Rien que de l’eau…

Inspiré par la Prière de la goutte d’eau par Christina Weinhold, ce culte un peu « écol’eau » veut nous inciter à méditer au fil de l’eau…

• Prélude
• Accueil :
Je vous souhaite à tous et toutes la bienvenue au nom du Seigneur : tous et toutes, petits et grands, fidèles et moins habitués, vous êtes les bienvenus pour ce culte de rentrée qui doit nous permettre de nous mettre en route sur le thème de l’eau : l’eau, l’eau à protéger, l’eau à partager, l’eau qu’on boit, l’eau qui manque, l’eau qui déborde, l’eau qui fait vivre, l’eau qui lave, l’eau avec ce qu’elle évoque de symbolique, le baptême ou la parole de Dieu…
Voici que nous nous mettons en route pour réfléchir, grandir, nous ressourcer. Que le Seigneur nous donne soif de sa présence, comme une biche assoiffée soupire après les courants d’eau, comme une terre desséchée appelle la rosée du matin. Amen.
• Cantique : Je louerai l’Eternel (Alléluia 12-01/1, 4 et 5)
• Récit 1 : basé sur la Prière de la goutte d’eau par Christina Weinhold

Matériel : une goutte d’eau en verre (comme on en trouve dans les magasins de décoration de table)

Voici Goutte d’eau (montrer la goutte d’eau en verre). Longtemps, elle a flotté dans la mer, entourée par des millions et de millions d’autres gouttes. Là-bas dans la mer, elle a vu des poissons de toutes les couleurs. Elle a touché des méduses à la peau si douce.
Elle a vu des dauphins qui lui ont dit à quel point ils aiment sauter à la surface de l’eau et voir le soleil briller sur les vagues et la beauté de la lumière changeante le soir ou tôt le matin. Alors Goutte d’eau a quitté les profondeurs de l’océan et s’est approchée de la surface, vraiment jusqu’en haut …et puis, elle a senti la chaleur du soleil sur elle. C’était comme une force qui l’absorbait et qui l’attirait encore plus haut, encore et encore … eh du coup elle a été tirée vers le ciel. Elle est devenue toute légère et très transparente, jusqu’à ce qu’elle se retrouve avec beaucoup d’autres gouttes dans un nuage. Alors, elle a senti le vent qui les a fait avancer vers la terre, vers les montagnes …. C’était beau ce qu’elle a vu en dessous d’elle. Il y avait le vert profond des forêts et le vert tendre des prairies parsemées de fleurs aux couleurs variées. Il y avait le gris des rochers et le blanc pur des neiges éternelles. Et tant de couleurs et de nuances dans ces couleurs et puis les montagnes abruptes et majestueuses !
Alors d’un coup, le nuage où était Goutte d’eau s’est déchiré et Goutte d’eau et ses sœurs sont toutes tombées, l’une après l’autre …uiih. Goutte d’eau tombée sur un pré, elle a vu des chèvres et des moutons. Puis elle a glissé jusqu’à un petit ruisseau où elle a rejoint tant d’autres de ses sœurs. Elle a vu des biches venir boire au ruisseau et les racines des arbres venir tout près du ruisseau pour y chercher à boire, et puis quelques gamins rire aux éclats en s’éclaboussant de l’eau fraiche du ruisseau à la chaleur du jour. Et le cœur de Goutte d’eau s’est rempli de joie et de reconnaissance devant toutes ces merveilles !
Nous voulons nous aussi nous émerveiller devant les beautés de la création, devant cette vie que Dieu a voulu et ne serait pas sans eau. Nous louons ensemble le Seigneur.
• Louange : (début basé Point KT, la Prière de la goutte d’eau par Christina Weinhold, puis A. Nouis, La galette et la Cruche, tome 3, p. 43)
Merci Seigneur,
Pour ce monde que tu nous donnes : Il est si beau !
C’est une joie de pouvoir y vivre.
Loué sois tu pour ce cadeau magnifique !

Loué sois-tu pour les montagnes et les vallées, les forêts et les prairies,
Pour les lacs et les ruisseaux, les plages et l’océan,
Pour les animaux des mers et les animaux des terres,
Pour les oiseaux et toutes les beautés de l’univers.

Loué sois-tu pour le pain et pour le vin, pour le riz et pour la vie,
Pour le miel et pour le sel, pour l’épi et pour les fruits,
Pour la paix et la santé,
Pour l’eau qui abreuve et fait vivre !
Amen
• Cantique : Dieu tout-puissant (Alléluia 41-29/1-2)
• Récit 2 : basé sur la Prière de la goutte d’eau par Christina Weinhold
Matériel : une goutte d’eau en verre d’une autre couleur que la première (à défaut d’en avoir trouvé une d’une couleur « douteuse », j’ai coloriée au feutre noir l’arrière de la goutte pour qu’elle paraisse sale)

Voici une autre goutte d’eau, elle s’appelle Goutte amère et surtout ne la buvez pas ! Elle a ruisselée dans des champs à la terre morte, gorgée de produits chimiques, elle est passée par des fleuves où des usines ont versé leurs eaux usées. Elle est passée par des endroits en pleine mer où de grands bateaux ont déchargé leur fioul. Elle était dans des nuages remplis des gaz de la ville. Elle a vu des régions du monde où on gaspille l’eau comme si elle était inépuisable et d’autres où en manque si cruellement que rien ne pousse, que les bêtes et les hommes fuient ou meurent. Goutte amère est malade car malgré elle, elle a été abîmée par trop de pollution, elle est en colère et triste à cause de ce qu’elle a vu de ce monde.
Nous aussi nous pouvons être tristes devant l’état de notre monde, nous sentir impuissant et en même temps en partie responsables… C’est ce que nous voulons confier à Dieu dans la prière
• Prière de repentance :
Seigneur,
Tu nous as donné ce monde et il était bon.
Mais regarde ce qu’il est devenu.
Viens à notre secours, car nous ne savons pas comment protéger ce monde.
Viens à notre secours, car nous avons du mal à le partager.
Viens, et montre-nous comment il faut faire pour que tout le monde puisse apprécier ce cadeau de ta part.
Seigneur, pardonne-nous.
• Cantique : Laisserons-nous à nos fontaines (Alléluia 46-09/4)
• Annonce du pardon : basé sur la Prière de la goutte d’eau par Christina Weinhold
« A celui qui a soif, dit Dieu,
je donnerai de l’eau de la source de vie
et je la donnerai gratuitement ».
Que Dieu nous mette au cœur l’assurance de son pardon
et qu’il nous donne de marcher vers son Royaume.
Chantons notre reconnaissance….
• Cantique : Quand les montagnes s’éloigneraient (Alléluia 13-03)
• « Que » de l’eau ?!
– Voix 1 : Qu’y a-t-il de plus précieux que l’eau ?
– Voix 2 : Sans eau, rien ne pousse, rien ne vit, tout meurt !
– Voix 1 : Qu’y a-t-il de plus simple que l’eau ?
– Voix 3 : Elle n’a pas d’odeur, pas vraiment de couleur, rien de très remarquable…
– Voix 1 : Qu’y a-t-il de plus précieux que l’eau ?
– Voix 2 : Elle n’a pas le prix de l’or, ni des diamants et pourtant, elle n’a pas de prix !
– Voix 1 : Qu’y a-t-il de plus simple que l’eau ?
– Voix 3 : On ouvre le robinet sans réfléchir, on boit parfois par réflexe, sans même y penser.
– Voix 2 : Précieuse car essentielle !
– Voix 3 : Simple car quotidienne.
– Voix 2 : On ne peut pas vivre sans elle
– Voix 3 : On s’en rend compte quand elle manque, quand il fait soif, quand il fait sec.
– Voix 1 : Qu’y a-t-il de plus simple que l’eau ? Qu’y a-t-il de plus précieux que l’eau ?

Officiant : Rien probablement, à part peut-être la Parole de Dieu qui nous fait vivre d’une autre manière. En tout cas, c’est à l’eau, ce trésor, simple, quotidien et pourtant précieux et essentiel que la parole et l’amour de Dieu sont comparés dans la bible. Avant d’ouvrir les Ecritures, prions, pour que Dieu ouvre notre cœur à recevoir sa parole.
• Prière :
Seigneur, vois notre soif d’amour, de justice et de paix.
Toi dont l’amour est comme un ruisseau qui murmure, comme une fontaine où il fait bon se désaltérer, abreuve-nous de ton eau, l’eau vive, inépuisable de ton amour.
Que ton amour et ta grâce coulent en notre vie pour nous régénérer, nous renouveler afin que ton eau vive jaillisse de nos cœurs, abreuvés à ta source, pour désaltérer tous ceux qui ont soif de ton amour, de ta justice et de ta paix. Amen.
• Lecture biblique : Esaïe 55/10-11
• Cantique : Ta parole, Seigneur (Arc-en-ciel 832)
• Lecture biblique : Jean 4/5-15
• Cantique : Les mains ouvertes devant toi (Alléluia 21-14/1)
• Confession de foi : (Liturgie de l’ERF, livret 4)
Nous croyons en Dieu qui a créé le monde pour que nous le cultivions
et en célébrions la bonté et la beauté.
Il est la source de la vie.
Nous croyons en Dieu qui a remis tout pouvoir à Jésus-Christ le serviteur,
mort et ressuscité pour le pardon et la liberté de tous les hommes.
Il est le prix de notre vie.
Nous croyons en Dieu qui, par son Esprit, nous unit à son Fils
pour que nous combattions le mal et construisions
une juste paix dans l’espérance de son Royaume.
Il est le sens de notre vie. Amen.
• Cantique : Veux-tu naître de nouveau ? (Alléluia 43-14/1-3)
• Annonces
• Offrande
• Prière d’offrande : (d’après Au Commencement, p.73)
Seigneur, ces dons, tout comme notre présence ici, veulent être des signes de notre réponse à ton amour offert. A qui irions-nous ? C’est toi qui a les paroles qui font vivre. C’est avec des cœurs reconnaissants que nous te remettons, ensemble, cette participation à la vie de ton Eglise. Amen.
• Cantique : Ta nuit sera lumière de midi (Arc-en-ciel 548/1-2)
• Prière d’intercession : (en partie basé sur Livre de prières 29 octobre)
Seigneur, tu nous as donné la terre à contempler et à cultiver comme un jardin.
Donne-nous sagesse et cœur pour éviter de gaspiller ses richesses, mais au contraire pour les partager de manière juste et équitable.
Donne-nous sagesse et cœur pour ne pas défigurer la beauté de cette terre que tu nous as donnée et qui est notre maison commune.
Donne-nous sagesse et cœur pour encourager les scientifiques et les chercheurs à inventer des technologies respectueuses de notre environnement.
Donne-nous sagesse et cœur pour faire pression sur celles et ceux qui nous dirigent afin qu’ils prennent des décisions fondées sur le bien commun et la préservation de ta Création.
Donne-nous sagesse et cœur pour que nous prenions conscience de notre responsabilité envers l’équilibre de l’écosystème de notre planète et que nous ayons à cœur de trouver et d’adopter de nouveaux modes de vie respectueux de l’environnement
Seigneur, nous te prions pour celles et ceux qui ont à subir les conséquences de la dégradation de l’environnement et des changements climatiques, pour celles et ceux qui sont forcées de vivre dans des conditions indignes de la condition humaine.
Seigneur, fais de nous des jardiniers pleins d’amour pour la terre que nous as donnée afin que nous la cultivions ensemble, que nous y vivions ensemble dans le respect, la justice et la paix

Et comme Jésus-Christ nous l’a enseigné, nous prions ensemble…

• Notre Père
qui est aux cieux, que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du mal,
car c’est à toi qu’appartiennent
le règne, la puissance et la gloire,
pour les siècles des siècles. Amen.

• Cantique : Alléluia 62-81
• Bénédiction : (basé sur Livre de prière 19 août)
Que la bénédiction du Seigneur descende en vous comme la rosée du matin.
Qu’elle vous rafraichisse, vous renouvelle, fortifie votre foi, vous fasse vivre !
Le Seigneur vous bénit et vous garde ! Amen




Poisson en récup’art

Pour illustrer l’un des récits de pêche miraculeuse par exemple, voici un poisson à fabriquer à partir d’un bouteille plastique.

Matériel :
Une bouteille d’eau en plastique par enfant
Un corps de poisson imprimé sur papier épais (modèle ici : poisson gabarit )
Peinture
Gommettes rondes

A préparer d’avance :
Couper le haut de la bouteille au cutter et faire deux entailles (on y insèrera le corps du poisson).

Avec les enfants :
Peindre le goulot de la bouteille qui sera la bouche du poisson. Coller les gommettes pour faire les yeux du poisson.

 

Découper et décorer le corps du poisson à la peinture ou au feutre (des deux côtés).

 

 

 

 

Assembler ensuite le poisson en insérant le corps du poisson dans la fente de la bouteille.

On peut ensuite suspendre ce poisson ou si on en fait plusieurs, les fixer sur un grand filet, les réunir pour un mobile…

 




Moutons en coton

Mouton en coton
Des moutons d’Abraham à ceux de la parabole de la brebis perdu, il y a beaucoup de moutons dans la bible. Alors pourquoi ne pas en fabriquer avec un peu de coton et des assiettes en carton ?Matériel : (pour chaque enfant)
Une petite assiette en carton
Coton
Colle liquide
2 yeux mobiles (entre 10 et 15 mm)
Papier noir pour la tête : gabarit à télécharger
Pattes découpées dans du papier noir (rectangles 1,5cm sur 6)

 

Réalisation :
Tracer sur le papier noir la forme de la tête à l’aide du gabarit. La découper et y coller les yeux.
Déchiqueter le coton et en couvrir l’assiette préalablement enduite de colle liquide. On peut choisir l’intérieur ou l’extérieur de l’assiette selon le rendu souhaité.
Quand l’assiette est bien recouverte de coton, coller la tête et les pattes.

Crédit : Claire de Lattre-Duchet




Evangile et chlorophylle

Les animaux ont leur roi, dit-on, les humains en beaucoup. Et les végétaux alors ? S’ils en voulaient un, cela ferait peut-être bien des histoires… une en tout cas, créée par Claire de Lattre-Duchet, à l’occasion du culte d’inauguration de l’église rénovée de Hurtigheim, le 8 octobre 2017.

Evangile et chlorophylle

On raconte qu’en ce temps-là, il y eut un immense rassemblement de tous les végétaux qui peuplent la Création, sur une haute montagne, à l’écart des oreilles et des yeux humains ou animaux. Juste des plantes, des fleurs, des arbres rassemblés en un lieu désert pour discuter d’une chose de la plus haute importante : Qui serait le roi du règne végétal ? Après tout, les humains avaient leurs rois, les animaux le leur, alors pourquoi pas les végétaux ?

Il y avait beaucoup de monde, ou plutôt beaucoup de feuilles et pas mal d’agitation aussi, car chacun avait son idée et entendait bien la défendre.

C’est l’olivier qui prit la parole en premier :

« Chers amis, mes frères, sans vouloir me vanter, permettez-moi de penser que c’est moi qui devrais être votre roi. Non à cause de la force de mon tronc, pas davantage à cause de la beauté de mes feuilles, encore que…non, je devrais être votre roi à cause de ce que je représente. Depuis des temps immémoriaux, postdiluviens plutôt, la fin du déluge quoi, je suis un symbole universel de paix. C’est l’un de mes rameaux que la colombe a ramené à Noé lui annonçant ainsi que le déluge était terminé, qu’hommes et bêtes pouvaient quitter l’arche et repeupler la terre. En me voyant, comment ne pas penser à Noé et surtout à la bénédiction de Dieu sur la Création en général et sur l’humanité en particulier ? »

Il y eu un grand silence dans l’assemblée. Personne ne s’était attendu à cela. Tous avaient pensé que le débat porterait sur la force, la résistance ou encore la beauté de tel ou tel, mais voilà que l’olivier portait le débat à un tout autre niveau : il n’était plus question d’être le plus beau, le plus fort ou le plus résistant, mais de signifier, de symboliser quelque chose et en plus il avait trouvé moyen de ramener, dans le débat, Dieu qui n’en demandait pas tant !

« Certes, je reconnais que tu as bien parlé, intervint le chêne. Je ne doute pas de tes qualités et je ne mets pas en doute ce que tu symbolises. Je ne me permettrais pas de discuter le choix que Dieu a fait après le déluge. Mais … permets-moi tout de même de ne pas totalement partager ton avis. Car je pense pour ma part que je ferais un bien meilleur roi que toi. Noé est important, n’en doutons pas, mais Abraham l’est bien davantage à mon avis. Les humains ne disent-ils pas qu’il est le père des croyants ? Il est celui à travers qui Dieu a voulu bénir toutes les nations de la terre. En tout cas, c’est à l’ombre de mes branches qu’Abraham a fait une rencontre inattendue qui a changé sa vie,  il a reçu trois messagers de Dieu qui venaient lui annoncer la naissance de son fils Isaac. Et c’est à travers cette promesse qu’Abraham a appris à avoir confiance en Dieu, car lorsque son fils est né, il a compris que Dieu tient parole. Moi, le chêne je rappelle et symbolise cette histoire.»

Le chêne et l’olivier discutaient ferme, lorsqu’un buisson aux jolies fleurs violettes, l’hysope, prit la parole :

« Chers amis, ne vous disputez pas ! Allons… nous avons entendu vos arguments, mais je crois que vous vous trompez l’un et l’autre. C’est moi qui devrais être votre roi. C’est vrai, je n’ai ni la taille, ni la force de l’olivier et du chêne. Mais, s’ils peuvent se vanter de leurs liens avec Noé et Abraham, je peux faire bien mieux ! Car, moi je peux en appeler à Moïse et à Jésus-Christ, le fils de Dieu lui-même ! »

Un murmure parcourut l’assemblée et voyant que le chêne allait objecter, l’hysope poursuivit :

« Je me souviens de la première Pâque juive. Les Hébreux étaient alors esclaves en Egypte. Dieu pour contraindre les Egyptiens à les laisser partir leur a envoyé toutes sortes de calamités. La dernière, la plus terrible était la mort des premiers nés. Pour s’en protéger, les Hébreux devaient répandre le sang d’un agneau sacrifié sur les montants de la porte de la maison : c’est avec mes branches que les Hébreux ont fait cela. Moi, l’hysope, je rappelle cette première Pâque, la tendresse de Dieu pour son peuple dont les cris de détresse l’avaient ému. Et je rappelle la libération : car Dieu a libéré son peuple de l’esclavage en Egypte. Conduit par Moïse, les Hébreux…

  • Oui, oui, on la connait l’histoire, intervint le chêne. Mais en ce qui concerne Jésus, là… ne te vanterais-tu pas un peu ?
  • Pas du tout, répartit l’hysope vexée. Lorsque les hommes ont crucifié le fils de Dieu, il a eu soif. Alors un soldat a accroché une éponge imbibée de vinaigre à l’une de mes branches pour lui donner à boire. Lorsque Dieu a libéré son peuple de l’esclavage, j’étais là, lorsque Dieu a libéré les humains de tout ce qui pouvait les séparer de lui, en particulier la mort, j’étais là. Je symbolise la libération !
  • Mais moi aussi, je symbolise la libération, intervint le myrte. Dieu a prescrit de ramasser mes branches le premier jour de la fêtes des Tentes en souvenir de la première nuit de liberté passée par le peuple d’Israël dans le delta du Nil.
  • Oui, rétorqua l’hysope, tu rappelles aussi la libération d’Egypte, mais c’est tout.
  • Non, ce n’est pas tout, reprit le myrte. Les prophètes, surtout Esaïe, ont parlé de moi pour évoquer la paix et la prospérité que Dieu donnera à son peuple. Ils ont vu dans mon parfum si agréable et mes fruits délicieux des signes de la bonté, de la générosité et de la fidélité de Dieu. Et puis, ce sont mes rameaux que la foule a brandis lorsque le Christ est entré triomphalement à Jérusalem. Dans leurs mains, j’ai acclamé le Fils de Dieu venu s’offrir aux humains pour qu’ils comprennent à quel point Dieu les aime. »

L’olivier, le chêne, l’hysope et le myrte discutaient encore pour savoir qui devaient être roi, lorsqu’intervint la vigne.

« Je dois reconnaitre que vous avez, les uns et les autres, de bons arguments, mais j’en ai de bien meilleurs encore. Tant de textes bibliques parlent de moi. Je suis un peu l’emblème du peuple de Dieu, car je suis souvent utilisée pour décrire les relations entre Dieu et son peuple, surtout la sollicitude de Dieu pour son peuple. Le Christ aussi a beaucoup parlé de moi. Il s’est comparé à moi pour expliquer à ses disciples qu’ils devaient être liés à lui, aussi étroitement que les sarments au cep de vigne :  » Je suis la vraie vigne, vous êtes les rameaux. Celui qui demeure uni à moi, et à qui je suis uni, porte beaucoup de fruits. » Et si cela ne suffit pas encore à vous convaincre que je devrais être votre roi, je peux encore ajouter que mes fruits sont présents sur la table de la Sainte Cène, c’est donc moi que le Christ a choisi pour accompagner les humains de sa grâce.

  • Oh là, doucement ! Tu n’es pas seul sur la table de la Sainte Cène. J’y suis aussi, intervint le blé. Et le Christ a aussi beaucoup parlé de moi pour expliquer l’action de Dieu, dans les paraboles du Royaume notamment. Il m’a utilisé pour parler de sa parole dans la parabole du Semeur. Il a même annoncé sa mort et sa résurrection et évoqué la vie éternelle grâce à moi : « Si le grain de blé qui tombe en terre ne meurt pas, il reste seul, si au contraire il meurt, il porte du fruit en abondance. » Bref, je peux aussi prétendre à être roi ! »

Ces paroles n’apportèrent ni consensus, ni paix. Car chacun, l’olivier, le chêne, l’hysope, le myrte, la vigne, le blé et quelques autres encore profitant de la cohue générale, chacun essayait de convaincre en criant de plus en plus fort, à grand renfort de moulinet de branches et d’agitation de feuilles, si bien que la bagarre générale n’était plus très loin…

  • Oh ! ça va pas la tête ! Vous êtes tous devenus fous ! On dirait des humains !

Et je peux vous dire que dans la bouche d’un végétal, ce n’est pas vraiment un compliment… et pourtant c’était bien avant les produits chimiques qui empoisonnent la terre, l’eau et l’air, avant le béton et le bitume qui dévorent les terres agricoles et les espaces naturels, défigurant la Création.

Après donc, ces paroles qui n’étaient pas un compliment pour les humains, un grand silence se fit et tout le monde chercha qui avait osé parler ainsi.

  • Qui a dit ça ? finit par demander le chêne d’une voix sévère.
  • C’est moi, répondit une toute petite herbe, tellement petite et insignifiante que personne n’avait pris la peine de lui donner un nom.
  • Comment oses-tu ?! poursuivit l’olivier.
  • Comment j’ose ? ! reprit la petite herbe insignifiante. Comment j’ose ? ! Elle est bonne celle-là ! Et vous, comment osez-vous ? ! Vous êtes là à vous chamailler comme des humains pour savoir qui est le plus grand, qui doit être roi ! Non mais vous avez craqué ou quoi ?! N’avez-vous donc rien compris à l’histoire dont vous avez été les témoins silencieux et dont vous devriez être des messagers ? S’il faut un roi au règne végétal, pourquoi pas, mais ne mêlez pas Dieu à vos histoires ! Comme si on pouvait couper son amour en tranches, opposer Noé à Abraham ou à Moïse, opposer l’Ancien et le Nouveau Testament ! N’importe quoi ! Ne voyez-vous pas que c’est une même histoire que Dieu a commencée avec Noé, avant lui d’ailleurs aussi, et qu’il a poursuivie tout au long de l’histoire humaine. Ce n’est pas un hasard si l’hysope était là à la libération d’Egypte et à la croix, si le blé et la vigne sont cités dans l’Ancien et le Nouveau Testament, même toi, l’olivier, tu n’évoques pas que Noé, tu es lié à l’annonce prophétique de la venue du Messie. C’est le même message de l’amour de Dieu pour les humains qui s’est dit à travers vous comme à travers tant d’autres témoins… Aucun de vous tout seul ne suffit à dire l’amour de Dieu !

Brusquement, l’olivier eut envie de rentrer sous terre avec toutes ses racines, le chêne se sentit rougir comme si l’automne était déjà là, le myrte et l’hysope baissèrent la tête, le blé sentit ses grains trembler de désarroi et la vigne sembla se cacher dans ses feuilles. Tous avaient honte.

L’olivier se racla la gorge, puis prit la parole :

  • Merci, petite herbe, de nous avoir soufflé dans les branches pour nous rappeler à la raison. L’orgueil est bien mauvais conseiller… Nous n’avons pas le droit d’utiliser Dieu pour assoir nos rêves de gloire et de pouvoir. Et surtout, tu as entièrement raison : aucun de nous seul ne suffit à dire l’immensité de l’amour de Dieu, l’immensité de sa bonté et de sa générosité, mais tous ensembles, nous avons beaucoup à dire aux humains… et, les connaissant un peu, je crois que nous ne serons pas trop de nous tous pour qu’ils écoutent !

C’est ainsi que la paix est revenue dans le règne végétal qui finalement ne s’est pas choisi de roi. Et vous pouvez penser à juste titre que c’est là fantaisie de théologienne, mais toujours est-il que l’olivier et le chêne, l’hysope et le myrte, la vigne et le blé ornent ensemble et en paix les vitraux de l’église d’un village alsacien : écoutez-les, écoutez bien… ils vous racontent une très vieille histoire qui est pourtant toujours nouvelle, une histoire d’amour, l’histoire de l’amour de Dieu pour les humains.

 

Crédit texte : Claire de LATTRE-DUCHET

Crédit photos : Arnaud DUCHET




Fabriquer un tableau de la réconciliation

Dans nos relations avec les autres, il est parfois très utile de regarder les choses d’un autre point de vue, de se mettre à la place de l’autre, plus encore peut-être lors d’une dispute ou d’un conflit. C’est ce que peut permettre de comprendre ou d’expérimenter la fabrication d’un « tableau de la réconciliation » (d’après une idée du pasteur Jean-Frédéric Oberlin)

Matériel :

2 feuilles A4 160g

1 feuille A4 250g

2 photos de 16 cm par 22 cm

Colle

Ciseaux

Règle

1 crayon bien taillé

 

Mise en œuvre :

Sur la première feuille A4 160g, enlever 5 cm sur la hauteur et 1,7 cm sur la longueur pour obtenir un rectangle de 16 par 28 cm.

Sur la deuxième feuille A4 160g, enlever 5 cm sur la hauteur et 9,7 cm sur la longueur pour obtenir un rectangle de 16 par 20 cm. Garder les chutes de papier.

Sur la longueur de la première feuille, mettre des repères tous les deux centimètres en bas et en haut de la feuille. Placer la règle d’un repère en haut de la feuille au repère en face en bas de la feuille et plier sur la règle. Procéder de même avec les deux repères suivants et ainsi de suite en pliant toujours dans le même sens.

Quand tous les plis sont marqués, inverser les pliures pour former un accordéon.

Procéder de même avec la deuxième feuille A4 160g, puis faire se chevaucher les accordéons pour obtenir 11 sommets et les coller.

Sur la feuille A4 250g:

Tracer sur la longueur et la largeur, tracer des bandes de 2,5 cm de large. Plier sur les traits. Créer les encoches.

Fabriquer 6 pattes de fixation dans les chutes de papier 160g : découper des rectangles de 3 cm sur 5, les plier en leur milieu, dans la longueur.

Les coller à l’arrière de l’accordéon : aux quatre coins et au milieu.

Fixer l’accordéon à l’intérieur du cadre avec les pattes de fixation.

A l’arrière de la première photo, faire des bandes de 2 cm sur la longueur, les numéroter et couper. Remettre les bandes dans l’ordre photo à l’endroit. Coller chaque bande dans l’ordre sur les faces gauches de l’accordéon.

A l’arrière de la deuxième photo, faire des bandes de 2 cm sur la longueur, les numéroter et couper. Remettre les bandes dans l’ordre photo à l’endroit. Coller chaque bande dans l’ordre sur les faces droites de l’accordéon.

Pour terminer, coller le cadre.