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L’âne de la crèche ne comprend pas ce qui arrive le soir de Noël. Mais il a bonne mémoire et se rappelle quelques événements où des membres de sa famille furent impliqués. Du coup bien des choses prennent un sens… le lecteur appréciera le premier poème de l’animal (qui s’exprime en alexandrins). Les notes de l’auteur, Thierry Baldensperger, pour chaque saynète, permettent aussi une approche théologique de l’histoire du Salut. On pourra s’en servir pour discuter du sens de cette pièce avec les enfants impliqués dans le jeu.

  • Cadre : 4 tableaux qui n’ont pas besoin de décors particulier, sinon celui de la crèche à la fin. Les enfants doivent pouvoir se déplacer d’un bout de la scène à l’autre pour illustrer un chemin parcouru. Entre chaque tableau, nous avons intercalé des refrains pour l’assemblée. Le tout dure une bonne demi-heure.
  • Matériel : Déguisements pour les enfants, des masques de carnaval pour l’âne et le bœuf. Éventuellement : un décor peint sur des grandes planches assemblées avec des charnières comme un paravent.
  •  Personnages : Un âne narrateur qui introduit la saynète et les tableaux. Il présente les histoires transmises dans sa famille.  Huit enfants au minimum avec, dans chaque tableau, deux rôles plus importants. Les autres rôles ont très peu de texte.
  • Déroulement : – L’âne narrateur  : Je suis un âne. Et ma famille depuis longtemps, fais de son mieux pour être au service des hommes. Mais aussi loin que je me souvienne, de tout temps, on nous regarde comme des bêtes de somme, qui ne pensent pas. Pourtant nous réfléchissons à ce qui nous arrive, à nos chers compagnons. Et Dieu sait – Lui qui nous fit bête mais non pas sots –que nous comprenons certaines choses bien plus tôt qu’eux-mêmes ! Voici quelques souvenirs importants que j’ai plaisir à vous partager maintenant.

1er tableau : Abraham et Isaac, deux serviteurs, l’âne et le chien d’Isaac [Genèse 22]

L’âne comprend l’obsession d’Abraham d’être fidèle à la Parole de Dieu. Mais là, ça vire au fanatisme. Il réfléchit et médite sur cette ligne de crête dangereuse : fidélité à la volonté de Dieu ou orgueil d’être le meilleur des fidèles ? Ici l’âne comprend avant Abraham que son Dieu aime avant tout la vie des hommes : un message pour aujourd’hui.

  • L’âne narrateur : Un vieil ancêtre nous racontait l’histoire du vieux patriarche Abraham qu’il a du accompagner un matin pour une étrange mission. Et je ne comprenais pas pourquoi ces hommes, parfois si croyants, en venaient à vouloir faire des horreurs par obéissance à Dieu.  Ecoutez plutôt !
  • Serviteur 1 (interpelle son collègue) : Bon tu te bouges là, il est nerveux comme un ciel d’orage, il faut partir. (Le serviteur finit de sceller l’âne. Baluchon et bois)
  • Serviteur 2 :   C’est bon, je fais de mon mieux. A cette heure on n’y voit rien. (Il crie) J’arrive maître, tout est prêt. (Fouettant l’âne)  Allez avance toi…
  • L’âne : Toujours le même qui prend. On s’agite, on s’énerve, il faut que tout le monde marque le pas.
  • Abraham (songeur et déterminé, il s’adresse au ciel) : Mon Dieu je te suis toujours resté fidèle. Mais aujourd’hui ta parole est redoutable, comme le glaive de l’ennemi. J’ai juré de ne pas m’en détourner ni à droite, ni à gauche. J’accomplirai ta volonté. (se tournant vers son fils) Allons en route. Isaac mon fils, viens près de moi. (La troupe se met en route. Le soir au bivouac. On s’installe près du feu.)
  • L’âne : Quelle journée épouvantable. Oh c’est pas la chaleur, ordinaire pour la saison, ni le bât bien chargé, comme d’habitude. Non, mais ce sont les questions qui tournent dans la tête. (Il s’adresse au chien) Qu’est-ce qu’il nous fait le patriarche ? On part en plein désert pour faire un sacrifice, j’ai tout le bois sur le dos, mais où est l’agneau ?
  • Le chien : Ce n’est pas par ici qu’il va trouver quelque chose d’honnête à sacrifier ! Et puis toujours cette manie du sang. Faut que ça saigne pour faire plaisir à Dieu ? Il paraît même que dans certaines tribus on sacrifie les enfants… Y sont malades !
  • L’âne :Ouais ben là tu vois, j’comprends plus rien…ça commence à m’inquiéter. Regarde-le : il n’arrête pas de pleurer dès que son fils lui adresse la parole. Qu’on me taille les oreilles si notre vieux maître n’est pas en train de nous cacher quelque chose.
  • Abraham (priant à l’écart) : Je déteste les hommes indécis et j’aime ta loi, tu es ma cachette et mon bouclier ; j’attends ta parole. Ma chair frissonne de la frayeur que tu inspires, je crains tes jugements (Ps 119, 113 et 120). (Isaac s’approche de lui mais Abraham le repousse, accablé, et poursuit sa prière) 
  • Abraham : Ma part, Seigneur, je le dis, c’est d’observer tes paroles. De tout mon cœur je cherche à t’apaiser, (chuchotant) fais moi grâce selon ce que tu as dit ! (Ps 119, 57).
  • L’âne : (regarde la scène et s’adresse au chien) Là mon pote, tout est dit. Tu peux dire adieu à ton maître… Notre bon vieux Abraham est convaincu de devoir sacrifier son fils… et il va le faire. Pris en tenaille entre la fidélité à son Dieu et l’amour de son fils unique. L’horreur… (On a compris qu’Abraham va sacrifier Isaac)
  •  Le chien : Quoi, qu’est-ce que tu racontes ?
  • L’âne : (Un instant pensif, l’âne se redresse, un éclair dans les yeux) Mais c’est n’importe quoi, ça peut pas marcher. Mes oreilles que demain soir on sera encore tous ensemble avec nos maîtres. Dieu ne veut pas la mort des hommes, c’est un Dieu créateur, c’est un Dieu de vie. Tu paries que tout va bien se finir ? Une sacrée leçon pour le vieux, mais une leçon pour la vie. Dis donc, là y m’a foutu les pétoches, le patriarche. Allez on va dormir, t’inquiète pas.
  • Le chien : (en partant) Bon, tu m’expliques ?

2ème tableau : Benjamin, 3 frères, un serviteur de Joseph et un soldat [Genèse 42]

L’âne de Benjamin a flairé le manège du sac contenant la coupe du pharaon qui devait aller sur la monture destinée à Benjamin. Il médite sur le pouvoir de Joseph devenu presque dieu et qui joue un peu trop avec son nouveau pouvoir.

  • L’âne narrateur : J’avais un cousin égyptien, aux écuries royales. Un jour il a été mêlé à une triste affaire. Je m’en souviens bien, c’était au moment de la grande famine et les gens venaient de partout pour se ravitailler en Égypte. Il faut dire que le Pharaon avait trouvé en la personne de Joseph quelqu’un qui avait su organiser les réserves de blé. Pourtant ce Joseph portait avec lui un gros problème. L’histoire a failli mal tourner.

Voix off qui annoncent le complot :

  • Joseph : Holà, serviteur.
  • Serviteur : Oui maître.
  •  Joseph : Tu prendras ma coupe royale et tu la glisseras discrètement dans le sac du plus jeune des hébreux, sur son âne. Prends garde. Personne ne doit te voir.
  • Serviteur : Bien maître. Ce sera fait sur l’heure. (Le serviteur rattrape les hébreux avec leurs besaces et l’âne de Benjamin)
  • Serviteur : Holà, qu’avez-vous fait ? L’Égypte vous nourrit et vous la volez ! La coupe royale de mon maître a disparu en même temps que vous. Mon maître vous accuse.
  • L’âne : (en aparté) Qu’est-ce que c’est que cette salade. J’ai bien vu moi que c’est lui qui a mis la coupe royale dans le sac…
  • Frère 1 : Non, Seigneur, jamais nous n’aurions agi de la sorte. Jamais nous n’avons pensé à voler ton maître.
  • Frère 2 : Entendons-nous. Fouille nos bagages et si tu trouves cette coupe dans les affaires de l’un de nôtre, qu’il soit mis à mort. Nous même serons alors tes esclaves. (Le serviteur fouille les bagages les uns après les autres. Il tombe sur la coupe dans le bagage de l’âne de Benjamin)
  •  Serviteur : Et ça c’est quoi ! Vous avez volé le Pharaon. Allez en route, demi-tour, vous devez quelques explications au Pharaon. (Retour vers l’Égypte)
  • Joseph : (en grande tenue, hautain) : une curieuse façon de me remercier !
  • Frère 1 : Pitié Seigneur, le sort s’acharne contre nous.
  • Frère 2 : Comment aurions nous pu faire une chose pareille…
  • L’âne  (en aparté) : Ça alors, il faut le voir pour le croire. On verserait une larme sur ces pauvres gars, ils ne toucheraient pas à une mouche.
  • Frère 3 : Prends-nous comme tes esclaves, mais laisse l’enfant. Il est innocent.
  • L’âne : Là c’est carrément le monde à l’envers. Il n’y a pourtant pas si longtemps qu’ils ont vendu leur propre frère Joseph comme esclave…
  • Joseph : Rentrez chez vous, mais celui chez qui on a trouvé la coupe reste ici, il sera mon esclave.
  • Frère 1  (s’approchant avec humilité) : Seigneur, ne te mets pas en colère. Mais sache que si tu retiens notre jeune frère son père mourra de chagrin. Il a déjà perdu un fils qui lui était cher et qu’il ne peut oublier. Perdre celui-ci serait le conduire à la mort.
  • L’âne : Ça me fait froid dans le dos ! Engrenage classique de la vengeance. D’abord on s’entretue. Ensuite on se rend compte qu’on est allé trop loin. Et pendant que les uns essayent de réparer les dégâts, l’autre en rajoute une couche… Espèces d’hommes ! Pourtant je suis sûr que Joseph a reconnu son jeune frère. A quoi il joue là ? On dirait que son nouveau rang lui monte à la tête. (Joseph, au bord des larmes se révèle à ses frères épouvantés de le retrouver dans cette situation)
  •  Joseph (aux soldats) : Sortez tous !
  • Joseph (à ses frères) : Je suis Joseph, votre frère que vous avez vendu pour l’Égypte. (Les frères ont un mouvement de recul. Joseph s’en approche et les prend dans ses bras) C’est pour sauver des vies que Dieu m’a envoyé vers vous. Hâtez vous de retourner vers mon père et annoncez-lui la nouvelle…  (Il conduit le groupe vers la sortie)
  •  L’âne : Ben c’est pas trop tôt ! Ils auraient encore pu se pourrir la vie quelques années. Moi, je trouve que ça lui est un peu monté à la tête d’être un aussi grand type. Enfin… tout vient à point pour qui sait attendre…

3ème tableau : Balaam le devin, ange, âne [Nombres 22]

L’âne voit l’ange. Balaam reconnu comme  le grand prophète envoyé de Dieu, fait son beurre en se mettant au service des rois… L’âne doit trouver beaucoup de courage pour résister à l’acharnement aveugle du prophète convaincu de sa mission.

  • L’âne narrateur : Celle-ci est la plus célèbre. Mon ancêtre a sauvé la vie d’un prophète de Dieu… Il faut dire que celui-ci faisait un petit commerce de son don de prophétie… Oui, la guerre faisait rage entre le peuple de Moab et le peuple d’Israël qui arrivait sur ses terres. Alors le roi de Moab a supplié Balaam, le devin, de venir maudire le peuple d’Israël. Et Dieu le lui a interdit, naturellement. Mais Balaam ne l’entendait pas de cette oreille.
  • Balaam : Je ne vais quand même pas refuser une offre aussi alléchante. (Pensif) Allez, une petite malédiction en échange de ces gros cadeaux… Je suis devin après tout, y faut bien vivre…
  • L’âne (en aparté) : il faut bien vivre où il faut vivre bien ? Nuance ! C’est vrai qu’il est pas riche mon maître. Il fait de son mieux mais parfois ses clients oublient de le payer. Une fois qu’ils ont eu ce qu’ils voulaient… Mais il faut reconnaître qu’il ne ferait rien contre la volonté de son Dieu. Quoi que parfois… Je me demande… Il se fait vieux, peut-être qu’il est un peu sourd à certaines choses… (Ils se mettent en route et subitement l’âne se cabre, on distingue dans l’ombre un personnage effrayant qui agite une épée) L’âne : Ahhh, qu’est ce qui s’passe !
  • Balaam (fouettant l’âne) : Allez toi, qu’est-ce qui te prend. On n’est pas arrivé. Tu veux dormir ici ou quoi ?
  • L’âne (bégayant d’effroi) : M-m-m mais qu-qu-qu qu’est-ce que c’est que ça ! Un an-an-ange de Dieu tout-tout-tout-puissant ! On va se faire ma-ma-massacrer.
  • Balaam : Avance bourrique ! Sinon on ne sera jamais à l’heure.
  • L’âne : Il est malade, moi je ne bouge pas d’ici ! (l’âne se couche et Balaam s’énerve en le frappant)
  •  Narrateur (l’ange apparaît en pleine lumière) A cet instant, le Seigneur ouvrit les yeux de Balaam, et celui-ci aperçut l’ange debout au milieu de la route, tenant à la main son épée dégainée. Aussitôt il se jeta le visage contre terre.
  •  L’ange : Pourquoi as-tu battu ton âne à trois reprises? Je suis venu pour te barrer le passage, car ce voyage te mène à ta perte.  L’âne m’a vu, et il s’est écarté de moi. S’il ne l’avait pas fait, je t’aurais tué, mais lui, je l’aurais laissé en vie.
  • Balaam : J’ai commis une faute! J’ignorais que tu te tenais devant moi sur la route. Mais maintenant, si ce voyage te déplaît, je suis prêt à rentrer chez moi.
  • L’âne (se relevant) : Et merci qui ? Évidemment je ne suis qu’un âne, alors pour les remerciements, je peux repasser. Ah là là, quelle trouille ! Vous en penserez ce que vous voudrez, mais moi je crois qu’être têtu, ça peut vous sauver la vie.

4ème tableau : la crèche (les personnages, l’âne et le bœuf)

La crèche remet les choses dans l’ordre : Dieu fait homme signifie qu’il partage la fragilité humaine et ne saurait en rajouter .

=> Abraham a du comprendre que  l’amour de Dieu ne peut conduire au sacrifice d’humains
=> Partager le pouvoir de Dieu c’est accepter de ne pas en abuser (à l’inverse de Joseph),
=> Dieu exige un service désintéressé (à l’inverse de Balaam)

On assiste à l’incroyable sobriété de l’événement qui changera la face du monde : Dieu se révèle incognito, dans la fragilité, c’est lui qui  subit la violence de l’humanité. L’âne soulève bien des questions sur la gloire qui entoure cette humble naissance, il s’interroge sur la royauté annoncée de l’enfant.
 

La crèche est en place (Marie, Joseph, quelques bergers s’approchent, des villageois… On reste figé sur un tableau vivant)

  • L’âne narrateur : Voilà. Ce sont des hommes il ne faut pas leur en vouloir… Mais moi, je rêvais qu’un jour Dieu leur dise plus simplement qu’il les aime et qu’il leur montre qu’il est tout proche d’eux. Et bien figurez-vous qu’un soir de pleine lune, dans la clarté limpide d’une nuit de décembre, alors que mon copain Grossel et moi nous reposions dans la paille d’une étable, voici ce qui est arrivé.
  • Le bœuf (attendri) Non mais r’garde moi ça… si c’est pas trognon c’t’enfant là.
  • L’âne (en aparté) J’y crois pas ! il’ va pas s’mette à pleurer quand même !
  • Le bœuf :T’as vu comme il est choux. Un vrai… un vrai (il cherche ses mots), ouais un vrai…
  • L’âne (le coupant, narquois): bébé. Un vrai bébé. C’est ça ?
  • Le bœuf : Ben oui. Ben oui.
  • L’âne : Eh dis donc Grossel, à part ce vrai bébé, tu trouves pas qu’il y a des choses bizarres dans cette histoire ? Je sais pas moi, tout ce monde qui vient de partout… et ces savants là… et ces anges…
  • Le bœuf (distrait – fasciné par l’enfant) : ah ouais les anges…
  • L’âne (imitant le bœuf) : ah ouais les anges… Mais quel lourdaud !  S’il fallait compter sur lui pour comprendre ce qui se passe…
  • Le bœuf : Mais qu’est-ce que t’as ? à t’énerver comme ça ?
  • L’âne (énervé) : mais tu ne vois pas ! On dirait que terre et ciel se mettent à genoux devant ce gamin. Alors, ou bien c’est un grand chef qui va changer le monde et je comprends pas ce qu’il fait dans ta mangeoire, ou alors c’est un pauvre bébé, comme il y a en tant, et je comprends pas pourquoi tout ce monde lui fait la fête ! Voilà, c’est pas compliqué, non ?
  • Le bœuf (risque une explication dont il n’est pas convaincu lui-même) : Ben, p’être que c’est un grand chef mais différent des autres grands chefs…
  • Le bœuf (penaud, en aparté) : j’ai encore loupé une occasion de me taire…
  • L’âne (surpris de la réponse, reste bouche bée)
  •  L’âne (touché par une révélation) : Alors là mon gros, tu m’en bouches un coin ! … Cet enfant là serait un prince, mais un prince d’un genre qu’on voit pas souvent. Bien sûr ! Quel âne je suis ! Mais maintenant que j’y pense, ce serait extraordinaire ; il ne s’rait plus là haut, quelque part dans le ciel. Il s’rait là, dans la vie ordinaire de tous ces gens qui se donnent un mal de chien pour essayer de lui plaire. Dieu fait homme !
  • (À l’arrière plan la scène de la crèche reprend vie pour un autre tableau vivant illustrant le rassemblement devant l’enfant Jésus)
  • Une villageoise : Ton enfant est comme l’un des nôtres. Courage, Marie, garde dans ton cœur la flamme vacillante de la vie (elle prend l’enfant dans les bras). Les enfants ont des chemins que nous ne pouvons pas tracer pour eux. Et le tien est destiné à un avenir hors du commun. Tu devras accepter qu’un jour il suive son propre chemin.
  • L’âne narrateur : Oui, tous les enfants devraient être libres de choisir leur chemin. Abraham a eu du mal à comprendre que sa fidélité à Dieu ne passait pas par le sacrifice d’Isaac. Isaac avait le droit d’avoir son propre destin, libre des ambitions de son père. Ce prince là ne va jamais exiger le sacrifice des autres. Il se donnera lui-même, comme il se donne ici dans la fragilité, mais c’est en toute liberté qu’il le fera.
  • Un mage : L’étoile qui nous a guidés s’est arrêtée en ce lieu. Ton fils sera l’étoile de Dieu qui guidera les hommes sur le chemin de la vie (il dépose son présent).
  • L’âne narrateur : Une étoile au ciel. Elle est inatteignable et pourtant elle nous sert de repère. Joseph s’est trompé en se prenant pour le centre du monde. Pour lui, comme pour nous, l’étoile, ce n’est pas nous. Elle est inatteignable. Elle est notre but mais nous ne devons pas nous prendre pour elle et organiser le monde à notre manière. L’étoile au ciel et nous, ensemble, sur la terre.
  • Un berger s’adressant à Marie : Nous n’avons pas grand-chose à te donner pour ton enfant. Sinon notre amitié et notre reconnaissance de pouvoir partager ton bonheur.
  • Un autre : Voilà une nuit que l’on n’oubliera pas… le ciel illuminé… les anges de Dieu, lumineuse armée du ciel… Ton enfant est fêté comme un prince.
  • L’âne narrateur : Oui, un prince. Mais un prince comme Dieu le voit. C’est pas le pouvoir qui compte, c’est le service. Comment veux-tu servir un prince pareil ? A moins d’accepter de te mettre sur la paille avec lui, je ne vois pas comment tu peux le servir… Balaam a mis du temps à comprendre que le service de Dieu est un don. Aujourd’hui, devant cette crèche il comprendrait facilement.
  • L’âne (s’adressant au bœuf) : Allez Grossel, mon pote, finalement, t’as bien raison, allons voir ce bambin. Je sens qu’une grande histoire commence. L’histoire de Dieu avec les hommes…

Crédit : Auteur, Thierry Baldensperger – Point KT

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