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Les derniers livres prophétiques dans nos bibles, Aggée, Zacharie et Malachie, se situent tous trois durant une période bien précise, celle du retour de l’exil à Babylone. Voici une Introduction générale, et des notes pour les moniteurs:
Ces livres sont à étudier en parallèle avec les livres historiques d’Esdras, de Néhémie et d’Esther (voir aussi la fin du deuxième livre des Chroniques).

Ils couvrent le dernier siècle de l’histoire juive telle qu’elle est contée dans la Bible hébraïque, c’est-à-dire, approximativement, de 538 à 433 avant Jésus-Christ. Les événements décrivent les décennies qui suivent le renversement de l’empire babylonien par Cyrus, roi de Perse, en 539 avant notre ère.

Si nous ne pouvons avec exactitude nommer les rédacteurs de ces textes, il est généralement admis que l’essentiel du contenu est réalisé à partir des souvenirs personnels d’Esdras et de Néhémie. Ensembles, les deux précités couvrent le règne de cinq rois perses et décrivent le retour de l’exil en trois vagues :

  • Un premier contingent, le plus nombreux, revient sous la conduite de Zorobabel vers 538
  • Un second groupe revient avec Esdras vers 458
  • Un troisième avec Néhémie en 445.

Le livre d’Esther, quant à lui, se situerait entre la restauration du temple à Jérusalem et le retour d’Esdras.

Comme les prophètes l’avaient annoncé, la Babylonie est tombée à son tour, tel un colosse aux pieds d’argile, aux mains de l’empire Perse. Dès sa victoire, un des premiers actes de Cyrus, roi des Mèdes et des Perses de 559 à 530, est d’ordonner le rapatriement des exilés vers leurs terres d’origine (en réalité il s’agit, bien entendu, essentiellement des descendants des exilés). Ce retour, qui correspond sans doute avec la fin de la vie de Daniel, est relaté au chapitre 1er du livre d’Esdras.

Darius 1er, qui succède en 522 avant Jésus-Christ à Cambyse (dont les Ecritures ne parlent guère), est contemporain des prophètes Aggée et Zacharie. Durant son règne a lieu la reconstruction du temple (confer Esdras 4, 5 et 6, 15 : « Le temple fut achevé le troisième jour du mois d’Adar, dans la 6e année du règne du roi Darius »).

Assuérus (Xerxès 1er) succède à Darius pour 21 années, en 486. C’est lui qui éleva la fille adoptive de Mardochée à la dignité de reine (confer Esther 2, 5 à 18) et le juif Mardochée comme premier après lui (confer Esther 10, 3).

Enfin, Artaxerxés 1er, régna de 464 à 423, son histoire  est notamment décrite en Esdras 4, 7 à 23 ; 7, 1 et Néhémie 2, 1.

Dès leur retour, les hébreux, essentiellement issus du Royaume du Sud, vont se mettre à reconstruire le temple, afin de rétablir le culte et le sacrifice. Ils veulent rétablir le culte de l’Eternel tel que la prescrit la loi mosaïque. Ce sera là le ferment d’une nouvelle unité nationale face à ceux que les Ecritures nomment les samaritains, la population établie dans la « Terre promise » par Asarhaddon, roi d’Assyrie, en « remplacement » des juifs déportés. La question de l’origine des Samaritains nous est relatée dans le 2e livre des Rois, au chapitre 17, les versets 24 à 41. On y lit la cause de leur rejet par les juifs revenus de l’exil : « Ils craignaient l’Eternel mais servaient en même temps leurs dieux d’après la coutume des nations d’où on les avait transportés » (2 Rois 17, 23).

Les cinq premiers versets du chapitre 4 du livre d’Esdras nous expliquent pourquoi les travaux de reconstruction du temple ont été interrompus pendant quinze années du règne de Cyrus et ne reprennent que sous Darius 1er.  Les versets 6 à 13 du même chapitre forment une séquence à part, hors chronologie, qui explicite les raisons durables de l’opposition jusqu’au temps d’Esdras et de Néhémie.

Grâce aux actions conjuguées des prophètes Aggée et Zacharie, et malgré une nouvelle opposition sous Darius 1er, le peuple reprend et poursuit la construction du temple jusqu’à son achèvement.

Plus d’un demi siècle s’est écoulé entre le dernier verset du chapitre 6 du livre d’Esdras et le premier verset du chapitre 7. C’est durant cette période que la reine Esther s’élèvera pour empêcher le massacre de tous les juifs de la cour assyrienne et donc, indirectement, de sauver la vie d’Esdras et de Néhémie, échanson et gouverneur sous le règne d’Artaxerxés.

Analyse succincte du livre d’Aggée
Selon les Ecritures, le prophète Aggée a proclamé la parole du Seigneur en 520 avant Jésus-Christ et Zacharie deux ans plus tard. Suite à l’Edit de Cyrus, un premier contingent d’exilés, fort de plus de 40.000 hommes, revient en Israël, en 538, sous la conduite de Zorobabel, petit fils du Roi Joachim,  prince de Juda et gouverneur de Jérusalem.
Remarque : Zorobabel est selon toute vraisemblance, né à Babylone pendant la période de captivité des Juifs. Petit-fils de Joachim (roi de Juda en 598-597 av. Jésus-Christ), il est de la lignée Davidique. Zorobabel dirigea le premier rapatriement et fut nommé gouverneur laïque de Jérusalem par Cyrus. Il y organisera la reconstruction du Temple qui avait été détruit en 586 avant notre ère par Nabuchodonosor II de Babylone. La suite de son existence est méconnue.
L’opposition, notamment  « samaritaine » et l’apathie générale mirent fin à la reconstruction du temple jusqu’au message inspiré et mobilisateur qu’Aggée et Zacharie proclament au nom de l’Eternel (confer Esdras 5, 1 et 2). Outre son caractère historique, le message d’Aggée est d’une brûlante actualité car il appelle chacun et chacune à établir, pour sa vie personnelle et communautaire, un ordre de priorité. Ce dernier n’est, à ses yeux, que la matérialisation de décisions libres que les hommes ont prises et auxquelles dès lors ils doivent être fidèles.
A quatre reprises, la Parole de l’Eternel est adressée à Aggée pour qu’il l’annonce au peuple et à Zorobabel :

  • Première séquence : Aggée chapitre 1er

Le peuple égoïste se préoccupe d’abord, et chaque membre pour lui-même, de son propre bien être. Dès lors, aucune bénédiction de Dieu n’est possible. Par son message, Aggée « réveille » la conscience du gouverneur Zorobabel et celle du peuple et ils se remettent à l’œuvre.

  • Deuxième séquence : Aggée 2, 1 à 9

Dans la mémoire collective du peuple subsiste le souvenir de la grandeur du temple de Salomon. Certes, la construction nouvelle n’a pas cette splendeur là, mais que Zorobabel et les constructeurs n’en soient pas découragés : L’Eternel des Armées est fidèle à son alliance et rendra la gloire de cette maison visible pour toutes les nations.

  • Troisième séquence : Aggée 2, 10 à 19

Aggée use de l’exemple des lois alimentaires pour montrer, aux sacrificateurs et au peuple, que la bénédiction de Dieu ne peut atteindre qu’une nation purifiée. Dès que le peuple sera purifié, les bénédictions divines l’atteindront.

  • Quatrième séquence : Aggée 2, 20 à 23

Il s’agit ici d’une parole que transmet Aggée au seul Zorobabel. Plusieurs commentateurs considèrent que cette prophétie s’applique, non à Zorobabel en tant que tel, mais à cet homme en tant que sceau attestant de l’importance de la descendance davidique. Le thème de l’élection est clairement exprimé au verset 23b : « Je te garderai comme un sceau, car je t’ai choisi… ».

Utilisation à l’Ecole du Dimanche

Pour les petits (6 à 9 ans)
Accrochage
a)    Donner à chaque enfant présent quelques blocs de construction (en bois ou plastique mais sans système d’accrochage) et demander qu’ils construisent avec ces blocs une maison.
b)    Constater avec eux que, même si ce qu’ils ont réalisé est bien, cela ne fait pas un édifice très complet. S’il est possible, on peut également montrer la faiblesse des petites constructions face aux éléments (pluie  / eau, vent  / souffle, tremblement de terre  / secousse, etc.). Dans ce cas, on réutilisera les mêmes éléments pour tester la construction du point c et constater, avec les enfants, les différences.
c)    Leur proposer de joindre leurs blocs et leurs capacités de bâtisseurs, en les aiguillant  pour bâtir un édifice beaucoup plus majestueux, avec des bases solides, des murs épais et une couverture de toit. Cette fois, si l’on entre dans cet édifice on est à l’abri contre les intempéries ! Il y a donc avantage à s’unir pour en recevoir, tous ensemble, les avantages.
Corps de la séance

Raconter l’histoire du retour de l’exil en insistant sur le fait qu’ils reviennent dans un monde inhospitalier et où nulle demeure ne les attend. Reprendre alors l’accrochage pour leur montrer que seule l’union permet de réaliser un édifice qui apporte à tous une satisfaction. Si le moniteur en a l’occasion, il peut ajouter qu’il est plus agréable de travailler ensemble que chacun dans son coin (utiliser l’exemple des jeux : il est plus gai de jouer ensemble que tout seul !). Cette union, autour d’un projet commun, est conforme à la volonté de Dieu. Il faut d’abord construire tous ensemble la maison de Dieu (le temple) avant de bâtir sa propre demeure. C’est alors que les hommes et les femmes seront bénis par Dieu.

Pour les grands (10 à 12 ans)
Accrochage
Il sera similaire à ce détail près que les 10 à 12 ans devront répondre, par leur construction, à certains critères établis en fonction des blocs que l’on met à leur disposition. Hauteur, superficie, toiture. Ainsi, ipso facto, leur construction sera fragilisée et l’on pourra aisément démonter la nécessité de s’unir pour que l’édifice construit soit plus résistant.
Corps de la séance
Pour les 10 à 12 ans, l’accrochage sera réalisé plus rapidement et l’on pourra développer avec eux plusieurs thématiques, après avoir lu (dans une version en français courant) ou raconter l’histoire du livre.
Si l’on a une « échelle des temps bibliques » dans la salle d’Ecole du Dimanche, ce qui est chaudement recommandé, on montrera clairement aux enfants quand se passent les événements décrits et quels sont les autres livres bibliques qui traitent des mêmes questions et de la même période.

Thèmes à développer (en choisir deux ou trois maximum)
1)    La priorité que nous avons à donner à Dieu dans nos vies.
2)    Les enfants de cet âge sont à même de comprendre que si l’on vit de façon nombriliste, uniquement axés sur nos propres besoins, nous ne serons jamais satisfaits. Seule une œuvre menée en commun peut vraiment apporter dans nos vies une réelle satisfaction.
3)    Il nous est demandé de nous mettre à l’œuvre et d’achever ce que nous pouvons. Ce ne sera peut être pas ce que nous avions imaginé mais, pour le reste, nous pouvons nous en remettre à Dieu qui, fidèle à son alliance, peut rendre le produit de notre action beaucoup plus visible que nous ne l’imaginons.
4)    On ne se moque pas de Dieu ! Dieu veut œuvrer avec un peuple purifié. Si nous ne sommes pas purifiés par lui, nos actions risquent bien d’être vaines.
5)    Les moniteurs peuvent également introduire, par les derniers versets, le thème de l’élection, mais il existe d’autres textes plus significatifs dans ce cadre.