Découvrir Martin Luther King à travers le film SELMA

Comment parler du pasteur Martin Luther King et du mouvement non violent pour la justice et contre le racisme en catéchèse ? Un seul film de long métrage existe à ce sujet: Selma (durée 2h08). Il était dans nos cinémas en 2014, mais on le trouve toujours sur DVD ou en location.

 

 

Résumé minute par minute du film SELMA 

 

 

 

 

0:00  

Discours de MLK au moment quand il reçoit le prix Nobel de la paix en 1964.

Il accepte la distinction au nom de celles et ceux qui ont trouvé la mort dans des attentats racistes.

Le film montre ensuite des enfants dans une église qui meurent d’une explosion (allusion à une explosion qui détruit l’église baptiste du n°16 de la rue de Birmingham / Alabama en 1963, tuant quatre jeunes filles noires et blessant 22 enfants.)

6:00

Annie Lee Cooper (1910-2010) (Oprah Winfrey) tente de s’inscrire sur les listes électorales mais est refoulé par un simple employé qui d’ailleurs la tutoie et l’humilie.

> exemple de la ségrégation appliquée

8:00

Rencontre du président Johnson et de Martin Luther King. L’échange montre qu’ils sont d’accord sur la principe : La loi sur le droit de vote doit être appliquée, aussi dans les états du Sud, mais comment s’y prendre ? Etre plus patients pour ne pas provoquer des émeutes (Johnson) ou se montrer plus déterminé (MLK). MLK: « Le Sud ne peut pas attendre ».

> exemple de politique qui n’ose pas prendre position

12:40

MLK et des collaborateurs à Selma, Alabama

Préparation d’une action pour faire avancer les droits de la population afro-américaine

MlK est giflé par un homme blanc mais il garde son calme; ses amis disent à plusieurs reprises : « l’endroit  (Selma) « est vraiment idéal. »

> explique le choix du film de se concentrer sur ce lieu

15:07

Le président Johnson se concerte avec un responsable du FBI. MLK est de toute façon déjà sous surveillance (montré dans le film par l’écriture d’une machine à écrire qui résume des faits.) Maintenant on décide d’éténdre cette surveillance aussi à l’épouse dans le but de déstabiliser le couple et ainsi de calmer MLK.

16:00

La famille King reçoit  des coups de fil de menace. Echange du couple King sur les dangers qu’ils courent.

19:50

MLK téléphone à une amie pour être réconforté. Elle lui chante un gospel au téléphone.

On le voit ensuite en déplacement avec des collaborateurs.

24:30

Discours de MLK à Selma : résumé des injustices provoquées par la ségrégation et demande de droit de vote.

27:20 échange et discussion des collaborateurs sur le sens de leur action.

32:00 tentative de s’inscrire en masse sur les listes électorales au tribunal à Selma ; violence contre des manifestants non-violents ; Annie Lee, outrée, frappe le Shérif Jim Clark. Elle et d’autres responsables du sit-in sont mis en prison.

34:50

Discours de George Wallace, Gouverneur d’Alabamav (1919-1998) (Tim Roth)
défenseur de la ségrégation et de la suprématie blanche; les événements sont pour lui la preuve que la population noire est un danger pour la société 

36:30

MLK discute avec un ami dans la prison sur le sens de leur mission / moment de doute et de fatigue et de soutien réciproque

40:30

rencontre entre Malcolm X et Coretta Scott King, Malcom X propose son soutien que MLK refuse

44:00

George Wallace autorise une attaque contre un petit groupe de militants afro américain,

beaucoup de blessés et un jeune, J. Jackson,  meurt.

50:00

Discours de MLK aux obsèques de J. Jackson où il appelle de nouveau au combat pour la justice.

1:02:00

les gens de Selma sont prêts de marcher de Selma à la capitale de l’Etat à Montgomery pour réclamer justice ; bien que MLK décide de rester à la maison auprès de sa famille après une crise dans le couple

1:04: 00

La marche se met en place des deux côtés : manifestants qui s’entrainent à la non-violence et la police blanche qui se prépare au combat

1:07:00

la marche se met en route

un journaliste fait le commentaire en direct et devient témoin de la violence faite aux manifestants, les images sont envoyées en direct sur la télévision;  (attention les images peuvent choquer, mais c’est le sommet du film) à partir de là le destin va tourner car les Etats Unis sont sous le choc que de tels événement puissent se produire dans leur pays

1:15:00

de nouveau la question se pose : faut-il rester non-violent face à une telle violence et au grand nombre de victimes ?

1:16:30

MLK prend la parole: tous doivent être solidaires dans le combat contre l’injustice;

des milliers des personnes (noirs et blancs) se déplacent vers Selma   

1:18:00 Johnson essaie toujours de calmer les deux côtés; il veut éviter la marche

1:21:00 la deuxième marche se met en route avec MLK en première ligne et d’autres représentants de religions diverses avec lui

1:23:00 MLK ne fait pas confiance au calme de la police et convainc tout le monde à faire demi-tour sur le pont pour éviter de nouvelles victimes

1:29:00 deux blancs qui avaient assisté à la marche sont tués par des membres du KukuxKlan

1:31:00 MLK discute avec Johnson au téléphone : qui peut et doit intervenir ? MLK ou Johnson ?

1:38:00

MLK et d’autres devant le tribunal pour porter plainte contre les violences faites aux manifestants; le tribunal leur donne raison et donne son accord pour une marche officielle et légale de Selma à Montgommery

1:42:00 le gouverneur essaie de convaincre le président Johnson; enfin Johnson bouge et se met du côté des manifestants publiquement et soumet une loi qui oblige à ce que le droit de vote soit mis en place partout

1:48:00 La troisième marche se fait sous le regard des médias, soutenus par des nombreuses personnes sur place, blanc et noirs main dans la main et protégés par les militaires

Cette dernière séquence mélange des images du film et des vraies photos et scènes filmées de l’époque; le film montre aussi les adversaires, mais cette fois si démunis devant la foule et la protection du gouvernement

1:51:00

Discours de MLK devant le tribunal à Montgomery

C’est un résumé aussi de ce qui est obtenu et gagné

Derniers mots du film : Le Seigneur fait voir la Gloire, Gloire à Dieu, Alléluia, la vérité est le chemin de Dieu

Ensuite, c’est le générique du film avec la chanson

« Glory » qui a gagné l’Oscar 2015 et le Golden Globe 2015 de la meilleure chanson originale écrite et composée par John Legend and Common

Animation possible avec des catéchumènes et jeunes :

Le film Selma se prête pour travailler avec des jeunes sur le personnage de Martin Luther King et les enjeux autour du combat pour la justice pour la population afro américaine.

Pourtant il y a à mes yeux deux difficultés : Primo: Le film est long et connait, pour le voir avec un public jeune, quelques longueurs. Deuxio: Surtout au début du film, sans connaissance préalable au sujet, le spectateur va être perdu et ne comprendra pas le contexte.

Comment j’ai procédé moi avec un groupe de collégiens pour une durée de 75 minute de séance:

  • écrire les lettres MLK sur une grande feuille …est ce que cela vous dit quelque chose ?

(dans mon groupe non)

  • j’ai ajouté en dessous le nom entier : Martin Luther King

il y a eu vite des premières réactions :

ah oui, c’est celui qui a vécu il y a 500 ans! Ah non, ce n’est pas lui, ce n’est pas le même ! Lui, il était contre les racistes ! Non, ça c’était Nelson Mandela …etc etc .

j’ai noté quelques brides d’informations sur la feuille du papier et j’ai donné des premiers indications pour situer le personnage.

  • nous nous sommes donnés un temps de recherche : j’ai distribué diverses sources d’information : des BD qui racontent la vie de Martin Luther King, un article, des extraits de livre. Chacun ou parfois par deux ils sont consulté le matériel. des informations intéressantes étaient notées sur notre grand brouillon.
  • ensuite nous avons vu trois extraits du film (après explication et introduction dans le contexte du film) :

1) 6:00 à 8:00 

(Annie Lee Cooper (1910-2010) (Oprah Winfrey) tente de s’inscrire sur la liste de votant mais qui est refoulé par un simple employé qui d’ailleurs la tutoie et humilie.

> exemple de la ségrégation appliquée

> temps d’échange avec les jeunes pour lier cet extrait avec d’autres exemples de discrimination et de  ségrégation  qu’ils avaient trouvé dans leurs lectures

2) 1:04: 00

La marche se met en place de deux côtés: manifestants qui s’entraient à la non violence et la police blanche qui se prépare au combat

1:07:00

la marche se met en route

un journaliste fait le commenter en direct et devient témoin de la violence faite aux manifestants, les images sont envoyées en direct sur la télévision;  (attention les images peuvent choquer, mais c’est le sommet du film) à partir de là le destin va tourner car les Etats Unis sont sous le choc que des tels événement peuvent se produire dans leur pays

1:15:00

de nouveau la question se pose : faut il rester non violent face à une telle violence faite et vue les victimes que cela provoque ?

> temps de discussion avec les jeunes : quels sont vos réactions après ces images ? et puis la question : quel aurait été votre conseil dans cette situation ? que faire à leur place ?

j’ai ensuite résumé la suite / la deuxième marche et le demi tour des participants

puis vision de la dernière partie du film:

3)  1:38:00

MLK et d’autres devant le tribunal pour porter plainte contre la violence faite aux manifestants; le tribunal donne raison et donne l’accord pour une marche officielle et légale de Selma à Montgommery

1:42:00 le gouverneur essaie de convaincre le président Johnson; enfin Johnson bouge et se met de côté des manifestants publiquement et soumet une loi qui oblige à ce que le droit de vote soit mise en place partout

1:48:00 La troisième marche se fait sous le regard des médias, soutenus par des nombreuses personnes sur places, blanc et noirs mains dans la main et protégé par le militaire

cette dernière séquence mélange des images du film et des vraies photos et passages filmés de l’époque; le film montre aussi les adversaires, mais cette fois si démunis devant la foule et la protection du gouvernement

1:51:00

discours de MLK devant le tribunal à Montgomery

c’est un résumé aussi de ce qui est obtenu et gagné

derniers mots du film : le seigneur fait voir la Gloire , Gloire à Dieu alleluia , la vérité est le chemin de Dieu

(ensuite on passe sur le générique du film avec la chanson Glory)

> dans l’échange avec les jeunes nous avons surtout comparé la première et la deuxième marche : Qu’est ce qui a changé pour que cela a fonctionné cette fois ci ?

  • ils étaient plus nombreux
  • ils étaient solidaires entre diverses groupes de la société (diverses religions, diversité de couleurs de peau, des célébrités aussi qui se sont engagés … )
  • les médias ont mis de lumière sur l’injustice
  • ils étaient protégés par la loi (tribunal) et la force de l’armée (en cas où …) et par la prise de position (enfin) du président

quel argument ajoute MLK à la fin?  C’est pour la gloire de Dieu, lui a soutenu ce combat non violent

D’autres pistes d’exploration du film sont possibles. Pour ceci je conseille la fiche pédagogique sur http://www.e-media.ch/documents/showFile.asp?ID=6845.

Voici une liste de documents à consulter avec les enfants / jeunes :

  • Samuel Amedro / De Luther à Martin Luther King (2017) Editions Olivétan
  • Martin Luther King. Apôtre de la non-violence (2008) Croire Pocket
  • les chercheurs de Dieu Tome 14 (BD) (2002) Bayard Jeunesse
  • Teitelbaum, Helfand, Kumar / Martin Luther King JR. J’ai fait un rêve (BD) (2014)  Blue Lotus Prod
  • l’interview avec le Playboy (!) et d’autres textes de MLK sur

http://lunamia.free.fr/MLK_fichiers/ar_playboy.html

Christina Weinhold

 




Prière-slam « Sola gratia, Sola Fidei »

people-2567915_640Cette prière sous forme de Slam a été écrite par des jeunes des EUL pour exprimer leur quotidien, leurs joies et peines… mais aussi leur espérance ! Merci à eux.

 

Enchaîné par un regard, je trébuche il se marre.

Enfermé, au placard, je me tais, page noire.

Jeté dans l’oubli, je me noie et subis, silence et oubli,

En prison dans ma tête, pas le cœur à la fête.

Grands et forts font la loi. Ils m’empêchent d’être moi.

Déchaîné par l’amour : Danse, chants, pleurs et rires,

Tout me paraît moins lourd, Ecouter ce que mon cœur dit,

En conscience être moi, faire ce qui me tient en vie,

Lui, le Grand, fort, le Roi, son pardon m’adoucit.

La Parole crée un lien, ouvre une porte vers toi.

Oser

Rêver

Protester

Un avenir donné

La vie à espérer

Un vent de liberté !

Merci pour votre fidélité à nos côtés.




Jeu Réform’Action

2017-10 Simul_boitePour couronner l’année de la  fête de la Réformation, voici un jeu de plateau, coopératif et d’équipe. A jouer à partir de 8 ans, en famille, entre amis ou entre adultes. Soirée plaisir garantie.

Présentation : Alerte générale ! Les trésors de la Réformation ont été volés et cachés dans une bibliothèque. Deux équipes d’enquêteurs se lancent à la recherche de ces objets, pour les rapporter au Musée de la Réformation. Le Directeur du musée (le meneur de jeu) pose des questions pour vérifier que les équipes d’enquêteurs sont bien des enquêteurs spécialistes des pièces anciennes et non les voleurs. Les enquêteurs rencontrent aussi quelques obstacles mais sauront, ensemble, les surmonter : c’est la force du travail en équipe.

Le jeu est basé sur une coopération de tous les joueurs. Deux équipes sont à la recherche des objets emblématiques de la Réforme cachés dans une bibliothèque par des voleurs. La mission des joueurs est de retrouver et de rassembler les trésors volés dans une valise pour les restituer au Musée de la Réformation. Le jeu situe l’action aujourd’hui et met les joueurs en situation de recherche de 8 trésors volés.

En vente au Service de l’Enseignement religieux et de la Catéchèse 22€50 + frais de port

pour voir la vidéo

pour télécharger le Dossier de presse : présentation complète, variantes des règles du jeu…




Luther et la noix

walnuts-2312506_640« Luther et la noix » est une narration librement traduite par Catherine Ulrich, d’un événement de la vie de Martin Luther…

Matériel : une noix par enfant, une bougie, une Bible

 

En Allemagne, dans la petite ville d’Eisleben, à la fin du XVème siècle…

Martin jouait avec ses amis. Les billes rebondissaient sur les pavés. Il en avait déjà gagné plusieurs aujourd’hui. C’est alors qu’il entendit sa maman l’appeler.

-Je reviens tout de suite !

-Martin, il faut que tu m’aides. Nous avons de la visite ce soir. Va me chercher un bol de farine et 20 noix.

Martin fila vers la cave, remplit le bol de farine d’avoine et se précipita vers le sac rempli de noix. Des noix !

Les enfants recevaient rarement des cadeaux à cette époque. Les sucreries n’existaient pas. Parfois, ils recevaient quelques grains de raisins secs. Et à Noël, des dattes ! Les enfants recevaient une noix quand ils avaient été particulièrement sages. Martin compta les noix à haute voix, il en avait l’eau à la bouche.

Et s’il en prenait 21 et en gardait une pour lui, qu’il dégusterait tranquillement dans la forêt ? Il en resterait plein, personne ne le remarquerait. Mais c’était seulement le printemps et les noix devaient suffire jusqu’en automne, Martin le savait. Allez, une, c’est rien, personne ne le saura. Vite, il cacha une noix dans les plis de sa chemise.

Avec ses deux mains, il porta le bol de farine et le sac de noix dans la cuisine.

– Merci, dit sa maman, cherche-moi encore du bois, puis tu pourras retourner jouer.

Mais Martin trébucha contre le coin du poêle. Il entendit la noix rebondir par terre. En entendant ce bruit, sa mère se tourna, vit la noix et le regarda dans les yeux.

– Tu as pris une noix !

Elle n’eut pas besoin d’en dire davantage. Martin savait qu’elle était très en colère. Chiper quelque chose, il n’en était pas question dans la famille de Luther ! Pour cela, on était sévèrement puni ! Martin se fit tout petit. Tout devint sombre autour de lui.

Le lendemain, Martin sentait encore les coups de bâton. Mais le pire, c’était la honte. Ses parents avaient certainement oublié ce qui s’était passé la veille, ils n’en parlaient plus. Mais Martin y pensait toujours. Ses parents lui avaient-ils pardonné ? Peut-être étaient-ils encore en colère contre lui ? Que pouvait-il faire pour être vraiment pardonné ?

Des années plus tard, Martin pensait encore à cette noix !

Entre temps, comme il était bon élève, il avait étudié la théologie. Mais une chose le tourmentait : comment faire pour que Dieu me pardonne, pour être son enfant bien-aimé ?

Ouvrir la Bible

 Martin cherchait dans la Bible, jour et nuit, une réponse à cette question. En fait, il avait la même peur devant Dieu qu’il avait enfant de ses parents.

Et soudain, Martin comprit ce qu’il lisait dans la Bible : nous ne pouvons rien faire pour que Dieu nous pardonne et nous aime. Dieu aime tous les êtres humains, quoiqu’ils aient fait. Cela s’appelle la Grâce. Jésus est venu dans le monde, il a souffert à la croix pour montrer aux hommes qu’ils n’ont pas besoin d’avoir peur de Dieu. Rien ne peut nous séparer de Dieu. Même si Dieu n’aime pas ce qu’on fait de mal, il continue de nous aimer, nous ! Tout devenait clair pour Martin. 

Allumer une bougie

Martin Luther avait découvert que la Bible entière montre l’amour de Dieu pour les êtres humains. Il suffit de le croire. Et quand on se sent aimé de Dieu, on a envie d’être bon avec les autres.

Martin a eu lui-même plusieurs enfants. De temps en temps, juste comme ça, pour rien, il aimait leur donner une noix

Distribuer une noix à chaque enfant.

Remarque : préciser, lors des échanges avec les enfants, que les châtiments corporels sont maintenant proscrits.

 Libre traduction de l’allemand par Catherine ULRICH, service de l’enseignement religieux et de la catéchèse, UEPAL, catherine.ulrich@uepal.fr




Luther dessine-moi une rose

luther-2623843_640Voici une petite saynète (comprenant quatre personnages) pour présenter Luther, et plus particulièrement sa vie et sa rose. Trois personnages sont actuels… le ernier est tout logiquement Luther ! Saynète proposée par Corinne Scheele.

4 Personnages : Luther , un Couple : Francis et Jeannette (ou tout autre couple !) et une Vendeuse

Accessoires : Poupée Dark Vador, Canard Luther, Lutherol, rose de Luther, Pancarte de magasin : « À la bonne réforme », Pancartes « Promotions de la semaine »,  T-Shirt Réformation (vendeuse), Carton, Playmobi Luther, Plume, Encrier, Bible, Bible grec et un Cahier

Jeannette et Francis se promènent, comme dans une rue piétonne

Jeannette : eh bien, Francis, je suis heureuse d’avoir fini nos emplettes ! Nous avons trouvé des cadeaux pour tout le monde, nous allons faire des heureux ce dimanche !

Francis : à qui le dis-tu? Je déteste faire les magasins ! Surtout le samedi, avec tous ces retraités qui se pressent, alors qu’ils ont toute la semaine pour se dégourdir les jambes en ville, non ?

Jeannette : Rohh, arrête de râler, pense plutôt à la joie de ton petit-fils quand il va découvrir son jouet !

Francis : tu as raison… Alors, ça, il va adorer (il sort la poupée Dark Vador), ce truc est trop rigolo, avec sa cape, et son…

Jeannette : cependant, je ne vois toujours pas ce que c’est, ce personnage, on dirait le pasteur, le dimanche, avec un casque de motard !

Francis : mais enfin Jeannette, Stars Wars? (Jeannette fait non de la tête) La guerre des étoiles? Luke Skywalker? Dark Vador ?

Jeannette : Dark Vador?

Francis : c’est lui, Dark Vador ! (prend une voix sépulcrale) Je suis ton père !

Jeannette : je suis ton père? Mais qui voudrait d’un père pareil ? Il est flippant, ton père !!

Francis : ben oui, d’ailleurs, quand Luke Skywalker combat avec lui, avec son épée laser, il ne sait pas que c’est son père, parce que tu comprends, Dark Vador, c’est le méchant de l’histoire ! D’ailleurs, qu’est-ce que tu crois que ça veut dire, Dark Vador, hein? Figure toi qu’en hollandais, Père se dit Vader, donc certains pensent que…

Jeannette : mais qu’est ce que c’est que ce cadeau, Francis? Tu veux que ton petit-fils fasse des cauchemars ?

Francis : mais non, je… (il regarde autour de lui pour trouver un échappatoire à la conversation) oh, Jeannette, regarde, une nouvelle boutique !  Ils s’approchent

Jeannette, regardant les pancartes : « À la bonne Réforme »… oh, regarde, ils font des promotions !

Francis, (voulant faire oublier la précédente discussion) : on peut y faire un tour, si tu veux?

Jeannette, (souriant en se moquant de lui) : Francis, au fond de toi, je crois que tu es un retraité qui adore faire les magasins le samedi ! Ils entrent, et commencent à regarder les objets vendus

Jeannette : Oh, regarde, le joli playmobil !

Francis : Ah, parce que lui, il ne ressemble pas au pasteur ?

Jeannette : Rohh, comme tu es ! Oh, regarde, le petit canard, comme il est rigolo !

Francis : Tu devrais plutôt prendre ça, non, ça ressemble à des médicaments : voyons voir, du… Lutherol… qu’est-ce que c’est que ça? Quelle drôle de boutique… !

Jeannette : en effet… que peut bien signifier ce symbole (prenant la rose de Luther)

Vendeuse, arrivant : bonjour Monsieur-dame ! Bienvenue à « La bonne réforme » !

Jeannette : Bonjour Madame, nous nous demandions quel était l’objet de votre boutique ? Ce bonhomme, là?

Vendeuse : Non, non, vous n’y êtes pas ! Ce que vous voyez là, ce sont des petits objets rigolos pour parler de grandes choses ! C’est que cette année, nous fêtons un grand anniversaire, 500 ans que ce petit bonhomme, justement, Luther, nous a rendu le Père !

Jeannette : Le Père? (S’adressant à Francis) Décidément, après Dark Vador…

Vendeuse : Ne bougez pas, je vais vous chercher de la documentation pour vous expliquer tout ça… (Elle s’en va ; Francis et Jeannette restent là)

 Cantique (installation Luther qui écrit, traduisant)

Luther : Alors, voyons voir : dikaïosunè gar théou èn autô apokaluptetaï ek pisteos eïs pistine, katos guegtaptai : o dé dikaïos ék pisteos ksèsetaï.. ok, facile : c’est en lui, en effet, que la justice de Dieu est … apokaluptetaï… hon… (se gratte la tête… regarde autour de lui, remarque Jeannette et Francis)… eh vous, apokaluptetaï, vous traduisez comment?

Francis : Eh bien, euh, je ne sais pas trop…

Luther : Vous n’avez pas fait de grec?

Jeannette : Eh bien, euh, non…

Luther : Hon, alors j’imagine que l’hébreu, je repasserai… bon, tant pis… (Revenant à ses affaires)… apoka -machin : révélée, ainsi qu’il écrit : le juste vivra par la foi… (Content de lui) yeap !

Jeannette : Excusez-nous, Monsieur, euh, mais que faites-vous?

Luther : Luther, ma bonne dame, Martin Luther, pour vous servir ! Enfin, pour servir Dieu, et donc du coup, pour vous servir, vous voyez, quoi…

Francis : Pas vraiment, non…

Luther : Je traduis la bible, mon bon monsieur ! Pour vous !

Francis : C’est fort gentil, Monsieur, mais j’ai ce qu’il faut à la maison, une bible déjà toute en français!

Luther : (interloqué) ah bon? (Regarde autour de lui) ah oui, pardon, j’avais oublié où j’étais, tout occupé que j’étais à ma tâche… Mais revenons au passé ! Il y a 500 ans, vous n’auriez pas pu avoir une bible en langue vernaculaire dans vos mains !

Francis : En verna-quoi ? Qu’est ce que j’en ferais?

Luther : Vernaculaire, la langue que vous parlez, vous, donc le français pour vous… sans vouloir me vanter, c’est un peu grâce à moi que vous pouvez la lire, vous faire une opinion par vous-même, et rencontrer le Père !

Francis : Comment ça?

Luther : Moi, j’étais un moine ! Comme la plupart des moines de mon époque, je ne connaissais pas la bible par moi-même, en entrant au couvent… d’ailleurs, personne ne l’avait jamais lu, parmi le peuple, puisque la bible était toujours lue en latin, et que seule une poignée de gens avait appris le latin! Moi, avant d’ouvrir la bible, j’étais bien obligé de croire, comme tout le monde, ce que disaient les prêtres, ceux qui savaient ! Alors je vivais dans la peur, nous vivions dans la peur, vous n’imaginez même pas, du péché, le véniel, le capital, de l’enfer, du Purgatoire, de Dieu lui-même !! Alors, vous comprenez, payer des indulgences pour aller plus vite au paradis ou éviter l’enfer, pour soi-même ou pour ses proches, morts ou vivants, ben on était d’accord ! Un peu d’argent éphémère contre le paradis éternel, ce n’était pas si choquant, au fond !

Jeannette : Et qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?

Luther : J’ai ouvert la bible, ma chère, j’ai pu lire par moi-même ! Et là? Là? Incroyable ! Incroyable, je vous dis ! Le Dieu qu’on nous vendait, au sens littéral, c’était portnawak !! La grâce, sola gratia, La foi, sola fide, ce sont ses premiers et derniers mots, Jean-Pierre !!

Francis : Non, moi, c’est Francis !

Luther : Justement ! Dieu sait comment vous vous appelez, Francis, et il vous aime, vous !!

Francis (en montrant sa femme) : et Jeannette ? Elle aussi, il l’aime?

Luther : elle aussi, bien sûr ! Et tout ce que vous avez à faire, c’est de croire en cet amour, c’est de l’accepter, c’est avoir foi en ce Père que Jésus-Christ est venu nous révéler ! Au diable les indulgences! Payer la grâce de Dieu!!?? Mais enfin, quel mensonge !!! Rien que d’y penser, ça m’énerve encore !!

Jeannette : Respirez, à votre âge, ce n’est pas conseillé !! Voilà, c’est mieux… alors, qu’avez-vous fait?

Luther : J’ai enfoncé le clou, vous pensez ! J’ai placardé mes 95 thèses contre les indulgences sur la porte de l’Eglise de Wittenberg !! Paf paf paf !!

Jeannette : Et que s’est-il passé?

Luther : Oh, j’ai eu un chouïa d’ennuis après, évidemment… on a cherché à me faire taire, même à me tuer, mon Église m’a fichu dehors, plutôt méchamment ! Heureusement, des gens ont compris mon combat, m’ont protégé et m’ont aidé… ainsi, j’ai pu continuer mon travail : j’ai traduit toute la bible, depuis l’hébreu et le grec, en allemand, pour que tout le monde puisse la lire… donc, Francis, en langue quoi, si vous m’avez écouté ?

Francis : En langue vernaculaire, j’ai bien compris… bravo, sacré travail ! Et après?

Luther : Après, grâce à tout cela, et parce que des princes étaient acquis à ma cause, j’ai pu reprendre une vie normale… enfin, normale, j’ai épousé une bonne sœur, moi, l’ancien moine, et j’ai continué mon ministère, à partager le trésor de la bible, sola scriptura, la grâce de Dieu, sola gratia, et la foi de l’homme en réponse, sola fide !! De bourgade en bourgade, de région en région, de pays en pays, chacun homme a pu rencontrer Dieu et sa parole lui-même !

Jeannette : Monsieur Luther !! Quel homme !! Que ne savez-vous faire ? (Prenant la rose) C’est vous qui avez dessiné cette charmante rose?

Luther : Monsieur Francis, vous en avez de la chance, avec Madame Jeannette, elle est charmante, elle me fait penser à ma chère Catherine, si attentive… oui, chère madame, dans cette petite rose, j’ai dessiné l’essentiel de ma foi…

Jeannette : Dites-nous !

Luther : Une seconde, le temps que je rassemble mes affaires… pendant ce temps-là, chantez, chantez la grâce du Seigneur!

Cantique

Jeannette : Alors, Monsieur Luther ?

Luther : Oui, donc… (Il dessine en même temps) tout part du centre, là… qu’est ce qui est au centre de la foi? La Croix, La Croix du Christ, mort et ressuscité à Pâques !! C’est le centre… puisque c’est le centre, c’est dans notre cœur, c’est ce qui nous donne vie, c’est ce qui nous motive !! Cœur, donc… vous suivez? Ok… quand on vit avec Jésus dans le cœur, notre vie est transformée, comme on est aimé, on aime à notre tour, voici la rose blanche, symbole de la foi qui rayonne autour de nous, symbole de la joie et de la paix ! Pour nous y aider, Dieu est avec nous par son esprit, avec les petites flammes qui sont là, l’esprit qui donne au croyant de rayonner !! Tout cela, nous le vivons sous le bleu du ciel, couleur de l’espérance que nous donne Dieu ! Et tout cela, encore, est dans un cercle doré, comme l’or, qui est éternel, pour rappeler que la promesse de Dieu à notre égard ne passera pas…

Francis : Pas mal, vous pourriez bosser dans La PUB !

Jeannette : Mais c’est superbe, en fait, votre rose, c’est vrai qu’il y a toute la relation entre Dieu et l’homme !

Luther : Tout à fait, merci Jeannette ! Comme dit, Francis, vous avez de la chance de…

Francis : Oui, c’est bon, j’ai compris ! (Se tournant vers Jeannette) … c’est quand même franchement pas mal, ça, on pourrait acheter quelques roses à offrir dimanche, tu ne crois pas?

(Pendant ce temps là, Luther s’est éclipsé) Monsieur Luther, on va prendre une douzaine de roses à offrir, s’il vous plaît ?

(La vendeuse revient, les bras chargés de sa documentation)

Vendeuse : Pardon? Il n’y a que moi ici… voilà, j’ai trouvé de quoi satisfaire toute votre curiosité à propos de Luther!

Jeannette : Non, merci, ça ira, nous avons réfléchi, pendant votre absence, et nous avons décidé de prendre des roses… et un playmobil pour notre petit-fils, un canard pour moi, et du Lutherol pour Francis (qui fait la moue)

Vendeuse: Ah bon, très bien… (elle calcule et tend la note au couple, qui la regarde)

Jeannette : Mais vous n’avez pas compté les roses ?

Vendeuse : Ah, mais non, Madame, les roses, c’est gratuit, comme la grâce de Dieu !

Chant des enfants : Libre Martin (sur la musique de Pauvre Martin, de Georges Brassens)

1/ Avec une Bible à l’épaule, avec son cœur et son allant, avec son cœur et son allant ;

Avec à l’âme un grand courage, il s’en allait prêcher aux gens.

Refrain : Libre Martin, Martin Luther, parcourt la terre, défie le temps.

2/ Pour semer la Parole de vie, de l’aurore jusqu’au couchant, de l’aurore jusqu’au couchant,

Il annonçait partout la grâce, en tous les lieux par tous les temps.

3/ Sans laisser voir sur son visage, ni l’air blasé, ni l’air pédant, ni l’air blasé, ni l’air pédant,

Il traduisait de page en page l’amour de Dieu pour les vivants.

4/ Et quand les grands lui ont fait signe de s’arrêter encore à temps, de s’arrêter encore à temps,

Il se leva et d’un air digne il refusa de faire semblant.

5/ Et aujourd’hui fils de Luther, fils de Calvin, fiers protestants, fils de Calvin, fiers protestants,

Nous disons tous sans frontière : de Dieu nous sommes les enfants.

Refrain final : Merci Calvin, merci Luther, Dieu nous libère, nous sommes vivants !

 

(Les enfants regagnent leur place)

Épilogue

Jeannette : Eh bien Francis, cette fois ci, je suis bien contente d’avoir fini nos emplettes, et quelles emplettes ! Ces dernières, tu vois, je les ai dans mon cœur, j’ai envie de faire pousser des roses en moi et autour de moi !

Francis : Moi aussi… sacrée rencontre, ce Luther qui nous a rendu le Père…

Jeannette : Et Dark Vador, alors ?

Francis : Ben tu l’as dit toi-même : on dira que c’est le pasteur avec un casque de moto, ça les fera rire !

Auteure : Corine Scheele