’occasion d’un échange, d’un partage.

Pâques à la maison  : Jeudi Saint 

Dans la tradition juive c’est autour d’un repas que se vit la fête de la Pâque, permettant de revivre symboliquement les étapes de la libération du peuple et de sa sortie d’Egypte racontées dans le livre de l’Exode (chapitres 1 à 15). Ainsi, la proposition de méditation pour ce jour peut se vivre autour d’un repas. Dans tous les cas, nous vous invitons à disposer devant vous une corbeille de pain en plus des autres éléments indiqués en introduction.

Aujourd’hui, notre croix prendra la forme d’une table : pour cela, nous vous invitons à replier les parties indiquées ci-contre et à utiliser uniquement les deux « cases » indiquées en jaune. A la fin de ce temps de méditation, vous pourrez déplier les autres « cases » pour en faire les pieds de la table, prendre cette table en photo et nous l’envoyer pour la partager.

> Lire Matthieu 26,17-20

Quelques jours après son entrée à Jérusalem, Jésus et les siens sont donc réunis autour d’une même table, pour vivre ensemble le repas de la Pâque. Ils se souviennent ce jour là que Dieu a libéré son peuple de l’esclavage et l’a fait sortir d’Egypte, avant de le conduire dans une longue marche à travers le désert jusqu’à la terre promise.

Aujourd’hui, c’est à notre tour de nous souvenir. De nous souvenir que Dieu n’a pas seulement libéré son peuple autrefois, mais qu’il est le Dieu qui nous fait au quotidien sortir de nos esclavages pour nous conduire vers la liberté. Quelle libération Dieu vient opérer en moi aujourd’hui ?

Prière

Béni sois-tu Dieu notre Père,

Tu as entendu les cris de ton peuple et tu l’as délivré de l’esclavage,

Tu l’as conduit à travers le désert, tu l’as établi dans un pays où coulent le lait et le miel.

Béni sois-tu Dieu notre Père,

Tu nous invites ce soir à faire mémoire des passages que tu ouvres pour nous, de l’esclavage à la

liberté, de la peur à la confiance, de la mort à la vie.

Que par ton Esprit nous puissions faire ce chemin, que le souvenir de la libération de ton peuple

nous rende libres à notre tour.

Bénis sois-tu Dieu notre Père pour ton Fils, Jésus le Christ, notre Seigneur. Amen.

Invitation à la méditation

Il y a toutes sortes d’esclavages. Il y a les chaines qu’on nous met et dont nous sommes bien conscients qu’elles nous entravent. Il y a les esclavages dans lesquels nous nous complaisons, parce qu’ils prennent l’apparence de la douceur et du confort (comme le peuple qui, une fois sortie d’Egypte, regrette le temps où il avait de la viande à manger à chaque repas). Il y a les esclavages dont nous avons tellement l’habitude que nous n’imaginons même pas pouvoir vivre sans.

  • Est-ce qu’il y a des choses dont je me sens esclave aujourd’hui ?
  • Est-ce que cette période de confinement me fait prendre conscience de certains esclavage dans ma manière de vivre ?
  • Est-ce qu’il y a des esclavages dont j’aimerais réussir à me libérer ?

Vous pouvez partager ce que vous souhaitez de votre méditation sur la « table » formée par la croix (un mot, une prière, un dessin, une couleur…).

> Lire Matthieu 26,26-29

Jésus le signifie à ses disciples ce soir-là : en lui, nous sommes libérés de tous nos esclavages. Il donne sa vie pour notre libération. Le pardon des péchés qui s’opère ici, en ce repas, inaugure cette liberté nouvelle : plus rien n’entrave la vie en Dieu, sous le signe de sa grâce et de sa paix. Il y a là par-don : don de la vie, par-delà toutes les errances, toutes les peurs, toutes les fatalités. Le pardon est force de libération de ces entraves. Si le passé n’est pas effacé, il ne conditionne en revanche plus ni le présent ni l’à-venir. S’ouvre un temps nouveau, celui de l’alliance renouée entre Dieu et l’être humain, temps de la liberté donnée et reçue. Nous voilà donc libérés, déjà, en ce soir du jeudi saint, en ce repas qui anticipe le royaume de Dieu. Ce royaume sera pleinement ouvert au matin du dimanche de Pâques, comme le sera le tombeau du ressuscité qui sera aussi le crucifié du vendredi.

Vous pouvez maintenant manger un bout de pain comme signe de cette libération qui s’opère en vous à la table de Jésus et de ses disciples..

> Lire Matthieu 26,30-46

Prière

Nous vous invitons maintenant à prendre un temps de prière. Elle peut être silencieuse ou partagée en famille, au téléphone avec d’autres…

Pour vous aider, vous pouvez penser à ce que vous vivez depuis le début de ce confinement, ou plus généralement dans vos vies en ce moment, aux esclavages que vous avez notés sur la « table »… A partir de là, vous pouvez exprimer vos prières de la manière suivante :

  • > Merci pour…
  • > Donne moi la force de…
  • > Prends soin de..

Vous pouvez terminer ce temps de prière avec le Notre Père et un chant.

> Lire Matthieu 26,47-56

Vendredi Saint

Le vendredi saint est marqué par la Passion de Jésus-Christ : sa condamnation et sa mort sur la croix.

Pour ce vendredi, notre « table » devient « croix ». Nous vous invitons à la déplier complètement et nous vous indiquerons au fur et à mesure sur quelle « case » partager ce que vous souhaiterez de votre méditation (un mot, une prière, un dessin, une couleur…).

A la fin de cette méditation vous pourrez nous envoyer une photo de votre croix pour la partager.

> Lire Matthieu 26,57-27,5

La Passion du Christ est pleine de trahisons : celle de Pierre qui avait pourtant juré fidélité, celle de Judas qui n’a pas su se le pardonner. De tant d’autres encore, plus silencieuses, plus discrètes. De la nôtre aussi, nous qui si souvent nous détournons de Dieu et de ce qu’il espère de nous.

Ces trahisons, celles que nous avons subies, celles dont nous sommes responsables, nous pouvons aujourd’hui les déposer sur la croix.

  • Quelles sont les trahisons qui me hantent, celles que j’ai subies,
  • celles dont je suis responsable ?
  • Quelles sont les trahisons qui parfois me font pleurer ou que j’ai du mal à pardonner, du mal à me pardonner ?

Je peux partager ce que je souhaite ici :

> Lire Matthieu 27,11-26

La Passion du Christ est pleine de haine, de méchanceté : celle de chefs religieux qui se sentent menacés dans leur autorité, celle d’une foule anonyme qui réclame la mort d’un homme. De la nôtre aussi, nous qui avons tant de mal à aimer et à pardonner, nous qui nous laissons parfois dominer par ces sentiments.

Ces méchancetés, ces haines dont nous sommes tantôt victime et tantôt coupable, nous pouvons aujourd’hui les déposer sur la croix.

  • Quand est-ce que je me suis senti(e) victime de la haine ou de la méchanceté d’un(e) autre ? Qu’est-ce que j’ai alors ressenti ?
  • Quand est-ce que je me suis laissé(e) envahir par la haine ou la méchanceté à l’encontre de quelqu’un d’autre ? Qu’est-ce que j’ai alors ressenti ?

Je peux partager ce que je souhaite ici :

> Lire Matthieu 27,27-44

La Passion du Christ est pleine de souffrance, celle d’un homme moqué, torturé, privé de sa dignité. Des souffrances, nous en subissons tous, et parfois nous faisons souffrir même ceux que nous aimons. Elles n’ont pas les mêmes causes, elles ne se vivent pas de la même manière, mais personne ne peut prétendre qu’elles n’existent pas.

Ces souffrances, celles que nous ressentons et celles que nous provoquons, nous pouvons aujourd’hui les déposer sur la croix.

  • Qu’est-ce qui me fait mal en ce moment, de quoi est-ce que je souffre ?
  • Est-ce que j’ai conscience d’avoir déjà fait souffrir quelqu’un d’autre ?

Je peux partager ce que je souhaite ici :

> Lire Matthieu 27,45-56

La Passion du Christ est plein d’abandons. « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné » se demande même Jésus au moment de mourir.

Combien de fois nous sentons-nous abandonnés nous aussi, quand justement nous aurions besoin d’être assurés de la présence de Dieu à nos cotés.

Combien de fois avons-nous l’impression que nos plus proches, nos amis, ceux en qui nous avons confiance, se détournent de nous quand nous aurions besoin d’eux.

Combien de fois abandons-nous aussi ceux que nous aimons pourtant, parce que nous ne savons pas comment être présents pour eux et que nos gestes ou nos mots paraissent bien peu de choses.

  • Est-ce que j’ai déjà eu l’impression que Dieu m’avait abandonné ? A quel moment de ma vie ?
  • Est-ce que je me suis déjà senti(e) abandonné(e) par d’autres ?
  • Est-ce que je réalise que j’ai moi-même déjà abandonné quelqu’un à qui je tiens ?

Je peux partager ce que je souhaite ici :

Prière

Nous vous invitons maintenant à prendre un temps de prière. Elle peut être silencieuse ou partagée en famille, au téléphone avec d’autres…

Nous vous proposons de prier tout particulièrement pour les personnes qui ont été trahies et celles qui trahissent ; pour les personnes qui sont victimes de la haine et de la méchanceté et celles qui sont remplies de haine et de méchanceté ; pour les personnes qui souffrent et celles qui font souffrir ; pour les personnes abandonnées et celles qui abandonnent.

Vous pouvez terminer ce temps de prière avec le Notre Père et un chant.

Samedi Saint

Le samedi saint est le temps du vide, le temps du rien. Les Ecritures ne nous en disent presque rien, et dans la tradition de l’Eglise c’est un temps de repli que nous vivons, entre la mort du Christ et la manifestation du Ressuscité.

Et pourtant, beaucoup de choses se passent ce jour là. Dans le silence du tombeau, dans l’intimité de la relation à Dieu, ce sabbat est jour de passage. Car en effet, personne n’a été témoin de la résurrection : c’est du Ressuscité que les disciples seront les témoins.

Le confinement que nous vivons actuellement nous oblige à ce temps de sabbat, temps de repos forcé, de retrait par rapport à nos occupations habituelles, temps de solitude et d’enfermement.

Mais le sabbat de ce jour est particulier, parce qu’en lui se vit le passage de la mort à la vie. En cela, ce jour nous rappelle particulièrement notre baptême : nous qui sommes morts avec le Christ, nous ressusciterons avec le Christ.

Aussi ce matin, nous vous invitons à mettre symboliquement « au tombeau » les trahisons, haines, souffrances et abandons évoqués hier afin de laisser Dieu, dans l’intimité de la relation à lui et le mystère de cette journée, les transformer.

> Lire Matthieu 27,57-61

Replier la croix pour la transformer en « cube » symbolisant le tombeau fermé. Maintenir le cube fermé en glissant les languettes dans les fentes.

Hier, nous étions dans la mort.

Demain, nous célébrerons la vie.

Aujourd’hui, Dieu nous donne, dans l’intimité de la relation avec lui, de passer de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière.

Pour certains, cette disponibilité à Dieu passe par la méditation et la prière, pour d’autres par la lecture ou l’écoute de la musique, pour d’autres par l’expression artistique…

Aujourd’hui, laissons simplement Dieu venir à nous et éclairer d’une lumière nouvelle ce que nous avons mis au tombeau. Laissons simplement Dieu faire œuvre de transformation en nous, dans nos vies.

Laissons simplement Dieu être Dieu.

En fin de journée, nous vous proposons d’allumer une bougie à une fenêtre ou sur un balcon, et à la laisser brûler là, signe de la confiance que nous avons en cette lumière qui habite toutes les nuits du monde. C’est aussi une manière de vivre de temps de Pâques en communion avec nos frères et sœurs de l’Eglise catholique qui sont aussi invités à faire de même ce soir.

 

Dimanche de Pâques

Aujourd’hui est jour de joie : Dieu a vaincu la mort. Aussi, c’est dans la joie et la reconnaissance que nous voulons vivre cette journée et ce temps de méditation.

Pour partager la joie de cette journée, nous vous invitons à vous prendre en photo avec votre croix (ou simplement à prendre en photo votre croix si vous préférez) et à nous l’envoyer. Nous pourrons ainsi partager la joie de cette journée à travers le site internet et la page Facebook de la paroisse.

> Lire Matthieu 28,1-10

Le Seigneur est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! Alléluia !

Ce matin, le tombeau est ouvert. Jésus a traversé la mort. Il est vivant !

Aujourd’hui, Dieu fait dans nos vies et dans le monde toutes choses nouvelles.

Nos esclavages, nos trahisons, nos haines, nous souffrances et nos abandons sont traversés par la lumière de la vie.

Nous voilà transformés, réveillés de nos morts, relevés de nos chutes.

Dieu nous appelle sur le chemin où l’on s’éloigne de la mort pour se lancer en pleine vie !

Le Christ déclare : « C’est moi qui suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marcher  jamais dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jean 8,12).

Nous vous proposons maintenant « d’ouvrir nos tombeaux » en dépliant le cube formé hier pour en refaire une croix. Puis de percer cette croix pour que la lumière la traverse (avec une aiguille ; avec une simple perforatrice ou une perforatrice avec de jolies formes si vous en avez une ; avec une paire de ciseaux…).

Laissons la lumière de la vie traverser tout ce que nous avons déposé sur la croix, laissons Dieu faire dans nos vies et dans le monde toutes choses nouvelles.

Prière

Nous vous invitons maintenant à prendre un temps de prière. Elle peut être silencieuse ou partagée en famille, au téléphone avec d’autres…

Nous vous proposons tout particulièrement aujourd’hui d’exprimer votre louange à Dieu et de lui rendre grâce pour cette lumière qui vient changer nos vies. Vous pouvez par exemple exprimer vos prières de la manière suivante :

  • > Je te loue parce que tu es pour moi et pour le monde…
  • > Je te rends grâce parce que tu as fait pour moi et pour le monde…

Vous pouvez terminer ce temps de prière avec le Notre Père et un chant.

Crédits : Marion Heyl et Emmanuel Rouanet (EPUdF) – Point KT




Projet Campus « Choisis la vie »

Campus est une aumônerie pour les lycéens de Colmar (Haut Rhin). Pendant la pandémie, et le temps du confinement, un projet éditorial  a été imaginé par le pasteur Gilles Agbenokoudji, l’aumônier de Campus. C’est ainsi que des textes de prières, des réflexions ou des présentations d’activités proposées par des jeunes, des pasteurs ou des parents sont nés de la plume de divers auteurs. Ce livret de 56 pages est une invitation à  choisir de vivre, pleinement, le quotidien et, dans cette conscience, de revenir à l’essentiel… quelques titres pour donner envie de se plonger dans ce livret : choisir la vie, choisir Dieu, choisis le regard, choisir la reconnaissance, choisir la rencontre, choisir la parole, choisir la prière… choisir de bénir !

A remarquer : une prière du « Notre Père » écrite avec des mots nouveaux (du pasteur Claude Hunsinger) page 54 et une animation sur le thème du bon berger (Jean 10v1-5), page 22

Télécharger icile livret choisis la vie

Crédits : Gilles Agbenokoudji (UEPAL) – Point KT




Prédication autours d’une croix fabriquée à partir d’une balle

Quand Dimanche des rameaux est aussi culte de confirmation… voici la prédication de la pasteure Isabelle Horber (UEPAL) 

Dimanche des rameaux!
Jésus, quand tu es entré à Jérusalem
A grands cris, les gens t’ont acclamé.
Mais qui a dit : Moi, je veux bien t’écouter » ?
Leurs manteaux, ils ont enlevés.
Mais qui a dit : Ce qui me sépare de Dieu, je veux le retirer » ?
Près de leur porte, tu es passé.
Mais qui a dit : « Viens, Jésus, tu peux entrer » ?
A leur cœur, tu as frappé.
Mais qui a dit : « Comme toi, je veux aimer » ?
Aujourd’hui, Jésus, Tu te tiens à la porte et tu frappes.

Qui lui dira : « Entre, je t’accueille dans ma vie.
Sois le bienvenu chez moi » ?

Nous voilà une semaine avant pâques… C’est-à-dire à l’aube de la semaine de la passion où nous nous souvenons de la dernière semaine du Christ. Mais, et c’est la raison de la présence de la majorité d’entre vous, c’est aussi le dimanche de la confirmation d’A., de Ca. et de Co.

Mais pourquoi, pendant longtemps et presque partout, les confirmations avaient-elles lieu le dimanche des rameaux ?

D’une part parce que dans le monde paysan, c’était bientôt le temps des labours et des semailles et qu’il fallait des bras. Beaucoup de jeunes n’allaient plus à l’école d’avril à octobre afin d’aider leurs parents. Les rameaux de l’année de leur 14 ans marquait la fin de leur présence à l’école. C’est d’ailleurs pour cela, comme un rite de passage à l’âge adulte, que la confirmation a lieu aux 14 ans des jeunes… Mais aujourd’hui, A, Ca, et Co. vous avez probablement encore de longues années de scolarité devant vous.

Je ne pense pas que mes prédécesseurs pasteurs se soient uniquement pliés aux rythmes scolaires et paysans. La confirmation avait lieu à rameaux aussi parce que justement … c’était les rameaux et qu’en cette fête était reflétée la vie qui s’ouvrait devant eux.

Écoutons ce qui se passe le dimanche des rameaux selon l’évangéliste Jean :

Une foule nombreuse de gens venus à la fête ayant entendu dire que Jésus se rendait à Jérusalem, prirent des branches de palmiers, et allèrent au-devant de lui, en criant : Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d’Israël !

Voici que Jésus entre à Jérusalem comme un roi ! C’est le sommet de sa « carrière » ! Le jour où la foule proclame vraiment qui il est. Le jour où il est accepté comme le Messie. Faire sa confirmation en souvenir de ce qui se passe ce jour, c’est avant tout affirmer sa foi devant la communauté et la famille rassemblées. A, Ca. et Co. ont d’ailleurs préparé une affirmation de la foi qu’ils liront tout à l’heure au moment de la liturgie de confirmation. A. Ca., Co., cette affirmation de VOTRE foi ce sera votre façon d’agiter les rameaux pour l’entrée de Jésus dans votre vie de jeunes adultes. Qu’ils restent verts tout au long de votre vie.

Cependant, nous connaissons la suite de l’histoire, c’est-à-dire la semaine qui s’ouvre devant nous. Nous savons que la foule n’est pas restée une foule joyeuse et acclamante. Et ces vivats qui tourneront aux cris de haine nous font mal. Ce haut, cette apothéose avant la grande dégringolade de vendredi saint.

Proposer la confirmation à rameaux, ne serait-ce pas une façon de dire à nos jeunes : attention aujourd’hui vous êtes les rois de la fête, mais bientôt viendra la chute, car on ne reste pas éternellement au sommet il suffit de regarder le prophète Elie.

Ce pourrait être aussi une anticipation de ce qui arrive trop souvent avec la confirmation. Trois ans de cheminement dans la paroisse : caté, présence et participation aux cultes. Et puis la confirmation passée, les cadeaux déballés, pff, plus de confirmands.

Est-ce comme cela que vous vivrez votre engagement A., Ca., Co. ? Aujourd’hui un grand jour et après une longue traversée du désert jusqu’au jour de votre mariage ou du baptême de votre premier enfant peut-être ?

Mais je crois que ce culte de confirmation à rameaux peut avoir un autre sens qu’une forme de culpabilisation. Et pour cela je vais vous offrir un petit souvenir de cette journée. Vous verrez qu’il fait aussi sens dans ce qui vous a peut-être touché dans l’actualité mondiale.

Mon petit cadeau fait juste quelques centimètres de haut. Vous pouvez également reconnaître que c’est une petite croix, mais il a été formé à partir d’un objet spécial …

Il a été fabriqué à partir d’une cartouche de fusil au Libéria, petit pays pauvre sur la côte ouest de l’Afrique qui sort d’une guerre civile de plus de 10 ans.

Pour s’assurer un petit revenu et proclamer leur volonté de paix, les églises du pays ont décidé de faire des croix à partir de cartouches et d’obus vides.

C’est mettre en œuvre la prophétie d’Ésaïe que nous avons lu tout à l’heure : « De leurs glaives ils forgeront des hoyaux, Et de leurs lances des serpes ». Là, Ésaïe dirait que de l’engin de mort qu’est une balle ils ont fait le symbole de la vie éternelle. En continuant dans la même idée : « ils transforment leurs mitraillettes en pelles et fabriquent des cloches à partir de leurs canons. »

Proposer la confirmation à rameaux, ne serait-ce pas une façon de dire à nos jeunes. Oui, il y a des hauts et des bas dans la vie. Il y en aura dans TA vie… Oui, un jour vous aurez à vivre votre propre vendredi saint, mais après vendredi saint il y a la lueur de pâques.

C’est une façon de dire : de la violence qui vous est faite peut sortir une bénédiction…

C’est aussi dire, face à l’actualité, qu’il est toujours possible de transformer le mal en bien. Des balles en croix. Une tuerie de plus à Parkland en Floride sera peut être le début d’un gun control aux états unis… parce que les lycéens et les étudiants se sont saisis du problème et qu’ils ont organisé une grande manifestation nationale … hier

Cette croix que je vous offre aujourd’hui veut briller tout au long de votre vie. Les jours de désespoir ou les jours où vous aurez envie de recouvrir à la violence, elle vous rappellera que Jésus, même s’il lui est arrivé de se mettre en colère, n’a jamais recouru à la violence physique. Au contraire, il a toujours imaginé des solutions pour préserver les personnes menacées par la violence.
Il a convaincu ceux qui voulaient tuer la femme adultère, qu’il leur arrivait d’être aussi coupable qu’elle.

Il a refusé cette violence du rejet fait aux enfants de son temps et a dit aux disciples « laissez venir à moi les petits enfants ».
Le soir de son arrestation, il a guéri celui qui l’emmenait à la mort.

Regardez cette croix que je vous donne. Elle devra symboliser pour vous le choix devant lequel vous vous trouverez encore et encore : choisir le mal ou le bien.

Encore et encore il vous faudra choisir d’exercer la force ou de trouver un autre chemin.

Et quand je parle d’user de force, je ne parle pas seulement de se battre et de donner des coups de pieds mais aussi d’insulter, de raconter des mensonges sur les autres, de crier, d’intimider l’autre. La violence a beaucoup de visages et de formes.
Je disais qu’il vous faudra encore et encore choisir d’exercer la force ou de trouver un autre chemin. Je ne dis pas qu’il faut se laisser faire mais trouver un autre chemin. Il ne s’agit pas de devenir victime de la violence, mais de résister à celle-ci.

A Parkland, les condisciples des 17 jeunes assassinés par balle sont en colère. Et leur colère fait passer un souffle d’urgence et de renouveau sur le contrôle des armes à feu. Ils résistent et ne se résignent pas.

S’il vous arrivait de devenir victime de la violence, résistez, obtenez de l’aide, contactez les enseignants, les adultes, les amis et la police. Ne vous résignez pas, jamais face à la violence.

Jésus ne s’est pas résigné, mais a ouvert un autre chemin, il s’est relevé même face à la mort.

La croix que je vous offre n’est pas une croix de bois, polie et lissée (montrer) confortable dans votre main, mais c’est une croix de métal, froide, avec des bords rugueux et même coupants.

Cette croix exprime quelque chose de la dureté de notre monde. Tout n’est pas toujours heureux et facile dans nos vies ; tout ne sera pas toujours heureux et facile dans vos vies. Il vous arrivera sûrement d’être confrontés à la laideur de la vie, comme le Christ a été exposé aux hurlements et aux crachats de la foule sur son chemin de passion.

Mais la vie ne se résume pas à cette laideur. Si vous regardez cette croix, si vous regardez toute croix, vous verrez qu’avec un peu d’imagination on peut y voir quelqu’un qui tend et ouvre les bras. Comme s’il vous appelait pour faire un monumental câlin.

En regardant cette croix, en regardant toute croix, je vois le Père du Fils prodigue qui m’ouvre les bras. C’est ma foi et mon espérance pour vous.

Mais c’est aussi ma foi et mon espérance que dans toute situation difficile, nous sommes invités à ne pas baisser les bras.

En ce jour de confirmation je vous l’affirme, vous n’avez pas à pas baisser les bras. Mais vous vous devez de prendre les difficultés à bras-le-corps pour faire de balles de fusil des croix. Pour faire de tout ce qui nous blesse des symboles de vie.
Vous ne devez pas baisser les bras mais les élever pour devenir réceptacle de la bénédiction de Dieu, savoir que vous êtes envoyés sur la route de la vie avec lui à vos côtés. Amen.

crédits : Isabelle Horber (UEPAL) Point kt