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En français, le verbe  » ressusciter » appartient au patois théologique, alors que les mots grecs de la Bible appartiennent au langage courant, egeiro ou anistemi veulent dire se lever, comme on se lève de table ou on se lève le matin…

C’est bien dommage car cela ne nous aide pas à comprendre ce que l’Évangile nous dit sur la notion de résurrection, la rendant particulièrement mystérieuse alors qu’elle nous est plutôt présentée dans la Bible comme une expérience qui est à vivre durant notre vie en ce monde, voire une expérience que nous avons déjà vécue, comme nous le dit Paul « vous avez été ressuscités avec Christ »( Colossiens 2,10).

Comment parler de Pâques avec les jeunes ? Comment parler de la résurrection avec eux ? Le petit texte qui précède, tiré du très intéressant  « Simple petit Dictionnaire de Théologie » du pasteur Marc Pernot, peut nous y aider !

Les échanges avec les catéchumènes à ce sujet, sont toujours passionnants. En écoutant leurs interrogations, leurs doutes, leurs étonnements ou même leurs rebellions, nous avons beaucoup à apprendre sur nous, sur notre capacité à communiquer, sur notre foi, sur son expression, sur notre rapport aux textes bibliques, sur notre disposition à l’ouverture. La catéchèse s’élabore aussi à l’écoute des paroles des jeunes, en partageant leurs recherches et en acceptant de perdre la sécurité de nos discours trop bien charpentés…

Affirmer que la résurrection est quelque chose de concret qui n’appartient pas seulement à une vie future (après la mort de notre corps) mais à la vie présente, à la vie de tous les jours nous engage tous, jeunes et moins jeunes…

Si Dieu est venu rouler la pierre du tombeau de Jésus et lui donner une nouvelle vie, il est venu aussi rouler la pierre de nos tombeaux pour nous faire revivre, pour nous transformer. Et à travers cette ouverture, nous pouvons apercevoir une vie nouvelle qui vient de Dieu. Loin de nous démobiliser de nos tâches présentes, au contraire, elle nous pousse à construire positivement notre société qui est en grand besoin d’humanité.

Voici deux citations tirées du livre du professeur André Gounelle, Parler du Christ, Éd. van Dieren :

La résurrection du Christ ne constitue pas seulement une guérison qui permet le retour à la vie physique habituelle. […] Elle représente quelque chose de très différent : le surgissement dans notre monde d’une forme de vie nouvelle et originale qui vient de Dieu et qui dépasse nos possibilités naturelles. […] Cette vie ressuscitée est ouverte et offerte à ses disciples qui, dans la foi, commencent à y entrer ; elle fait d’eux des êtres nouveaux. […] Elle ne supprime ni ne supplante l’humanité telle qu’elle existait sous une forme déficiente ; elle la modifie, la métamorphose ou, plus exactement, met en route un processus de transformation créatrice. […] Pâques marque un commencement, inaugure une deuxième genèse, met en route une création neuve. Comme la première genèse a transformé un chaos en cosmos, la nouvelle création fait passer l’être humain du désordre et de la dislocation à l’harmonie ; elle le conduit de l’aliénation qui l’empêche d’être lui-même à l’authenticité où il émerge à sa vérité. […]

Nous ressuscitons, au sens fort, chaque fois que nous nous éveillons à la vérité et que nous nous dressons pour mener une vie authentiquement humaine. La résurrection s’expérimente ou plutôt elle opère ici-bas et dans le présent. Ce qui n’exclut évidemment pas qu’elle concerne également l’au-delà et notre sort final. On retrouve la dualité du quotidien (la résurrection se vit tous les jours) et du spécifique (elle est un événement hors du commun).

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Le Christ ressuscité nous entraine à sa suite, lui le vainqueur du mal et de la mort. Il est porteur de vie. Il nous invite à imaginer avec d’autres des chemins nouveaux de paix et de justice ici et maintenant. Et n’oublions pas d’être reconnaissants pour ceux qui nous ont précédés sur ce chemin de vie !
Ressusciter : un événement permanent ! Un engagement pour la vie ! Nos jeunes n’adhèreraient-ils pas à ce programme ?

Crédit : Patrick Baudet

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