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Les narrations de ce parcours se présentent comme un échange de lettres entre Pierre et des habitants de Capernaüm : ses parents, le rabbin qui l’a vu grandir, ses anciens collègues de pêche. Ces lettres sont bien sûr imaginaires et il faut le dire aux enfants. Elles permettent de poser et de développer la problématique de ce parcours : elles interpellent Pierre, lui posent des questions, l’obligent à réfléchir et à formuler des explications qui permettent de comprendre son évolution.

LETTRE DES PARENTS DE PIERRE

Cette lettre, comme celles qui suivront dans ce parcours, interpelle Pierre, lui pose des questions, l’oblige à réfléchir et à formuler des explications qui permettent de comprendre son évolution

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 A Capernaüm,
20e jour du mois de Sivan

Cher Simon,

Voilà déjà trois ans que tu es parti de Capernaüm pour suivre Jésus de Nazareth, en compagnie de Jean et de Jacques. De temps en temps, des voyageurs de passage à L’auberge du village nous ont donné des nouvelles de toi et de tes compagnons : avec Jésus, votre maître, vous avez parcouru tout le pays ; vous êtes même allés dans des villages païens ; il paraît que Jésus a guéri de nombreux malades et fait d’autres miracles et que partout, beaucoup de gens se sont rassemblés pour l’entendre parler.

Ici au village, tu nous as beaucoup manqué et tes compagnons aussi : trois ou quatre hommes de moins pour aller à la pêche, ça se remarque. Mais du moment que tu étais heureux avec ton maître et tes amis !

Mais voilà, cher Simon, …il parait d’ailleurs que maintenant on t’appelle Pierre, matis pour nous, tes parents, tu es resté Simon – voilà : des voisins, qui étaient montés à Jérusalem pour la Pâque, sont revenus il y a deux jours, D’habitude, les pèlerins rentrent au bout d’une semaine, et on s’inquiétait d’ailleurs en ne les voyant pas revenir.

Mais hier, après une bonne nuit de sommeil, ils ont rassemblé tout le monde sur la place du village et ils ont raconté : Jésus, ton maître, a été arrêté à Jérusalem il a passé devant le tribunal des chefs du peuple juif et les Romains l’ont condamné. Il est mort sur une croix, personne ne l’avait défendu. Un homme riche a offert sont tombeau pour l’enterrer. Et le troisième jour, le tombeau était vide. Certains ont dit que Jésus était revenu à la vie.Les gens du village n’ont pas arrêté de poser des questions et nos voisins ont répondu comme ils ont pu.

Nous, tes parents, nous nous sommes assis à l’écart des autres. Une seule question nous préoccupait vraiment : « et Simon, notre fils, qu’est-ce qu’il est devenu ? ».
Quand les autres sont partis, toujours en discutant, un des hommes est venu s’asseoir à côté de nous et nous a dit : « Je vois que vous vous faites du souci, je vous comprends. Je n’ai pas voulu en parler devant tout le monde avant de vous mettre au courant.

Voilà : depuis que Jésus a quitté ses disciples -c’est le nom de ses amis- c’est Simon, votre fils, qui est devenu le chef du groupe. Et il se passe à Jérusalem des choses extraordinaires : beaucoup de gens se convertissent et se font baptiser.  On les appelle des chrétiens. Ils sont déjà plus de trois mille, des Juifs de toutes les régions du monde. Et c’est Simon qui organise tout cela : il fait des discours devant les gens, il leur parle de Jésus mort et ressuscité et leur promet le Saint-Esprit annoncé par les prophètes. Il faut l’entendre, lui le pêcheur de Capernaüm, parler à tous ces gens de Jérusalem et d’ailleurs. Tous les jours, de nouveaux membres se rajoutent à leur groupe.

Et attendez, je n’ai pas fini : il y a quelques jours, Simon et son ami Jean sont venus au temple pour la prière de l’après-midi., Il y avait un homme paralysé qu’on installait chaque jour à une des portes pour que les gens lui donnent des pièces. Il a aussi demandé l’aumône à Simon et à Jean. Ils se sont arrêtés, ont regardé l’homme et Simon lui a dit : « nous n’avons pas d’argent, nos poches sont vides. Mais ce que nous avons de plus précieux, nous te l’offrons : au nom de Jésus-Christ, marche ! » Et il l’a tiré par la main droite et l’a mis debout. Et cet homme, qui n’avait jamais marché de sa vie, se tenait là, debout, sur ces deux pieds et avançait au milieu de tous les gens qui le regardaient. Ils n’en revenaient pas, tous, de le voir sauter et bondir de joie en louant Dieu pour le miracle qui venait de lui arriver.

L’homme a accompagné Simon et Jean au Temple, en restant tout à côté d’eux et tous les gens les ont entourés.
Et une fois de plus, Pierre a pris la parole devant tout le monde ; il leur a dit : « Vous vous posez des questions, vous croyez que c’est nous qui avons guéri cet homme. Nous n’en serions pas capables. C’est parce que nous croyons en Jésus-Christ mort et ressuscité par Dieu et que lui aussi, il a cru de toutes ses forces qu’il a retrouvé la santé et qu’à présent il peut marcher. C’est la foi qui lui permet d’avancer devant vous. »

Voilà ce que le voisin nous a raconté. Après, il n’a plus rien dit. D’ailleurs, cela nous suffisait.

Simon, nous nous posons des questions : Jésus, ton maître a parlé devant les gens et fait des miracles. Il n’a jamais rien fait de mal, mais beaucoup de gens ne l’ont pas compris, surtout les maîtres de la loi et les Pharisiens. Et ils L’ont traîné au tribunal et l’ont fait mourir. Et voilà que tu fais comme lui ! Où cela va-t-il te conduire ?

Nous nous faisons du souci pour toi, Simon. C’est pour cela que nous avons demandé au rabbin de la synagogue de t’écrire. Tu devrais rentrer à Capernaüm, tu serais plus en sécurité. Réfléchis bien, Simon.

Tes parents qui pensent à toi.