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La parabole de la brebis perdue rejoint directement celle du fils prodigue qui suit. Nous y retrouvons la même pointe théologique : une recherche passionnée du sujet perdu  ;  la joie de l’avoir retrouvé ; une image d’un Dieu-Père.
De la même manière que le berger cherche sa brebis, Dieu, Lui, part à notre recherche, lorsque nous sommes perdus, égarés, déboussolés, sur le bord du chemin, exclu, etc. ..
•    Objectifs théologiques

– Découvrir que chacun de nous est UNIQUE aux yeux de Dieu (cf. Esaïe 43, 4 : «Tu as du prix à mes yeux et je t’aime »)
– Fondamentalement, ce n’est pas nous qui cherchons Dieu, c’est Dieu qui nous cherche inlassablement lorsque nous nous perdons ou nous nous sentons perdus. cf. liturgie du baptême : « … si nous aimons Dieu, c’est parce qu’Il nous a aimés le premier…
– Comprendre le sens de « être perdu »/ « être retrouvé »
– Découvrir la joie de Dieu lorsqu’il nous trouve.

=> Attention, question : Il y a Dieu qui nous cherche, OK, mais nous, est-ce que nous nous laissons trouver par Lui ? Est-ce que l’être humain ne joue pas parfois à cache- cache avec Dieu ?
– Dieu nous aime indépendamment de ce que nous avons fait
– Découvrir la figure de Dieu le Père

•    Objectifs pédagogiques

Attention : Bien mémoriser la parabole du berger !

•    Matériel

=> Pour mimer la scène de la brebis perdue, de quoi fabriquer des brebis en carton (carton, coton etc.), scotch, ciseaux, patafixe

=> Texte biblique : Luc 15,1-7 – La brebis perdue et retrouvée

Les collecteurs d’impôts et autres gens de mauvaise réputation s’approchaient tous de Jésus pour l’écouter. Les Pharisiens et les maîtres de la loi critiquaient Jésus ; ils disaient : « Cet homme fait bon accueil aux gens de mauvaise réputation et il mange  même avec eux !» Jésus leur dit alors cette parabole  :  « Si quelqu’un parmi vous possède cent moutons et qu’il perde l’un d’entre eux, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans leur pâturage pour partir à la recherche de celui qui est perdu jusqu’à ce qu’il le retrouve ? Et quand il l’a retrouvé, il est tout joyeux : il met le mouton sur ses épaules, il rentre chez lui, puis appelle ses amis et ses voisins et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé mon mouton, celui qui était perdu ! ”  De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui commence une vie nouvelle que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’en ont pas besoin. »

=> Chant : J’étais une brebis perdue

•    Commentaire de la brebis perdue

L’histoire de l’art nous montre à travers les siècles une image hyper connue du Berger avec la brebis sur ses épaules car dans Luc 15, la brebis est cherchée, trouvée et portée.
Pour les chrétiens, le berger qui charge la brebis sur ses épaules symbolise le Christ dont les bras ont été fixés sur la croix.
La religion a pu donner une image douçâtre de cette scène, mais la réalité connait la rugosité : la bête perdue est apeurée, épuisée. Elle ne facilite en rien la tâche de son sauveteur. Elle est aussi plus lourde qu’on ne l’imagine et elle ne sent pas bon !  Le langage de Jésus saisit la réalité sur le vif et actualise aussi la symbolique religieuse d’Israël (cf. psaume 23).

=> Comparer avec le fils prodigue :

Il y a plus de joie pour le retour d’un seul qui est « tombé » que pour ceux qui sont restés « à la maison ».

=> Contexte « rural »  de la parabole :

Une brebis peut tomber dans un ravin, ou être attaquée par une bête sauvage ou attraper de la fièvre => comme le troupeau avance, tout retardataire est menacé de catastrophe ; le malheur de l’animal commence par la solitude et l’abandon.

=> Exploitation pédagogique (faire l’expérience)

– La brebis perdue et portée est plus lourde qu’on ne pense = > jeu physique : porter un enfant en lui disant de se laisser faire (lourd !).
– La joie du berger est immense, explosive, il fait une « surprise party » : la perte d’un être rend celui -ci plus précieux ; et souvent, une fixation s’empare de celui qui le recherche.

=> Actualisation

Faire la comparaison avec une situation classique et connue des enfants : à la maison, quand un enfant est malade, on s’occupe prioritairement de lui et personne n’y voit une injustice (sauf peut-être une jalousie ici ou là de la part d’un frère ou d’une sœur ? )

•    Animations

1.) Éveil biblique :  

Pour les plus jeunes, cette histoire de la brebis est « parlante » et facile à mettre en scène :  la brebis peut être comparée à un doudou.
Le plus simple est de cacher à l’avance un objet (ou friandise) et de le faire chercher par les petits dans une pièce de votre choix. Sans doute faut-il ne pas le faire avec un vrai doudou car il risque d’y avoir un « psychodrame » ! Vous pouvez faire participer un paroissien (ou ado) complice qui raconte aux enfants qu’il est très embêté d’avoir perdu tel ou tel objet car il y tenait beaucoup, (c’est un souvenir de sa grand-mère etc.). Ex : une croix huguenote !

=> Bricolage à la fin : fabriquer des brebis avec du carton et du coton (modèle :cliquer ici)

2.) École biblique :   2 propositions (au choix)

a) À la recherche du texte  perdu (Puzzle)

Présenter le texte de la parabole sous forme de morceaux de puzzle que vous cachez préalablement. Vous racontez l’histoire tout en disant aux enfants : « ça alors, j’avais l’histoire ce matin dans mon sac et elle n’y est plus ! Où peut-elle être ? Bon, je vais vous la raconter… »
À la fin, vous leur dites que vous tenez beaucoup à retrouver le texte… » Venez m’aider à le chercher ! »

=> Envoyer les enfants dans une autre salle pour chercher les morceaux de puzzle : ainsi, vous reconstituez l’histoire ensemble.

Vous vérifiez ainsi que les enfants ont bien écouté l’histoire…  De cette manière, vous gardez la symbolique du « perdu/retrouvé ».
Si vous êtes un fin bricoleur, le texte dans son entier peut avoir la forme d’un mouton. Ainsi, quand la parabole est reconstituée, elle forme UN mouton unique, à l’instar de celui qui a été perdu.

b)  Jeu du Loto

On joue avant de raconter l’histoire

Support : les « tableaux » (ci-joints) qui représentent le désert où l’homme laisse ses 99 brebis.
Les « jetons » posées sur les cartes quand le numéro est nommé (entre 1 et 100) ont la forme de brebis.  (ou l’image d’une brebis)  = > il y a donc de plus en plus de brebis dans le désert.

– Mais il y a un problème : à la fin => en ‘comptant’ les brebis ainsi, il en manquera : quelques numéros ne sont (volontairement) pas nommés, de sorte que personne ne peut finir sa carte.  Ces numéros (en forme de brebis) seront préalablement cachés dans la salle de votre séance. C’est aux enfants de les chercher => Ainsi, ils vont « laisser » les autres brebis pour aller chercher « ‘celles qui sont perdues » et font donc (tout en jouant) l’expérience de ce qui arrive au berger de la parabole…

-Si un enfant trouve un numéro, il faut dire ce numéro (il appelle ses amis et ses voisins pour leur dire : Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouve mon mouton, qui était perdu !  v. 6), pour continuer le loto, jusqu’à que tout le monde ait fini. Donc : on laisse la majorité pour aller chercher quelques numéros/brebis/… perdus, jusqu’à ce qu’on la retrouve (cf. Lc 15,3-5).

Après : On raconte l’histoire de la brebis (v. 3-6) puis le « sens » de la parabole (v. 7).
Après : donner une brebis en forme de carton pour que les enfants y collent du coton + œil, pour coller dans le cahier.

Ou encore : dessiner et le jeu de devinette

Actualisation

– Dans une famille,  dans l’église, dans un groupe de copains-copines etc., il y a parfois des conflits, des disputes et des  personnes qui partent : c’est important de partir à leur recherche…Dans le cas des amis avec lesquels on peut se brouiller ,  la « tâche » que Jésus nous confie,  c’est d’essayer d’aller chercher,  « repêcher »   l’ami qui  est parti, qui nous tourne le dos  (ou à qui on a tourné le dos )pour essayer de le ramener à l’amitié…

– Autre exemple : l’exclusion sociale. Les personnes qui se sentent abandonnées de Dieu, ou de leurs familles, ou de leurs amis, par une situation de pauvreté, de solitude, parce qu’ils ont sombré dans l’alcool etc., sont aussi des « brebis perdues ».  Dans l’expression « brebis perdue », il faut entendre la souffrance et non pas un jugement de ce qu’elle a fait ou non.
Ex : Le SDF qui fait la manche dehors, son problème c’est de ne plus avoir de famille ou d’amis qui se soucient de lui. Sa souffrance à lui, c’est que personne ne part à sa recherche ! C’est que sa situation d’abandon n’émeut personne.

Temps de prière

Lire le psaume 23 qui compare Dieu à un Berger : ce psaume est si connu des protestants qu’il vaudrait le coup d’être appris par les enfants (et peut-être actualisé avec leurs mots à eux ?)

Crédit : Point KT