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J’aime raconter les histoires : je racontais naturellement aux enfants de l’école biblique ou lors de cultes pour tout-petits ou lors des cultes de famille ou même lors de prédications narratives. Mais pas au catéchisme. Je n’y avais jamais réfléchi, jusqu’à ce que mon fils aîné commence le catéchisme et m’interroge. Pourquoi ? Parce que les différents matériels catéchétiques en ma possession ne le proposent pas, parce que je voulais encourager mes catéchumènes à lire leur bible et découvrir les textes par eux-mêmes et non par le prisme de mon récit.

Mais en y réfléchissant, est-ce qu’entendre une histoire ne peut pas donner envie de la lire ? Est-ce que les histoires bibliques n’ont pas été faites avant tout pour être racontées ? Est-ce que la liberté de raconter que je prenais en tant que prédicatrice n’était pas aussi envisageable au catéchisme ? Est-ce que je ne me leurrais pas en espérant que mes catéchumènes auraient une lecture personnelle des textes bibliques alors que leur niveau de lecture et/ou de compréhension (surtout du symbolique) est souvent problématique ?
Alors, j’ai voulu essayer avec un thème qui d’habitude ne passionne pas mes catéchumènes : la prière. Et non seulement, ils ont écouté l’histoire (vraiment écouté !), mais ils se sont impliqués beaucoup plus dans les échanges et discussions qui ont suivis. Petit retour d’expérience…

Démarche :

– La parabole du pharisien et du publicain racontée sous forme de kamishibaï
Textes (d’après Luc, 18/9-14) :
1. Certains croyaient être justes et ils méprisaient les autres. Pour eux, Jésus raconte cette histoire.
2. Deux hommes vont au Temple de Jérusalem pour prier. L’un est pharisien : il respecte toutes les lois et tous les commandements contenus dans la loi de Moïse et dans la tradition du peuple de Jésus. L’autre travaille pour les Romains : il collecte l’argent des impôts et des taxes.
3. Le pharisien se met devant. L’employé des impôts, lui, reste derrière.
4. Le pharisien s’adresse à Dieu et dit : « Je te remercie Seigneur, parce que je ne suis pas comme les autres. Les autres sont voleurs, injustes ou bien ils ne sont pas fidèles à leur femme…
5. Moi, je ne suis pas comme cet employé des impôts. Je jeûne deux fois par semaine et je te donne le 10ème de tout ce que je gagne. »
6. L’employé des impôts, lui n’ose même pas lever les yeux vers le ciel. Il se frappe la poitrine pour demander pardon à Dieu et il dit : « Seigneur, prends pitié de moi, pardonne-moi de ne pas vivre selon ta volonté. »
7. Jésus dit pour conclure :
« Je vous le dis, l’employé des impôts rentre chez lui et Dieu le regarde avec bienveillance. Mais ce n’est pas le cas du Pharisien. »
Images 1, et 3 à 7 basées sur : http://www.freebibleimages.org/illustrations/pharisee-tax-collector/
Image 2 : Dessin du temple de Jérusalem

– A partir de cette histoire : Qu’est-ce que la prière ? Travail d’abord en binôme, puis en grand groupe, sur le document suivant : Prierdoc.

– Après discussion en grand groupe, rédaction de la conclusion : Prier, c’est s’adresser à Dieu, mais en fait, prier c’est un peu dialoguer car celui qui prie s’adresse à Dieu, se présente devant Dieu dans la réalité de sa vie, et il peut le faire parce qu’il sait que Dieu l’aime, l’écoute et lui répond.

– Qu’est-ce qu’on dit dans la prière ? Discussion en grand groupe sous forme de « brain storming » : on note sur un tableau tout ce qu’on peut dire dans la prière : dire merci, demander pour soi, pour les autres, demander pardon, pleurer… L’objectif est que les catéchumènes se rendent compte de la liberté offerte dans la prière. Prier ce n’est pas seulement réciter une prière apprise par cœur, ce n’est pas non plus dire ce qu’on croit que Dieu veut nous entendre dire, c’est être vrai devant lui.

– Mettre en lien ce que les catéchumènes proposent comme contenu de prière avec les noms traditionnels des prières : la louange (c’est la prière où nous admirons Dieu pour ce qu’il est et pour ce qu’il a fait) ; l’action de grâce (c’est la prière où nous remercions Dieu) ; la confession du péché (c’est la prière où nous lui confions tout ce qui pèse sur notre conscience et lui demandons pardon) ; la confession de foi (c’est l’expression de notre confiance) ; l’intercession (c’est la prière où nous demandons quelque chose à Dieu les uns pour les autres) ; le Notre Père : la prière que Jésus-Christ a enseignée à ses disciples.

Dans la prière, on peut aussi dire à Dieu notre colère, notre tristesse, notre angoisse, nos désirs, nos espoirs… Dieu peut recevoir et comprendre toute chose.

– Et après ? On peut poursuivre sur la question de l’exaucement (voir par exemple le témoignage de Martin Luther King dans Les cahiers du caté, tome 2, p. 14 d’Antoine Nouis)