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 Sans exils, sans exodes, sans voyages, sans déplacements et rencontres d’individus, de tribus, de peuples, sans traversées d’eaux dangereuses, sans pleurs et sanglots, sans peur et sans espérance, sans l’infime certitude d’un salut possible… il n’y aurait pas eu de Bible, il n’y aurait pas eu d’Abraham, il n’y aurait pas eu de Joseph, il n’y aurait pas eu d’enfants de Jacob réfugiés en Égypte, il n’y aurait pas eu de Moïse, il n’y aurait pas eu cette histoire d’Israël qui nous a finalement donné Jésus le Christ ! (Méditation extraite du site DEFAP)

En tant qu’enfants de la Bible nous avons donc un lien spécial, profond, indestructible, avec le migrant, quel qu’il soit ! Nous avons une fraternité souterraine avec les partants, les arrivants, les déplacés ! Fraternité humaine tout simplement, universelle ! Mais au-delà, divine fraternité !

Sans doute ne sommes-nous pas capables de vivre quotidiennement au diapason de cette réalité spirituelle, ni d’endosser les exigences qu’elle comporte. Et si nous pouvons porter nos frères et sœurs dans la prière nous ne pouvons transformer véritablement leur sort immédiat, nous nous montrons si peu aptes à les porter dans leurs difficultés, leurs souffrances !

Mais déjà il nous est demandé de pleurer avec ceux qui pleurent, comme d’être dans la joie avec ceux qui sont dans la joie. Il nous est demandé de conjuguer, même dans le désordre, les gestes de la petite bonté. Il nous est encore demandé, quand nous en avons les talents,  d’organiser avec d’autres les grands secours, et de réfléchir avec d’autres pour apporter des réponses à plus long terme.

Mais quoi que nous fassions, n’oublions jamais qu’une foule n’est pas seulement une foule – mais un ensemble de visages, de noms, d’histoires singulières. Et quand l’ l’Histoire les transforme en destins tragiques, il nous incombe de ne pas nous détourner, et, quand la tentation s’exprime, dans notre société, de l’indifférence ou du rejet, il nous faut simplement rappeler que « ces étrangers et errants sur la terre et sur les mers », cela fut peut-être autrefois, cela aurait pu être aujourd’hui, cela pourrait être un jour, nous-mêmes, ou nos enfants, ou les enfants de nos enfants…

Car nous sommes étrangers et voyageurs sur la terre.

Prière

Seigneur, notre Dieu et
notre Père,
Des visages inconnus, d’hommes, de femmes,
De vieux, de jeunes, d’enfants reprennent les chemins de l’exil, de la
déportation et de l’arrachement.
Toi qui as pris le visage de celui qui n’a pas trouvé une pierre
où poser sa tête, Jésus Christ
Nous te confions ces populations
en déshérence, nous avons confiance que
Tu es avec chacun d’eux.
Nous voulons recevoir, réentendre l’exigence de ton appel d’accueil, de
partage et de solidarité.
Crée en nous, au sein de nos communautés, la
capacité de s’émouvoir, le courage de l’indignation et l’humilité de l’action.

Amen

Prière rédigée à l’occasion de l’assemblée générale de la réunion des Églises francophones.