David, Jonathan et Saül : histoires de familles dans l’AT

« David, Jonathan et Saul: histoires de famille dans l’Ancien Testament » était une journée d’animation pour des  enfants de 6 à 12 ans proposée par  : Hélène Marx, Evelyne Schaller, Séverin Schneider, Anne-Sophie Hahn, Madeleine Maurer. Résumé : nous avons imaginé une journée d’animation pour enfants entre 6 et 12 ans, sur le thème de la fraternité dans l’Ancien Testament. En introduction, les enfants sont amenés à présenter leur famille. Les enfants sont invités à découvrir 4 fratries : David-Saul-Jonathan, Joseph et ses frères, Caïn et Abel, Jacob et Esaü .Dans chacun des ateliers, une histoire et un bricolage  qui exprime qu’est-ce qui a cassé le lien entre frères ? et qu’est-ce qui a permis de se réconcilier ?  de refaire le lien ?

Dans chaque atelier les enfants réalisent un bricolage qui signifie le lien rompu et la réconciliation. Nous découvrons ici l’animation autour du thème : David, Jonathan et Saul. Pour cette animation, nous réunissons les enfants autour d’une table sur laquelle est placée un triangle à trois têtes : David  – Jonathan –  Saül, et au centre de ce triangle on place une couronne.

Débat : Une couronne pour trois têtes, comment faire ? On ne peut pas la partager, la couronne !   L’animateur raconte l’histoire en déplaçant la couronne.

Histoire

Saül : Voici le roi  choisi par Dieu … (poser la couronne sur sa tête) Il  vit au palais … il a une cour de serviteurs autour de lui pour satisfaire ses moindres désirs… tout le monde lui doit obéissance  et tout le peuple est à ses pieds. Mais le roi Saül  devant qui  tout le monde s’incline, a fini par croire qu’il était au-dessus de tous  et de tout « Moi, je suis le roi ! Tout m’est permis ! «  Mais non, au-dessus du roi, il y a le Roi de tous les rois : Dieu ! Et Dieu n’est pas du tout content de voir que Saül n’écoute pas ce qu’il dit et n’en fait qu’à sa tête ! Cela ne va pas ! Le roi est responsable de tout un peuple, il doit en prendre soin ! IL n’a pas le droit e le mettre en danger  et de faire ce qu’il veut ! Alors Dieu a décidé de remplacer Saül par un roi qui prendrait vraiment soin du peuple et écouterait la voix de Dieu et il choisit…

David : (poser la couronne sur sa tête) Qui donc le connait, David ? (faire réagir les enfants) C’est un jeune berger … qui passe son  temps à garder les moutons de son père  dans les champs.  Sans expérience  de la cour, sans formation. C’est lui que Dieu choisit pour remplacer le roi Saül… Savez-vous pourquoi ? Dieu a vu combien il prend soin de ses moutons, et se dit : voilà quelqu’un qui prendra aussi soin de mon peuple !

David a un ami : Jonathan, le fils de roi Saül. Le roi Saül a un fils !! Ne serait-il  pas normal que lui, devienne un jour roi à la place de son père ?? (Poser la couronne sur sa tête) Voilà donc une couronne pour trois têtes !! (Faire tourner la couronne de tête en tête) Il y a là eux têtes en trop ! Comment faire ???

Saül a une idée ! (remettre la couronne sur la tête de Saül). Car il est  fou furieux, et il ne peut plus penser à David sans se dire «  il va prendre ma place ! » Alors il  décide de se débarrasser de David ! Il cherche une occasion pour le tuer !  Bien des fois, il essaye  et de justesse David en  réchappe … chaque fois. . Mais ça devient vraiment   dangereux  pour lui, et David doit fuir et se cache  dans la montagne.

Chaque jour Saül recherche David  mais Dieu ne permet pas que David tombe entre ses mains.

-Dieu n’est-il pas le Roi de tous les rois ? (poser la couronne au milieu du triangle) C’est  Lui qui veille à ce que Saül ne puisse pas tuer David ! Pourtant David doit sans cesse fuir ou  se cacher. Il a peur ! Un jour, tout triste, il va voir son ami Jonathan, le fils de Saül, peut-être pourra-t-il l’aider ?  (1 Sam 20/1) Il lui dit : qu’est- ce que j’ai donc fait à ton père pour qu’il cherche à me tuer ? Jonathan, tout surpris répond : comment, mon père veut te tuer ? Ce n’est pas possible, d’ailleurs, je le saurais ! Mais David reprend : ton père sait que je suis ton ami et il se dit : il ne faut  surtout pas que Jonathan l’apprenne, il en aurait trop de chagrin !  Alors Jonathan dit : écoute,  je vais faire mon enquête et si j’apprends que c’est vrai  et que mon père cherche à te faire du mal, je te le dirai ! Promis ! Juré !  D’ici demain, je saurai !

Et les deux amis se promettent : toute  la vie on restera amis ! Promis ! Juré ! On sera amis pour la vie!

Jonathan, hélas,  découvre que son père veut éliminer David, son rival .Il prend alors la défense de David et dit à son père : mais qu’a-t-il fait de mal ? Saül, sort alors son épée pour frapper Jonathan alors celui-ci comprend : rien ne retiendra mon père. Il sort et prévient David et lui dit : va-t-en vite ! Fuis ! Ta vie est en danger ! Mais auparavant les deux amis se jettent dans les bras l’un de l’autre en pleurant et Jonathan dit à David : je sais que Dieu t’a choisi pour être roi à la place de mon père, prends donc courage !  Dieu te protègera ! et  je te le promets : tu pourras toujours compter sur moi  et tu resteras pour toujours mon ami et David lui jura : moi aussi  je resterai ton ami quoi qu’il arrive.  (En disant cela ; faire passer la couronne de la tête de David  à celle de Jonathan et vice-versa.)

Est-ce que ce n’est pas épatant que Jonathan encourage David ? Il aurait pu faire autrement !…. (Faire réagir les enfants)  …Il aurait pu être jaloux lui aussi… Après tout, ne devrait-il pas lui, devenir roi à la place de son père ??? Et Dieu avait choisi un autre… ce David ? Épatant aussi ce David ! Il aurait pu se méfier de Jonathan  qui ne deviendra jamais roi et qui doit lui laisser la place à lui, David, si lui aussi voulait se débarrasser de lui ! Épatant, cette amitié plus forte que la méfiance et la jalousie. Si forte que chacun dit à l’autre : on sera amis pour toute la vie Promis ! Juré ! Rien ne pourra nous séparer !!!!

Prendre la couronne, la montrer  et dire : c’est là ce lien d’amitié entre David et Jonathan qui est roi. Car  l’amitié a triomphé de tout ce qui aurait pu les séparer ! Cette amitié elle est comme l’amitié de Dieu pour nous (Esaïe 54/10)  signifiée par l’arc-en-ciel.

Suite à cette narration-discussion, l’animatrice introduit le bricolage  collectif : dessiner sur feuilles cartonnée et découper des pierres : ce sont les  pierres qui séparent  (jalousie –  peur –  méfiance –  méchanceté). Et puis peindre ensemble sur une grande feuille  l’arc-en-ciel qui représente cette amitié plus forte que tout

 

Apres le bricolage collectif, proposer un bricolage individuel qui reprend l’objet de la narration : réaliser un triangle avec deux bras l’un finissant par un poing fermé, l’autre par une main tendue à décorer comme une couronne.




Petit recueil de jeux pour la catéchèse

Un recueil de jeux… pour quoi faire ?

Ce recueil ne se veut ni original (une bonne part des jeux présentés sont des « grands classiques ») ni exhaustif (une quarantaine de jeux ont été retenus sur des centaines possibles).

Le but de ce recueil est différent : rassembler quelques jeux utilisables facilement dans le cadre de nos activités habituelles de catéchisme, rencontres ou camps.

D’où la forme de ce recueil :

– un nombre limité de jeux, sous forme de fiches

– sur chaque fiche, en bas à gauche, l’indication du ou des cycles dans lesquels le jeu peut être utilisé (cycle I, 6 à 10 ans / cycle II, 10 à 13 ans / cycle III, 13 à 16 ans)

– des jeux triés selon les temps où ils peuvent avoir le plus de sens en catéchèse.

Un recueil de jeux, ni original, ni exhaustif : alors pour quoi faire ?

Pour avoir sous la main un outil simple et adapté à sa pratique de catéchète.

La seule originalité que revendique ce recueil est d’offrir aux catéchètes un outil d’animation utilisable dans quatre temps précis de la vie en groupe dans le cadre du catéchisme.

Il est à disposition sur le site catéchétique de l’USBJ : www.cate.ch.
Voici le lien de la page pour le télécharger directement (cliquer sur « des fiches de jeux pour l’animation ») : http://cate.ch/ressources/jeux/

Crédits: Alain Wimmer (Union Synodale Berne-Jura-Soleure / Suisse)




Engagés pour un monde meilleur

Face à l’accélération des nouveaux défis que notre monde impose aux générations futures (climatiques, sociaux, religieux, géo-politiques, économiques), les adolescents sont confrontés à une appréhension soit paralysante, soit mobilisatrice. L’aumônerie de jeunesse du canton de Vaud (Suisse) voit comme une urgence de proposer quelques repères pour croire à un avenir enthousiasmant.

«Quand tout s’effondrerait autour de moi, tiendrai-je encore debout ?»

Convaincus que ce qui permettra de déplacer le curseur soit du côté de la paralysie, soit de la mobilisation est aussi lié aux occasions d’expérimenter, les aumôniers de jeunesse proposent aux catéchumènes d’expérimenter un engagement solidaire et optimiste.
Loin de vouloir les formater ou les utiliser dans des projets prédéfinis, il s’agit de coacher les jeunes afin qu’ils puissent être fiers et heureux de ce qu’ils aurons imaginés eux-mêmes dès l’origine de leur projet.

Pour se situer, rien ne vaut la pratique ! Jésus enseignait ses disciples, mais il les envoyait aussi en mission pour leur offrir une occasion d’expérimenter l’annonce de la Bonne Nouvelle.

Jésus lui-même, dans l’évangile de Marc notamment, nous est présenté comme expérimentant son ministère et cheminant de surprises en recentrages.

Nous avons mis nos jeunes de KT 9-10 (9e-10e année Harmos en Suisse : 13-14 ans) en situation d’expérimenter le salut du monde. Ou en tout cas un petit bout, puisque chacun y peut quelque chose pour sa part.

En 8 rencontres et un week-end, voici le défi à relever : les jeunes choisissent eux-mêmes un moyen de faire en sorte que le monde soit meilleur à la fin du programme qu’il ne l’était au début. Coacher par les animateurs et pasteur-diacres, des petits groupes se mettent en route dès la toute première racine d’un projet.

  • 3 rencontres pour choisir et planifier le projet
  • 3 rencontres pour le mettre en œuvre
  • 2 rencontres pour faire le bilan et rendre compte du projet sous forme d’un module d’exposition (panneau, vidéo, etc.)
  • 1 week-end pour monter l’ensemble de l’exposition, inviter les parents, paroissiens et amis à la visiter. Rencontrer un invité qui parraine le projet et qui vient témoigner de son propre engagement pour un monde meilleur. en l’occurrence cette année : Manon Schick, directrice d’Amnesty international Suisse.

Le projet est actuellement en cours, et seules les premières rencontres sont décrites (voir aussi les documents joint).

3 rencontres de mise en place « En suivant la méthode Jésus – comment est-ce que je peux mettre ma vie au service du Royaume », ou du moins de ce que j’imagine qu’il devrait être ? » :

  • Qui suis-je pour rendre le monde meilleur ?
    « Tu es mon fils bien-aimé – en toi j’ai mis toute ma joie »
  • Jésus au baptême reçois l’Esprit (il n’y va pas sans être porté par la présence de Dieu)
    Cet esprit le conduit au Désert où il expérimente le Mal. Qu’est-ce qu’il ne tourne pas rond dans ce monde. Pourquoi doit-il être sauvé ? Quand je regarde ce monde, qu’est-ce qui me choque, me révolte, m’attriste, me dégoûte ? un temps pour voir le monde sans complaisance, là où il me touche le plus.
  • Jésus s’entoure d’une équipe : il n’y va pas seul. Il génère une communauté autour du projet du salut du monde. Pourrais-je en faire partie ?
  • Et Jésus reste fidèle à sa mission. Il ne se laisse pas détourner par les mille choses qu’il faudrait aussi faire (par exemple tous ces malades qui attendent devant sa porte le lendemain de son 1er jour de ministère ne seront jamais guéri : il n’est pas venu pour cela).

Il faut donc que :

  • Je prenne conscience que je suis aimé. Dieu met, avant que je ne lève le petit doigt, toute sa joie en moi. Et je peux accueillir son Esprit. Et je peux me laisser inspirer et guidé.
  • Je ressente le mal autour de moi. Dans ma famille, dans ma vie, à l’école, dans mon quartier, dans ma ville, dans mon canton, mon pays, dans le monde ? Qu’est-ce qui me touche ? Qu’est-ce que l’Esprit me suggère d’attaquer comme malheur ?
  • Il faut que je rejoigne d’autres jeunes qui partagent un même élan – d’autres « Protestant ». Ensemble, nous faisons l’état de nos motivations, de nos dons, de nos ressources (une somme de 30.- suisse est confiée à chaque jeune par ses parents pour ce projet. Donc plus on est, plus on a d’argent pour notre projet). Nous faisons communauté, nous apprenons ce que c’est que de profiter de la force des autres, mais aussi de se frotter à eux lorsqu’il y a désaccord (à l’exemple des apôtres Marc et Paul).
  • Il faut que je réalise ce qui est prioritaire et ce qui est à ma portée. Je ne peux pas sauver le monde seul. C’est quoi ma part ? « qui trop embrasse, mal étreint ». Il y a ce qui me préoccupe (beaucoup de choses sur lesquelles je n’ai aucune prise) et il y a ma zone d’influence : là je peux faire quelque chose. Je vois ce que je fais. Je peux faire la différence. Sans m’épuiser, sans désespérer, sans fatalisme. Jésus lui-aussi a commencé par de toutes petites choses. Sa vie entière même est insignifiante dans ce qu’il a fait. Mais son exemple et sa vie ont transformé la vie des autres qui les uns encouragés par les autres, ont commencé par millier à changer le monde.

À l’image des ces jeunes « super-juniors » du reportage de France 4. Sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=V67kKAceyeg

Voici les documents qui vous seront utiles:

Crédit : Marc Rossier (Église Évangélique de canton de Vaud / Suisse)




Offrande 2017-2018

SKMBT_C28418010215420_0001Avec ton offrande, cinq écoles chrétiennes au Liban accueillent plus de 200 enfants réfugiés syriens. Les cours sont donnés comme en Syrie, car tous ont l’espoir de retourner à l’école là-bas dès que la guerre sera terminée. Leur souhait est de vivre en paix dans leur pays, ton aide est donc précieuse. Projet porté par l’Action chrétienne en Orient

Télécharger le tract ici 16092676_UEPAL_offrande_2017_V5 Def

Quelques animations




Un culte autour du Notre Père

Notre Père Notre Père

Voici une célébration qui implique tous les groupes d’enfants : Eveil  à la foi, Ecole biblique, PréKT et KT ; peut être adapté à la situation locale. Expérimentée à l’Eglise Protestante Unie de St Cloud – la Celle St Cloud, écrite par Agnès VON KIRCHBACH. 

Idée de base : une petite narration d’un personnage du NT qui termine sur une demande du Notre-Père ; cette dernière est dite ensemble par les enfants qui ont joué le/les personnage (s) biblique(s), pendant ce temps un autre enfant soulève un panneau avec la phrase en question ; l’assemblée répète  la demande

Musique/orgue  – Accueil  – prière 

Zachée et sa famille :    Bonjour je m’appelle Zachée, et voici ma famille. Mon histoire ? On ne m’aimait pas dans notre ville de Jéricho. Je sais bien pourquoi. Je travaillais pour les Romains. Ils occupent notre pays. Leurs soldats sont partout. Ils veulent beaucoup d’argent. Mais ce sont des gens de notre peuple qui collectent cet argent des impôts. Le problème : les Romains ne paient pas ceux qui travaillent pour eux. On doit se débrouiller par nous-mêmes.

Qu’est-ce qu’on fait ? On demande aux habitants de la ville davantage d’argent que ce qui est prescrit. Et on garde cet argent pour nous. Parfois, on triche beaucoup. Les gens nous détestent pour cela. Moi et ma famille (ma famille et moi ?), on n’avait pas d’amis, personne ne nous invitait et personne ne voulait venir chez nous.

Mais un jour, pour moi tout a changé. Je m’en rappellerai toute ma vie. Jésus passait par la ville. Il s’est aperçu que je m’étais caché en haut d’un arbre pour bien le voir. Vous comprenez bien : vu ma taille, au milieu de la foule, je n’aurais rien aperçu de cet homme.

Et Jésus m’a dit « Zachée, descends vite, car aujourd’hui il faut que je vienne dîner chez toi. »

Vous vous imaginez ? Il voulait venir chez moi, Zachée, l’homme détesté par tous ? Et il voulait qu’on prenne un repas ensemble. Il n’avait même pas peur de moi !!

Alors c’était la fête. Ma femme était là aussi, et les enfants. Et on a beaucoup parlé.  De nous évidemment, mais aussi de Dieu et de comment il nous regarde.

Ce jour-là j’ai compris : même si j’ai mal agi pendant longtemps, Dieu peut et Dieu veut me pardonner. Jésus lui-même en est le gage.

Vous vous imaginez ? Dieu veut me pardonner, à moi, Zachée, le collecteur tricheur des impôts ?

Alors à mon tour, je suis prêt à pardonner aux autres. Ce n’est pas facile. Je sais bien. Quand quelqu’un a des dettes, je sais ce que cela veut dire. Mais du coup, je comprends bien aussi à quoi Dieu s’engage quand il veut me pardonner.

Pour moi, la phrase de la prière de Jésus que je retiens le mieux c’est :

Pardonne-nous nos offenses

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Chant :  p ex Alléluia  52-17, 1 à 2 Libres de nos chaines, nous marchons vers toi

Nous sommes les enfants. (=Eveil à la foi) Nous sommes encore très jeunes. Nous ne savons pas lire. Mais nous savons ce qui est bon. Nous aimons les bras ouverts pour nous accueillir. Nous aimons les voix des mamans et des papas qui nous parlent avec confiance – Nous ne comprenons pas tous les mots. Mais nous comprenons leurs mains. Nous comprenons aussi leurs visages.

Un jour, nos mamans nous ont emmenés rencontrer un homme qui était de passage dans notre région. Elles le connaissaient ; elles aimaient bien ce qu’il disait. Et surtout, comment il le disait. Elles voulaient qu’il nous accueille. Normalement, les hommes importants de notre pays ne s’intéressent pas aux jeunes enfants. Ils disent qu’on ne comprend pas les choses sérieuses de la vie. Mais nos mamans et nos papas savent bien que ce n’est pas vrai. On les comprend à notre façon.

Alors, le jour où on nous a conduits chez cet homme, ses amis à lui ont fait barrage à nos parents. Ils ne voulaient pas nous laisser avancer. Mais l’homme les a grondés. On n’a pas compris ce qu’ils disait mais on a compris ce qu’il voulait : nous accueillir. Comme si on était de sa famille.

Comme lui nous aimons dire à Dieu = « papa » et commencer la prière en disant :

« Notre père qui es aux cieux »

Chant : p ex 31-32, 1 à 3  Ils ont marché au pas des siècles

Suzanne et quelques femmes riches :

Avez-vous remarqué nos jolis vêtements ? Beaucoup de personnes ne nous connaissent pas. C’est vrai, nous ne sortons pas souvent de nos belles maisons. Nos maris ne veulent pas qu’on se mêle à la foule des gens ordinaires. Mais c’est quoi, vivre comme dans une cage dorée ? L’argent ne fait pas tout.

Nous aussi, nous nous demandons quel est le sens de la vie et comment Dieu nous regarde. A écouter les hommes, on dirait que Dieu ne s’occupe pas des femmes ; qu’il les ignore ou les trouve bêtes.

C’est pourquoi nous avons été étonnées d’entendre parler d’un homme qui n’a pas peur de discuter avec les femmes, de les écouter et même de les toucher et de les guérir.

En cachette, nous sommes allées rencontrer cet homme. Il est tout simple. Il n’habite pas dans un palais comme certaines d’entre nous. Mais il a de l’allure ! Et quand il se met à parler, on entend des choses que personne ne nous a jamais dites. Ce n’est pas l’empereur César qui est le plus important. Certes, il essaie d’organiser la vie de son empire. Mais notre destinée ne s’arrête pas là. Le pouvoir politique et le pouvoir de l’argent ne peuvent pas nourrir nos âmes ni nos cœurs.

L’homme que nous avons rencontré, n’a pas peur des femmes. Il ne recule pas devant les souffrances de la vie. Il ne se moque pas des petits. Il relève les personnes abattues. Il est comme la source de notre santé intérieure. Mais après il dit : ce n’est pas moi, Priez plutôt mon Père qui est dans les cieux, qu’à travers vos vies tous reconnaissent la sainteté de Dieu.

C’est pourquoi nous aimons prier avec Jésus :

ô Dieu, que ton nom, soit sanctifié.

Chants p ex 31-22, 1 à 3 Quand s’éveilleront nos cœurs à la voix du Dieu vivant

Pierre, disciple :

Je m’appelle Pierre. Je travaille dans la pêche. J’ai un bateau, des filets et des marins-pêcheurs qui travaillent avec moi. J’aime ce métier. Mais un jour un homme m’a appelé. Il m’a proposé de l’accompagner. J’ai dit oui. Et c’est devenu un ami. Mais aussi un maître. J’ai beaucoup appris grâce à lui.

Pour moi, le plus difficile à comprendre c’est cette question de tentation. Je pensais que Dieu était surtout équitable, qu’un homme de bien serait aidé par Dieu, qu’il ne souffrirait pas trop. Dans notre tradition, on dit que Dieu protège le juste, qu’il le soutient et le délivre. C’est comme ça que j’ai parlé. Mais un jour, Jésus m’a dit « Tes vues ne sont pas celles de Dieu mais celles des hommes. » Depuis ce jour, j’y pense tout le temps. La tentation est-ce-que c’est confondre mes idées avec celles de Dieu ? Confondre aussi mes projets et les projets de Dieu ?

En tout cas, pour moi il est important de demander à Dieu de m’empêcher de faire de lui un objet de musée. Je ne veux pas oublier que c’est lui le Créateur et le Libérateur de tous, et non pas moi. Je ne comprends pas tout, je trouve que certaines choses n’ont aucun sens, la maladie, la guerre, la faim, les violences, le mépris. Quoi faire de toutes ces réalités qui me révoltent et qui abîment la vie ?

C’est pourquoi j’aime bien demander à Dieu ce que Jésus m’a proposé :

Seigneur, ne nous laisse pas entrer en tentation,

mais délivre nous du mal.

Chant : p ex 31-13, 1 à 4  Le Fils de Dieu le roi de gloire, a voulu naître parmi nous

Jacques, Jean et d’autres disciples  :

Nous sommes Jacques, Jean et encore d’autres disciples. Nous aussi, nous sommes les amis de Jésus. Comme Pierre, un jour nous avons été appelés par Jésus. Avec lui, on a parcouru le pays. On est allé de la Galilée vers Jérusalem, et même on a traversé le pays des Samaritains. Ce sont nos ennemis. En tout cas au sens religieux. Ils ont trahi notre belle religion. Ils ne reconnaissent pas nos livres saints. Et ils ne viennent jamais à Jérusalem pour prier.

Ce qui c’est passé ? Le jour où notre groupe a traversé leur territoire, ils ne voulaient pas nous accueillir, ni pour manger, ni pour dormir. Alors on s’est fâché. On a dit à Jésus : on va demander à Dieu de faire venir le feu sur eux. Ils ne méritent pas la vie.

Alors Jésus nous a regardé drôlement. On voyait tout de suite qu’il n’était pas d’accord. Le règne de Dieu, disait-il ? Il ne faut pas le confondre avec nos traditions et nos institutions. Même les plus belles. Ce n’est pas à vous de régner sur les autres.

Depuis ce jour-là on aime bien prier :

O Dieu, que ton règne vienne

Chant :  p ex 31-16, 1-2-5 Préparez le chemin du Seigneur

Marthe + Marie  :

Nous sommes Marthe et Marie. Nous sommes sœurs. On s’aime beaucoup. Mais il nous arrive aussi de ne pas être d’accord entre nous. Comme partout entre frères et sœurs, on se dispute parfois.

On se souvient surtout d’un moment précis. Jésus était de passage dans notre ville et moi, Marthe, je l’avais invité à la maison. J’avais songé à un super menu. A vrai dire, un peu compliqué à réaliser.

Quand Jésus est arrivé, Marie est allée s’asseoir auprès de lui. Elle voulait l’écouter. Alors que normalement ce sont les hommes seulement qui sont responsables d’étudier la Bible. Nous, les femmes, on doit s’occuper des affaires de la maison. Et puisque j’avais pris du retard, j’ai appelé Marie. Mais elle n’a pas bougé. Alors j’ai piqué une colère et j’ai dis à Jésus : ça ne te fait rien que ma sœur me laisse travailler toute seule ?

Jésus m’a regardé. Il était très étonné. Il a hoché la tête. Il m’a dit : qu’est-ce qui est  vraiment important ? Est-ce que Marie doit être au service de tes projets et faire ta volonté ? Ne vois-tu pas qu’elle a choisi autre chose ? Elle veut écouter la Parole de Dieu. Elle veut comprendre ce que Dieu nous demande. C’est Lui qu’elle veut servir.

Depuis cette rencontre, Marie et moi on aime bien dire dans la prière :

Seigneur, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Chant : p ex 31-20, 1 à 3 Seigneur, que tous s’unissent

Les parents de la fille de 12 ans  :

Nous sommes des parents. Nous n’avons qu’une seule fille, et elle a douze ans. L’autre jour, elle est tombée gravement malade. On a appelé le médecin mais il n’a rien pu faire. Et notre fille est morte. Alors moi, le papa, j’ai fait quelque chose d’insensé. Je suis allé à la rencontre de Jésus qui était dans notre ville. Et je lui ai dit : impose la main sur ma fille et elle vivra. 

Les gens se sont bien moqués de moi et de Jésus. Mais lui m’a pris au sérieux et il est arrivé dans notre maison. Il a écarté les gens moqueurs. Ensuite, il a pris la main de notre fille et elle s’est réveillée.

Depuis avec ma femme et notre fille, et toutes les personnes de notre entourage nous prions Dieu, souvent avec les mots que nous avons appris par Jésus :

Délivre nous du mal.

Chant :  p ex 33-12, 1 à 3 Entonnons un saint cantique

La femme au parfum :

J’aime les parfums. C’est un vrai luxe, je le sais. Mais qu’est-ce que c’est agréable de sentir les fleurs et les fruits, les écorces et les résines. Je possède une grande variété de flacons. C’est très joli à voir. Mais c’est surtout pour sentir bon. Et selon les occasions je choisis mon parfum.

L’autre jour, j’ai osé un geste particulier. Au lieu de choisir un parfum pour moi, je l’ai choisi pour Jésus. Depuis longtemps je sentais que nos chefs voulaient le faire périr. Comme s’il s’agissait d’un brigand ou de quelqu’un qui insulte Dieu. Alors, pour dire que je n’étais pas du tout d’accord avec leur manière de comploter, j’ai pris un de mes flacons les plus jolis.

Tout le monde était à table quand je suis arrivée. J’ai débouché mon flacon. Qu’est-ce que ça sentait bon ! Tous se sont retournés vers moi, la pièce entière était emplie de cette bonne odeur. Cela aurait pu suffire. Mais je voulais dire davantage. Alors j’ai versé tout le parfum qui se trouvait dans le flacon sur les pieds de Jésus.

Les gens n’ont rien compris. Ils m’ont critiquée. Mais c’était ma manière de dire merci à Dieu pour la vie de Jésus.

Oui, c’est à Dieu qu’appartiennent le règne,

la puissance et la gloire pour les siècles des siècles.

Chant : p ex 55-03, 1 à 3 Tu fais jaillir en moi des fontaines de joie

Nous sommes très nombreux. Nous sommes une vraie foule. Le jour où nous avons suivi Jésus, nous étions plusieurs milliers de personnes. On avait vraiment envie de l’entendre. C’est comme s’il connaissait notre faim : faim de Dieu, faim d’amitié, faim de partage et faim de bienveillance. Quand il nous parlait de Dieu, nous n’avons pas vu le temps passer.

Du coup, le soir, on s’est dit : mais qu’est-ce qu’on va manger ? Il n’y a pas de magasin dans les environs et on est si nombreux. Comment trouver une nourriture suffisante pour tous ?

Alors Jésus a pris quelques pains et des poissons, qu’on lui a tendus. Il a remercié Dieu, il les a rompus et a commencé à les distribuer autour de lui. 

On ne sait pas très bien ce qui s’est passé ensuite, mais ce qui est certain, c’est que tous nous avons eu assez à manger ce soir-là. Nous étions comblés.

C’est pourquoi nous aimons dire à Dieu comme Jésus l’a fait:

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Annonces-offrande

Prière et bénédiction

Chant :  p ex 12-01, 1-3-5, Je louerai l’Eternel




En route, Mr Escargot

DSC_0338Cette activité manuelle qui illustre les déplacements de Joseph et Marie et des mages vers Bethléem vous est proposée en appropriation du chapitre 2 de l’évangile de Matthieu, les versets 1 à 23 : « La visite des mages ».

Matériel nécessaire pour chaque enfant:

Photocopies des dessins (télécharger les dessins ) sur papier fort + une feuille de papier fort pour le fond ; crayon noir ou fin marqueur  pour écrire ; crayons de couleurs ; attaches parisiennes (2 par enfant), ciseaux ou pointes à picoter ou cutter.

Réalisation :

  • Photocopiez les annexes sur papier fort pour chaque enfant.
  • Après la lecture/présentation du texte biblique, il sera intéressant de montrer sur une carte les différents lieux cités dans le récit de Matthieu. Sur la photocopie paysage avec les dessins de ces lieux, l’enfant écrit la référence biblique et les noms: Orient, Jérusalem, Bethléem, Égypte, Nazareth, aux places prévues par une petite ligne.
  • Avec les crayons, l’enfant colorie le décor et le personnalise selon son goût. Vous pouvez apporter des photos pour aider au choix des couleurs !
  • Il colorie aussi les cercles mobiles avec les personnages voyageurs.
  • « Que dit Mr Escargot  en traversant l’Égypte ? » Offrez à l’enfant un espace de liberté (et d’humour !) en lui demandant d’écrire ce que pourrait dire l’escargot traversant le désert… Attention à respecter l’espace disponible.

Lorsque tout est colorié et personnalisé, l’enfant découpe et évide les parties hachurées : il utilisera une pointe à picoter, des ciseaux ou un cutter selon son habileté. Attention cependant à l’emploi du cutter, plus délicat, et nécessitant une protection pour la table !
Enfin, l’enfant fait des trous à l’aide d’une pointe aux points A et B de la feuille décor, des cercles et de la feuille de fond. Il y passe les attaches parisiennes, fixant ensemble le décor, les personnages mobiles et le fond.

A l’aide de sa réalisation personnelle, l’enfant racontera Matthieu 2… en y ajoutant un petit personnage inattendu : Mr Escargot !
Crédits: Marie-Pierre Tonnon




Les enfants, portiers du Royaume

Caroline Baertschi-Lopez, Les enfants, portiers du Royaume. Accueillir leur spiritualité, Cabédita, 2017.

Voilà enfin un livre en français d’une auteure francophone, genevoise, et excellente connaisseuse de toute la réflexion autour de la spiritualité de l’enfant théologien. Elle fait partie des premières formatrices Godly Play francophones reconnues (et formées) par l’association Godly Play international.

En quelques pages, Caroline nous entraîne dans l’univers complexe et merveilleux de la spiritualité de l’enfant, et nous oblige à changer notre regard sur l’enfant. Celui-ci est un être doué de spiritualité, « naturellement spirituel ». Pour en saisir le sens et en comprendre les enjeux, en voici un résumé, avec quelques remarques critiques finales, discutées au préalable avec l’auteure : Résumé du livre de Caroline Baertschi.

Je recommande vivement la lecture de ce livre pour toute personne, catéchète, pasteur, parent, éducateur… qui désire comprendre comment percevoir aujourd’hui la vie spirituelle des enfants, et en recevoir toute la richesse en temps qu’adulte…

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L’eau et sa symbolique biblique

L’eau et sa symbolique dans la Bible

Définition et étymologie L’hébreu mayim se trouve plus de 500 fois dans l’Ancien Testament et une centaine de fois dans le Nouveau Testament. L’eau touche à la fois les sphères de la cosmologie, de la vie domestique et des rites. On trouve un terme identique dans pratiquement toutes les langues sémitiques. L’eau est ainsi une composante des mers (yam), des torrents (nahr), des wadis (nakhal), des sources (même terme qu’œil), des puits (be’er). Toutes ces eaux puisent leur origine dans les profondeurs abyssales appelées en hébreu tehom. L’eau est considérée comme l’origine de la vie. La localisation d’un lieu près d’une source se retrouve souvent dans les toponymes : beersheba (le puits des sept), ein shemesh (la source du soleil) … La capitale d’Amon est également surnommée : « la ville des eaux… » Dans le Nouveau Testament, le terme grec est oudor.

 Dans le reste du Proche-Orient ancien. En Mésopotamie, l’eau a une fonction importante dans le domaine profane, mais aussi et surtout religieux. On la retrouve dans la divination et la médecine. L’eau est quasiment déifiée. En-Ki est la divinité aquatique par laquelle la terre est devenue fertile. Le monstre des profondeurs, le Léviathan, joue un rôle important lors de sa lutte contre la déesse Tiamat pour la fondation du monde. Selon la mythologie mésopotamienne, les dieux sont nés d’un mélange entre les eaux salées des océans et les eaux douces des fleuves.

En Egypte, l’eau joue un rôle prépondérant dans le toilettage et l’embaumement des corps. Elle est bien vectrice de vie et de renaissance des fluides corporels. Le monde a été crée par l’eau selon les textes égyptiens mais il disparaîtra également à la fin des temps en sombrant dans les eaux.

Pour Ugarit, par contre, c’est surtout la mer qui est considérée comme une déesse, soit bénéfique soit chaotique ; ce qui est normal pour ce peuple de marins. L’eau est mise en relation avec le mythe de la mort et de la résurrection de Baal qui disparaît pendant la période sèche et renaît avec les premières pluies.

L’eau, la géographie et le climat en Palestine. Cette étroite bande de terre est composée de plusieurs zones géographiques distinctes :

1. La côte de Gaza jusqu’au Liban – interrompue par la chaîne du Carmel-. A l’est du Carmel se trouve la plaine de Yizréel, lieu de passage et grenier à blé

2. Des collines basses (Shephélah) s’élèvent entre la côte et les montagnes de Juda

3. En partant du nord et en descendant vers le sud, la partie centrale se divise en Basse et Haute Galilée (900 m) avec des hauts plateaux (Samarie et Juda). Le Jourdain coule sur 100 km du nord vers la Mer Morte. En se dirigeant vers le sud, la dépression de la Mer Morte constitue une vallée désertique (Arabah) jusqu’à la mer rouge. A l’ouest de cette ligne se trouve le Néguev montagneux et aride. A l’est, s’étendent plusieurs grands plateaux et des steppes. Plus l’on descend vers le sud, plus le paysage devient aride, pierreux, brûlant…

L’on dénombre trois zones climatiques : le climat méditerranéen, la steppe et le désert. Ce qui influe évidemment sur la faune et la flore de chaque région, voire sous-région. Sur la plus grande partie du pays règne le climat méditerranéen avec des hivers doux, mais plus rudes sur les montagnes intérieures. Les précipitations sont très actives d’octobre à avril et il tombe de 30 à 45 cm sur la côte et jusqu’à 75 sur les hauteurs du centre. A partir de Beersheba, il ne tombe plus que 20-30 cm de pluie. La vallée du Jourdain, plus basse, possède un climat subtropical avec des chaleurs écrasantes (49°) et des hivers très doux (20°). Dans le désert et la vallée de la Arabah, il tombe bien moins de 20 cm de pluie par an. En journée, la chaleur est intense et les nuits sont glaciales. Le début des premières pluies d’hiver se situe à la mi-octobre. Les dernières pluies se manifestent en avril. La rosée est vitale puisqu’elle permet la culture sèche, la vigne et entretient les pâturages pendant la saison sèche.

Principaux cours d’eau et frontières naturelles. Dans les temps anciens, les points d’eau étaient très recherchés. On peut mentionner l’importance du lac de Tibériade, du Jourdain et du Lac Hulé abritant toute une zone marécageuse. En dehors du Jourdain, et de certains de ses affluents, les cours d’eau dans la région sont du type wadi, c’est-à-dire intermittents. Le Jourdain était bien plus imposant que maintenant avec un débit plus fort. Tumultueux et plein de méandres, il ne se prêtait guère à la navigation. L’AT mentionne le Nil et son importance pour l’Egypte. Dans les 10 plaies d’Egypte, Moïse fait devenir rouge-sang les eaux du Nil. C’est un phénomène bien connu de l’époque qui consiste en une sorte de limon rouge brique provenant de la crue du Haut-Nil. La ville de Jérusalem est alimentée par la source du Gihon. Très ancienne et pérenne, elle a été collectée par la suite dans un canal qui se déversait en un réservoir à l’intérieur de la cité. La Palestine étant une région située dans la zone du croissant fertile, elle dépend entièrement des pluies. Ainsi, après la fonte des neiges (mai-juin), les eaux atteignent leur débit maximum mais, au plus chaud de l’été, ils sont à sec. Ils ont néanmoins creusé de profondes vallées naturelles qui souvent délimitent les frontières des régions. Lorsqu’il pleut, ces vallées peuvent être submergée très rapidement. Souvent infranchissables, les fleuves représentent des frontières naturelles.  Par exemple, le Litani, matérialise la frontière entre le Liban et la Galilée. Le Yarmuk entoure la région du Golan. Le Yabboq marque la partie centrale du plateau jordanien. L’Arnon la partie sud de la mer morte et le Zered, la zone vers le début du Sinaï. Dans la vallée du Jourdain, on peut encore mentionner le Wadi el-Qelt montant de Jéricho vers Jérusalem. Le Qishôn sépare le Carmel de la plaine d’Yizréel. Il ne faut pas oublier l’oasis de Jéricho et ses sources, ainsi que certaines sources d’eau chaudes localisées des deux côtés de la Mer Morte. Les seules voies navigables étaient le lac de Tibériade et la mer morte (période romaine).

L’eau au service de Dieu. Le récit de l’Exode et le passage de la « mer des joncs » a une position centrale dans l’AT. C’est un acte salvateur effectué par Yhwh qui se présente comme le maître de la nature. L’eau est, d’une part, utilisée comme un bouclier protecteur pour les hébreux traversant le gué et se transforme, d’autre part, en élément meurtrier submergeant Pharaon et son armée. Les Israélites n’étant pas un peuple au pied marin, ils se méfiaient de la mer considérée comme une puissance incontrôlable. Les puits de la région sont reliés à des histoires ou des traditions religieuses. Les oasis ont aussi une symbolique dans la longue errance des Hébreux dans le désert : les eaux de Mara (de l’amertume) rappellent les plaintes et les murmures des Hébreux contre l’autorité de Moïse et sa remise en question. Les puits sont des lieux de rencontre, d’habitations et de cérémonies. L’eau, très précieuse, était aussi collectée dans des étangs et des citernes communautaires. Elle était connue sous plusieurs formes : neige, vapeur et glace.

La cosmologie de l’Israël ancien. Dans les récits de la Genèse, les rédacteurs bibliques ont tenté de démythologiser le pouvoir de l’eau. En Genèse 2, le jardin d’Eden devient fertile grâce à un nuage de brume humide. En Genèse 1, l’eau provient certes des profondeurs abyssales, mais elle n’a plus un caractère divin. Les eaux sont séparées par Dieu ; d’abord celles du dessus et ensuite celle du dessous. Les océans du bas restent peuplés de créatures monstrueuses. Elles ont des rapports avec le monde obscur des morts (le sheol). La puissance cosmique et la violence des eaux se démontre le mieux à travers les récits sur le déluge, dont le substrat est emprunté aux mythes babyloniens. Toute la surface du globe est submergée, seuls survivants, Noé et les pensionnaires de son arche perpétuent la race humaine. Puis les vents brûlants l’assèchent et Dieu s’engage par un serment (le signe visible est l’arc-en-ciel) à ne plus jamais détruire l’humanité. L’eau peut à certain moment avoir des vertus thérapeutiques et baptismales. Dans l’histoire de Nahaman le syrien en 2 Rois 5, 21-14, ce dernier est exhorté à se plonger 7 fois dans le Jourdain par le prophète Elisée. Ce n’est pas l’eau du Jourdain qui a un caractère miraculeux, il n’est ici que le médium de la puissance divine de guérison.

L’eau un élément vital de la vie. Pour l’humain, l’eau reste essentielle pour sa consommation quotidienne. Les textes bibliques relatent souvent les dangers de la sécheresse, de la soif et de la faiblesse qu’elles occasionnent. La situation géographique de la Palestine et le nombre de zone semi-désertiques, voire désertiques, ont conduit à toutes une série de réflexions sur la consommation d’eau. Les puits, les trous d’eau, les oasis étaient vitales pour les bédouins, leurs bêtes, les voyageurs et les commerçants…Lorsque Israël s’est sédentarisé et que les villes se sont agrandies,  le problème de l’approvisionnement et du stockage des eaux de pluie s’est posé. C’est le souci principal auquel se sont heurtés bien souvent les rois et les dirigeants. De plus, les critères de l’hospitalité exigeaient que l’on offre au voyageur, ou à l’invité, du pain et de l’eau. Un refus implique un rejet catégorique de la personne. Acheter de l’eau avec de l’argent est considéré comme un acte de détresse et de désespoir extrême. Comme les périodes de sécheresse étaient monnaie courante et puis qu’elles excédaient quelquefois 6 mois, il fallait rationner l’eau de manière drastique. S’assurer quotidiennement de sa ration d’eau était le symbole de la prospérité et de la sécurité. Le vol d’eau était sévèrement réprimé. Il fallait également surveiller la qualité de l’eau potable et garantir sa pureté. Les troupes avaient pour habitude de souiller les points d’eau afin d’obliger la population à se rendre. On utiliser des cruches, des jarres, des gourdes pour le transport. Pour ceux qui n’avaient rien de tel, il fallait utiliser les mains ou s’agenouiller et « laper » l’eau à la manière des animaux (voir l’histoire de Gédéon). Les coupes et autres ustensiles étaient gardés propres pour ne pas causer d’impuretés. L’eau pouvait aussi être mélangée au vin. Cette dernière est aussi employée comme arme dans l’histoire de 2 Rois 8, 15 où le roi araméen Hasaël fait tremper une couverture dans l’eau, qu’il applique ensuite sur le visage du roi Ben-Hadad afin de l’étouffer.

L’eau : un élément de purification. On ne peut dissocier le domaine profane du domaine rituel. Par exemple, la toilette des prêtres et leur état de pureté constante, touche aussi bien à l’hygiène corporelle qu’à la purification des maladies de la peau et des fluides qui « contamineraient » ou s’écoulent du corps. On pratiquait évidemment le lavage des pieds après un long voyage à l’égard de l’hôte de passage et celui des mains avant le repas. Les habits neufs étaient également lavés avant un premier usage. Alors que les sacrifices étaient essentiellement constitués de viande rôtie, on pouvait aussi la cuire à l’eau bouillante pour la conserver ou la rendre plus comestible. En ce qui concerne le système sacrificiel du Temple, il nécessitait une grande quantité d’eau pour la purification des objets et des victimes sacrificielles. L’eau devait être de l’eau vive, c’est-à-dire, qu’elle ne pouvait pas stagner simplement dans des bassins. Les catégories de pureté et d’impureté ont pris, au fil des siècles, une importance croissante pour cumuler à l’époque de Jésus. Tout contact avec un lieu impur ou un corps mort devait être éliminé par des ablutions et aspersions d’eau. On trouve en Nombres 5, 11-31, le seul exemple d’une épreuve de l’ordalie qui consiste à faire boire à la femme suspectée d’adultère par son mari de l’eau sacrée du temple, saupoudrée de poussière du sol sacré ; si cette dernière ne la rejette pas aussitôt, elle est considérée comme innocente ; dans le cas contraire…Elle sera mise à mort ! En Exode 32, après la pulvérisation du veau d’or, les israélites sont sommés par Moïse de boire l’eau contenant les cendres du veau d’or pour qu’il leur reste vraiment sur « l’estomac » … La symbolique purificatrice et baptismale va être de plus en plus vivace et se retrouvera chez les Esséniens à Qumran avec la multiplicité des bassins rituels qui démontrent leur obsession de la pureté, ainsi que chez les Mandéens pour lesquels l’eau est vivante et devient vecteur de salut. Le baptême par immersion représente ainsi une réplique du baptême céleste et l’appartenance des âmes célestes au monde de lumière. Les eaux du bas connectent le baptisé au eaux du haut, juste inclusion avec les eaux primordiales de la Genèse.

Les sens métaphoriques de l’eau 

  • L’évaporation de l’eau est signe de vie provisoire alors que le jaillissement de l’eau est vecteur de prospérité
  • La violence et la force de l’eau est une qualité attribuée à Dieu
  • L’eau évoque la tristesse à travers les larmes
  • L’eau est symbole de faiblesse et de décrépitude physique
  • La profondeur des citernes rappelle la quête de la sagesse dans les tréfonds de l’esprit humain
  • La surface de l’eau comme miroir reflète l’intérieur du cœur
  • Le juste et le sage sont souvent comparés à un arbre dont les racines plongent dans l’eau
  • Yhwh est source de vie et dispensateur de fertilité pour son peuple (on retrouve ici en arrière-plan le combat contre les divinités de fertilité dans l’Israël ancien)
  • Chez Ezéchiel, la vision du nouveau Temple idéal duquel jaillissent les eaux représente la prospérité, le vrai culte, la richesse et le salut : même les eaux de la mer morte se régénéreront…

 

En résuméLe symbole biblique de l’eau associé à l’Esprit est l’objet d’une grande inclusion dans l’histoire biblique : il revient en Genèse 1,2 et en Apocalypse 22, 17. L’eau est source de vie et fait revivre l’esprit. L’eau purifie et féconde, elle étanche la soif et elle guérit. Dans le premier Testament l’eau symbolisait soit la Loi soit l’Esprit.

Quatre symbolismes majeurs

Cinq directions essentielles du symbolisme de l’eau sont connues : celle de l’eau germinale et fécondante, celle de l’eau médicinale, source miraculeuse ou boisson d’éternité, celle de l’eau lustrale, celle enfin de l’eau diluviale permettant la purification et la régénération du genre humain.

  1. L’eau fécondante s’explique par le fait qu’une des premières expériences de l’humanité est d’établir le lien entre la pluie et la croissance de la végétation. L’eau tombe du ciel, féconde la terre après l’avoir purifiée. Il en est de même de la Parole de Dieu qui vient du ciel, purifie et féconde, affirme le midrash Cantiques Rabbah. Ce commentaire juif rappelle que l’eau est conservée dans des jarres de terre et non pas dans des vases en or ou en argent, ce qui signifie que la Parole de Dieu demeure chez celui qui est humble, qui sait qu’il est fait de terre et qu’il retournera à la terre.
  2. L’eau est médicinale puisqu’elle est l’inductrice de toute fécondité. Elle peut également redonner, prolonger et sauver la vie puisqu’elle en est la donatrice première.
  3. L’eau est purifiante comme le prouve l’expérience courante de l’eau utilisée pour laver et pour faire disparaître les impuretés. Par l’immersion du bain rituel ou du baptême le symbolisme de l’eau fécondante, régénératrice, médicinale et purificatrice se concentrent dans un même rite.
  4. L’eau est diluviale comme les mythes diluviaux universels l’attestent. Le déluge rejoint le mythe de l’éternel retour aux origines. La notion cyclique du temps exprime cette réalité. Il s’agit de rejoindre l’idéal de l’origine car celui-ci n’a pas été encore corrompu par l’histoire. Le déluge est l’événement purificateur qui permet la fin d’une humanité et le début d’une humanité nouvelle. Moïse exprime la même réalité que Noé. Il est « tiré et sauvé des eaux » pour donner naissance à un peuple libre. En passant la mer Rouge, le peuple est libéré, il est immergé dans l’eau, il renaît, tout en étant préservé du passage par la mort, contrairement aux Égyptiens et à tous ceux qui ont été engloutis par le déluge mais sont finalement sauvés comme Noé. Noé et Moïse enfant flottent sur les eaux du déluge, alors que le peuple passe à pied sec dans les eaux de la mer (Ex 14). Le salut que Dieu apporte à son peuple est symbolisé par l’eau : le Seigneur fait couler de l’eau, ou jaillir des sources dans le désert. Le Seigneur va désaltérer les assoiffés : la soif représente l’exil, l’oppression, et l’eau la libération, le bonheur. De la même façon, Dieu change les steppes arides en pays verdoyants, symbole de renouveau et de vivification (Esaïe 41, 19) où le salut et la justice ruissellent comme la rosée et germent comme les plantes. Inversement, Dieu peut assécher les rivières, dévaster la nature, en signe de sa puissance que rien n’arrête, de sa victoire sur ses ennemis, ou de la manifestation de sa colère contre l’impiété. L’eau, capable de jouer le rôle d’un miroir, a comme caractéristique d’échapper. Elle échappe parce qu’elle n’a pas de forme tout en étant capable d’épouser toutes les formes possibles et imaginables. Elle va épouser la forme d’un vase et dès qu’elle est versée dans un verre, elle en épouse la forme. Elle échappe parce qu’elle a une très grande capacité de division. Elle s’évapore et, si on l’enferme, elle profite de la moindre faille. La maîtrise de l’eau a mis beaucoup de temps dans l’histoire.

Les eaux symbolisent la totalité des virtualités, la matrice de toutes les possibilités d’existence. Elles précèdent toute forme et l’immersion en elles, symbolise la régénération totale, une nouvelle naissance, car elles contiennent les germes de vie nouvelle, elles guérissent et, dans les rites funéraires, elles symbolisent la vie éternelle. Elles sont ainsi élevées au rang de symbole de vie. C’est pourquoi l’eau deviendra symbole de la Parole de Dieu et de l’Esprit de Dieu.

L’eau chez Jean

Le quatrième évangile ne pouvait pas ignorer ce symbole fondamental associé d’une part au Jourdain et à la mer de Galilée, d’autre part aux piscines de Bethesda et de Siloé. En effet il apparaît dans huit chapitres du livre des signes, et une fois dans le livre de l’heure. L’ajout du chapitre 21 le mentionne une fois. Une progression caractérise ce symbole : dans les chapitres 1 et 5 l’eau signifie ce qui est préparation ; dans les chapitres 4-12 l’eau est élevée au rang de symbole christologique; dans les chapitres 9-12 elle signifie le salut eschatologique apporté par Jésus.

  Au chapitre 1 Jésus est baptisé dans les eaux du Jourdain. L’eau du baptême de Jean est opposée au baptême de Jésus dans l’Esprit. Je suis venu baptiser dans l’eau, affirme Jean et plus loin : Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint. Et moi j’ai vu et je témoigne que celui-ci est l’Élu de Dieu (1,33-34). La scène se passe à Béthanie, de l’autre côté du Jourdain ! Le baptême dans l’eau évoque sans doute la purification précédant la nouvelle alliance annoncée par les prophètes Jérémie et Ézéchiel. C’est le Baptiste et ses disciples qui introduisent le symbole de l’eau dans le quatrième évangile.

     Au chapitre 2, dans la scène des noces de Cana en Galilée, l’eau des jarres de purification est opposée au vin. Le maître du repas ne sait pas d’où vient l’eau changée en vin. La scène est localisée en Galilée. L’eau devient un symbole qui annonce une réalité sacramentelle. Le vin, œuvre du travail de l’homme, est symbole de justice et de joie eschatologique, tandis que l’eau, don gratuit de Dieu, exprime la piété divine. L’eau a une double fonction : elle permet la manifestation de la gloire de Jésus et transforme les disciples qui voyant ce signe croient en Jésus.

     Au chapitre 3 dans le dialogue avec Nicodème, un maître en Israël, il est question à nouveau de la naissance de l’eau et de l’Esprit. À moins de renaître d’eau et d’Esprit nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu (3,3). Le chapitre se termine par une mention du baptême de Jésus. L’entretien de Jésus avec Nicodème se situe à Jérusalem. Ici encore l’eau, associée à l’Esprit, est un symbole sacramentel.

  Au chapitre 4, le dialogue avec la Samaritaine oppose l’eau du puits de Jacob à l’eau vive que donne Jésus. Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, c’est toi qui l’aurais prié et il t’aurait donné de l’eau vive (4,10). C’est à Sychar en Samarie que la scène se situe. Après l’entretien de Nicodème avec Jésus la nuit, Jésus rencontre la Samaritaine en plein jour. Généralement les femmes venaient puiser l’eau le matin et le soir. Ici c’est en plein jour que la femme vient étancher sa soif. C’est auprès des puits que de nombreuses alliances furent scellées dans le premier Testament. Jésus fatigué révèle sa propre faiblesse. L’évangéliste comme d’habitude joue sur le double sens des expressions qui atteste le vocabulaire distinct de la communauté. Le dialogue débouche sur le problème du culte authentique qui doit être un culte en Esprit et en Vérité. Le salut qui vient des Juifs passe par la loi et les prophètes, mais également par la soif de connaître la révélation.

  Au chapitre 5, lors de la guérison du paralytique à la piscine de Bethesda, il est question de l’eau agitée qui guérit. Le premier à entrer dans l’eau après qu’elle avait été agitée se trouvait guéri, quel que fût son mal (5,4). C’est à Jérusalem que la scène a lieu. L’eau a une vertu thérapeutique.

Au chapitre 6, après le signe de la multiplication des pains, Jésus marche sur les eaux du lac de Galilée.

Au chapitre 7, dans le contexte de la fête des Tentes, il est question de l’eau qui étanche la soif et de l’eau vive qui sortira du sein du Christ ou du croyant. Si quelqu’un a soif qu’il vienne et qu’il boive celui qui croit en moi. Selon le mot de l’Écriture : de son sein couleront des fleuves d’eau vive. Il parlait de l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui (7,37-38). C’est au temple, dans le contexte de la fête des Tentes, après la procession qui remontait de la piscine de Siloé où l’eau avait été puisée, que Jésus fait cette déclaration. Plusieurs textes de l’Écriture trouvent ici leur accomplissement. La Tosephta Succot admettait que l’eau de Siloé qui était versée en libation sur l’autel résumait toutes les eaux du monde, depuis les eaux de la création jusqu’aux eaux qui devaient jaillir de sous le Temple selon la prophétie de Zacharie. À l’eau de Siloé était associé l’Esprit du sanctuaire.

Au chapitre 9, dans la scène de la guérison de l’aveugle-né à Jérusalem, il est question de l’eau de Siloé. Or ce dernier terme devient un titre christologique. Les deux piscines de Jérusalem sont situées par rapport au Temple de Jérusalem. Dans le livre de l’heure, l’eau associée au sang jaillit du côté du Christ en croix. Certains exégètes y ont vu la réalisation de la prophétie d’Ez 47, d’autres de la scène de Moïse qui frappe le rocher. Dans les deux hypothèses il s’agit d’eau vive que donne le Christ. Au total des références sont faites à l’eau dans dix chapitres de l’Évangile de Jean. Les chiffres dix et un sont symboliquement identiques. Dans la dizaine le multiple revient à l’unité. Il est plus parfait que tous les nombres parfaits. La création avait été faite avec dix paroles.

Jésus fut baptisé par Jean, il fut immergé dans le Jourdain. On peut en déduire que l’humanité n’était pas encore totalement immergée et renouvelée ni en Noé, ni en Moïse et son peuple. Jésus, par contre, l’homme nouveau, (Jr 31) est capable de réaliser les prophéties de Jérémie et d’Ézéchiel, en créant une humanité régénérée par le bain du baptême, renouvelée avec un cœur et un esprit nouveau Ez 36, 26. Jésus est totalement purifié par l’eau vive. Son œuvre est de faire une nouvelle création.

En marchant sur les eaux, Jésus manifeste sa puissance par rapport au cycle des eaux qui reconduisent sans cesse au préforme et au déluge. Il maîtrise aussi les forces hostiles qui habitent la mer. Il est aussi capable d’apaiser la tempête Luc 8, 22-25 et les forces du mal qui habitent la mer. Avec le Christ on passe par la mort : c’est le sens du baptême Romains 6, 4-6. On se dépouille du vieil homme définitivement et on revêt l’humanité nouvelle du Christ ressuscité. La mort physique est la réalisation plénière et concrète du rite de l’immersion baptismale. D’où l’importance du rite d’immersion totale au baptême car lui seul symbolise vraiment la plénitude du symbole de renaissance par la mort. On ne peut pas rester immergé sous l’eau sans mourir. Le Christ fera disparaître les forces hostiles, la mer, mais, par contre, il donne de devenir en lui source jaillissante de vie éternelle Jean 4, 14.

Frédéric Gangloff.




Etranger dans la Bible

walking-1694137_640Voici un article de Frédéric Gangloff, présentant le grand champ sémantique de l’étranger dans la Bible.

Dès les premières lois connues du Proche-Orient ancien, il a fallu légiférer au sujet des populations nomades traversant les voies de communications et s’établissant temporairement ou provisoirement en certains lieux. La condition de « l’étranger » et la définition de « l’émigré », résidant dans les différents empires, étaient fluctuantes et leur statut social dépendait des lois en vigueur.  Comme il y avait un grand brassage de populations et une circulation permanente de personnes et de biens, le problème se posait avec autant plus d’acuité. Dans l’Ancien Testament également, les termes renvoyant à tous ceux qui pourraient être inclus dans le champ sémantique de « l’étranger » sont contrastés :

 

  1. L’indigène (iézrah) De fait, l’autochtone. L’habitant séculier du pays qui y séjourne bien avant l’établissement d’Israël et de Juda.
  1. L’émigré (gér) Il est venu s’installer dans le pays. Il désigne soit un émigré « étranger » soit un membre des 12 tribus qui est venu résider sur le territoire d’une autre tribu. En sa qualité « d’émigré », il ne bénéficie pas de tous les droits inhérents à son statut, mais de la protection de la Loi. Moïse et Abraham sont souvent qualifiés « d’émigrés »; vocable théologiquement chargé.
  1. Le résident (tôshàb) Ce dernier est souvent associé à « l’émigré », avec toutefois, un statut moins favorable. Ne jouissant pas des mêmes droits, il est tributaire des autres et demeure sous la responsabilité et l’autorité de celui qui l’accueille sous son toit.
  1. L’étranger (ben-nékhar, nôkri) Celui qui appartient à une autre race. Habituellement, il ne fait que passer et ne se fixe pas définitivement. Il peut éventuellement compter sur les lois de l’hospitalité, mais son statut reste très précaire puisqu’il n’est pas protégé par la Loi.
  1. Celui qui est autre (zâr) Il est d’une autre ethnie, d’une autre catégorie sociale. Il désigne aussi l’ennemi et le « païen ». Il est souvent utilisé pour décrire les pratiques cultuelles « idolâtres » et de ce fait, idéologiquement biaisé.
  1. Les nations (goym) Toutes les autres nations par opposition au peuple « élu », que l’on qualifie aussi de « Gentils ». C’est un terme théologique qui ne prend guère en compte les catégories raciales, sociales, politiques ou cultuelles.

Une première observation s’impose d’emblée. L’Ancien Testament n’offre évidemment pas une vision monolithe de « l’étranger », mais en admet diverses facettes. En outre, l’interprétation du terme dépend intimement de la période de rédaction du texte ainsi que du contexte politique, historique et économique. La « définition » de l’étranger n’est d’ailleurs pas de l’ordre de l’ethnie ou de la race, mais dépend de la perception subjective qu’ont les auteurs bibliques d’Israël et de Juda. En effet, les récentes découvertes ethno-archéologiques, qui intègrent l’anthropologie, semblent montrer que, loin de représenter une nation homogène, tribale et unifiée, la Palestine a vu en son sein l’émergence de deux grands groupes rivaux. Tout laisse à penser qu’ils étaient ethniquement, culturellement et politiquement fort différents : Israël (à partir du 9° siècle avant J.C) et Juda (à partir du 8° siècle avant J.C). Avant ces périodes clefs, il n’est pas possible de distinguer véritablement les « israélites » ou les « judéens » des populations autochtones dites « cananéennes ». Après la destruction de Juda en 587 avant J.C, débutent les périodes exiliques et post-exiliques pendant lesquelles, un grand nombre de textes vétérotestamentaires vont voir le jour. C’est au moment où les auteurs de ces textes et les populations de la première « diaspora » vont se trouver au contact des autres nations, essentiellement l’Égypte (communauté judéenne d’Éléphantine) et Babylone (communauté judéenne babylonienne), qu’ils vont être obligés de définir « Israël » par rapport aux autres. Cette définition se fera surtout par opposition aux autres et prônera un certain particularisme. Il n’en demeure pas moins, qu’il faudra définir également les autres. C’est dans cette situation de quête d’identité que des positions très variées vis-à-vis des « étrangers » vont être élaborées.

Les témoignages pré-exiliques (avant le 6° siècle) 

L’on sait peu de choses de ces périodes. Tout au plus pourrait-on suggérer qu’il devait exister d’anciennes lois ou coutumes, qui préconisaient l’accueil et l’hospitalité à l’égard de l’étranger comme c’est encore le cas de nos jours. L’insistance sur la protection des faibles, des veuves, de l’orphelin et de l’immigré est déjà présente. Ce thème est répandu dans les codes de loi du Proche-Orient ancien où le roi devait être le protecteur des couches défavorisées de la population. Certains points de législation inhérents à une protection juridique, sociale et religieuse des catégories comprenant l’indigène, l’émigré et le résident existaient peut-être déjà. Quoiqu’il en soit, remarquons néanmoins que les textes prophétiques, en général, considèrent l’étranger comme l’ennemi, l’envahisseur et l’instrument du jugement de Dieu.

Les témoignages exiliques et post-exiliques (après le 6° siècle)

Une position « exclusiviste » voire intégriste. Au moment du retour de l’exil pour une petite frange de la population, essentiellement aisée et lettrée, à partir de 530 avant J.C, une polémique violente va opposer une partie des exilés judéens babyloniens à la population judéenne autochtone qui est restée au pays. Les exilés, qui sont en réalité des « étrangers », ou du moins, des « immigrants », vont se considérer comme le seul « vrai Israël » et vont identifier les non-exilés (les véritables autochtones) à des « étrangers ». Ce renversement de situation va être matérialisé par des textes très durs à l’égard des « étrangers » où le véritable Israël est exhorté à se séparer des autres. Cette séparation implique un massacre et une sorte de purification « ethnique ». L’enjeu principal est l’identité du véritable Israël qui se retrouve dans la vénération exclusive de son Dieu unique (monothéisme et Sabbat). Il s’agit d’un commandement d’ordre idéologique qui n’a certainement jamais été véritablement appliqué à l’époque ; il n’en demeure pas moins que les auteurs de ces textes cherchent à façonner une identité idéologique et théologique qui se reflète dans un langage violent et très agressif. Il est le résultat d’une société en crise, qui se sent menacée de toutes parts, et qui craint de perdre ses privilèges et ses spécificités à cause d’un processus d’assimilation à une culture ambiante, encouragé par une domination étrangère. Cette position ségrégationniste et xénophobe prône l’expulsion des « étrangers » et agite l’épouvantail du danger d’assimilation.

C’est dans la même perspective qu’il faut comprendre le récit de Josué, et les réformes introduites par Esdras et Néhémie, interdisant tout mélange entre « émigrants » et « autochtones » par l’entremise de la prohibition des mariages inter-ethniques. Ce sont ces mêmes auteurs qui vont fabriquer une généalogie artificielle comme celle des Chroniques où faire partie du « vrai » Israël, correspond à être rattaché à une famille qui peut revendiquer son appartenance à l’une des 12 tribus. « L’étranger » est celui qui ne peut fournir une preuve quelconque qu’il est bien dans la lignée généalogique préconisée par les auteurs.

Une position consensuelle et ouverte. A la même époque d’autres auteurs et milieux ont réagis vivement contre des positions xénophobes et particularistes. Des livres comme Ruth et Jonas intègrent des « étrangers » dans l’histoire du salut et en font des personnages incontournables. Dans le Pentateuque, plusieurs textes insistent sur la mise en parallèle de la situation de l’étranger et de l’émigré et la situation du peuple d’Israël en Égypte. Souvent, Dieu s’occupe de l’intégration de l’étranger ; il a un faible pour lui. Dans les textes dits « sacerdotaux », le peuple d’Israël est qualifié de peuple d’émigrés et d’hôtes. Ce sont souvent dans les récits patriarcaux où sont présentés les pères fondateurs des communautés des exilés : Abraham pour Babylone, Joseph pour l’Égypte. Dans ces textes, les « autres » peuples ne sont pas critiqués ni vilipendés. Au contraire, ils sont accueillants, pacifiques et collaborent. On peut avoir des contacts avec eux et cohabiter au milieu d’eux. Ces « étrangers » peuvent même avoir des relations personnelles avec le Dieu d’Israël. L’histoire de Joseph démontre qu’il est possible de pouvoir s’intégrer, de nouer des relations, de se marier, d’avoir une bonne situation sociale, même en pays étranger, tout en gardant sa foi. Abraham en tant qu’émigré en Canaan, se soumet aux règles en vigueur, n’abuse pas de l’hospitalité et finalement va acquérir un bout de terrain en l’achetant. Ce texte peut être vu comme un encouragement pour les exilés babyloniens à revenir vivre en Palestine, sans en chasser automatiquement les habitants, comme aux autochtones, à poursuivre leur vie dans le pays. L’histoire des pères fondateurs (Abraham, Isaac, Jacob, Joseph) présente un Dieu pacifique qui veut l’entente cordiale entre les peuples et s’érige contre toute conception nationaliste, réductrice et xénophobe. C’est donc l’accueil de l’autre qui est célébré d’entrée et non son rejet. L’idée d’un Dieu qui a libéré son peuple opprimé (l’exode) souligne, à son tour, l’importance du respect et de l’intégration de l’étranger.

Conclusions provisoires

– Nous venons de voir que les témoignages de l’Ancien Testament, loin d’être monolithiques, s’inscrivent chacun dans une période historique précise ainsi qu’un contexte sociologique et politique spécifique. Comme aujourd’hui, les sociétés de l’époque vivaient des périodes de crises identitaire et des périodes d’ouverture et d’intégration de la nouveauté.

On trouve des modèles qui prônent le rejet de l’étranger, son exclusion voire son anéantissement pour des raisons idéologiques et des luttes de pouvoir. C’est surtout dans les périodes d’effritement d’anciens points de repères que certaines tendances cherchent à se forger une nouvelle identité. Que cela se passe par le truchement d’une généalogie ou d’une idéologie xénophobe, ces mouvements veulent imposer un modèle unique qui passe soit par l’intégration forcée soit par la haine de l’étranger, fût-t-il déjà en leur sein. On ne tolérera aucune déviation ni différence ; l’altérité est complètement occultée.

Parallèlement à cela, on trouvera d’autres références et passages qui eux insistent sur la tolérance, le respect mutuel des différents groupes vivant sur un même territoire, l’ouverture à l’étranger voire un certain universalisme. L’étranger est accepté en tant que tel avec ses différences et ses apports à la culture et à la société de son lieu d’accueil. Néanmoins, on prendra garde de ne pas trop extrapoler des données bibliques et on les maniera avec précaution en évitant de se bombarder les uns les autres comme des pavés que l’on se jette à la tête. Cette présence de positions, quelque fois antagonistes, nous apprend que notre situation contemporaine a déjà connu quelques antécédents.

 

« L’ÉTRANGER » DANS LE NOUVEAU TESTAMENT

L’étranger dans l’antiquité, autour de l’ère chrétienne. A l’époque hellénistique, une cité se définie par :

  1. un territoire commun délimité
  2. une organisation politique reconnue par les autres cités
  3. une légende de fondation

La citoyenneté s’obtient selon la règle du sang (dérogations pour les étrangers). Mais le fossé entre les deux demeure très marqué (idem pour le système impérial romain).

Il existe trois catégories d’étrangers :

1. les étrangers honorés (acteurs, médecins, etc..),

2. Les « utiles » (commerce);

3. les « indésirables » (barbares, nomades, prisonniers..). Les « métèques » participent aux charges financières et militaires de la cité, mais n’ont aucun droit politique. On est toujours étranger de quelqu’un ou par rapport à un groupe social politique (parfois d’un village sur l’autre).

Selon les lieux et les circonstances du moment, l’attitude vis à vis de l’étranger peut varier considérablement :

Positive : Accueil au nom de l’hospitalité, par curiosité (goût pour l’exotisme), par intérêt politique et économique (politique d’intégration) ou parfois par philanthropie. C’est surtout le cas du stoïcisme, un courant philosophique qui prône un certain cosmopolitisme. La raison humaine devrait effacer les différences séparant les hommes entre eux et les unir sous une loi commune en les regroupant, afin qu’ils se laissent guider par un même berger. Il n’y a plus d’altérité, mais derrière l’étranger, un homme semblable aux autres hommes.

Négative : Une méfiance, voire un rejet. C’est un réflexe identitaire dicté par le désir de préserver les privilèges d’un groupe, d’un pouvoir et d’une certaine peur. Dans l’antiquité, la condition d’étranger est tout de même synonyme de précarité. Outre les moqueries et les sarcasmes dont il est l’objet, l’étranger reste celui qui est d’une autre race, qui parle une autre langue, qui adore d’autres dieux, qui suit d’autres mœurs.

 

La diaspora juive et son souci identitaire Selon Flavius Josèphe, les juifs « constituent un peuple qui ne se mêle à aucun autre et qui diffère de tous par sa religion »; c’était le cas surtout en Égypte et dans l’empire romain. Il faut dire que le jugement des historiens égyptiens à leur encontre dénote une xénophobie inhabituelle, peut-être due au fait que les juifs n’ont jamais cherché à s’assimiler.

 

Le NT : le croyant et son étrangeté La question de l’étranger en tant que telle n’est pas abordée dans le NT. Les quelques textes qui en parlent utilisent le terme pour tenter de décrire la condition chrétienne dans ce monde :

 

Matthieu : de l’identité nationale à l’identité de croyant

L’évangile de Matthieu est paradoxal. Reconnu comme le plus juif et le plus particulariste, il s’ouvre tout de même très tôt aux autres nations. Notons la présence d’étrangères dans la généalogie, la visite des mages, le centurion, la cananéenne. L’annonce de la bonne nouvelle aux nations païennes est souvent mentionnée. L’identité juive est questionnée en profondeur. Elle n’est plus définie par une appartenance ethnique, par le sang, par un droit à la terre ou par une élection. C’est la reconnaissance de Jésus comme messie qui fonde à présent l’identité du croyant, devenant de ce fait disciple. Ceux qui croient en Christ, deviennent membres de la communauté (l’Église). Dans le texte du jugement dernier en Matthieu 25, 31-46, l’étranger désigne Jésus et à travers lui, le disciple. A l’image de son maître, le disciple doit se comprendre comme un étranger et un petit ; quelqu’un rejeté par le monde, qui ne peut rien de lui-même mais doit apprendre à ne compter que sur le secours de Dieu.

 

La double citoyenneté du croyant : citoyen et en même temps étranger et voyageur

Dans d’autres écrits et traditions (paulinienne ou johannique), il y a l’idée, qu’en Christ, le chrétien reçoit une nouvelle identité qui relative toutes ses identités précédentes (religieuse, nationale ou culturelle). D’un côté le croyant devient désormais citoyen de la maison de Dieu ou du royaume (citoyenneté spirituelle et éternelle), de l’autre, il est pour le moment tout de même appelé à se conformer aux usages du monde dans lequel il est de passage (citoyenneté temporelle). L’évangile de Jean dirait qu’il est dans ce monde sans être de ce monde. Il y a toujours cette tension à l’oeuvre dans l’existence du croyant : en Christ, tous les chrétiens sont citoyens du ciel et étranger dans ce monde. Au sein de la société, les différences religieuses, culturelles et ethniques demeurent et le chrétien ne peut simplement les ignorer. Si le chrétien se considère comme un étranger dans un pays d’accueil, il doit y respecter les règles en vigueur tant qu’elles ne contredisent pas le témoignage qu’il rend à Jésus-Christ.

 

Conclusions : Le NT ne dit rien au sujet de l’attitude à avoir vis-à-vis de l’étranger. Pourtant le statut particulier du chrétien pourrait l’aider à mieux le comprendre. C’est la foi au Christ seule qui fait du croyant un citoyen du royaume par -delà toutes les distinctions (race, culture, sang, terre) et en même temps, en fait un étranger dans ce monde (jusqu’à quel degré ?) On peut se demander si cette accentuation sur l’étrangeté du chrétien par rapport au monde ne s’est pas renforcée dans certains écrits et si elle n’a pas contribué à une certaine abdication du Chrétien en ce qui concerne la politique et le social. Ce n’est donc pas le monde (temporaire) qui va fournir au chrétien son identité, il l’a déjà reçu en Christ, elle n’est pas terrestre. Pour cette raison, le chrétien ne devrait pas considérer l’étranger comme un danger pour son identité. Si le chrétien est étranger dans ce monde, il peut essayer de comprendre ce que ressent l’immigré hors de sa patrie. En même temps, il existe des lois dans le pays d’accueil, lesquelles impliquent, pour l’étranger comme pour l’autochtone, des droits et des devoirs.

 

Sources : Eglise Réformée de France. Eglise en débats. Etrangers, étrangers. Les bergers et les Mages, N° 2.

Frédéric Gangloff




Esaïe 63 Si tu descendais…ça déchirerait grave!

mother-589730_640Esaïe 63, 15-64, 3 : « Si tu descendais, ça déchirerait grave ! » voici un chœur parlé mixte (un homme et une femme si possible !) proposé par Frédéric Gangloff

 

A (Du haut de la chaire, avec un peu de sarcasme comme s’il était blasé) : Il était une foi, dans un lieu fort lointain, un… C’était comment déjà son Nom ?

 

B : L’aurais-tu déjà oublié ? Ton nom c’est le sien, c’est lui qui te l’a donné…

A : Ben, euh ! Il y a déjà si longtemps… On disait qu’il vivait au-delà de l’horizon et des nuages… Dans sa villa sublime et divine ! Comme si là-haut, il pouvait voir ce qui nous arrive !

B : On disait surtout qu’il était très fort ; le Tout-Puissant de l’au-delà…

A : Ah oui, cela me revient ! Le genre sniper ou Seigneur de la guerre, qui bute tous ses ennemis ! J’adore ce jeu !

B : Du calme, ne nous emballons pas… C’est bien les mecs ça ! Essaye de réfléchir avec ton cerveau et tes tripes ! Moi je le vois plutôt comme maternel avec de la compassion et les entrailles remuées ; il a une tendresse toute féminine pour…

A : Chialer devant la télé ? Non mais allo quoi ! C’est bien d’un Père viril dont il s’agit avec une liste de fils qui font sa fierté : Abraham, Jacob, Luther, Calvin, sans oublier le pasteur machin de…

B : Tu n’as pas vraiment écouté le texte ou juste entre les lignes ; toute cette galerie machiste de nos ancêtres est la première à avoir oublié ses enfants ! Échec sur toute la lignée ! Je réclame une nouvelle filiation ! A moins qu’il s’agisse d’une fille-ation !

A : Comment cela ? Moi je suis pour l’ancienne, par le sang, de père en fils ; on ne change pas une équipe qui gagne !

B : C’est ça ! Continuer comme avant et surtout ne rien changer ! Les mecs détestent que les choses changent de place… Mais enfin ! L’habitude et la monotonie tuent l’amour qui en devient conventionnel ! Il faut renaître tous ensemble à une nouvelle relation !

A : Moi j’en reste à Notre Père qui est aux cieux, notre leader et liberator bien-aimé ! Déjà que depuis peu, il ne nous « soumet » plus à la tentation, mais qu’il ne doit pas nous y faire entrer non plus… Alors bon… Autant tout remettre en question à ce compte-là !

B : C’est clair ! Pas touche ! Dieu est tellement saint, qu’il vaut mieux le tenir à distance ! D’abord le plus loin au ciel et aussi derrière une triple muraille !

A : Saint, Saint, Saint, est le Seigneur Tout-Puissant !

B : Un mur de pierre, pour commencer à l’isoler…

A : Un mur de rites, pour s’en emparer…

B : Plus un mur de religieux bien comme il faut, pour contrôler, et exclure les enfants, les femmes, les handicapés, les…

A : C’est bien mieux quand Dieu est en garde à vue !

B : On le confine dans ses quartiers réservés !

A : Personne pour le déranger !

B : Là-haut, il est assigné à résidence !

A : Tellement sacralisé et éloigné, qu’il est devenu pour nous un parfait étranger ! La maison de Dieu c’est le ciel et notre Eglise, mais surtout qu’il y reste !

B : Et à vous le monde qui n’est jamais assez et qu’il n’aille surtout pas se mêler de vos affaires ! Chacun c’est soi ! Vous allez déjà régler son business sur terre !

A : Ben oui ! Nous sommes de grands garçons émancipés ! On n’a plus besoin que papa nous fasse la leçon ! Nous sommes bien capables de nous décarcasser tous seuls !

B : Ils sont mignons ces fils majeurs qui sont tellement pressés de se révolter et transformer leur libération en une obéissance figée, quasi rituelle…

A : Oh ça va la fille-fille à son papa… qui a toujours de bonnes idées… Qu’est-ce que tu proposes pour débloquer la situation ?

B : Déjà, assumons tous ensemble les conséquences de nos révoltes ! Et papa ne restera pas sourd à nos appels sincères et désespérés ! Il ne peut que nous envoyer un libérateur, un vrai de vrai celui-là !

A : Tu crois vraiment que celui qui a tendu la voûte des cieux, le Tout-puissant de l’Au-delà nous écoute encore et nous voit dans notre désespoir ?

B : Je crois même que pour nous sauver, il n’hésitera pas à se faire violence et à crever la toile de sa propre création ! Mais pour cela, il faudrait que tu descendes de ton piédestal… (A descend de deux marches)

A : Ainsi ce qu’on attend du Tout-Puissant de l’Au-delà c’est…

B : qu’il déchire la toile du ciel pour descendre tout simplement à la vie humaine comme une femme donne naissance à un enfant…

A : Mais ce serait le scandale assuré, les montagnes seraient ébranlées, la panique totale, s’il osait descendre… Il faut mieux croire aux idoles ; elles nous offrent du rêve même au-delà de leur mort !

B : Ah que oui ! Mais celui auquel il faut s’accrocher, est venu tout bouleverser ! (A redescend de deux marches)

A : Et qui est-il celui qui a accompli cet acte étonnant et extra-ordinaire ? Il est où ? Il est déjà venu ? Il va revenir ?

B : C’est Jésus, qui de son temps avait déjà fait le ménage en inaugurant le royaume. Il a remis Dieu au centre de nouvelles relations entre les femmes et les hommes, tous disciples pour la même cause…

A : Mais alors Dieu ne tourne plus en rond là-haut dans les murs du palais de l’Au-delà ?

B : Non ! Dieu est sorti des murs ! Il est libre ! Et si tu descends vers moi, nous pourrons enfin le rencontrer ! (A et B se rencontrent au milieu du chœur) Seigneur si seulement tu déchirais le ciel…

A : Tu entendrais comment ils ont besoin de se raccrocher à n’importe quel idéal !

B : Tu verrais à quel point ils ont besoin de sens, de toucher, de pleurer, de témoigner, de vénérer…

A : Seigneur si tu descendais, nous pourrions retrouver cette proximité avec toi sans murs, voiles ni séparations et te rappeler face à face à ta fidélité et à ton amour… À nous de faire le premier pas pour nous rencontrer et descendre de nos grands chevaux ! (A et B descendent les marches du chœur)

B : Tant il est vrai qu’avec Jésus Christ les cieux se sont déchirés et les barrières se sont écroulées…

A : Mais depuis, nous avons construits tant de nouvelles barrières et de séparations pour surtout pas nous rencontrer. Nous t’en supplions, arrête de nous faire vivre sans toi ! (A et B se placent au milieu de l’allée centrale et des paroissiens)

A+B : Ensemble déchirons le ciel qui nous sépare les uns des autres et ainsi nous pourrons tous témoigner que…

B : jamais depuis aujourd’hui on n’a entendu dire…

A : jamais depuis aujourd’hui on n’avait remarqué…

B : jamais depuis aujourd’hui un œil n’a vu

A : qu’un autre dieu ni idole que toi aient agi de la sorte pour celles et ceux qui comptent sur lui…

B : Tu viens à notre rencontre…

A : Et ton Amour…

B : Déchire grave !

Frédéric Gangloff




Choupette la chouette 6

P1020555Choupette la chouette présente ses amies à plumes aux enfants … et à travers l’histoire de ses amies, nous découvrons la présence du Seigneur.  Ces 7 séquences proposent un dossier qui peut être utilisé en École du Dimanche ou en club biblique. Dossier élaboré par Laurence Gangloff, Service de l’enseignement religieux et de la catéchèse de l’UÉPAL. Dans cette séquence, Choupette-la-chouette présente son ami, l’aigle avec une très belle narration de Christian KEMPF.

Introduction biblique

L’hébreu « Neser » et le grec « Aetos » peuvent désigner dans la Bible aussi bien le vautour que l’aigle. En fait, l’hébreu connait plutôt le vautour que l’aigle. Mais le traducteur a préféré l’image de l’aigle, beaucoup plus positive et plus noble à celle du charognard impur. Une certaine confusion règne donc dans les traductions à propos de « Neser », que l’on retrouve dans 26 versets.

  • Exode 19,4 et Deutéronome 32,10 montrent l’action de Dieu pour son peuple : elle est comparée aux ailes d’un aigle.
  • Lévitique 11,13 et Deutéronome 14,12 rappellent l’impureté de l’animal (qu’il soit aigle ou vautour).
  • Deutéronome 28,49 ; Job 9,26 et Habakuk 1,8 utilisent l’image de l’aigle fondant sur sa proie ;
  • 2 Samuel 1,23 évoque Saül et Jonathan : « ils étaient comme des aigles » ; ainsi, les grands rois sont comparés à des aigles (Ézékiel 17,3 et 7).
  • L’image de l’aigle permet des comparaisons poétiques : s’élever comme l’aigle (Job 39,27) rajeunir comme l’aigle (Psaume 103,5) ; la richesse s’envole comme l’aigle (Proverbes 23,5) ; la trace de l’aigle dans le ciel (Proverbes 30,19) ; s’avancer comme l’aigle (Jérémie 49,22) … voler comme l’aigle (Jérémie 48,40)
  • Le verset le plus connu est certainement celui d’Ésaïe 40,31 « Ceux qui se confient en l’Eternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles ; ils courent et ne se lassent point. Ils marchent et ne se fatiguent point. »
  • La destruction et la puissance de l’aigle sont intimement liées en Jérémie 4,13 ; 49,16 mais aussi dans les lamentations 4,19 sans oublier Osée 8,1 et Abdias 1,4.
  • Michée 1,16 mentionne le manque de plumes « rends-toi chauve comme l’aigle, car ils s’en vont en captivité loin de toi ! »
  • Ézéchiel mentionne par trois fois un grand aigle, étonnant, associé à la description du char de Yahvé (1,10 ; 10,14 ; 17,3 ; 17,7)

En grec, l’aigle se dit « aetos »

  • Apocalypse 4,6-8 et 12,14 Description du trône de Dieu
  • Matthieu 24,28

 

Commentaire

L’aigle est caractérisé par sa vue exceptionnelle de rapace diurne et carnivore. Maître du ciel, il jouit d’un équilibre de mouvement parfait grâce à un cervelet très développé. Deux sens le caractérisent : l’ouïe et la vue. L’aigle est utilisé comme emblème royal ou impérial, tout comme le lion.

« Il est le roi des animaux. Symbole si considéré qu’il n’est point de récit ou d’image, historique ou mythique, dans notre civilisation comme dans toutes les autres, où l’aigle n’accompagne, quand il ne le représente pas, les plus grands dieux comme les plus grands héros :il est l’attribut de Zeus (Jupiter) et du Christ, l’emblème impérial de César et de Napoléon (…). Il est aussi le symbole primitif et collectif du père et de toutes les figures de la paternité  » tiré du Dictionnaire des symboles, article « Aigle »

À cause de la charge symbolique de l’animal, il proclame avec sagesse « Dieu est mon seigneur et maître » : voici le fil rouge de cette séquence.

Déroulement de la séquence

 

  • Accueil des enfants

 

  • Narration biblique « Moïse et l’aigle » de Christian Kempf

Une narration différente « l’aigle et Moïse » se trouve sur www.pointkt.org

 

  • Animation possible : à certains mots-clés de la narration, les enfants font des gestes. Il faudra lire lentement. Les mots à mimer sont tirés du dictionnaire du langage international pour les sourds muets.

 

Pour l’aigle : utiliser les bras pour imiter des battements d’ailes

Pour la montagne : les deux mains se rejoignent en mimant la montagne

Pour Dieu : l’index de la main droite monte vers  le ciel et les yeux suivent le mouvement.

 

  • Bricolage : fabriquer un aigle

Fabriquer un aigle – (adapter l’aigle à partir du  coq ci-dessous : faire un bec plus long)

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Recopier l’affirmation  « Dieu est mon Seigneur et maître »

 

 

 

  • Chant : « Je crois en Dieu qui chante » Carillons 135

 

  • Prière

Merci Seigneur pour ta création.

Merci pour les grandes et les petites bêtes.

L’aigle est un modèle de sagesse pour nous.

Comme lui, aide-nous à reconnaître ta puissance.

Donne-nous de reconnaître ta présence dans notre vie ! Amen.

***

Narration biblique  Moïse et l’aigle

La pente est rude, les pierres roulent sous les pieds, le soleil tape dur, à tout bout de champ Moïse doit s’arrêter et prendre sa gourde en peau de chèvre pour laisser couler quelques gouttes d’eau sur sa langue. Faut-il vraiment monter si haut, s’interroge-t-il ? Loin au-dessus de sa tête, un cri d’aigle retentit, renvoyé par la paroi rocheuse, comme si Dieu voulait lui rappeler sa consigne : oui, je te l’ai dit, il faut monter tout là-haut. Aussi haut que l’aigle.

Aigle, aigle ! se dit Moïse. Il en a de bonnes, Lui. Je n’ai pas d’ailes, moi, je n’ai que mes sandales de cuir. Il pourrait faire ce qu’Il m’a fait dire au peuple l’autre jour : « Je vous ai portés sur des ailes d’aigles et vous ai fait arriver jusqu’à moi. » Suite à quoi Dieu lui avait glissé à l’oreille : « C’est bien. Et maintenant, dès que le temps s’y prête, tu grimpes sur la montagne pour que je te dise en quoi consiste mon alliance. »

Après avoir gravi le vallon pierreux qui lui a donné tant de peine, Moïse passe un col inondé de soleil. À droite, une pente douce qui monte vers un sommet arrondi. À gauche, une paroi rocheuse qui s’élève à perte de vue. Devinez de quel côté il aperçoit l’aigle en train de planer en rond ? Pan dans le mille : à gauche, près du rebord de la falaise ! C’est parce que son aire (c’est comme ça qu’on appelle un nid d’aigle) doit se trouver par-là, se dit Moïse, qui aurait tellement préféré le chemin du sommet arrondi. Mais sa conscience – ou alors est-ce l’esprit qui le guide ? – lui dit que c’est bien du côté de l’aigle que Dieu l’attend. Pas de chance.

Moïse reprend l’escalade. Curieusement, chaque fois qu’il est en panne, croyant qu’il n’y a plus moyen d’avancer, un petit coin de rocher se présente juste à portée de sa main pour s’accrocher, et un replat pour poser son pied, et Moïse peut progresser. Quelqu’un lui aurait-il préparé un chemin, difficile certes, mais possible ? Juste à sa mesure ?

Essoufflé, Moïse n’a pas les moyens d’y réfléchir. D’ailleurs, si vous voulez mon avis, Moïse n’est pas seulement poussé par la consigne « tu grimpes sur la montagne », ni par la promesse d’entendre Dieu parler. Il est surtout attiré par la curiosité : si Dieu l’attend là-haut, loin des yeux du peuple, c’est qu’il va… se montrer à ceux de Moïse ! C’est dingue, ça, non ? Voir Dieu !

Bon, d’accord, on n’en sait rien, si c’est ça qui a attiré Moïse, c’est juste une idée. Pendant que nous bavardions, Moïse a bien progressé. Le voilà qui lance sa jambe par-dessus le dernier rocher, il se hisse et… tombe dans le nid de l’aigle, entre les aiglons qui piaillent de frayeur. Arrive monsieur aigle, qui se perche sur le rebord de l’aire et qui agite ses immenses ailes. Dans le bruit qu’elles font, Moïse entend une voix : « Fffrrr, sors de là, tu n’es pas encore au bout de tes peines. »

– « C’est toi, Seigneur, qui me parle ainsi ? » demande Moïse.

– « Non, c’est moi, l’aigle, qui te parle. Et je te dis de sortir de là parce que tu effrayes mes petits. Tu vois le trou là-bas, entre les deux rochers ? Va t’y cacher et bouche-toi les yeux, Dieu va passer, mais tu n’as pas le droit de le voir. Par contre, ouvre bien les oreilles ! C’est un conseil d’ami. »

Sans un mot, Moïse s’en va se cacher dans l’ombre de l’anfractuosité (c’est comme ça qu’on appelle un mince espace entre des rochers). Un grand battement d’ailes : « Fffrrr, ferme les yeux, j’ai dit. » Moïse obéit. Il attend.

En-bas, dans le campement, tous ont les yeux levés vers la montagne du Sinaï. Ils voient le sommet s’entourer peu à peu de nuages, qui deviennent de plus en plus noirs. Bientôt, des éclairs en sortent, et des coups de tonnerre retentissent. Effrayés, les gens se disent les uns aux autres : « Pauvre Moïse, qui est monté tout droit dans ce terrible orage. Il doit être gravement en danger. » – « Mais non », disent les autres, « vous n’entendez pas ? C’est Dieu qui parle dans cet ouragan. Nous, on ne comprend rien, mais Moïse nous dira les paroles de Dieu. » – « S’il revient vivant, oui ! » – « Ayez confiance. D’aucun de nous Dieu n’est loin. » C’est peut-être Aaron, le frère de Moïse, qui dit ces mots, ce serait assez son genre, mais on n’en sait rien, le bruit est si fort et le moment si intense.

Sur la montagne, du côté de Moïse, pas le moindre nuage ! Pas d’éclairs, ni de tonnerre. Incroyable, non ? C’est que, d’une certaine manière, même si c’est la même montagne, ce n’est pas le même monde, ici et là-bas, là-haut et ici-bas. Et quelquefois, selon l’endroit d’où tu regardes, les choses sont complètement différentes. Mais ce ne sont pas forcément les choses qui sont différentes, ç’est peut-être ton regard qui n’est pas le même. Pour l’un, c’est de la bonne musique, pour l’autre ce n’est qu’un horrible bruit. Pour l’un c’est un animal mort, pour l’autre c’est de la viande bonne à manger. Pour l’un c’est une pente dangereuse qui donne le vertige, pour l’autre c’est juste une super glissade sur une bonne paire de skis. Pour l’un c’est une grosse colère paternelle, pour l’autre c’est juste papa qui parle et qui a eu très peur pour toi parce qu’il t’aime. Pour l’un c’est une tempête qui arrache les cheveux, pour l’autre c’est le battement des ailes d’un aigle.

Fffrrr. Fffrrr. Encore l’aigle ? se dit Moïse dans le creux du rocher. Oui, le même aigle, mais pas la même voix. Une voix pas tout-à-fait inconnue, puisque Moïse l’a déjà entendue près du buisson ardent, quand les flammes brûlaient sans brûler le buisson et que Dieu lui a dit : « Va dire à pharaon de laisser partir mon peuple. » Aujourd’hui, la voix dans le bruit des ailes de l’aigle dit :

– « C’est moi le Seigneur, ton Dieu, qui t’ai fait sortir d’Égypte, de la maison de servitude : tu n’auras pas d’autres dieux face à moi. Tu ne te feras pas d’idoles. Tu ne prononceras pas à tort le nom du Seigneur, ton Dieu. »

Et la voix de Dieu prononce les fameuses dix paroles qui seront plus tard gravées dans la pierre et que le peuple hébreu, mais aussi les disciples de Jésus et les croyants de Mohammed considèreront comme LA Loi divine. Quand on les écoute d’une certaine manière, on peut effectivement les entendre comme des coups de tonnerre : « Je suis le Seigneur, ton Dieu ! » Mais on peut aussi les entendre comme des merveilleuses promesses : « Puisque je suis ton Dieu, tu n’auras plus besoin de te fabriquer des idoles, tu pourras cesser le travail une fois par semaine, tu verras ton père et ta mère comme ceux qui t’ont transmis la vie, tu n’auras plus besoin de tuer, ni de tromper, ni de voler, ni de mentir, ni d’abuser de ton prochain. »

Pas des menaces : des promesses. Quand les dix paroles sont finies, Moïse ouvre vite les yeux, mais il ne voit rien, à part la queue d’un aigle disparaissant derrière le rocher.

Plusieurs années après ces événements du mont Sinaï, Moïse escalade une autre montagne. Il est désespéré. Déçu. Fatigué. Abattu. « Seigneur -Dieu », dit-il en gravissant la pente, « pourquoi, mais pourquoi donc m’as-tu demandé de conduire ce peuple à la nuque raide ? »

C’est ce qu’il répète encore lorsqu’il parvient au sommet. L’aigle vient planer autour de lui. « Fffrrr ! Qu’est-ce que tu viens faire ici, Moïse ? »

– « Oh ! C’est toi, l’ami ! Je voulais parler avec Dieu, seul à seul. Mais peut-être que tu peux m’aider, toi aussi. »

– « Tout-à-fait. Tu sais, moi ou Dieu, c’est pareil, et en même temps c’est pas pareil. Je veux dire : j’ai l’air d’être le maître du ciel, le roi des animaux, le seigneur du vent et du temps, mais je ne suis pas Dieu. C’est même le contraire : Dieu est mon Seigneur et maître. De la même façon, Dieu est certes lointain, intouchable et si puissant qu’on peut le comparer à un ouragan, mais il est aussi tout proche de chaque être vivant. Il accepte souvent d’être faible et impuissant, il veut bien patienter jusqu’à ce nous comprenions enfin, après avoir fait toutes sortes d’expériences. Tu vois ce que je veux dire ? »

– « Je ne suis pas sûr. Moi, je croyais qu’après avoir entendu les dix paroles que je leur ai apportées de la part de Dieu, les membres du peuple feraient la fête et qu’ils se réjouiraient que Dieu soit leur Seigneur, mais tintin ! ils ont fait la gueule, ils m’ont reproché de ne pas leur dire la vérité. Alors je me suis retiré sur la montagne, j’ai pris la peine de graver sur une grande plaque l’ensemble des dix paroles, puis je suis revenu vers le campement, pensant que des inscriptions sur la pierre auraient plus d’effet, mais tu sais ce que j’ai trouvé en rentrant ? Une fête païenne ! Ces sombres imbéciles ont préféré se tailler une idole en or, en forme de veau, pour la placer au milieu du camp et danser autour d’elle, plutôt que de croire en un Dieu de parole. »

– « Mais… tu leur as dit que ces dix paroles sont des promesses, et pas des menaces ? Je te l’ai expliqué en détail, quand tu as rouvert les yeux et que tu as cherché le chemin pour descendre, tu te souviens ? Tu ne savais pas où t’accrocher, alors je t’ai pris sur mon dos et pendant qu’on descendait des hauteurs en planant, je t’ai donné une clé pour comprendre les paroles de Dieu : une déclaration d’amour, pas une liste de punitions. »

– « Oui, oh ! Oui ! que je leur ai présenté les choses comme ça. C’était si lumineux, si bon, si nouveau ! Tellement différent des discours habituels sur les dieux et leurs colères ! Tu sais ce qu’ils ont fait ? Ils m’ont rigolé au nez. Ils ne veulent rien entendre, je te dis. Ils n’en font qu’à leur tête, ils ne comprennent rien à rien. Ce matin encore, ils se sont rassemblés devant ma tente en tapant des pieds dans la poussière, et leurs délégués sont venus me dire qu’ils veulent enfin un Dieu d’autorité et de puissance, qui punisse le crime jusqu’à la septième génération, qui massacre les opposants et qui protège ses fidèles dans des forteresses imprenables. Voilà ce qu’ils veulent. »

– « Fffrrr ! Moïse, Moïse ! Ne sois pas fâché contre eux. Laisse faire le temps, et l’expérience. La graine semée ne restera pas sans fruits, même si elle doit d’abord mourir dans la terre. Un jour, j’enverrai quelqu’un leur dire qui est Dieu en vérité. Pas toi, tu as déjà largement fait ta part de travail. »

– « Dis-moi, l’aigle, c’est ta voix que j’entends là, ou c’est celle qui m’a parlé sur l’autre montagne ? »

– « Fffrrr ! Moïse, ne te creuse pas la cervelle. Je te rappelle ce que je t’ai déjà dit : je suis maître de l’espace et des cimes, mais mon maître et Seigneur, c’est Dieu. Et si Dieu règne sur l’éternité, sur les étoiles et sur les générations, il est pourtant présent dans l’instant d’une parole, dans le geste d’une main, dans le battement d’une aile. Maintenant va, annonce au peuple que Dieu, qui l’a fait sortir d’Égypte, n’admettra pas qu’il retombe dans l’esclavage, que ce soit celui d’un roi, ou d’une idole de pierre, ou d’une religion de mort. »

Fort de cette promesse, Moïse est retourné vivre au milieu du peuple. L’aigle ? Cet aigle-là, personne ne l’a jamais revu. Fffrrr.

Christian Kempf

 




Choupette la chouette 5

P1020559Choupette la chouette présente ses amies à plumes aux enfants … et à travers l’histoire de ses amies, nous découvrons la présence du Seigneur.  Ces 7 séquences proposent un dossier qui peut être utilisé en École du Dimanche ou en club biblique. Dossier élaboré par Laurence Gangloff, Service de l’enseignement religieux et de la catéchèse de l’UÉPAL. Dans cette séquence, Choupette-la-chouette présente son amie, l’autruche du livre de JOB. Narration de Christian KEMPF.

Introduction biblique 

L’autruche est désignée en hébreu par divers vocables

  • « renanim » en Job 39,13,
  • « bat hayya’anah » (fille de l’endroit rocailleux),
    • en Lévitique 11,16 et en Deutéronome 14,15 dans une liste de noms d’oiseaux impurs.
    • en Ésaïe 13,21 ; 34,13 et 43,20 les autruches sont associées à une espèce de calamité, difficile à comprendre aujourd’hui. Les textes de Jérémie 50,39 et de Michée 1,8 sont dans le même registre, de même que Lamentations 4,3.
    • en Job 30,29 pour exprimer une comparaison poétique. Elle est présentée en Job 39,13 à 18. Cet extrait nous permet de construire cette séquence.

L’autruche est présentée dans les textes bibliques comme un animal négligent qui abandonne ses œufs à la chaleur du désert.

 Commentaire

Dans l’antiquité, l’autruche peuplait tous les déserts entourant la Palestine. Les dernières autruches furent aperçues en Palestine en 1928, dans le sud du Négeb. Grâce à ses fortes pattes, et malgré son poids (jusqu’à 100 kg), l’autruche atteint les 60 km/h. L’ornithologue explique le texte de Job ainsi : si l’oiseau du désert abandonne à terre ses œufs, c’est parce que l’oiseau ne peut couver que vingt-deux œufs maximum. Le tri est effectué par une femelle expérimentée et on est bien obligé de constater que tous les œufs gardés sont « bons » et que les œufs non fécondés sont écartés : est-ce le sixième sens de l’autruche ? Les œufs sont couvés le jour par la femelle et la nuit par le mâle, pour des raisons de couleur de plumes. L’autruchon est coureur dès qu’il sort de l’œuf.

Finalement, elle n’est pas si folle que cela, l’autruche. Ce qui nous permet d’affirmer en fil rouge, « Moi aussi, Dieu m’aime »

Déroulement de la séquence

  • Accueil des enfants
  • Narration biblique

Raconter l’histoire inventée par Christian Kempf (ci-dessous)

  • Bricolage : décorer un œuf d’autruche

Où trouver un œuf d’autruche ?

http://sundgau.autruche.free.fr/index.php?page=produits  (10€)

http://reichshoffen.pro.free.fr/autruches.htm (Gundershoffen)

http://www.autrucheland.com/ (74150 Hauteville sur Fier)

http://www.art-et-artisanat-du-monde.com

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Préparer des feutres indélébiles de différentes couleurs. Chaque enfant, puis chaque adulte écrit de sa main la phrase du fil rouge sur l’œuf d’autruche.

Autre possibilité : écrire au stylo le message sur une serviette en papier, séparer les couches de papier et coller  le message  sur l’œuf avec de la colle blanche ou de la colle-vernis. L’œuf sera exposé à la vue de tous les membres de la communauté.

 

 

 

  • Chant: « Si du nid tombe un oisillon » Carillons 242

 

  • Prière

Merci Seigneur pour ces animaux

Qui nous apprennent combien tu nous aimes.

Aide-nous à te rester fidèle.

Amen.

***

Narration bibliques :  Abby l’autruche

 Le vent de sable qui était venu du désert s’est calmé d’un coup. Un profond silence a suivi. Sous le soleil revenu, le paysage n’avait plus qu’une seule couleur, comme s’il avait été remplacé par un coin de désert : du sable, rien que du sable, avec des creux et des bosses.

Une des monticules s’agita, on vit apparaître comme une bosse de chameau, puis deux bras soulevèrent la fourrure et la tête de Job apparut, pâle, ridée, les yeux sombres, une maigre barbe au menton, pas le moindre cheveu sur la tête.

Job regarda lentement à gauche, puis à droite, puis il murmura : « C’est le bouquet. Tout à l’heure, la ruine et la désolation, et maintenant plus rien du tout. Que du sable. » Et à haute voix : « Seigneur, ça ne te suffisait pas ? »

Juste devant lui, un monticule plus petit se secoua, une tête d’autruche se dressa sur un long cou, et une voix nasillarde en sortit : « Tu parles à qui ? »

– « Toi l’autruche, je ne te cause pas. Et d’ailleurs, d’où tu sors ? »

L’autruche finit de se débarrasser du sable qui l’avait recouverte. Elle se dressa sur ses deux pattes, inspecta l’horizon et répondit :

– « Je n’en sais rien. Le vent de sable m’a surprise alors que je venais de pondre un œuf derrière la dune, j’ai été soulevée en l’air, moi qui n’ai jamais volé de ma vie. Je crois que j’ai roulé sur le sol pendant un moment et quand j’ai voulu me servir de mes pattes, j’ai été emportée à nouveau. Et me voilà. Tu t’appelles comment ? »

– « Job ». C’était plus un soupir qu’un nom.

– « Job ? Tiens, c’est curieux. Le propriétaire de l’oasis près de laquelle vivaient mes parents, et moi après eux, ben il s’appelle aussi Job. Un grossier personnage, soit dit en passant, mais tu ne le répèteras à personne, s’il te plaît. D’accord, le puits lui appartient et les palmiers autour, et les troupeaux de bœufs et d’ânes et les caravanes de chameaux qui s’arrêtent là tous les deux ou trois jours. Mais tu crois qu’il nous autoriserait à venir boire dans les baquets que ses bergers remplissent pour leurs bêtes ? Rien. Nix. Nada. Les bergers nous chassent dès qu’ils nous voient, sur ordre de Job, parce que nous ne lui obéissons pas. Quel mufle ! Tu le connais, ce Job-là ? »

Job est resté silencieux un moment, les yeux fermés. Puis il a regardé l’autruche et a dit !

– « Oui, je le connais. Ce Job, c’est moi. Ou plus exactement, c’était moi. » Et en quelques mots Job raconta à l’autruche ce qui venait de lui arriver : sa belle vie, ses troupeaux, ses caravanes, ses serviteurs, ses enfants ; puis, comme un coup de tonnerre sous un soleil radieux, les catastrophes qui surviennent les unes après les autres, sans raison, lui enlevant tous ses biens et ses enfants. Finalement, la lèpre qui se met à lui ronger la peau en commençant par les mains et les pieds. « J’ai cru que j’étais devenu un déchet à jeter dehors, alors je me suis assis sur ce tas de cendres et de vaisselle cassée. Même ma femme est venue me cracher dessus et elle m’a reproché de rester fidèle au Seigneur. »

– « Faut-il que le Seigneur Dieu te haïsse pour t’infliger tout ça », dit l’autruche après un temps de silence.

– « Pas du tout ! » protesta Job. « Tu parles comme ces trois imbéciles qui sont venus me voir à tour de rôle pour m’expliquer je ne sais quelle théorie sur mes péchés et sur la punition que j’aurais, paraît-il, méritée. J’ai demandé à Dieu de me dire quelle faute j’avais bien pu commettre, j’ai exigé de lui qu’il organise un procès équitable où j’aurais une chance de me défendre. J’ai prié, crié, supplié, appelé. Rien. Nix. Nada. Ce n’est pas qu’il me déteste, mais là, je dois bien admettre qu’il se tait. »

– « Je connais ça », dit l’autruche en baissant sa tête jusqu’au ras du sol. « Quand je sens qu’il va me parler, je me cache la tête dans le sable, tellement j’ai peur des reproches qu’il va me faire. »

– « Comme par exemple de pondre tes œufs dans le sable puis de les abandonner pour que n’importe qui les écrase en marchant dessus ? »

– « Ah ! non ! tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi ?! C’est complètement faux, cette histoire-là. Le problème est que je ponds des œufs tout le temps et que je ne peux pas les couver tous. Alors je sélectionne. Je ne rassemble que les œufs qui contiennent vraiment une future petite autruche, et ceux-là je les couve, avec l’aide de monsieur autruche. C’est les autres que j’abandonne, de toutes manières ils ne donneraient jamais rien même si je les couvais pendant cent ans. Voilà la vraie histoire. »

– « Excuse-moi, je ne savais pas tout ça. »

– « OK, ça marche. J’y suis habituée. Même Dieu me déteste, alors tu sais, rien ne m’étonne. »

– « Ah. Euh… Tu ne m’as pas dit comment tu t’appelles ? »

– « Moi ? Bof, quelle importance ? »

– « Allez, dis-moi ! Ne fais pas l’… euh… la trouillarde ! »

– « Abby. Je m’appelle Abby. Je suis la fille de Sinny, qui a couru d’Éthiopie jusqu’en Arabie sans s’arrêter, paraît-il. C’était il y a longtemps. »

– « D’accord, Abby l’autruche. Mais pourquoi dis-tu que Dieu te déteste ? »

-« Tu as vu ces petites ailes ?! Même un moineau ne pourrait pas s’envoler avec ça. Alors moi, avec mes cent kilos ! Pourquoi est-ce qu’il m’a donné des ailes aussi ridicules, s’il ne me déteste pas ? » Et l’autruche, courbant son long cou, essuya sur ses petites ailes ses yeux pleins de larmes.

– « Tu as des petites ailes, d’accord, mais tu as des longues pattes, par contre. »

– « Ouaip ! », dit Abby l’autruche en dressant son cou. « Je ne cours pas aussi vite que le vent, mais il n’y a pas un animal pour me rattraper ! Oh ! à propos de pattes et de courir : il faut que je rentre, c’est bientôt mon tour de m’asseoir sur notre dernière couvée. Salut, Job, et peut-être à une autre fois ! Ne perds pas courage ! »

Et avant que Job ait eu le temps d’ajouter quoi que ce soit, Abby l’autruche avait disparu derrière la première dune. C’est vrai qu’elle courait vite.

Un an plus tard, Job était en tournée de visite de ses nouveaux troupeaux. Monté sur son chameau, il parcourait le désert pour contrôler le travail des bergers qu’il venait d’embaucher.

Il faut dire que tout avait changé pour lui. Un jour, juste après la visite de l’autruche, les amis de Job l’avaient vu revenir en ville, totalement guéri de sa lèpre, les prêtres l’avaient examiné et l’avaient jugé pur de toute infection. Ses frères et ses sœurs et toutes ses connaissances d’autrefois vinrent alors lui rendre visite, et chacun lui offrit une pièce d’argent et un anneau en or. Avec ça et avec l’aide de sa femme, en peu de temps il avait remonté ses affaires, reconstitué des troupeaux et reconstruit sa maison. Tout comme on ne s’était pas expliqué l’avalanche de malheurs qui l’avaient frappé, on ne s’expliquait pas son retour du bon côté de la vie.

Arrivé dans une certaine oasis du fond du désert, Job s’installa dans sa tente et goûta au repos après son voyage. Voilà qu’il fut dérangé par des cris et des bruits de bâtons qu’on tapait les uns sur les autres. Il sortit de sa tente. Ses bergers étaient en train de s’énerver contre des autruches qui s’étaient approchées de l’abreuvoir à côté du puits. Job leur ordonna de laisser les autruches boire tranquillement. « À partir de maintenant », leur dit-il, « vous laisserez les autruches venir tant qu’elles veulent. Et si vous avez peur pour les bœufs et les ânes, vous n’avez qu’à construire un nouvel abreuvoir pour les autruches et vous y mettrez de l’eau chaque fois que vous vous servirez du puits. »

Job s’allongea dans un hamac qu’on avait installé entre deux palmiers et continua sa sieste.

Pas longtemps.

– « Hem… hem… Job ! »

Job ouvrit un œil : « Quoi encore ! J’avais demandé qu’on ne me dérange pas ! »

– « C’est moi, Abby ! »

– « Abby ? Abby l’autruche ? »

– « Oui. Je voulais te dire merci. Pour l’eau. »

-« De rien, de rien, Abby, c’est normal. Dis-donc, qu’est-ce que tu deviens ? »

– « C’est plutôt à moi de te poser la question ! On dirait que ça va mieux depuis qu’on s’est vu la dernière fois, après la tempête de sable, non ? »

– « Ne m’en parle pas ! C’est tout simplement extraordinaire. Viens sous la tente, Abby, on boira une tasse de thé et je te raconterai tout. »

Et Job raconta à Abby comment, le soir-même de leur rencontre, un nouvel ouragan s’était levé au-dessus du désert, mais sans frapper le sol. Et une voix était sortie de l’ouragan. Et Dieu avait parlé à Job. Pour lui faire une sacrée leçon. Job s’était senti tout petit, et en même temps super content parce que, enfin, Dieu lui parlait. Et Job avait promis de ne plus se fâcher contre Dieu. Alors l’ouragan s’était dissipé. Le lendemain matin, en se réveillant, Job avait constaté que la lèpre avait disparu, il est immédiatement parti se montrer aux prêtres en ville. Et depuis, tout allait de mieux en mieux.

– « Tu aurais dû voir ça, Abby ! Dieu qui me parle dans l’ouragan ! »

– « Mais Job, je l’ai vu, tout ça ! J’étais en train de revenir chez toi, parce que j’avais oublié de te dire quelque chose, quand j’ai vu l’ouragan et que j’ai entendu la voix de Dieu te parler. Je suis restée derrière la dune, et quand l’ouragan a commencé à se dissiper, j’ai appelé Dieu à mon tour, il s’est tourné vers moi et il m’a écoutée. Oh ! ce n’était plus qu’un bout d’ouragan, mais toute la grandeur de Dieu était dans ce petit nuage. Alors je lui ai dit que j’avais été très contente de l’entendre parler de tous les animaux qu’il t’a donnés en exemple. Mais que j’étais aussi très vexée de ce qu’il t’avait dit de moi. Comme quoi j’agite mes ailes pour rien. Que j’abandonne mes œufs par terre et que je les laisse chauffer par le soleil, au risque de les voir écrasés par une bête sauvage. Et que ça, c’est parce je n’ai ni sagesse ni intelligence, la seule chose que je sache faire c’est de courir plus vite que les chevaux. Et j’ai dit à Dieu que pour courir, c’est vrai que je sais courir. Mais le coup des ailes, je n’y suis pour rien, c’est lui-même qui m’a taillée ce vêtement-là. Et l’histoire de la cervelle de moineau, ce n’est vraiment pas sympa, et en plus c’est faux. Parce que pour savoir choisir parmi des dizaines et des dizaines d’œufs ceux qui contiennent une future petite autruche et ceux qui n’en contiennent pas, il faut avoir de la caboche, une intelligence au moins aussi développée que celle des bergers qui ne veulent pas nous laisser boire dans leurs abreuvoirs. Alors Dieu m’a dit : ‘Tu as raison, Abby, c’est injuste, ce qu’on colporte à ton sujet. J’ai autant d’amour pour toi que pour tout ce qui est vivant sur la terre, dans l’eau et dans les airs. Et pour te le prouver, je vais rétablir ton ami Job du bon côté de la vie.’ Voilà ce qu’il m’a dit, Dieu. Et je vois qu’il a tenu parole. »

– « Eh ! bien ! dis-donc ! Tu as amené Dieu à changer d’avis ! Je te dois une fière chandelle, Abby ! Mais au fait, qu’est-ce que tu avais oublié de me dire, quand tu es revenue et que tu as entendu Dieu me parler ? »

-« Bof, j’ai complètement oublié ce que je voulais te dire ce jour-là. Mais aujourd’hui j’ai quelque chose à t’avouer : moi aussi, Dieu m’aime ! » Avec un grand sourire.

Christian Kempf.




Choupette la chouette 7

P1020552Choupette la chouette présente ses amies à plumes aux enfants … et à travers l’histoire de ses amies, nous découvrons la présence du Seigneur.  Ces 7 séquences proposent un dossier qui peut être utilisé en École du Dimanche ou en club biblique. Dossier élaboré par Laurence Gangloff, Service de l’enseignement religieux et de la catéchèse de l’UÉPAL. Dans cette séquence, Choupette-la-chouette présente son ami, le coq avec une narration de Frédéric Gangloff.

Introduction biblique 

  • En hébreu, le coq pourrait être « Sekwi », trouvé dans Job 38,36. Job mentionne l’intelligence du coq… elle consisterait, selon la croyance populaire des habitants de Palestine, en ce que le coq puisse annoncer la pluie, tout comme il annonce de son chant le lever du soleil.
  • Les anciennes versions trouvent une mention du coq « zarzir » en Proverbes 30,31.
  • Dans le domaine de l’archéologie, on a découvert deux sceaux datant du 8e siècle avant Jésus-Christ, où un coq est représenté.
  • En grec, le coq se dit « alektor ». Le coq était bien connu en Palestine.
  • Jésus le mentionne dans l’épisode du reniement de Pierre, en Matthieu 26,34, 74 et versets suivants. L’épisode similaire se trouve
    • en Marc 14, les versets 27 à 72
    • ainsi qu’en Luc 22, les versets 31 à 62
    • sans oublier Jean 13 aux versets 36 à 38 et Jean 18, 13-27

Dans le Nouveau Testament, les onze mentions du coq sont en lien avec le reniement de Pierre. C’est pourquoi nous présentons le coq et à travers lui, Pierre. Lors de la résurrection de Jésus, ce dernier demandera par trois fois à Pierre « m’aimes-tu ? ». Ces questions font certainement écho aux trois affirmations de Pierre « Je ne le connais pas » et ont pour vocation de rétablir Pierre.

Commentaire

Saviez-vous que la poule est le seul de tous les animaux à pondre toute l’année, qu’il y ait ou non un coq à l’horizon, sauf quand la durée du jour se réduit vraiment trop ? Ce qui fait l’œuf, c’est l’œil et la lumière ; uniquement la lumière zénithale, celle qui vient d’en haut. Chaque matin, le coq fait donc sommation à comparaître à la lumière. On appelait la troisième veille de la nuit « le chant du coq » (Marc 13,35). Son chant clair et fort nous permet d’affirmer en fil rouge : « Dieu m’accueille avec joie »

Déroulement de la séquence

  • Accueil des enfants
  • Choupette-la-chouette accueille les enfants.
  • Elle rappelle le message de la dernière rencontre.
  • Elle peut lancer un petit débat philosophique sur la puissance et la gloire de Dieu, sur la place de l’homme dans la création…
  • Narration biblique d’après Marc 14, 66-72 (Frédéric Gangloff)

Salut les enfants, je suis Cooqie (prononcer cookie), le coq ! Dès que le jour se lève, je me mets à chanter ! C’est plus fort que moi ! Je suis toujours le premier à me réveiller et je suis en super forme. Je lance un cocorico tout joyeux parce que j’imagine que le jour qui vient m’appartient et qu’il est plein de promesses d’une nouvelle vie. Et si je chante si fort, c’est pour que vous écoutiez cette histoire, car chaque jour donné est précieux et on peut en faire quelque chose ! D’ailleurs, nous les coqs, nous chantons même quand ça va mal et que nos pieds sont dans le caca ! C’est notre manière d’être depuis le début. Tiens, c’est peut-être même pour cela que nous avons été créé.

Dites ! À ce propos, faut que j’vous raconte une drôle d’histoire que ma grand-mère poule m’a racontée et qui s’est passée il y a très très longtemps. C’est sa cousine germaine « Poulette » qui la tient de sa voisine, la fameuse Chicken, dont on prétend qu’elle lui a été rapportée par son arrière, arrière grand-Père Nugets, de la basse-cour KFC, enfin bref, ils y ont tous laissé quelques plumes… Donc, il était une fois, dans un pays fort fort lointain, la Palestine, un homme qui s’appelait Jésus. Celui-ci était entouré d’une bande d’amis qui le suivait partout. Il y avait là André, Jacques, Jean, Judas, et Pierre… en tout ils étaient douze.

Pierre était un peu une « grande gueule », souvent le premier à suivre Jésus, pressé de répondre à ses questions, le meneur de la bande. Jusqu’au dernier moment il jouait au courageux, en jurant de ne jamais laisser tomber Jésus, qu’il le suivrait jusqu’à la mort, s’il le fallait ! Et puis, au moment où les soldats sont venus arrêter Jésus, il a eu très peur et s’est enfui. Plus tard, Pierre est revenu aux nouvelles et là, il a été reconnu à son accent. Trois fois des gens lui ont demandé : « Hey ! Toi ! Tu viens de Galilée, je reconnais ta façon de rouler les rrr, t’étais pas un de ses disciples ? À chaque fois, il faisait semblant de ne pas comprendre jusqu’à ce qu’il dise : « Non ! Non ! Vous vous trompez, je ne connais pas cet homme ! » Et à chaque fois un coq se mit à chanter ! Je sais bien moi ce qui s’est passé par la suite parce que ce coq -qui a un nom un peu exotique que vous ne connaissez pas, il s’appelait Coqa- nous l’a raconté, et cela s’est transmis de génération en génération de petits poussins… Et alors Pierre s’est souvenu de ce que Jésus lui avait dit bien avant : « Avant que le coq ne chante trois fois, tu diras ne pas me connaître ». Il a eu honte d’avoir abandonné Jésus et il en a pleuré !  Mais l’histoire ne se termine pas si mal, parce que Jésus lui a pardonné et que plus tard, quand il est revenu à la vie, il a redemandé à Pierre trois fois : « M’aimes-tu ? ». Comme quoi, on a toujours une seconde chance de recommencer à aimer. Et si aujourd’hui encore sur certains clochers de nos églises, il y a un coq. Ce n’est pas seulement pour tourner dans le sens d’où vient le vent, mais aussi pour nous rappeler que nos yeux, mains et cœurs doivent rester ouverts pour les autres. Alors les enfants ! Cocorico !

Après la narration, Choupette-la-chouette peut jouer à la philosophe en posant des questions sur la reconnaissance, l’amitié, la fidélité…

Elle peut aussi raconter la suite de l’histoire … la fête de Pâques, la résurrection de Jésus et la rencontre entre Jésus et Pierre, en écho aux reniements (« Pierre, m’aimes-tu ? »).

 

  • Bricolage : puzzle

Patron ici

Photocopier l’œuf sur un papier dont l’épaisseur est de 160 gr. (une copie par enfant)

Prévoir une enveloppe par enfant pour qu’il puisse y ranger son puzzle.

  • Distribuer une feuille par enfant.
  • Découper soigneusement la forme de l’œuf et les motifs intérieurs.
  • Jeter tous les excédents de découpe.
  • Jouer : reconstituer l’œuf avec toutes les pièces du puzzle
  • Jouer : construire le coq avec toutes les pièces du puzzle.

 

Variante  Pour un plaisir tactile, ou pour  associer les adultes aux activités de l’École du Dimanche,  fabriquer le modèle en bois et laisser les enfants y jouer à tour de rôle.

 

  • Chant : « Vois là-bas » Carillon 59

 

  • Prière

Seigneur, tu m’accueilles comme je suis et tu m’aimes sans me juger.

Comme le coq accueille le matin de son cri. Tu me reçois avec la même joie.

Merci pour ton accueil. Merci pour ta joie.

Merci pour ta tendresse.  Amen.