Annoncer l’Évangile là où on ne l’attend pas…

A gauche le texte biblique, à droite les « volets »

Lire quelques versets dans le livre des Actes et les questionner : voici une animation biblique pour les adolescents et les adultes, éveillant des possibilités d’actualisations et d’actions.
L’un des objectifs de cet exercice est de discerner comment l’apôtre Paul s’y prend pour annoncer l’Évangile dans un contexte pas du tout idéal !
Une actualisation avec une réflexion sur l’annonce de l’Évangile dans votre contexte sera une deuxième phase du travail, avec en troisième lieu, la mise en place d’une stratégie pour des petites actions locales concrètes où, suivant le modèle de l’apôtre, vous aurez réfléchi au discours particulier à tenir à propos de la Bonne Nouvelle, là où vous vivez…

Le texte : Actes des Apôtres 17.16-34
Selon votre groupe, a) soit vivre l’animation d’abord puis repréciser le contexte d’écriture et de réception du livre des Actes (Préférable sans doute), b) soit présenter le contexte du livre des Actes d’abord et l’animation ensuite.
Le texte vous est proposé dans la traduction Nouvelle Bible Segond (NBS).
Il est disponible pour l’animation (en pdf) ici: 2018_04-Actes 17
Il doit être imprimé pour chaque participant (pas de recto-verso).
La « colonne » de droite du tableau est découpée, au propre comme au figuré, en cellules, suivant les lignes horizontales.
La partie de gauche reste donc entière, la partie de droite se décompose en « volets » que vous pliez en deux et que vous fermez avec un petit bout de papier collant, de manière à ce que le texte de droite soit masqué.
(Prévoyez un peu de temps pour cette préparation, mais ça va assez vite.)
Le texte biblique est donc directement accessible.
Les commentaires et questions dans les cellules de droite restent masqués tant que le lecteur n’aura pas ouvert son petit volet.
En groupe (sous-groupe ou paires, selon le nombre de participants), lisez le texte, une cellule (gauche) à la fois. Après chaque temps de lecture, le volet correspondant au passage lu peut être ouvert. À l’animateur de décider s’il souhaite – ou pas – envoyer les participants vers un dictionnaire avant d’ouvrir le volet explicatif, pour ce qui est des mots moins connus.
Plusieurs volets proposent un questionnement ou un commentaire.
Des petits échanges vont naître à propos de ces questions et commentaires.
Laissez le temps à chacun de s’exprimer avant de poursuivre la lecture.
Après : La stratégie de Paul est subtile ! Dans votre contexte actuel, quelle stratégie, quel vocabulaire, seront utiles pour annoncer l’Évangile (sans nécessairement faire de prosélytisme…), dans le quartier, dans les lieux scolaires ? Sur quels éléments locaux existants dans la société qui vous entoure, pourrez-vous construire cette annonce ? Comment témoigner ? Comment annoncer avec conviction sans choquer, ni faire fuir nos contemporains ? … Suite à votre travail sur Actes 17, n’hésitez pas à aller plus loin, à l’exemple de Paul qui, trainé devant l’Aréopage, parvient à retourner la situation au profit de la Bonne Nouvelle, de l’appel au changement et à la conversion.

Quelques pistes de réponses/réactions/ »Et aujourd’hui, chez nous… ? »
« Paul pense-t’il réellement ce qu’il dit ? »… On peut en douter !
-« De quoi profite t’il pour annoncer l’Évangile malgré tout ? » De l’esprit religieux des habitants, même s’ils sont versés en mythologie et en adorations des idoles – du point de vue de Paul -, ils ont un penchant religieux dont Paul profite.
-« Que penser de ‘Vénérer sans connaître’? » Être en recherche, aspirer à… Espérer en… Doit-on connaître pour vénérer ? Et qu’est-ce que « connaître », dans la foi ? Qu’est-ce que ‘vénérer’ ? Pensons au gnosticisme qui fait concurrence à la foi dans la pensée de cette époque (et aujourd’hui !).
-Paul passe de « Dieu qui a fait le monde » à « C’est en lui que nous vivons »: il évoque le cosmos si cher aux grecs, puis la vie connue sur la terre, et ils se raccroche alors à une citation d’un poète grec probablement bien connu de ses auditeurs. Il tire des arguments en faveur de son raisonnement de la culture du lieu où il séjourne !
-« En quoi consiste la première étape du changement? » Paul repousse l’argument gnostique: la connaissance n’est pas celle dont les humains peuvent être fiers, la connaissance appartient à Dieu. Elle consiste en la manifestation de sa justice au temps qu’Il aura choisi.
-Paul ne cite pas l’homme Jésus, son ministères, ses paroles et ses actes. Il va droit au but de la question de la résurrection.C’est la question centrale de la foi chrétienne, qui se démarque de toute mythologie, de toute idolâtrie, de toute cosmologie, de toute aspiration gnostique.

Crédits Marie-Pierre Tonnon




Quand le nombre des enfants est incertain…

 Certaines de nos communautés n’ont que peu ou pas d’enfants réguliers à l’école du dimanche. Lorsque l’on prépare un culte spécial ou pour un temps de fête liturgique, dans ces communautés, on ne sait pas s’il faut compter sur la présence des petits, mais en même temps, il est important, s’ils viennent, de les accueillir, de leur faire savoir que l’on a pensé à eux…Voici une idée pour ces cas d’exception : vous savez que vous n’aurez au maximum que 3 enfants lors d’un culte, vous n’avez pas d’équipe d’animation spécifique pour ce jour-là, et  dans l’incertitude de la présence des petits, vous n’avez pas envie de mobiliser quelqu’un en le « privant » de ce culte festif… Mais vous ne pouvez pas non plus préparer un culte de familles, sans être sûr d’avoir les familles ! Il est possible d’organiser un culte « normal », destiné aux adultes dans sa forme et dans son contenu, mais de prévoir une annexe pour l’(es) enfant(s).

Le principe de base est que l’enfant reste sous la responsabilité de ses parents, mais qu’à certains moments du culte, sur un signal clair, facile, il peut bouger dans le temple, par exemple pour aller à la recherche d’objets, ou pour aller dessiner pendant un temps donné, ou pour toute autre idée cadrée par un signal, dans un temps donné, que vous pourrez avoir.

Concrètement, lors d’un culte de Noël, beaucoup de moutons en papier ont été dispersés dans le temple. La décoration – traditionnelle et païenne ! – a fait la place belle à un magnifique sapin et une jolie crèche. Les enfants (très peu nombreux) ont été invités à certains moments, lors de chants – mais pas tous les chants ! –, pendant l’offrande, lors d’un moment de prière silencieuse (mais oui, les enfants se déplacent alors comme des petites souris !)… à ces moments, les enfants ont été invités à bouger calmement, s’ils le souhaitaient,  pour aller chercher un mouton à la fois en marchant (« Ne pas courir, il ne faut pas faire peur au mouton, on doit faire doucement pour ne pas réveiller Jésus,… »)  et le poser près de la crèche. Le signal de déplacement était donné par le pasteur qui montrait ou cachait un mouton bien visible, sans rien dire de spécial en plus : la consigne ayant été expliquée clairement lors de l’accueil.

La formule offre certains avantages : les enfants vivent le culte avec les adultes ; il ne faut pas mobiliser quelqu’un pour une séance école du dimanche/garderie pour seulement 1 ou 2 enfants ; les enfants ont la permission de bouger dans un cadre précis ; ils sont sous la responsabilité de leurs parents, mais pas seulement et pas tout le temps ; ils sont participants actifs et pas seulement passifs, et cela sans trop de travail de préparation ; puisque la chose est proposée d’autorité par le pasteur en début de culte, les éventuels grincheux accepteront bon gré mal gré ces déplacements organisés … Si l’enfant est très petit, papa ou maman peut bien sûr collaborer ! On a d’ailleurs vu des adultes, en fin de culte, rassembler les moutons que les enfants n’avaient pas trouvés !

Bien sûr, cela ne fonctionnera qu’avec très peu d’enfants, au-delà de 4, il faut prévoir un accueil plus costaud (culte de familles ou école du dimanche, ou…)




Pâques Omdab

La scène se déroule en 2054 dans un petit village appelé Omdab sur la planète Lune. Jérémie, avec son astronef va découvrir le contenu d’une vieille malle. Une lettre permet de découvrir le sens religieux des objets qu’elle recèle. Une belle fiction pédagogique !

« Allo, Jérémie, tu me reçois ? Approche ton aéronef au 15 rue du cratère, y a une malle qui dépasse du grenier, on ferait bien d’aller voir. »
« Ouaahh, t’as vu cette malle, géant ! on dirait qu’elle vient de l’époque terre. Tu crois qu’elle est en bois ? »
« Et vise un peu ça, y a un papier qui dépasse avec de l’encre. »
« Non, arrête, j’y crois pas, c’est pas une lettre numérique. Énorme !! »

Nathan détache cette lettre et lit à haute voix : « J’écris ces mots à la hâte, depuis un petit village d’Alsace. Nous sommes en 2017. Je suis quasiment la seule à croire encore au Dieu des chrétiens. Je crains pour ma vie. Mes enfants ne vont plus à l’église, personne ne pratique plus. Tout le contenu de cette malle leur paraît dépassé. Je l’ai retirée de la poubelle, je le transmets à la postérité, espérant qu’un jour quelqu’un y redécouvre du sens. »  Signé Émilie Hoffnung

Les deux amis ouvrent la malle. Pas de pierres précieuses ni de carte au trésor, mais de bien étranges découvertes… Sur chaque objet, Émilie a pris soin d’accrocher une petite étiquette commentée.

Cloches : Agitez cet objet, vous entendrez une petite musique. Des spécimens plus gros se trouvaient dans le clocher des églises. On les faisait sonner pour appeler à la prière, prévenir d’un décès, fêter une victoire. Elles doivent ouvrir nos oreilles au message de Dieu.

Agneau : Il symbolise l’animal qui se rend sans broncher à l’abattoir. Il est image du Fils de Dieu qui accepte de souffrir puis de mourir pour que le monde reçoive une vie nouvelle.

Lapin : Il dort les yeux ouverts. Il est le symbole de la fête la plus importante des chrétiens : Pâques. C’est la fête où l’on remercie Dieu d’être plus fort que la mort. Il en a retiré son fils, il en retirera tous les croyants.

Poisson : C’est un très vieux symbole chrétien. En grec, poisson se dit ICHTUS : l’acrostiche de Jésus Christ, fils de Dieu Sauveur

Chocolat : Il ne sera sans doute plus très bon quand vous l’ouvrirez, mais les humains se réjouissent de son goût. Il nous redit que Dieu souhaite pour nous autre chose qu’une simple survie. Il veut nous donner le goût des autres et du Tout-Autre.

Fleurs : Pâques se situe après la première pleine lune de printemps. C’est la victoire de la vie sur la mort. De la floraison sur l’hiver. Notre espérance c’est que la vie est toujours promise à celui qui croit.

Œufs colorés : Dans l’œuf se trouve une promesse de naissance, même fragile. Je peux l’écraser, l’ignorer ou le couver, lui permettre d’éclore. Que faisons-nous de ce que Dieu a déposé en nous : la capacité d’aimer, de partager, de lutter ?

Nids : On y dépose les œufs. Y a-t-il en nous un nid pour Dieu ? Un endroit où nous permettons à ses promesses de se poser, puis d’éclore en nous ? Où est en nous la demeure de Dieu ? Y a t-il une petite place pour lui dans mes branches ?

« Décidément voilà un drôle d’après-midi ! »
Aujourd’hui c’était… Pas comme d’hab. !
Tu l’as dit, Émilie, c’était Pâques Omdab !!

L’éclat de rire joyeux fait apparaître en eux ce que la vie peut réserver de meilleur et de plus fort.

L’espoir est encore permis.




Au matin de Pâques

Ce matin-là a changé sa vie : Marie se rendait à un tombeau, pour rendre les derniers hommages à un mort. Mais le tombeau était vide…Ce matin-là, son cœur était triste à mourir. Avec Marie, mère de Jacques et de Joseph, Marie de Magdala se rendait dès le lever du soleil au tombeau de son rabbi, Jésus de Nazareth. Elles ne parlaient pas, comment auraient-elles pu discuter simplement après tout ce qui venait d’arriver ? Cet  homme-là avait changé sa vie en faisant sortir d’elle les 7 démons qui la possédaient, et surtout tout ce qu’il enseignait avait changé sa vie. Il parlait de l’amour de Dieu comme personne. Auprès de lui, en l’écoutant, elle se sentait vraiment enfant de Dieu. Toute sa personne disait l’amour de Dieu pour les humains, pour tous les humains, hommes comme femmes, riches comme pauvres, savants de ce que contiennent les Écritures saintes comme ignorants. Elle aimait s’asseoir à ses pieds pour écouter ce qu’il enseignait. Mais voilà, ils l’ont tué.

Juste avant la Pâque, les prêtres et les puissants se sont mis d’accord pour le prendre et le mettre à mort et ils ont réussi. Il a été arrêté, jugé et crucifié. Pour ne pas souiller la fête on l’a descendu de sa croix et porté au tombeau. Elle n’y comprenait rien. Elle croyait qu’il était le Messie, le Sauveur d’Israël. Et voilà qu’elle marchait vers son tombeau pour se recueillir sur sa tombe. Elle ne savait plus que croire. Elle était désemparée mais pas encore au bout de ses surprises…

Car il y a eu un grand tremblement de terre et l’Ange du Seigneur a roulé la pierre du tombeau de Jésus et s’est assis dessus. C’est Dieu lui-même qui était à l’œuvre. Les gardes ont eu si peur qu’ils se sont évanouis. Et les deux Marie auraient subi le même sort, s’il ne s’était adressé à elles pour les rassurer : « Soyez sans crainte, vous. Je sais que vous cherchez Jésus le crucifié. Il n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit ; venez voir l’endroit où il gisait. Puis, vite, allez dire à ses disciples : ″Il est ressuscité des morts″ et voici qu’il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez. »

Marie crut qu’elle allait défaillir. Tout se bousculait dans son cœur et dans sa tête, ses espoirs, sa peine, sa joie, sa crainte, son désir de comprendre et de croire. Elle a vu le tombeau, il était vide. Mais à vrai dire, elle ne savait pas ce qui lui faisait le plus peur : ce qu’elle venait de voir ou devoir l’annoncer aux disciples ? Si elle avait osé, elle aurait dit qu’il n’y avait que Dieu lui-même pour avoir l’idée de confier à des femmes le soin d’annoncer pareille nouvelle ! Les disciples allaient les prendre pour des folles, c’était certain ! Les hommes accordent si peu de crédit à ce que les femmes racontent. Dès que ça les dépasse, ils les traitent d’hystériques ! Et cette fois, c’est sûr qu’ils allaient être dépassés !

Mais on ne désobéit pas à l’Ange du Seigneur qui agit et parle avec l’autorité même de Dieu, alors elles ont quitté le tombeau, partagées entre la joie et la crainte, pour aller porter la nouvelle aux disciples. Et elles l’ont vu, il est venu à leur rencontre. C’était lui. « Je vous salue » leur a-t-il dit. Aucun mot n’a pu sortir de la bouche de Marie pour lui dire sa joie, sa confiance en lui retrouvée, sa foi. Avec l’autre Marie, elle est tombée à ses pieds, rien d’autre ne pouvait mieux dire son respect, son espoir et sa joie de le savoir vivant. Il leur a dit : « Soyez sans crainte. Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

Alors elle s’est relevée et elle s’est mise en route pour porter la plus importante nouvelle de sa vie et depuis ce jour, elle n’a cessé de le dire : Jésus-Christ est vivant, il est ressuscité, il est le Messie, le Sauveur d’Israël.

Bien sûr tout le monde ne le croit pas. Certains ont même fait courir le bruit que ses disciples étaient venus de nuit pour voler son cadavre pour faire croire à sa résurrection. Mais elle, Marie de Magdala, elle l’a vu et elle lui a parlé. Et elle sait qu’elle n’est pas la seule. Les disciples aussi l’ont vu en Galilée où ils étaient retournés peut-être à cause de ce que les deux Marie leur avaient dit, ou parce qu’ils avaient peur de rester à Jérusalem après tout ce qui s’était passé. Ils l’ont vu, il leur a parlé, il les a envoyés dans le monde entier pour annoncer son évangile. Depuis, cette nouvelle, que deux femmes ont dite les premières, court parmi tous les peuples : Jésus-Christ est vivant, il est ressuscité, il est le Messie, le Sauveur. Alléluia.

(d’après Matthieu 28/1-10)

Crédit : Claire de Lattre-Duchet




Le retable d’Issenheim

Retable d´Issenheim, Retable des ardents ou  Retable de Grunewald Trois appellations pour une seule et même œuvre exposée au Musée Unterlinden à Colmar, dans le Haut-Rhin. Pour visualiser et imprimer tous les écrans à la suite, sélectionner l´icône : version imprimable. Dossier élaboré par Dolorès Capon, Eve-Line Macagnino, Maddy Stenger et Eric Schiffer. Nous proposons six animations avec des fiches pour les enfants.

L’idéal serait d’inscrire ce travail sur tout un trimestre afin que les enfants connaissent les personnages qui apparaissent sur le tableau de la crucifixion. On peut prévoir une sortie à Colmar avec les enfants concernées. Ce travail est prévu dans le cadre scolaire mais rien n’empêche de le faire dans un cadre paroissial.

 Visualiser le retable : Vue 1Vue 2Vue 3

Le retable est constitué d’une série de panneaux de bois peints représentant des épisodes de la vie de Jésus: nativité, crucifixion, résurrection, ascension. Plusieurs saints cohabitent avec les personnages bibliques: saint Antoine, saint Sébastien, saint Paul l’ermite. Cette cohabitation est le reflet des croyances populaires. On adressait les prières autant au Christ qu’à saint Antoine dans l’espoir d’une aide divine.

Le retable a été peint entre 1512 et 1516, autant dire que de grands chamboulements au sein de la société et de l’église étaient en route. Les idées de la Réforme, auxquelles le peintre portait un réel intérêt, pourraient expliquer la place primordiale de Jésus.

Issenheim : le retable a été commandé par le couvent des Antonins d’Issenheim, une petite commune haut-rhinoise. Dans ce couvent, les moines accueillaient des malades.

Feu des Ardents ou Feu de saint Antoine : une des maladies soignées par les moines. Elle était semble-t-il provoquée par la consommation de seigle de mauvaise qualité. C’est un champignon, l’ergot du seigle, qui provoquait des épidémies mortelles. Les symptômes provoqués étaient des hallucinations, des brûlures intérieures et la gangrène.

Grünewald : l’auteur de ce chef-d’oeuvre porte le pseudonyme de Grünewald. Son véritable nom est Mathis Gothard Nithard. Ce peintre allemand a séjourné en Alsace, chez les Antonins, pendant la durée de son travail. Il a intégré dans la peinture des éléments de la tradition alsaciennele vitrage en «de-bouteille». Certains reconnaissent dans le paysage de la nativité une vallée vosgienne. Le mobilier: berceau, baquet et pot de chambre se retrouvent à l’identique au Musée Alsacien.

Grünewald était un homme de foi, portant un grand intérêt à la religion. Dans l’inventaire des biens de Grünewald, décédé une dizaine d’années après l’exécution du retable, on note la présence d’écrits de Luther et un Nouveau Testament traduit en allemand par le réformateur.

Dans ce même inventaire figure le texte avec les Douze Articles des paysans révoltés. Le peintre portait un grand intérêt à ses semblables et particulièrement aux plus défavorisés. Cette sympathie lui vaudra d’abandonner son statut de peintre à la Cour de Mayence. Nous savons que pour gagner sa vie, il vendait des savons de sa fabrication, l’année avant sa mort.

Grünewald était un peintre de grand talent, inspiré à la fois par la tradition de l’Ecole du Nord (peintres flamands, allemands) et de la Renaissance italienne.

1. Fiche Crucifixion

Première étape: Exprimer la tristesse.
Les élèves comprennent que l’événement est dramatique. Il se dégage une grande tristesse, beaucoup de souffrance… Même le ciel est triste. Les élèves peuvent représenter le ciel qui convient à ce contexte. A ce stade, éviter de montrer une reproduction du retable. La comparaison peut se faire dans un deuxième temps.
Élèves du CM: «trois crayons de couleur: noir, blanc et rouge. Dessine le ciel». Élèves du CP ou CE: On peut laisser la liberté à ces plus jeunes élèves d’exprimer un ciel triste avec les couleurs de leur choix.

Deuxième étape: La symbolique des couleurs.
«l’aide du rouge et du blanc, colorie le tableau. En rouge, l’habit de Jean-Baptiste, l’habit de Marie-Madeleine, le sang qui s’écoule du flanc et des pieds de Jésus, du flanc de l’agneau. En blanc, l’agneau, la bible, l’habit de Marie et le linge autour des reins de Jésus.» Il est possible d’obtenir un effet de blanc même avec un crayon blanc, sinon utiliser le crayon bleu clair pour entourer les éléments en blanc sur le tableau.
«la signification des trois couleurs, rouge, blanc et noir.» Les élèves peuvent soit trouver par eux-mêmes certaines symboliques, soit classer des indications en fonction d’une liste proposée: Rouge pour la vie (cf le sang), la passion amoureuse (cf les roses rouges), couleur impériale (cf le manteau de pourpre, le tapis rouge…). Blanc pour la naissance ( cf la robe de baptême), la pureté (cf la robe de mariage…), la divinité, la mort (cf le linceul). Noir pour la mort, la douleur (cf les vêtements de deuil), la nuit, le mal (cf une âme noire, le loup noir).

Autre possibilité d’activité: Recomposer la crucifixion.
Sur fond noir (canson ou peinture à la gouache par les élèves), les élèves collent les personnages découpés et les placent en étant attentifs au regard qui se dirige vers le Crucifié.
On peut alors poursuivre avec l’activité sur la symbolique des couleurs.

Autre possibilité: La résurrection.
Faire le même travail de coloriage et de jeu symbolique des couleurs avec le tableau de la résurrection.

Autre possibilité: Les attitudes.
Aussi bien pour la crucifixion que pour la résurrection, attirer l’attention des élèves sur les attitudes et les positions dramatiques des personnages représentés.

2. Fiche Les mains parlent

Première étape: Les mains du retable.
Dans l’ordre des photos, les élèves inscrivent ce que les mains disent. Les exemples sont donnés à titre indicatif. Les élèves peuvent donner leur propre interprétation.

Deuxième étape: Qui parle ainsi?
Cette question est volontairement ouverte. L’enseignant a la possibilité de choisir la piste qui lui convient. Voici des propositions: 1. Reconnaître le personnage biblique qui s’est exprimé ainsi et pourquoi. 2. Actualisation: Voir à quel moment l’élève s’est exprimé à la manière des mains représentées (chagrin, souffrance, dénonciation, aider un camarade…). 3. «m’exprime à la manière de…». Les élèves se servent de leurs mains soit pour mimer l’expression des mains de l’un des personnages bibliques représentés, soit pour exprimer leurs propres sentiments («’ai mal»…). On peut alors photographier les mains des élèves dans les différentes positions qu’ils proposent et en faire une exposition dans la classe autour du Retable d’Issenheim.

Troisième étape: Dessiner sa main.
Différentes possibilités: Il est difficile de dessiner une main. On peut donc soit demander aux élèves de se mettre par deux et de contourner au crayon la main de leur voisin dans une des positions qui expriment les sentiments. On peut aussi leur demander de représenter une des mains du retable pour exprimer un de ces sentiments.

Autre possibilité d’activité: Apprendre le Notre Père avec la langue des signes des sourds-muets et malentendants.

Autre possibilité d’activité: Écouter la chanson «mains…» de Jean-Jacques Goldmann. Album En passant1997. Les élèves peuvent choisir leur phrase préférée et l’illustrer par un dessin.
3. Fiche Jésus et l’agneau

Première étape: Cocher la bonne case.
L’élève découvre que les différentes affirmations conviennent aussi bien à Jésus et à l’agneau. Cette similitude devrait permettre aux élèves de comprendre que la représentation de l’agneau ne correspond pas à une réalité mais à une métaphore. On peut les aider dans cette découverte en leur demandant si l’agneau fait quelque chose d’inhabituel (cf il porte la croix, reste debout tout en se vidant de son sang, il se tient au-dessus d’une coupe pour y faire couler son sang…).

Autre possibilité: On peut donner le tableau sans l’indication des similitudes et les faire trouver par les élèves eux-mêmes. A partir de l’agneau, ce qu’il a en commun avec le crucifié.

Deuxième étape: Replacer les deux mots dans la phrase.
Cet exercice reprend l’analyse de l’exercice précédent. La phrase de Jean Baptiste n’est peut-être pas étrangère aux élèves. C’est le moment de reparlerla tradition des sacrifices dans l’Ancien Testament et, pourquoi pas, du sacrifice du mouton dans l’Islam; il convient de réfléchir à l’absence de sacrifices d’animaux dans le christianisme.

Troisième étape: Pâques.
C’est l’occasion de réfléchir à la tradition des agneaux de Pâques dans les vitrines des boulangers, au fait qu’ils portent souvent un étendard (celui de la victoire de la vie sur la mort). On peut aussi réfléchir au fait que l’on associe des traditions culinaires aux fêtes chrétiennes: les petits gâteaux de Noël avec des formes particulières comme l’étoile ou l’ange, les galettes de l’Épiphanie…). Les élèves peuvent prendre conscience du caractère festif du calendrier chrétien.
4. Fiche Les personnages de la crucifixion

Première étape: Compléter la grille.
Selon le degré de complexité souhaité, avec ou sans l’aide des noms indiqués.

Deuxième étape: Placer les numéros correspondants.
Ces deux exercices sont l’occasion de faire plus ample connaissance avec les différents personnages et avec les parties gauche et droite du tableau. On peut comparer avec le récit biblique. Demander aux élèves quels sont les personnages réellement présents à la crucifixion et les situer sur le tableau: à gauche, c’est-à-dire à droite de Jésus: les personnages mentionnés dans les évangiles, présents au pied de la croix; à gauche de Jésus, c’est-à-dire à droite du tableau: les personnages qui sont symboliques car non présents au moment de la crucifixion. On peut faire prendre conscience aux élèves qu’un tableau n’est pas la photographie d’un reportage.

5. Fiche La Résurrection

La démarche est la même que pour la fiche ‘Crucifixion’. Il convient cependant de mettre en valeur la luminosité et la palette des couleurs pour le Christ ressuscité et les couleurs sombres du reste du tableau.
6. Fiche Réalisation d`un retable

La réalisation est relativement complexe et ne convient qu’aux élèves du 3e cycle. Nous proposons de réserver le thème des saints aux classes en enseignement interconfessionnel, car les élèves protestants ne les reconnaissent probablement pas. On peut développer une séquence sur Marie et sur Saint Antoine. Il convient de clarifier la distinction entre les personnages bibliques et ceux de la tradition chrétienne.

Dessiner les grands événements de la vie de Jésus sur le retable: naissance, crucifixion, mise au tombeau, résurrection. On peut y ajouter d’autres étapes de la vie de Jésus, telles que les élèves les auront découvertes au cours des séances précédentes.

Autre possibilité: Noter un verset biblique sur chaque panneau représentant le vie de Jésus:

 

  • Annonce de la naissance de Jésus – Luc 1.26 à 38.
  • Concert des anges – Luc 2.8 à 14.
  • Marie et l’enfant Jésus – Mat 2.1 à 12.
  • La crucifixion – Jean 19.16b à 42 (dans le récit de l’évangile de Jean la crucifixion est l’élévation du Fils de l’Homme. C’est le seul évangile dans lequel on rapporte la scène du flanc de Jésus transpercé).
  • La mise au tombeau – Luc 23.50 à 56 (l’évangile de Luc est le seul à mentionner des femmes sans les nommer; aucun autre évangile ne témoigne de la présence de Marie, mère de Jésus).
  • La résurrection – Jean 20.1 et 11 à 18.
  • La transfiguration – Marc 9.2 à 8.
  • L’ascension – Actes 1.6 à 11.

Transparents

Des transparents en couleur reproduisant le retable sont en vente au Service de la catéchèse, EPAL, 1 quai St Thomas, BP 80022, F 67081 SRASBOURG CEDEX, cate@epal.fr, 03 88 25 90 35

Une  miniature du retable peut  être  emprunté par correspondance mediatheque@epal.fr, 03 88 25 90 15

Crédits : Dolorès Capon, Eve-Line Macagnino, Maddy Stenger et Eric Schiffer
Mars 2007




L’œuf de Jérémie

La leçon de Pâques d’un enfant pas comme les autres : Jérémie est né avec un corps difforme. Il est attardé mentalement. À douze ans il était encore en deuxième année d’école primaire et paraissait incapable d’étudier. II irritait constamment son institutrice. II se tortillait sur son siège, bavait et poussait des grognements. Parfois, il parlait clairement et distinctement comme si un rayon de lumière avait pénétré les ténèbres de son cerveau.Un jour, l’institutrice demanda aux parents de Jérémie de venir la voir à l’école. Lorsqu’ils s’assirent sans bruit dans la classe vide, l’institutrice leur dit : Jérémie devrait absolument aller dans une école spécialisée. Ce n’est pas juste qu’il soit avec des enfants plus jeunes que lui et qui n’ont aucun problème particulier pour étudier. Il y a quand même cinq ans de différence entre lui et les autres élèves.

La maman de Jérémie pleura doucement dans son mouchoir et son mari prit la parole :  Mademoiselle, il n’y a aucune école de ce genre dans les environs. Jérémie serait très choqué si nous devions le retirer de cette école. Nous savons qu’il aime vraiment cet endroit.

L’institutrice resta assise un très long moment après le départ des parents de son élève, tout en regardant fixement la neige au dehors. Le froid semblait s’infiltrer dans son âme. Elle désirait sincèrement sympathiser avec ces gens-là.

Après tout, leur enfant souffrait d’une maladie mortelle, mais ce n’était pas juste de le garder dans sa classe. Elle devait enseigner dix-huit élèves plus jeunes que lui et Jérémie était source de distractions. Pourquoi continuer à perdre son temps ?

Comme elle réfléchissait à la question, un sentiment de culpabilité l’envahit. Oh Seigneur, dit-elle tout haut, je suis encore en train de me plaindre alors que mes problèmes ne sont rien, comparés à ceux de cette pauvre famille. Aide-moi, s’il te plaît, à être plus patiente avec Jérémie !

À partir de ce jour-là, elle essaya vraiment d’ignorer les bruits de Jérémie et son regard sans expression.

Un jour, il s’approcha de son bureau en boitant, traînant sa mauvaise jambe derrière lui.

JE VOUS AIME, MADEMOISELLE ! s’exclama-t-il assez fort pour que toute la classe l’entende.

Les autres élèves rigolèrent et le visage de l’institutrice devint tout rouge. Elle balbutia : M…. Merci, c’est très gentil, Jérémie, mais main…. maintenant, retourne à ta place, s’il te plaît !

Le printemps approchait et les enfants étaient fous de joie à la pensée de .

Maintenant, leur dit-elle, je veux que vous emportiez ceci à la maison et que vous le rapportiez demain après avoir mis dedans quelque chose qui exprime pour vous, une nouvelle vie. Comprenez-vous ? Oui, Mademoiselle ! Répondirent les enfants débordants d’enthousiasme. Tous, excepté Jérémie. II écoutait très attentivement, et ses yeux ne quittaient plus le visage de l’institutrice. II ne fit même pas ses bruits habituels. Avait-il compris ce qu’elle avait dit sur la mort et la résurrection de Jésus ? Avait-il compris son devoir ? Peut-être devrait-elle téléphoner à ses parents et leur expliquer le projet.

Ce soir-là, l’évier de la cuisine de l’institutrice se boucha. Elle téléphona à son propriétaire et attendit une heure avant qu’il ne vienne. Après cela, elle avait encore des courses à faire, une blouse à repasser et un contrôle de vocabulaire à préparer pour le lendemain. Elle oublia complètement de téléphoner aux parents de Jérémie.

Le matin suivant, dix-neuf enfants vinrent à l’école, en riant et en parlant et tous placèrent leur œuf dans le large panier en osier qui était sur le bureau de l’institutrice. Après la leçon de mathématiques, le temps d’ouvrir les œufs arriva.

Dans le premier œuf, l’institutrice trouva une fleur. Oh oui ! dit-elle. Une fleur, c’est certainement le signe d’une vie nouvelle. Lorsque les plantes sortent de la terre, nous savons que le printemps est là. Une petite fille de la première rangée leva sa main et cria : C’est mon œuf, Mademoiselle !

L’œuf suivant contenait un papillon en plastique qui paraissait réel. L’institutrice le souleva et dit Nous savons tous qu’une chenille change, grandit et devient un papillon magnifique. Oui, ceci est aussi une nouvelle vie. La petite Aurélie sourit fièrement et dit Mademoiselle Meunier, cet œuf-là, c’est le mien !
L’institutrice trouva ensuite un morceau de rocher couvert de mousse. Elle expliqua également que la mousse parlait de la vie. Benjamin cria du fond de la classe avec son visage rayonnant : mon papa m’a aidé !

Lorsque l’institutrice ouvrit le quatrième œuf, elle retint son souffle. L’œuf était vide. Elle se dit que ce devait être l’œuf de Jérémie et qu’il n’avait sans doute pas compris les instructions. Si seulement elle n’avait pas oublié de téléphoner à ses parents ! Afin de ne pas l’embarrasser, elle mit doucement l’œuf de côté et avança sa main pour en prendre un autre.

Soudain Jérémie parla et dit : « Mademoiselle, vous ne voulez pas parler de mon œuf ? » Troublée, elle lui dit : « Mais Jérémie, ton œuf est vide ! »

L’enfant la regarda alors dans les yeux et lui dit doucement : Oui, mais la tombe de Jésus était vide aussi ! Le temps sembla s’arrêter. Lorsqu’elle put reparler, l’institutrice lui demanda : Sais-tu pourquoi la tombe était vide ? Oh oui ! Répondit-il. Jésus a été tué et mis dedans. Après son Père l’a ressuscité !
La cloche annonçant la récréation, sonna. Dès que les enfants furent sortis de la classe pour aller dans la cour, l’institutrice se mit à pleurer. Le froid intérieur se dissipait complètement.

Trois mois plus tard, Jérémie… mourut. Ceux qui se rendirent à la morgue furent surpris de voir dix-neuf œufs au-dessus du cercueil. Tous étaient vides !

Ida Mae KEMPEL  PointKT N° 37 – 2002 –  pages 24 et  25




Les oeufs de Pâques d’Allenwiller

Image

Décoration d’œufs de Pâques d’Allenwiller. Dans ce petit village alsacien on se transmet, de génération en génération, une technique de décoration tout à fait particulière et qui n’est usité que le vendredi saint !

Image

La technique est simple : il s’agit du procédé de réserve à la cire ou batik. Plus sophistiqué et plus largement répandu en Roumanie et en Ukraine, cette technique est ici dans son expression simplifiée. Ainsi de la cire d’abeille, maintenue liquide mais sans ébullition grâce à un petit réchaud de type  » lampe de berger » ou chauffe-plat, est ponctionnée grâce à une aiguille à tête d’épingle en verre montée sur un petit bâton (traditionnellement un sarment de vigne qui plus est a l’avantage d’être léger)

Image

Les mouvements de l’artiste doivent être aussi rapides que précis, effectuant un continuel va et vient entre l’œuf posé au creux de la main et le récipient de cire fondue, un mouvement nécessaire pour chaque trait, chaque point, chaque virgule

Image

En effet, l’outil simple, la tête de verre de l’épingle utilisée comme traceur, ne permet ni un trait fin, ni un trait régulier. Il induit par contre le point et la virgule, parfaitement arrondie à son point d’impact, avec une queue qui, étirée, s’affine vers son extrémité.

Image

C’est en associant harmonieusement les virgules et les points qu’on obtient des décorations tel le soleil, des marguerites, des hirondelles, des roues solaires (svastika), et, pourquoi pas, des croix huguenotes, lorsque les quatre hirondelles convergent vers un même point central.

Image

L’œuf ainsi décoré de cire sera ensuite plongé dans une décoction de pelure d’oignons préalablement refroidie (afin  le dessin à la cire ne s’efface pas malencontreusement comme une bavure) Le réchauffement lent de cette décoction fera fondre le motif appliqué à la cire. Celui-ci, gardant la surface vierge de couleur va apparaître en blanc (couleur coquille) contrastant avec la couleur brun orangé qu’aura pris le restant (non décoré) de la coquille d’œuf.

 MATERIEL POUR LA REALISATION DE CES ŒUFS PEINTS
  • des œufs crus, placés préalablement à la chaleur ambiante
  • de la décoction de pelure d’oignons en quantité suffisante et refroidie, tout au plus tiède
  • des bâtons, crayons, au mieux des sarments de vigne coupés comme des stylets, portant à l’un de leur bout un épingle à tête de verre
  • un petit réchaud à bougie chauffe-plat, avec une petite coupe supportant la chaleur
  • de la cire d’abeille (seule utilisable)

À savoir : à chaque application de la cire fondue on ne peut que dessiner un point ou un trait droit ou en virgule.

Crédit : Evelyne Schaller




découvrir Martin Luther King à travers le film SELMA

 

  Comment parler du pasteur Martin Luther King et du mouvement non violent pour la justice et contre le racisme en catéchèse ? Un seul film de long métrage existe à ce sujet: Selma (durée 2h08). Il était dans nos cinémas en 2014, mais on le trouve toujours sur DVD ou en location.

 

 

Résumé par minute par minute du film SELMA 

 

 

 

 

0:00  

Discours de MLK au moment quand il reçoit le prix Nobel de la paix en 1964.

Il accepte la distinction au nom de celles et ceux qui ont trouvé la mort dans des attentats racistes.

Le film montre ensuite des enfants dans une église qui meurent d’une explosion (allusion à une explosion qui détruit l’église baptiste du n°16 de la rue de Birmingham / Alabama en 1963, tuant quatre jeunes filles noires et blessant 22 enfants.)

6:00

Annie Lee Cooper (1910-2010) (Oprah Winfrey) tente de s’inscrire sur les listes électorales mais est refoulé par un simple employé qui d’ailleurs la tutoie et l’humilie.

> exemple de la ségrégation appliquée

8:00

Rencontre du président Johnson et de Martin Luther King. L’échange montre qu’ils sont d’accord sur la principe : La loi sur le droit de vote doit être appliquée, aussi dans les états du Sud, mais comment s’y prendre ? Etre plus patients pour ne pas provoquer des émeutes (Johnson) ou se montrer plus déterminé (MLK). MLK: « Le Sud ne peut pas attendre ».

> exemple de politique qui n’ose pas prendre position

12:40

MLK et des collaborateurs à Selma, Alabama

Préparation d’une action pour faire avancer les droits de la population afro-américaine

MlK est giflé par un homme blanc mais il garde son calme; ses amis disent à plusieurs reprises : « l’endroit  (Selma) « est vraiment idéal. »

> explique le choix du film de se concentrer sur ce lieu

15:07

Le président Johnson se concerte avec un responsable du FBI. MLK est de toute façon déjà sous surveillance (montré dans le film par l’écriture d’une machine à écrire qui résume des faits.) Maintenant on décide d’éténdre cette surveillance aussi à l’épouse dans le but de déstabiliser le couple et ainsi de calmer MLK.

16:00

La famille King reçoit  des coups de fil de menace. Echange du couple King sur les dangers qu’ils courent.

19:50

MLK téléphone à une amie pour être réconforté. Elle lui chante un gospel au téléphone.

On le voit ensuite en déplacement avec des collaborateurs.

24:30

Discours de MLK à Selma : résumé des injustices provoquées par la ségrégation et demande de droit de vote.

27:20 échange et discussion des collaborateurs sur le sens de leur action.

32:00 tentative de s’inscrire en masse sur les listes électorales au tribunal à Selma ; violence contre des manifestants non-violents ; Annie Lee, outrée, frappe le Shérif Jim Clark. Elle et d’autres responsables du sit-in sont mis en prison.

34:50

Discours de George Wallace, Gouverneur d’Alabamav (1919-1998) (Tim Roth)
défenseur de la ségrégation et de la suprématie blanche; les événements sont pour lui la preuve que la population noire est un danger pour la société 

36:30

MLK discute avec un ami dans la prison sur le sens de leur mission / moment de doute et de fatigue et de soutien réciproque

40:30

rencontre entre Malcolm X et Coretta Scott King, Malcom X propose son soutien que MLK refuse

44:00

George Wallace autorise une attaque contre un petit groupe de militants afro américain,

beaucoup de blessés et un jeune, J. Jackson,  meurt.

50:00

Discours de MLK aux obsèques de J. Jackson où il appelle de nouveau au combat pour la justice.

1:02:00

les gens de Selma sont prêts de marcher de Selma à la capitale de l’Etat à Montgomery pour réclamer justice ; bien que MLK décide de rester à la maison auprès de sa famille après une crise dans le couple

1:04: 00

La marche se met en place des deux côtés : manifestants qui s’entrainent à la non-violence et la police blanche qui se prépare au combat

1:07:00

la marche se met en route

un journaliste fait le commentaire en direct et devient témoin de la violence faite aux manifestants, les images sont envoyées en direct sur la télévision;  (attention les images peuvent choquer, mais c’est le sommet du film) à partir de là le destin va tourner car les Etats Unis sont sous le choc que de tels événement puissent se produire dans leur pays

1:15:00

de nouveau la question se pose : faut-il rester non-violent face à une telle violence et au grand nombre de victimes ?

1:16:30

MLK prend la parole: tous doivent être solidaires dans le combat contre l’injustice;

des milliers des personnes (noirs et blancs) se déplacent vers Selma   

1:18:00 Johnson essaie toujours de calmer les deux côtés; il veut éviter la marche

1:21:00 la deuxième marche se met en route avec MLK en première ligne et d’autres représentants de religions diverses avec lui

1:23:00 MLK ne fait pas confiance au calme de la police et convainc tout le monde à faire demi-tour sur le pont pour éviter de nouvelles victimes

1:29:00 deux blancs qui avaient assisté à la marche sont tués par des membres du KukuxKlan

1:31:00 MLK discute avec Johnson au téléphone : qui peut et doit intervenir ? MLK ou Johnson ?

1:38:00

MLK et d’autres devant le tribunal pour porter plainte contre les violences faites aux manifestants; le tribunal leur donne raison et donne son accord pour une marche officielle et légale de Selma à Montgommery

1:42:00 le gouverneur essaie de convaincre le président Johnson; enfin Johnson bouge et se met du côté des manifestants publiquement et soumet une loi qui oblige à ce que le droit de vote soit mis en place partout

1:48:00 La troisième marche se fait sous le regard des médias, soutenus par des nombreuses personnes sur place, blanc et noirs main dans la main et protégés par les militaires

Cette dernière séquence mélange des images du film et des vraies photos et scènes filmées de l’époque; le film montre aussi les adversaires, mais cette fois si démunis devant la foule et la protection du gouvernement

1:51:00

Discours de MLK devant le tribunal à Montgomery

C’est un résumé aussi de ce qui est obtenu et gagné

Derniers mots du film : Le Seigneur fait voir la Gloire, Gloire à Dieu, Alléluia, la vérité est le chemin de Dieu

Ensuite, c’est le générique du film avec la chanson

« Glory » qui a gagné l’Oscar 2015 et le Golden Globe 2015 de la meilleure chanson originale écrite et composée par John Legend and Common

Animation possible avec des catéchumènes et jeunes :

Le film Selma se prête pour travailler avec des jeunes sur le personnage de Martin Luther King et les enjeux autour du combat pour la justice pour la population afro américaine.

Pourtant il y a à mes yeux deux difficultés : Primo: Le film est long et connait, pour le voir avec un public jeune, quelques longueurs. Deuxio: Surtout au début du film, sans connaissance préalable au sujet, le spectateur va être perdu et ne comprendra pas le contexte.

Comment j’ai procédé moi avec un groupe de collégiens pour une durée de 75 minute de séance:

  • écrire les lettres MLK sur une grande feuille …est ce que cela vous dit quelque chose ?

(dans mon groupe non)

  • j’ai ajouté en dessous le nom entier : Martin Luther King

il y a eu vite des premières réactions :

ah oui, c’est celui qui a vécu il y a 500 ans! Ah non, ce n’est pas lui, ce n’est pas le même ! Lui, il était contre les racistes ! Non, ça c’était Nelson Mandela …etc etc .

j’ai noté quelques brides d’informations sur la feuille du papier et j’ai donné des premiers indications pour situer le personnage.

  • nous nous sommes donnés un temps de recherche : j’ai distribué diverses sources d’information : des BD qui racontent la vie de Martin Luther King, un article, des extraits de livre. Chacun ou parfois par deux ils sont consulté le matériel. des informations intéressantes étaient notées sur notre grand brouillon.
  • ensuite nous avons vu trois extraits du film (après explication et introduction dans le contexte du film) :

1) 6:00 à 8:00 

(Annie Lee Cooper (1910-2010) (Oprah Winfrey) tente de s’inscrire sur la liste de votant mais qui est refoulé par un simple employé qui d’ailleurs la tutoie et humilie.

> exemple de la ségrégation appliquée

> temps d’échange avec les jeunes pour lier cet extrait avec d’autres exemples de discrimination et de  ségrégation  qu’ils avaient trouvé dans leurs lectures

2) 1:04: 00

La marche se met en place de deux côtés: manifestants qui s’entraient à la non violence et la police blanche qui se prépare au combat

1:07:00

la marche se met en route

un journaliste fait le commenter en direct et devient témoin de la violence faite aux manifestants, les images sont envoyées en direct sur la télévision;  (attention les images peuvent choquer, mais c’est le sommet du film) à partir de là le destin va tourner car les Etats Unis sont sous le choc que des tels événement peuvent se produire dans leur pays

1:15:00

de nouveau la question se pose : faut il rester non violent face à une telle violence faite et vue les victimes que cela provoque ?

> temps de discussion avec les jeunes : quels sont vos réactions après ces images ? et puis la question : quel aurait été votre conseil dans cette situation ? que faire à leur place ?

j’ai ensuite résumé la suite / la deuxième marche et le demi tour des participants

puis vision de la dernière partie du film:

3)  1:38:00

MLK et d’autres devant le tribunal pour porter plainte contre la violence faite aux manifestants; le tribunal donne raison et donne l’accord pour une marche officielle et légale de Selma à Montgommery

1:42:00 le gouverneur essaie de convaincre le président Johnson; enfin Johnson bouge et se met de côté des manifestants publiquement et soumet une loi qui oblige à ce que le droit de vote soit mise en place partout

1:48:00 La troisième marche se fait sous le regard des médias, soutenus par des nombreuses personnes sur places, blanc et noirs mains dans la main et protégé par le militaire

cette dernière séquence mélange des images du film et des vraies photos et passages filmés de l’époque; le film montre aussi les adversaires, mais cette fois si démunis devant la foule et la protection du gouvernement

1:51:00

discours de MLK devant le tribunal à Montgomery

c’est un résumé aussi de ce qui est obtenu et gagné

derniers mots du film : le seigneur fait voir la Gloire , Gloire à Dieu alleluia , la vérité est le chemin de Dieu

(ensuite on passe sur le générique du film avec la chanson Glory)

> dans l’échange avec les jeunes nous avons surtout comparé la première et la deuxième marche : Qu’est ce qui a changé pour que cela a fonctionné cette fois ci ?

  • ils étaient plus nombreux
  • ils étaient solidaires entre diverses groupes de la société (diverses religions, diversité de couleurs de peau, des célébrités aussi qui se sont engagés … )
  • les médias ont mis de lumière sur l’injustice
  • ils étaient protégés par la loi (tribunal) et la force de l’armée (en cas où …) et par la prise de position (enfin) du président

quel argument ajoute MLK à la fin?  C’est pour la gloire de Dieu, lui a soutenu ce combat non violent

D’autres pistes d’exploration du film sont possibles. Pour ceci je conseille la fiche pédagogique sur http://www.e-media.ch/documents/showFile.asp?ID=6845.

Voici une liste de documents à consulter avec les enfants / jeunes :

  • Samuel Amedro / De Luther à Martin Luther King (2017) Editions Olivétan
  • Martin Luther King. Apôtre de la non-violence (2008) Croire Pocket
  • les chercheurs de Dieu Tome 14 (BD) (2002) Bayard Jeunesse
  • Teitelbaum, Helfand, Kumar / Martin Luther King JR. J’ai fait un rêve (BD) (2014)  Blue Lotus Prod
  • l’interview avec le Playboy (!) et d’autres textes de MLK sur

http://lunamia.free.fr/MLK_fichiers/ar_playboy.html

Christina Weinhold

 




Aux armes (spirituelles) !

« Aux armes (spirituelles )! » est une prédication rimée d’Axel Imhof (UEPAL). Les textes de base étaient Ephésiens 6, 13 à 18 et la tentation de Jésus au désert Matthieu 4, 1-11. 

« On ne peut vraiment jamais être tranquille »

Aurait pu dire Jésus, tout juste baptisé

Et conduis au désert pour y être tenté

Souvent belle, la vie est rarement facile

Sourire et grimace sur nos visages

Car nos trajectoires sont pleines de virages

A la paix, à la joie se mêlent bien des épreuves

Il en faut des combats pour faire peau neuve

 

Il est des épreuves qui ne s’affrontent que seul

Dans son désert intérieur, sans amis sans aïeul

Confronté sans voile à ce qui nous angoisse

personne ne peut combattre à notre place

 

Pour autant nous ne sommes pas abandonnés

Encore moins démunis sans moyens de lutter

Nos proches nos soutiens ne sont jamais bien loin

Dans sa fidélité Dieu arme jusqu’aux dents

Qui veut tenir bon dans l’étreinte du serpent

 

Alors aux armes, aux armes concitoyens du ciel !

Puisons force et courage dans l’Eternel

Parons-nous pour mener ce combat spirituel

Relevons la tête et soyons insoumis

Face à tout ce qui écrase et avili

Contre ce qui voudrait nous éloigner de notre Dieu

Tenons-nous prêts et surtout ouvrons les yeux
Combat peu ordinaire, les armes données

Sont Justice, zèle, foi, salut et vérité

Ici la bienveillance remplace la violence

On n’se bat pas crispé sur ses poings fermés

On tient ferme, certes, mais avec les mains ouvertes

 

Il ne s’agit pas d’écraser mais d’accepter

Accepter d’avoir faim comme Jésus au désert

Qui en vient à saliver sur un tas de pierres

Oui accepter d’avoir des besoins et des désirs

En nous toujours ce manque qui nous fait souffrir

Et que Dieu seul pourra venir combler

 

Comme Jésus refusant le délire mégalomane

De sauter dans le vide, jouer à Superman

Accepter nos limites…

 

Comme lui résistant à l’attrait du pouvoir

Accepter de lâcher prise, ne pas tout maitriser

Bref accueillir nos failles, elles peuvent se déchirer

Nous rendre vulnérables, nous faire choir

Mais c’est par elles que la lumière de la grâce

Peut nous atteindre et illuminer nos faces

 

Alors aux armes, aux armes concitoyens du ciel !

Parons-nous pour mener ce combat spirituel

Tenez bon, soyez patients, mais pas trop patients

Sans être soupçonneux, soyez attentifs et conscients

 

Et si d’aventure vous vous trouviez en difficulté

Qu’il pèse bien trop lourd ce poids qu’il faut porter

Si vous perdez pieds au milieu de cette pagaille

Prenez courage et ne vous souciez plus guère

Souvenez-vous bien que ce n’est qu’une bataille

Et que notre Seigneur a déjà gagné la guerre

 

Que la paix de Dieu, qui surpasse tout ce qu’on pourrait en dire en 10000 alexandrins garde vos esprits et vos cœurs en Jésus Christ

Crédit : Axel Imhof




Le sage sur le roc…

Etude de Matthieu 7,24-27 : les deux maisons. Voici une parabole que l’on raconte volontiers aux enfants… et si les adultes l’étudiaient… qu’en feraient-ils ?

Introduction à l’évangile selon Matthieu- sa place dans la Bible. Un des livres du Nouveau Testament Le Nouveau Testament (NT) comprend 27 livres de longueurs variables, tous écrits en grec par divers auteurs à des dates différentes au cours du 1er siècle. Ils ont été transmis par d’innombrables manuscrits, le plus ancien est daté de l’an 135. Les livres sont rangés par leur genre littéraire : évangiles, actes, lettres, apocalypse et par leur longueur. Chaque livre est divisé en chapitres, selon la division proposée par Etienne Langton et attestée en 1226. Les chapitres ont été eux-mêmes divisés en versets par Robert Estienne, au cours d’un voyage en diligence en 1551. Ces précisions sont importantes : elles obligent tout lecteur du Nouveau Testament à lire de manière critique les extraits bibliques, à vérifier le début et la fin de chaque « histoire » et à prendre en considération, ce qui précède, ce qui suit et même tout le livre. Le livre de Matthieu est composé de 28 chapitres et de 1068 versets. (Il a presque la même taille que l’évangile de Luc).

 Matthieu, le premier évangile Le mot français « évangile » est directement dérivé du grec « euaggelion » qui désignait primitivement la récompense que l’on accordait à un messager pour la transmission d’une bonne nouvelle. Par extension, ce terme désigna la bonne nouvelle elle-même. Cette Bonne Nouvelle concerne Jésus de Nazareth, le fils de Dieu, le Messie. L’auteur de l’évangile de Matthieu respecte profondément le livre et l’autorité de Marc, qu’il recopie. Il a conservé 606 des 661 versets de Marc, bien qu’il abrège presque chaque épisode de Marc (de 20 à 30 % en moyenne). Mais en bon scribe, il traduit et interprète. Plus exactement, il réécrit l’évangile de Marc pour donner un sens nouveau à son texte. Il a 330 versets que l’on ne retrouve ni chez Marc, ni chez Luc. En évangéliste, Matthieu rapporte, à sa manière propre, la vie et l’enseignement de Jésus, le Christ. L’intention de l’œuvre est donnée dès le début du livre : Son nom sera Emmanuel, « Dieu avec nous » et il va « être avec » les disciples jusqu’à la fin des temps.

 Un plan de livre difficile à établir. Les spécialistes discutent la question de la composition du livre de Matthieu. Trois plans différents se dégagent aujourd’hui

Le plan géographique permet de situer le ministère de Jésus en Galilée (4,12 à 13,58), puis dans les régions limitrophes et en route vers Jérusalem (chapitres 14 à 20) et enfin à Jérusalem même (chapitres 21 à 28). Nul n’a pu montrer l’intention théologique d’une telle répartition qui a le mérite de donner un cadre géographique.

Le plan didactique met en évidence les cinq « discours » de Jésus, chacun se rapportant à un thème précis. Ils se terminent tous par la formule « Or, quand Jésus eut achevé ces instructions… ». De fait, on distingue cinq blocs : les chapitres 5 à 7 ; 10 ;13 ;18 et 24-25. Chaque discours est précédé d’une section narrative plus ou moins longue. Les récits de l’enfance inaugurent le livre de Matthieu et les récits de la Passion et de la Résurrection de Jésus terminent le livre.

Le plan en deux parties. Dans la première (chapitres 3 à 13), Jésus se présente à son peuple, mais celui-ci refuse de croire en lui. Tout puissant en œuvres et en paroles, Jésus envoie ses disciples annoncer la Bonne Nouvelle ; les auditeurs sont confrontés à l’option pour ou contre lui. Dans la deuxième partie (chapitres 14 à 28) Jésus parcourt le chemin qui le mène à Jérusalem, de la croix à la Résurrection.

 Histoire du livre de Matthieu Si Matthieu 22,7 fait allusion à la destruction du Temple et de Jérusalem, alors la rédaction de l’évangile selon Matthieu peut être située après les années 70 de notre ère. Les spécialistes s’accordent pour situer la rédaction du livre de Matthieu vers les années 80-90.

Qui est Matthieu ? Qualités littéraires Matthieu insiste sur les Écritures juives qu’il connaît, sur la Loi et les coutumes juives qu’il n’explique pas : ses auditeurs ou lecteurs doivent donc comprendre le sujet du débat, étant du même milieu que lui. Il insiste sur l’accomplissement de l’Écriture en la personne de Jésus. Le Christ est présenté comme le Messie promis, mais aussi comme le Maître par excellence, enseignant une nouvelle justice, une nouvelle fidélité à la loi de Dieu. Il ne s’agit pas d’être un « nouvel Israël » mais « LE véritable Israël ». La différence est importante, car la nouveauté religieuse était assimilée à une secte alors qu’en affirmant que Jésus accomplit la tradition juive, Matthieu proclame Jésus comme le Messie attendu -et non reconnu- par Israël. Le livre de Matthieu montre l’accomplissement par Jésus des prophéties faites à Israël.

Sa théologie (en lien avec l’histoire des deux maisons) : pour l’auteur de l’évangile, Jésus est le Messie. Il propose une nouvelle Alliance, qui est ouverte à tous. Il s’agit maintenant de faire le bon choix.

 D’après la tradition historique. La plus ancienne tradition ecclésiale (Papias, avant l’an 150) identifie l’auteur avec l’apôtre Matthieu-Lévi, ainsi que le feront de nombreux Pères de l’Eglise (Origène, Jérôme…). A travers son œuvre, l’auteur se révèle être un lettré juif, devenu chrétien, versé dans les Écritures et passé maître dans l’art de présenter Jésus, insistant toujours sur les conséquences pratiques de son enseignement. Le texte est pétri de traditions juives et utilise un vocabulaire palestinien.

 Aujourd’hui la thèse selon laquelle le disciple Matthieu est l’auteur de l’évangile (9,9 et 10,3b) n’est plus défendue. Certains exégètes pensent que Matthieu a « fait son autoportrait » dans le scribe « devenu disciple du royaume des cieux » (Matthieu 13,52). La grande majorité pense que Matthieu était sans aucun doute un juif. Probablement de Palestine, qu’il a pu être témoin de la guerre juive de 66-73. On trouve des allusions possibles à la destruction du Temple de Jérusalem en l’an 70. Il pourrait appartenir à une communauté hellénistique, composée de juifs convertis et de gentils, ce qui expliquerait son bilinguisme. Pour certains, Matthieu est le témoin d’une transition douce entre le judaïsme et le christianisme. Pour d’autres, Matthieu est le témoin d’une séparation consommée entre la communauté à laquelle s’adresse l’évangéliste et le judaïsme de son temps.. Certains spécialistes pensent que l’Église de Matthieu était importante, souvent identifiée à l’Église d’Antioche de Syrie.

Tous reconnaissent en Matthieu un génie bilingue. Il écrit en grec, pense en hébreu et développe une très grande qualité de composition pour son écriture (voir les différentes propositions de plan ci-dessus). Il utilise un vocabulaire typiquement palestinien et le texte a pu être écrit en Syrie ou en Phénicie. Il y a des expressions typiquement matthéennes, par exemple « leurs synagogues – votre synagogue ». Elles prouvent que l’auteur est dans une situation non définie, encore mouvante et complexe. Il semblerait que les chrétiens ne vont déjà plus à la synagogue mais n’ont pas encore coupé les ponts avec le judaïsme officiel. « Il s’agit de frères ennemis non encore séparés».

Les deux maisons

Les discours Cinq discours rythment le livre de Matthieu :
  • chapitres 5 à 7 – le discours sur la montagne, règlemente la vie pour ceux qui suivent Jésus. Relations humaines et relations avec Dieu.
  • Au chapitre 10 : ordres et conseils à ceux qui partent annoncer la Bonne Nouvelle,
  • puis au chapitre 13 : présentations de paraboles du royaume et clauses de la vie dans la future Église.
  • Le chapitre 18 aborde comment vivre ensemble entre frères et sœurs dans une communauté chrétienne
  • et les chapitres 24-25 : comment attendre la victoire finale ou les évènements eschatologiques.

Le discours du Sermon sur la montagne. Le « Sermon sur la montagne » est le premier des cinq discours de Jésus. Il représente presque un cinquième de l’évangile de Matthieu. C’est un joyau, qu’il s’agit de lire entièrement, mais aussi à l’intérieur de l’évangile, afin de n’en pas perdre le sens. Le sermon sur la montagne n’est pas le début de l’histoire de Jésus. D’après Matthieu, des disciples le suivent, des guérisons ont eu lieu. Le discours s’adresse à des chrétiens, lesquels viennent du judaïsme, et qui se demandent comment vivre harmonieusement la Loi de Moïse et sa mise en pratique à la lumière de l’exigence de Jésus.

 Parabole des deux maisons. Qu’est-ce qu’une parabole ? Ce n’est en tout cas pas un message simplifié du Christ, des paroles pour les enfants. Au contraire, la parabole est difficile, « son vrai sens est réservé, non pas à l’intellectuel, mais au croyant.» Jésus utilise la parabole pour trier les croyants des incroyants, pour donner une image du Royaume de Dieu… il emploie ce langage caché qui contraint à la recherche.

╬ Animation

Attention : nous étudions uniquement le texte de Matthieu 7 (pas de comparaison avec Luc ou autre source – pour le moment)

Avant d’entrer dans la parabole que nous connaissons peut-être, écrivons ce dont nous nous souvenons chacune pour soi. Restituer le texte biblique de tête aiguisera notre attention lors de la lecture qui suivra.

Mise en commun (avons-nous, ensemble, restitué tout le texte) : Dessiner l’histoire façon Bande Dessinée

Lire le texte : une fois en anglais, une fois en français

Travailler les sentiments : qu’est-ce que je n’aime pas ? qu’est-ce qui me dérange ? qu’est-ce qui me met mal à l’aise ?

Travailler l’intellect : qu’est-ce qui distingue les deux personnes ? La tempête est-elle de même intensité ?

En groupe de 2 personnes, reconstituer le puzzle

Et tout (homme) qui écoute ces miennes paroles
qui a bâti sa maison sur
« Donc
le roc.
tout (homme) qui écoute ces miennes paroles
Et la pluie est tombée et les torrents sont venus et les vents ont soufflé et ils se sont précipités contre cette maison,
et ne les pratiquant pas
qui a bâti sa maison sur
et les pratique
sera comparé  à un homme
le sable.
Et la pluie est tombée et les torrents sont venus et les vents ont soufflé et ils se sont heurtés contre cette maison
sage
fou
sera comparé à un homme
et elle a croulé et sa chute était grande »
et elle n’a pas croulé car elle avait été fondée sur le roc.

 

Quels versets pourrions-nous superposer ? Cet exercice nous fait découvrir la structure du texte.

Donc  
« Tout (homme) qui écoute ces miennes paroles
et les pratique et ne les pratiquant pas
sera comparé  à un homme
sage fou
qui a bâti sa maison sur
le roc. le sable.
Et la pluie est tombée et les torrents sont venus et les vents ont soufflé et ils se sont précipités (heurtés) contre cette maison, et elle
n’a pas croulé

car elle avait été fondée sur le roc.

a croulé

et sa chute était grande »

Mathieu 7,24-27 « Donc tout (homme) qui écoute ces miennes paroles et les pratique sera comparé à un homme sage qui a bâti sa maison sur le roc. Et la pluie est tombée et les torrents sont venus et les vents ont soufflé et ils se sont précipités contre cette maison, et elle n’a pas croulé car elle avait été fondée sur le roc. Et tout (homme) qui écoute ces miennes paroles et ne les pratiquant pas sera comparé à un homme fou qui a bâti sa maison sur le sable.Et la pluie est tombée et les torrents sont venus et les vents ont soufflé et ils se sont heurtés contre cette maison et elle a croulé et sa chute était grande »

Donc (oun) L’expression ne doit pas être négligée : la suite du texte introduite par « donc » est directement liée à ce qui précède, au minimum les versets 21 à 23 (traduction TOB) « Il ne suffit pas de me dire : ‘Seigneur, Seigneur !’ pour entrer dans le Royaume des cieux ; il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux. Beaucoup me diront en ce jour-là : ‘Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? En ton nom que nous avons chassé les démons ? En ton nom que nous avons fait de nombreux miracles ? Alors je leur déclarerai : ‘Je ne vous ai jamais connus ; écartez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité !’ » Ces paroles sont très dures ! Matthieu, préfère l’expression « Royaume des cieux » à celle de « Royaume de Dieu » des autres évangiles. La nature de ce Royaume et les modalités de son avènement sont longuement décrites dans les paraboles des chapitres 13 et 22. Le Royaume des cieux est déjà là, mais d’une façon cachée. Il est surtout une réalité paradoxale : avant d’être promis aux justes, il l’est aux pécheurs ; avant d’être promis aux Juifs, il l’est aux païens. Enfin, l’entrée dans le Royaume est exigeante, les richesses sont considérées comme un obstacle majeur.

Il faut faire la volonté de mon Père. Dans le discours de Jésus, il y a ceux qui parlent (« Seigneur ! Seigneur ! ») … et ceux qui font. Et parmi ces derniers, il y aura encore une distinction précisée plus tard.

mon Père qui est aux cieux. L’expression rappelle la prière « Notre Père… », donnée en Matthieu 6,9. Reconnaître Jésus comme Seigneur n’est pas suffisant, il faut aussi faire la volonté du Père. La puissance de Dieu est totale dans le ciel. Le ciel devient un modèle que la prière « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » évoque mal. Il vaudrait mieux dire « Que ta volonté soit faite sur la terre comme elle l’est déjà au ciel ». Aujourd’hui, placer Dieu dans le ciel, c’est l’envoyer très loin de notre vie quotidienne. Or, il s’agit de le placer au cœur de nos choix et de notre vie : dans notre ciel intérieur !

Beaucoup me diront en ce jour-là… Faut-il comprendre l’expression « en ce jour-là » comme le jour du jugement ? Le texte rappelle Matthieu 25, 31 et suivants. Jésus replace toute la vie de l’homme chrétien dans la perspective du jugement dernier qui finalement révélera la manière dont la Parole du Royaume aura été mise en pratique. 

Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé ? en ton nom que nous avons chassé les démons ? en ton nom que nous avons fait de nombreux miracles ? Voilà l’autre catégorie de personnes mentionnée plus haut. Des personnes chassent les démons au nom de Jésus, elles font même des miracles, mais elles ne seront pas reconnues par Jésus lorsque le temps viendra de rendre des comptes ; Et pour aider à apprendre à distinguer les prophètes des faux prophètes, Jésus donne deux images : les fruits des arbres (verset 15 à 20) et les deux maisons (versets 24 à 27)

Traduction TOB « Gardez-vous des faux prophètes qui viennent à vous vêtus en brebis, mais qui au-dedans sont des loups rapaces. C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Cueille-t-on des raisins sur des buissons d’épines, ou des figues sur des chardons ? Ainsi tout bon arbre produit de bons fruits. Un bon arbre ne peut pas porter de mauvais fruits, ni un arbre malade porter de bons fruits. Tout arbre qui ne produit pas un bon fruit, on le coupe et le jette au feu. Ainsi donc, c’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. »

Donc, quand un discours commence par « donc », il faut se prendre le temps de se souvenir de ce qui a été dit avant. Et « donc » ici devient presque menaçant : personne ne saurait se soustraire à l’avertissement qui va suivre.

Tout homme qui écoute mes paroles – mes paroles que voilà – ces miennes paroles  (tous logous toutous aux versets 24,26 et 28) Les paroles sont celles de Jésus : elles ont été déployées dans les trois chapitres précédents, dans son enseignement. L’expression insiste sur l’autorité de l’enseignement de Jésus. Nous avons lu depuis le verset 21, mais « ces paroles que voilà » font référence au début du discours (chapitre 5). Pour Matthieu, Jésus est le Messie que le peuple Juif attendait. Ses paroles sont bien plus puissantes que les paroles de rabbins ou de prophètes. « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi et les Prophètes : je ne suis pas venu abolir mais accomplir ». L’affirmation de Jésus en Matthieu 5,17 se trouve être un passage particulier à Matthieu. L’auteur du livre de Matthieu veut prouver que Jésus de Nazareth est bien le Messie annoncé par les Prophètes. Dans le Sermon sur la Montagne, Jésus reconnait l’autorité de la Torah et l’accomplit par son enseignement et sa manière d’être. L’enseignement de Jésus se termine, et l’auditeur, tout comme le lecteur actuel sont mis en face d’une grande alternative : celle de suivre les commandements et en conséquence, de recevoir les bénédictions… ou de ne pas mettre en pratique et d’encourir le malheur. L’examen de conscience peut commencer.

 Mettre en pratique /ne pas mettre en pratique – Faire /ne pas faire (poiein) Dans cet exemple, nous avons donc deux catégories de personnes : ceux qui écoutent les paroles de Jésus, les mettent en pratique… et ceux qui ne les mettent pas en pratique ; ils sont comparés tous deux à un homme qui construit sa maison. « Mettre en pratique », à la lumière de l’Ancien Testament, est très fortement lié au vocabulaire de l’Alliance contractée entre Dieu et son peuple. Mais ce qui est révolutionnaire dans le livre de Matthieu, c’est qu’on n’entre plus dans l’Alliance en appartenant au peuple d’Israël, mais en reconnaissant Jésus comme Seigneur et Maître. Le déplacement théologique est considérable : le pilier de la foi n’est plus la Loi, mais la reconnaissance du Christ comme Messie, qui a autorité sur elle. Il y a ici une tension, car pour bien écouter, il ne faut rien faire (cela nous rappelle Marthe et Marie). Et l’auditeur est à l’écoute de l’enseignement de Jésus. Mais justement, pour Jésus, écouter ne suffit, il faut une mise en application, il faut faire. Le verbe poiein se trouve en Matthieu 5,19 et 46 ; 7,12, 24 et 26. Le verbe « faire » revient 9 fois dans les versets 13 à 27 ; Lorsque la négation est associée au verbe, elle se teinte d’une notion menaçante. Pour ceux qui ne mettent pas en pratique, c’est la ruine qui leur est annoncée. La lecture de ces versets nous questionne (même aujourd’hui) : qu’elle action as-tu faite pour être témoin de ma Bonne Nouvelle, pour réaliser les volontés de mon Père ? La pointe de la parabole est très précise et plutôt agressive : elle en veut à ceux qui écoutent mais ne mettent pas en pratique.

 Sera comparé à un homme (omoiothesetai) Le grec utilise le futur pour dire que l’homme sera comparé (omoiothesetai) … l’expression n’est pas très logique en grec, car l’homme ne sera pas comparé dans une circonstance future, comme au jour du jugement. C’est maintenant, (imparfait sémitique) que Jésus va dire à qui cet homme ressemble. L’utilisation du futur indique le temps du jugement qui viendra… et le thème de la tempête qui surgit dans la suite du texte permet l’association d’idées avec le jugement.

Sage /fou Le premier homme est qualifié de prudent, de sage (phronimos). Le deuxième constructeur est qualifié de fou, de stupide, d’insensé (moros). Il est facile de retenir cette parabole en utilisant les parallélismes antithétiques comme homme sage/homme fou ou bâtir sur roc/bâtir sur le sable. Mais pourquoi sont-ils qualifiés de sage et de fou ? Tous deux ont entendu l’enseignement de Jésus, tous deux construisent une maison… mais sur des terrains différents ! Et c’est le choix de ce terrain qui les qualifie de sage ou de fou.

Construire une maison Dans la parabole de Matthieu, l’homme qui écoute l’enseignement de Jésus ressemble à l’homme construisant sa maison. L’exemple n’est pas absurde, l’homme est dans ce qu’il construit. Matthieu de donne pas de détails : l’homme est-il seul à construire ? a-t-il des amis ? des ouvriers ? est-ce une grande maison ? ou une petite ? combien de pièces ? Pas de détail architectural : maison palestinienne ? romaine ? toit plat ? Ces détails aucune importance pour l’enseignement donné. Par contre, le choix du lieu de la construction est très important. Là est la sagesse de l’homme prudent qui a su choisir le bon fondement. Là est la folie de l’homme qui a construit sur le sable.

Roc/Sable Matthieu met en scène deux sols différents : le roc et le sable. En Palestine, le roc propice à la construction ne manque pas. Le constructeur n’est pas spécialement intelligent, il fait ce qu’il y a à faire dans les conditions concrètes du sol palestinien. Le rocher (petra) y est propre à la construction en Galilée comme en Judée. Luc utilise la même image, mais y ajoute bien plus de sueur car son constructeur avisé doit creuser et poser des fondations sur le roc.   Cette partie de l’image est souvent comprise ainsi : on fait de la parole de Jésus le roc sur lequel édifier sa vie. Mais la pointe du texte est ailleurs : elle est dans le fait de mettre en pratique les paroles de Jésus. Il n’est pas précisé comment ces deux constructeurs mettent en pratique la parole de Jésus. Le sable (ammos) dans l’Ancien Testament est qualifié de sable de mer, mais c’est aussi une terre meuble comme celle de l’Egypte. On peut songer en Galilée à ces terres légères qui sont au sud du lac ou dans la plaine de Génésareth. Choisir un pareil sol est insensé. C’est ainsi que la parabole de Matthieu est parfaitement cohérente. Personne dans le pays ne se soucie de faire des fondations profondes : le sage bâtit sur la roche, l’autre sur un terrain peu résistant. L’un est qualifié de sage, l’autre de fou parce qu’ils ont choisi le terrain de construction. Le fou aurait pu être sage s’il avait construit sa maison sur des pilotis, donnant ainsi des fondations solides à sa maison.

 Et …L’écrivain grec a placé 14 fois cette conjonction (kai), elles donnent du rythme à l’histoire et tiennent le lecteur en haleine.

Pluie, torrents, vents Arrivent la pluie, les torrents et les vents. La pluie (broke) peut désigner la pluie d’irrigation ou la pluie orageuse. Ici pas de doute, c’est bien d’une pluie d’orage qu’il s’agit. Les torrents (potamoi) sont les torrents de la mauvaise saison palestinienne (de décembre à mars). Ils se forment pendant les grosses pluies, sont imprévisibles et surtout, ils emportent tout sur leur passage. Les vents (anemoi) sont la dernière calamité météorologique de l’histoire. Certains les comprennent comme des tourbillons locaux. Le père Lagrange préfère y voir une météorologie normale et connue des habitants du bord du lac de Galilée « Il est rare que le vent renverse une maison. Mais outre que le vent est l’accompagnement inéluctable des grandes pluies, il est quelquefois assez violent pour abattre des toits et même des murs en terre battue, comme nous l’avons vue à Jéricho en 1912.» Bref, ce sont les grosses bourrasques de vent et de pluie mêlées. L’image de la tempête, dans l’AT désigne souvent la colère et la condamnation divines. Attention à une interprétation hâtive ! Cette tempête ne fait probablement pas allusion aux difficultés courantes de la vie (maladie, deuil, adversités diverses). Les versets 25 et 27 sont des parallélismes exacts selon les habitudes sémitiques. Et introduisent deux conclusions différentes…

Se sont précipités contre / sont venus battre (prosepesan) / (prosekopsan) Le radical de ce verbe est utilisé à deux reprises. Et pourtant, la nuance pourrait induire que l’intensité de la tempête était grande, bien plus grande que la seconde tempête. Le plus important, c’est la suite.

Elle n’a pas croulé car elle avait été fondée sur le roc – Elle a croulé et sa chute était grande Le résultat de l’histoire est différent par rapport à l’attitude du début ! Une maison en place pour l’un, une maison écroulée pour l’autre propriétaire. Les derniers mots du discours produisent un effet chez le lecteur que nous sommes. « Il n’est pas possible d’échapper à une réflexion sérieuse sur l’enjeu vital qui accompagne la décision inéluctable de conformer ou non son existence à l’enseignement de Jésus.» Ce qui est clairement mis en avant dans cet enseignement, c’est l’action éclairée après l’écoute de l’enseignement de Jésus. Après le Sermon sur la montagne, un temps nouveau a commencé. Un temps qui ne détruit pas le monde existant, dans lequel nous sommes appelés à vivre intelligemment, qu’il faut gérer, pour soi et pour les autres en attendant la fin. Ici un appel est fait à l’intelligence, par opposition à la bêtise. Il est intelligent et profitable d’écouter la parole de Dieu et celui qui l’explique avec clarté, Jésus.

 

  • Les deux maisons chez … Elicha ben Abouyà

Vers 130 après JC Elicha ben Abouya disait « Celui qui a beaucoup de bonnes œuvres et sait bien résoudre les difficultés d’après la Loi, à qui ressemble-t-il ? A un homme qui en construisant met d’abord des blocs de pierre, puis des briques. Les flots qui viennent battre la construction ne peuvent l’entrainer de sa place. Au contraire celui qui a de grandes connaissances de la Loi, mais peu de bonnes œuvres, à qui ressemble-t-il ? A un homme qui en bâtissant met d’abord les briques, puis ensuite les blocs ; le bâtiment tombe pour un peu d’eau.». D’après Lagrange, cette citation rabbinique ne pourrait être la source de la parole de Jésus, au contraire ! Elle aurait été utilisée par Elicha pour développer la pensée de Jésus.

… et chez Luc 6,47-49 Dans Matthieu, comme dans Luc, la réinterprétation de la loi par Jésus se termine par cette parabole : « Tout (homme)  venant à moi et écoutant mes paroles et les pratiquant, je vous montrerai à qui il est comparable. Il est comparable à un homme bâtissant une maison, qui a creusé et approfondi et a posé le fondement sur le roc. Une crue s’étant produite, le torrent s’est rué contre cette maison et il n’a pu l’ébranler, pour cela (qu’) elle avait été bien bâtie. Mais celui qui a écouté et n’a pas pratiqué est comparable à un homme ayant bâti une maison sur la terre, sans fondement, contre laquelle s’est rué le torrent, et aussitôt elle s’est écroulée et la ruine de cette maison fut grande. »

Les différences de contenu entre les deux versions de la parabole :

  • Luc décrit avec force détails la technique de construction : il faut creuser, excaver profondément avant de poser les fondations. Chez Matthieu, pas autant d’efforts ! La solidité de la maison matthéenne dépend du fondement (roc) alors que chez Luc, l’accent est mis sur la construction (décrit par trois verbes : creuser, approfondir, fonder sur le roc).
  • Matthieu décrit les pluies torrentielles de la Palestine, alors que Luc dépeint une inondation venant de la crue d’un cours d’eau.
  • Enfin, Matthieu détaille l’intempérie pour arriver à une chute, alors que Luc parle de ruine. Il est certain que les auteurs ont adapté la parabole aux conditions géologiques et climatiques de leur milieu.
  • Pour Luc il faut prendre de la peine. De même qui quiconque n’a pas pris la peine de creuser des fondations est exposé à voir tomber sa maison au jour de l’inondation, ainsi le disciple qui ne pratique pas résolument ce que le Christ a enseigné se laissera emporté par l’épreuve. Pour Matthieu, le message est de mettre en pratique l’enseignement de Jésus.
  • Matthieu a répété son texte sans avoir peur de lasser son auditoire : au contraire, ses répétitions permettent de s’en souvenir par cœur : c’est un procédé mnémotechnique rabbinique. Chez Luc, l’histoire est la même, mais le parallélisme bien moins grand. Ce qui fait dire aux spécialistes que l’écriture de Luc est plus tardive que celle de Matthieu.

 Conclusion Finalement, quelle actualisation tirer de l’enseignement de Jésus ? Tous entendent l’enseignement de Jésus. Certains mettent en pratique cet enseignement … et ils vivront heureux. La conclusion renvoie au début de la parabole, ces gens-là seront comparés à un homme sage. D’autres ne mettent pas en pratique les paroles entendues, leur folie n’est pas de ne pas avoir discerné les paroles de Jésus, mais d’en n’avoir rien fait. Et pour eux, la chute sera grande. A la lumière de 1 Corinthiens 10,4, la tradition de l’Eglise a souvent interprété cette parabole comme une allégorie, affirmant que le roc, c’était Jésus. Lecture devenue courante chez les réformateurs. Mello ose une double conclusion « La parole, c’est l’écoute. La roche c’est la pratique. Une écoute qui n’a pas de fondation s’évanouit. La foi doit s’enraciner dans l’amour. Mais peut-être que la parabole de Matthieu est une parabole en acte : la maison c’est le discours sur la montagne, au terme duquel nous sommes arrivés, et la roche c’est la ‘Loi et les Prophètes’ sur lesquels il est fondé : il ne peut y avoir d’écoute des paroles de Jésus qui ne tienne compte de l’Ancien Testament. L’enseignement de Jésus est ‘l’accomplissement’ de la construction, mais ses fondations incontournables sont celles-là même que le Père avait déjà mises en place par la bouche de Moïse et des prophètes. » Pour Thayse, « Mettre en pratique, c’est aller à la rencontre de la réalité quotidienne, c’est s’immerger dans la vie, vocation de chaque homme…. Le génie de Jésus a été de de percevoir que c’est dans la vie ordinaire la plus simple, dans des actes accessibles à tous, et donc compréhensibles par tous, que se joue et se construit la vie, que se parcourt le chemin où ‘la vie de l’ego va se changer en celle de Dieu lui-même’ (M. Henry). » Pour Suzanne de Diétrich, « Jésus veut être obéi ; croire en lui, c’est accepter de se laisser constamment juger et rappeler à l’ordre par sa parole ; c’est naître à cette vie de l’amour que lui seul peut créer en nous ; c’est vivre jour après jour le du pardon de Dieu… » Roux de son côté est affirmatif « Autrement dit, la foi qui ne produit pas les œuvres n’est pas la foi ; et, inversement, les œuvres ne peuvent pas exister sans la foi … mais pouvons-nous délibérément nous ranger de nous-mêmes et avec sérénité du côté de ceux qui écoutent la Parole et la mettent en pratique ? »

 

Actualisation d’écriture « Celui qui entend vraiment les paroles que je dis et les transforme en actes est semblable à un maçon qui construit sur le roc : bien des cataclysmes surviendront, mais la maison résistera. Celui qui m’entend sans m’entendre, qui ne transforme pas les intentions en actes, est semblable au maçon qui construit sur le sable : si les mêmes cataclysmes surviennent, la maison de sa vie sera emportée. »

La conclusion du Sermon sur la montagne, versets 28-29, développe ce que la parabole a commencé « Quand Jésus eu achevé ces instructions, il arriva que les foules étaient hors d’elles-mêmes du fait de son enseignement ; c’est qu’il enseignait avec autorité, non comme leurs scribes.» 

Bibliographie

AESCHIMANN André, Pour qu’on lise les Paraboles, Les Bergers et les Mages, 1964

ALBRIGHT WF and MANN CS, Matthew, introduction, translation, and notes, Doubleday & Company, 1971

BARLOW Michel, L’Evangile en relief, Matthieu. Pistes bibliques tout au long de l’année liturgique (Année A), collection Parole Vive, Editions Olivétan, 2016

BENOIT Pierre et BOISMARD Marie-Emile, Synopse des quatre évangiles en français, avec parallèle des apocryphes et des Pères, tome 1 Textes, Les éditions du Cerf, 1979

BONNARD Pierre, L’évangile selon Saint Matthieu, Commentaire du Nouveau Testament 1, Labor et Fides, Genève 2002

CUVILLIER Élian, Évangile selon Matthieu, in Le Nouveau Testament commenté, texte intégral TOB, sous la direction de Camille FOCANT et Daniel MARGUERAT, Bayard, Labor et Fides, 2012

DE DIÉTRICH Suzanne, Mais moi, je vous dis. Commentaire de l’Evangile de Matthieu, Editions Delachaux et Niestlé, Neuchâtel, 1965

DUMAIS Marcel, Le Sermon sur la Montagne, Etat de la recherche, Interprétation, Bibliographie, Letouzey et Ané, 1995

DURAND Alfred, Evangile selon Saint Matthieu, Beauchesne ed. 1938

JAY Bernard, Introduction au Nouveau Testament, Collection théologique CLE, éditions Clé, Yaoundé, 1969

LAGRANGE MJ Évangile selon Saint Matthieu, Gabalda et Cie éditeurs, 1948

LOISY Alfred, Les évangiles synoptiques, tome 1, Ceffonds, 1907

LUZ Ulrich, Das Evangelium nach Matthaüs (Mt 1-7) EKK, Benziger, Neukirchener, 2002

MAILLOT, Les paraboles de Jésus, Labor et Fides, Cerf, 1993

MELLO Alberto, Évangile selon saint Matthieu, commentaire midrashique et narratif, Lectio Divina 179, Les éditions du Cerf, 1999

PARMENTIER Roger, L’évangile autrement. L’évangile de Matthieu et l’apocalypse relus pour notre temps, Editions Le Centurion, 1977

ROUX Hébert, L’Evangile du Royaume. Commentaire sur l’Evangile selon saint Matthieu. Editions labor et Fides, Genève, 1956

SCHWEIZER Eduard, Das Evangelium nach Matthäus, NTD band 2, Vandenhoeck & Ruprecht in Göttingen, 1986

THAYSE André, Matthieu, l’évangile revisité, Editions Racines, collection Lumen Vitae, 1998

TOB – Traduction Œcuménique de la Bible, La Bible, Bibli’o, Société biblique française et éditions du Cerf, 2015

Léon-Dufour, Introduction XV,3

Jay, page 87

Mello, page 23-24

Jay, page 95

Les spécialistes actuels abandonnent de plus en plus la théorie d’une seconde source appelée « Paroles de Jésus » ou « Logias » ou « Source Q » (du mot allemand Quelle = source). Matthieu et Luc auraient utilisés cette collection de Paroles, ce qui expliquerait les points en communs entre ces évangiles.

TOB, Introduction à Matthieu

TOB, Introduction à Matthieu, page 1611

Jay, pages 96-97

Bonnard nomme Léon-Dufour, page 7

TOB, Introduction à Matthieu

TOB, Introduction à Matthieu

TOB, Introduction à Matthieu, page 1613

TOB, Introduction à Matthieu

Cuvillier, page 22

Mello, page 15

Mello, page 52 cite K. Stendahl « The School of St Matthew and Its Use for the Old Testament »

Cuvillier, pages 22-23

Jay, page 106

Mello, page 16

Bonnard, page 3

Maillot, page 10

Jay, page 103

Roux, page 88

Dumais, page 306

Bonnard, page 107 « Ces versets ne décrivent pas une loi psychologique selon laquelle l’obéissance à la loi renouvelée assurerait la solidité de l’homme ; ils sont un avertissement prophétique adressé à des auditeurs déjà menacés par un certain quiétisme spirituel. »

Lagrange, page 157

Dumais, page 306

Lagrange, page 157

Bonnard, page 109

Lagrange, page 158

Bonnard, page 109 Attention. Il ne faudrait pas y voir une allusion aux passions, désirs, bonnes volontés fragiles de la vie sans Dieu

Lagrange, page 157

Bonnard, page 109

Lagrange, page 157

Dumais, page 306

Lagrange, pages 158-159

Benoit et Boismard, paragraphe 75

Lagrange, page 158

Dumais, page 305

Dumais, pages 306-307

Mello, page 152

Thayse, pages 67-68

De Diétrich, page 58

Roux, page 89

Parmentier, page 38

Bonnard, page 110

Crédit, Laurence Gangloff (UEPAL)




Jonaze et le grand poisson d’avril

« Jonaze et le grand poisson d’Avril » est un sketch proposé par Frédéric Gangloff (UEPAL) d’après Matthieu 12, 38-42. 

Deux narrateurs se placent, si possible, de chaque côté. Il faut laisser un espace vide au milieu pour l’entrée de Jonaze. Les narrateurs auront, au préalable, un poisson d’avril accroché dans leur dos, mais que le public ne verra pas en face. L’un des narrateurs est plus sérieux et posé, tandis que le second est plus facétieux, voir caustique…

NARRATEUR 1 : (Très pastoral) Alors quelques scribes et pharisiens prirent la parole…

NARRATEUR 2 : (l’interrompant, ironique…) Une fois de plus, il a fallu que les scribouillards et les parisiens ramènent leur fraise !

NARRATEUR 1 : (il poursuit sans se laisser démonter) « Maître, nous voudrions que tu nous fasses voir un signe » !

NARRATEUR 2 : (sarcastique) Farpaitement ! Un signe de reprise économique ; de croissance retrouvée ; de sécurité assurée ; de privilèges sauvegardés… Un signe qui déchire grave !

NARRATEUR 1 : (Assez mystique) Un signe céleste de la venue du royaume ! Tiens… Décroche-nous la lune et met-nous des étoiles plein les yeux !

NARRATEUR 2 : (ironique) Comme ça, plus besoin d’engager notre foi, nous aurions enfin confirmation !

NARRATEUR 1 : Bon, nous savons à peu près lire les signes du temps à la couleur du ciel…

NARRATEUR 2 : Tu parles ! Sacrés experts ! Même la météo fait des siennes ! Trois flocons de neige et les parisiens sont en alerte rouge !

NARRATEUR 1 : Admettons ! Mais pourquoi Jésus ne fait-il jamais ce qu’on lui demande ? C’est pourtant pas sorcier ! Un méga-signe de la fin des temps qui ferait sensation !

NARRATEUR 2 : (Dans le tragique-comique) Johnny revient parmi les siens !

NARRATEUR 1 : Pire ! Plus de famine ; de guerre ; plus de maladies ; plus d’inégalités sociales…

NARRATEUR 2 : (très ironique) ça veut dire aussi plus de spéculations boursières sur les produits alimentaires, plus de marchands d’armes et du chômage, plus de profit pour les grands groupes pharmaceutiques, plus de lobbies d’influences…

NARRATEUR 1 : Plus de nucléaire ; plus de fanatismes ; plus d’émissions de gaz à effet de serre…

NARRATEUR 2 : (Toujours ironique) Retour dans les grottes et dîners aux chandelles, plus de religion, une autre manière de consommer ! Tu es prêt à changer le monde et à opter pour la décroissance ?

NARRATEUR 1 : Moi ? Euh… Ben… J’attends le déclic… Le signe sensationnel retransmis en direct sur toutes les caméras des chaînes d’info, en prime time…

Les narrateurs chantonnent, sur la musique de Jean Jacques Goldman, « Il suffira d’un signe… » … Il suffira d’un signe, un matin ! Un matin tout tranquille et serein. Quelque chose d’infime, c’est certain. C’est écrit dans nos évangiles, en nos mains… Pendant ce temps, entre Jonaze avec un énorme poisson d’avril accroché au dos ; il n’a pas l’air très frais et peut traîner avec lui un morceau d’épave…

NARRATEUR 2 : (mort de rire) Il sort d’où lui ? De Koh-Lanta ? Snif ! Snif ! Il sent le poisson pas très frais ! (Il le regarde avec son morceau d’épave) Trop cool, on dirait un rat d’eau !

NARRATEUR 1 : Monsieur… Vous faites tache, on croirait une épave humaine ! Circulez svp ! Quand tout sera terminé, on vous fera signe !

JONAZE : Justement ! Je le suis… Le signe… Le seul qui vous soit vraiment donné !

NARRATEUR 2 : Vu sa dégaine, ce serait plutôt la mort du signe !

NARRATEUR 1 : Et qu’est-ce que vous avez accompli de si extraordinaire pour nous aider à croire que vous êtes bien le seul et unique signe ?

JONAZE : Mon nom est Jonaze !

NARRATEUR 2 : Pauv’naze ?

JONAZE : (en mode télévangéliste exalté) Le Seigneur m’a dit : « Pars pour rejoindre cette génération mauvaise, adultère, dévergondée, bourrée de tune, matérialiste ! Et dit lui : Si dans quarante jours, vous ne changez pas de vie, c’est le terminus pour vous ! Je nettoie au karcher la cité ! »

NARRATEUR 1 : Ah bon ! Et… C’est tout ?

JONAZE : Vu que c’est plutôt mission impossible, je me suis barré dans la direction opposée en vitesse de croisière sur le yacht de Bolloré…Euh… Pardon… un yacht que j’ai loué !

NARRATEUR 2 : Et vous avez cru mener Dieu en bateau ?

JONAZE : J’ai bien capté que c’était plutôt cuit lorsque la mer s’est déchaînée et que l’équipage chantait : « Plus près de toi Seigneur, plus près de toi… »

NARRATEUR 1 : C’était bien la peine de vous enfuir au loin ! Et ensuite, qu’est-ce que vous avez fait ?

JONAZE : J’ai vomi à cause du décalage horaire !

NARRATEUR 2 : Vous voulez dire : A cause du mal de mer !

JONAZE : Oui, j’en avais plein le naze…Enfin de tout ça ! Et j’ai crié…

NARRATEUR 1 : Maman !

NARRATEUR 2 : Aline ! Pour qu’elle revienne !

JONAZE : Mais non ! (Les regarde comme s’ils étaient devenus fous) Mea Culpa – c’est du latin, c’est toujours classe de le placer- ça veut dire : « qu’est-ce que je suis con, tout est de ma faute ! » Et avant qu’ils me jettent à l’eau, je me suis dit : Ma foi, c’est assez ! J’me cache à l’eau ! Et il est arrivé le gros cabillaud ! Faut dire qu’il y en avait qu’un à avaler !

NARRATEUR 2 : (amusé) Qu’un et re-quin !

JONAZE : Et me voilà dans le ventre de la baleine, dont l’haleine ne sent pas vraiment pas la rose. Il faisait noir et j’avais de l’eau jusqu’au cou. J’aurai bien eu besoin de baleines pour soutenir ma gorge ! J’étais quasi mort et j’ai rencontré un tas de monde ! Des pneus de voiture, des sachets plastiques, le capitaine Achab, Gepetto et Pinochet…

NARRATEUR 1 : Hmmm, plutôt Pinocchio ! Encore un qui a désobéi à son papa !

NARRATEUR 2 : Trop fort ! Jonaze rencontre gros naze !

JONAZE : Après trois jours et trois nuits dans le bide du grand poisson, je trouvais la friture un peu salée…

NARRATEUR 1 : Vous voulez dire : la facture trop salée ! Tu vois (en s’adressant à l’autre) il reconnaît enfin le poids d’son péché !

NARRATEUR 2 : (fait semblant de mal entendre) Comment ? le poisson péché ?

JONAZE : Et j’ai crié (regarde pour voir si les autres n’ajoutent rien) « Mon Dieu, donne-moi une deuxième chance, une renaissance sur le mode : Jonaze le retour ! Et je pêcherai…Euh prêcherai ton message comme un SOS jeté dans une bouteille à la mer ! » Et le grand poisson m’a vomi là où j’avais pied !

NARRATEUR 1 : Ah oui ! La Baleine au boss pleine de bleus…

NARRATEUR 2 : Il a dû lui rester sur l’estomac ! Elle a nettoyé ses tuyaux !

JONAZE : (En mode télévangéliste exalté) Fini de rire, banc de pêcheurs, si dans quarante jours, vous ne changez pas de vie…

NARRATEUR 1 : C’est bon là ! Ils ont compris ! (S’adresse au public) Hein que vous avez compris !

NARRATEUR 2 : Et tu t’imagines que ça va marcher, sans signe puissant, juste parce qu’ils vont te croire sur parole ?

JONAZE : En tout cas, les Ninivites ont changé de vie. Du plus grand au plus petit ! Du roi au Ouistiti ! Si même Dieu change d’avis et qu’on ne peut même plus compter sur un bon vieux déluge venu du ciel, je laisse tomber ! Je suis très contrarié. Vous voulez quelque chose ! Faites-le vous-mêmes ! Vous allez voir que bientôt Dieu, tellement bon et lent à la colère, va encore nous préparer une de ses surprises ! En attendant que vous décidiez, je m’en vais bouder jusqu’à ce que les méchants morflent pour ce qu’ils méritent !

NARRATEUR 2 : C’est ça, dégage avec ta planche de salut ! Encore une histoire qui va finir en queue de poisson ! Jonaze sort en trainant son épave derrière lui !

NARRATEUR 1 : Non, mais honnêtement, ce Jonaze ne fait pas très sérieux. C’est une caricature de prophète. Le genre de gars qui se prend pour Moïse ou Elie et qui est de mauvaise humeur parce qu’il avait prévu le happy end de l’histoire alors que lui avait condamné les Ninivites dès le début !

NARRATEUR 2 : Je me demande si annoncer la Parole que Dieu nous confie, même si nous sommes convaincus du contraire, ne peut pas opérer de grands changements qui, heureusement, ne dépendent pas de nous !

NARRATEUR 1 : Attends ! Tu nous l’as fait sur quel mode là ? T’as bu la tasse ? C’est le monde à l’envers ! Cela voudrait dire qu’il faut qu’on réagisse pour le remettre à l’endroit ! Mais je suis contre la précipitation ! Réfléchissons : Ni trop lentement ni-nivite !

NARRATEUR 2 : Trop tard ! Il nous a pris de vitesse ! Dieu ne se laisse plus enfermer dans les convictions, les dogmes, les Eglises, les shows d’exorcisme ou de guérison… Fini la manipulation ! Si Dieu se remet en question jusqu’à se repentir. Cela veut dire qu’il pourrait aller jusqu’à…

NARRATEUR 1 : Aimer à en mourir… Alors c’est pour cela que Jésus concède le seul signe improbable ! Un signe de ouf ! Je me demande si les scribouillards et les parisiens vont gober la référence à Jonaze !

NARRATEUR 2 : Eux qui ont du mal à ouvrir leurs yeux et à reconnaître la puissance de Dieu dans les miracles et les guérisons de Jésus risquent bien de passer à côté de la faiblesse de la croix et sa mort…

NARRATEUR 1 : A ceux qui pensent savoir de quoi Dieu doit avoir l’air et ce qu’il doit faire, Jésus répond par son silence durant les trois jours au cœur du tombeau…

NARRATEUR 2 : Comme Jonaze englouti par le monstre des eaux mortelles…

NARRATEUR 1 : A ceux qui réclament à corps et à cris des signes extraordinaires comme nous, il laisse sa parole et sa Bonne Nouvelle !

NARRATEUR 2 : Si Jésus ne fait pas dans les signes grandioses c’est peut-être pour que d’autres ne mettent pas la main sur lui pour en faire un atout commercial ou pire… Un produit dérivé !

NARRATEUR 1 : Mais alors le seul signe que nous ayons, pour le moment, c’est de proclamer sa mort sur la croix ? Mais cela ne peut tout de même pas finir ainsi ! C’est un aveu de faiblesse qui ressemble à un échec…

NARRATEUR 2 : Attends ! Tu n’as pas lu les Dernières Nouvelles De Jérusalem ce matin dans la rubrique « faits divers » (lit un article de journal) : « Tôt, ce Dimanche matin, un groupe de femmes s’est rendu au tombeau de Jésus, dit le Christ, pour l’embaumer. Quelle ne fut pas leur surprise, lorsque la grosse pierre d’entrée avait été roulée et que le cadavre de Jésus s’était envolé ! Ces femmes, en état de choc, tétanisées et certainement peu fiables, parlent d’un jeune homme avec une robe blanche qui leur a déclaré que Jésus de Nazareth, le crucifié, est ressuscité ! A l’heure actuel, un bilan de santé est en cours pour évaluer leur état mental ! »

NARRATEUR 1 : (Au fur et à mesure, il s’enthousiasme de plus en plus) Et si la vie était encore plus redoutable que la mort ? Si c’était le premier matin d’une nouvelle création ? La pierre est roulée ! Le chemin est libre ! l’impasse devient recommencement ! Si c’était vrai, cela remettrait tout en cause. Ce serait le ménage de printemps de notre foi ! La pierre roulée devient la peur ôtée ! Jésus serait vivant, jamais là où l’on voudrait qu’il soit, mais toujours ailleurs. Il est en avant ! Il compte sur nous ! Il est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !

NARRATEUR 2 : (d’un ton moqueur) Ha ! Ha ! Ha ! « Poisson d’Avril » !

A ce moment les deux narrateurs repartent chacun dans la direction opposée et on voit un poisson d’avril accroché dans leur dos !




Ma maison, c’est là où je vis

« Ma maison, c’est là où je vis » est un très bel album pour la  jeunesse. L’histoire nous aide à aller à la rencontre de l’autre et créer dans la joie de vivre.

Arrivée d’Érythrée, Salam fait connaissance de Dominique, un Bruxellois assis près d’elle en classe; ils deviennent amis et cette amitié transforme toute la classe.

Textes de Colette Nys-Mazure et illustrations de Aurélia Higuet. Après l’histoire, des jeux sont proposés au lecteur pour s’approprier l’histoire, participer à la belle aventure de l’amitié.

Aux éditions CNCD 11.11.11

CNCD siginifie Centre national de coopération au développement, (cncd@cncd.be ). Quant aux chiffres 11.11.11, ils viennent de la première récolte de fonds organisée en 1966, le 11 du 11 à 11h, l’occasion de rappeler qu’il n’y a pas de paix sans développement et inversement.




Quel look pour notre Église ?

« Je relooke, tu relookes, il relooke, nous relookons ! »
L’heure est au relooking (doit-on dire relookage ?!?).
Pas une personnalité publique, les starlettes, les people, les hommes et les femmes politiques, rois, princes, et manants, pas une personnalité publique qui ne passe par les mains d’au moins une maquilleuse, une habilleuse, un coiffeur, un conseiller en maintien et gestuelle, un secrétaire pour affiner chaque virgule de toute communication écrite ou verbale, un designeur, un manadger… Il faut pouvoir jongler avec réseaux sociaux, les médias d’écrans et de papier, avec le son et l’image… Certains groupes religieux ne s’y trompent pas, qui engagent des professionnels du Relooking pour s’imposer face aux exigences de la société actuelle.

Nos Églises et notre catéchèse, doivent-elles se plier à la tyrannie du paraître ?
Le paraître sera-t-il aujourd’hui le seul critère pour être entendus ?
Si nous peinons sur le paraître, allons-nous dis-paraître ?

C’est une question pour nos églises, et c’est une bonne question pour notre catéchèse.
Souvenons-nous qu’au travers des siècles, la Parole de Dieu a été portée et apportée par des amateurs, dans le meilleur sens du mot, et par des bénévoles, au sens premier du mot.
Souvenons-nous que si un pasteur réformé (par exemple) porte une sévère robe pastorale, c’est, d’une part, parce qu’il est formé pour être « docte » (personne qui a des connaissances étendues), mais aussi et surtout, parce que cette tenue neutre lui permet de mettre en avant une Parole qui n’est pas la sienne, un peu comme les conteurs ou les utilisateurs de kamishibaï qui vont s’habiller de façon à rester effacés derrière l’histoire qu’ils racontent.
Dans le même esprit, le jeu d’orgue souvent proposé après la prédication a cette fonction de neutralité, afin que chacun s’approprie pour lui-même, dans sa propre situation, le message de l’Écriture…
Dans le même esprit encore, l’architecture et la décoration de nos églises doivent accueillir le riche, le pauvre, le triste, le gai, le vieillard et le bambin, le baptême et les funérailles…
La Parole de Dieu est pour tous, à travers tous les temps.
Pouvons-nous être attentifs à ne pas confondre «l’accueil » et « le paraître » ?
Dans nos églises, dans notre catéchèse, ne succombons pas à la facilité de la mode et de l’apparence.

Pour ce qui est du contenu, du fond, et ce qui est de la présentation, de la forme, c’est l’accueil qui est à l’inspiration de l’accueil du Christ, et c’est l’accueil qui doit témoigner auprès des foules (cfr Actes 2,6) de l’actualité de la foi et du message de l’Évangile.

Et pour rejoindre notre thème de la table dressée, ne vaut-il pas mieux un savoureux gâteau sans forme qu’une magnifique pièce montée insipide ?!?!

 




Le baptême de Jésus

Voici un découlement de culte à 4 pattes proposé par Claire De Lattre-Duchet sur le thème du baptême de Jésus.Nous utilisons une marionnette appelée « Cumulus » représentant  un nuage (ou un coussin en forme de nuage). 

Introduction : Cette année, un petit nuage impertinent, Cumulus, (né de l’imagination de Laurence Gangloff) nous guide à la découverte des histoires bibliques. Il est présent à chaque célébration. Fabriqué en carton, coton d’un côté, gouttes d’eau en papier collées les unes sur les autres de l’autre, il est utilisé un peu comme une marionnette. (Photo ci-contre et en fin d’article)

Déroulement 

Prélude et Accueil : Le matin, nous disons : bonjour. A midi, nous disons : bon appétit. Le soir nous disons : bonne nuit. Au début du culte, nous disons : bienvenue à tous de la part de Dieu, bienvenue pour partager des histoires qui parlent de Dieu, des chants et des prières qui s’adressent à Dieu.

Cantique : Tout le monde est bien arrivé

Nous nous rassemblons autour de la Bible…  Vous le savez, dans la bible, il y a beaucoup de personnages qui nous parlent de Dieu. Nous avons rencontré Bartimée, Esaïe, Jonas, les amis de Jésus par exemple. Il y a aussi  des rivières, des lacs, la pluie, des puits, ce sont autant de lieux pour les histoires de la bible. Dis-moi Cumulus de quoi ou de qui vas-tu nous parler ?

  • Du Jourdain.
  • Ah ! …
  • C’est une rivière.
  • Pourquoi veux-tu nous parler du Jourdain ?
  • A cause de Jean qu’on appelle aussi parfois Jean-Baptiste !
  • Je comprends, alors si tu nous parles de Jean-Baptiste, d’abord on apprend sa chanson et après tu nous racontes.

Nous apprenons le chant : Préparez le chemin du Seigneur (Arc-en-ciel 323 – refrain)

Histoire en kamishibaï : Cumulus au Jourdain La marionnette Cumulus passe derrière le butaï comme s’il y entrait, on le retrouve ensuite sur chacune des images du kamishibaï. Les images ont été tirées et adaptées de Jean-François KIEFFER, « 32 images de l’évangile », n°2, 3 et 5

  1. Photo Kam1

En ce temps-là, Cumulus était un petit nuage curieux. Né sur les bords de la Mer Morte, il avait envie d’explorer le monde. En regardant bien, il remarqua une rivière qui venait se jeter dans la Mer Morte : c’était le Jourdain. Il décida de suivre le Jourdain pour voir d’où coulait l’eau de cette rivière.

 

 

  1. Photo Kam2

Bientôt, au bord du Jourdain, Cumulus vit un homme, tout seul. Cumulus s’approcha pour le regarder mieux : il vit que cet homme vivait là, au bord du Jourdain. Il n’avait pas de beaux habits et il ne mangeait pas grand-chose. Il parlait à Dieu parfois, il se taisait beaucoup comme pour écouter Dieu. Comme Cumulus était curieux, il décida de rester là, pour en savoir plus sur cet homme.

 

 

  1. Photo Kam 3

Et c’est ainsi qu’il apprit que cet homme s’appelait Jean. Cumulus vit que parfois d’autres hommes venaient voir Jean pour l’écouter parler de Dieu. Jean leur disait : « Préparez-vous car un autre que moi va venir ; il saura vous parler de Dieu mieux que moi. Préparez-vous à l’accueillir comme votre Seigneur. » Et puis Jean leur disait aussi : « Est-ce que tu penses à Dieu ? Est-ce que tu fais de la place dans ton cœur pour Dieu ? »

 

 

  1. Photo Kam4

Parfois Cumulus entendaient ceux qui venaient voir Jean dire : « Je veux aimer Dieu de tout mon cœur, je veux vivre comme Dieu veut. » Alors Jean descendait avec eux dans le Jourdain, il les trempait entièrement dans l’eau. Et leur disait : « Souviens-toi tous les jours que Dieu t’aime et aime-le à ton tour ! » Alors ceux qui avaient été plongés dans l’eau repartaient tout heureux parce qu’ils avaient confiance en Dieu.

 

 

  1. Photo Kam5

Un jour, Cumulus vit qu’un homme venait voir Jean. Il l’a remarqué car il n’était pas tout à fait comme les autres. Cumulus a entendu que cet homme s’appelait Jésus, mais surtout, il a entendu que ses amis l’appelaient souvent « Maître ». Et il a vu que Jean ne voulait pas aller dans l’eau avec lui. Il lui disait : « Toi, Jésus, tu n’as pas besoin que je t’explique des choses sur Dieu, tu le connais mieux que moi !» Mais Jésus a insisté, alors Jean est entré dans l’eau avec lui.

 

 

  1. Photo Kam6

Quand Jésus est sorti de l’eau, Cumulus a entendu une voix venant du ciel, bien loin au-dessus de lui, dire à Jésus : « Tu es mon Fils bien-aimé, je mets en toi toute ma joie. » Et Cumulus a vu l’Esprit de Dieu qui venait comme une colombe sur Jésus.

 

 

  1. Photo Kam7

Notre petit nuage a trouvé cela bien étrange et il a pensé : « Je suis curieux d’en savoir plus sur ce Jésus. Ce n’est pas n’importe qui puisque Dieu lui-même le reconnait comme son Fils. Je dois garder un œil sur lui, parole de nuage ! »

 

 

Chant : Préparez le chemin du Seigneur

Partage :  L’idée de ce temps est d’encourager un temps d’échange sur le thème du culte, à savoir le baptême, avec pour objectif premier d’être à l’écoute des enfants et de leur découverte de la foi. Voici en quelques lignes comment les choses ont été vécues lors de ce culte :  Une petite fille présente avait assisté, juste quelques semaines plus tôt, au baptême de son petit frère : je lui ai demandé si elle voulait bien nous raconter… ce qu’elle a fait avec grand plaisir. J’ai ensuite demandé aux enfants s’ils se souvenaient de leur baptême : ce n’était pas le cas. Spontanément l’un d’eux a demandé à sa mère où et quand il a été baptisé… les autres l’ont vite imité. Quand l’échange s’est arrêté, j’ai relancé en demandant à la première petite fille si elle se souvenait de certaines paroles dites au moment du baptême de son petit frère : elle avait retenu la formule « je te baptise » et (quelle chance !) la formule de bénédiction « Tu es mon enfant bien-aimé ». J’ai donc poursuivi en expliquant aux enfants que Dieu avait adressé à chacun d’eux cette même parole le jour de son baptême. Puis j’ai relancé la discussion sur les questions : Est-ce qu’il faut être grand pour être aimé de Dieu ? Est-ce qu’il faut être grand pour aimer Dieu ?

J’ai laissé les enfants s’exprimer librement. Il m’est difficile de rapporter le contenu de la discussion, mais j’en garde le souvenir d’un vrai moment d’échange qui a fait apparaître à quel point cette parole « Tu es mon enfant bien-aimé » fait sens pour ces petits.

Bricolage : fabrication des colliers « goutte d’eau »

Matériel :

  • feutres bleus
  • colle à paillettes
  • 1 goutte d’eau avec texte et 1 muette par enfant (préalablement découpées)
  • Ruban bleu
  • Ciseau
  • Agrafeuse
  • colle

PDF goutte d’eau avec texte et goutte d’eau vierge

Chaque enfant reçoit une goutte d ‘eau muette et une avec texte. Ils décorent la goutte d’eau muette (feutres et colle à paillettes). Pendant ce temps, couper et fixer à l’agrafeuse un ruban bleu (suffisamment grand pour que l’enfant puisse enfiler le collier par-dessus la tête) sur le côté blanc la goutte d’eau avec texte. Puis coller les gouttes dos à dos.

Prière : Seigneur, merci pour Jésus : il est ton fils bien-aimé, il nous parle de toi. Grâce à lui, nous savons que tu es un Père qui nous aime. Seigneur, merci pour l’eau de notre baptême qui  nous dit que nous sommes tes enfants bien-aimés. Apprends-nous à toujours t’aimer comme un père. Et comme Jésus-Christ nous l’a appris nous prions ensemble :…

Notre Père qui est aux cieux, Monter lentement les mains ouvertes devant soi.

que ton nom soit sanctifié, Retourner les mains vers le sol et les descendre jusqu’au niveau du torse

que ton règne vienne, Mains ouvertes vers le haut, ouvrir les bras vers la droite et gauche

que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Ouvrir son bras gauche vers le sol, puis monter le bras droit en ouvrant la main, vers le ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, Les mains ouvertes devant soi,  en position réceptive

pardonne-nous nos offenses  Poser les poings fermés sur ma poitrine (non croisés)

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, Ouvrir les bras en les tendant en avant pour accueillir son voisin.

et ne nous laisse pas entrer en tentation,  Croiser les bras devant sa poitrine, comme pour me protéger.

mais délivre-nous du mal, Faire le geste de repousser le mal loin de soi.

car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire,  Mouvement des bras vers le haut, geste de louange et d’acclamation. Baisser les bras le long de mon corps.

pour les siècles des siècles. Amen.

Offrande :  La meilleure façon de dire merci, c’est de partager. Alors, Seigneur, pour notre jolie maison et pour tous nos jouets, pour nos habits et nos chaussures, pour la nourriture, nous te disons merci et nous donnons quelques sous pour ceux qui ont moins de chance que nous. Amen.

Bénédiction  Le matin, nous disons : bonjour. A midi, nous disons : bon appétit. Le soir nous disons : bonne nuit. A la fin du culte, nous disons : merci, au revoir, à bientôt, bonne route, que Dieu te bénisse !

Cantique : Tout le monde rentre à la maison

Postlude et Petit goûter

Crédit Claire De Lattre-Duchet (UEPAL)




« 2DAY » : ZE web série

Après ZeBible, version papier, voici son film interactif « L’autre expérience » et son extension sur Facebook, l’Alliance biblique française (ABF) récidive en proposant un nouvel outil pour rafraîchir l’image de la Bible.  Cette websérie est une initiative de Zebible, un partenariat interconfessionnel porté par l’Alliance biblique française.

La websérie 2day est une première en France « 2day » met en scène des lycéens dans leur vie quotidienne.

Destinée aux jeunes de 15 à 20 ans, la série s’inspire des films cultes « Retour vers le futur » et « Un jour sans fin », et d’une culture geek et cinéma propre aux jeunes. Elle raconte l’histoire de Quentin, lycéen impopulaire, doté un matin d’un formidable pouvoir: vivre chaque journée deux fois. Au fil des épisodes le jeune homme va utiliser cette capacité et apprendre à le faire de façon intelligente. La tentation est grande d’en profiter, mais le messager de ces nuits va l’aider à assumer avec sagesse ses responsabilités.

Une réalisation très professionnelle, avec des dialogues au ton décalé. La websérie se découpe en six épisodes de huit minutes, disponibles tous les samedis pendant six semaines.

Les aventures de Quentin abordent des thèmes de réflexion propres à l’adolescence tels que les relations amicales et amoureuses, l’image de soi, la force des apparences, la maîtrise de sa vie, le sens du bien commun et la mort. À la fin de chaque épisode de 2DAY, l’internaute est invité à visionner 2NIGHT. Un âne un peu excentrique nommé Jean-Baptiste (l’inspiration est biblique) propose au héros des pistes de réflexion pour faire ses choix et surtout un verset de la Bible à méditer.

Très professionnelle dans sa réalisation, avec des dialogues au ton décalé, la websérie poursuit l’ambition de ZeBible de montrer aux jeunes, chrétiens ou pas, comment la Bible peut les rejoindre dans leur quotidien et leurs questionnements. La collaboration entre chrétiens de différentes confessions (protestants, catholiques et orthodoxes) autour de l’ABF dure depuis neuf ans. 175 000 € récoltés auprès des institutions ecclésiastiques, de particuliers et des partenaires de l’ABF ont permis de mener à bien le projet. Si la websérie rencontre du succès, elle devrait se prolonger. L’ABF espère développer bientôt son application smartphone pour rejoindre les jeunes directement dans leur poche.

http://www.webserie-2day.com/




Les prophètes du retour de l’exil : Aggée, Zacharie et Malachie

Les derniers livres prophétiques dans nos bibles, Aggée, Zacharie et Malachie, se situent tous trois durant une période bien précise, celle du retour de l’exil à Babylone. Voici une Introduction générale, et des notes pour les moniteurs:
Ces livres sont à étudier en parallèle avec les livres historiques d’Esdras, de Néhémie et d’Esther (voir aussi la fin du deuxième livre des Chroniques).

Ils couvrent le dernier siècle de l’histoire juive telle qu’elle est contée dans la Bible hébraïque, c’est-à-dire, approximativement, de 538 à 433 avant Jésus-Christ. Les événements décrivent les décennies qui suivent le renversement de l’empire babylonien par Cyrus, roi de Perse, en 539 avant notre ère.

Si nous ne pouvons avec exactitude nommer les rédacteurs de ces textes, il est généralement admis que l’essentiel du contenu est réalisé à partir des souvenirs personnels d’Esdras et de Néhémie. Ensembles, les deux précités couvrent le règne de cinq rois perses et décrivent le retour de l’exil en trois vagues :

  • Un premier contingent, le plus nombreux, revient sous la conduite de Zorobabel vers 538
  • Un second groupe revient avec Esdras vers 458
  • Un troisième avec Néhémie en 445.

Le livre d’Esther, quant à lui, se situerait entre la restauration du temple à Jérusalem et le retour d’Esdras.

Comme les prophètes l’avaient annoncé, la Babylonie est tombée à son tour, tel un colosse aux pieds d’argile, aux mains de l’empire Perse. Dès sa victoire, un des premiers actes de Cyrus, roi des Mèdes et des Perses de 559 à 530, est d’ordonner le rapatriement des exilés vers leurs terres d’origine (en réalité il s’agit, bien entendu, essentiellement des descendants des exilés). Ce retour, qui correspond sans doute avec la fin de la vie de Daniel, est relaté au chapitre 1er du livre d’Esdras.

Darius 1er, qui succède en 522 avant Jésus-Christ à Cambyse (dont les Ecritures ne parlent guère), est contemporain des prophètes Aggée et Zacharie. Durant son règne a lieu la reconstruction du temple (confer Esdras 4, 5 et 6, 15 : « Le temple fut achevé le troisième jour du mois d’Adar, dans la 6e année du règne du roi Darius »).

Assuérus (Xerxès 1er) succède à Darius pour 21 années, en 486. C’est lui qui éleva la fille adoptive de Mardochée à la dignité de reine (confer Esther 2, 5 à 18) et le juif Mardochée comme premier après lui (confer Esther 10, 3).

Enfin, Artaxerxés 1er, régna de 464 à 423, son histoire  est notamment décrite en Esdras 4, 7 à 23 ; 7, 1 et Néhémie 2, 1.

Dès leur retour, les hébreux, essentiellement issus du Royaume du Sud, vont se mettre à reconstruire le temple, afin de rétablir le culte et le sacrifice. Ils veulent rétablir le culte de l’Eternel tel que la prescrit la loi mosaïque. Ce sera là le ferment d’une nouvelle unité nationale face à ceux que les Ecritures nomment les samaritains, la population établie dans la « Terre promise » par Asarhaddon, roi d’Assyrie, en « remplacement » des juifs déportés. La question de l’origine des Samaritains nous est relatée dans le 2e livre des Rois, au chapitre 17, les versets 24 à 41. On y lit la cause de leur rejet par les juifs revenus de l’exil : « Ils craignaient l’Eternel mais servaient en même temps leurs dieux d’après la coutume des nations d’où on les avait transportés » (2 Rois 17, 23).

Les cinq premiers versets du chapitre 4 du livre d’Esdras nous expliquent pourquoi les travaux de reconstruction du temple ont été interrompus pendant quinze années du règne de Cyrus et ne reprennent que sous Darius 1er.  Les versets 6 à 13 du même chapitre forment une séquence à part, hors chronologie, qui explicite les raisons durables de l’opposition jusqu’au temps d’Esdras et de Néhémie.

Grâce aux actions conjuguées des prophètes Aggée et Zacharie, et malgré une nouvelle opposition sous Darius 1er, le peuple reprend et poursuit la construction du temple jusqu’à son achèvement.

Plus d’un demi siècle s’est écoulé entre le dernier verset du chapitre 6 du livre d’Esdras et le premier verset du chapitre 7. C’est durant cette période que la reine Esther s’élèvera pour empêcher le massacre de tous les juifs de la cour assyrienne et donc, indirectement, de sauver la vie d’Esdras et de Néhémie, échanson et gouverneur sous le règne d’Artaxerxés.

Analyse succincte du livre d’Aggée
Selon les Ecritures, le prophète Aggée a proclamé la parole du Seigneur en 520 avant Jésus-Christ et Zacharie deux ans plus tard. Suite à l’Edit de Cyrus, un premier contingent d’exilés, fort de plus de 40.000 hommes, revient en Israël, en 538, sous la conduite de Zorobabel, petit fils du Roi Joachim,  prince de Juda et gouverneur de Jérusalem.
Remarque : Zorobabel est selon toute vraisemblance, né à Babylone pendant la période de captivité des Juifs. Petit-fils de Joachim (roi de Juda en 598-597 av. Jésus-Christ), il est de la lignée Davidique. Zorobabel dirigea le premier rapatriement et fut nommé gouverneur laïque de Jérusalem par Cyrus. Il y organisera la reconstruction du Temple qui avait été détruit en 586 avant notre ère par Nabuchodonosor II de Babylone. La suite de son existence est méconnue.
L’opposition, notamment  « samaritaine » et l’apathie générale mirent fin à la reconstruction du temple jusqu’au message inspiré et mobilisateur qu’Aggée et Zacharie proclament au nom de l’Eternel (confer Esdras 5, 1 et 2). Outre son caractère historique, le message d’Aggée est d’une brûlante actualité car il appelle chacun et chacune à établir, pour sa vie personnelle et communautaire, un ordre de priorité. Ce dernier n’est, à ses yeux, que la matérialisation de décisions libres que les hommes ont prises et auxquelles dès lors ils doivent être fidèles.
A quatre reprises, la Parole de l’Eternel est adressée à Aggée pour qu’il l’annonce au peuple et à Zorobabel :

  • Première séquence : Aggée chapitre 1er

Le peuple égoïste se préoccupe d’abord, et chaque membre pour lui-même, de son propre bien être. Dès lors, aucune bénédiction de Dieu n’est possible. Par son message, Aggée « réveille » la conscience du gouverneur Zorobabel et celle du peuple et ils se remettent à l’œuvre.

  • Deuxième séquence : Aggée 2, 1 à 9

Dans la mémoire collective du peuple subsiste le souvenir de la grandeur du temple de Salomon. Certes, la construction nouvelle n’a pas cette splendeur là, mais que Zorobabel et les constructeurs n’en soient pas découragés : L’Eternel des Armées est fidèle à son alliance et rendra la gloire de cette maison visible pour toutes les nations.

  • Troisième séquence : Aggée 2, 10 à 19

Aggée use de l’exemple des lois alimentaires pour montrer, aux sacrificateurs et au peuple, que la bénédiction de Dieu ne peut atteindre qu’une nation purifiée. Dès que le peuple sera purifié, les bénédictions divines l’atteindront.

  • Quatrième séquence : Aggée 2, 20 à 23

Il s’agit ici d’une parole que transmet Aggée au seul Zorobabel. Plusieurs commentateurs considèrent que cette prophétie s’applique, non à Zorobabel en tant que tel, mais à cet homme en tant que sceau attestant de l’importance de la descendance davidique. Le thème de l’élection est clairement exprimé au verset 23b : « Je te garderai comme un sceau, car je t’ai choisi… ».

Utilisation à l’Ecole du Dimanche

Pour les petits (6 à 9 ans)
Accrochage
a)    Donner à chaque enfant présent quelques blocs de construction (en bois ou plastique mais sans système d’accrochage) et demander qu’ils construisent avec ces blocs une maison.
b)    Constater avec eux que, même si ce qu’ils ont réalisé est bien, cela ne fait pas un édifice très complet. S’il est possible, on peut également montrer la faiblesse des petites constructions face aux éléments (pluie  / eau, vent  / souffle, tremblement de terre  / secousse, etc.). Dans ce cas, on réutilisera les mêmes éléments pour tester la construction du point c et constater, avec les enfants, les différences.
c)    Leur proposer de joindre leurs blocs et leurs capacités de bâtisseurs, en les aiguillant  pour bâtir un édifice beaucoup plus majestueux, avec des bases solides, des murs épais et une couverture de toit. Cette fois, si l’on entre dans cet édifice on est à l’abri contre les intempéries ! Il y a donc avantage à s’unir pour en recevoir, tous ensemble, les avantages.
Corps de la séance

Raconter l’histoire du retour de l’exil en insistant sur le fait qu’ils reviennent dans un monde inhospitalier et où nulle demeure ne les attend. Reprendre alors l’accrochage pour leur montrer que seule l’union permet de réaliser un édifice qui apporte à tous une satisfaction. Si le moniteur en a l’occasion, il peut ajouter qu’il est plus agréable de travailler ensemble que chacun dans son coin (utiliser l’exemple des jeux : il est plus gai de jouer ensemble que tout seul !). Cette union, autour d’un projet commun, est conforme à la volonté de Dieu. Il faut d’abord construire tous ensemble la maison de Dieu (le temple) avant de bâtir sa propre demeure. C’est alors que les hommes et les femmes seront bénis par Dieu.

Pour les grands (10 à 12 ans)
Accrochage
Il sera similaire à ce détail près que les 10 à 12 ans devront répondre, par leur construction, à certains critères établis en fonction des blocs que l’on met à leur disposition. Hauteur, superficie, toiture. Ainsi, ipso facto, leur construction sera fragilisée et l’on pourra aisément démonter la nécessité de s’unir pour que l’édifice construit soit plus résistant.
Corps de la séance
Pour les 10 à 12 ans, l’accrochage sera réalisé plus rapidement et l’on pourra développer avec eux plusieurs thématiques, après avoir lu (dans une version en français courant) ou raconter l’histoire du livre.
Si l’on a une « échelle des temps bibliques » dans la salle d’Ecole du Dimanche, ce qui est chaudement recommandé, on montrera clairement aux enfants quand se passent les événements décrits et quels sont les autres livres bibliques qui traitent des mêmes questions et de la même période.

Thèmes à développer (en choisir deux ou trois maximum)
1)    La priorité que nous avons à donner à Dieu dans nos vies.
2)    Les enfants de cet âge sont à même de comprendre que si l’on vit de façon nombriliste, uniquement axés sur nos propres besoins, nous ne serons jamais satisfaits. Seule une œuvre menée en commun peut vraiment apporter dans nos vies une réelle satisfaction.
3)    Il nous est demandé de nous mettre à l’œuvre et d’achever ce que nous pouvons. Ce ne sera peut être pas ce que nous avions imaginé mais, pour le reste, nous pouvons nous en remettre à Dieu qui, fidèle à son alliance, peut rendre le produit de notre action beaucoup plus visible que nous ne l’imaginons.
4)    On ne se moque pas de Dieu ! Dieu veut œuvrer avec un peuple purifié. Si nous ne sommes pas purifiés par lui, nos actions risquent bien d’être vaines.
5)    Les moniteurs peuvent également introduire, par les derniers versets, le thème de l’élection, mais il existe d’autres textes plus significatifs dans ce cadre.